00:00 Les gens pensent qu'on est la plupart du temps gothique,
00:02 qu'on doit adorer les films d'horreur,
00:04 alors que c'est tout le contraire.
00:05 Alors, le métier de thanatopracteur,
00:14 il consiste à effectuer des soins de conservation
00:17 ou de présentation sur des défunts.
00:19 Moi, je me suis dirigée vers ce métier-là
00:22 parce que j'avais un rapport avec la mort dans ma vie
00:26 déjà très particulier,
00:27 puisque j'ai perdu mon papa à l'âge de 7 ans
00:29 d'un accident de moto, donc une mort violente et brutale.
00:32 Et c'est vrai que je pense que ça a défini le reste de ma vie,
00:36 puisque la mort fait partie de ma vie de tous les jours.
00:38 On va d'abord, dans un premier temps, désinfecter le corps de la défunte.
00:43 On va ensuite le laver.
00:46 Et ensuite, on va procéder à une injection à base de formaldéhyde
00:49 pour remplacer le sang.
00:51 Et on va essayer de récupérer un maximum de liquide biologique,
00:54 justement pour ralentir le phénomène de décomposition,
00:57 qui va permettre que, justement,
00:59 cette décomposition ne s'accentue pas les jours d'après.
01:01 Et ensuite, on va habiller la défunte.
01:05 On ne va pas refaire les détails, la coiffure,
01:07 le maquillage à la demande de la famille, toujours.
01:10 Et si on appelle ceci de la cire de reconstruction ?
01:13 Un fixateur de maquillage ?
01:15 Et si nous avons la poudre libre ?
01:17 C'est aussi quelque chose qui n'est pas obligatoire.
01:20 Donc, c'est important de le préciser.
01:22 On a de plus en plus de personnes qui ont des ongles semi-permanents
01:27 etc. Donc, ce n'est plus un simple petit vernis.
01:30 Donc, on doit aussi, finalement, nous, se former
01:33 à pouvoir intervenir sur ce genre de détails qui est très important,
01:36 puisqu'ils représentent la personne elle-même.
01:40 Un casque pour les permanents.
01:43 Des tas de retouches racines.
01:46 Ce petit objet, c'est quelque chose que l'on met dans le globe oculaire
01:51 puisque la déshydratation provoque son affaissement.
01:53 Ce métier-là, en particulier, m'a appelé
01:55 parce que c'est un métier où je me sens terriblement utile.
01:59 Je donne des réponses à des questions.
02:07 Les gens me posent beaucoup de questions, à me dire
02:09 "J'ai vu ça sur mon défunt, est-ce que tu peux m'expliquer pourquoi ?"
02:12 Et finalement, à partir du moment où ils ont leurs réponses,
02:15 leur chemin de deuil peut continuer.
02:18 Je tiens à libérer aussi la parole autour de la mort et du deuil.
02:23 Je parle aussi beaucoup du deuil des enfants
02:25 parce que c'est quelque chose qui m'a touchée très jeune
02:26 et je sais à quel point c'est important d'en parler.
02:29 Il y a des décès qui sont très marquants,
02:31 comme les noyages chez les enfants.
02:33 J'y pense énormément en ce moment puisque l'été arrive
02:36 et c'est récurrent chaque été.
02:39 Les inconvénients, c'est surtout parce qu'on n'a pas d'horaire du tout.
02:43 On ne peut pas dire qu'on attaque à 8h et qu'on finit à 16h30 ou 17h.
02:48 Les amplitudes d'horaire, elles sont en fonction des décès et de la demande.
02:51 Donc ça, il faut vraiment s'adapter dans sa vie privée.
02:54 On fait beaucoup de kilomètres en voiture
02:56 puisque nous, on se déplace sur chaque lieu d'intervention.
03:00 Et je dirais qu'il faut aussi savoir faire la part des choses mentalement
03:05 entre la personne sur laquelle on intervient
03:09 et le moment où on reprend notre vie personnelle.
03:12 On peut mêler finalement beaucoup de métiers en un seul métier
03:16 puisque on est des professionnels de la désinfection,
03:20 mais on est aussi des professionnels qui utilisons de la chimie des fuites,
03:24 on doit faire des make-up, on doit faire des coiffures.
03:28 C'est un métier qui véhicule d'énormes valeurs humaines
03:32 parce que même quand nous-mêmes, on intervient,
03:35 on se doit d'intervenir comme si à chaque fois, c'était quelqu'un de notre famille.
03:38 Sous-titrage ST' 501
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