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  • il y a 3 ans
Les invités de Nelly Daynac débattent de l'actualité dans #90minutesInfo du lundi au vendredi

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00:00:00 Une nouvelle semaine de 90 minutes info débute et je suis ravie de vous accompagner tout au long de la semaine.
00:00:06 On va parler évidemment des thèmes de débat juste après. Le rappel des titres, Somaïa Labidi aujourd'hui.
00:00:10 28 départements placés en vigilance orange. Dès cet après-midi, des orages vont éclater du sud-ouest au massif central et en Bourgogne.
00:00:20 Puis ils devraient se décaler vers l'est en fin d'après-midi et en soirée.
00:00:24 Un épisode orageux accompagné de violentes rafales de vent pouvant dépasser les 90 à 100 km/h.
00:00:30 Gosport fixé sur son sort ce mercredi, placé en raudillérisme en judiciaire. La chaîne de magasins fait l'objet de plusieurs offres de reprise.
00:00:38 Le tribunal de commerce de Grenoble doit se prononcer sur le maintien de la période d'observation et fixer un calendrier pour un éventuel plan de continuation par les dirigeants actuels ou une cession.
00:00:50 Et puis de violents combats entre ukrainiens et russes continuent de faire rage à Bakhmout, symbole de la résistance.
00:00:56 Kiev espère y épuiser les forces de Moscou pour pouvoir lancer une contre-offensive. Mais la présence du groupe paramilitaire Wagner sur place rend la bataille difficile.
00:01:06 Et c'est à la une ce lundi. Des poubelles débordantes partout dans Paris.
00:01:12 Depuis plusieurs jours, le mouvement de grève des éboueurs commence à avoir des conséquences à la fois visibles et peut-être même sanitaires.
00:01:19 - Ça faisait deux jours qu'il y avait juste quelques poubelles. Et là, tout le monde, les voisins, ils ont profité. Ils commencent à jeter même des cartons, des tapis, n'importe quoi.
00:01:31 Et vu que c'est justement à l'entrée de la boutique, c'est quand même une boutique de métier de bouche. C'est pas très hygiénique.
00:01:38 Et puis après la rue, le Parlement. Le texte sur les retraites sera en commission mixte paritaire mercredi pour un vote prévu jeudi a priori.
00:01:46 Avec encore une inconnue sur la majorité à recueillir. L'exécutif s'active dans ce compte à rebours.
00:01:52 - C'est une semaine décisive. C'est une semaine qui va conditionner les 10 à 15 années à venir pour notre système de retraite.
00:02:00 - Il faut que nous mettions toutes nos forces dans la bataille pour la majorité cette semaine, pour dégager une majorité à l'Assemblée nationale.
00:02:08 - Enfin, ce n'est plus un spleen, c'est une déprime qui se généralise. Jamais nos ados n'ont consommé autant de médicaments antidépresseurs.
00:02:16 - Signes des temps. On va évidemment se pencher ensemble sur cette question existentielle.
00:02:22 - Et je vais vous présenter mes invités.
00:02:33 - Bonjour, bienvenue messieurs. Merci de nous rejoindre pour ce numéro de 90 minutes info.
00:02:38 - Bonjour Raphaël Stainville. Je rappelle que vous êtes le rédacteur en chef de Valeurs Actuelles. Merci de nous avoir rejoints.
00:02:43 - Bonjour Karim Zérébi. - Bonjour.
00:02:44 - Ravie de vous revoir sur ce plateau également. Ainsi que Ludovic Thoreau qui est maire UDI de Coubron en Seine-Saint-Denis.
00:02:50 - Et vous êtes également médecin. Vous avez entendu ces ados qui ne vont pas bien, qui ont subi de multiples crises.
00:02:56 On l'évoquera évidemment en fin d'émission. Mais c'est sans conteste l'image la plus visible de la mobilisation contre la réforme des retraites.
00:03:03 Ces détritus et ces poubelles qui s'entassent à perte de vue depuis maintenant plusieurs jours dans la capitale à la suite de la grève des éboueurs.
00:03:11 Ce qui entrave évidemment le quotidien des commerçants notamment, mais qui donne aussi un spectacle assez désastreux à tous.
00:03:17 Sans parler d'autres conséquences, on va les évoquer dans un petit instant, mais on va prendre le pouls à mesure de ce qui vous attend si vous vous promenez dans Paris.
00:03:25 Avec vous Jeanne Cancart, bonjour. Vous êtes dans le deuxième arrondissement.
00:03:29 Racontez-nous un petit peu comment les riverains vivent cette séquence quand même assez inédite.
00:03:34 - Eh bien regardez, on va parler de ça en image. Pardon madame, excusez-moi. Je vais vous montrer cette image-là, cette image-là.
00:03:42 Des poubelles qui s'entassent ici dans cette rue. C'est un petit peu partout, un petit peu tous les 10 mètres.
00:03:47 On voit justement des amas de poubelles qui sont ici, qui jonchent le sol.
00:03:51 Ce que nous disent les riverains, les commerçants, c'est qu'évidemment ils sont agacés de voir ce spectacle.
00:03:55 Mais à la fois, c'est ce qu'on ressent aussi quand on les interroge.
00:03:58 Ils nous disent que dans l'ensemble, ils soutiennent cette façon de protester, de manifester contre cette réforme des retraites.
00:04:04 On a aussi interrogé les éboueurs qui nous expliquent pourquoi ils utilisent ce moyen, ce moisin de pression qui est finalement, vous l'avez dit, le plus visible ici pour contester contre cette réforme.
00:04:14 On est aujourd'hui au septième jour de grève des éboueurs.
00:04:18 Ce mouvement pourrait se poursuivre via un appel à la grève qui sera de nouveau lancé mercredi pour savoir si le mouvement se poursuit ou non.
00:04:26 Il faut savoir qu'ici, on est dans le deuxième arrondissement de Paris.
00:04:29 Dans ce deuxième arrondissement de Paris, ce sont des agents municipaux.
00:04:32 Ce sont eux qui sont en grève alors que vous avez d'autres arrondissements comme le quatrième ou le dix-huitième
00:04:37 où là, ce sont des agents du secteur privé qui travaillent.
00:04:40 Là, on voit vraiment un contraste.
00:04:42 Tout à l'heure, on était dans le quatrième à l'hôtel de ville.
00:04:44 Là, aucune poubelle aux alentours puisque la collecte se fait.
00:04:48 Mais ici, c'est très parlant comme image.
00:04:51 Il faut savoir qu'on est dans un quartier aussi très vivant où il y a beaucoup de commerçants,
00:04:55 beaucoup de restaurateurs, donc beaucoup aussi de déchets alimentaires.
00:04:58 Ce qu'ils nous disent dans l'ensemble, c'est que ça les inquiète un petit peu pour leur chiffre d'affaires.
00:05:02 Est-ce que la fréquentation de ma terrasse, par exemple, va baisser ?
00:05:05 Est-ce qu'il y a aussi des questions d'hygiène ?
00:05:07 Mais dans l'ensemble, ce qu'on peut vous dire, c'est qu'il y a plutôt un soutien de la part de la population ici,
00:05:12 des éboueurs contre cette réforme des retraites.
00:05:14 Merci à vous, Jeanne, sur des images de Sacha Robin.
00:05:16 Et justement, vous parliez du chiffre d'affaires.
00:05:19 Un des restaurateurs que nos équipes ont rencontré un petit peu plus tôt
00:05:22 parlait précisément de ce qui s'est passé pour lui ces derniers jours.
00:05:25 De plus en plus, tous les jours, on a droit à un petit tas en plus.
00:05:32 Donc bientôt, on aura une montagne devant le bistrot.
00:05:35 Je subis là, depuis quelques jours, une perte significative du chiffre d'affaires.
00:05:40 Hier, particulièrement, 60% sur la moyenne que je peux établir.
00:05:48 Oui, il y a un risque sanitaire qui peut jouer.
00:05:51 Bon, les rages, on n'en a pas encore vu. On sait qu'ils sont là.
00:05:54 Alors, Karim Zaribi, les conséquences, elles sont multiples.
00:05:57 Parce qu'il y a évidemment l'impact direct sur l'économie, ceux qui en pâtissent au premier chef.
00:06:02 Il y a aussi l'image que ça renvoie aux touristes qui commencent à affluer,
00:06:05 parce qu'ils commencent à faire un peu doux.
00:06:07 Et puis, la saison touristique est quasiment lancée dans la capitale.
00:06:11 Ils ne comprennent pas d'ailleurs toujours très bien.
00:06:13 Ils ne sont pas au fait de l'actualité en France.
00:06:15 Est-ce que pour vous, ce sont des images et des conséquences désastreuses,
00:06:19 malgré les moyens des éboueurs, on fait avec les moyens dont on dispose aussi, de leur point de vue ?
00:06:23 À l'évidence, quand on voit ces images, on se dit que la situation en termes d'hygiène,
00:06:28 sanitaire et puis de cadre de vie, elle est dramatique,
00:06:31 avec des conséquences économiques sur les commerces de proximité.
00:06:34 Là, un restaurateur vient de prendre la parole.
00:06:37 Bien sûr, regardez ça.
00:06:38 Moi, j'ai connu ça, parce qu'en tant que Marseillais,
00:06:40 on a eu de nombreux épisodes de grèves qui ont duré.
00:06:45 Moi, je vais vous dire, je suis un défenseur du droit de grève
00:06:48 et du droit de manifester dans notre pays.
00:06:49 Mais je pense que quand ça a un impact qui est grave sur la vie de la cité,
00:06:56 avec un grand C, et c'est le cas là, je pense qu'il faut non pas l'encadrer,
00:07:01 mais faire en sorte qu'éventuellement, toutes les 48 heures,
00:07:04 les poubelles soient ramassées par un autre opérateur,
00:07:07 si les opérateurs traditionnels ne sont pas en situation de le faire,
00:07:10 parce qu'ils veulent faire grève.
00:07:11 Donc, respecter le droit de grève, mais avoir peut-être aussi un moyen de substitution.
00:07:15 La mairie doit aller chercher une entreprise privée pour pouvoir,
00:07:20 toutes les 48 heures, même si ce n'est pas ramassé tous les jours,
00:07:22 comme on a l'habitude de le faire, toutes les 48 heures,
00:07:24 ça éviterait cet amoncellement d'ordures qui créent une image détestable de la capitale.
00:07:29 Et puis dans le cadre de vie, rendez-vous compte, il y a des nuisibles, des rats,
00:07:34 il y a de tout là, c'est souvent à proximité aussi d'écoles,
00:07:37 ça représente un danger pour tout un chacun.
00:07:39 Donc le droit de grève, oui, mais ensuite derrière,
00:07:42 si on peut encadrer les choses pour faire en sorte qu'on n'arrive pas à ce type de situation, c'est mieux.
00:07:46 Et puis il y a la question des réquisitions qui se posent déjà.
00:07:48 Gabriel Atta, il était interrogé à ce sujet, écoutez sa réponse.
00:07:51 Moi, je suis respectueux du mouvement social, du droit de faire grève.
00:07:56 Mais je pense que quand on a une telle situation qui s'amoncelle,
00:08:01 ça finit par poser potentiellement un problème de sécurité ou de salubrité publique.
00:08:05 Et donc oui, je pense qu'il faut prendre des mesures.
00:08:07 C'est-à-dire qu'il faut réquisitionner.
00:08:09 Il faut prendre des mesures.
00:08:10 Ça s'appelle réquisitionner quand on dit ça.
00:08:12 Oui, ça peut être réquisitionné, dès lors que ça permet quand même d'avoir une situation
00:08:16 qui est plus vivable pour les Parisiens.
00:08:18 Je ne remets pas en cause la légitimité à se mobiliser.
00:08:20 Raphaël Stainville, doit-on y venir, à ces réquisitions ?
00:08:23 Et assez vite, parce que le mouvement est parti pour durer.
00:08:26 Peut-être avant de répondre à cette question, je pense qu'il faut quand même
00:08:30 prendre conscience que les différentes personnes qui s'expriment sur ce sujet,
00:08:34 qu'il s'agisse de Gabriel Attal, de Rachida Dati ou d'Élodie Grégoire, une autre ministre,
00:08:40 ils ont tous des intérêts dans la séquence et ils visent déjà les municipales à venir.
00:08:46 Et donc derrière les critiques qu'ils peuvent adresser à la gestion d'Anne Hidalgo,
00:08:52 il y a bien évidemment des intentions politiques qui sont derrière.
