réalisé par Denise Tardif
2010
48'
L’historiographie retient habituellement d’octobre 1970 les évènements dramatiques autour de l’occupation militaire du Québec et des enlèvements organisés par le Front de libération du Québec (FLQ). Mais au-delà de cette confrontation peu banale, il y a un contexte qu’il importe de mieux comprendre. Plus encore, cette période qui commence au tournant des années 1960 et qui s’échelonne jusque dans les années 1970 est un moment dans un cycle de luttes dont l’impact marque profondément le mouvement populaire. Aujourd’hui, les luttes actuelles ont certes un autre « langage » et une autre identité. La période de 1970 peut apparaître comme totalement révolue, où rien de ce qui se fait aujourd’hui n’a un rapport quelconque avec les mouvements de l’époque. Mais globalement, nous pensons que cette vision est erronée. Le mouvement social contemporain n’est pas né sur une « page blanche ». En fait aucun mouvement ne part « à zéro ». Le passé forme comme des sédiments, des fondements sur lesquels s’édifie le présent.
On comprend alors l’importance de revenir sur les acquis, mais aussi les limites, les contradictions, voire les erreurs des mouvements anti systémiques antérieurs. Or il faut le faire sans nostalgie ni cynisme, ce qui exige un effort. Ce « devoir d’histoire » est celui de ceux et celles qui veulent comprendre, mais aussi et surtout qui veulent reprendre ce qu’on disait à l’époque, « ce n’est qu’un début, continuons le combat » ! Notre projet est donc de susciter une discussion politique, déjà amorcé ailleurs, sur ce moment important des luttes et des résistances, de permettre à la génération qui y était présente, et aussi aux jeunes, de mieux comprendre et de questionner ce qui s’est passé à l’époque. Ce travail de « mémoire » n’est pas surtout « historien » (ou académique), mais lié aux questions actuelles, aux problématiques actuelles, aux débats actuels.