- il y a 3 ans
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00:00 Emmanuel Mewissen, vous êtes le patron de Gaming One, donc c'est la société qui comprend notamment les salles de jeux Circus et deux casinos en tout cas en Belgique
00:08 et bien entendu des sites internet de jeux et de Paris. Bienvenue dans le studio de Sudinfo.
00:14 Merci, bienvenue. Gaming One c'est aussi partie d'Ardor Group, donc de branche invest et le jeu via Gaming One.
00:22 Nous sommes une société liégeoise et nous avons pour ambition de participer de manière dynamique au redéploiement socio-économique de la Wallonie.
00:33 Voilà qui est dit. Alors avec le secteur des jeux et Paris, donc l'ensemble du secteur dont vous faites partie,
00:39 vous êtes devant debout contre un arrêté royal qui doit prendre effet donc le 1er juillet ici très bientôt et qui vous interdit de faire de la publicité.
00:47 Pouvez-vous nous expliquer de quoi il s'agit cet arrêté royal, de quoi il s'agit ?
00:51 Je veux d'abord dire que ce n'est pas uniquement le secteur du jeu qui est devant debout, le secteur des médias est encore plus devant debout
00:57 et donc le secteur du sport également, tous les clubs professionnels.
01:02 En grosso modo c'est un arrêté qui va nous interdire de faire de la publicité de manière étalée,
01:09 ceci étant il y aura des choses qui seront directes comme le naming qui va disparaître.
01:14 Le naming c'est ?
01:15 Le naming c'est le fait de porter le nom. Nous sommes actuellement sponsors du basket club de Bruxelles,
01:21 qui s'appelle Circus Basket Club Bruxelles, ça c'est interdit à partir du 1er juillet.
01:26 Donc le club de basket va devoir changer de nom ?
01:28 Va devoir changer de nom, vous vous rappelez tout simplement le Bruxelles Basket Club.
01:33 On pourra toujours être le sponsor pendant un certain temps mais nous ne pourrons plus être dans le nom.
01:40 Même chose pour l'équipe cycliste pro Wallonne qui fait des résultats absolument incroyables, je les salue fort d'ailleurs.
01:47 Encore une victoire hier autour de Suisse.
01:49 Exactement, Intermarché Circus Warranty, à partir du 1er juillet nous ne pourrons plus être dans le nom de cette équipe.
01:57 Donc ça veut dire concrètement ici le nom Circus devrait disparaître dès le 1er juillet du maillot.
02:03 Donc par exemple autour de France, si vous êtes, oui l'équipe va autour de France, il ne pourrait plus y avoir Circus.
02:09 Oui, en premier temps le nom ne doit pas disparaître du maillot, le nom doit disparaître du nom de l'équipe.
02:14 Ok, comme ça c'est clair.
02:16 Mais concernant la publicité proprement dite, l'interdiction en quoi est-ce que ça consiste ?
02:22 Est-ce qu'on ne verra plus votre nom nulle part par exemple ?
02:25 Alors ça va être progressif, il faut retenir que nous ne pourrons bientôt plus apparaître dans l'espace à partir de 2025
02:34 et que peu à peu la manière dont on apparaîtra sur les maillots d'équipes sportives va diminuer.
02:42 A partir de 2025 le logo pourra faire maximum 75 cm², donc 10 cm sur 7 cm, c'est petit.
02:50 Et à partir de l'année suivante ce ne sera plus que 50 cm².
02:57 Pour finalement totalement disparaître du sport professionnel au 1er janvier 2028, seul le monde amateur pourra continuer à porter ces micro-logos.
03:06 Bon ça c'est pour le sponsor, par contre il y a plus d'inquiétance, c'est pour la publicité.
03:12 Alors il n'y aura plus de télévision, plus de radio, plus de out of home, donc les panneaux publicitaires dans les rues.
03:19 Tout ce qui est médias traditionnels va disparaître, ça va même beaucoup plus loin,
03:25 puisque même sur nos réseaux sociaux, nos propres réseaux sociaux de nos sites de paris sportifs,
03:31 nous ne pourrons plus faire des vidéos par exemple de 5 secondes sans renvoi vers notre site.
03:39 Et encore pire, sur notre propre site d'e-commerce nous ne pourrons plus faire de publicité non plus.
03:45 C'est ça, donc c'est une interdiction mais vraiment totale sur tous les supports en fait,
03:50 que ce soit la télé, la radio, les journaux, vos propres sites comme vous dites,
03:55 donc on ne verra plus votre nom nulle part si j'entends bien, sauf pour les gens qui jouent déjà chez vous.
03:59 Et même à part plus loin, nous ne pourrons plus non plus envoyer des e-mails promotionnels à nos clients.
04:05 Donc c'est une interdiction dure.
04:08 Une interdiction dure et qui va vous toucher je suppose.
04:11 Immanquablement, ça va toucher le secteur évidemment.
04:15 Moi je voudrais quand même rappeler qu'on n'interdit pas la publicité pour dire d'interdire la publicité,
04:22 ce qu'on veut c'est protéger les joueurs.
04:24 Moi je m'interroge cependant sur la méthode,
04:27 puisqu'aujourd'hui personne ne l'ignore, internet n'a pas de frontière.
