00:02Il est au-dessus de la norme, évidemment, tactiquement aussi, mais ce n'est pas ça qui, à mon avis,
00:10le définit le plus.
00:11Ça pouvait servir quand il était peut-être un peu plus frêle, un peu plus jeune dans les années junior.
00:15Maintenant, c'est d'autres qualités qui font qu'il peut rivaliser contre les meilleurs.
00:20Et c'est quoi, alors ?
00:21Notamment son travail physique, qui fait auprès, je l'ai cité, de Roberto Vavasori et Laurent Lafitte,
00:28qui sont les préparateurs physiques de la Fédération Française de Tennis.
00:30Donc, Lucas travaille avec depuis maintenant longtemps et ça porte ses fruits maintenant.
00:36Allez-y, les gars.
00:37Surpris de le voir arriver à ce niveau en quart de finale au Master Meal ?
00:42Non, il y a beaucoup d'autres joueurs du même niveau qui ont déjà fait des quart de finale au
00:45Master Meal, donc pas surpris.
00:47Après, ce n'est pas forcément ses meilleurs matchs de l'année cette semaine, mais on est en fin de
00:51saison.
00:52Tous les joueurs sont bons à battre cette semaine, donc c'est bien qu'ils puissent aller au bout et
00:56faire son meilleur parcours à Paris.
00:58Sur sa difficulté, en fin de match, il a eu un peu le prix sur son service à 4-4.
01:03Il revient, on dirait qu'il a l'expérience.
01:06Alors, je n'ai pas une analyse aussi fine, je suis désolé.
01:09Non, non, mais il est sur l'énergie à la fin.
01:10De toute façon, les deux, là, je ne sais pas combien de temps a duré le match, mais le premier
01:14set a été vraiment un gros combat.
01:15Un gros, gros combat physique.
01:17Lucas a un tout petit peu lâché au deuxième, justement, sur ce domaine-là.
01:20Et grâce au public, grâce à l'engouement général, il y a eu une arrivée, je crois, des supporters à
01:25un moment donné qui ont aussi changé un peu la physionomie.
01:28Et il avait quelques pourcents en plus que son adversaire sur la fin, ce qui l'a permis de se
01:32sauver et d'être vainqueur de ce match.
01:34Tu l'as pris en février, si je ne dis pas de bêtises, enfin, début d'année ?
01:38Non, sur la prépa hivernale l'année dernière, en décembre, oui.
01:41C'était quoi son approche ? Il avait besoin de quoi ? Quel a été son discours ?
01:45Il avait besoin de retrouver du plaisir sur le terrain, il avait besoin de retrouver du plaisir dans le travail,
01:51il avait besoin d'être épanoui dans ce qu'il faisait.
01:55C'est un gros bosseur et en étant épanoui, il bosse encore plus, encore mieux.
02:00Et donc, la clé, elle est là. Il bossait bien avant, avec Yannick Carey notamment, il était 60e mondial très
02:07jeune.
02:07Mais il avait perdu un tout petit peu ce plaisir de la découverte des premiers tournois, des premiers mois.
02:14Et c'est dur pour le joueur de tennis, qui est une espèce de routine.
02:17Et quand on se met, il a expliqué d'ailleurs dans des interviews, quand on se met un peu moins
02:21gagné, on peut prendre un coup derrière la tête, ce qui lui était un petit peu arrivé.
02:26Et donc voilà, petit à petit, du plaisir à l'entraînement, du plaisir tous les jours, du plaisir en match.
02:30Et puis, les victoires aidant, on se retrouve là aujourd'hui.
02:33Qu'est-ce qu'a été le déclic ? Qu'est-ce qu'il a été déclencheur de son retour
02:38de la confiance ?
02:39À quel moment il a senti qu'il pouvait le retrouver ?
02:42Petit à petit, tout au long de la saison, il a gagné beaucoup de matchs dès le début de saison.
02:46Il a bien joué en Australie.
02:47Il faut le rappeler, il perd sur Jodar au qualif de l'Open d'Australie.
02:50Il s'est passé un peu sous les radars.
02:51Mais c'était un énorme match.
02:53Je invite tout le monde à regarder ce match.
02:55C'était vraiment déjà bien.
02:57Et derrière, tout de suite, il gagne les Challenger 125, il bat des bons joueurs.
