00:00 Ça, c'est vintage, ça a plus de 50 ans.
00:02 L'idée, c'est que les pièces que je vende, elles n'aient rien à envier à du neuf.
00:06 Ce sont des choses qui ont déjà été portées et qui pourront vous durer 10 ou 20 ans.
00:09 J'ai déjà chainé un manteau des années 40, une robe des années 30,
00:22 tout comme une chemise ou un petit top des années 90-2000.
00:26 C'est un peu cliché, mais je préfère m'attacher à l'histoire que la pièce va me raconter.
00:31 Si on prend par exemple cette pièce-là et cette pièce-là,
00:35 elles viennent de Nice, de l'atelier d'une dame âgée qui était couturière
00:41 et qui est partie en maison de retraite.
00:43 J'ai acheté une agricultrice à la retraite en Oréloire.
00:48 La robe était super abîmée, elle est entièrement faite à la main.
00:51 Du coup, je l'ai raccourcie et j'en ai fait une blouse, un top assez long.
00:56 Les tailles de la marque vont du 30 au 60.
00:59 Je n'ai pas d'office été inclusif et je trouve ça important de le mentionner.
01:03 Quand j'ai créé la marque, au début, je chainais avec ce que j'avais moi en tête.
01:07 Étant donné que je fais un 34-36,
01:09 je chainais des vêtements dans lesquels je pouvais me représenter et m'imaginer.
01:14 Donc j'avais une sélection qui allait maximum jusqu'aux 40.
01:17 Mes abonnés, qui sont très engagés,
01:19 m'ont dit que c'était absolument pas possible
01:22 et qu'il fallait que je me remette en question à ce niveau-là,
01:24 chose que j'ai faite dans la minute.
01:27 De ce jour, j'ai tenu à avoir une sélection
01:29 qui aille jusqu'à la plus grande taille possible,
01:32 puisqu'aujourd'hui, et encore plus dans le vintage,
01:36 les tailles s'arrêtent majoritairement aux 42-44.
01:39 [Musique]
01:41 Il y a des défauts, oui.
01:57 Je trouve que ça parle du produit, ça parle des gens.
02:01 Il faut aussi accepter aujourd'hui que les vêtements aient un vécu,
02:05 mais ces cicatrices ne sont pas forcément quelque chose de négatif.
02:08 Ça peut être quelque chose de très poétique et qui font leur beauté.
02:11 Là, on est sur un pull fin années 60, début 70,
02:16 avec une maille qui est super fine et tout, trop jolie.
02:19 Et ce que j'aime dans le genre des défauts
02:21 qui rendent un vêtement précieux et qui sont acceptables,
02:23 c'est qu'on avait une maille qui s'était défaite
02:26 et la dame très, très talentueuse, je ne sais pas ce talent perso,
02:30 a réussi à trouver exactement le même fil
02:33 pour pouvoir reprendre l'accro,
02:36 ce qui fait que ça se voit sans se voir.
02:38 Perso, je trouve que ça donne encore plus de valeur à une pièce.
02:41 Je comprends très bien qu'on puisse ne pas être sensible au vintage
02:44 ou qu'on puisse ne pas aimer ça parce qu'il y a une notion de style,
02:46 mais en vintage, il faut savoir qu'il y a plein de choses différentes.
02:50 Il y a aussi du très classique,
02:51 d'autant que la mode d'aujourd'hui s'inspire de ces années-là.
02:55 [Musique]
03:05 Au tout début de mes études, je voulais être créatrice de mode.
03:08 En entrant dans mon master,
03:10 je me suis rendue compte que c'était quelque chose
03:11 qui n'avait absolument plus sens aujourd'hui,
03:14 et plus encore d'un point de vue social, d'un point de vue politique,
03:17 de tous les points de vue possibles,
03:19 pour moi, ça ne faisait plus sens que de créer quelque chose.
03:23 [Musique]
03:25 L'écho-anxiété, dans mon cas particulier,
03:33 ça a été, je pense, six bons mois d'angoisse très forte
03:37 où j'ai réalisé qu'en fait, tout ce qu'on utilisait,
03:39 la moindre petite chose avait un poids avant son utilisation,
03:44 pendant son utilisation et après son utilisation.
03:47 Si par exemple, je vais prendre un vêtement de fast fashion en polyester,
03:51 il a un poids puisqu'il est produit, il est ici de la pétrochimie,
03:54 donc il faut aller chercher le pétrole pour le faire, le produire,
03:57 tout ça, ça prend des ressources.
03:58 Après, je vais le porter, quand je vais le laver,
04:00 il va libérer des micro-plastiques,
04:02 sans compter la teinture qu'on a utilisée pour le faire.
04:05 Après cette crise d'écho-anxiété,
04:07 je me suis dit qu'il y a forcément des choses à faire
04:10 pour allier ces deux choses très fortes que j'ai en moi,
04:14 qui est le désir de faire mieux
04:16 et de contribuer à un avenir plus sain et plus propre,
04:21 et de faire de la mode,
04:22 parce qu'en tant qu'humain,
04:23 c'était vraiment ça que je voulais faire dans ma vie.
04:25 Ayant toujours été passionnée par le vintage,
04:27 je me suis tout de suite imaginée,
04:30 de fonder une marque qui, plutôt que de produire
04:34 et d'utiliser de nouvelles ressources,
04:36 pourrait utiliser comme ressources ce qui existe déjà.
04:40 Aujourd'hui, on est à un stade
04:42 où les quantités de fringues en seconde main disponibles,
04:45 c'est juste monstrueux.
04:47 On parle de milliers de tonnes de vêtements de seconde main
04:50 qui arrivent chaque jour dans les Emmaüs en France.
04:53 Et moi, l'idée, c'est que les pièces que je vends,
04:56 elles n'aient rien à envier à du neuf.
04:58 Elles sont propres, elles sont en état neuf.
05:01 Ça, c'est vintage, ça a plus de 50 ans.
05:05 Et pour autant, ce sont des choses qui ont déjà été portées
05:08 et qui pourront vous durer 10 ou 20 ans.
05:10 Sous-titrage ST' 501
05:12 [Musique]
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