00:00 On y est, on y est, on est très heureux, on va pouvoir ouvrir dans de très bonnes conditions.
00:09 Le but, c'est vraiment pas de faire une académie, parce que c'est là qu'on nous
00:19 parle beaucoup de notre académie, notre académie, notre académie.
00:21 Aujourd'hui on a un groupe qui a différentes activités, évidemment on est porté sur
00:27 le haut niveau, c'est notre ADN.
00:29 Mais aujourd'hui on construit aussi des infrastructures pour le loisir, pour le bien-être.
00:34 Il y en a pour tout le monde, il y en a surtout pour les familles.
00:36 Ce sera destiné à nos membres, ça reste d'une certaine manière un club privé, en
00:44 dehors du restaurant et du magasin qui seront ouverts au grand public.
00:49 On se réjouit vraiment du moment où on va pouvoir commencer l'exploitation et voir
00:59 les premières personnes arriver et s'éclater sur les infrastructures.
01:03 Bonjour, on est chez toi, on est chez vous, c'est quoi le sentiment ? On est à trois
01:11 mois de l'ouverture, c'est impressionnant, il reste du boulot quand même ?
01:15 Oui bien sûr, il reste pas mal de boulot, mais c'est vrai que ça va très vite.
01:19 En fait le gros du boulot c'est souvent les fondations.
01:21 Là on est très contents de la tournure que ça prend, de la vitesse à laquelle ça
01:28 a été.
01:29 Parce que c'est vrai que même si on ne dirait pas comme ça, on n'est vraiment pas
01:33 loin du dénouement et de la possibilité de pouvoir exploiter le site.
01:39 Donc on se réjouit, en même temps on est très heureux et évidemment très fiers de
01:45 ce qu'on a pu réaliser.
01:47 Je n'aurais jamais pensé que j'aurais été capable un jour de pondre un projet comme
01:54 celui-là, parce qu'il faut savoir qu'on a vraiment travaillé dessus pendant le Covid.
02:02 On a été des heures et des heures sur nos ordinateurs, en visio, à penser le projet,
02:13 à le mettre en forme, à trouver les moyens de financement, à être 24 heures sur 24
02:22 presque sans dodo à penser à ça.
02:25 Et donc aujourd'hui on y arrive bientôt et on est juste hyper heureux et on espère
02:31 que les gens vont pouvoir y passer du bon temps, comme nous on se l'est imaginé dans
02:36 nos têtes.
02:37 Tu l'as dit il y a eu le Covid, il y a eu une conjoncture économique pas facile, c'est
02:40 quand même culotté de lancer ça quand même non ?
02:42 Oui, mais bon, voilà, c'est vrai que moi j'ai eu l'habitude qu'on me dise que ce
02:54 n'était pas possible.
02:55 Que ce n'était pas possible, désolé Joe, mais je ne suis pas sûr, tu es trop grand,
03:02 trop jeune, tu es trop costaud, tu es trop ci, tu es trop ça, tu n'arriveras pas.
03:07 Et j'ai toujours adoré ce challenge et moi ne serait-ce qu'être un joueur de tennis
03:15 professionnel, pour moi ça a été un challenge, pour moi ça c'était un nouveau challenge.
03:19 Quand j'ai dit on va construire en 18 mois, on m'a dit mais n'importe quoi, ce n'est
03:22 pas possible.
03:23 Ben voilà, on y est, il nous reste 3-4 mois, presque tout est terminé, il ne reste plus
03:28 finalement que des habillages pratiquement sur les intérieurs et sur les cours de tennis.
03:35 Donc voilà, je suis encore une fois assez fier et j'attends la prochaine fois où on
03:41 me dira que je ne suis pas capable.
03:42 Donc avec Joe tout est possible, tu nous fais la transition, il y a presque un an tu mettais
03:48 un terme à ta carrière à Roland-Garros, quelle année c'est passé quand même ?
03:52 Ah ouais, quelle année, parce qu'honnêtement pour moi ça n'a pas été facile, tous les
03:58 jours j'y pense encore, au fait d'être sur le terrain de temps en temps.
04:03 Mais j'ai eu la chance justement d'avoir un projet comme celui-là qui m'a tenu, on
04:09 va dire de façon constante, au niveau adrénaline.
04:18 Parce qu'il y avait du risque, parce qu'il y avait du travail.
04:22 Donc voilà, ça a remplacé un peu ce que je faisais avant.
04:27 Et comme avant, on se réjouit de pouvoir célébrer les victoires quand on a bien travaillé.
04:34 Aucune envie de reprendre en une année ?
04:36 Si je vous dis dans le meilleur des mondes, je me dis "Allez, dans deux ans, tout ça
04:41 ça tourne, je suis bien, j'y retourne".
04:44 J'adorais, j'adorais.
04:46 Mais non, ce n'est pas réaliste aujourd'hui.
04:48 Voilà, j'ai arrêté, je sais pourquoi j'ai arrêté.
