00:00 France Bleu et Rosse. Ce matin c'est Sébastien Cotte, l'adjoint au maire à Montpellier chargé de la sécurité et de la tranquillité publique.
00:05 Guillaume Roland.
00:06 Et oui, à côté de notre Sébastien Garnier, un autre Sébastien, juste à côté de lui, Sébastien Cotte. Bonjour.
00:12 Bonjour Guillaume Roland.
00:13 Merci d'être venu nous rejoindre en studio.
00:15 Adjoint au maire, je sais que vous n'aimez pas trop dire sécurité parce que votre intitulé exact c'est délégué à la protection de la population.
00:21 Absolument, protection de la population parce que c'est assez large, depuis la sécurité jusqu'à la protection sanitaire et la lutte contre le logement indigné.
00:29 Oui, et qui font également partie de vos attributions.
00:31 Mais avec vous ce matin, on va commencer par parler de la PMT, c'est un sigle que les Montpellierains vont devoir se mettre dans la tête.
00:38 C'est Police Métropolitaine des Transports qui va avoir le jour au mois de septembre.
00:42 Donc c'est pas demain, c'est après-demain quoi.
00:44 Ah ben c'est dès le mois de septembre, les 20 premiers agents de la Police Métropolitaine des Transports seront en place.
00:51 Et ils seront à l'oeuvre dans les bus et dans les trams.
00:54 Ce sera la troisième Police Métropolitaine des Transports de France, après Nantes.
00:58 Mais la plus importante.
00:59 Et ce sera à terme, alors en 2023 nous commençons avec 20 agents, 2024, 42, ce sera à terme la plus grosse Police Métropolitaine des Transports de France, absolument.
01:08 42 agents spécialement affectés et exclusivement affectés à la sécurité dans les transports en commun de la métropole.
01:15 Absolument, c'est une police qui est métropolitaine et qui est dédiée.
01:18 Ils ne feront que du transport, tram, bus, évidemment les arrêts de bus et les arrêts de tram.
01:24 Et évidemment ça nécessite beaucoup de coordination avec la police nationale et la gendarmerie, d'où la convention de coordination signée hier par le maire président Michael de Lafosse.
01:34 On va y revenir sur cette convention dans un instant.
01:36 On les verra dans les trams, dans les rames aussi ?
01:38 Bien sûr, c'est même essentiellement dans les rames et dans les bus qu'on va les voir.
01:42 Le côté visible, présence, visibilité est très important en fait.
01:46 On imagine qu'avec 42 agents vous ne pourrez pas être partout.
01:50 Mais ne serait-ce que de les voir déjà c'est quoi ? C'est de la dissuasion ?
01:53 C'est déjà effectivement travailler sur le sentiment d'insécurité.
01:56 Donc il faut être présent, il faut être visible.
01:58 Comme on le dit souvent, il faut mettre du bleu.
02:00 Du bleu dans la rue et donc du bleu dans les transports.
02:04 Aujourd'hui, il n'y en avait pas.
02:05 En tout cas, il y en avait assez peu.
02:07 Nous avons multiplié les opérations dans le tram avec la police municipale de Montpellier depuis deux ans.
02:12 Mais il faut effectivement que cette présence soit plus massive, plus dissuasive et surtout que cela se sache.
02:17 Alors bien sûr, on ne sera pas présent partout, tout le temps.
02:20 Mais 42 agents sur un réseau comme Montpellier, c'est quand même inédit.
02:24 Et c'est un effort qui est absolument sans précédent pour la métropole de Montpellier.
02:29 - Alors juste, qu'on comprenne bien l'insécurité dans les transports en commun aujourd'hui dans la métropole de Montpellier.
02:37 Cela représente quoi très concrètement ?
02:40 - Alors essentiellement...
02:41 - Pour en arriver à mettre en place une police, c'est qu'il y a un problème quand même.
02:44 - Oui, bien sûr qu'il y a un problème.
