Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 ans

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Edimer, sur Paris-Roubaix déjà, qu'est-ce qu'elle représente pour vous cette course ?
00:05Si vous deviez associer quelques mots ce serait quoi ?
00:08Je pense que c'est la reine des classiques tout d'abord et puis ce que je vais associer c'est que c'est une épreuve très très difficile.
00:15Le pavé c'est très spécial, il faut être fort à droit et puis encaisser les coups.
00:21Je pense que le jour après on est vraiment courbaturé, les articulations en prennent en plein.
00:26Donc voilà, je crois qu'il faut quand même quelques jours pour se remettre de Paris-Roubaix.
00:32Vous vous souvenez de la souffrance que ça pouvait, de ce qu'il y avait dans votre corps, ce que vous ressentiez ?
00:36Oui, je me souviens très très bien, les articulations de la main, le dos.
00:42Puis je pense qu'aussi pour la course on mettait des épaisseurs sur le guidon pour absorber mieux les chocs.
00:50Il y a eu différentes manières de gagner pour vous ici à Roubaix, au sprint, en solitaire.
00:58Laquelle vous avez le plus en mémoire, laquelle vous avez préféré ?
01:02Les trois je les ai en mémoire.
01:03La première parce que c'était la première avec le maillot de champion du monde en 68,
01:06puis la deuxième en 70 parce que j'ai gagné quand même avec 5 minutes 21.
01:11Dans l'histoire de Paris-Roubaix, personne n'a gagné Paris-Roubaix avec autant d'écarts.
01:15Et puis la troisième, c'était vraiment l'enfer dans des conditions épouvantables, je dirais.
01:21Donc les trois sont différentes et les trois sont incroyables.
01:25Cet écart de 5 minutes à ce moment-là, c'est quoi ? Vous aviez l'impression de voler au-dessus des pavés, c'était quoi ?
01:30En tout cas, je pense que j'avais un jour extraordinaire parce que pour gagner avec 5 minutes à Paris-Roubaix,
01:38après quelques raisons, il faut être en super forme.
01:41Vous n'aviez pas eu un problème ? Pas un seul ?
01:43Oui, j'ai eu des problèmes. Oui, je crois que j'ai eu une ou deux crevaisons.
01:46Enfin, l'écart était creusé, donc la voiture était derrière moi et ça a fallu peu de temps pour changer la roue.
01:54Ça veut dire qu'au départ, vous vous dites, je sais, c'est moi, ce sera moi le premier au vélo de roue, mais je n'ai pas de doute ?
01:58Non, non, absolument pas. Je pense que je n'ai jamais pris le départ d'une course en disant que c'est moi qui vais gagner.
02:04Je pense que j'avais trop de... J'estime pour mes adversaires que pour dire, moi, je ne vais gagner et personne d'autre.
02:121968, on appelle le Paris-Roubaix du renouveau, ce qui est la trouée d'Arambert.
02:16Est-ce qu'il y avait une appréhension pour la première fois cette trouée d'Arambert ?
02:21Vous vous en souvenez ?
02:21Non, je ne m'en souviens pas, mais je sais que les pavés, je les connaissais puisque, bon, étant chez les jeunes, en Belgique, il y avait beaucoup de courses sous les pavés.
02:33Donc, je connaissais bien les pavés et puis j'avais déjà fait deux fois Paris-Roubaix en 66 et 67, donc je savais un petit peu ce que c'était les pavés de Paris-Roubaix.
02:42Mais la tranchée d'Arambert, bien sûr, c'était encore un surplus, je dirais, pour Paris-Roubaix.
02:491973, c'est la boue, c'est des conditions dantesques qu'on a connues en 2021, notamment dans Paris-Roubaix.
02:56Vous avez l'impression d'en voir jamais le bout de cette course à ce moment-là ?
02:59Oui, à un certain moment, j'ai pensé que j'avais cassé ma fourche et puis je me suis retrouvé comme une crêpe.
03:05C'était à cause des conditions épouvantables qu'il y avait, la boue, que j'ai glissé, que je suis tombé.
