00:00 la secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et du Service National Universel.
00:04 - Bienvenue sur Europe 1 et bonjour Sarah Elhéry.
00:07 - Bonjour.
00:07 - Elle vous dit merci.
00:08 - Qui dit merci ?
00:10 - Un grand merci.
00:11 - Qui dit merci ?
00:13 - Vous ne voyez pas ?
00:14 Qui peut dire merci ce matin ?
00:16 Marine Le Pen bien sûr, elle vous remercie tous et en particulier le Président de la République
00:22 de reconnaître publiquement que le cordon sanitaire n'existe plus.
00:25 Elle a raison de vous dire merci ?
00:27 - Franchement, ça c'est des anathèmes, des petits coups de manchette.
00:31 Moi ce que je vois c'est que notre gouvernement est assez pragmatique.
00:35 Aujourd'hui, c'est quoi notre priorité ?
00:37 C'est le quotidien des Français.
00:39 - Là vous nous faites de la lampe de bois.
00:40 - Absolument pas.
00:41 - Clairement Emmanuel Macron a acté du fait que les arguments moraux font pchit
00:44 et que le fameux cordon sanitaire a cédé depuis longtemps, vous êtes d'accord ?
00:47 - Nous soyons très clairs, comment on lutte contre le Front National ?
00:50 - Le Rassemblement National.
00:51 - Comment on lutte contre l'extrême droite dans notre pays ?
00:53 Eh bien en allant chercher des solutions.
00:56 Quand on installe des usines, quand on réindustrialise,
00:59 quand on va chercher 8000 emplois supplémentaires,
01:02 1,2 million d'emplois, ça aide qui ?
01:04 Les ouvriers, les employés, sur les terres où l'extrême droite perdue.
01:07 - Donc le président de l'imperdu, a raison.
01:09 - Mais vous savez, moi je veux dire, lutter aujourd'hui contre les extrêmes,
01:12 parce que pour moi lutter contre l'extrême droite,
01:14 comme lutter contre l'extrême gauche...
01:16 - Vous mettez sur le même plan ?
01:17 - Moi j'ai toujours mis sur le même plan, la lutte contre les extrêmes
01:20 parce que les deux fractures, chacun à sa manière, chacun à sa méthode, c'est vrai.
01:24 Mais dans le fond, lutter contre ces extrêmes,
01:26 c'est aller chercher l'essence même de qu'est-ce qu'être français.
01:29 Être français, c'est avoir foi dans le mérite,
01:31 c'est avoir une politique qui va chercher de la justice.
01:32 - Mais vous mettez sur le même plan, ça aurait l'air pour ce que je suis bien d'accord,
01:36 extrême gauche et extrême droite.
01:38 - Je vous l'ai dit, ce qui fracture...
01:39 - À vos yeux, Rassemblement National et France Insoumise.
01:41 - Moi je veux dire, ce qui fracture notre pays, je lutterai toujours contre.
01:44 Quelle que soit la forme, quelle que soit la forme.
01:45 - Pourquoi ?
01:46 - Parce que je suis profondément universaliste,
01:48 parce que je crois que la politique, elle apporte des solutions.
01:50 Ces solutions, elles doivent avoir deux piliers.
01:52 Le mérite, l'effort, la foi dans nos institutions.
01:55 Et de l'autre côté, l'espérance.
01:57 Pour ses enfants, pour son travail, pour sa famille, pour sa santé.
02:01 Et ces deux piliers, on a des mesures concrètes.
02:03 - On va en parler.
02:04 Quelle est la définition pour vous ce matin du mot "désaveu",
02:06 "recadrage" ou bien même "humiliation" ?
02:09 - Vous savez, moi je ne suis pas agrégée de langue moderne.
02:11 - C'est l'illustration de ce qu'a fait hier en Conseil des ministres Emmanuel Macron,
02:14 en rappelant à l'ordre Elisabeth Borne,
02:16 quand à sa sortie sur le RN,
02:18 et pétain, reprendre ainsi publiquement sa première ministre.
02:21 Comment vous appelez cela ?
02:22 - Alors, je ne sais pas où est-ce que vous avez vu que c'était public.
02:25 Moi, il se trouve qu'on m'a toujours appris,
02:26 et c'est le fruit de l'éducation qui a été la mienne,
02:28 de ne jamais commenter des propos quand tu n'as pas été témoin de ces propos.
02:31 Il se trouve que hier matin...
02:32 - Tout le Conseil des ministres en a été témoin.
02:34 - Oui, mais moi j'étais en Italie.
02:35 - Vous pensez que le président de la République n'a pas prononcé ces mots ?
02:37 - Vous savez, moi je ne fais pas de supputations.
02:40 Hier, moi je m'occupais des jeunes.
02:42 - Le fonctionnaire des synonymes, recadrage, blâme, prise de distance, humiliation,
02:45 qu'est-ce que vous choisissez ?
02:46 - Aucune.
02:47 - C'est un prélude à sa sortie définitive de main.
02:49 - Moi, ce que je choisis, c'est action collective,
02:51 pour le quotidien des Français,
02:53 pour retrouver la fierté de notre pays,
02:56 pour rester dans le concert des nations.
