La présence de la République populaire de Chine en Afrique, est actuellement dénoncée comme inquiétante par les nations occidentales. Pourtant, selon François Lafargue, ce discours alarmiste est à nuancer. Si la présence de la RPC en Afrique est indéniable, les intérêts chinois demeurent encore très limités par rapport à ceux des États-Unis ou des Européens.
Une carte et onze graphiques inédits.
DES les années 1950, au moment de la conférence de Bandoeng, la Chine a manifesté un réel intérêt pour l’Afrique. Les motivations de la République populaire de Chine (RPC) sont alors essentiellement idéologiques et politiques. La Chine apporte son aide à plusieurs mouvements anticolonialistes comme en Algérie, en Angola ou en Rhodésie du Sud [1]. L’Afrique est aussi un terrain d’affrontement contre l’Union soviétique et les États-Unis. Ce soutien au continent noir permettra à Pékin en 1971, de récupérer le siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, jusque là occupé par le représentant de l’île de Taiwan. Mais après la mort de Mao Zedong, la présence de la RPC en Afrique devient plus discrète et limitée à certains États comme le Bénin, le Cameroun ou le Togo.
La Chine n’a jamais réellement quitté l’Afrique, mais depuis quelques années, son intérêt pour ce continent est plus marqué comme en témoignent les visites successives du président Hu Jintao et la mise en place d’un Forum bilatéral de discussion sino-africain (FOCSA), dont la quatrième session se tiendra au Caire en 2009. Désormais la Chine est le troisième partenaire commercial de l’Afrique après les États-Unis et l’Union européenne. La position de Pékin est encore plus avantageuse, en considérant séparément chaque pays de l’Union européenne. La Chine se classe alors au 2e rang des partenaires commerciaux de l’Afrique, après les États-Unis mais devant la France. Maintenant, il est certain que la Chine deviendra très prochainement, peut-être dès 2009, le premier partenaire commercial de l’Afrique.
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