00:00 D'abord ces images, celles que vous venez de montrer,
00:03 et puis celles du policier brûlé par le cocktail Molotov,
00:07 ce sont des images terrifiantes.
00:08 Moi je pense évidemment à ces hommes,
00:12 aux souffrances qu'ils ont endurées, à leur famille, à leurs collègues,
00:16 enfin tout ça, ça suscite chez nous la même émotion partagée.
00:19 – Évidemment.
00:21 – Ces casseurs, il faut les éradiquer.
00:24 Très bien.
00:25 – Comment ?
00:26 – Moi je dis que les lois circonstancielles,
00:31 comme ça, sous le coup de l'émotion, il faut s'en méfier.
00:35 – Ça fait 20 ans, depuis Gênes 2001,
00:37 ou depuis le sommet de l'OTAN 2009 à Strasbourg,
00:39 qu'on se dit "il faut éradiquer les casseurs",
00:41 c'est pas vraiment circonstanciel, ça fait 20 ans qu'on n'arrive pas.
00:44 – Est-ce que je peux compléter en disant que moi ce que je trouve terrifiant,
00:47 au-delà de ça, c'est qu'il y a une étude d'opinion
00:49 qui montre que 32% des Français comprennent ces violences.
00:53 Est-ce qu'il n'y a pas, au-delà même de problèmes purement de texte,
00:58 d'application de la loi, etc., un phénomène qui est en train de miner la société,
01:03 d'acceptation de la violence et même d'une revendication de la violence ?
01:07 Comment on fait pour se débarrasser de cela ?
01:11 – Pardon Madame Bachelot, mais ce sont deux choses à mon sens
01:13 qui sont un peu différentes.
01:14 On reviendra si vous le voulez sur ces…
01:16 Je trouve que le chiffre est effarant,
01:18 32% de gens qui cautionnent au fond la violence…
01:21 – Ça encourage les casseurs.
01:22 – Dont ils sont sans doute les témoins par le truchement de l'écran de télé,
01:27 mais dont ils ne sont pas les victimes directes.
01:29 Parce que si les 32% voyaient leur vitrine, leur voiture, leurs enfants
01:35 et eux-mêmes saccagés, pas certains qui cautionneraient la violence.
01:38 Mais je veux répondre à cela.
01:40 Ce que je dis sur la loi circonstancielle, c'est qu'il faut qu'on réfléchisse.
01:48 C'est indispensable qu'on réfléchisse à quoi ?
01:50 Qu'on fasse l'inventaire de notre arsenal juridique, complet,
01:55 ce que nous avons, ce qui marche bien, ce qui ne marche pas bien,
01:59 pourquoi ça peut être amélioré, pas obligé de passer immédiatement par la loi.
02:02 Voilà tout ce que je dis.
02:04 – Vous dites piano à Gérald Darmanin.
02:06 – Je dis, réfléchissons ensemble, on réfléchit demain, mais dans l'action.
02:08 Voilà, c'est tout ce que je dis.
02:10 Et il est extrêmement important que l'on fasse l'inventaire de ce qu'on a,
02:15 qu'on fasse l'inventaire de ce que l'on a, de ce qui marche très bien,
02:19 de ce qu'il faut renforcer.
02:20 Enfin, vous savez, je vais vous dire, c'est pas le droit qui fait la société,
02:24 c'est la société qui fait le droit.
02:26 Quand on est face à des événements comme cela, naturellement qu'il faut réagir.
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