00:08:55 Je pense que c'est quand même important de le rappeler, parce que sinon ça brouille le message.
00:08:59 Bien évidemment que tout le monde est d'accord sur les risques sanitaires,
00:09:02 sur les risques d'hygiène, sur l'image désastreuse que cela renvoie de la capitale.
00:09:08 Pour autant, on ne peut pas aussi oublier que derrière les différentes prises de paroles
00:09:12 des uns et des autres, il y a des intentions politiques.
00:09:14 Ceci étant dit, les réquisitions.
00:09:16 Ceci étant dit, et en cela moi je rejoindrai peu ou prou Karim Zéribi,
00:09:22 je pense qu'à minimum, il faudrait pouvoir instaurer une sorte de service public minimum
00:09:29 de ramassage des poubelles toutes les 48 heures, ou en tout cas qui est un service minimum.
00:09:35 C'est des propositions d'un certain nombre de politiques dans la période,
00:09:39 mais qui datent de très longtemps.
00:09:41 On connaît ça dans les transports publics.
00:09:42 Pourquoi en l'occurrence, s'agissant du ramassage des ordures ménagères,
00:09:47 on n'aurait pas exactement le même système.
00:09:49 Et après de manière beaucoup plus ponctuelle et urgente,
00:09:52 puisqu'il faudrait pouvoir probablement voter cette obligation,
00:09:56 s'agissant des réquisitions, c'est de la responsabilité, je crois du préfet,
00:10:02 de prendre cette décision.
00:10:05 Et donc on est en droit d'attendre les gestes forts pour le ramassage des ordures.
00:10:10 - Ludovic Thoreau, vous êtes médecin, ça n'a rien à voir,
00:10:12 mais vous connaissez un petit peu tout ce qui est sanitaire quand même.
00:10:16 En matière d'insalubrité publique, là on est sur un danger quand même.
00:10:21 - Oui, première chose, Gabriel Tal est bien gentil,
00:10:23 mais n'oublions pas que ça dépêche, c'est à cause de lui.
00:10:25 Il ne faudrait peut-être pas inverser tout et qu'il nous donne des leçons à Madame Hidalgo
00:10:28 que je ne pourrais pas jamais.
00:10:29 Maintenant, ils sont à 50%, 50% entreprises privées, entreprises publiques.
00:10:33 Mais au-delà de ça, vous l'avez dit aussi, on a 5 millions de rats.
00:10:37 Là, on est tombés tous seuls dans cette nourriture.
00:10:40 - Vous les appelez "surmulots", vous savez.
00:10:41 - Oui, les surmulots, enfin voilà.
00:10:42 On veut toujours trouver des autres noms pour dire que ce ne sont pas des rats.
00:10:44 Moi, quand je suis né, c'était des rats.
00:10:45 Moi, qui ai eu une mutation génétique à Paris et qui est devenu des surmulots,
00:10:48 pour moi, ce sont des rats avec des possibilités de maladies et d'attaques aux humains.
00:10:52 Donc aujourd'hui, il y a un problème de santé publique.
00:10:54 Donc il faut agir.
00:10:55 Parce que là, vous voyez ça, mais si ça ne s'arrête pas, on va faire comment ?
00:10:57 Et là, il faut la réquisition.
00:10:59 Parce que là, on est dans la santé publique.
00:11:01 On a la santé des enfants qui vont partager,
00:11:03 qui vont se promener dans la rue avec des rats qui résistent.
00:11:05 Voilà, franchement, il faut que demain, tout ça se commence à être évacué.
00:11:08 Ce n'est pas possible.
00:11:09 Ça veut dire qu'on est dans un pays où on va laisser les poubelles.
00:11:11 Bon, tu l'as vécu des fois à Marseille, mais là, c'est pareil quand même.
00:11:14 C'est l'image de la France.
00:11:15 - C'est pareil, c'est les mêmes.
00:11:17 - Non, non, c'est pas ça que je veux dire.
00:11:18 - C'est les mêmes enfants qui vont à l'école.
00:11:20 - Imaginez deux secondes, mais ce n'est pas ça.
00:11:22 Imaginez deux secondes, ça se passe pendant les JO.
00:11:24 Non, mais il faut peut-être essayer de se lancer, essayer de gérer les crises.
00:11:28 Et là, sept jours, c'est beaucoup pour réagir, je trouve.
00:11:30 C'est beaucoup.
00:11:31 Et là, je n'ai pas l'impression qu'il y ait de réaction.
00:11:33 - Alors, l'acquisition ou faire appel à un opérateur privé.
00:11:35 - Oui, mais alors le problème de l'opérateur privé, c'est la question que je voulais vous poser.
00:11:38 C'est quand même un boulot et un maillage géographique particulier.
00:11:42 Il y a un savoir-faire quand même dont les éboueurs disposent.
00:11:45 Une entreprise privée, avant qu'elle ait pu tout ramasser, c'est pas si simple.
00:11:49 - Vous leur donnez un plan de que ça va s'adapter très vite.
00:11:52 - Ah oui, ça ira aussi vite, vous croyez ?
00:11:53 - Très vite.
00:11:54 - Vous donnez un opérateur privé à 50%, comme à Marseille d'ailleurs, qui se partage cette tâche.
00:11:58 Donc, un opérateur privé, vous lui donnez le plan de Paris, des ruelles à ramasser,
00:12:02 qui met des équipes, une benne et en avant.
00:12:05 Là, le fait est que tout ça s'amoncelle.
00:12:08 Tout ça donne une image détestable de laisser aller Total.
00:12:13 Alors oui, encore une fois, mes collègues l'ont dit, il y a des ambitions politiques derrière.
00:12:17 2026, c'est vrai.
00:12:19 - Tout le monde est sur les rangs, là, déjà.
00:12:21 - Il y a la réforme.
00:12:23 Et c'est une réponse au refus de la réforme de la part de ceux qui font grève.
00:12:28 Et ils ont encore ce droit.
00:12:29 Mais derrière, on pourrait effectivement faire en sorte, comme on l'a tous dit,
00:12:32 qu'il y ait un service minimum qui permette que ça ne s'amoncelle pas.
00:12:36 Respecter le droit de grève, mais faire en sorte qu'on évite les dangers sanitaires.
00:12:40 C'est quand même fondamental.
00:12:41 Et puis, la question économique.
00:12:43 Moi, je veux dire, les restaurateurs qui tirent le rideau,
00:12:45 ou des petits commerçants qui tirent le rideau, c'est bon, stop, quoi.
00:12:48 Je veux dire, il y en a assez.
00:12:49 Et c'est déjà difficile pour eux, au quotidien.
00:12:51 C'est pas simple.
00:12:52 - Il commence à faire beaucoup.
00:12:53 Il y a eu Covid.
00:12:54 Il y a eu la facture énergétique.
00:12:56 Il y a les manifs qui, sur certains parcours, les obligent aussi à faire le rideau.
00:13:00 - Tout à fait, à faire le rideau, bien sûr.
00:13:01 - Alors, regardez, ce n'est pas propre non plus à la capitale,
00:13:03 puisque en région aussi, les éboueurs manifestes font grève.
00:13:07 Ainsi, en Loire-Atlantique, où une de nos équipes a tourné ce reportage.
00:13:11 - Dans le centre-ville de Nantes, le débordement des poubelles reste acceptable
00:13:16 pour les yeux et le nez, ce lundi matin.
00:13:18 Pas de ramassage depuis une petite semaine.
00:13:21 Les trois sites de collecte de la ville sont bloqués par les éboueurs en grève.
00:13:25 - Pour Nantes, une ville qui est quand même relativement propre dans l'ensemble,
00:13:28 c'est important que des grandes allées, comme le cours des 50 otages, soient entretenues.
00:13:33 Et bien sûr, ce n'est pas très joli d'avoir des déchets qui dépassent.
00:13:36 - Qu'il y ait un service minimum, sans forcément tâcher les manifestes.
00:13:41 - Le droit de grève.
00:13:42 - Le droit de grève, tout simplement.
00:13:44 - Dans le quartier Port-Boyer, au nord de la ville,
00:13:46 les amoncellements de poubelles sont beaucoup plus impressionnants,
00:13:49 avec les désagréments qui vont avec.
00:13:51 - Il y a les rats qui courent, les enfants qui touchent aux poubelles.
00:13:56 - Les odeurs commencent à remonter, donc il serait vraiment tranquille.
00:14:00 - Et pourtant, pas de ressentiment particulier contre les grévistes.
00:14:03 Les habitants sont plutôt partagés.
00:14:05 - La manifestation, ça nous concerne tous, mais nous demandons à la commune,
00:14:10 à la mairie et à tous les responsables de venir chercher des solutions
00:14:16 pour ramasser la poubelle.
00:14:18 - Ça me m'énerve en tant que riverain, mais bon,
00:14:21 après il faut voir les conditions des salariés.
00:14:23 - Chez les éboueurs nantais, le mouvement est reconduit jusqu'à mercredi.
00:14:28 - Alors on pourrait quand même parler aussi de l'opportunité
00:14:30 pour ce corps de métier en particulier, et ceux de Paris,
00:14:33 de faire grève, parce qu'ils ont un statut spécial quand même,
00:14:36 un statut particulier.
00:14:38 Après, tout le monde dira, voilà, la réforme des retraites,
00:14:41 tous les Français s'y opposent, mais est-ce que les Français
00:14:43 peuvent comprendre que dans certains secteurs
00:14:45 qui ont quand même un statut particulier, on décide de prendre comme ça
00:14:49 en otage la population, selon vous ?
00:14:51 - En tout cas, ce qui est assez frappant dans les différents témoignages
00:14:54 qui sont passés à l'antenne, c'est que les Français comprennent
00:14:58 ce mouvement de grève, c'est-à-dire qu'au-delà des agréments
00:15:01 et des risques sanitaires, les Français comprennent
00:15:04 que les éboueurs aujourd'hui manifestent et bloquent pour partie
00:15:09 le pays, ou en tout cas certaines municipalités,
00:15:12 avec tous les agréments qu'on a évoqués.
00:15:15 C'est le premier point qui est important de souligner,
00:15:18 c'est-à-dire qu'on serait en droit de s'imaginer que finalement,
00:15:21 il va y avoir une sorte de ras-le-bol, de colère,
00:15:24 et en fait, le principal responsable désigné, c'est le gouvernement.
00:15:29 Ça a été évoqué tout à l'heure, lorsque Gabriel Attal s'est exprimé
00:15:32 pour faire la leçon à Anne Hidalgo, mais la vérité, c'est que c'est
00:15:35 le gouvernement qui a pointé du doigt.
00:15:37 - Il y a peut-être une forme d'adhésion liée au fait que, justement,
00:15:40 ce que d'autres salariés, par exemple du privé, ne peuvent pas faire
00:15:43 avec autant d'affirmations ?
00:15:46 - Première chose, c'est très compliqué de faire grève, on l'avait dit.
00:15:49 Le gouvernement dit qu'il n'y a plus de grévistes, c'est toujours
00:15:51 une journée en moins de salaire en moins, on le voit bien,
00:15:53 au niveau des mairies. Attendez, vu le hausse de prix de tout,
00:15:56 se mettre une journée en grève, c'est quand même un signe.
00:15:59 Que le gouvernement dise qu'ils s'affaiblissent, c'est le moment
00:16:01 qu'ils vont s'affaiblir, il faut bien qu'ils mangent, en fin de deux mois.
00:16:04 C'est clair et net. Mais le problème aujourd'hui, c'est que
00:16:07 ce que vous disiez est juste, c'est-à-dire que malgré cela, les gens
00:16:10 s'encore adhèrent à cela. Et jamais ça a été comme ça.
00:16:13 D'habitude, au bout d'un ou deux jours, on se dit "toc".
00:16:15 Et là, vous avez vu, dans ce qu'on entend, ils disent "on les comprend".
00:16:18 "On les comprend". Ça veut dire qu'aujourd'hui, ce qu'on disait
00:16:21 et malgré ce que dit le gouvernement, l'adhésion est toujours là
00:16:24 contre cette réforme des retraites, à des chiffres très très élevés.
00:16:28 - Oui, les gens les comprennent et en même temps, on sent qu'ils auraient
00:16:31 envie qu'il y ait une solution, j'allais dire un peu de substitution,
00:16:36 même si, encore une fois, elle ne s'effectue pas, cette mission
00:16:40 de substitution au quotidien qu'on aurait l'habitude de faire.