03:00Et voilà, après, ça permet de travailler plus sereinement et de modifier petit à petit tout un tas de choses,
03:05tout un tas de détails qui peuvent faire des différences.
03:06Maintenant là, il est en quart de finale.
03:08Il n'est pas non plus vainqueur de Master 1000.
03:10On est encore très très loin des meilleurs.
03:13Et il faut qu'on suive juste de travailler.
03:14Est-ce que tu peux nous parler de l'évolution de son jeu ?
03:17Il y a toujours cette image du joueur défensif solide.
03:20Mais quand on le voit servir, quand même, ça sert à 2-15 maintenant.
03:23Je suis content que ça soit souligné.
03:25Parce qu'évidemment, on a cette image-là un peu trompeuse du joueur un peu frêle
03:30qui va être 8 mètres derrière sa ligne et qui use ses adversaires jusqu'au bout.
03:34Alors qu'en fait, aujourd'hui, c'était un petit peu moins bien.
03:37Mais par exemple, hier, il servait à 218-219 très très régulièrement.
03:41On l'a vu au premier set.
03:42Il prenait de vitesse avec son coup droit son adversaire en s'engageant.
03:46Et il a une qualité de puissance qui fait qu'il peut rivaliser avec les meilleurs.
03:49Il ne l'exploitait peut-être pas assez.
03:52Mais je pense que cette qualité est vraiment très au-dessus de la moyenne chez lui.
03:56Donc, pour prolonger cette question sur le service, vous avez vraiment mis l'accent là-dessus ?
04:01Parce qu'il n'est pas immense, il n'est pas très puissant, très costeux non plus en apparence.
04:04Et ça va à 200-10 minutes.
04:06Le tennis de haut niveau nécessite de progresser tous les jours.
04:10Tout le monde travaille beaucoup.
04:11Et donc, on travaille tout, tout le temps, en fait.
04:13Le service y compris.
04:14Il y avait différents axes de travail quand on a commencé il y a un an.
04:18Le service en faisait partie.
04:20Ça a pris du temps.
04:20Ça ne s'est pas fait du jour au lendemain.
04:23Mais ça fait partie des axes de travail.
04:25Après, on bosse tout, tout le temps.
04:27Donc, voilà, le service y compris.
04:29Il est de la génération des 4 demi-finalistes de Roland, de junior.
04:34Arthur Fiss est là loco aujourd'hui.
04:36À un moment donné, Giovanni joue aussi très très bien quand il est avec Manu Plante notamment.
04:40Est-ce que...
04:40J'ai anticipé la question.
04:41Le tennis français va très très bien.
04:43Il y a une génération monstrueuse.
04:44Ce n'est pas ma question.
04:45Mais ce n'est pas vrai, je veux le dire.
04:46Donc, je le dis.
04:47Et il y a tout un tas de joueurs qui sont très très forts.
04:49On ne se rend pas compte de tous les joueurs qui sont au top 100 là.
04:52Alors, oui, en quantité et aussi en qualité.
04:54Arthur Fiss est une locomotive extraordinaire.
04:57Ça se passe bien entre tous les gars.
04:58Ils se connaissent depuis toujours.
04:59Les résultats des uns, des autres.
05:01J'ai inclus aussi Valentin Vachereau qui n'est pas français.
05:03Mais quand on le voit à gagner un Master 1000, quand on le voit faire des résultats comme ça.
05:09Évidemment qu'il y a une dynamique qui est super forte et qui donne envie d'aller aussi haut.
05:13Alors, ma question c'était, chacun son rythme.
05:16Mais quand tu as une locomotive comme Arthur Fiss, est-ce que parfois aussi Lucas est un petit peu en
05:21souffrance de voir que ça ne passe pas forcément aussi.
05:22Non, pas du tout.
05:23Les joueurs font leur chemin, leur parcours, leur carrière.
05:26Et ils ne se comparent pas aux autres.
05:28Jamais.
05:28Ça ne sert à rien de se comparer aux autres.
05:30Le tennis est un sport individuel où tous les joueurs sont tellement complètement différents.
05:34Et d'ailleurs, ils ont des formations tous complètement différentes.
05:37Qu'à un moment donné, il n'y a pas de point de comparaison.
