00:00 Je veux juste faire trois remarques avant de commencer à répondre à vos questions.
00:06 La première pour dire que j'ai siégé dans cette assemblée pendant 22 ans, que j'ai
00:14 siégé trois ans au Sénat et que j'ai été membre du gouvernement de la République
00:19 pendant 12 ans.
00:20 A aucun de ces moments, jamais pendant ces 36 années, je crois, de vie publique, on
00:29 a pu trouver une seule action de ma part qui soit influencée par une puissance étrangère.
00:36 J'ai toujours défendu l'intérêt national, en tout cas tel que je le conçois, et cette
00:43 attitude n'a pas changé.
00:45 La deuxième chose que je voudrais dire, c'est que j'ai des convictions qui n'ont pas variées,
00:51 notamment sur cette question du rapport entre la France et la Russie.
00:55 Je pourrais résumer ces convictions en disant qu'elles sont gaullistes, mais immédiatement
01:01 je vois les ricanements, non pas ici naturellement, mais à l'extérieur, arriver en disant que
01:07 tout ça c'est du passé et que le monde a changé.
01:11 C'est vrai que le monde a changé, que la situation est différente aujourd'hui de
01:14 celle que nous avons connue.
01:15 Mais il y a une chose qui n'a pas changé et qui au fond était la base de la vision
01:22 qui était celle du général de Gaulle en politique étrangère, c'est la géographie.
01:26 Nous sommes sur le même continent que la Russie et une immense partie de la Russie
01:33 est européenne.
01:34 On peut aimer, pas aimer, combattre, être en désaccord, et il y a bien des raisons
01:41 d'être en désaccord avec le régime russe, et pas seulement avec celui-là, mais avec
01:44 tous ceux que la Russie a connus depuis bien longtemps.
01:47 Ça n'efface pas cette constatation que la proximité de la Russie et de notre pays
01:56 et de l'Europe oblige à trouver un mode de relation avec la Russie qui permette d'assurer
02:05 la paix et la sécurité.
02:07 C'est d'ailleurs ces convictions qui m'ont conduit à m'intéresser assez tôt à la
02:14 Russie, puisque j'y ai effectué mon premier déplacement à la tête d'une délégation
02:20 parlementaire de la Commission de la Défense Nationale et des Forces Armées dont j'étais
02:24 le président en 1986 ou 87, je ne me souviens plus très bien, mais je pense que c'était
02:30 en 1986.
02:31 Et c'était une mission assez historique, sans exagération, puisque c'était la première
02:40 fois que la Commission de la Défense Nationale se rendait dans le pays qui était notre adversaire
02:43 principal.
02:44 J'y suis retourné d'ailleurs l'année suivante, en 1988, cette fois-ci en étant
02:51 dans l'opposition avec Jean-Pierre Chevènement, que vous avez auditionné il y a quelques
02:56 instants.
02:57 Jean-Pierre Chevènement a effectué une visite en Union soviétique, dans les Forces
03:03 Armées soviétiques, en 1988, et il avait souhaité que je l'accompagne pour démontrer
03:10 aux Russes qu'en matière de défense, il n'y avait pas de division à l'intérieur
03:17 de notre pays et que nous étions solidaires.
03:20 La troisième et dernière remarque que je veux faire, elle concerne mon expérience
03:26 des ingérences étrangères.
03:27 Est-ce que j'ai rencontré dans ma vie politique, et en particulier lorsque j'étais au gouvernement,
03:33 des ingérences étrangères ? Oui, j'en ai rencontré.
03:36 La plupart du temps, elles venaient d'un pays ami et allié qui s'appelle les Etats-Unis.
03:43 Je ne porte pas de jugement, je dis, votre commission travaille sur les ingérences étrangères,
03:50 je vous dis que, par exemple, j'ai été écouté avec le président Sarkozy pendant
03:55 cinq ans par la NSA.
03:57 On l'a su lorsque des documents, des services secrets américains ont fuité, et tout le
04:06 monde s'est fixé sur le fait que la NSA écoutait Mme Merkel, mais elle écoutait aussi l'ensemble
04:10 des membres du gouvernement français et sans doute des autres pays européens.
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