04:32 Aujourd'hui on va juste impacter le secteur légal belge,
04:36 qui lui respecte les lois, qui respecte les interdits de jeu,
04:40 on peut y revenir si vous voulez,
04:41 mais il y a déjà beaucoup de mesures de protection qui sont mises en place par le secteur légal.
04:45 On va impacter uniquement le secteur légal,
04:48 sans toutefois pouvoir contrôler la manière dont les sites illégaux se promotionnent.
04:53 Donc il y a quand même fort à parier que simplement le business va se transférer du secteur légal vers le secteur illégal.
05:01 Et c'est ça qu'on dénonce.
05:03 Le secteur illégal par définition il est illégal,
05:06 mais comment est-ce qu'il peut encore prospérer en Belgique ?
05:08 C'est ça qu'on ne comprend pas très bien.
05:10 Vous savez, installer un casino sans licence en Belgique c'est impossible.
05:14 Opérer un casino internet sans licence en Belgique c'est évidemment excessivement impossible.
05:18 Quand je dis illégal, il y a des sites qui sont tout à fait légaux,
05:21 les sites français par exemple, qui ont pignon sur rue, qui ont une licence en France,
05:26 mais qui n'ont pas de licence en Belgique,
05:29 ne respectent pas les mêmes règles que les sites belges.
05:32 Mais il y a pire, il y a les sites qui eux sont tout à fait pirates,
05:36 les plus connus, et je ne vais pas leur faire de publicité,
05:40 n'ont absolument aucun critère de sélection sur le joueur.
05:44 Donc si vous êtes un jeune gamin qui réussissait à prendre la carte de crédit d'une connaissance
05:54 et vous allez sur le site, vous allez vous inscrire en 30 secondes
05:57 sur des sites qui n'ont absolument aucun critère non plus en termes de blanchiment d'argent,
06:01 qui sont excessivement agressifs, excessivement performants.
06:03 Ces sites-là ont pignon sur rue, continuent à faire de la publicité.
06:07 - Mais comment se fait-il qu'ils peuvent opérer ? En principe, ils devraient être bloqués.
06:12 - Parce qu'il y a des pays sur cette planète qui acceptent d'avoir des serveurs de jeux.
06:18 - Et donc un joueur belge peut jouer sur ces sites étrangers ?
06:22 - Sans aucun problème. Et il est absolument impossible de les bloquer.
06:26 Certains essayent, certains y rêvent.
06:29 Mais aujourd'hui, vous savez, avec la nouvelle technologie, et notamment ce qu'on appelle le VPN,
06:35 une technologie que tous les jeunes maîtrisent avec beaucoup d'aisance,
06:39 il suffit de projeter votre téléphone, votre ordinateur hors de la Belgique
06:44 et vous accédez à ces sites, quand bien même, quand bien même,
06:47 ils auraient été bloqués avec une certaine efficacité sur les territoires belges.
06:51 - Donc ça, en fait, c'est votre argument principal, c'est de dire
06:54 "Ces sites illégaux de jeux font tout ce qu'ils veulent, ils pourront continuer à faire de la publicité,
06:59 il vaut mieux que ce soit nous qui le fassions, parce que chez nous, le jeu est,
07:04 comment est-ce qu'on peut dire, responsable, et balisé en tout cas.
07:08 - C'est-à-dire que, totalement balisé, on respecte déjà toute une liste de personnes
07:12 qui sont interdites de jeu à titre préventif, 200 000,
07:16 on respecte également l'interdiction de tous les gens qui sont en médiation d'aide,
07:21 on a donc toute une série...
07:24 - Donc ceux qui figurent sous la liste des interdits de jeu,
07:26 donc là, d'office, chez vous, ils ne peuvent pas s'inscrire aujourd'hui ?
07:28 - Absolument pas, c'est impossible de s'inscrire,
07:30 je rajoute, les gens qui sont en médiation de dette,
07:33 mieux que cela, on impose également une limite de 200 euros hebdomadaires par joueur
07:39 qui peut être déplafonné, mais sur demande spéciale,
07:42 et à condition de ne pas être fiché à la centrale des crédits,
07:45 bref, il y a quand même toute une série de mesures de protection
07:50 qui sont offertes aux joueurs, on pourrait faire mieux encore,
07:55 mais il y a quand même une chose qui est certaine,
07:57 c'est que les sites illégaux, eux, ne font pas ça.
07:59 Et donc moi, je pose la question, si aujourd'hui le but, c'est de mieux protéger les gens,
08:03 est-ce qu'on va arriver à mieux protéger les gens en les empêchant d'accéder aux sites légaux ?
08:07 Moi, je crois que non.
08:08 - Alors, on a quand même vu une inflation des budgets publicitaires ces dernières années,
08:13 vous-même, vous aviez proposé une limitation de la publicité de la part du secteur privé,
08:19 où est-ce qu'on en est avec ça ? Vous êtes toujours dans cette idée-là ?
08:23 Est-ce qu'on peut avoir aussi une idée des budgets qui pourraient encore consacrer selon votre demande ?
08:30 - Bah, faudrait-il encore qu'une concentration soit acceptée entre le monde du sport,
08:34 le politique évidemment, les médias, notre secteur, le secteur d'aide aux protections,
08:41 et évidemment le régulateur qui devrait pouvoir s'exprimer et dont les recommandations
08:47 devraient logiquement pouvoir être suivies.
