00:00 *musique*
00:02 *applaudissements*
00:04 *musique*
00:06 Stop, stop, ça y est, asseyez-vous, c'est pas un mariage là, hein !
00:08 *rires*
00:10 Merci beaucoup, et ça, ça me rappelle l'ambiance de mon premier
00:12 spectacle. Mon premier spectacle, vous l'avez pas vu,
00:14 j'avais choisi comme thème la société
00:16 de beau gosse dans laquelle on vit.
00:18 Parce qu'on vit dans une société, si t'es pas beau, c'est chou.
00:20 Hein, tu me comprends toi ?
00:22 *rires*
00:24 Ah bah courage, t'as une sale gueule, c'est la vie mon frère !
00:26 Mais ouais, mais faut s'accepter comme on est !
00:28 En plus, bon non, on rigole, mais certaines personnes,
00:30 elles s'acceptent pas, elles sont obligées de faire de la chirurgie esthétique,
00:32 en plus ça coûte cher la chirurgie esthétique.
00:34 Moi j'ai une cousine à moi, Malika, elle aimerait bien
00:36 se faire gonfler les lèvres. Bon, comme elle a pas d'argent,
00:38 une fois par semaine, je lui mets une patate, tu vois.
00:40 *rires* Mais c'est pour l'aider, c'est pour l'aider.
00:42 Non mais, on vit dans un monde
00:44 où on te juge par rapport à ton physique.
00:46 Même mon iPhone X, quand je fais une reconnaissance faciale,
00:48 il bug, c'est pas grave là ! *rires*
00:50 Et moi, y a deux types de personnes,
00:52 quand je les crois, il se passe un truc.
00:54 C'est les mecs bourrés et les enfants.
00:56 A chaque fois que je croise un mec bourré, il croit qu'il est dans le dos là.
00:58 *rires*
01:00 Tu sais, c'est toujours la même chose. *bruit de bouche*
01:02 *bruit de bouche*
01:04 "Oh, un pélican !" *rires*
01:08 Et les enfants, ils jouent avec mon visage, ils croient que je suis en pâte à modeler moi !
01:11 L'autre jour, je tenais un bébé, il m'a suissé le nez pendant 20 minutes !
01:14 Et moi, ça m'arrive souvent, tu sais, dans la rue,
01:16 je croise des gens, on me demande des photos,
01:18 ça me fait plaisir en plus. Une fois, la dernière fois,
01:20 j'ai vu un mec super joli, il est venu me voir, il m'a dit "Boudère, on peut prendre une photo ?"
01:22 Je lui ai dit "Oui, y a pas de problème."
01:24 Il m'a dit "Lala, t'es gentille, en plus, c'est le portrait craché de ma soeur."
01:26 *rires*
01:28 J'ai dit "Putain, la pauvre !"
01:30 Après, il montre une photo, il manque un oeil, des chicos,
01:32 je lui ai dit "Faut pas abuser quand même, oh !"
01:34 Et même sur la photo, elle plie de la gueule, oh !
01:36 Tiens, vendredi dernier,
01:38 je vais à la mosquée, je crois un mec,
01:40 il me dit "Eh Boudère, tu vas prier, là ?" Je lui ai dit "Ouais, mais franchement,
01:42 t'es pas rancunier, hein ?"
01:44 *rires*
01:46 *applaudissements*
01:48 *applaudissements*
01:50 Et je savais pas, quand je choisisse en ce temps,
01:52 tu sais, de la bogosité, je savais pas que j'allais
01:54 devenir le représentant des moches de France.
01:56 *rires*
01:58 Je te jure, des moches, ils en venaient des cars entiers pour venir voir mon spectacle !
02:00 Je crois qu'ils venaient directement de
02:02 Mochy, un pays où y a que des têtes de fous !
02:04 Mais, tu sais que ça fait peur, quand le rideau s'ouvre,
02:06 800 personnes, "Boudère ! Boudère !"
02:08 *rires*
02:10 Je leur ai dit "Boudère, tu nous représentes !"
