00:00 Nicolas, on a décidé ce matin de parler de salariés actionnaires heureux. Un peu plus d'un millier de salariés de La Redoute vont recevoir 100 000 euros en moyenne chacun
00:10 pour une mise de départ infime. Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:13 Ils sont devenus actionnaires au très mauvais moment quand La Redoute allait très très très bas en 2014.
00:18 Et puis ils étaient toujours actionnaires quand La Redoute a été rachetée beaucoup plus cher par Galerie Lafayette. Ça s'est terminé en 2022.
00:25 Ils sont 1500 actionnaires de celui commerçant célèbre de Roubaix qui était là à la cave et qui sont maintenant là au sommet.
00:34 Attention, c'est une histoire exceptionnelle, un cas très unique. Ce n'est pas la vie courante de tous les actionnaires salariés de France. C'est très spécial.
00:42 Comment en est-on arrivé à La Redoute ? Un tel jackpot ?
00:44 2014, ça va super mal. Kering, qui autrefois s'appelait PPR, Pino Printemps Redoute, cède La Redoute à ses deux dirigeants pour un euro symbolique.
00:54 Les deux dirigeants veulent remonter l'affaire. Il faut avoir des sous, donc il faut recapitaliser.
00:59 Il y a 1500 salariés qui y croient et qui décident de mettre de l'argent de leur poche en prenant du capital du nouveau à La Redoute.
01:05 D'ailleurs, l'argument est tel qu'à l'époque, la direction dit « vous prenez 160 euros maximum par tête, pas plus ».
01:11 Neuf ans plus tard, virage stratégique vers le numérique. On arrête un peu la mode. On fait surtout des produits de la maison.
01:16 Et puis il y a un rachat par Galerie Lafayette 2018. Galerie Lafayette prend 51 % et puis il monte à 100 % au mois de décembre.
01:23 Et vous avez ces 1500 personnes qui étaient bel et bien là avec leur 100 à 160 euros de mise de départ,
01:28 qui compte tenu de la valorisation du milliard d'euros fait que ça vaut 100 000 euros en moyenne par salarié aujourd'hui.
01:34 Voilà le bon financier. C'est là où c'est assez exceptionnel quand même, vous en conviendrez.
01:38 Ce qui est important, c'est que la structure qui a géré leurs actions a obéi à des règles pour récupérer l'argent.
01:45 C'est-à-dire qu'ils ne vont pas avoir tout de suite 100 000 euros en billets, cash.
01:48 Toujours comme ça quand vous avez des organismes, en l'occurrence un FCPE, un fonds commun de placement d'entreprise.
01:55 Il y a des règles à respecter. Généralement, c'est au moment de la retraite qu'on récupère son argent.
01:59 C'est bloqué 5 ans comme toujours. Et si on veut débloquer son argent avant, ça obéit aux règles assez classiques qui sont inscrites dans les plans d'épargne d'entreprise.
02:09 Ce qu'il faut dire, c'est que ça arrive vraiment rarement.
02:11 C'est quand même très rare. Mais attention, l'actionnaire salarié, c'est un vrai outil de partage de la valeur qui est trop peu développé en France.
02:18 Les salariés des grandes entreprises françaises le savent très bien.
02:21 Les premiers actionnaires de Total sont les salariés avec un peu plus de 7%.
02:25 Les premiers actionnaires de Veolia sont les salariés avec 6,5%.
02:28 C'est la même chose chez Renault ou encore la même chose chez Airbus ou Société Générale.
02:33 Vous avez 600 000 Français aujourd'hui qui sont actionnaires.
02:36 Une entreprise sans 5 de plus de 1000 personnes pratique ce mode de partage de la valeur.
02:41 C'est bien, c'est la moyenne européenne.
02:43 Mais c'est très insuffisant et il faut absolument que ça infuse dans des entreprises de plus petite taille.
02:48 Merci Nicolas.
Commentaires