08:49 - Donc, le régulateur, c'est la commission des jeux de hasard ?
08:51 - Oui, qui est une représentation quand même de six ministres, et qui a fait des recommandations.
08:56 Et la recommandation d'ailleurs de cette commission n'était pas de partir vers une interdiction dure de la publicité,
09:02 d'aller plutôt vers d'autres méthodes, de construire ensemble, responsable politique, régulateur et secteur,
09:09 mais également, quand je dis secteur, secteur économique, médias et monde du sport,
09:12 de construire ensemble une solution adaptée aux besoins belges, aux besoins de protection du joueur,
09:17 mais sans pour ça faire exploser l'économie qu'il y a autour du secteur.
09:22 - C'est ça. Donc, ce que vous dites ici, c'est que finalement, le ministre est passé outre l'avis de son propre régulateur, finalement.
09:29 - Totalement.
09:30 - Parce que le régulateur, c'est une émanation du fédéral, donc c'est une autorité indépendante.
09:36 - C'est une autorité qui est là pour émettre des avis, donc le ministre n'est pas obligé de suivre les recommandations du régulateur.
09:42 On peut s'interroger quand même sur le fait qu'il ne le suive pas, pour en arriver à cette méthode d'interdiction.
09:52 On croit revivre un peu les années 30 aux États-Unis, quand on interdit l'alcool avec les résultats que l'on sait.
10:00 Je ne pense pas que ce soit bien pour construire ensemble une meilleure société.
10:07 Je pense que le secteur légal belge est un secteur tout à fait responsable.
10:11 On est conscient de ce qu'on a à faire.
10:13 Et d'ailleurs, l'existence même du secteur légal se justifie par le fait de protéger le joueur.
10:18 C'est notre raison d'être.
10:20 Et donc, je ne comprends pas qu'on ne soit pas associés à ce débat.
10:22 - D'accord. Je reviens quand même un second sur la limitation du volume de publicité.
10:28 C'est quelque chose à laquelle vous vous engagez vous-même, toujours maintenant ?
10:32 - Absolument. On est tout à fait ouvert à aborder cet aspect, évidemment.
10:36 - Alors, aux Pays-Bas, on vient de voter il y a quelques semaines une loi pour interdire la publicité.
10:42 C'est donc une loi similaire à celle qui est proposée, enfin à l'arrêté royal qui est proposée ici en Belgique.
10:48 Pourquoi est-ce qu'aux Pays-Bas, ça pourrait marcher et pas chez nous ?
10:52 Ils ont sans doute aussi du jeu illégal aux Pays-Bas ?
10:56 - Absolument. Par contre, eux font des mesures. Nous n'en faisons pas.
11:00 - C'est-à-dire ?
11:02 - C'est-à-dire que la commission des jeux en l'ordre a du pouvoir. Beaucoup plus de pouvoir.
11:06 La gouvernance au niveau du jeu de hasard en Belgique pose question.
11:10 On ne donne pas suffisamment de moyens aux régulateurs.
11:14 On ne donne pas suffisamment d'indépendance aux régulateurs.
11:16 Je pense que la première chose qu'il faudrait faire, c'est faire une politique basée sur des faits et des chiffres.
11:22 Pourquoi ne mène-t-on pas des enquêtes ? Pourquoi ne mesure-t-on pas le taux de canalisation des joueurs ?
11:27 Avec quel succès protège-t-on les joueurs ?
11:29 Tout ça, ce sont des mesures qui n'existent pas. Les Hollandais, eux, les mesurent.
11:32 Ils ont aujourd'hui un taux de canalisation qui est assez impressionnant, puisqu'on parle de 93%.
11:37 J'ajoute quand même qu'ils interdisent la publicité, certes, pour les onlines, mais ils ne l'interdisent pas pour le secteur terrestre.
11:43 Et donc le secteur terrestre hollande continue à pouvoir faire de la publicité. Ils ont été malins.
11:47 - Quand on dit le secteur terrestre, je précise.
11:50 - Les gens qui ont des établissements, les casinos.
11:52 - Donc c'est les casinos, c'est les salles de jeux, comme celles que vous avez, etc.
11:55 - Voilà. Et dans un périmètre géographique autour de l'exploitation terrestre, la publicité pour la salle de jeux terrestre, pour les casinos terrestres, continue à être autorisée.
12:07 Donc, voilà. La législation hollandaise est une législation qui évolue très rapidement, qui s'adapte en permanence, mais qui reste souple.
12:17 Par exemple, l'envoi d'email promotionnel n'est pas interdite aux joueurs, contrairement à nous.
12:24 Par contre, l'envoi d'email vers la zone de joueurs qui est identifiée à risque, qui sont les jeunes hommes de 18 à 24 ans, elle est interdite.
12:33 C'est une autre chose.
12:34 - C'est ça. Oui, parce que là, en effet, aux Pays-Bas, les gens sont protégés vraiment jusque 25 ans.
12:40 - Absolument.
12:41 - Si, bon, il y a une interdiction de jouer à des jeux de casino jusque 21 ans, au Paris c'est 18 ans, là ça va beaucoup plus loin.
12:49 Et ce qu'il faudrait, c'est aspirer de ce modèle-là, finalement.
