- il y a 3 ans
Tous les jours pendant la quinzaine à 19h40, Cédric Pioline, le consultant tennis d'Europe 1, fait le point sur les moments forts de la journée sur la terre ocre parisienne de Roland-Garros. Aujourd’hui il revient sur la victoire de Novak Djokovic en finale homme faisant de lui le joueur le plus titré en Grand Chelem.
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00:00 Messieurs, en l'honneur du vainqueur, l'hymne national serbe.
00:04 L'hymne national serbe pour conclure cette 122ème édition
00:16 des Internationaux de France de tennis dans Service gagnant.
00:19 Bonsoir Sadek Piollin.
00:20 Bonsoir Jean-François.
00:21 J'ai voulu qu'on mette cet extrait parce que c'est solennel,
00:25 parce qu'on a vécu cet après-midi un moment d'histoire,
00:27 évidemment, avec la victoire de Novak Djokovic.
00:29 Sa troisième victoire à Roland-Garros, mais aussi et surtout,
00:32 sa 23ème victoire dans un tournoi du Grand Chlem.
00:35 On va rappeler le score avant d'entrer dans cette finale de plein pied
00:39 qui s'est terminée il y a une grosse heure maintenant.
00:41 7-6, 6-3, 7-5 pour Djokovic, le tout en un peu plus de trois heures.
00:48 Juste un petit mot d'abord avant de parler de cette finale
00:50 et du jeu qu'on a vu cet après-midi sur le central.
00:53 Ça y est, on le tient, ce fameux record.
00:55 Ça y est, c'est lui, c'est Djokovic.
00:57 Ah oui, c'est lui. Et puis, on sait que sur ses concurrents historiques,
01:00 il y en a déjà un qui est dans une retraite dorée, Roger Federer.
01:05 Et puis, un autre, Raphaël Nadal, qui est en convalescence,
01:11 qui s'est fait opérer il n'y a pas longtemps.
01:13 Donc, ça va le titiller, même si on sait d'ores et déjà
01:17 qu'il fera une année 2023 blanche.
01:19 Donc, ça permettra à Djokovic maintenant qu'il a peut-être passé
01:23 ce petit blocage, je dirais, de passer de 22 à 23,
01:27 d'ouvrir encore de nouvelles perspectives.
01:29 Et quand on voit la façon dont il a joué, la façon dont il a géré,
01:32 on se dit que tout est possible.
01:33 Alors, il faut dire que pour les gens qui ne sont pas comme nous,
01:36 des passionnés de tennis au quotidien,
01:38 il y a un débat qui fait rage depuis des années.
01:40 C'est le fameux GOAT. Qui est le GOAT ?
01:42 The Greatest Of All Time, le plus grand joueur de tous les temps.
01:45 Et cette dispute, on va dire, même si elle paraît un peu absurde,
01:48 parce qu'il y a eu d'énormes joueurs aussi avant.
01:50 C'est un sport plus que centenaires, le tennis.
01:51 Mais cette dispute, elle concernait trois hommes en particulier.
01:54 Federer, Cédric, vous l'avez dit, il a pris sa retraite,
01:57 20 tournois du Grand Chlem, il laisse une image, bien sûr,
02:00 immense sur l'histoire du jeu, pour son esthétique,
02:03 pour sa beauté, pour les coups incroyables
02:04 qui sortaient de sa raquette.
02:06 Rafael Nadal, dont on a cru que les 14 victoires ici à Roland-Garros
02:10 allaient suffire pour faire de lui le plus grand,
02:13 justement, celui qui avait le plus de victoires.
02:15 Et finalement, c'est le 3e larron Novak Djokovic.
02:18 Ce soir, il en a profité. Nadal blessé cette année.
02:21 Il a su s'engouffrer dans cette brèche pour faire la différence,
02:24 alors qu'on est à quelques mètres de la statue de Rafael Nadal.
02:26 Oui, oui, oui. Et puis, en fait, il y a...
02:30 D'abord, c'est le 3e qui est arrivé,
02:31 puisque l'histoire fait que c'est Federer qui a démarré,
02:35 qui quelque part a créé Nadal.
02:36 Et puis ces deux-là ont créé Djokovic,
02:38 donc qui est arrivé 3, 4, 5 ans, même après Federer,
02:42 et qui se retrouve devant en termes de nombre de victoires.
02:46 Et puis, je dirais qu'il y a un petit clin d'œil aussi de l'histoire,
02:49 telle qu'elle s'est écrite, à savoir que Djokovic casse ce record,
02:54 ici à Roland-Garros, dans le jardin de Nadal.
