00:00 sur Europe 1, Dimitri Pavlenko, vous recevez ce matin Daniel Otteuil.
00:04 Petites coupures,
00:06 des petites griffures,
00:08 des simples gratinures,
00:10 font saigner bien des coeurs.
00:14 Bonjour Daniel Otteuil.
00:16 Bienvenue sur Europe 1, on ne présente pas l'acteur bien sûr,
00:19 mais le chanteur, peut-être un peu moins connu,
00:21 votre nouvel album, Daniel Otteuil, sort demain,
00:24 il s'appelle "Si tu as peur, n'aie pas peur" entre parenthèses, de l'amour,
00:28 avec toujours votre partenaire Gaëtan Roussel pour les arrangements musicaux.
00:32 Comment vous définiriez cet album Daniel Otteuil ?
00:34 On dit que c'est le deuxième, le second,
00:36 il y a eu un Daniel Otteuil musicien plus tôt, dans les années 80,
00:40 mais là c'est une carrière que vous poursuivez.
00:44 Je poursuis ou je commence, je ne sais pas,
00:48 c'est une espèce de libération,
00:50 les écritures s'enchaînent les unes derrière les autres,
00:55 et j'ai un désir absolu de partager ces émotions avec le public,
01:00 quelque chose que j'aurais, je pense, voulu faire jeune homme.
01:04 Ce n'est pas une vocation tardive, c'est plutôt quelque chose que...
01:08 C'est une envie de jeune homme qui remonte à la surface.
01:11 C'est ça, c'est ça, et cette rencontre avec Gaëtan
01:15 me permet de redevenir le jeune homme de 30 ans
01:18 que finalement je pense que je suis resté.
01:20 - Et c'est lui qui vous met le pied à l'étrier à la chanson, au micro, Daniel Otteuil ?
01:25 Quelle relation vous avez avec Gaëtan Roussel ?
01:27 Il cocine toutes les chansons, là.
01:29 - Je dirais qu'au-delà de la chanson, c'est la musique.
01:34 C'est la première fois que je lui demande d'arranger mon spectacle
01:41 que j'ai écrit, partie des poèmes de Paul Gentoulet,
01:44 de faire les arrangements, et on met en scène ce spectacle.
01:48 Et puis il y a le Covid, et puis on arrête, et puis on répète.
01:52 Et donc je pensais que, comme je suis un homme très pressé et anxieux,
01:57 je me suis dit "jamais on n'entendra ses chansons".
01:59 Donc on a décidé d'en faire un album.
02:01 Puis tout d'un coup, Gaëtan m'a encouragé à l'écriture
02:06 et nous voilà avec un deuxième album très personnel.
02:09 - Alors Pascal, il y a ces vedettes qui commandent des chansons toutes faites,
02:12 la musique est livrée, les textes aussi.
02:15 Vous, ce sont vos paroles, vous êtes le parolier.
02:18 Et d'ailleurs, vous n'aimez pas tant vous présenter comme chanteur,
02:21 vous dites plutôt interprète, il y a une sorte de pudeur en vous, Daniel Otteuil.
02:25 - Oui, oui, oui. - De modestie peut-être ?
02:27 - De modestie, mal placée, peut-être, je ne sais pas.
02:29 De pudeur en tout cas.
02:30 Mes parents étaient chanteurs d'opéra.
02:32 Donc si vous voulez... - D'opéra ?
02:34 - Oui, oui. - Les deux ?
02:35 - Oui, oui, les deux.
02:36 J'ai passé mon enfance à 4 ans, j'étais le fils de Mme Butterfly,
02:40 à 10 ans les enfants de Carmen.
02:43 La musique fait partie de ma vie.
02:47 Donc on disait quoi ? On disait... Qu'est-ce qu'on disait ?
02:50 - On disait, vous ne vous dites pas chanteur, vous dites "je suis un interprète".
02:53 - Mais bon, c'est une litote.
02:55 - Alors, on a entendu quelques mesures du morceau "Les petites coupures"
02:59 que vous chantez sur cet album en duo avec Julie Gomel,
03:01 qui vous accompagne d'ailleurs sur scène.