02:12 Ils m'ont dit "Nooooon !"
02:14 Et après, ils venaient me voir dans la loge, "Boudère !
02:16 Je peux avoir un autographe ?"
02:18 Je leur ai dit "Mais t'faut une ordonnance, hein, toi, ouais !"
02:20 *rires*
02:22 C'est vrai !
02:24 Bon, ce premier spectacle, comme je débutais dans le métier,
02:26 je connaissais pas les gens, tu vois.
02:28 J'avais pris un mec pour gérer ma carrière,
02:30 j'avais pris Abdelkrim, un mec qui a grandi chez moi, tu vois.
02:32 Mais pour vous expliquer Abdelkrim,
02:34 il faut que je vous explique l'état d'esprit d'Abdel.
02:36 Abdel, c'est un mec qui fume beaucoup de...
02:38 Il fume du shit, il en mange tellement, il est toujours défoncé.
02:40 Je te jure, un jour, il est rentré chez lui,
02:42 il a regardé son père pendant une heure, comme ça.
02:44 Son père lui a dit "Pourquoi tu me regardes comme ça ?"
02:46 Il lui a dit "Je sais pas où je t'ai vu, moi."
02:48 *rires*
02:50 C'est son père.
02:52 Et c'est lui qui a géré ma carrière.
02:54 Je te jure, hein.
02:56 Elle m'a fait une petite tournée et tout.
02:58 La première date que j'ai jouée, c'était à Roubaix, dans le Nord.
03:00 Mortel Roubaix.
03:02 Ouais, c'est un public extraordinaire.
03:04 Mais ils ont des têtes à Roubaix, mon frère !
03:06 Et là, ils testent des médicaments.
03:08 Comment je me sentais beau gosse, moi, à Roubaix !
03:10 Je marchais dans les rues, je dis "Georges Cloulet".
03:12 Les filles, comme vous voyez, elles se décomposaient.
03:14 Bon, elles ne s'étaient pas très décomposées à la base.
03:16 *rires*
03:18 Après, Roubaix, on a été joué dans le Maghreb.
03:20 J'ai commencé par la Tunisie.
03:22 Ouais, franchement, la Tunisie, mortelle.
03:24 Alors, la Tunisie, pour ceux qui ne connaissent pas,
03:26 c'est par étapes.
03:28 La première étape, tu t'accueilles avec cet accent un peu chantant.
03:30 "Ça va, Boudel ? Bienvenue chez toi, monsieur le Président."
03:32 *rires*
03:34 La deuxième étape, ils t'emmènent manger.
03:36 C'est très bon, mais c'est très épicé.
03:38 La troisième étape, c'est la chiasse.
03:40 Et pendant quinze jours que j'avais l'intérêt,
03:42 même mon corps, il me dirait "deux chiennes, oh !"
03:44 Après, la Tunisie, j'ai joué ici, au Maroc,
03:46 dans mon pays d'origine.
03:48 Bref, c'était super. Franchement, c'était super.
03:50 Voilà.
03:52 En plein spectacle, pendant une demi-heure, ça se passe super bien.
03:54 Et en plein spectacle, il y a un chat qui est rentré sur scène.
03:56 Il n'avait même pas payé sa place, ce petit bâtard, là.
03:58 Chat, chat du Maroc.
04:00 *chuchote*
04:02 Je lui fais "arrête, Boudère, déjà, c'est la misère ici, arrête."
04:04 *rires*
04:06 Après, il m'a dit "jouons en Algérie."
04:08 *cris de joie*
04:10 J'ai kiffé. Franchement, l'Algérie, c'est l'un des plus beaux pays du monde.
04:12 Vraiment. En plus, avant d'y aller,
04:14 moi, je connaissais pas l'Algérie.
04:16 Enfin, que dans "Envoyé spécial", tu vois.
04:18 Et le mec qui a acheté mon spectacle, il m'a dit
04:20 "T'inquiète pas, Boudère, le peuple algérien, ils sont très gentils,
04:22 très accueillants et chaleureux."