02:57 Donc, c'est aussi quelque chose qui est à noter,
03:01 parce qu'on connaît la difficulté de remporter déjà un grand chelem.
03:04 Mais là, 3e Roland-Garros pour Djokovic.
03:09 Et puis, en fait, maintenant, à chaque fois qu'il va rentrer sur un cours,
03:11 ça sera pour écrire l'histoire,
03:12 puisque c'est le premier à avoir gagné 3 fois au moins chaque grand chelem.
03:18 Donc, il va rentrer dans l'histoire de plus en plus.
03:21 - Oui, c'est ça, il a gagné au moins 3 fois l'Open d'Australie,
03:23 Roland-Garros désormais, il en était à 2, maintenant c'est 3.
03:26 Wimbledon, l'Australie, il en est à 10, Wimbledon, il en est à 7.
03:29 L'US Open, 3 fois maintenant, il est le premier là aussi.
03:32 C'est un record extraordinaire qu'il a battu cet après-midi, le Serbe.
03:35 La finale, en quelques mots, Cédric,
03:37 j'ai envie de dire qu'il y a eu 2 finales en une,
03:38 ça a duré 3h13, avec un premier set qui, à lui seul,
03:41 a duré quasiment la moitié du match.
03:43 - Oui, oui, c'était un...
03:45 On espérait quelque part que le Norvégien puisse remporter ce premier set
03:50 pour avoir le score, pour peut-être immiscer un tout petit doute
03:54 dans la tête de Novak.
03:56 Et puis finalement, ça s'est assez vite inversé,
03:59 une fois qu'il a eu le gain de cette première manche,
04:01 il a magnifiquement géré,
04:04 il a son niveau de jeu qui est monté petit à petit.
04:07 Moi, je l'ai trouvé hyper, hyper efficace en coup droit.
04:12 Il a mis des gifles.
04:14 Aujourd'hui, on ne le voit pas souvent faire ce genre de coups
04:18 sur ce côté droit, avec autant d'efficacité, autant de régularité.
04:23 Et puis, en fait, maintenant, c'est devenu, au-delà du tennis pur,
04:27 c'est devenu un maître dans la gestion de ses émotions.
04:30 - Absolument incroyable.
04:31 Et dans ce premier set, il y a un jeu décisif.
04:34 Et on se dit, parce que sur l'impression, j'allais dire, du premier set,
04:37 c'est Kasper Rudd qui fait la meilleure impression au début de match.
04:40 Et il y a ce jeu décisif.
04:42 Et on sait depuis le début de la quinzaine qu'il est imprenable, Djokovic.
04:45 Sur les jeux décisifs, il n'a pas fait une faute directe
04:48 dans tous les tie-break qu'il a eu à jouer, y compris cet après-midi.
04:51 - C'est énorme. - Il le gagne 7-1.
04:53 - C'est énorme d'avoir, encore une fois, cette capacité.
04:56 Il l'a montré à plusieurs reprises, donc ce n'est vraiment pas un hasard
04:59 de s'élever, d'abord d'identifier les moments.
05:03 Alors, évidemment, un tie-break, c'est plus facile à identifier en se disant
05:05 "là, il faut le gagner parce que sinon, je perds le set".
05:09 Mais d'une manière plus fine, d'identifier les moments qui sont importants
05:12 et d'avoir cette capacité à chaque fois à élever, voire à surélever
05:15 son niveau de jeu pour monter.
05:17 Mais après, moi, je dirais que du côté de Rudd, il a fait un bon match.
05:21 Il a bien joué, mais sauf que...
05:23 - Bien mieux que la saison passée face à Rafael Nadal en finale.
05:26 - Bien mieux, bien mieux, sauf que moi, j'ai envie de vous dire que,
05:29 d'ailleurs, c'était un petit peu...
05:31 Ça m'a un petit peu interloqué à la fin, quand ils sont tous les deux sur le podium,
05:35 un avec la coupe et puis l'autre avec l'assiette.
05:38 Je me demandais "mais qui est-ce qui a gagné ?".
05:40 Rudd, il était super souriant, super content.
05:43 Et je pense qu'il va falloir, s'il veut à un moment gagner un grand chelem,
05:48 qu'il devienne plus méchant, un peu mauvais garçon.
05:51 En fait, c'est le genre idéal.
05:53 Il est plutôt beau gosse, il est bien coiffé, il est bien habillé,
05:57 il est poli, il est respectueux.
05:59 Même pendant le match, il y avait des balles qui étaient très proches des lignes.
06:02 Il regardait Novak en lui disant "non, bah, allez juste dehors".
06:04 - Et ça avait un incident avec lui.
06:06 - Voilà, donc un peu de...