00:16:43 - Ce qu'il veut dire, c'est qu'il n'y a pas encore ce sentiment de lassitude.
00:16:45 - Oui, résignation, je dirais. Et c'est un sentiment qui est dangereux,
00:16:49 la résignation. Parce que la résignation, c'est à la fois, on n'y croit plus,
00:16:53 on n'est plus motivé, donc on ne fait plus ce qu'il faut pour que
00:16:56 les choses avancent. Et c'est un sentiment de délitement, après et derrière.
00:17:00 Donc il faut être très vigilant vis-à-vis de ce sentiment-là,
00:17:03 si le gouvernement continue d'être, je dirais, sourd, de tourner le dos,
00:17:07 de circuler, il n'y a rien à voir. C'est ça, il n'y a que ça comme réponse.
00:17:10 Alors je ne vous explique pas, on va peut-être y venir, mais si c'est le 49.3
00:17:13 qui fait passer cette réforme, alors là...
00:17:16 - Alors, les blocages par secteur se poursuivent, on va en parler
00:17:19 chez les énergéticiens notamment, ça a été le cas en Gironde,
00:17:23 à la centrale nucléaire du Blayais, regardez ce reportage d'Antoine Estève.
00:17:26 - Il est 5h du matin, ils sont déjà plus d'une centaine
00:17:32 à filtrer les accès de la centrale nucléaire du Blayais.
00:17:35 Un barrage qui laisse toutefois passer les personnels chargés de l'entretien,
00:17:38 du fonctionnement des réacteurs et surtout de la sécurité.
00:17:41 - Tous les personnels qui doivent intervenir et qui doivent travailler
00:17:45 pour assurer la sûreté de fonctionnement du réacteur,
00:17:47 rentrent par une voie de délestage sans qu'ils soient passés
00:17:50 par le barrage filtrant, donc toutes les fonctions de sûreté
00:17:53 sont évidemment assurées.
00:17:54 - L'objectif des manifestants, c'est de montrer l'union des syndicats
00:17:57 contre la réforme des retraites.
00:17:59 - Ils accélèrent le calendrier de vote des lois,
00:18:03 donc nous, eh bien, également, on accélère et c'est un bras de fer
00:18:07 qui s'est enclenché et on est déterminés, on va encore durcir.
00:18:12 - La grève dans le secteur de l'énergie a aujourd'hui des conséquences
00:18:15 directes sur la production d'électricité, de 12 à 15 MWh en moins dans le pays.
00:18:21 - Comme si c'était 12 réacteurs à l'arrêt, en sachant qu'il n'y a pas
00:18:23 que les réacteurs, il y a la partie centrale à charbon,
00:18:26 il y a la partie hydraulique, tout est en baisse de production
00:18:30 pour faire comprendre qu'à un moment donné, on va hausser le ton
00:18:34 jusqu'à ce que ça fonctionne, jusqu'à ce qu'on bloque le pays par rapport à ça.
00:18:37 Alors, ça ne fait pas tomber le réseau, ce qui fait que la France
00:18:40 est obligée d'importer un maximum d'électricité.
00:18:43 - L'intersyndical a prévu de se réunir tous les jours jusqu'à la fin de la semaine.
00:18:47 De nouveaux blocages et mouvements de grève sont prévus
00:18:49 dans d'autres centrales nucléaires dès demain matin.
00:18:53 - Raphaël Staville, on a eu coutume de dire il y a quelques jours
00:18:56 que les blocages seraient la seule voie pour y parvenir,
00:18:59 mais pour autant, on n'assiste pas aujourd'hui à une France à l'arrêt.
00:19:02 On ne peut pas dire que la France soit à l'arrêt, ce serait faux de le dire.
00:19:05 Est-ce que pour vous, il suffit que certains secteurs clés,
00:19:08 comme celui-ci, comme le nucléaire, comme la production d'électricité,
00:19:11 les éboueurs, on y est venus tout à l'heure, le carburant,
00:19:14 on pourrait y revenir aussi, il suffit de deux ou trois secteurs
00:19:17 qui empoisonnent ou qui grippent la machine économique
00:19:20 pour faire tomber le texte, vous pensez ?
00:19:23 - Effectivement, on a pu le constater, la stratégie de Laurent Berger,
00:19:29 qui était celle de l'opposition raisonnable, des manifestations,
00:19:33 de grandes manifestations, et qui a eu l'aval de tous les mouvements syndicaux,
00:19:40 d'une certaine manière, monte ses limites.
00:19:42 C'est-à-dire qu'il y ait un, deux, trois, quatre,
00:19:45 voire davantage de millions de personnes dans la rue,
00:19:47 ça ne fait pas bouger d'un lieu à l'autre le gouvernement inflexible sur son texte.
00:19:52 En revanche, que certains secteurs clés de l'économie
00:19:56 en viennent à être totalement grippés et bloqués,
00:20:00 ça peut avoir des conséquences et faire très rapidement déraper la chose.
00:20:05 Aujourd'hui, sur l'électricité, il me semble bien dire,
00:20:08 le gouvernement a beaucoup de chance, parce que la météo est clémente,
00:20:12 et que quand même on importe de l'électricité,
00:20:16 on est contraint d'apporter de l'électricité,
00:20:18 mais imaginez avec quelques degrés en moins,
00:20:21 on n'est pas loin du blackout.
00:20:24 Donc pour l'instant, le gouvernement a beaucoup de chance,
00:20:28 mais il en faut pas grand-chose pour que ça dérape complètement.
00:20:32 Mais j'ai quand même une question à vous poser, Ludovic Thoreau.
00:20:35 Il y a un constat implacable, et vous venez de le souligner,
00:20:38 c'est que la grève, ça coûte cher.
00:20:39 Celui qui se met en grève, s'il se met en grève pour trois, quatre, cinq jours,
00:20:43 effectivement, il perd pas mal de salaire dans une période en plus qui est compliquée.
00:20:47 Mais est-ce qu'il n'y a pas une forme de cynisme, finalement,
00:20:49 de la part d'Emmanuel Macron, qui le sait ?
00:20:51 C'est une question ou une affirmation ?
00:20:52 Non, je vous pose la question, moi je suis obligée de vous poser la question.
00:20:54 Mais le monde, c'est du cynisme depuis le début, je veux dire.
00:20:56 Même là, il aurait pu rencontrer les syndicats, je veux dire.
00:20:58 Mais le problème, la France a faim.
00:21:00 Et c'est pour ça qu'il n'y a pas autant de grévistes qui sont là,
00:21:02 parce qu'aujourd'hui, ils se battent pour manger le soir.
00:21:04 Ils ne se rendent pas compte, là-haut, de ce qui se passe en bas.
00:21:06 On est en train de tous parler des retraites qui se passera,
00:21:09 mais il y a des millions de Français qui vont crever de faim dans les semaines qui vont venir.
00:21:13 Et là-haut, ça bouge pas. On parle pas des hausses de salaire.
00:21:15 On parle pas de tout ça.
00:21:17 On parle de la retraite qui pourrait nous impacter éventuellement,
00:21:19 alors qu'il aurait suffi d'augmenter un peu et de discuter.
00:21:22 Donc si vous voulez, le problème aujourd'hui, c'est que la France a faim.
00:21:25 La France ne peut plus faire de grève, sinon elle ne mange plus,
00:21:27 elle ne donne plus à manger à sa famille.
00:21:28 Voilà où on est aujourd'hui.
00:21:29 Quant au cynisme, mais ce cynisme, c'est une marque de fabrique.
00:21:31 C'est une marque de fabrique de ce gouvernement.
00:21:33 Ce monsieur Président qui nous disait "Maintenant j'ai changé, rappelez-vous.
00:21:37 Maintenant je vais voir tout le monde, les corps intermédiaires.
00:21:39 Ils sont où les visites des corps intermédiaires ?
00:21:41 Il n'y a que lui qui décide.
00:21:42 Il descend le mercredi au Conseil des ministres d'un avion,
00:21:44 il engueule tous ses ministres, il reprend l'avion.
00:21:46 Voilà où on en est aujourd'hui.
00:21:47 Voilà où on en est.
00:21:48 Le cynisme, oui, moi je peux le dire, c'est du cynisme total.
00:21:51 - Perrine, quand on dit que c'était la pire période pour mettre en place la réforme,
00:21:54 en fait, du point de vue d'Emmanuel Macron, c'est la meilleure période en fait.
00:21:57 - Oui, non Nelly, parce qu'une économie qui tourne au ralenti,
00:22:02 c'est quand même des points de PIB en moins,
00:22:06 un classement de la France qui recule encore,
00:22:09 et on sait qu'on n'est pas au mieux dans les temps qui courent.
00:22:14 Donc moi je pense qu'on a quatre secteurs stratégiques.
00:22:17 C'est les raffineries, vous l'avez dit, c'est le transport logistique.
00:22:22 Si vous n'alimentez plus les dépôts,
00:22:25 à un moment donné c'est les Français qui n'auront plus les denrées essentielles dans les magasins.
00:22:30 C'est le transport de la vie quotidienne.
00:22:32 Vous avez pu vous déplacer et aller venir,
00:22:34 et puis on l'a dit avec les éboueurs, ce que ça crée comme conséquence.
00:22:39 Si ces gens-là commencent à aller vers des grèves larvées,
00:22:42 parce qu'ils ne peuvent pas aller vers des grèves massives,
00:22:45 parce qu'effectivement, perdre de l'argent aujourd'hui,
00:22:48 quand vous avez 25% d'inflation sur des produits essentiels,
00:22:51 quand vous avez des prix dans le transport,
00:22:54 même si vous voulez aller voir votre famille à l'autre bout de la France,
00:22:56 je regardais ce matin les prix d'avion qui ont doublé, qui ont triplé,
00:23:01 parce que le carburant a augmenté.
00:23:03 Les Français n'en peuvent plus.
00:23:05 Un jour de grève c'est énorme pour la fin du mois.
00:23:08 Ils sont à 80-100 euros près pour finir le mois.
00:23:12 Oui Emmanuel Macron le sait.
00:23:14 Oui il sait que les Français ont aussi des crédits,
00:23:17 et c'est légitime, certains ont voulu être propriétaires même d'un petit bien.
00:23:21 Et il pense que le pourrissement va lui permettre de passer cette séquence.
00:23:25 C'est un très mauvais calcul du président de la République,
00:23:27 parce que ça met à mal la cohésion sociale,
00:23:29 mais ça met surtout à mal la cohésion nationale.
00:23:31 Il faut peut-être souligner que les bénéfices escomptés de cette réforme de retraite
00:23:36 sont en train de s'évaporer à mesure que le pays est bloqué,
00:23:40 et donc les 13 milliards que le gouvernement cherchait pour...
00:23:44 C'était précisément le but de l'opération quand même.
00:23:47 Mais allez, on en reparle de toute façon, puisque vous le savez, le texte poursuit son parcours législatif.
00:23:52 Mercredi, Commission Mixte Paritaire, il faudra voir si ça passe,
00:23:55 et s'il y a un vote qui peut être enclenché le lendemain.
00:23:58 Et puis on reparle évidemment du 49.3. A tout à l'heure.
00:24:15 Avant de reprendre le débat, nous avons grand plaisir à vous accueillir à nouveau,
00:24:18 cher Simon Guillain, pour le journal.
00:24:20 Un plaisir partagé. Bonjour Nelly, et bonjour à tous ceux qui nous ont rejoints sur CNews à 16h.
00:24:25 Aux États-Unis, deux grands établissements bancaires américains se sont effondrés en seulement quelques jours.
00:24:30 C'est le cas de la Silicon Valley Bank, qui a d'ailleurs dû fermer ses portes.
00:24:33 Eric de Ritmaten, de la rédaction de CNews, est avec nous en direct pour en parler.
00:24:37 Eric, Joe Biden a pris la parole il y a quelques heures maintenant.
00:24:41 Il devait bien sûr être rassurant au plus vite, au prévenu des Américains,
00:24:46 à l'ouverture des marchés financiers ce matin, Eric.
00:24:49 Oui, Joe Biden a été rassurant, c'est vrai, mais la peur d'une contagion reste bien présente.
00:24:54 Joe Biden lui promet de solidifier le secteur bancaire américain.
