"...Thalès, si l’on en croit Diogène Laërce, se félicitait d’être né homme et non pas bête sauvage, mâle et non pas femelle, grec et non pas barbare… Il y a quelque chose d’insaisissable dans ce mode de manifestation de la virilité qui pousse un certain nombre d’hommes à tuer les animaux tout en prétendant être les seuls à vraiment les connaître et les aimer… Non, aimer et respecter les animaux ne conduit pas inéluctablement à la misanthropie, au racisme et à la barbarie. Oui, les pratiques d’élevage et de mise à mort industrielles des bêtes peuvent rappeler les camps de concentration et même d’extermination… On peut se demander en effet si le champ de la philosophie occidentale-chrétienne ne se constitue pas, à travers son histoire et toujours encore, d’exclure toute remémoration des bêtes."