02:45 Alors je dirais qu'il y a un double problème.
02:47 Il y a un problème de faits.
02:49 Ces faits, effectivement, ce sont essentiellement, et il faut le dire massivement, ce sont des incivilités.
02:55 Ce sont des incivilités, ce sont des pieds sur les sièges, des gens qui sont alcoolisés, des hurlements, voilà.
03:04 - Des vols à l'arraché ?
03:06 - Des vols, alors ensuite évidemment, on va passer à ce qui est vol.
03:09 Vol à l'arraché, vol aussi de carte bancaire aux arrêts de tramway.
03:14 On a des gangs spécialisés, le grand classique avec nos gangs spécialisés d'Europe centrale qui sont à l'oeuvre.
03:20 Mais ne vous inquiétez pas, on les a bien aussi à l'oeil.
03:23 Et puis des agressions contre des personnels de TAM et puis contre des voyageurs.
03:31 Mais ce qu'il faut bien dire, c'est que ça ce sont les agressions.
03:34 Aujourd'hui, elles sont en baisse.
03:36 Je le dis très tranquillement, le préfet l'a dit hier, elles sont en baisse.
03:40 Mais il y a un sentiment d'insécurité.
03:42 Et donc ça aussi on doit y travailler, parce que vous le savez, on veut plus de gens dans les transports.
03:47 - Alors c'est une police, c'est vraiment une police.
03:49 Vous n'allez pas vous substituer au rôle des contrôleurs de la TAM qui vont continuer à faire leur job, à contrôler.
03:54 Là on aura affaire à de vrais policiers qui ne sont pas là pour contrôler les billets,
03:59 mais pour faire des interpellations, des véritables interpellations.
04:03 - Bien sûr, la TAM va augmenter son nombre de contrôleurs.
04:06 Mais ça c'est la partie TAM.
04:07 Nous on fera un travail de police.
04:09 La police municipale, elle interpelle, elle va interpeller.
04:14 Ce sera une police municipale armée, armement létal et pistolet à impulsion électrique,
04:21 plus connu sous le nom de Taser.
04:23 Donc ce sera une police armée.
04:26 Et le but c'est bien de faire de l'interpellation,
04:28 pour ensuite remettre les délinquants à un officier de police judiciaire,
04:33 qu'il soit gendarme si on est en gendarmerie, ou policier si évidemment on est en zone police.
04:37 - Donc ça c'est l'idée de la convention qui a été signée hier avec le préfet,
04:40 le procurant de la République et puis un responsable de la gendarmerie nationale.
04:44 Parce que sur le territoire de la métropole,
04:46 il y a à la fois de la police nationale et de la gendarmerie aussi.
04:49 Donc il va falloir travailler avec tout le monde.
04:51 - C'est ça, c'est ce qui est un petit peu compliqué.
04:53 On a trois communes de la métropole qui sont en zone police,
04:55 Pérol, Latte et Montpellier.
04:57 Tout le reste est en zone gendarmerie.
04:59 Je pense en particulier à nos bouts de ligne,
05:01 Castelnau-Lionès pour la ligne 2,
05:03 Juvignac pour la ligne 3,
05:04 Saint-Jean-de-Vedas pour la ligne 2.
05:06 On est en zone gendarmerie.
05:07 Donc il faut que tout ce petit monde se coordonne,
05:09 travaille ensemble.
05:10 On l'a déjà fait, puisque depuis un an,
05:12 on multiplie les opérations conjointes.
05:14 Donc on se connaît, on travaille ensemble
05:17 et maintenant ça doit être systématisé.
05:19 - Bon, Sébastien Cotte, la sécurité en ce moment à Montpellier,
05:21 ça fait partie, j'imagine, à vous en tant que...
05:24 Alors on va dire quand même que c'est un dossier
05:26 qui est piloté par Jean-Pierre Ricot,
05:28 qui est délégué pour la métropole, le maire de Pérol,
05:30 qui est délégué à la mise en place de cette police métropolitaine des transports.