00:24:58 Il a d'ailleurs annoncé une ligne de crédit de 25 milliards de dollars
00:25:02 pour garantir les avoirs d'autres banques qui seraient concernées et menacées.
00:25:07 Il promet surtout que les clients de la banque Silicon Valley pourront accéder à leurs comptes,
00:25:11 donc pas de problème, leurs dépôts seront garantis.
00:25:13 Mais c'est vrai, c'est quand même la troisième banque qui fait faillite aux États-Unis.
00:25:17 La peur d'un nouveau Lehman Brothers apparaît, rappelez que c'était en 2008.
00:25:23 Joe Biden lui rassure en disant qu'il n'y a pas de menaces sur le système bancaire.
00:25:27 Bruno Le Maire, le ministre de l'économie, s'est exprimé tout à l'heure.
00:25:31 Il a dit qu'il n'y avait pas de menaces et qu'il n'y aurait pas de contagions.
00:25:35 Rappelons rapidement ce qui s'est passé.
00:25:37 D'abord, beaucoup de banques américaines financent beaucoup la high tech, la haute technologie,
00:25:42 notamment en Silicon Valley.
00:25:44 Comme les taux se sont mis à grimper énormément aux États-Unis,
00:25:48 beaucoup de clients de ces banques ont quitté ces établissements
00:25:51 pour aller chercher des placements mieux rémunérés.
00:25:53 Ces banques régionales, pour la plupart, aux États-Unis, manquent maintenant de liquidité.
00:25:58 Elles ne font plus du tout face à leur engagement, d'où le problème de liquidité.
00:26:03 La Silicon Bank a donc été mise en faillite.
00:26:06 Elle est désormais sous tutelle.
00:26:08 Juste un mot pour vous dire comment réagissent les marchés financiers.
00:26:11 Wall Street avait ouvert un peu en baisse.
00:26:13 Maintenant, il se met à remonter le marché américain.
00:26:15 Le Dow Jones est même en légère progression.
00:26:17 Quant à Paris, on est un peu plus inquiet.
00:26:19 Avant d'en savoir plus, le CAC 40 à Paris, la bourse, perd 2,5 % actuellement.
00:26:25 Merci beaucoup Eric de Ritmaten pour toutes ces explications.
00:26:29 En France, les blocages contre la réforme des retraites se poursuivent.
00:26:33 Au nord de la Gironde, la centrale nucléaire du Blayais a été bloquée ce matin.
00:26:36 Vous le voyez à l'antenne, une centaine de manifestants ont monté un barrage filtrant.
00:26:40 Les précisions sur place de nos envoyés spéciaux Jérôme Rampenoud et Antoine Estève.
00:26:44 Sur ce blocage filtrant à l'entrée de la centrale nucléaire du Blayais,
00:26:47 l'objectif est double pour les manifestants.
00:26:49 Tout d'abord, c'est de montrer l'unité des syndicats.
00:26:52 Il y a d'un côté, la force ouvrière et la CGT, mais il y a aussi des syndicats
00:26:56 qui n'ont pas forcément l'habitude de manifester sur ce type de blocage.
00:26:59 Après la réforme des retraites, les députés s'attaquent cet après-midi à un texte explosif.
00:27:09 Le projet de loi visant à accélérer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires.
00:27:13 Quatre jours d'examen sont annoncés au Palais Bourbon en première lecture,
00:27:16 autour des promesses d'Emmanuel Macron de bâtir six nouveaux réacteurs à l'horizon 2035.
00:27:22 On va parler de l'inflation à présent dans ce journal et les prix qui continuent d'augmenter dans les supermarchés.
00:27:27 Les consommateurs souffrent bien sûr de cette situation.
00:27:30 La semaine dernière, la grande distribution s'est engagée à mettre en place un trimestre anti-inflation.
00:27:36 C'est une mesure insuffisante selon certains spécialistes.
00:27:39 Les explications d'Alexis Vallée.
00:27:41 Dans nos supermarchés, les prix continuent de s'envoler.
00:27:45 Depuis février 2021, les produits alimentaires ont augmenté de 17% selon l'Insee.
00:27:52 Il y a là un jeu de dupes, un jeu de tensions entre l'industrie agroalimentaire et la grande distribution.
00:27:56 Maintenant pour les perdants, c'est très clairement tous ceux qui ont les ménages modestes.
00:28:02 Il y a 10 millions de pauvres en France.
00:28:04 En un an, le prix du beurre, de l'huile, des œufs ou encore du sucre ont augmenté d'environ 20%.
00:28:10 Mais la hausse la plus importante concerne les viandes et les volailles, avec plus de 30% d'augmentation.
00:28:16 Le gouvernement a trouvé un accord lundi dernier avec la grande distribution
00:28:21 qui s'est engagée à mettre en place un trimestre anti-inflation à partir du mois de mars.
00:28:26 Une mesure jugée insuffisante par cet économiste.
00:28:29 Je pense que plutôt qu'une intervention des aides ou des restaurants,
00:28:32 il faut surtout faire la transparence totale sur les coûts de production de produits alimentaires.
00:28:39 Et s'assurer qu'il n'y ait pas d'effet d'aubaine du côté de la grande distribution,
00:28:42 voire de l'industrie agroalimentaire qui pourrait profiter un petit peu de cette situation
00:28:46 pour répercuter sur les prix à la consommation.
00:28:49 Selon un sondage réalisé par l'IFOP pour le journal du dimanche,
00:28:53 81% des Français jugent que l'État ne fait pas assez contre l'inflation.
00:28:58 Et enfin, le temps est très agité aujourd'hui sur une bonne partie du territoire.
00:29:02 Météo France a placé 28 départements en vigilance orange aux orages.
00:29:06 Vous le voyez, les départements concernés sur cette carte à l'antenne,
00:29:09 Météo France prévient qu'il reste des incertitudes sur la violence du phénomène
00:29:15 et les zones qui seront les plus touchées.
00:29:17 Voilà pour ce tour de l'actualité à 16h sur CNews.
00:29:21 Tout de suite, la suite de 90 minutes Info, c'est avec Nelly Dénac et ses invités.
00:29:25 Merci beaucoup cher Simon. Il n'y a pas que le temps qui était agité aujourd'hui.
00:29:28 Je veux dire que la machine était un petit peu capricieuse également.
00:29:30 Merci en tout cas, vous l'avez bien descendu comme on dit dans le jargon des artistes.
00:29:36 Merci à toutes à l'heure cher Simon.
00:29:38 On va reparler de la réforme des retraites avec nos invités.
00:29:40 Karim Zeribi est toujours là, Ludo Victorot et Raphaël Stainville.
00:29:43 Merci à tous les trois de nous avoir rejoints cet après-midi.
00:29:46 Le parcours du texte de loi, vous le savez, il n'est pas terminé.
00:29:49 Alors, quelles sont les prochaines étapes ?
00:29:50 Si vous avez raté les derniers jours ou si vous avez oublié le calendrier législatif ?
00:29:56 La mémoire nous est rafraîchie par Élodie Huchard.
00:29:59 Tout de suite.
00:30:00 Une semaine à haut risque pour la réforme des retraites.
00:30:05 Prochaine étape peut être la plus simple, mercredi, la commission mixte paritaire.
00:30:10 7 députés, 7 sénateurs devront se mettre d'accord sur le texte qui sera soumis au vote.
00:30:14 Les deux chambres du Parlement doivent donc s'entendre sur les avancées et les termes précis retenus dans le texte.
00:30:20 Sur les 14 membres, 10 sont favorables à cette réforme des retraites.
00:30:23 S'ils tombent d'accord, la commission mixte est dite conclusive et donc le texte est soumis au vote.
00:30:28 Jeudi, il sera discuté à partir de 9h au Sénat puis approuvé dans la foulée.
00:30:33 En revanche, la partie sera plus compliquée jeudi à partir de 15h à l'Assemblée nationale.
00:30:38 Le texte sera soumis avec une interrogation.
00:30:41 Le gouvernement aura-t-il une majorité absolue ou devra-t-il passer par le 49-3 ?
00:30:46 Dernière option, la commission n'est pas conclusive.
00:30:49 Le texte repart alors pour une nouvelle lecture à l'Assemblée puis au Sénat,
00:30:53 avec une date limite des débats fixée au 26 mars.
00:30:56 Karim Zaribi, il y a un mois et demi, environ deux mois, sur le papier, il avait cette majorité, le gouvernement.
00:31:03 Et puis il y a eu toute une série d'avaries qui font que du côté DLR, on n'était plus si sûr.
00:31:08 En fait, au plus le temps passe, au moins la majorité est acquise.
00:31:12 C'est paradoxal parce que normalement le temps devrait permettre la pédagogie, l'explication, l'écoute, le compromis.
00:31:19 Or c'est tout le contraire.
00:31:21 Le gouvernement s'est empêtré dans des mensonges, des contre-vérités, démontrés par les oppositions.
00:31:26 Et je pense aux 1 200 euros, ça a été gros comme le nez au milieu de la figure.
00:31:30 Ça devait concerner 1 800 000 personnes, travailleurs.
00:31:34 Au final, c'est entre 10 et 20 000.
00:31:36 Et le gouvernement, pourtant, entre-temps, s'est entêté à dire oui, ça concernera tous les salariés au SMIC.
00:31:43 Et je pourrais vous en dire d'autres, les carrières longues.
00:31:47 Un père, père, si vous avez 16 ans, 17 ans, 18 ans, 19 ans, ça change.
00:31:52 Donc on ne sait pas pourquoi, mais c'est 44 et puis 43 ans, et puis encore 44 et puis 43 ans.
00:31:58 La question des femmes, donc évidemment, oui, cette réforme, elle favorise les femmes.
00:32:03 Mais tout le monde le démontre par A+B, tous les économistes de bon sens qui ne sont pas partisans, que finalement ça les pénalise.
00:32:09 Et enfin les seniors, rien pour les seniors qui à 55 ans sont mis au banc de toutes ces entreprises
00:32:15 en leur expliquant que c'est fini pour eux, mais on veut les amener jusqu'à 64 ans.
00:32:19 À l'arrivée, on a un index.
00:32:21 La réalité, c'est que ce gouvernement s'est pris les pieds dans le tapis.
00:32:25 Et par arrogance, il n'a fait marche arrière sur aucun des sujets.
00:32:30 Il a tenté de trouver des compromis qui d'ailleurs ont mis à mal l'idée de départ,
00:32:34 qui était de trouver 13 milliards.
00:32:36 Donc finalement, au fur et à mesure que le temps passait, il y avait de moins en moins de milliards,
00:32:40 puisque les compromis faisant cette réforme n'avaient plus rien de budgétaire.
00:32:44 Et au final, vous avez un groupe Renaissance, je ne suis pas convaincu qu'il fasse le plein.
00:32:49 Or aujourd'hui, Elisabeth Borne a dit qu'elle était certaine que les 248 voix iraient voter comme un seul homme.
00:32:57 Je ne crois pas. Il y a une dizaine de voix incertaines.
00:32:59 Du côté de LR, 69 parlementaires, si 30 LR disent non, et c'est le cas avec les partisans d'Aurélien Pradié,
00:33:09 qui s'est beaucoup activé pour expliquer qu'il ne pouvait pas voter cette réforme en l'état,
00:33:14 c'est le 49-3 qui devra être utilisé.
00:33:18 Et là, ce serait une catastrophe Nelly.
00:33:20 Parce qu'après les mouvements de grève massifs, après le mécontentement des syndicats qui ne sont pas reçus à l'Elysée,
00:33:26 si cette arme-là, qui est vécue comme une arme, même si elle est constitutionnelle,
00:33:31 quand même antidémocratique, sur une réforme de cette importance pour l'avenir du pays,
00:33:35 alors là, je pense que ça laisserait des traces vraiment pour longtemps dans le pays.
00:33:39 On dit qu'il manquerait, effectivement, vous l'avez bien décrit et vous l'avez bien détaillé, une quarantaine de voix.
00:33:43 Ce qui veut dire que pour vous, effectivement, il n'y a d'autre choix que d'y aller, à ce 49-3, l'exécutif ?
00:33:49 En tout cas, la question… c'est-à-dire qu'Elisabeth Borne, aujourd'hui,
00:33:52 s'entête à vouloir dire qu'elle se prépare à faire voter ce texte, notamment à l'Assemblée.
00:33:59 Mais le problème, et ça a été très bien dit par Karim, c'est d'un côté, du côté de Renaissance,
00:34:03 mais surtout du côté de LR, il y a une multitude d'inconnus.
