00:00 Bonjour, je m'appelle Benoît Lallement et je suis responsable des sports et des courses au Parisien depuis 2016.
00:04 Alors qu'est-ce qui s'est passé le 18 décembre 2029 ?
00:07 Un événement exceptionnel, une finale de Coupe du Monde avec l'équipe de France,
00:11 l'équipe de France de Kylian Mbappé face à l'Argentine de Léo Messi.
00:15 Un match de rêve, une finale de rêve au bout d'une Coupe du Monde palpitante.
00:20 Cette finale, ça a peut-être été le match du siècle.
00:22 Comment on couvre le match du siècle ?
00:24 Le Parisien avait envoyé au Qatar une grosse équipe
00:29 et en finale, il y avait six reporters du Parisien,
00:32 six reporters écrits du Parisien, un photographe.
00:35 Pour une rédaction généraliste comme le Parisien,
00:38 six reporters sur place et un photographe, c'est énorme.
00:41 On avait aussi évidemment un dispositif à Paris avec une quinzaine de journalistes
00:46 qui étaient occupés à regarder la finale parce qu'on a fait un dispositif global.
00:50 Quand on est journaliste, est-ce qu'on profite du spectacle exceptionnel ?
00:54 On essaie d'en profiter quand même parce qu'on aime ça
00:59 et puis c'est important de transmettre les émotions.
01:01 Pour transmettre les émotions, il faut les vivre.
01:03 On doit à la fois profiter mais être capable d'écrire et de raconter,
01:06 ce qui n'est pas forcément facile, encore moins facile avec un match tel que le France-Argentine
01:10 parce qu'on s'est un peu ennuyé, même beaucoup ennuyé pendant 80 minutes
01:14 et après, ça a été une dinguerie, une folie.
01:17 Toute la difficulté ensuite, c'est d'être en capacité de raconter exactement ça,
01:21 c'est-à-dire que les journalistes sur place puissent raconter à quel point
01:25 il y avait une ambiance de dingue, à quel point le stade, tout d'un coup,
01:29 s'est pris à vivre un moment d'histoire.
01:31 Vu le scénario du match, ça a duré, ça a duré, ça a duré jusqu'au bout du suspense
01:38 et là, une fois que le match a été terminé, avec une énorme déception,
01:43 c'est-à-dire qu'en termes d'adrénaline, c'est monté très très très très haut,
01:46 il faut se remettre vite des émotions et après, on a une heure, une heure et demie pour tout faire.
01:51 Le direct et puis après, les réactions, et là, les réactions, elles sont complètement folles,
01:56 il y en a de partout, donc il faut gérer ça.
01:58 Et puis à côté de ça, au-delà de nourrir le numérique,
02:01 il faut préparer le print, le journal du lendemain.
02:04 Alors là, on avait préparé deux scénarios, un scénario victoire, un scénario défaite,
02:09 et bien on a eu un troisième scénario parce qu'on a eu une défaite héroïque.
02:12 En fait, c'est presque une victoire, donc les 20 pages prévues en cas de victoire,
02:15 on va les garder et là, on a quelques minutes pour refaire un peu ce qu'on appelle le chemin de fer,
02:20 de la page, qu'est-ce qu'on va mettre en page 2, 3, qu'est-ce qu'on va mettre dans les pages suivantes.
02:24 Et donc voilà, et à 23 heures, tout était livré et le journal était prêt à partir.
02:31 Très belle une, qui dit exactement ce qu'on ressentait en fait,
02:36 c'est-à-dire que ces bleus-là nous ont fait vibrer pendant un mois,
02:40 et puis là, face à l'Argentine, ils nous ont d'abord agacés,
02:44 et puis finalement, on ne pouvait être que fier d'eux,
02:47 parce qu'on se souviendra de ce match presque autant que celui contre la Croatie en 2018,
02:53 et autant pour les plus anciens dont je suis, ce fameux match contre l'Allemagne en 82 à Séville,
02:58 avec une autre défaite un peu héroïque.
03:01 Merci.