12:51 - Mais complètement.
12:52 - Mais par contre, ils ont supprimé la publicité.
12:54 - Oui, ils ont supprimé la publicité, mais ils n'interdisent pas aux jeunes d'aller jouer.
12:57 - C'est ça.
12:58 - Ce qui est interdit, c'est de relancer le jeune et de lui lancer des promotions.
13:02 - Voilà.
13:03 - Et donc, en termes de canalisation, je ne te montre pas que j'existe, mais je ne t'interdis pas de venir chez moi.
13:10 - C'est quand même un public qui est un peu à risque et on l'a vu, notamment pendant le confinement dû au Covid,
13:15 on a vu qu'il y avait une explosion du nombre de joueurs plus jeunes, donc entre 18 et 25 ans, on va dire.
13:20 Donc il y a quand même là un public à risque, qu'il s'agit de protéger en tout cas.
13:24 - Très clairement.
13:25 On ne nie pas que le jeu, comme d'autres choses, l'addictif shopping, les jeux vidéo, les réseaux sociaux, tout ça,
13:33 avec le digital, ça fait exploser ce potentiel addictif qui est dans beaucoup de formes de loisirs.
13:41 Et donc on ne nie sûrement pas qu'il y a une responsabilité et qu'il faut prendre ce problème en main.
13:47 C'est juste que quand on prend un problème en main, quand on décide de le solutionner, il faut se décider sur une méthode.
13:52 La méthode aujourd'hui, c'est l'interdiction.
13:54 Je pense qu'une concertation avec la mise au point...
13:59 Vous savez, le digital a quand même quelque chose d'extraordinaire.
14:02 C'est le bien et c'est le mal.
14:04 C'est le mal parce qu'on sait tout de vous et qu'on sait tout faire pour vous tenter.
14:08 Mais c'est aussi le bien parce qu'on sait tout de vous et qu'on sait tout faire pour vous protéger.
14:13 Pourquoi aujourd'hui ?
14:14 Nous à Liège, vous savez, ça fait trois ans qu'on travaille sur le développement d'un software
14:19 qui allie la collecte de data, tout ce que vous êtes, avec l'intelligence artificielle
14:25 et qui détecte, avant même que vous n'en soyez conscient,
14:28 qui détecte un début de comportement addictif.
14:31 Et en fonction de ça, on sait vous envoyer des messages, des messages de jeux responsables.
14:36 Et parallèlement, nous avons construit une boîte à outils
14:40 pour laquelle on peut obliger le joueur à se servir de certains outils,
14:43 comme par exemple limiter son temps de jeu, limiter le nombre de jours, limiter ses mises,
14:48 s'interdire de supprimer des gags que vous avez eus.
14:54 On pense que responsabiliser les joueurs, l'éducation,
14:58 c'est la porte de sortie par le haut pour régler les problèmes liés au digital
15:02 et non pas l'interdiction telle que c'était pratiquée jusqu'il y a encore quelques dizaines d'années.
15:07 Le développement d'outils comme celui dont vous parlez,
15:11 c'est quelque chose qui est en effet intéressant,
15:13 qui intéresse aussi d'ailleurs, je pense, à l'étranger.
15:15 Chez vous, c'est d'application déjà depuis un certain temps.
15:18 Donc effectivement, si quelqu'un commence à jouer un peu trop à des jeux de roulettes en ligne,
15:24 là vous allez dire "attention, stop".
15:26 Et comment est-ce que ça se passe concrètement ?
15:28 Est-ce que vous arrêtez le joueur ou est-ce que c'est lui-même qui doit s'arrêter ?
15:32 Comment est-ce que ça marche ?
15:33 Premièrement, c'est un outil qu'on met au poids progressivement.
15:37 C'est-à-dire que c'est un outil artificiel, c'est-à-dire que c'est un programme qui apprend par lui-même
15:40 et puis apprend en fonction de la manière dont on le nourrit, dont on le règle.
15:44 On a une obligation d'utiliser ça en Loire, par exemple.
15:47 En Belgique, nous n'avons pas encore d'obligation.
15:49 Parce que vous avez aussi des sites aux Pays-Bas.
15:52 Tout à fait, tout à fait.
15:53 Là, on est obligé de le faire.
15:55 Tout réside évidemment dans le fait d'alerter le joueur et d'éduquer.
15:59 Après, je voudrais quand même qu'on comprenne qu'il y a différents types de joueurs.
16:04 Le jeu, à la base, c'est la plaisir.
16:07 Et la manière dont les gens jouent, la plupart du temps, ça reste dans la zone plaisir.
16:12 À partir du moment où il y a un souci, il faut bien comprendre qu'il faut intervenir.
16:15 Nous ne sommes pas là, nous, pour soigner.
16:17 On est des opérateurs de jeu, on est des commerçants, on n'est pas là pour soigner.
16:20 Notre mission, par contre, c'est alerter, repérer, alerter, éduquer.
16:25 Et si on n'en sort pas, je pense que la main doit être rendue aux politiques, aux régulateurs,
16:30 aux spécialistes pour traiter la maladie qu'est l'addiction,
16:35 qui n'est pas la maladie du jeu.
16:37 L'addiction, c'est une maladie.
16:39 Le jeu peut y faire parvenir, comme d'autres choses.
