00:00 8h13, c'est une interview d'actualité, c'est une équipe que vous recevez ce matin Julia, il y a un chien, Snoopy,
00:04 ce qui est une première dans l'histoire de Télématin, il y a Isabelle Fromantin qui travaille avec Snoopy à l'Institut Curie pour le plus grand bien-être des patients,
00:12 et puis il y a Marguerite qui va veiller sur Snoopy pendant cette interview exclusive.
00:15 Bonjour et bienvenue.
00:16 Bonjour, merci à vous trois donc d'être les invités de Télématin.
00:20 Isabelle, comme le disait Thomas à l'instant, vous travaillez à l'Institut Curie et vous étudiez le rôle bénéfique des chiens de médiation au sein de l'hôpital,
00:28 on appelle ça la cynothérapie, est-ce que vous pouvez nous expliquer plus en détail de quoi il s'agit ?
00:33 Le principe il est simple, nous on n'est pas des professionnels, on est des infirmiers,
00:37 et on a voulu que Snoopy vienne pour apporter un peu de joie et un peu de sourire,
00:42 tout le monde sourit ce matin quand on arrive sur le plateau, c'est la même chose à l'hôpital, et pour les soignants,
00:48 et pour les patients, même si pour les patients évidemment on travaille des interactions et Snoopy est peu à peu éduqué à savoir se comporter selon telle ou telle situation.
00:57 Alors on le voit d'ailleurs, là c'est marqué sur lui "chiens médiateurs", qu'est-ce que ça veut dire exactement ?
01:03 C'est quoi les missions de Snoopy au sein de l'Institut ?
01:06 Alors il va aller voir des patients, des patients âgés, les âgeurs, ce qu'on appelle à l'Institut on accueille des patients entre 15 et 25 ans,
01:16 adolescents et jeunes adultes, des patients en fin de vie, et puis aussi des patients qui sont en traitement,
01:21 qui ont juste envie d'une présence et d'un moment sans cancer. On est un institut où on ne fait que du traitement du cancer,
01:29 et quand vous voyez quelqu'un qui est en traitement, évidemment vous parlez de cancérologie, vous parlez de traitement, vous parlez d'effets secondaires,
01:36 et là tout d'un coup c'est une bulle qui va parler d'autre chose, qui va susciter autre chose.
01:41 Et donc les patients quand ils voient Snoopy, c'est leur visage qui change, leur attitude, c'est une petite parenthèse enchantée vous diriez ?
01:48 Oui, je pense qu'on a été étonnés parce que nous on s'attendait à des sourires, à une interaction, à des jeux, et c'est quelquefois beaucoup d'émotion aussi.
01:57 Je pense que quand les patients sont très pris par leur maladie, là ils voient un regard qui arrive sur eux qui est complètement dénué de jugement,
02:07 qui ne sait pas qu'il y a le cancer, et on a été étonnés de moments d'émotion qui nous-mêmes nous ont pris dans l'émotion.
02:14 J'imagine, vous disiez tout à l'heure Isabelle Snoopy est aussi là pour les soignants, il leur permet de décompresser,
02:21 est-ce que vous le considérez, est-ce qu'il est considéré comme un collègue à Curie ?
02:26 Oui, je pense que, alors là on ne lui a pas mis mais il y a son badge, et son badge lui ouvre toutes les portes.
02:31 Moi le mien il n'ouvre pas toutes les portes, lui il ouvre toutes les portes aussi bien à l'hôpital qu'en section recherche,
02:36 et c'est vraiment le collègue de tout le monde, et je pense que c'est ça qui est intéressant.
02:41 Vous savez, nous on est, il y a un centre de recherche, mais Curie c'est aussi un grand hôpital,
02:46 finalement quelques fois les gens ne se parlent pas, comme je pense dans toutes les entreprises,
02:51 et là Snoopy fait aussi beaucoup de liens.
02:54 C'est le lien social aussi, la présence de ce chien à l'Institut, vous disiez Snoopy il a un badge, il peut aller partout,
02:59 mais pas tout à fait, je crois qu'il y a quand même des règles à respecter, notamment au niveau de l'hygiène et de la sécurité, c'est bien ça ?
03:05 Oui, alors il a une surveillance vétérinaire qui est particulière, je ne vais pas rentrer dans les détails,
03:10 mais avec un vermifugage particulier, on le brosse tous les matins, vous voyez qu'il a aussi une étiquette "ne pas caresser",
03:16 alors bien sûr on peut caresser Snoopy, mais ça permet de freiner notamment nos patients,
03:22 et après qu'ils se lavent les mains aussi, puis on lui lave les oreilles, il lave les dents.
03:26 Il y a tout un protocole hyper important, il y a une étude qui est actuellement en cours pour évaluer justement l'effet de Snoopy sur les patients,
03:33 si les résultats sont probants, est-ce que vous pensez que cette initiative pourrait avoir lieu dans d'autres centres hospitaliers ?
03:39 Alors on va l'étudier, la première année on va étudier son impact sur la qualité de vie au travail.
