00:00 Selon un rapport Oxfam paru aujourd'hui sur les inégalités de genre dans le milieu
00:07 agricole, les femmes y sont sous-représentées et désavantagées.
00:11 Seulement 29% d'agricultrices pour 29% de salaires en moins, soit un quart de plus que
00:16 la moyenne des écarts de salaire en France.
00:18 Alors aujourd'hui, l'humanité est partie à la rencontre d'Isult, agricultrice, en
00:22 Île-de-France.
00:30 Ça fait 6 ans que j'ai changé de métier.
00:35 Avant, j'étais sage-femme à l'hôpital public.
00:38 Je cherchais un autre métier qui fasse sens pour moi.
00:41 Et d'un point de vue personnel, je commençais à m'intéresser au réchauffement climatique,
00:45 à me rendre compte en fait de tous les liens de l'alimentation, dans beaucoup de problèmes
00:51 de société.
00:52 Mais à ma petite échelle, je ne pourrais pas non plus dire que j'ai été discriminée
00:57 à des moments où vraiment le fait d'être une femme, ça m'a pesée.
01:02 Quand je suis arrivée ici en stage, c'était une de mes premières expériences en maraîchage.
01:25 Ma première idée, c'était de me dire je vais tester parce que j'ai l'impression que
01:32 c'est un métier qui pourrait me plaire, mais par contre, je suis sûre que je n'y
01:36 arriverai jamais parce que je suis une femme et parce que je suis petite en plus.
01:39 Et là, en fait, j'ai l'impression que ce n'est pas le facteur vraiment limitant.
01:43 Il y a une différence de force physique sûrement avec un homme ou quelqu'un de plus grand,
01:49 mais je ne pense pas que ce soit le plus limitant en fait.
01:53 Je sais qu'ici, Iseult et Boris qui sont associés, ils se tirent le même salaire.
01:57 Pour les salariés ici, il n'y a pas du tout de différence.
02:00 Toujours selon le rapport Oxfam intitulé "Les inégalités sont dans le pré", les
02:05 femmes sont surreprésentées dans les pratiques agricoles durables, élevage extensif, circuit
02:09 court ou comme ici, le bio.
02:11 Aujourd'hui, dans le bio, il y a du bio, un peu ce qu'on appelle industriel et du
02:14 bio quand même plus à taille humaine.
02:17 Et je pense que c'est pour ça qu'il y a plus de femmes dans le bio que dans le reste
02:21 de l'agriculture, ce qui est l'agriculture conventionnelle, parce qu'il y a quand même
02:25 pas mal de ce qu'on appelle le care, prendre soin des légumes, passer beaucoup de temps
02:29 à faire des tâches de care.
02:31 Et c'est vrai que même dans les fermes où il y a beaucoup d'hommes, il y a certaines
02:36 tâches qui sont toujours réservées aux femmes et on n'en sort pas forcément avec
02:40 l'agriculture biologique.
02:41 On est plus sur des petites surfaces, moins de mécanisation, plus de temps passé à
02:47 s'occuper des légumes.
02:48 Je pense que c'est pour ça qu'il y a beaucoup de femmes et beaucoup de ventes directes aussi,
02:51 de liens avec le consommateur.
02:53 On nourrit des gens, ces gens nous parlent, c'est très concret.
02:56 Malgré tous les stéréotypes qui existent, tout ce qu'on a mis dans notre tête, quand
03:01 on est une femme, on s'identifie bien à l'agriculture biologique.
03:03 Il y a quelque chose quand même dans ce métier qui est prendre soin.
03:06 Et prendre soin, pour moi, ça devrait être l'affaire de tous.
03:09 Or dans notre société, c'est plus l'affaire des femmes.
03:11 Aussi bien mon associé et moi, si on travaille bien ensemble, c'est qu'on a ce côté,
03:18 on veut que les légumes soient beaux, on veut que la terre soit belle, on veut en prendre
03:22 soin.
03:23 C'est vraiment, je pense, une manière de penser qui devrait se répandre, prendre
03:26 soin de ce qu'on a, comme prendre soin de la planète.
03:28 Nous, ce qui nous motive ici, c'est entre autres être aussi sûr des rapports humains
03:49 qui soient justes.
03:50 Encore une fois, que ce soit sur la question du genre ou toute autre question.
03:56 On essaie de mettre en place des rapports entre personnes qui ne soient pas basés sur
04:02 la domination, mais qui soient basés sur l'échange.
04:04 C'est ce qu'on essaie de mettre en place ici.
04:06 Je pense qu'effectivement, plus ce sera vrai partout, mieux ce sera.
04:10 Dans l'exploitation, Diesel et Boris, pas de place pour les stéréotypes de genre.
04:14 Ici, les valeurs d'égalité, d'échange et de partage, ainsi qu'une même vision
04:17 de l'alimentation et de l'écologie sont les seuls critères déterminants pour le
04:21 recrutement de nouveaux collaborateurs.
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