16:44 Donc, votre intelligence artificielle est capable de détecter un moment,
16:48 ce joueur-là ne joue plus par plaisir, il joue parce qu'il veut absolument se rattraper,
16:54 alors qu'on sait que c'est justement un comportement très dangereux
16:57 qui mène vers la catastrophe.
16:59 Tout à fait.
17:00 Là, il est capable de faire ça, et donc de l'alerter.
17:03 Je reviens à ma question concrète.
17:04 Il l'alerte ou bien vous pouvez à un moment bloquer le jeu ?
17:07 C'est progressif.
17:08 Notre secret d'industrie, en réalité, on a fait six catégories.
17:15 Le joueur du dimanche qui vient, qui vient dire 30 matches de foot
17:20 et qui périt 5 euros, lui, il est dans la catégorie zéro.
17:24 Absolument pas à risque.
17:27 Absolument pas à risque.
17:28 En fonction de la manière dont il évolue,
17:30 la fois où il revient, trois fois sur la semaine, il joue trois fois 5 euros,
17:32 là, il passe en catégorie 1, il vient régulièrement,
17:35 il ne joue pas de grosses sommes, etc.
17:37 Et donc, en fonction de votre évolution, vous changez de catégorie.
17:40 En fonction de ça, on vous adresse des réponses différentes
17:44 qui peuvent aller jusqu'à la demande de documents
17:46 qui attestent le fait que vous avez des moyens.
17:48 Et là où je veux quand même faire une grande différence,
17:51 un joueur addict n'est pas un joueur qui joue des grosses sommes d'argent.
17:55 Vous avez un joueur, parfois, qui joue des grosses sommes d'argent
17:57 et qui n'est absolument pas addict,
17:58 c'est juste que lui, ça correspond à son rythme de vie, il a besoin de ça.
18:01 Et à ses moyens.
18:02 Et à ses moyens.
18:03 Et vous pouvez avoir quelqu'un qui joue de petites sommes
18:06 mais qui lui est addict parce qu'il ne contrôle pas son budget,
18:10 il n'est plus en contrôle de ses démons.
18:12 Il y a quand même toute une série de critères qui définent cette addiction.
18:15 L'addiction n'est pas égale jouer de grosses sommes.
18:18 Quel est le nombre d'emplois dans le secteur du jeu des paris en Belgique ?
18:21 On est plus ou moins 12 000 personnes aujourd'hui,
18:23 en emploi, t'emplois et emploi autour du secteur.
18:27 Donc on parle des gens qui sont employés dans les casinos,
18:29 ça c'est ceux qu'on voit le mieux, c'est le croupier, etc.
18:33 Ce sont des agents dans les salles de jeu.
18:36 Et puis alors, évidemment, il y a tous ceux qui sont derrière les écrans,
18:38 qui font le développement, ces gens-là aussi dont on parle.
18:41 Donc vous dites 12 000 à peu près ?
18:43 12 000 personnes à peu près, effectivement, équivalent au temps de plein air belgique.
18:46 Et qu'est-ce qu'il pourrait y avoir comme répercussion ?
18:49 Est-ce que ça a déjà été calculé dans l'association des organisateurs de jeux de Paris, BEJ ?
18:54 Parmi ces 12 000 emplois, est-ce qu'il y aurait des pertes liées à l'interdiction de la publicité ?
19:00 Oui, absolument. On estime les pertes pour le secteur
19:03 entre 250 millions et 500 millions d'euros sur les cinq années qui vont venir.
19:07 Il y aura des pertes fiscales, évidemment, pour l'État fédéral.
19:12 Il y aura également des pertes fiscales pour les régions,
19:15 puisque ce sont les régions à qui on paye les taxes directes de jeu.
19:19 Et évidemment, qui dit perte de recettes économiques, dit perte d'emploi automatiquement.
19:27 Pas que dans le secteur du jeu d'ailleurs, puisque s'il n'y a plus de pub dans les médias,
19:30 ça fait également diminuer les budgets de nos médias nationaux.
19:36 Ceux qui se frottent la main, évidemment, c'est Google et Facebook,
19:39 parce qu'on ne saura pas leur faire la morale et on ne saura pas leur interdire
19:43 de laisser passer de nombreuses publicités.
19:45 Encore aujourd'hui, une publicité sur trois en Belgique,
19:48 et ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'Université de Gant,
19:51 une publicité sur trois en Belgique est une publicité du jeu illégal.
19:55 Où est-ce que ça passe ? Sur Facebook, sur Google.
19:57 Une publicité sur trois vient du jeu illégal ?
19:59 Oui, absolument.
20:01 Est-ce que le secteur ne peut pas vivre sans publicité ?
20:04 Vous dites qu'il faut quand même un minimum, c'est ce que vous dites ici.
20:07 Est-ce qu'on ne peut pas vivre sans publicité ?
20:10 Il faudrait s'accorder sur les termes, on ne peut pas se lancer dans un grand débat aujourd'hui.
20:14 Moi, ce que je crois aujourd'hui, c'est que si on est convaincu
20:17 que c'est le secteur légal qui appliquera les mesures de protection du joueur,
20:22 à ce moment-là, il faut laisser deux choses au secteur légal.