04:24 Et c'est vrai, ils sont gentils, accueillants, chaleureux.
04:26 Bon, ils sont accueillants partout, sauf dans les cafés et les restaurants.
04:28 Non, non, il m'a dit "Boudère, fais attention,
04:30 les serveurs, c'est des mecs hyper vénères,
04:32 ils travaillent 30 heures par jour,
04:34 c'est possible, en Algérie, ils cherchent pas à calculer."
04:36 Il m'a dit "Donc, quand tu parles à un serveur,
04:38 faut lui parler gentiment, sinon ça peut dégénérer."
04:40 Et un matin, j'étais prendre un petit déjeuner, et c'était à mon tour
04:42 d'appeler le serveur, tu vois.
04:44 *soupir*
04:46 "Votre intestin."
04:48 "Oui, je peux avoir un café à croissants, s'il vous plaît ?"
04:50 Le mec, il me ramène "Café croissant vraiment cool."
04:52 Bon, je goûte le croissant, il était un peu bizarre, tu vois.
04:54 Il dit "Excusez-moi, votre croissant est un peu bizarre,
04:56 on dirait même un croissant d'hier."
04:58 Il m'a dit "Alors ?"
05:00 "Alors, je veux un croissant d'aujourd'hui."
05:02 Il m'a dit "Viens demain."
05:04 *Rires*
05:06 "Le croissant d'aujourd'hui, je viens demain."
05:08 "Allez, on va l'attendre, hein."
05:10 *Rires*
05:12 "Non, mais elle a pas compris, il faut qu'on prenne chez lui."
05:14 Et grâce à ce premier spectacle,
05:16 je te jure, je suis rentré dans le monde de l'artistique, tu vois.
05:18 Je suis devenu pote avec Jamel Debouze,
05:20 Ramzi, Eric,
05:22 Kev Adams. Et t'as vu, quand tu rencontres
05:24 tous ces gens connus, tu vois, faut garder les pieds sur terre.
05:26 Et aujourd'hui, moi, il y a une personne qui me
05:28 permet de garder les pieds sur terre, c'est mon fils
05:30 parce que depuis 7 ans, je suis papa.
05:32 *Applaudissements*
05:36 En plus, mon fils est très beau.
05:38 *Rires*
05:40 J'aime pas ce rire-là, hein.
05:42 Non, mais vous avez fait la même réaction que la sage-femme
05:44 quand je suis venu le chercher, le petit, hein.
05:46 Je suis venu et c'était la sage-femme qui tenait mon fils.
05:48 "Bonjour, monsieur. Alors,
05:50 le papa n'a pas pu venir ?"
05:52 *Rires*
05:54 J'ai dit "Madame, c'est moi le père, hein. Bon, on va faire une recherche
05:56 ADN, quand même, hein."
05:58 En plus, moi, j'étais là à la naissance
06:00 et moi, je lui ai coupé le kit main libre, là.
06:02 *Rires*
06:04 Et moi, mon fils, quand il est né, il a pas pleuré.
06:06 Parce que dans la famille, on est des bons hommes, tu vois.
06:08 Non, il a pleuré que quand j'ai pris dans mes bras,
06:10 je lui ai dit "Regarde, c'est papa !"
06:12 *Rires*
06:14 "Mais t'es pas d'accord,
06:16 ce bâtard, là ?"
06:18 Je voyais dans ses yeux, je disais "Mais putain, c'est pas possible.
06:20 Sur mille, mes connus, je tombe sur Shrek !"
06:22 *Rires*
06:24 Et en plus, moi, on m'avait pas dit
06:26 qu'avant d'avoir un enfant, faut d'abord prendre
06:28 un crédit à la banque. Parce que ça coûte cher,
06:30 les enfants. Les couches, par exemple.
06:32 Moi, je pensais que c'était une couche jusqu'à l'âge de 10 ans.
06:34 Mais je savais pas qu'il chiait dessus toutes les 5 minutes.