05:34 - Oui, c'est une police, comme son nom l'indique, métropolitaine.
05:37 Donc c'est Jean-Pierre Ricot qui la pilote.
05:39 - Et vous travaillez avec lui, évidemment,
05:40 en tant qu'adjoint à Montpellier de la ville phare,
05:43 comme on dit sur les questions de sécurité.
05:45 Sécurité à Montpellier.
05:47 Vous musclez votre jeu, j'ai l'impression.
05:49 Il y a aussi des effectifs supplémentaires de policiers municipaux
05:51 qui sont annoncés et prévus.
05:53 - Ah, je crois que c'est sans précédent.
05:54 Vous savez que j'ai un petit peu une formation d'historien,
05:57 donc on va dire que c'est historique.
05:59 58 policiers municipaux supplémentaires
06:01 à l'horizon 2026 pour la ville de Montpellier,
06:03 c'est une hausse de 30% des effectifs.
06:05 C'est un effort qui n'est jamais vu.
06:07 J'ajoute aussi qu'à l'horizon de la fin 2024,
06:11 nous allons créer avec ACM et les bailleurs sociaux
06:13 une brigade dite du logement social,
06:15 forte de 40 agents pour le parc social.
06:18 L'effort qui est consenti,
06:20 si on ajoute les 42 effectifs de la police métropolitaine des transports,
06:23 est inédit pour la sécurité des Montpelliers.
06:26 Parce que c'est une priorité de Michel De La Fosse.
06:28 - Vous musclez votre jeu à la ville,
06:30 mais on a l'impression aussi que les délinquants musclent aussi un peu le leur.
06:32 Quand on voit ce qui se passe par exemple
06:34 dans le quartier Saint-Martin en ce moment, ça vous inquiète ?
06:36 - Ce qui m'inquiète, c'est ce qui se passe en France.
06:38 La ville de Montpellier n'est pas épargnée.
06:42 On a une explosion des trafics notamment liés aux stupéfiants.
06:46 En France, en Belgique, aux Pays-Bas.
06:48 Je vous invite à regarder aussi ce qui se passe dans les villes moyennes.
06:51 Donc ça effectivement, c'est inquiétant.
06:55 Saint-Martin, c'était évidemment un règlement de compte
06:57 sur fonds de trafic de stupes.
06:59 Hier, nous y étions, grosse opération de police.
07:01 Pas mal d'interpellations.
07:03 Et nous y serons, et nous y sommes tous les jours.
07:05 - Les renforts de CRS ?
07:07 - Alors ça voilà, le fuit qu'ils vont rester.
07:09 - Ils vont rester.
07:11 - Le préfet l'a annoncé hier, 80 CRS pour la ville de Montpellier.
07:14 Voilà le fuit d'un travail par partenariat.
07:16 Alors moi, j'adorais avoir la mention des CRS,
07:19 mais il faut un petit peu en laisser au préfet Moutou,
07:21 qui d'ailleurs est un très bon préfet,
07:23 avec lequel nous travaillons très bien.
07:25 Et effectivement, il a annoncé hier,
07:27 ils sont pérennisés pour le moment sur la ville de Montpellier.
07:29 Nous pensions qu'ils risquaient de partir en juin.
07:32 Ils resteront.
07:33 Donc ça c'est une très très bonne nouvelle.
07:35 Et d'ailleurs, le préfet l'a dit hier,
07:37 ils sont invités à fréquenter à pied
07:40 les transports en commun, eux aussi.
07:42 - Pour se montrer, et montrer du bleu.
07:45 - Et montrer du bleu, absolument.
07:47 Et de l'autorité.
07:48 - Merci beaucoup Sébastien Cotte d'être revenu dans ce studio ce matin.
07:51 Bonne journée à vous.
07:52 - Vous retrouvez cette interview en allant sur notre site internet francebleu.fr