03:44 Depuis 4 ans, l'hôpital, enfin il va mal depuis bien plus longtemps que ça,
03:48 mais ça s'est accéléré en Covid, après Covid, avec beaucoup de démissions,
03:53 et on va d'abord étudier cette qualité de vie au travail, et l'année prochaine on va étudier son impact sur les patients.
04:00 Pourquoi l'année prochaine ? D'abord parce qu'on l'aura complètement éduqué,
04:04 on aura des indications plus précises d'interaction de Snoopy,
04:09 puis aussi quand on fait de la recherche il faut toujours un petit peu de sous,
04:12 et notamment auprès des patients, donc il faut aussi qu'on ait le temps de se retourner pour récolter cet argent.
04:18 Et au milieu de tout ça, on va étudier justement comment ça peut être réplicable dans d'autres centres.
04:25 Alors vous êtes également à la tête d'un programme nommé CADOG, c'est bien ça ?
04:28 Un projet qui étudie les bénéfices des chiens auprès des patients atteints de cancer.
04:33 Vous avez par exemple montré que certains chiens pouvaient détecter au flair un cancer chez un patient,
04:39 ça c'est complètement dingue, il faut nous raconter comment c'est possible.
04:42 Donc on fait CADOG, c'est plusieurs études, en chimie et avec les chiens,
04:49 parce qu'on a mis en évidence que sans doute le cancer avait une odeur.
04:53 Donc peut-être qu'on pourrait détecter le cancer par les odeurs.
04:57 Dans ce cas-là, le chien n'est pas en contact avec les patients.
05:00 On prélève l'odeur par la sueur, peut-être que plus tard on le fera par l'urine.
05:05 Et les échantillons sont envoyés, on a des chiens qui ne sont pas des chiens comme Snoopy.
05:09 Ce sont des Malinois, c'est ça ?
05:11 Des Malinois, on a un Labrador, on a un Springer qui est proche de Snoopy,
05:15 mais contrairement à Snoopy qui est très proche de l'humain,
05:18 là ce sont des chiens qui sont au contraire assez autonomes pour pouvoir se concentrer en salle de travail sur leur mission.
05:25 Ce sont des chiens extrêmement joueurs, au fond ils ne travaillent pas, ils jouent,
05:29 à essayer de reconnaître une odeur et pour ça ils sont récompensés.
05:32 Et ça marche ?
05:34 Ça marche, alors ils peuvent le faire.
05:36 Là où on est embêté, c'est que pour l'instant ça fluctue.
05:39 Les jours où ils n'ont pas envie de travailler, ils n'ont pas envie de travailler.
05:42 Et un chien qui n'a pas envie de travailler va ruser pour essayer d'avoir sa récompense
05:47 et ça crée ce qu'on appelle en recherche des biais.
05:50 Donc c'est une recherche un peu longue pour essayer de corriger cette variabilité.
05:54 Ce qui est dingue, c'est qu'en travaillant cette interview,
05:56 évidemment Snoopy est un chien, mais il y a plein d'autres animaux qui accompagnent les malades.
06:00 Je pense notamment à Peyo qui est un cheval qui accompagne les patients dans les services de pédiatrie et de gériatrie.
06:05 C'est bien ça au CHU de Calais. On va pouvoir généraliser ça. Vous pensez à d'autres animaux ?
06:10 Oui, il y a plein d'autres animaux. Après il y a des soucis pratiques.
06:14 Nous Snoopy, on est quatre soignants à se partager sa garde.
06:18 Il vient chez nous le soir. Honnêtement, dans mon appart, un cheval ça ne rentre pas.
06:22 Oui c'est ça. Si on pouvait rester sur les animaux de compagnie, ça serait pas mal.
06:26 Pour la détection, c'est pareil. Il y a d'autres animaux qui sont très forts pour la détection, notamment l'éléphant.
06:32 Là aussi, ça ne rentre pas.
06:34 Donc le mieux c'est quand même les chiens.
06:36 Je pense qu'il faut trouver quelque chose qui soit adaptable.
06:39 Le chien depuis longtemps, depuis longtemps, c'est le meilleur ami de l'homme.
06:42 Le meilleur ami de l'homme. Et là il le prouve justement à l'Institut Curie et ailleurs.
06:45 Merci beaucoup à vous deux d'avoir été là.
06:48 Merci à toi Snoopy. Je t'ai fait un petit hommage.
06:52 C'est Snoop Dogg et le surnom de Snoopy, c'est Snoop comme le rappeur.
06:55 Il a l'air d'apprécier. Non, il est stoïque.
06:59 Merci beaucoup.
07:00 C'est quelle marque Snoopy ? C'est quelle race ?
07:02 Un 7R.
07:03 Un 7R. Merci beaucoup.
07:05 C'est vrai qu'on est très attendus par Snoopy.
07:07 On est aussi infiniment reconnaissant.
07:08 Il faudra que vous faites vous, les infirmiers, les infirmières.
07:10 Les aides-soignants, les aides-soignantes, un peu partout en France.
07:12 C'est important de le dire. Merci.
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