03:12On dit souvent qu'il faut être puissant pour gagner Roubaix et qu'on fait moins de 70 kilos, on n'est pas armé pour.
03:18Qu'est-ce que vous répondez ?
03:19Je pense qu'on peut gagner Paris-Roubaix étant un peu léger, mais quand même, si on est un vrai grimpeur comme Van Impe, c'est difficile à gagner Paris-Roubaix.
03:30Quand on voit que ça a été délaissé par des coureurs de grands tours pendant un certain nombre d'années,
03:33qu'on entend Tadeï Pogacar dire qu'il y pense, que le défi est prêt à le relever,
03:38ça vous fait plaisir, vous, qui avez été ce coureur qui était capable de tout remporter ?
03:43Bien sûr, ça me fait plaisir de voir les grands coureurs qui gagnent les grandes courses à l'étape, qui font des classiques.
03:47Je crois que c'est un surplus pour le cyclisme, c'est une publicité pour le cyclisme,
03:51et je pense que, par exemple, Pogacar est un exemple, et je pense que d'autres, j'espère que d'autres vont suivre.
03:56Dans votre armoire à trophées, qu'est-ce qui est en haut, qu'est-ce qui est un petit peu après, dans toutes ces courses ?
04:03Bon, je n'ai pas d'armoire de trophées, vous savez, j'ai gagné beaucoup de courses, et toutes sont différentes,
04:11et bon, certainement que Paris-Roubaix a été un côté que j'apprécie énormément, que je me souviens énormément.
04:20On était là où le secteur pavé porte votre nom à Canfins-en-Pével,
04:25on a vu beaucoup de monde, des Belges notamment, qui viennent, qui ont fait le déplacement pour vous voir.
04:30Qu'est-ce que ça vous fait quand vous voyez encore cette ferveur aujourd'hui ?
04:32Ça fait plaisir, bien sûr, de voir autant de personnes présentes de l'autre côté de la frontière,
04:43et puis ça veut dire quand même que j'ai représenté quelque chose dans le cyclisme pour ces gens.
04:50Quand on parle du cannibal, vous aimez ce surnom ou pas ?
04:53Ça m'est égal, vous savez que je m'appelle n'importe quel nom, l'important c'est de gagner des courses.
04:59Ça veut dire quelque chose, ça montre un palmarès en tout cas.
05:01Je pense que je l'ai démontré.
05:06Roubaix, vous y êtes-y retourné, vous y êtes revenu récemment ou pas ?
05:09Est-ce que parfois vous re-goûtez au pavé, même à vélo ou pas du temps ?
05:12Non, non, le pavé c'est du temps passé, le pavé et la montagne, c'est devenu allergique.
05:16Les grands tours, le Tour de France, 5 tours à votre actif, autant de giro, comment vous l'avez placé là aussi ces victoires ?
05:28Vous savez, le Tour de France c'est l'épreuve phare du cyclisme, je pense que quand on a gagné le Tour de France,
05:34on a gagné la plus grande épreuve cycliste qu'il y a au monde, donc c'est des souvenirs incroyables.
05:40Il y a une année qui vous est chère, une victoire ou pas ?
05:44Non, pas spécialement, en 1969 c'est la première, et peut-être en 1974 parce que c'est la cinquième.
05:51Dommage que je n'ai pas couru en 1973, j'aurais été le premier étranger à gagner 5 tours de France d'affilée,
05:56et c'est la raison pour laquelle je n'ai pas fait Paris-Roubaix en 1973.
05:59Vous roulez toujours aujourd'hui ?
06:02Oui, je roule, je roule plus de distance comme dans le temps, mais hier j'ai encore fait du vélo,
06:08donc avec des anciens équipiers comme de Schumacher, Sprout, Rottir, et d'autres, mon fils, l'ancien joueur de football,
06:19donc toujours plaisir à faire du vélo.
06:21Combien de kilomètres ?
06:22On a fait 52 kilomètres.
06:24Vous arrivez à aller au bout, on ne vous arrête pas tout le temps ?
06:26Je ne m'arrête jamais, je ne m'arrête pas après.
Commentaires

Recommandations