00:34:06 Je crois que c'est Guillaume Tabard dans le FIARO aujourd'hui qui parlait des républicains
00:34:10 comme d'une amicale auto-entrepreneur.
00:34:13 Mais chacun y va de son petit laïus et de son particularisme.
00:34:17 Donc, très honnêtement, sur ce texte, je ne suis pas certain qu'Elisabeth Borne puisse faire le plein
00:34:24 des voix de LR, rendant très compliqué et très hasardeux
00:34:29 de vouloir présenter au vote ce texte à l'Assemblée nationale.
00:34:33 Donc, je ne vois pas aujourd'hui, en l'état, comment elle pourrait faire autrement que de…
00:34:39 Mais avec quelles conséquences ? Parce qu'il dit que ce serait désastreux que Brandy a le 49-3.
00:34:43 Qu'est-ce qui se passerait derrière, outre le fait qu'il perde aussi de légitimité ?
00:34:46 C'est remettre une machine dans la machine à mobiliser, voire même dans les blocages
00:34:51 qui aujourd'hui sont encore assez parcellaires dans le pays.
00:34:54 Bien évidemment, ça serait vécu comme une provocation.
00:34:57 Ça peut tendre un peu plus la situation.
00:34:59 Je me demande si ça ne peut pas permettre aux oppositions de trouver un accord sur une motion de sanction.
00:35:02 Alors, la motion de sanction, on n'y est pas encore quand même.
00:35:05 Apparemment, le compte n'y serait pas non plus, pour ceux qui se penchent techniquement sur la question.
00:35:09 Ludovictor, votre avis ?
00:35:10 49-3, les catastrophes sont là. C'est-à-dire qu'ils n'ont pas voulu écouter.
00:35:13 Mais n'oublie pas qu'un député, il représente le peuple.
00:35:15 Il va falloir qu'il y ait un certain nombre de circonscriptions après.
00:35:17 Et tenir les permanences, il reste deux ans et demi, trois ans.
00:35:19 Les sénateurs, ils ne sont pas élus par le peuple. Ils peuvent avoir cette attitude.
00:35:23 Mais un député, il ne représente pas le président, il représente la population.
00:35:27 Quand vous avez des chiffres encore aussi importants à 90% de contre, qu'est-ce qu'il fait le député ?
00:35:31 Il défend le peuple.
00:35:33 Ou alors, on fait tout l'inverse et les députés ne seront pas élus par les citoyens,
00:35:36 mais nommés par le président de la République.
00:35:38 Et aujourd'hui, les députés, quand ils vont dans leur circo, on ne peut pas dire qu'ils ont…
00:35:42 Voilà, ils marchent sur les oeufs.
00:35:44 Et puis, il faut qu'ils se fassent réélire.
00:35:46 Parce que dans trois ans, quand on va sortir leur tract, ils vont dire que c'est lui qui a voté.
00:35:50 Et il ne sera pas élu, tout simplement.
00:35:52 Donc, ils jouent aussi leur réélection.
00:35:54 Donc, à mon avis, vous avez raison, je pars sur un 49-3.
00:35:57 Ils ne vont pas vouloir absolument mettre au vote pour se prendre une claque aussi fort.
00:36:01 Vous voyez ce que je veux dire.
00:36:02 Donc, ils vont anticiper, ils vont faire des promesses à certains.
00:36:04 Ton député, tu auras cette somme pour faire ta route.
00:36:06 Tout ça, on connaît la tambouille.
00:36:08 Menaces et promesses.
00:36:09 Voilà, menaces et promesses.
00:36:10 Il y a eu des menaces d'exclusion quand même au passage.
00:36:12 Est-ce que vous diriez que la gestion de cette majorité de ces députés est dictatoriale aujourd'hui ?
00:36:18 C'est où tu votes, où tu en es plus.
00:36:20 Ce n'est pas le fait de cette majorité.
00:36:23 C'est une méthode.
00:36:24 La méthode de ce que j'appelle moi le caporalisme a existé quasiment de tout temps.
00:36:30 Sur la Ve République, le doigt sur la couture, vous n'êtes pas d'accord.
00:36:33 Tu la fermes, tu votes pour le groupe, sinon tu es exclu.
00:36:36 Et derrière, c'est ta réélection, comme le disait Ludovic, qui est un jeu.
00:36:39 Donc, beaucoup de députés, malheureusement, se sont couchés face à ces menaces-là.
00:36:42 Ça ne les grandit pas, en tout cas, je veux vous dire.
00:36:45 De tenter de faire passer une réforme de cette importance, de cette manière-là,
00:36:49 très franchement, un État incapable de convaincre leur propre majorité, c'est gravifié.
00:36:54 Donc, le libre-arbitre, ça n'existe pas en matière législative.
00:36:57 Pas vraiment, quoi.
00:36:58 Oui, et puis, dans la séquence, l'homme le plus important finalement, c'est Franck Riester,
00:37:04 le ministre chargé des Relations avec le Parlement.
00:37:06 Mais c'est un ministre qui ne jouit pas ni d'une autorité, ni d'un charisme peut-être suffisant
00:37:12 pour aller convaincre, séduire les derniers récalcitrants.
00:37:16 C'est surtout lui qui a mis le doigt là où il ne fallait pas pour l'exécutif, en disant "ça ne va pas, ça ne va pas".
00:37:21 Vous avez entendu Gabriel Alcalce ce matin qui nous dit "si on ne vote pas la réforme, on augmentera les impôts".
00:37:25 Il l'a dit textuellement ce matin.
00:37:26 Ça, c'est une menace.
00:37:27 Il ne save plus quoi dire, quoi.
00:37:28 C'est quelque chose de fou, tellement ils sont à la rue.
00:37:30 Donc, ils sortent des trucs à boire, comme Véran qui dit que c'est la fin du monde.
00:37:33 Enfin, ils sont complètement hors-sol, ces gens-là, d'accord ?
00:37:36 Et aujourd'hui, je pense en effet qu'ils n'auront peut-être pas la majorité, parce que le peuple est là encore.
00:37:40 Et les députés, quand ils vont appuyer sur le bouton, ils ne pourront pas tous partir aux toilettes.
00:37:43 C'est un tournant.
00:37:44 Ah, bah sinon les toilettes, il faut les refaire.
00:37:46 Ou alors on fait ! Vous voyez ce que je veux dire ?
00:37:48 On va faire un vote dans les toilettes, ça serait pas mal, ça.
00:37:51 Bienvenue au café du commerce.
00:37:52 Allez, non, je plaisante.
00:37:53 Mais ce n'est pas le café du commerce, c'est la réalité, vous savez.
00:37:55 C'est la réalité.
00:37:56 Non, mais plus sérieusement, c'est un vrai tournant, vrai tournant, pour la continuité, pour moi,
00:38:01 ou pour, possiblement, un coup d'arrêt au quinquennat d'Emmanuel Macron, au deuxième quinquennat.
00:38:06 Parce que ça ne peut pas…
00:38:07 Pour vous, il y a carrément péril en la demeure.
00:38:08 Il le sait.
00:38:09 Ah, mais moi, je vous le dis.
00:38:10 Justement, sur les motions de censure, je ne vous ai pas entendu, vous pensez que ça peut passer,
00:38:13 les différentes motions de censure qui émèneraient notamment de LR et d'autres ?
00:38:17 Pourtant, jusqu'à présent, Nelly, les motions de censure qui venaient du RN ne pouvaient pas être votées par la gauche.
00:38:21 Celles qui venaient de NUPES pouvaient pas être votées par le RN.
00:38:24 Mais là, c'est différent.
00:38:25 Il se dit…
00:38:26 Ce qui n'est pas tout à fait exact, puisque le RN était prêt à voter des…
00:38:31 Je crois qu'elle l'a redit aujourd'hui, Marine Le Pen, qu'elle voterait toutes les motions présentées.
00:38:34 Il se dit, je ne sais pas si Raphaël a les mêmes bruits de couloir que moi,
00:38:39 que ça se parle, dans les couloirs du Parlement, entre des groupes qui ne s'adressaient pas à la parole.
00:38:44 Et potentiellement, ils se disent, les uns et les autres, que c'est peut-être leur intérêt
00:38:50 de faire tomber le gouvernement dans cette séquence-là, précisément.
00:38:53 Ludovic ?
00:38:54 Mais la motion de censure, elle est voulue par le peuple.
00:38:56 C'est clairement ça qu'il veut le peuple aujourd'hui, mettre une motion de censure.
00:39:00 Donc est-ce que les députés vont le faire en disant, je ne peux pas me mettre avec lui, je ne peux pas me mettre avec lui ?
00:39:04 Un jour, quand c'est vert, c'est vert, quel que soit votre parti politique.
00:39:06 Donc est-ce qu'ils vont aller jusqu'à là ? C'est là le problème.
00:39:08 Ça dépend de qui elle émane.
00:39:09 Toujours pareil, ce que vous disiez tout à l'heure.
00:39:11 Si elle émane d'un groupe qui est plus fréquentable qu'un autre aux yeux d'un autre groupe, ça peut passer.
00:39:17 Oui, non mais c'est exactement le cas de figure et le…
00:39:21 qui pourrait éventuellement permettre à une motion de censure d'être votée.
00:39:27 Mais il y a quelque chose qui est assez sidérant, c'est qu'Emmanuel Macron, il est déjà dans l'après,
00:39:33 comme si cette réforme allait être passée, il faut qu'elle passe vite.
00:39:37 Et il voudrait pouvoir s'acheter une virginité avec un certain nombre de projets de loi,
00:39:42 notamment sur les sujets sociétaux, pour essayer de rallier la gauche sociétale et progressiste.
00:39:49 Mais je ne suis pas sûr que ce soit suffisant pour, compte tenu des marques que ça a laissées dans la société,
00:39:57 qu'il puisse compter là-dessus pour continuer à incliner un quelqu'un.
00:40:02 Ne pas écouter le peuple, ça se paye toujours un jour.
00:40:05 Et là vraiment, il n'écoute pas le peuple, mais vraiment, vraiment.
00:40:08 Pourquoi il n'a pas reçu les syndicats ?
00:40:10 Pourquoi il ne descend pas un peu de là-haut, il ne vient pas là-haut ?
00:40:13 Même s'il ne leur donne rien, mais au moins tu les reçois.
00:40:15 D'autant que dans cet intersyndical, moi je veux bien que certains tentent de diaboliser toujours la CGT et autres.
00:40:22 Je pense que la CGT aujourd'hui, avec Philippe Martinez, ils n'ont pas sûr qu'il est responsable.
00:40:27 Monsieur Berger, qui a toujours été constructif, toujours prêt au compromis, l'UNSA, la CFTC, pareil.
00:40:35 Finalement, c'est un bras d'honneur, c'est Philippe Martinez qui l'a dit, c'est un déni de démocratie,
00:40:42 c'est Laurent Berger qui l'a dit, les mots sont forts du côté de l'intersyndical.
00:40:45 Ces gens-là sont respectables, ce sont des courants intermédiaires.
00:40:48 S'ils ne sont pas là, c'est peut-être la chienlit demain, c'est peut-être le chaos demain dans le pays,
00:40:52 ce ne sont plus les manifestations encadrées avec les services d'ordre des syndicats,
00:40:54 c'est peut-être la violence, c'est la place laissée au black bloc,
00:40:57 à tous ces gens qui sont des anarchistes, des anti-républicains.
00:41:00 Que veut Emmanuel Macron ? En fin de compte, on peut se poser la question, que veut Emmanuel Macron ?
00:41:05 D'autant que l'intersyndical, elle est solide, on n'avait pas vu ça depuis très très longtemps,
00:41:08 il n'y a aucune fissure dans cette machine.
00:41:11 Avant de refermer ce thème et de passer à un autre que j'aimerais vous soumettre,
00:41:14 un petit échantillon de ce qu'on dit justement les quelques protagonistes issus de la majorité.
00:41:19 On ne veut pas de 49.3 et on considère qu'il n'y a pas de raison aujourd'hui de faire un 49.3
00:41:25 dès lors que chacun est cohérent avec les engagements qu'il a pris.
00:41:28 D'abord c'est un outil constitutionnel qui a été utilisé, réutilisé, énormément même utilisé sur certains mandats,
00:41:33 c'était le cas de Michel Rocard qui a adopté des réformes d'ailleurs importantes pour le pays.