06:07 - Un peu de vice. - Voilà, un peu de vice.
06:09 Quelque part, un peu plus Novak.
06:12 - Oui, mais c'est peut-être aussi ce qui fait la différence.
06:15 Ben Djokovic, justement, parlons-en.
06:17 Sur Europe 1, avec les premiers mots qu'il a prononcés en français,
06:21 parce qu'il parle de mieux en mieux français.
06:23 Et il tient vraiment, je pense aussi, pour sa popularité,
06:25 pour son acceptation pour le public français
06:29 et partout un petit peu dans les pays francophones.
06:31 Novak Djokovic, ses premiers mots captés et montés par Axel.
06:34 Mais écoutez.
06:35 - C'est pas une coincidence que j'ai gagné le 23 Grand Slam ici à Paris,
06:42 parce que ce tournoi était vraiment, tous les jours de toute ma carrière,
06:48 le tournoi le plus dur de gagner pour moi.
06:50 Donc beaucoup d'émotion, beaucoup de choses,
06:55 sous les cours et à l'extérieur.
06:57 Merci encore pour votre présence, pour votre soutien,
07:01 pour votre énergie aujourd'hui et tous les tournois cette année.
07:04 Merci beaucoup.
07:05 - Voilà, Novak Djokovic était sur le cours il y a quelques dizaines de minutes.
07:09 On l'aura peut-être un petit peu plus longuement sur Europe 1 ce soir.
07:13 Il y a eu une ambiance qui était, j'allais dire,
07:15 plutôt pro-Djokovic cet après-midi.
07:17 Ça a été l'une des grandes interrogations de cette quinzaine ici à Roland-Garros.
07:21 Comment le public va réagir, les siffler ?
07:23 Il a été assez versatile, le public, tout au long de ce tournoi.
07:26 Là, cet après-midi, on va dire que ça s'est plutôt bien passé.
07:28 Et puis, Cédric, il y avait des stars cet après-midi.
07:30 - Ah oui, il y avait du beau monde.
07:32 - Il y avait du très, très beau monde en tribunes présidentielles.
07:34 - C'est pas que.
07:35 - Figurez-vous que Colin Abgraal, on va commencer quand même par celui
07:38 que tout le monde, je pense, a envie d'entendre.
07:39 Même si, hélas, ça a été court parce que le service de sécurité était vraiment terrible.
07:44 Mais Colin Abgraal a réussi à se faufiler et à obtenir quelques mots de Kylian Mbappé.
07:49 Mais oui, Kylian Mbappé qui était en tribune présidentielle.
07:52 Et Kylian Mbappé, manifestement, vous allez l'entendre, ça va vite.
07:54 Donc écoutez bien, Kylian Mbappé s'est régalé.
07:57 - Super, légendaire, extraordinaire.
08:00 - Voilà, et derrière, il y a l'agent de sécurité qui arrive et qui dit, c'est terminé.
08:04 Au revoir, merci.
08:05 Bon, il s'est régalé.
08:06 Et figurez-vous qu'il était avec Zlatan Ibrahimović.
08:08 Et Zlatan Ibrahimović, on a quand même envie aussi de lui poser la question,
08:11 parce qu'il est originaire de la même région, même si ce n'est pas le même pays,
08:14 de savoir si Novak Djokovic a cloué définitivement le fameux débat du GOAT,
08:18 The Greatest of All Time, le plus grand joueur.
08:20 Réponse rapide de Mr Zlatan.
08:22 - He is, he is, no doubt.
08:26 - Voilà, il l'est désormais, il n'y a pas de doute.
08:28 Il n'y a plus de doute pour vous aussi ?
08:29 - Il n'y a aucun doute, oui.
08:31 J'aurais été étonné d'entendre une autre réponse de la bouche de Zlatan.
08:35 Mais oui, alors après, on pourra en débattre et indéfiniment.
08:40 Mais il est à peu près établi, et d'ailleurs depuis maintenant un ou deux ans,
08:45 que c'est lui qui aura le nombre, les chiffres, les records sur papier.
08:50 Par contre, dans la popularité et dans le cœur des gens,
08:54 je pense que ça sera beaucoup plus partagé et que Federer et Nadal
08:59 sont un petit peu peut-être devant Novak.
09:01 - 36 ans, Novak Djokovic, on a envie de dire qu'il a encore quelques mois,
09:05 peut-être un, deux, trois ans devant lui pour continuer à collectionner des tournois.
09:09 On ne dira pas la même chose, bien sûr, de Federer à l'Euro-Traité.
09:11 Nadal, on n'est pas forcément sûr qu'il en gagne encore.
