00:00 Écoutez Culture Média avec Philippe Vandel et votre invité Philippe-Emmanuel Jary.
00:03 Bonjour Emmanuel Jary.
00:04 Bonjour Philippe.
00:05 Vous êtes journaliste, journaliste culinaire, vous présentez depuis 2016 "C'est meilleur
00:09 quand c'est bon", un programme court de vidéos.
00:11 Vous avez des comptes Instagram, Facebook et Youtube.
00:13 Vous êtes suivie dans pas moins de 70 pays.
00:16 Combien de personnes ont vu vos vidéos ?
00:17 150 millions je dirais.
00:20 Qu'est-ce qu'on voit dans ces vidéos ? Moi je le sais, mais pour dire qui n'a pas vu ?
00:23 On me voit en train de manger et de commenter des restaurants.
00:27 Ça c'était les premières versions, après on a commencé à faire des recettes.
00:31 Et puis depuis quelques temps on va aussi chez des artisans et des vignerons.
00:34 "C'est meilleur quand c'est bon" dans mon verre depuis un an à peu près.
00:36 Alors on va entendre un exemple de la manière dont vous filmez, ce qui vous a fait connaître.
00:40 Vous allez dans des restaurants, vous êtes filmé par votre complice, on en dira un mot
00:44 parce qu'il a à voir évidemment avec cette actu.
00:47 Là vous êtes allé dans le Carré d'Or de Paris où tous les restaurants sont hors
00:51 de prix quand on a la chance qu'il y ait encore des restos.
00:53 Près de l'avenue Montaigne, là où se trouvent toutes les boutiques de luxe.
00:56 Et juste à côté, il y a cette adresse chez Savy.
00:59 Là dans une petite rue, il y a une petite brasserie qui fait de la résistance depuis 1923.
01:04 Bonjour !
01:05 Filme là bien, c'est important, les oblions, maillots.
01:09 Pourquoi tu es contente d'être là ?
01:10 Non mais parce que ça me repose, ça me repose d'être ici.
01:14 Toi tu ne te rends pas compte parce que tu n'es pas dans le milieu.
01:16 Donc là en ce moment depuis des semaines, ça m'empêche presque de dormir.
01:19 On ne parle que d'un lieu, à Pigalle qui a ouvert, en disant c'est la révolution.
01:23 Ah ouais génial la révolution, ça fait longtemps que ça n'a pas eu lieu.
01:25 Qu'est-ce qu'il se passe ? Ils font des oeufs maillots.
01:27 Et là je me suis dit non mais ce n'est pas vrai.
01:29 Toute la presse ne parle que de ça en disant mais c'est génial les mecs ils font des oeufs maillots.
01:33 Et je me suis dit mais alors est-ce qu'on est tous devenus cons en faisant bouffer du wasabi ?
01:36 Ou alors est-ce que les chefs sont allés tellement loin qu'en fait on n'en peut plus ?
01:40 Très bonne question, voilà l'esprit de votre travail.
01:43 A la fois donner des adresses, si The Roll Of Maillot dans le 8ème c'est très rare,
01:46 et réfléchir sur ce que l'on mange.
01:48 Oui c'est ça, d'abord je déteste la mode en matière de cuisine.
01:52 Donc effectivement quand j'avais tourné cette vidéo en 2018,
01:55 on parlait, il y avait un regain de la cuisine traditionnelle
01:58 et donc plein de journalistes s'extasiaient devant des carottes frappées ou des oeufs maillots.
02:03 Donc ça, ça m'a énervé parce qu'il n'y a pas à s'extasier même si j'adore ça et c'est très bien.
02:07 Et j'aime bien avoir un esprit un peu désinvolte, un peu désinvolture.
02:13 Donc voilà c'est comme ça que je commente la cuisine, je n'aime pas commenter ce que je mange.
02:17 J'aime bien parler autrement de la cuisine.