02:57 - Ça m'a l'air.
02:58 - Quand rien ne va plus, quand une première ministre s'exaspère ainsi un président,
03:01 qu'attend-il pour la remplacer ?
03:02 Pourquoi l'user ainsi jusqu'à la corde ?
03:04 - Mais la confiance est là.
03:05 - Aujourd'hui, la confiance est là entre le président de la République et la première ministre.
03:09 - Aujourd'hui, elle est la chef de notre gouvernement.
03:11 - En le disant, vous n'y croyez même pas.
03:12 - C'est faux.
03:13 Aujourd'hui, elle est la chef de notre gouvernement.
03:15 C'est elle qui siège aux questions au gouvernement.
03:17 C'est la chef de notre gouvernement.
03:19 - Oui, factuellement.
03:19 - Factuellement, c'est la nôtre.
03:20 - Et demain, le sera-t-elle encore longtemps ?
03:22 - Vous savez, ça, c'est la prérogative du président de la République,
03:24 et exclusivement de la présidente de la République.
03:26 Et vous savez, moi, je suis tellement gaulliste que j'adore notre Constitution.
03:28 Il se trouve que les rôles et les responsabilités sont rappelés noir sur blanc.
03:33 Mais jamais je m'amuserais à rentrer dans des débats.
03:35 Ça fait trois minutes qu'on commente ça.
03:37 - Le président de la République qui a prononcé ces mots.
03:39 - Mais ça fait trois minutes qu'on commente des mots potentiellement dits
03:42 pendant un Conseil des ministres.
03:43 Moi, ce que je vous dis, c'est qu'au quotidien, les Français, ils me disent quoi ?
03:46 Je veux un métier, je veux accéder au logement, je veux accéder aux soins,
03:49 je veux que mes enfants aient un avenir.
03:52 - Donc, sur le fond, il faut arrêter les arguments moraux contre le RN.
03:55 Vous dites oui, il faut répondre.
03:56 - Tous les moyens sont nécessaires pour lutter contre les extrêmes.
03:58 - Tous les moyens, y compris de dire que c'est l'héritier de Pétain.
04:01 - Mais vous pensez que les repères historiques ne sont pas nécessaires ?
04:03 - Alors, dites-nous.
04:04 - Est-ce que vous pensez que le RN est l'héritier de Pétain ?
04:06 - Moi, je pense qu'aujourd'hui, plus que jamais,
04:09 nous avons besoin d'avoir conscience de notre histoire,
04:12 des courants historiques qui ont bâti notre histoire.
04:14 Parce qu'on ne peut pas bâtir un avenir si on n'a pas conscience de ses repères.
04:17 - Ce n'est pas ma question, ça va arriver.
04:19 - Mais c'est ma réponse, madame Mamouk.
04:20 - Vous avez dit tout à l'heure que vous n'étiez pas historienne.
04:22 - Non, je ne le suis pas.
04:23 Et c'est pour ça que, très basiquement, en tant que citoyenne,
04:25 je pense qu'il faut muscler l'esprit de nos citoyens
04:28 avec, évidemment, toutes les idéologies qui ont pu traverser notre pays,
04:32 mais surtout répondre aux besoins maintenant, en ce moment,
04:35 et dénoncer les facéties.
04:37 Ça veut dire quoi ?
04:38 Quand le RN ne vote pas, au niveau européen,
04:41 un certain nombre de soutien pour les Français.
04:44 - Mais il faut le dire, ça va arriver.
04:45 - C'est gonflé quand même, de la part d'un gouvernement
04:47 qui a salué, il y a encore quelques semaines,
04:48 l'attitude républicaine du RN lors du débat sur la réforme des retraites.
04:52 Et aujourd'hui même, il y a quelques jours,
04:54 la première ministre qui dit que c'est l'héritier de Pétain
04:57 a avoué que, en même temps, est-ce qu'il n'a pas des limites ?
04:59 - Madame Mabrouk, nous avons toujours combattu
05:01 et l'extrême droite et l'extrême gauche
05:04 de manière assez ferme, pour plein de raisons.
05:06 La première, c'est parce que les deux veulent fracturer notre pays.
05:09 L'extrême droite, c'est le fruit,
05:11 ça a été une des raisons qui a fait que je me suis engagée en politique.
05:14 Pourquoi ? Parce qu'ils ne me regardent pas
05:16 de la même manière qu'un autre Français.
05:17 Donc je ne veux pas qu'on me juge sur mon degré de Français.
05:20 Ça, ça a été un des enjeux qui a été le mien.
05:22 Pourquoi ? Parce que moi, je crois au mérite,
05:24 je crois à la force de cette France qui te regarde
05:26 simplement par l'effort qu'est le tien et tes actes.
05:28 Ça, c'est important pour moi.
05:30 Et de l'autre côté, une extrême gauche
05:32 qui appelle à l'anarchie, au désordre
05:34 et finalement à détruire tout ce qu'on a
05:37 comme grand pilier d'autorité dans notre pays.
05:40 Et ça, c'est aussi mon combat.
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