20:25 Il faut lui laisser un minimum de visibilité,
20:28 et il faut lui laisser le droit d'être compétitif par rapport aux acteurs étrangers.
20:33 Un minimum de visibilité, ça veut dire quoi ?
20:36 Ça, ma foi, ça peut faire l'objet de beaucoup de débats.
20:39 Nous, on plaidait pour le sponsoring, parce qu'effectivement,
20:43 quel meilleur moyen de dire aux citoyens que le site Lambda est légal,
20:49 c'est d'apparaître sur le shirt d'un club belge.
20:55 Alors, précisément, je reviens avec le sponsoring.
20:58 Avant, les clubs de foot n'avaient aucun membre du secteur du jeu comme sponsor,
21:08 que ce soit sur le maillot ou sur le bord des terrains.
21:10 Donc, ils ont très bien vécu sans ça pendant très longtemps.
21:14 Aujourd'hui, si je ne me trompe pas,
21:16 tous les clubs de première division affichent un sponsor du monde du jeu,
21:20 y compris d'ailleurs la loterie, mais on en parlera après.
21:23 Est-ce que, finalement, ils ne peuvent pas s'adapter et trouver d'autres sponsors
21:27 pour soutenir leur équipe ?
21:29 Ils auront à le faire, en tout état de cause.
21:33 Je veux dire, le standard ne va pas disparaître
21:35 parce que Circus ne sera plus sur le maillot du standard,
21:37 pour le temps d'année, en concret.
21:38 Bien sûr que non.
21:39 Pour répondre à votre question, avant, il n'y avait pas Internet,
21:44 et aujourd'hui, il y a Internet.
21:46 Imaginez qu'il y a 20 ans, il y allait y avoir du sponsor
21:53 de sites d'e-commerce aux Jeux Olympiques, par exemple.
21:57 Amazon fait partie des...
21:59 Vous avez des grands sites d'e-commerce aujourd'hui qui sont sponsors partout.
22:03 Il y a 20 ans, ça n'existait pas.
22:04 Le Paris Sportif est rentré dans les mœurs.
22:07 Il n'est pas nouveau, lui.
22:09 Il est nouveau en Belgique, mais il n'est absolument pas nouveau du plan étaire.
22:14 Par contre, il faut constater que c'est quelque chose
22:17 qui est rentré dans les mœurs des jeunes.
22:19 Où est-ce qu'on en est dans les recours contre l'arrêté royal ?
22:21 Il y a quand même eu des recours qui ont été introduits,
22:23 notamment par le secteur du jeu des paris.
22:25 Où est-ce qu'on en est pour l'instant avec ces recours ?
22:27 Mais également du monde sportif, la France League, et également des médias.
22:32 Tout le monde s'est mis vent debout quand c'est arrêté.
22:37 Actuellement, il a été plaidé à tourner un recours en extrême urgence
22:42 dont on ne connaît pas encore aujourd'hui le résultat.
22:46 On va voir ce qu'il en est.
22:48 C'est toujours très compliqué de plaider à l'extrême urgence
22:50 parce qu'il faut démontrer le risque de faillite.
22:53 Il est très compliqué aujourd'hui de savoir la suite qui va être donnée à ça.
22:59 C'est une histoire qui va durer au moins 2-3 ans
23:04 que ne clore tous ces chapitres juridiques.
23:07 Pourtant, il y a urgence ici puisqu'il y a un arrêté royal
23:09 qui prend ses effets le 1er juillet.
23:13 C'est très problématique pour les équipes en tout cas qui ont du naming.
23:19 Je prends un exemple bête et méchant.
23:23 L'équipe Intermarché Circus 40 distribue chaque année autour de France
23:29 des dizaines de milliers de petits gadgets sur lesquels il y a le nom Circus.
23:36 Est-ce que cette équipe pourrait disparaître aussi clairement que ça
23:42 ou vont-ils devoir trouver un autre sponsor pour remplacer Circus ?
23:45 Il faudrait leur demander mais au vu de l'empressement à combattre la mesure...
23:50 Ils ont envie de rester avec vous ?
23:52 C'est un petit poussé.
23:54 Ils font déjà, je le répète, des résultats incroyables par rapport au budget qu'ils ont.
23:58 Chaque coup de griffe dans le budget les met très clairement en danger
24:04 en tout cas de disparaître du top comme ils sont actuellement.
24:11 Vous êtes quand même assez remonté contre la Loterie Nationale aussi
24:15 qui est à la fois un concurrent et qui aurait pu être un partenaire
24:20 si les règles s'appliquaient de la même manière à tout le monde.
24:23 Pouvez-vous expliquer pourquoi cette animosité contre la Loterie ?
24:27 Je n'ai pas une animosité contre la Loterie en tant que telle.
24:30 Moi je suis citoyen belge.
24:32 Quand la Loterie participe à des bonnes causes, je m'en félicite.
24:37 Et sur l'objet même de la Loterie, je n'ai pas de soucis.
24:41 Là où j'ai un gros souci par contre, c'est sur la gouvernance qui est mise en place.
24:46 Vous vous rendez bien compte aujourd'hui que nous devons subir des règles,
24:51 nous secteur, qui sont mises en place par le politique qui est actionnaire à 100% de la Loterie.
24:58 Cette Loterie même fait partie des régulateurs dont elle ne déprend pas.