02:19 En 2021 vous avez publié un livre "C'est meilleur qu'on sait bon", 100 000 exemplaires vendus.
02:23 Et votre actu, vous lancez dans la presse écrite avec la sortie de la revue "C'est meilleur qu'on sait bon",
02:28 c'est un trimestriel.
02:29 Et alors ça commence très fort avec votre édito, voilà le titre, la presse écrite, c'est fini.
02:35 Et ma question, en fait c'est votre première phrase,
02:38 pourquoi lancer une nouvelle revue papier à l'ère du tout numérique ?
02:41 Je pose cette question parce que je me la suis posée évidemment avant de lancer cette revue.
02:45 Pourquoi ? Parce que je suis très bavarde, j'ai plein de choses à dire dans les vidéos.
02:49 Encore la semaine dernière quelqu'un me dit "j'adore tes vidéos parce que j'apprends toujours quelque chose"
02:53 et moi je trouve que c'est très léger ce qu'on apprend.
02:55 Et j'avais envie de dire plus de choses.
02:57 Et en fait cette revue elle est très en lien avec les vidéos,
02:59 parce que je réponds même à des questions d'internautes par les articles qui y sont.
03:03 Oui mais la question elle n'est pas que vous soyez bavarde et que vous ayez envie de parler,
03:05 c'est qu'il faut que les gens achètent et que ce soit une opération rentable et profitable.
03:09 Vous n'allez pas vendre votre appartement pour faire une revue.
03:11 Tout à fait, c'est pour ça qu'on l'a construit comme ça cette revue,
03:15 c'est-à-dire qu'il nous fallait un certain nombre d'abonnés.
03:17 J'ai fait toute une campagne sur les réseaux sociaux pendant six semaines,
03:21 il nous fallait 12 000 abonnés minimum, on les a eus donc on a pu lancer.
03:24 Si on ne les avait pas eus, on n'aurait pas lancé.
03:26 Il y a un dossier passionnant "Gare et autoroutes condamnées à la malbouffe"
03:29 pourquoi les restos d'autoroutes et les buffets de gare sont devenus insipides, voire mauvais ?
03:32 Vous y répondez en partie.
03:34 Alors voilà, c'est Pierre Bafoua qui a fait l'enquête, un journaliste extraordinaire.
03:37 C'est une question que je me posais depuis longtemps, je le dis dans le petit chapeau,
03:41 avec Mathieu Pensard qui est donc celui qui filme les vidéos.
03:44 - Votre complice Mathieu, qui est dessiné.
03:46 Alors vous savez quoi, Mathieu on voulait l'inviter, au dernier moment il n'a pas voulu venir.
03:49 - Non parce qu'on est filmé et il ne veut pas montrer sa tête, donc il a dit non non.
03:53 - On est filmé sur Europe1.fr.
03:55 - Oui voilà tout à fait.
03:56 En fait, les gens me disent pourquoi on ne le voit pas Mathieu ?
03:59 Parce qu'en fait il filme, il n'y a aucune raison, il retourne la caméra.
04:01 Pour l'histoire d'autoroutes, avec Mathieu on était à la Toussaint en Espagne,
04:05 je m'arrête sur une aire d'autoroute et je vois une petite dame qui était en train de cuisiner,
04:09 ça sentait très très bon, je me dis comment ça se fait que ça sente bon,
04:12 parce que sur les aires d'autoroutes, on s'est tous arrêtés, c'est des sandwichs triangle pas bon.
04:15 Et là elle était en train de cuisiner, je me suis dit qu'est-ce qui se passe,
04:17 pour qu'en Espagne, en Portugal ou en Italie, on mange encore très bien sur les aires d'autoroutes ou dans les gares,
04:22 et qu'en France ce ne soit plus le cas, et donc la grande enquête y répond.
04:26 - Il y a des dessins partout, il y a des adresses, j'aime beaucoup l'adresse que vous donnez,
04:30 c'est chez Marcel, vous ne donnez pas l'adresse, et vous dites "on vous livre une adresse que l'on ne filmera jamais".