05:39Les comparaisons sont bons pour les journalistes, les personnes extérieures.
05:43Mais pas pour nous au quotidien.
05:45Donc non, non, pas du tout.
05:46Et même s'il sert à 2-15 aujourd'hui, ça reste quand même un joueur qui a besoin de
05:49travailler la balle, qui n'a pas non plus énormément de points gratuits dans son match.
05:53Ça dépend.
05:54Ça en change de mesure aussi, même psychologique et physique, qui est différente.
05:58Et donc ça change ton plan de vie ?
06:00Non, non, non, pas du tout.
06:02Des points gratuits, il en a, plus qu'on ne pense.
06:05Par contre, il ne lâche pas.
06:07Donc très souvent, il les échange un peu long.
06:08Mais si on regarde, il y a aussi beaucoup de points gratuits finalement.
06:11Ça dépend des adversaires, ça dépend du style de jeu.
06:13Mais c'est pour ça qu'il a remporté beaucoup de matchs sur Durinder aussi cette année.
06:17Et finalement, en étant plus offensif que ses adversaires.
06:20Donc non par rapport à ça.
06:22Et non, encore une fois, il suit son parcours, son chemin.
06:27Il est où il doit être.
06:28Chacun son histoire.
06:30Là, il est autour de la 40e place mondiale, quelque chose comme ça.
06:34Voilà, il n'a pas 35 ans.
06:36Et quand bien même il aurait 35 ans, que ce ne serait pas un problème.
06:38C'est tellement difficile d'être 40e mondiale au tennis.
06:41On ne s'en rend pas compte.
06:43Mais oui, on espère des vainqueurs de grands chelèmes.
06:45Mais déjà, être 40e mondiale dans un sport comme le tennis, il faut se rendre compte de la difficulté.
06:50Et il y a beaucoup de pays qui nous envient d'avoir des joueurs de ce niveau-là par poignet.
06:55Et c'est vraiment important de le rappeler.
06:58Est-ce qu'à défaut d'être en souffrance face au parcours de physique, est-ce qu'il est inspiré
07:02?
07:02Parce que les quatre mousquetaires, comme on disait, nous disaient que c'était très important pour eux.
07:05Complètement.
07:06C'est ce que je disais tout à l'heure.
07:07C'est la dynamique des uns entraîne les autres, évidemment.
07:11Et d'ailleurs, on parle de ça.
07:14Mais au tout début, c'est Luca qui a été le premier dans le top 100.
07:17C'est Luca qui a fait les premiers gros résultats.
07:19Et donc, les autres ont suivi, ont fait mieux.
07:23Mais ça a toujours marché comme ça.
07:24Et je pense que c'est ce qu'on avait quand on avait Gasquet et son gars, mon fils Simon.
07:29Et là, j'espère qu'on va retrouver ça.
07:30En tout cas, c'est bien parti.
07:31Quand on regarde où sont placés les joueurs français, on est plutôt pas mal.
07:36De fait, c'est en train de se rendre ensemble ?
07:38Non, pas spécifiquement.
07:42Après, les joueurs, toutes les semaines, jouent avec tous les joueurs.
07:44C'est spécifique au circuit masculin.
07:46Mais il n'y a pas de choses particulières.
07:48On tape avec tout le monde, sans problématiques particulières.
07:52Comment on prépare le prochain match qui, sur le papier, est à sa portée ?
07:55Mais il peut être un match piège, forcément.
07:57Alors déjà, je vais arrêter de répondre à vos questions pour pouvoir aller travailler et préparer le match.
08:01Et il n'y a pas de joueur à sa portée.
08:03En fait, tous les joueurs sont à sa portée.
08:04Il n'y a pas de joueur plus facile qu'un autre.
08:06Demandez-le à Djokovic.
08:07Je pense qu'il pourra vous dire que finalement, ce n'était pas forcément un bon tirage d'avoir NJ
08:12Kata.
08:12Donc, on va faire comme les autres matchs.
08:14Luca va faire sa récup, la presse.
08:17Et moi, je vais aller préparer, à base d'analyse vidéo,
08:21comment on va jouer à l'adversaire de demain,
08:23qu'il n'a jamais rencontré, je crois.
08:25Donc, voilà. Pas mal de travail en vue d'ici demain.