00:41:37 Ce n'est pas que ce n'est pas un tabou, oui c'est un outil constitutionnel,
00:41:40 mais ce n'est pas un tabou mais ce n'est pas non plus une option qu'on utilise.
00:41:43 Pour éviter le 49.3, il faut si possible aller jusqu'au vote,
00:41:48 encore faut-il être certain de ce vote qui est très resserré,
00:41:52 il faut discuter avec toutes celles et tous ceux, assez peu d'ailleurs,
00:41:56 qui sont aujourd'hui assez indécis sur la nature de leur vote.
00:42:00 On entend de Bruno Le Maire qui dit "on ne veut pas y aller" mais personne ne dit quand même,
00:42:04 quand même, on ne l'utilisera pas.
00:42:07 Donc voilà, on a quand même bien compris quel était l'ultime recours, l'ultime outil pour le gouvernement.
00:42:14 En fait, ils sont très caricaturaux ces porte-parole de la majorité,
00:42:19 ils se posent toujours en personnel politique responsable, face à des gens qui seraient irresponsables.
00:42:26 Là c'est le groupe LR, hier c'était le syndicat, avant-hier c'était les citoyens qui décidaient de manifester.
00:42:32 Quand on n'est pas d'accord avec eux, on est toujours irresponsable.
00:42:35 Quand on n'est pas d'accord avec eux, c'est qu'on est bête, c'est qu'on ne comprend pas,
00:42:38 c'est qu'on n'est pas intelligent, qu'on veut nous faire du bien malgré nous.
00:42:41 En fait, je trouve qu'il faut sortir de cette caricature, c'est insupportable.
00:42:46 Là, ils essaient de pointer la responsabilité de LR, si ça ne passe pas,
00:42:49 donc LR devra à un moment donné assumer ses responsabilités.
00:42:52 Mais LR, oui, parce que ne pas vouloir cette réforme Nelly Delac,
00:42:56 ça ne veut pas dire ne pas vouloir de réforme des retraites.
00:42:58 Moi, si j'étais LR aujourd'hui, je le crierais au effort.
00:43:01 Nous voulons une réforme des retraites, mais nous ne voulons pas celle-là.
00:43:04 - LR qui initialement était prêt jusqu'à 65 ans quand même pour ça.
00:43:07 - Oui, mais potentiellement, si derrière, vous traitez la question des femmes,
00:43:10 si derrière, vous traitez la question de la pénibilité, si vous traitez la question des seniors,
00:43:14 si vous traitez la question des petites retraites et des petits retraités,
00:43:17 si vous traitez tout ça et que vous dites aux gens 64 ou 65 ans,
00:43:20 ils vont vous dire bon, on n'est pas content, mais pourquoi pas ?
00:43:23 Mais là, on nous dit 64 ans, mais tous ces sujets ne sont pas traités.
00:43:26 C'est l'hôpital qui se fout de la charité.
00:43:28 - C'est un volet démographique qui tient à cœur,
00:43:31 notamment du côté de LR et du Rassemblement national.
00:43:36 Éventuellement, on pourrait avoir une réforme ambitieuse, raisonnable.
00:43:41 - La politique familiale totalement abandonnée, alors que c'est une des causes principales,
00:43:44 qu'on est en dessous de 2, il n'y a pas un mot, il n'y a absolument rien.
00:43:47 - Il n'y a même plus un ministre de la Famille.
00:43:49 - Oui, il n'y a plus de ministre.
00:43:50 Si on ne passe pas au-dessus de 2, on paiera de plus en plus les retraites, c'est logique.
00:43:54 Mais qu'est-ce qu'on a comme politique familiale ? Zéro pointé, pas un mot.
00:43:57 Ça ne pose pas de problème.
00:43:58 - On n'en parle jamais dans ce pays.
00:43:59 - Jamais, jamais.
00:44:00 - Si il y a un investissement à faire, c'est sur la famille, bien évidemment.
00:44:03 - Pour bon nombre de sujets d'ailleurs, remettre la famille au centre,
00:44:07 ça à mon avis, ça nous révélerait beaucoup de choses.
00:44:09 En termes d'éducation, d'autorité, de respect, de vivre ensemble.
00:44:12 Non, on dit que la famille n'existe pas.
00:44:14 On dirait que la famille est presque un inconvénient, est presque un problème,
00:44:17 par ceux qui pensent le monde avec leur modernité.
00:44:22 Non, je suis désolé, la famille c'est encore du sens pour beaucoup de Français.
00:44:25 - On va pas nous imposer de faire des enfants, nos ventres…
00:44:28 - Mais c'est pas imposé.
00:44:29 - C'est pas imposé.
00:44:30 - Même encourager, pour certains, c'est interprété comme une forme d'imposition.
00:44:33 - On peut aussi considérer Nelly, vous êtes une femme, vous êtes mieux placée que nous.
00:44:39 Mais souvent, les femmes se disent, c'est compliqué, c'est difficile de faire une carrière
00:44:45 et d'être mère de famille.
00:44:46 - Je confirme.
00:44:47 - Oui, mais ça, ça veut dire quoi ?
00:44:50 Ça veut dire prendre en compte la question de la natalité quand même,
00:44:52 qui est un souhait pour beaucoup de femmes, mais qui hésitent parce qu'elles se disent
00:44:56 "je fais comment ? La nounou, ça coûte cher, si j'en trouve pas, comment je fais ?
00:45:01 Mon salaire ne suffira pas, je vais mettre un terme à ma carrière."
00:45:04 Mais non, les femmes ont envie aujourd'hui de s'épanouir à tout point de vue,
00:45:07 en tant que mère de famille, en tant que femme d'entreprise, en tant que…
00:45:10 Et ça, il faut l'entendre, c'est pas les unes ou les autres.
00:45:13 - À moins que le gouvernement, et ça a été presque dit, et ça a été, oui, par Jean-Paul Delevoye
00:45:19 en son temps, qu'il fasse le pari de l'immigration pour compenser l'absence d'enfants.
00:45:25 - On peut faire les deux, c'est pas l'un ou l'autre, on peut avoir un apport.
00:45:30 - Non, mais là, c'était faire le pari de l'immigration plutôt que celui d'une natalité française.
00:45:37 - Non, mais vous aviez raison tout à l'heure quand vous disiez
00:45:39 "ce gouvernement, c'est toujours la faute de l'autre".
00:45:41 Toujours, pour le Covid, c'est toujours la faute de l'autre.
00:45:43 C'est-à-dire, il va prendre lui, il va prendre les jeunes, il va prendre les vieux pour le Covid.
00:45:46 Mais c'est leur faute à eux qu'ils assument une fois cet échec.
00:45:50 Ça a été un échec de présentation, on a fait plein de choses, le peuple n'a rien compris, d'accord ?
00:45:56 Et aujourd'hui, le peuple n'en veut pas, tout simplement.
00:45:58 - Alors, vous l'aurez compris, les prochains jours vont être cruciaux.
00:46:00 Jeudi, évidemment, ce sera le point d'orgue de toute cette séquence,
00:46:04 parce que ça va être un petit peu, on le dit semaine après semaine,
00:46:07 mais enfin là, on sent quand même qu'on approche de l'heure de vérité,
00:46:09 pour voir ce qui sera la suite. - Le Nick Hanzer, oui, c'est ça.
00:46:12 On parlait du 49.3 et des syndicalistes qui étaient déterminés.
00:46:16 Écoutez, on a une réaction à ce propos.
00:46:18 - Un passage, soit une très courte majorité à l'Assemblée,
00:46:25 soit par l'utilisation d'un nouveau 49.3 qui deviendrait donc la marque de fabrique
00:46:30 d'un gouvernement qui est complètement à la fois isolé et à l'agonie.
00:46:35 Non seulement, ça ne signifiera pas la fin du mouvement,
00:46:39 mais cela nous conduirait à devoir encore un peu plus impliquer
00:46:44 les travailleurs, les travailleuses, nos organisations dans la grève reconductible.
00:46:49 Je veux dire très clairement que si le gouvernement venait à passer par le 49.3,
00:46:54 à ce moment-là, il n'y aura plus de règles pour personne.
00:46:57 - Voilà, vous vous êtes prévenus.
00:46:59 Ça vous a surpris, la puissance du propos de la fin.
00:47:04 - Il n'y aura plus de règles pour personne ?
00:47:06 - Il n'y aura plus de règles ?
00:47:07 C'est ce que vous disiez, pour l'instant, les syndicats tiennent la machine,
00:47:09 mais attention.
00:47:10 - Ça ouvre la porte à des choses qui peuvent effectivement être inquiétantes.
00:47:15 - Bon, on va s'interrompre sur cette notion-là,
00:47:18 en espérant que ça ne dégénère pas trop vite quand même.
00:47:20 Et on reviendra pour parler d'autres thèmes de débat
00:47:24 et de cette agression d'une nonaginaire qui a été violée par un individu
00:47:28 qui a priori serait un récidiviste, qui avait agi déjà dans le même immeuble.
00:47:32 Ça pose encore une fois la question de la justice.
00:47:34 Est-elle à la hauteur ? Est-elle assez précautionneuse ?
00:47:38 On en reparle juste après la pub.
00:47:39 A tout à l'heure.
00:47:40 Nous serons de retour pour la suite de votre débat juste après.
00:47:46 Un rappel des principaux titres de l'actualité avec Somaïa Labidi.
00:47:49 Rebonjour Somaïa.
00:47:50 - 12 personnes mises en examen et 11 d'entre elles écrouées
00:47:56 dans le cadre d'un trafic de stupéfiants entre la banlieue parisienne et l'Amérique latine.
00:48:00 Un réseau tenu par trois frères et qui pouvait se faire jusqu'à 400 000 euros de bénéfices par semaine.
00:48:05 Parmi les personnes interpellées, un douanier travaillant à Roissy et un salarié de la SNCF.
00:48:13 Face à l'inflation galopante, le gouvernement dégaine le chèque énergie.
00:48:17 Il sera versé à partir du 21 avril à environ 5,8 millions de ménages.
00:48:22 Son montant devrait varier entre 48 et 277 euros et pourra être utilisé jusqu'au 31 mars 2024.
00:48:29 Il sera adressé par courrier aux 20% de ménages les plus modestes.
00:48:33 Et puis l'inquiétude s'accroît concernant les nappes phréatiques.
00:48:37 Le bureau des recherches géologiques et minières tire la sonnette d'alarme.
00:48:41 Pour février, l'ensemble des nappes affichent des niveaux sous la normale
00:48:45 et 80% des niveaux sont modérément bas à très bas.
00:48:48 Pour les prochains mois, l'Institut de géologie fait état d'une grande incertitude
00:48:53 puisque l'évolution des tendances dépendra essentiellement de la pluviométrie.
00:48:57 16h31, 90 minutes info.
00:49:00 Nous allons parler de cette histoire qui nous a beaucoup préoccupés et intéressés quand même à la rédaction.
00:49:06 C'est cette nona génère qui a été agressée dans son appartement de Clichy.
00:49:10 L'auteur présumé des faits était pourtant connu des services de police.
00:49:13 Pire encore, il avait opéré de la même manière dans cet immeuble-là il y a quelques années.
00:49:18 Il s'en était pris à une jeune fille de 14 ans.
00:49:20 Une plainte avait été déposée mais elle n'avait pas abouti.
00:49:24 Regardez le résumé des faits avec Alexis Vallée, Clémence Barbier et Laurent Sellerier.
00:49:28 Son calvaire a duré près de deux heures dans son appartement.
00:49:32 Dans la nuit du 13 au 14 février, une femme de 96 ans est violée et frappée à plusieurs reprises par un individu.
00:49:40 L'homme est bien connu dans cette résidence et notamment de cette voisine.
00:49:44 Il y a trois ans, sa fille de 14 ans entretenait une relation avec cet homme, alors âgé de 18 ans.
00:49:50 Par la suite, il lui aurait infligé des violences.
00:49:54 On va apprendre suite à son incarcération que ma fille a été victime de viols, d'actes de barbarie de la part de cet homme-là.
00:50:04 Ma fille qui n'en peut plus va essayer de mettre fin à ses jours.
00:50:10 La police et le SAMU vont réussir à la réanimer. Elle sortira du coma le lendemain.
00:50:16 La famille a porté plainte, mais le dossier a été classé sans suite en 2021.
00:50:21 Cette mère regrette de ne pas avoir été entendue par la justice.