25:02 Et en plus, les règles qui sont appliquées au secteur privé ne sont pas appliquées à la Loterie.
25:07 Donc par exemple, la publicité, eux, ne sont pas interdits de publicité.
25:11 Par exemple, également, Epice.
25:14 Donc Epice, c'est quand même ce qui fait leur fierté.
25:16 Donc Epice, ce sont les interdits de jeu.
25:18 Oui, absolument.
25:19 Ça fait 20 ans que ce fichier existe, connexion au ministère de l'Intérieur.
25:22 On vous dit carte rouge, carte verte, vous pouvez rentrer dans une salle de jeu ou pas.
25:25 C'est appliqué avec grand succès pour protéger les joueurs.
25:28 20 ans qu'on fait ça dans le secteur privé, mais la Loterie, elle, ne doit pas appliquer ça.
25:35 Voilà, moi, je m'interroge par rapport à ça, donc je le répète,
25:39 en tant que tel, c'est contre la gouvernance, aujourd'hui,
25:43 cette relation incestueuse qu'il y a entre le gouvernement et la Loterie nationale,
25:50 qui mène à des dérives, puisqu'on se fabrique des règles sur mesure,
25:55 et le petit secteur privé, lui, n'aura qu'à suivre ce qu'on dit.
25:58 Voilà, est-ce qu'il y a une concurrence déloyale, clairement ?
26:00 Fais ce que je dis, mais ne fais pas ce que je fais.
26:03 Est-ce qu'il y a une concurrence déloyale, est-ce qu'on peut dire ça comme ça ?
26:06 Ça saute aux yeux, évidemment.
26:08 Je reprends mon exemple des équipes de foot de première division belge.
26:12 Donc toutes les équipes, sauf une, ont un sponsor maillot plus ou moins principal,
26:18 ou plus ou moins important, qui est issu du monde des paris.
26:22 Sauf une équipe, je pense qu'il n'y en a qu'une, qui a comme sponsor le Loto.
26:28 Si je ne me trompe pas, il faudrait le revérifier,
26:31 l'Union C.A.Gilloise, pour ne pas la citer, a commencé sa saison
26:35 en portant le nom du site de Paris Sportive de la Loterie nationale,
26:39 qui s'appelait Score.
26:40 Et puis, quand on a su qu'il fallait disparaître du naming,
26:44 le sponsor s'est muté en Loto, qui lui, n'est pas sous le joug de l'interdiction.
26:50 - Voilà, en fait, ce sera encore la seule équipe qui aurait droit,
26:53 à moins que Loto ne sponsorise tout le monde.
26:55 Mais enfin bon, ça c'est une autre question.
26:57 Mais donc, est-ce qu'il n'y a pas moyen, finalement,
26:59 que tout le monde se remette autour de la table,
27:01 vous, la Loterie, le gouvernement, pour essayer d'arranger les choses ?
27:06 Est-ce que c'est quelque chose que vous appelez de vos vœux ?
27:08 - Mais totalement, vous savez, moi je suis un citoyen belge,
27:12 la Loterie c'est belge, et nos représentants politiques,
27:16 je suis sûr, tentent de faire de leur mieux.
27:19 Et je le répète, moi-même, toutes les sociétés de jeu en Belgique
27:24 ne sont pas forcément belges, mais je pense quand même
27:26 qu'on devrait tenter de commencer par faire confiance aux acteurs belges,
27:30 pour ouvrir un dialogue, et nous avons beaucoup de solutions à montrer.
27:33 Nous sommes les experts, je peux comprendre qu'un homme politique
27:36 n'ait pas le temps de se plonger dans les arcanes et les secrets
27:41 d'un secteur qui a l'air un peu obscur, on travaille beaucoup à le sortir de sécurité.
27:45 - Et un peu sulfureux.
27:47 - Ça a l'air sulfureux, mais enfin, ça a l'air sulfureux
27:51 parce que souvent on a cette tendance à faire coller
27:57 le site des paris sportifs avec les matchs truqués.
28:00 Moi je voudrais quand même bien rappeler que quand il y a un match truqué,
28:04 les premières victimes, ce sont les sites de Paris Sportif,
28:07 puisque l'argent disparaît des caisses des acteurs de Paris Sportif,
28:11 donc nous sommes des victimes, et deux, nous sommes les premiers
28:15 à voir que le match est truqué, parce que nous, nos data scientists,
28:19 repèrent évidemment qu'il y a des mises anormales sur un événement,
28:23 et c'est souvent nous qui avertissons le régulateur.
28:26 Donc on est associés de manière sulfureuse, mais totalement à tort,
28:30 parce que nous sommes victimes, et que nous sommes les premiers lanceurs d'averses.
28:34 - Voilà, donc en plus vous êtes des partenaires, c'est ce que vous dites,
28:36 de la commission, pour dénoncer ça.
28:39 Ici, quand on parle de match truqué, en général,
28:42 on fait une petite parenthèse là-dessus, ce sont des petits matchs de tennis,
28:46 par exemple, ou des petits matchs de foot, qui n'intéressent pas,
28:49 a priori, grand monde, sauf des parieurs qui essayent de truquer ces événements-là, c'est ça ?
28:55 - Oui, tout à fait, tout à fait.
