Mamfoumbi Chyc Polhit

On me considère souvent comme un butineur, gourmand de savoirs diverses et de connaissances transversales. Excessif parfois, je bouscule les frontières entre les savoirs compartimentés, pour les mêler dans une éclaboussure de sciences littéraires. L'exercice n’est pas que jouissif, il est aussi très fécond... <br /><br />Je suis âgé de 28 ans et j’ai grandi à Moanda, une petite ville <br />minière au sud du Gabon dans la région du Haut Ogooué. Mon <br />père et de l’ethnie punu tandis que ma mère est Nzabi du clan <br />des Kotas. Fait étrange dans un mariage de deux ethnies <br />matriarcales, j’ai gardé le nom d’un de mes aïeul paternel : <br />MAMFOUMBI, ce qui signifie en langue punu : le corps que l’on <br />pleure. C’est une définition très élogieuse car en effet, dans la <br />plupart des rituels animistes du Gabon, la mort et le mort occupent <br />une place centrale. L’allégeance aux ancêtres constitue pour la <br />quasi-totalité des tribus, depuis toujours le fondement même du <br />dogme cathartique. <br /><br />Les récits oraux, les contes et les paroles de sagesse de ces <br />« mamfoumbis » - ancêtres – sont parvenus jusqu’à moi intacts <br />et chargés de leur poids symbolique. Mon identité est donc <br />intimement liée à cette fonction de conteur qui consiste à <br />prolonger l’existence de ces morts dans nos vies bien artificielles.