00:50:25 Tant que ce n'est pas horrible, et on voit avec l'histoire de notre voisine qui a 96 ans, c'est dramatique.
00:50:33 Ces femmes et ces hommes de la justice, je les avais prévenus qu'ils étaient dangereux. Pas un petit peu, mais très dangereux.
00:50:40 Interpellé le 6 mars dernier pour le viol de la nona gener, l'individu a été placé en détention provisoire.
00:50:46 Il en court jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.
00:50:50 Cette dame qui dit qu'on n'a pas été à l'époque entendue par la justice.
00:50:54 C'est malheureusement trop souvent le cas dans ce genre d'affaires.
00:50:58 On se rend compte après coup que les individus dangereux couraient encore dans la nature.
00:51:02 C'est glaçant de se dire que cet homme a pu en quelques années et en toute impunité s'en prendre à une jeune fille de 14 ans.
00:51:12 Et récidiver sur une dame de 96 ans.
00:51:16 Entre temps, la justice n'est pas passée. Les victimes n'ont pas été entendues.
00:51:23 Et une fois encore, un homme a pu récidiver en toute impunité. C'est absolument glaçant.
00:51:33 La justice oublie aussi, peut-être trop souvent, je ne sais pas si c'est le cas dans cette affaire,
00:51:38 mais que s'il y a relation consentie par exemple au début, déjà c'était une mineure,
00:51:46 minimum il y avait peut-être un détournement de mineure de la part de ce jeune homme à l'époque.
00:51:50 Ce n'est pas parce qu'ils avaient une relation consentie qu'il ne s'est pas livré à des actes de barbarie ou des actes de violence sur elle.
00:51:54 C'est ça que parfois les policiers ont du mal aussi à prendre en considération le fait qu'on puisse être violé par quelqu'un qui par ailleurs serait notre compagnon.
00:52:02 Vous voyez ce que je veux dire ?
00:52:03 Pourtant, je pense que, en tout cas je l'espère, dans la formation des policiers qui a été mise en œuvre ces derniers mois,
00:52:09 j'espère que ce que vous indiquez là est pris en considération.
00:52:13 Parce que dans de nombreux cas, c'est le compagnon ou l'ex-compagnon qui abuse, violente, agresse, viole.
00:52:21 Rappelons ce qu'est le viol. Le viol c'est une relation sexuelle non consentie.
00:52:25 Ce n'est pas parce que vous avez eu une relation avec quelqu'un ou que vous connaissez quelqu'un que la relation est consentie.
00:52:31 Et je vais vous dire, même des gens qui sortent ensemble, se fréquentent, si la femme dit non, c'est non.
00:52:39 À partir du moment où le compagnon force le pas et a une relation sexuelle malgré son refus, c'est un viol.
00:52:46 Mais dans le recueil de plaintes, les policiers prennent-ils cela en considération ?
00:52:50 Ça reste quand même une question.
00:52:51 Oui, c'est une vraie question. Vous avez raison sur laquelle il faut insister.
00:52:54 Mais il y a deux autres questions sur lesquelles il faut insister.
00:52:56 Un, c'est la question de la récidive.
00:52:59 Quand quelqu'un est signalé comme étant dangereux, prenons malgré tout des mesures d'éloignement.
00:53:07 Deuxièmement, la fin du reportage, il en court 20 ans de prison.
00:53:14 Mais combien de temps de prison lui sera-t-il infligé après avoir violenté et violé une dame de 96 ans ?
00:53:22 Peut-être qu'il n'en fera même pas la moitié, comme on l'a vu dans de nombreux cas où des violeurs sont récidivistes.
00:53:27 Parce qu'entre les remises de peine, entre l'indulgence parfois, les circonstances atténuantes,
00:53:33 on va nous parler peut-être de son enfance, de sa vie difficile.
00:53:37 Non, il faut qu'on arrête avec tout ça.
00:53:39 Quant à vous, violenté, il faut violer une dame de 96 ans, vous êtes un petit barbare.
00:53:44 Et il faut qu'on vous sanctionne en l'état.
00:53:46 Léodovic.
00:53:47 L'erreur, elle est claire, puisque le dossier a été classé sans suite.
00:53:50 On se voit quelques temps après, il viole une dame de 97 ans.
00:53:52 Donc il y a eu une erreur initiale d'appréciation.
00:53:54 Forcément, c'était un délinquant qui pouvait récidiver.
00:53:57 Donc le fait qu'on le laissait partir, qu'on ne le déguisait rien, ça prouve qu'on s'est trompé.
00:54:01 On s'est trompé parce qu'il prend soit des mineurs, soit des 97 ans.
00:54:05 C'est un vrai barbare, cet homme-là.
00:54:07 Il prend des gens très fragiles.
00:54:08 Mais le fait qu'il y a quelques années, on lui a dit, il n'y a pas de suite.
00:54:11 La maman m'a l'air très clair, elle n'a pas l'air énervé.
00:54:13 Elle décrit quelque chose qui est réalisé.
00:54:15 Maintenant, le viol est reconnu aussi dans des personnes qui sont mariées.
00:54:18 Le viol, c'est un viol, quelles que soient les choses.
00:54:20 Peut-être que la relation initiale était consentie, mais après, il y a eu barbare.
00:54:24 C'est ce que je voulais souligner, c'est que parce qu'au moment du recueil de plainte,
00:54:27 parfois, les policiers n'entendent pas que ce ne soit pas une agression gratuite,
00:54:33 mais que ce soit une agression qui peut intervenir au sein d'un couple.
00:54:35 Ça aussi, c'est peut-être un élément à plus prendre en compte.
00:54:37 Si on mettait peut-être en place ce qu'on fait en Espagne par rapport aux personnes qui sont violées,
00:54:42 ça a été refusé par Dupond-Moretti.
00:54:44 Voilà où on en est aujourd'hui.
00:54:45 Rien ne bouge dans notre pays pour les femmes qui sont agressées.
00:54:48 Là, il ne s'agit pas d'un couple constitué.
00:54:51 C'était un jeune homme de 18 ans et une jeune fille de 14 ans.
00:54:56 La mère décrit cette relation avec sa fille qui aurait été sous emprise,
00:55:04 et après, victime de violences et de viols,
00:55:08 avec une jeune fille qui a voulu mettre fin à ses jours.
00:55:12 La situation, si elle ne doit pas alerter la justice, qu'est-ce qu'il faut faire ?
00:55:17 C'est d'autant plus étonnant qu'ils n'aient pas pris en compte cette plainte.
00:55:19 De toute façon, on va continuer à suivre cette affaire.
00:55:22 Petite interruption.
00:55:23 Je ne veux pas laisser la mamie, quand même.
00:55:24 Bien sûr, tu es à travers sa zone.
00:55:26 On va en décompte le calvaire de cette fin de vie.
00:55:28 On revient dans quelques minutes pour parler de la déprime chez nos ados.
00:55:31 Vous nous direz, évidemment, Ludovic, ce que vous en pensez en tant que médecin.
00:55:34 Vous devez en recevoir un certain nombre qui ne vont pas très bien.
00:55:36 Et puis, nous serons avec un psychanalyste, également,
00:55:39 qui sera en notre compagnie à distance.
00:55:40 A tout à l'heure.
00:55:41 On va vous parler de ce rapport qui a été révélé par nos confrères du Parisien,
00:55:48 dans lequel on apprend que le Haut Conseil de la Famille de l'Enfance et de l'Âge
00:55:52 fait part d'une hausse inquiétante de la dépression chez les plus jeunes.
00:55:58 Les plus jeunes, surtout la tranche des pré-ados et des adolescents.
00:56:02 Regardez, résumé Clémence Barbier.
00:56:04 Le constat est alarmant.
00:56:07 Antidépresseurs ou psychostimulants,
00:56:09 des traitements administrés trop souvent et à haute dose,
00:56:12 à des dizaines de milliers d'enfants.
00:56:14 Le rapport du Haut Conseil de l'Enfance et de l'Âge
00:56:17 pointe une nette augmentation de ces prescriptions,
00:56:19 normalement réservées aux adultes.
00:56:21 Nous pensions qu'en France, on prescrivait traditionnellement peu aux enfants.
00:56:26 Mais les chiffres ont doublé entre 2010 et 2021.
00:56:29 Et cela nous place parmi les pays les plus prescripteurs en Europe.
00:56:32 Entre 2014 et 2021, la consommation chez les moins de 20 ans
00:56:37 a augmenté de 48,54% pour les antipsychotiques,
00:56:42 62,58% pour les antidépresseurs
00:56:46 et 155,48% pour les hypnotiques et sédatifs.
00:56:51 Les jeunes sont soumis à davantage d'épisodes dépressifs
00:56:54 ou de troubles de l'humeur,
00:56:56 trop de pression à l'école, harcèlement, poids croissant des réseaux sociaux.
00:57:00 Le manque de place dans les centres médicaux psychopédagogiques
00:57:03 pousse donc certains médecins à prescrire ces traitements.
00:57:06 Mais ce n'est pas une solution, précisent les spécialistes,
00:57:09 car cette surmédication rendrait les enfants somnolents et parfois apathiques.
00:57:15 - C'est une observation que vous avez faite vous-même ?
00:57:18 - Qu'est-ce qu'ils sont méchants ces médecins qui donnent des médicaments comme ça.
00:57:22 Il faut se rendre compte qu'aujourd'hui, il n'y a plus du tout de pédopsie.
00:57:26 L'enfant qui présente ses premiers troubles ne sera jamais pris en charge.
00:57:30 Le délai est de neuf mois. Donc sa pathologie évolue.
00:57:33 En plus, ce n'est pas le médecin généraliste qui va mettre des anxiolytiques.
00:57:38 Vous savez l'hyperactivité chez les enfants, on les met sur le Ritalin.
00:57:41 Ça a explosé en quelques années, multipliée par deux.
00:57:44 C'est les médicaments qu'on donne sur un enfant hyperactif.
00:57:47 Mais notre problématique aujourd'hui, c'est qu'il n'y a plus de soignant.
00:57:50 Qui va recevoir un enfant en détresse ? Personne.
00:57:53 Il n'y a plus de médecin scolaire, d'infirmière scolaire, de pédopsie,
00:57:56 il n'y a plus de lit de pédopsie dans les hôpitaux.
00:57:59 Et comme personne ne prend en charge cet enfant comme toute pathologie,
00:58:02 au bout de cinq ans, on aboutit à un doublement des tentatives de suicide chez nos enfants.
00:58:07 Un doublement des tentatives de suicide dans les hôpitaux.
00:58:09 Ce n'est pas un hasard.
00:58:11 Alors évidemment, on peut dire qu'il y a un manque de sommeil,
00:58:13 moins de sport et tous les réseaux sociaux.
00:58:15 Il y a des causes.
00:58:16 Mais est-ce qu'on a répondu à cela pour donner quelque chose à ces enfants ?
00:58:19 Non.
00:58:20 Donc c'est un engrenage mortifère.
00:58:22 C'est un engrenage sur la santé qui touchera aussi les adultes.
00:58:25 On est le pays de l'OCDE qui a le plus de suicides, même pour les adultes,
00:58:28 parce qu'il n'y a pas de prise en charge.
00:58:30 Monsieur Emmanuel Macron avait fait une grande réunion il y a un an et demi,
00:58:34 j'en mettrai dans chaque département.
00:58:36 Il n'y a rien. Il n'y a plus de psy, il n'y a plus de pédopsy.
00:58:39 Donc qu'est-ce que vous faites ?
00:58:40 Une fois que vous avez reçu aux urgences quelqu'un qui a fait une tentative de suicide,
00:58:42 vous le renvoyez chez lui ?
00:58:44 Je pense que mes collègues psy donnent sûrement un traitement
00:58:47 pour éviter la récidive d'une tentative de suicide.
00:58:49 Alors justement, vous en avez un qui est avec nous, c'est Jean Dorido,
00:58:52 qui est psychologue.
00:58:53 Bonjour, merci Jean d'être là.
00:58:56 Est-ce que vous êtes d'accord globalement avec, vous allez dire le diagnostic,
00:58:59 mais le constat en tout cas, que fait Ludo Victoro ?
00:59:03 Et si on en vient vraiment aux raisons de ce mal-être,
00:59:08 il faut bien l'appeler ainsi, qui s'étend dans cette génération,
00:59:12 quelles sont pour vous les raisons sous-jacentes ?
