00:00 C'est vrai qu'il y a une espèce de légende dans cette trouée d'arambères qui traverse la forêt de Wallers.
00:06 C'est le moment attendu de la course.
00:10 - Vous pouvez nous expliquer cette légende encore ?
00:12 - C'est vrai qu'elle est particulière.
00:14 C'est le seul secteur pavé qui est aussi rectiligne et dans une forêt.
00:20 Je pense que ça ajoute un côté un peu mystique quelque part.
00:25 Il faut savoir que le pavé est très disjoint ici. Il est vraiment mal stabilisé.
00:31 C'est très dur pour les coureurs. Il y a beaucoup de sauts.
00:36 Il y a beaucoup d'espace entre les pavés.
00:38 Tout ça fait que ça rend ce secteur très difficile.
00:42 - C'est ce secteur où on arrive le plus vite ?
00:44 - Oui, c'est un peu comme s'il y avait une ligne d'arrivée à l'entrée du secteur pavé.
00:49 Il faut être placé dans les tout premiers coureurs.
00:51 Ça arrive à une très grande vitesse. En plus, la première partie se fait en faux plat descendant.
00:56 C'est vrai que ça arrive très vite.
00:59 Les coureurs, au moment d'arriver à cet endroit, débranchent un peu le cerveau.
01:03 Il ne faut plus réfléchir. On s'engage à fond ou on n'y va pas.
01:07 C'est vrai que c'est toujours assez impressionnant.
01:10 Je pense que les spectateurs qui se mettent dans les premiers mètres voient cette folie qui s'empare du peloton.
01:16 C'est toujours un moment assez magique de la saison.
01:20 - C'est le secteur qui fait le plus mal ?
01:23 - Il peut se passer des choses assez difficiles, des crevaisons, des bruits de matériel, des chutes.
01:30 Mais c'est le premier moment clé de la course.
01:35 Il fait mal, mais après, on n'a encore pas la fatigue accumulée, comme c'est le cas lorsqu'on arrive au carrefour de l'Arme.
01:42 Mais il est quand même très pratique.
01:45 - Il est au cœur de la nature.
01:47 Vous aviez un ennemi, l'herbe. Est-ce que vous avez résolu ce problème ?
01:51 - Avec le réchauffement climatique, on a la sensation que l'herbe est de plus en plus présente dans cet endroit assez humide.
01:59 On a longtemps travaillé sur des herbages thermiques, sur des herbages mécaniques.
02:06 On s'est rendu compte que ce n'était pas la meilleure solution.
02:10 Un jour, on est arrivé après la période de Covid, où l'herbe avait vraiment pris le dessus, parce qu'on n'avait pas entretenu pendant deux années.
02:18 À ce moment-là, il y a eu un déclic. On s'est dit qu'on devait peut-être faire de l'éco-pâturage.
02:23 On a pensé à cette idée de mettre des bêtes sur la trouée d'Arenbert pour l'entretenir tout au long de l'année.
02:29 La particularité de la trouée d'Arenbert, c'est qu'il n'y a pas de circulation tout au long de l'année.
02:33 Il n'y a pas d'entretien quelque part avec le passage des roues.
02:37 Il faut trouver d'autres solutions.
02:40 À force de réfléchir, avec M. le maire de Wallers-Salvator, on a trouvé une association qui se charge de venir mettre les bêtes au pâturage et de les ramener tous les soirs.
02:56 Ça a fait des bons résultats, parce qu'on se rend bien compte qu'elle n'a jamais été aussi propre.
03:01 En plus, on n'a pas attaqué les joints, comme on attaque les joints avec un désherbage mécanique.
03:06 Pour la sécurité des couloirs, ça sera bien meilleur.
03:08 Est-ce que c'est quelque chose que vous allez pérenniser ?
03:11 C'est une année d'expérience. On va se laisser le temps.
03:15 On a déjà tenté pas mal de choses sur la trouée d'Arenbert. On a eu certains débois.
03:19 Mais si ça se confirme que c'est la solution, je pense qu'on sera tous d'accord pour pérenniser cette opération qui est dans l'air du temps.
03:29 On parle beaucoup de RSE. Là, on est en plein dedans.
03:32 On travaille d'une façon écologique. On travaille sur le côté social. Et tout ça, c'est important.
03:39 Qu'est-ce que vous aviez tenté qui n'a pas marché ?
03:42 On a tenté de refaire les joints avec du mortier.
03:45 Et puis, on pensait que ça allait ralentir la pousse de l'herbe. Mais ça n'a pas été le cas.
03:49 Et donc, quelque part, on va laisser l'herbe pousser, mais on va faire en sorte de la manger.
03:55 Vous assurez que le gouvernement va laisser les pavés aujourd'hui ?
03:58 Oui, oui. C'est vrai qu'il y a eu une grosse prise de conscience ces dernières années pour sauvegarder le patrimoine que sont les secteurs pavés.
04:07 Après, il y a eu cette période de sauvegarde. Et puis maintenant, on est dans une autre période.
04:13 C'est la période d'entretien et d'amélioration. Il y a un gros travail qui a été fait.
04:17 Au niveau des politiques, il y a eu une vraie envie de préserver ça et d'améliorer ces secteurs.
04:25 Et on sent bien que tout le monde s'y met, que ce soit depuis les communes, aux communes, aux départements, jusqu'à la région.
04:30 Tout le monde pousse dans le même sens. Et on est beaucoup plus sereins maintenant.
04:34 On a des secteurs pavés qui sont propres, très sécurisants. Il n'y a plus de problème.
04:40 Aujourd'hui, le pavé est sec. Je suppose que tous les ans, les organisateurs devaient prier pour que les conditions météo soient bonnes, qu'il n'y ait pas trop de chutes.
04:48 J'ai longtemps espéré l'appui. J'ai été servi en 2021. Je ne suis plus pressé d'avoir l'appui. On va attendre quelques années, si c'est possible.
04:58 C'est vrai que c'était des images exceptionnelles, 2021. Mais c'est aussi beaucoup de stress.
05:04 De voir les coureurs s'engager sur les secteurs pavés complètement inondés, c'était quand même un moment assez dur.
05:11 Vous vous êtes rassuré avec cette recoeur ce matin, à peu près globalement ?
05:15 Si la course devait se dérouler aujourd'hui, on serait dans des conditions extrêmement difficiles.
05:20 Il reste quand même beaucoup de mardeaux. Mais on sait très bien qu'il a beaucoup plu ces derniers jours.
05:25 La météo ne s'annonce pas très mauvaise pour les prochains jours. Donc on peut penser que ça va sécher.
05:30 On sera dans des conditions optimales dimanche, samedi et dimanche.
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