06:36 En plus, des gros caca de bonhomme,
06:38 pendant 2 mois, je croyais que c'était mon loup qui chiait dans la couche.
06:40 Et c'est tellement cher, les couches.
06:42 Ça m'a traversé l'esprit d'en voler des couches.
06:44 Un matin, je suis arrivé devant un supermarché,
06:46 j'ai dit "Je vais faire un carnage aujourd'hui."
06:48 Rien à foutre.
06:50 Après, je me suis dit "Boudère, tu imagines, tu te fais attraper en train de voler des couches.
06:52 C'est la honte. Tu sais, tu vas en prison
06:54 pour voler des couches.
06:56 Et tu imagines, dans la cour de promenade, il y a tous les prisonniers, là.
06:58 Hein, t'es là pour quoi, toi ?
07:00 Moi ?
07:02 Hmm...
07:04 Grosse équipe, grosse équipe !
07:06 Le gang des Pampers, moi, c'est nous !
07:08 *Rires*
07:10 Et aujourd'hui, mon fils, il a 7 ans.
07:12 Et je te jure, je sais pas comment l'éduquer.
07:14 Je sais pas ce que je dois l'éduquer comme mon père m'a éduqué.
07:16 Alors attention, moi, je suis pas dans le cliché
07:18 du père arabe qui tape ses enfants.
07:20 Mon père ne m'a jamais tapé.
07:22 Nous, c'était comme la petite maison d'après-midi, pareil.
07:24 On avait rien à manger, jouer du violon, tout, pareil.
07:26 *Rires*
07:28 Non, mon père, il m'a jamais... Non, une fois, j'ai fait une grosse bêtise, il a voulu me taper.
07:30 Il m'a dit "Où tu veux que je te tape ? T'es déjà capoté, où ?"
07:32 *Rires*
07:34 Non mais, aujourd'hui,
07:36 mon fils, il a 7 ans,
07:38 et je vous jure que j'ai peur pour lui, parce qu'on vit dans un monde très violent.
07:40 Je me dis "Mais comment je vais faire, moi,
07:42 le jour où mon fils, il aura sa première embrouille au collège ?"
07:44 Tu sais quand il dit au mec "Ouais, tu vas voir,
07:46 je vais te ramener mon père,
07:48 tu vas voir !"
07:50 *Rires*
07:52 "Ramène ta mère, quoi,
07:54 tu me ramènes moi !"
07:56 Mais non, mais, parce qu'il va falloir
07:58 que j'aille à la sortie de l'école pour voir qui c'est qui a embrouillé mon fils.
08:00 Mais t'imagines un petit peu la scène
08:02 à 17h à la sortie de l'école ?
08:04 Avec qui tu t'es embrouillé, déjà ?
08:06 Abdoulaye ? Oh là là...
08:08 *Rires*
08:10 Je t'ai déjà dit qu'ils sont balèzes, ces mecs-là.
08:12 "Moi, c'est quel Abdoulaye ?"
08:14 "Quoi, c'est lui ?"
08:16 "Mais qu'est-ce qu'il fait en 5ème, celui-là, là ?"
08:18 *Rires*
08:20 "Mais c'est le proche, lui, non ?"
08:22 "Non, mais vas-y, prends une pierre et reste derrière, on sait jamais,
08:24 ça part."
08:26 "Abdoulaye, traverse, c'est moi le père du petit, traverse, traverse !"
08:28 "M'sien-Lah, je vais te faire renverser."
08:30 "Traverse !"
08:32 Après, il faudra que je me batte avec Abdoulaye,
08:34 parce que, aux yeux de mon fils, je suis l'homme le plus fort de la planète.
08:36 Mais t'imagines, je perds la bagarre.
08:38 Je serais plus crédible, quand je dirais à mon fils,
08:40 "Eh, il est 22h, va te coucher."
08:42 *Rires*
08:44 Je vais appeler Abdoulaye, on va voir qui va dormir le premier.
08:46 Merci, c'était Gouder, merci Maraté !
08:48 *Applaudissements*
08:50 *Musique*
08:52 (acclamations)
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