04:35 Alors c'est très étrange, parce que les bonnes adresses, vous les donnez, sans les donner, tout en les donnant,
04:39 mais vous les gardez pour vous.
04:40 - Lui je voulais le filmer, et mon ami Pierrot chez Marcel m'a dit "écoute je suis complet,
04:44 tous les jours de la semaine, c'est très compliqué d'avoir une table si tu filmes,
04:47 parce qu'aujourd'hui quand on filme, il y a vraiment une clientèle qui augmente",
04:52 et donc il m'a dit non, et je lui ai dit "écoute Pierrot, je t'aime tellement,
04:54 que je vais quand même, pour les abonnés qui ont cru en nous, donner l'adresse".
04:58 - Vous donnez aussi, parce que j'adore, il y a aussi les débats,
05:00 c'est quoi une vraie quiche Lorraine, une fausse quiche Lorraine,
05:02 et vous donnez l'adresse de la fausse quiche Lorraine.
05:04 - Oui ! - L'adresse, la recette !
05:06 - Oui tout à fait ! - Faut oser faire ça, ça vous fait marrer !
05:08 - Oui ça me fait marrer parce que c'est toujours pareil !
05:09 - Il y a toujours les puristes qui vous font la leçon.
05:11 - Mais voilà, je dis toujours les aïatollahs du goût, je le dis un peu en rigolant,
05:15 mais en tout cas on me dit "mais ce que vous avez donné, c'est pas la vraie recette du Bob Bourguignon",
05:19 je m'en tamponne complètement, moi c'est ce que je donne la recette.
05:21 - Tant que c'est bon ! - Voilà, c'est meilleur quand c'est bon, exactement, elle dit ça.
05:24 Et donc je donne la recette qui me plaît.
05:26 Dans la quiche Lorraine, il n'y a pas de fromage, moi j'adore la quiche Lorraine avec du fromage,
05:29 j'ai trouvé un boulanger à Paris, Comines, qui fait cette quiche Lorraine,
05:33 donc j'ai dit aux gens "si vous voulez l'avoir toute prête, je vous donne l'adresse,
05:36 si vous voulez avoir la recette et la faire chez vous, on vous donne la recette".
05:39 Je rajoute juste que l'idée de "C'est bien quand c'est bon, c'est ça"
05:42 c'est de contextualiser, de donner des adresses et des recettes,
05:46 mais d'expliquer un petit peu parfois le contexte culturel
05:49 ou les débats autour de la cuisine.
05:51 - La revue est vendue 12,90€, c'est trimestriel,
05:55 il faut en vendre combien pour que ce soit rentable ?
05:58 - Eh bien celle-là, avec 12 000 abonnés, je ne sais pas si c'est rentable,
06:03 mais on peut le faire en fait, vous voyez, l'histoire ce n'est pas de gagner de l'argent,
06:06 c'est de pouvoir sortir une revue indépendante dans laquelle je peux dire tout ce que je veux.
06:11 C'est né aussi cette envie, il y a quelques années,
06:16 je travaillais dans la presse et je n'ai pas pu toujours faire tout ce que j'ai voulu,
06:20 et donc j'ai sorti cette revue en me disant "je vais être libre".
06:23 - "C'est meilleur quand c'est bon", c'est Emmanuel Jarry qui signe ça,
06:26 il n'est pas tout seul, il y a toute une équipe, c'est un trimestriel à 12,90€,
06:30 il est très très facile de s'abonner.
06:32 Merci d'avoir été avec nous, et vous savez quoi, moi j'ai déjà faim,
06:34 et après on va recevoir Laurent Stoker, et lui il adore les très très bons restos,
06:37 parce que Culture Média continue, Laurent Stoker justement nous rejoint,
06:41 pensionnaire de la comédie française depuis bientôt 20 ans.
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