00:00 On ne laisse pas traîner nos déchets dans les villes.
00:01 Pourquoi le faire en Himalaya ?
00:02 Bouteilles de gaz, des bouteilles d'oxygène, des chaussures.
00:05 Moi, j'avais décidé d'aller tenter l'Everest pour mes 40 ans en 2010.
00:18 Dans le milieu de l'alpinisme et de la montagne,
00:19 on sait que l'Everest, c'est la plus haute poubelle du monde,
00:22 c'est la plus haute décharge du monde.
00:24 Et donc, je me suis dit, je vais organiser une opération de dépollution.
00:27 Et si je peux, si je suis acclimaté, je tenterai le sommet.
00:30 Donc, on a fait une tonne de déchets,
00:32 ce qui était une première mondiale française pour l'époque.
00:34 Et puis, j'ai réussi à faire le sommet en passant.
00:37 Et ça m'a donné l'idée d'aller vérifier sur les autres sommets
00:41 si on avait aussi cette pollution.
00:42 C'est une zone de stockage.
00:44 Au camp de base avancée du Makalu.
00:47 Donc, on identifiera un peu plus précisément tous ces déchets
00:50 quand on aura enlevé les bagues, les sacs.
00:55 Alors, le cumul des deux expéditions Makalu et Anapurna,
00:58 c'est 4 tonnes de déchets collectés, triés et redescendus dans les basses-vallées.
01:02 Pour redescendre du Makalu, les 2,5 tonnes du Makalu,
01:05 il a fallu environ 80 Sherpas,
01:08 puisque un Sherpa, ça porte entre 25 et 30 kilos.
01:11 On trouve énormément de déchets qui proviennent des anciennes expéditions,
01:17 de plastique, de tentes, de vieilles cordes,
01:20 des contenants métalliques, des canettes, des récipients, des casseroles,
01:26 des bassines, mais aussi des thermoses.
01:30 Beaucoup de composants métalliques, des composants plastiques,
01:35 des emballages, énormément d'emballages.
01:37 On va trouver des bidons, on va trouver des jérécanes,
01:40 on va trouver tout un tas de choses comme ça.
01:42 Et puis beaucoup, beaucoup, beaucoup de bouteilles de gaz.
01:44 Le gaz dont on sert, j'allais imaginer un petit peu comme le camping gaz
01:48 pour faire chauffer sa nourriture en altitude.
01:51 Et puis des grosses bouteilles de gaz qui servent, elles,
01:54 à apporter du confort aux expéditions, c'est-à-dire des radiateurs chauffants.
01:59 Dans la vallée de l'Everest, la vallée du Khumbu,
02:00 aujourd'hui c'est plus de 40 000 personnes qui viennent chaque année faire de la randonnée.
02:04 Le peuple népalais, sa première priorité c'est d'abord de manger,
02:08 c'est pas forcément l'environnement.
02:10 Donc eux, quand une expédition paye la logistique,
02:14 il n'y a pas nécessairement de surveillance de ce qui se passe
02:17 par les agences de trekking et d'expédition.
02:22 Et donc la philosophie jusqu'à un certain temps,
02:25 c'est de laisser en tout cas une partie des déchets
02:29 parce qu'on n'a pas les moyens, elles n'ont pas les moyens,
02:31 elles n'ont pas été payées pour les redescendre.
02:33 Donc moi je milite, limite, pour qu'il y ait un...
02:35 que le gouvernement népalais impose sur chaque expédition un référent environnement,
02:42 local évidemment, népalais,
02:44 qui serait là pour surveiller et s'assurer que l'ensemble des déchets
02:47 qui ont été produits par l'expédition soient bien redescendus,
02:53 correctement triés et évacués dans des centres.
02:56 On ne laisse pas traîner nos déchets dans les villes,
02:59 pourquoi le faire en Himalaya ?
03:00 À terme, c'est la désagrégation des plastiques en microplastiques
03:04 qui vont effectivement venir contaminer les neiges,
03:07 qui vont elles-mêmes contaminer les ruisseaux,
03:09 qui vont elles-mêmes contaminer les eaux des basses vallées.
03:12 L'idée Himalayan Cleanup, c'est d'avoir un train d'activité de dépollution
03:17 sur plusieurs années.
03:18 Normalement, le prochain objectif, c'est le K2 en 2025.
03:23 [Musique]
03:26 Merci.
Commentaires