00:59:16 Alors c'est-à-dire que si on pose le problème correctement,
00:59:20 là manifestement il y a un problème de prescription,
00:59:23 puisqu'énormément de produits psychotropes sont prescrits à nos jeunes.
00:59:30 Par conséquent, il est important de s'intéresser aux prescripteurs.
00:59:35 Et il ne vous aura pas échappé que les prescripteurs sont des médecins précisément.
00:59:41 Et vous aurez bien noté que les médecins ne sont pas des psychologues.
00:59:45 On peut rappeler qu'il faut 8 ans de médecine pour être docteur en médecine,
00:59:49 il faut 8 ans de psychologie pour être docteur en psychologie,
00:59:53 et il n'y a quasiment aucun point commun.
00:59:57 C'est-à-dire que ce sont deux métiers très différents, complémentaires et différents.
01:00:02 Et c'est un fait qu'en France, les psychologues, fustiles docteurs en psychologie,
01:00:08 n'ont pas le droit ni de prescrire, ni même de discuter une prescription,
01:00:13 ce qui n'est pas le cas par exemple aux États-Unis,
01:00:15 où les psychologues sont en capacité précisément de discuter, d'ajuster les prescriptions.
01:00:21 Et là il y a un vrai souci de formation des prescripteurs,
01:00:25 puisque les médecins ne sont pas psychologues, ils ne peuvent pas tout connaître.
01:00:29 Il y a cette tendance à prescrire à outrance, à apporter une solution médicamenteuse
01:00:34 à un problème qui n'est pas un problème qui se résout par des médicaments dans bien des cas.
01:00:40 Alors si vous le permettez, je souhaite vous répondre quand même Ludovic Thoreau.
01:00:43 C'est bon monsieur le psychologue, donnez des leçons aux médecins qui sont psychologues.
01:00:46 Ça fait 32 ans que je fais de la médecine générale,
01:00:48 et sachez que les consultations de médecine générale, à 50% c'est de la psychologie.
01:00:51 Il faut travailler ensemble et pas les uns contre les autres.
01:00:53 Quand les médecins mettent, d'abord c'est plus souvent des psychiatres qui mettent ça,
01:00:56 en première intention dans les hôpitaux, en sortant des urgences,
01:00:59 mais opposez-vous qu'ils seraient très brillants en psychologie et pas les médecins généralistes,
01:01:03 je regrette, c'est ce qu'on fait principalement dans nos consultations et tous les jours.
01:01:06 Pas de leçons s'il vous plaît monsieur le psychologue, aux médecins d'accord ?
01:01:09 Ce ne sont pas eux les coupables.
01:01:11 Alors allez-y, répondez.
01:01:13 Il n'est pas question de désigner des coupables.
01:01:16 Alors les nommez pas.
01:01:18 Il est question de trouver des solutions.
01:01:20 Écoutez, il y a un principe de réalité.
01:01:23 C'est un constat, c'est la une du parisien aujourd'hui en France.
01:01:27 Aujourd'hui, il y a une surprescription de ces médicaments.
01:01:31 Et clairement, il y a un vrai souci de formation des médecins à la psychologie et à toute cette pharmacologie.
01:01:38 Eh bien vous allez prendre tous les médecins et leur faire la formation monsieur le psychologue.
01:01:41 Mais ce serait…
01:01:42 Attendez, il n'y a pas de leçons sur la psychologie des médecins généralistes.
01:01:45 C'est notre travail au quotidien.
01:01:46 Vous ne comprenez pas mon propos.
01:01:49 Je comprends très bien cher monsieur.
01:01:50 Comme quoi nous ne sommes pas aptes, nous les médecins généralistes, à faire de la psychologie.
01:01:54 S'il vous plaît.
01:01:55 Le problème aujourd'hui, c'est quand vous avez autant de suicides, ça veut dire que vous êtes en échec aussi.
01:01:59 Excusez-moi, devant un suicide, vous faites quoi ?
01:02:01 Vous faites six ans de psychologie ?
01:02:03 Peut-être que vous essayez de faire de la psychologie.
01:02:05 Manifestement, vos confrères n'y parviennent pas ou alors ils y parviennent très mal.
01:02:11 Parce que vous y parvenez vous ?
01:02:13 C'est-à-dire que les psychologues font de l'envie au mieux et ce sont aujourd'hui…
01:02:16 Eh bien nous on fait pour le mieux aussi monsieur.
01:02:18 On travaille ensemble et pas les uns contre les autres.
01:02:20 Ce qu'il vous disait au départ, c'est qu'il n'y avait pas assez de psychologues.
01:02:24 Je m'étonne de votre ton très agressif.
01:02:26 Vous connaissez quand même la situation de la santé publique en France.
01:02:29 Il ne vous aura pas échappé que les psychologues ne sont pas pris en charge par l'assurance maladie aujourd'hui.
01:02:35 Le reportage très bien fait a parlé des CNPP, ces centres médicaux, psychopédagogiques.
01:02:42 Pourquoi sont-ils importants ?
01:02:44 Parce que c'est précisément l'argent collectif qui permet de payer les psychologues.
01:02:49 Et ils sont débordés, il faut des mois d'attente.
01:02:51 Et quand une personne veut s'adresser à un psychologue qui exerce de façon indépendante,
01:02:56 elle doit payer le prix fort.
01:02:58 L'assurance maladie ne vient pas rembourser une partie de ses actes.
01:03:02 Ce qui n'est pas le cas pour la médecine, puisqu'il y a une médecine libérale en France
01:03:06 qui accueille effectivement le grand public en n'ayant pas toujours, je le maintiens,
01:03:12 la formation adéquate, parce que psychologue c'est un métier.
01:03:15 8 ans pour être docteur en médecine, 8 ans pour être docteur en psychologie.
01:03:19 On ne fait pas la même chose.
01:03:20 Juste, on va étendre le débat à nos deux autres invités, en l'occurrence Raphaël Stainville et Karim Zeribi, pour un commentaire.
01:03:25 Au-delà de l'augmentation de la consommation de psychotropes chez les plus jeunes,
01:03:31 dont on peut discuter si c'est bien ou si c'est mal,
01:03:33 mais est-ce qu'il ne faudrait pas d'abord s'interroger sur les raisons qui ont conduit à cette augmentation ?
01:03:42 C'est-à-dire qu'au-delà du problème de santé publique, qui est crucial, il y a aussi tout un contexte.
01:03:48 Cette étude, c'est 2014-2021. En 2015, on a eu des attentats.
01:03:53 Après, il y a eu le Covid. Après, il y a eu tout ce mouvement avec cette éco-anxiété.
01:03:59 Honnêtement, vous mettez ça en regard avec l'espèce de solitude de la jeunesse,
01:04:05 qui aujourd'hui vit en miroir avec les réseaux sociaux, mais ont des liens de plus en plus distendus avec la réalité telle qu'elle existe,
01:04:16 ayant des échanges de plus en plus rares avec des amis, mais s'isolant sur leur téléphone, dialoguant par écran interposé.
01:04:25 Je pense que c'est l'une des raisons qui expliquent aujourd'hui ce mal-être de la jeunesse.
01:04:28 On peut s'interroger et discuter de l'augmentation des psychotropes, mais il y a d'abord, au départ,
01:04:34 un certain nombre de raisons structurelles qui expliquent ce mal-être des jeunes,
01:04:39 et bien davantage que la pression scolaire qui, croyez-moi, aujourd'hui...
01:04:44 On en reviendra de ce monde ou de cette virtualité qu'on a voulu absolument créer.
01:04:49 Un jour, ça va s'assainir, ou on est parti pour vivre comme ça avec des gens qui ont le cerveau un peu détraqué à un jeune âge.
01:04:57 - Justement, Néli, je pense que vous posez quand même une des bonnes questions que l'on doit se poser,
01:05:02 et dans la continuité de ce que dit Raphaël, plutôt que d'avoir un débat d'opposition sur la manière de guérir,
01:05:09 je pense qu'il faut que nous interrogions sur la manière de prévenir ces phénomènes-là.
01:05:13 Et d'ailleurs, c'est un peu le problème de la santé publique en France.
01:05:17 On ne prévient que très rarement. On est là pour guérir.
01:05:21 Et quand on regarde l'Europe du Nord, par exemple, ils ont une approche qui est celle de la prévention des maladies.
01:05:27 Ensuite, qu'on ait les moyens de guérir, évidemment, plus de psychologues, c'est souhaitable.
01:05:32 Il n'y en a pas assez dans les écoles, il n'y en a pas assez à l'écoute des jeunes,
01:05:35 et ça permettrait aux médecins généralistes d'avoir un collègue en plus pour gérer ce mal-être de la jeunesse.
01:05:42 Mais en amont, est-ce que les jeunes font assez de sport ?
01:05:45 Est-ce qu'ils ne reproduisent pas les mécanismes de leurs parents par mimétisme,
01:05:48 et qu'ils prennent aussi beaucoup d'anthiolytiques, d'antidépresseurs ?
01:05:51 Quand les parents fument, les jeunes ont tendance à fumer.
01:05:55 Quand les parents prennent des antidépresseurs, peut-être que pour se calmer, ils en prennent.
01:05:58 Je pense qu'il faut qu'on se pose des questions qui soient aussi dans le domaine de la prévention.
01:06:01 On ne se les pose jamais, ces questions-là.
01:06:03 Jean, une petite réaction, s'il vous plaît, assez rapidement, puisqu'on arrive à la fin de l'émission, à ce que vous venez d'entendre.
01:06:08 Bien sûr que la recherche des causes, elle est importante.
01:06:12 Maintenant, je vais citer un grand médecin, pour le coup, M. Claude Bernard,
01:06:17 qui avait expliqué que la fonction crée l'organe.
01:06:19 Et c'est un fait qu'en santé mentale, ça ne fait pas exception au reste,
01:06:24 il y a des médicaments qui créent, tout compte fait, la demande.
01:06:28 Et il y a un vrai souci, je le maintiens, de prescription.
01:06:32 Les médecins ne sont pas suffisamment bien formés à la question de la santé mentale.
01:06:37 On l'a vu pendant la pandémie.
01:06:38 C'est un fait que le médecin, aujourd'hui, il est, je dirais vraiment, en première ligne,
01:06:43 puisque c'est le seul professionnel de santé à être pris en charge d'assurance maladie,
01:06:47 ce n'est pas le cas des psychologues, et donc, il fait ce qu'il peut avec ce qu'il a.
01:06:51 Il y a ce forcing des laboratoires qui créent des nouvelles molécules à outre-ombre.
01:06:56 Merci beaucoup.
01:06:57 Merci Jean Dorido.
01:06:58 Un dernier mot, vraiment, en guise de conclusion, s'il vous plaît, Ludovic.
01:07:01 Je peux vous dire que ce n'est pas les médecins généralistes qui émettent des médicaments comme ça pour les enfants.
01:07:05 Ce sont toujours le pédopsy ou les services d'urgence.
01:07:07 Première chose, d'accord ?
01:07:08 Deuxième chose, voilà, soi-disant, les médecins généralistes,
01:07:11 on fait tous de la psychologie, à tous les niveaux,
01:07:13 et c'est tous ensemble et pas en s'opposant comme ça qu'on pourrait arriver à faire des choses.
01:07:16 Maintenant, la problématique, je vous le dis encore, c'est que tout simplement…
01:07:19 On a vu le petit Lucas qui s'est tué il n'y a pas très longtemps,
01:07:21 qui était tout jeune, qui s'est suicidé à cause de son homosexualité.
01:07:23 Il n'y a pas de prise en charge dans ce pays des enfants en souffrance.
01:07:26 Si vous ne prenez pas la pathologie au début, elle finira par un extrême.
01:07:30 L'extrême, c'est les tentatives de suicide, et ça, on ne peut pas les nier.
01:07:32 L'augmentation des tentatives de suicide des enfants dans toutes les urgences.
01:07:35 C'est tout.
01:07:36 Il va falloir qu'on revoie aussi beaucoup de fonds en comble notre politique de santé publique,
01:07:41 et sur le plan sociétal également.
01:07:42 Merci à tous les trois d'avoir participé à cette émission, dans un instant bien sûr.
01:07:46 Bien sûr, Laurence Ferrari pour Punchline, je vous retrouve demain, même endroit,
01:07:50 90 minutes info. Merci messieurs, bonne soirée.
01:07:52 ♪ ♪ ♪
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