04:51 J'ai arrêté premièrement parce que physiquement, j'ai commencé à vraiment tirer sur la machine
05:01 et à "hypothéquer" les années de vie qui me restent.
05:09 Tout simplement parce que j'ai envie de profiter au maximum de mes enfants, de pouvoir courir
05:15 avec eux tout le temps.
05:16 Et c'est vrai que j'avais les articulations qui commencent à être bien touchées.
05:19 Le but c'était évidemment de ne pas aller trop loin pour pouvoir profiter de la seconde
05:26 partie de ma vie, de mes enfants, de ma famille, de pouvoir faire de beaux projets comme ceux-là.
05:31 C'est cool parce que tu nous fais des transitions.
05:34 Tu parles des blessures.
05:35 On arrive à Roland-Garros, on va parler forcément de Rafa.
05:38 Inquié, pas inquié ? On a vu Amélie il y a quelques jours.
05:41 Elle n'est pas inquiète parce qu'avec Rafa, à Roland-Garros, tout est possible.
05:44 C'est un peu comme Joe dans sa vie.
05:45 C'est quoi ton sentiment toi ?
05:47 Moi, je ne suis pas inquiet pour Rafa.
05:51 J'invite tout le monde à ne pas l'être pour lui.
05:55 Tout va bien.
05:56 Tout va bien.
05:57 Non, mais des fois, il faut savoir prendre aussi du recul.
06:00 Je pense que pour lui, chaque année qui passe, c'est un plus.
06:06 S'il est capable de jouer, ce sera un plus.
06:09 S'il ne peut pas jouer, ce ne sera pas un moins.
06:11 Rafa, c'est 15 ans de victoire à Roland-Garros.
06:17 C'est une légende du tennis.
06:19 Il risque de le rester pour des années et des années.
06:23 Il le restera pour toujours, mais il risque de rester le premier ou le deuxième joueur
06:32 de tous les temps sur des dizaines d'années.
06:36 Honnêtement, je ne suis pas inquiet pour Rafa.
06:40 Ce que je lui souhaite, en tout cas, c'est d'être bien dans ses baskets.
06:44 Je pense qu'il l'est largement.
06:46 Il est au top, Rafa.
06:49 Ça ne sert à rien de polémiquer sur le fait qu'il fasse à Roland plus ou de moins.
06:55 Ça ne changera pas grand-chose à ce qu'il est.
06:57 Pas inquiet non plus pour Djokovic, qui est un peu gêné par son coude.
07:01 Pas inquiet non plus pour Novak.
07:04 Pour les mêmes raisons.
07:05 Je pense que c'est un joueur exceptionnel.
07:09 Il y a deux joueurs exceptionnels.
07:10 Pour les avoir côtoyés toutes ces années, je ne sais pas si c'est par chance ou par
07:15 malchance, mais ça a été des joueurs incroyables.
07:20 Et sur le terrain et en dehors.
07:21 Pour les connaître personnellement.
07:24 Aujourd'hui, je ne suis pas inquiet pour eux.
07:29 C'est sûr que si on parle de carrière tennistique, on peut se poser les questions.
07:36 Est-ce qu'il y en a un qui va jouer ? Est-ce que les deux ne vont pas jouer ?
07:39 Il n'y a qu'eux qui peuvent répondre à ça.
07:44 Et encore.
07:45 Côté français, est-ce qu'on a enfin trouvé la génération dorée qui vient après vous
07:50 en la personne d'Arthur Fyss et Lucas Van Hach en attendant que le futur numéro un
07:55 français sorte de la All-In ?
07:57 Déjà, je ne savais pas que nous, on avait été une génération dorée.
08:00 J'aurais bien voulu que je sois champion.
08:03 Les fameux mousquetaires.
08:05 J'aurais voulu être champion olympique, gagner 6-7 grands chelèmes minimum.
08:11 Non, nous, on est une génération qui effectivement a très bien joué au tennis.
08:17 Qui a, je pense, inspiré beaucoup de jeunes aussi.
08:23 On a joué dans une génération, je pense, hors normes, exceptionnelle.
08:31 C'était hors normes le mot, pas dorée.
08:32 Hors normes.
08:33 C'est vrai qu'on s'est tiré la bourre.
08:38 Aujourd'hui, c'est ce qu'il faut pour nos jeunes.
08:40 C'est qu'ils soient capables de se tirer la bourre et d'aller chercher les plus grands
08:47 joueurs au monde.
08:48 Moi, j'ai toujours pensé que c'était une histoire de cycle.
08:53 Il y a des bons joueurs qui s'en vont, d'autres qui y arrivent.
08:59 Ça prend plus ou moins de temps.
09:01 La chance qu'on a en France, c'est d'avoir un vivier exceptionnel.
09:04 Une fédération qui ratisse très large, qui loupe pas beaucoup de talents.
09:10 Aujourd'hui, oui, je pense qu'on va être susceptible d'avoir des champions.
09:20 Mais on en a déjà, entre guillemets, mais des très très forts.