28:57 D'ailleurs, ce sont rarement des structures belges,
28:59 ce sont des structures mafieuses qui sont organisées
29:03 pour tenter de soutirer de l'argent au secteur légal,
29:06 c'est bien comme ça que ça se passe,
29:08 et donc, il y a de la collaboration entre mon business...
29:12 - Donc chez vous, on a déjà dénoncé des matchs qui paraissaient suspects, en tout cas,
29:15 et ça a débouché sur des enquêtes...
29:17 - Oui, tout à fait, après je ne suis évidemment pas toujours informé du suivi,
29:22 mais oui, je suis tout à fait convaincu que nous avons à plusieurs reprises déjà
29:27 dénoncé des faits délictueux dans les trucages de matchs sportifs,
29:31 et je répèterai d'ailleurs, très rarement en Belgique,
29:34 puisqu'en sportif, on peut parier un peu partout dans le monde,
29:37 mais souvent on dénonce des matchs sportifs qui ont lieu dans d'autres contrées.
29:41 - Et est-ce que le ministre de la Justice, qui est porteur de l'arrêté royal,
29:45 vous avez eu l'occasion de le rencontrer pour lui expliquer ce genre de choses ?
29:48 - Non, jamais, jamais personnellement.
29:50 J'ai eu une heure via Teams,
29:56 j'ai eu une heure avec une représentante de son cabinet,
30:01 voilà, moi je pense que ça sert plus de justification pour dire qu'on nous a parlé,
30:06 mais il n'y a absolument aucune volonté de nous rencontrer
30:10 pour collaborer à construire une solution ensemble.
30:13 - Mais il n'est pas trop tard, vous estimez qu'il n'est pas trop tard maintenant ?
30:16 - Vous savez, quand on fait mal les choses, il n'est jamais trop tard pour les défaire.
30:19 C'est toujours embêtant de refaire les fondations d'une maison,
30:23 mais enfin, si vous êtes convaincu que la maison va s'écrouler,
30:25 ma foi, il est quand même plus sage.
30:27 Comme on dit, il vaut mieux se couper un doigt qu'un bras.
30:29 - Tout à fait, c'est vrai.
30:31 Alors, juste encore une petite dernière chose,
30:33 Circus vient de remporter un prix international,
30:36 est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que c'est, de quoi il s'agit exactement ?
30:39 - Oui, c'est le prix pour une campagne de marketing
30:43 pour laquelle nous avions engagé un fameux joueur,
30:46 Erdis Ronaldinho,
30:48 légende vivante, connu pour son fair-play
30:50 et son plaisir à jouer le jeu.
30:55 On trouve que ça colle bien à l'éthique qu'on s'est donnée, nous,
30:59 d'essayer d'exploiter ce secteur de manière très responsable.
31:03 Et donc, on a fait une campagne "Play responsibly" avec Ronaldinho.
31:09 On a été récompensé pour la qualité du travail qui a été fait,
31:14 mais surtout la qualité du message qui a été délivré.
31:18 C'est une récompense au niveau mondial,
31:20 donc on n'est pas peu fier que nos équipes marketing aient obtenu ce résultat.
31:24 J'ajoute qu'au niveau Wallon,
31:26 notre entreprise spécialise la transformation digitale
31:29 qui aujourd'hui est présente dans plusieurs pays
31:32 et qui s'étend, c'est un vrai challenge pour nous,
31:34 que de devenir des champions à l'international.
31:36 C'est un signal très positif à l'intérieur de l'entreprise
31:40 pour que dans chaque département,
31:42 on continue à travailler sans relâche pour atteindre l'excellence,
31:46 parce qu'effectivement, dans le digital,
31:48 la compétence est de niveau mondial et sans excellence,
31:52 nous ne pourrons pas y parvenir.
31:54 Parvenir à cela au départ de Liège,
31:56 puisque nous avons décidé d'y placer notre nid,
32:01 à Liège, près des Guimains, en Wallonie.
32:04 Les Guimains, pour ceux qui ne connaissent pas Liège,
32:06 c'est la gare des Guimains.
32:08 Mais qui ne connaît pas Liège-Guimains ?
32:10 Je ne sais pas, il y a peut-être parmi nos auditeurs qui ne connaissent pas.
32:15 Je vous taquine.
32:17 C'est un argument pour vous supplémentaire,
32:19 pour dire que nous pouvons être des partenaires,
32:21 puisque là, en l'occurrence,
32:22 cette reconnaissance internationale,
32:24 c'est dans un cadre de jeu responsable et de jeu...
32:28 Absolument, d'ailleurs, nous essayons maintenant,
32:31 chaque année, vous savez,
32:34 on parle aujourd'hui beaucoup de ESG,
32:36 Environnement, Social, Gouvernance.
32:38 Nous travaillons énormément à recevoir une classification,
32:44 une classification Silver Medal,
32:46 je crois qu'il y a peu d'entreprises en Wallonie qui ont déjà ça.
32:49 Donc notre travail en termes d'éthique, de responsabilité,
32:53 de social et de qualité de gouvernance,
32:57 notre travail est aujourd'hui reconnu,
32:59 même si c'est un métier, j'en reconnais, qui est un peu spécifique.
33:03 Emmanuel Mévissen, merci.
33:05 Merci beaucoup à vous, M. Jackman.
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