03:03 Et c'est assez emblématique de la tonalité générale de l'album.
03:07 Daniel Otteuil, qu'est-ce que vous avez recherché musicalement ?
03:10 - Je pars toujours de petites mélodies simples avec ma guitare.
03:15 Et donc, qu'est-ce que je cherche ?
03:17 Je cherche à retrouver des émotions que j'ai ressenties toute ma vie avec la musique.
03:23 J'ai envie de rendre ce qu'on m'a donné.
03:26 J'aime bien l'idée de pouvoir raconter des choses tristes
03:31 et qu'on puisse taper dans ses mains.
03:33 C'est ça que je trouve magique dans la musique.
03:36 On peut...
03:38 - Le paradoxe, le contraste finalement.
03:40 - Oui, le contraste.
03:41 Et l'idée d'une musique...
03:45 J'avais très envie de rythmes, de batterie,
03:49 de sons un peu pop-rock
03:52 qui allaient contraster, si vous voulez, certains de mes textes.
03:57 - Alors, on va écouter quelques mesures aussi du "Fils de Rose",
04:00 autre chanson de votre album,
04:02 chanson qui parle de regrets, mais aussi de filiation.
04:05 Je vous demanderai si ce sont des thèmes qui vous parlent,
04:08 mais on en écoute un petit morceau.
04:09 - Alors, ce "Fils de Rose", qui est-il ?
04:27 - Celui-là, il est issu de mon imagination,
04:30 mais il existe chez d'autres.
04:32 L'album, c'est l'histoire de relation père-fils.
04:36 Je suis un jeune père, j'ai un fils de 13 ans,
04:40 je revis avec lui ces émotions de petit garçon,
04:46 en même temps, mon rapport de père.
04:50 J'ai peut-être imaginé ce que ça aurait été de ne pas avoir connu ça.
04:55 - Alors, Daniel Oteuil sur scène, ça ressemble à quoi ?
04:59 - Par rapport au premier spectacle, qui était un peu solennel,
05:03 je ne pouvais pas avoir cette liberté que j'ai quand je fais du théâtre,
05:09 c'est-à-dire quand je monte Molière,
05:12 à me rouler par terre et à casser ce quatrième mur.
05:16 Donc, commencer, c'est ce que j'aime, toute ma vie j'ai aimé ça,
05:21 c'est le mélange d'émotions et de rire.
05:23 Je parle aux gens, je casse enfin ce quatrième mur,
05:28 je raconte des bêtises,
05:30 et nous partageons ensemble une heure et demie
05:34 de quelque chose que je n'ai jamais connu de ma vie.
05:38 - Cette différence n'a pas la même sensation.
05:40 - C'est extraordinaire.
05:42 Ils viennent me dire qu'ils m'aiment,
05:46 parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils viennent voir,
05:48 c'est ça qui est formidable.
05:50 - Ils viennent voir Daniel Oteuil avant de voir le chanteur,
05:53 et ils le découvrent au dernier moment.
05:55 - Ils le découvrent, et là on a des échanges formidables,
05:57 parce qu'apparemment ils ne sont pas déçus.
06:00 - Si tu as peur, n'aie pas peur de l'amour,
06:02 votre album Daniel Oteuil sort demain, vendredi,
06:05 et on va pouvoir vous voir sur scène dès samedi,
06:08 puisque vous êtes au Casino de Paris.
06:10 Ça va, pas trop le trac ?
06:11 - Un peu, mais juste ce qu'il faut,
06:13 il y a plus de désir que de trac.
06:17 - À votre âge, avec votre expérience Daniel Oteuil,
06:20 mais c'était un plaisir de vous recevoir ce matin sur Europe 1,
06:24 et on vous découvrira dans les bacs,
06:26 dans toutes les plateformes de streaming,
06:28 à partir de demain, vendredi.
06:29 Merci à vous Daniel Oteuil !
06:30 - Merci beaucoup !
06:31 - Bonne journée, merci d'être venu sur Europe 1.
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