09:14 - Ce n'est pas sûr, mais vous l'avez dit, vous avez dit un mot-clé, 36 ans.
09:19 Et 36 ans, on voit bien, si on fait le parallèle avec Nadal,
09:22 qui l'année dernière avait fait un début de saison stratosphérique
09:26 en gagnant l'Australie et Roland-Garros.
09:29 Et puis derrière, ce blesse et depuis, Rideau.
09:34 Donc Novak, même si on sait qu'il est extrêmement prudent et attentif à son corps,
09:39 sur la nutrition, sur la récupération, il avait un peu mal au coude.
09:44 Quelle était la gravité ? On ne sait pas trop.
09:46 - On a vu qu'il était gêné sur les volées hautes et sur les smashes cet après-midi, j'ai l'impression.
09:50 - Oui, vu les claques qu'il a mis en coup droit, je ne sais pas où il était gêné.
09:54 - Ça ne vous a pas marqué ? - Non, l'intensité qu'il a mise, franchement...
09:59 - C'était juste intelligemment joué, placé, touché.
10:02 - Oui, oui, moi, je n'ai pas noté cela, mais évidemment que 2024, en plus, année olympique.
10:10 - Ce sera ici. - Voilà, ici à Roland-Garros, à Paris.
10:15 Est-ce qu'il a encore une saison de plus, 2025, mais qu'il pousse à 38 ans ?
10:21 - Ça sera le grand point d'interrogation. Et puis, s'il voit qu'il est à 23 ans,
10:27 il y en a 6 à jouer avec l'année prochaine, s'il en gagne la moitié, par exemple, il va passer à 26 ans.
10:37 - Il peut arriver, oui, c'est ça. Il peut y passer 25 ans.
10:39 - Et surtout, il va être le détenteur, hommes et femmes confondus.
10:43 - Exactement, puisqu'il va passer par la porte.
10:45 - Là où Serena avait bloqué, lui, il peut peut-être y aller.
10:49 - Bon, ça va être évidemment l'un des grands suspens, et c'est pour ça qu'on adore le tennis sur Europe 1.
10:54 Vous le savez, on est radio-officiel de Roland-Garros, de la Fédération française de tennis, d'une manière générale,
10:58 parce que c'est un sport qu'on adore et on a envie de se poser aussi la question, Cédric,
11:02 de savoir qui, dans la jeune génération, parce qu'on a vu des promesses quand même,
11:06 on va continuer à faire le bilan de Roland-Garros dans Europe 1 Sport, entre 20h et 21h avec Lionel Rousseau,
11:11 mais qui est susceptible de décrocher le tableau Djokovic ?
11:15 - Moi, j'en vois deux à l'heure actuelle. C'est évidemment Alcaraz,
11:19 mais on a vu qu'il était encore un petit peu tendre dans ses hautes altitudes,
11:24 même s'il est déjà numéro 1 mondial, enfin bon, là, il va perdre sa place des deux mains en faveur de Djokovic,
11:31 qui a déjà gagné un grand chelem, mais qui produit le tennis moderne,
11:35 beaucoup plus de l'alliance, pour moi, de la puissance et de la vitesse.
11:39 Et en fait, c'est ça qui rend cela assez extraordinaire.
11:43 Et je pense que, même s'il est un peu plus loin, mais il a un potentiel de dingue, c'est Roueneux,
11:49 qui pourra s'inspirer de ça et en travaillant, arriver à ce genre de niveau.
11:55 Mais il est un petit peu en retard. On voit qu'il est encore chien fou, mais bon, il est sixième mondial.
11:59 Donc, on se dit, le potentiel qu'il a, ce garçon, c'est assez incroyable.
12:03 C'est les deux, pour moi, qui, tous les autres, Tsitsipas, Zverev, Medvedev, grand joueur, bien entendu,
12:09 mais dans les plus jeunes, Orji Alassim, Chapeauvaloff, à mon avis, il n'y arrivera pas,
12:15 parce qu'on voit qu'il manque d'intelligence de jeu.
12:19 Pour l'instant, je n'en vois pas.
12:23 Et deux grands talents qui nous viennent du Nord. Il va peut-être falloir qu'on révise la géographie,
12:27 qu'on refasse comme dans les années 70-80, quand c'était les Suédois, notamment, qui dominaient le circuit.
12:31 Voilà, c'est la fin de Service Gagnant de ces 15 jours, Cédric Piollin.
12:35 C'était un plaisir, sachez-le, de vivre ces moments de tennis ensemble.
12:39 On n'a pas fini. On continue Europe 1 Sport dans un instant avec Lionel Rousseau.
12:43 Pendant une heure, on va débriefer toute cette quinzaine de Roland-Garros.
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