09:25 On les attend.
09:27 On a des jeunes qui sont très bons.
09:29 Qu'est-ce qui leur manque ?
09:32 Qu'est-ce qui leur manque ? Ah ben du temps.
09:34 Le temps, c'est le nerf de la guerre.
09:39 Si vous avez 16 ans, vous n'allez pas être champion tout de suite, a priori.
09:42 Si vous avez 18, vous en rapprochez.
09:46 Si vous avez 19, vous pouvez l'être.
09:48 Mais il faut leur donner le temps.
09:51 Aujourd'hui, on ne claque pas des doigts.
09:54 On dit « demain, il y a un champion ». Non.
09:56 Même un gars qui fait une super performance la semaine prochaine, ce n'est pas sûr
09:59 qu'il réédite, il peut se blesser, il peut avoir des problèmes familiaux, il peut se
10:05 passer plein de choses.
10:06 Il faut du temps pour fabriquer des champions.
10:11 Je pense que c'est important de les accompagner là-dedans en leur disant que ce n'est pas
10:19 demain.
10:20 Le but, c'est d'avoir un beau projet, de s'y tenir, de ne pas regarder à droite
10:25 et à gauche et de foncer tout droit.
10:27 Il y en a un qui prend son temps, c'est Richard Gasquet.
10:29 Il est toujours le numéro un français, il est toujours là.
10:31 Oui, oui, oui.
10:32 C'est l'avenir.
10:33 C'est l'avenir du tennis français.
10:36 C'est incroyable.
10:37 En même temps, ce n'est pas surprenant.
10:41 Moi, ça ne me surprend pas.
10:43 Je sais qu'il est passionné, je sais qu'il adore ça, je sais qu'il adore cette vie-là.
10:47 Donc, ça ne me surprend pas.
10:49 Je suis ravi que mon pote s'éclate sur le terrain comme il le fait.
10:56 Mon fils, là, m'en fous.
10:59 On parlait tout à l'heure des blessures de Nadal, Djokovic.
11:02 Là, par contre, c'est peut-être plus dur parce que le corps, ils sont vraiment lâchés.
11:05 Un peu comme vous, à l'époque ?
11:06 Oui, un peu comme tous les joueurs qui arrivent à un âge où ça commence à piquer un petit
11:15 peu.
11:16 Je n'étais pas une "exception".
11:19 Tout le monde a son lot de problèmes, de blessures.
11:22 Après, Gaël, c'est une longévité incroyable aussi.
11:28 C'est comme Rafa, comme Novak, comme d'autres.
11:33 C'est la génération 86-87.
11:35 C'est assez exceptionnel ce qu'ils font quand même.
11:41 Moi, je pense que c'est ça qu'il faut saluer.
11:43 Après, le fait qu'il fasse un rôle en de plus, un de moins ou deux de plus, je ne sais
11:48 pas si ça changera la donne sur ce qu'il a fait et ce qu'il a réalisé.
11:51 Peut-être s'il va gagner.
11:54 Après, si jamais un de ses joueurs venait à gagner à ces âges-là, ce serait quand
12:01 même aussi une petite révolution.
12:04 De Roland-Garros 2023, on va fêter les 40 ans de la victoire d'un certain Yannick Noa.
12:10 Vous serez là ?
12:11 A Roland-Garros ?
12:12 Oui, je serai présent.
12:13 J'ai eu quelques oui-dires, mais voilà.
12:16 40 ans de la victoire d'Yannick Noa, quand même.
12:18 C'est quelque chose.
12:20 Déjà, c'est quelque chose, parce que c'est le seul qui a gagné en grand-chelème en
12:27 France.
12:28 Évidemment qu'on est tous fiers et admiratifs de ce qu'il a pu faire dans le passé.
12:36 Et ce qu'il fait toujours, d'ailleurs.
12:39 Il faut savoir qu'Yannick est toujours hyper actif.
12:44 Même si, finalement, je trouve qu'on n'en parle pas beaucoup, il fait quand même beaucoup
12:49 de choses ici et là.
12:52 Donc, voilà.
12:53 Je suis ravi de pouvoir être là pour les 40 ans de la victoire de Yannick.
12:59 Et puis, j'espère que ça va être une belle fête.
13:01 Et puis, j'espère surtout que ça va annoncer d'autres victoires à Roland-Garros.
13:04 Vous ne serez pas sur le cours, mais vous ne pouvez pas dire encore où vous serez ?
13:07 Comment ça, je serai ?
13:09 Lors de ce Roland-Garros.
13:10 Je ne serai pas sur le terrain, mais je serai sur le site.
13:13 Suspense.
13:15 Vous reconnaissez votre rôle sur ce Roland-Garros 2023 ?
13:18 Moi, je viens jouer.
13:21 Je viens jouer.
13:22 Le retour est proche.
13:25 Non, je ne viens pas jouer du tout.
13:28 Je viens regarder les matchs.
13:29 Merci, Lou.
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