00:00Bon, je vais essayer de courir.
00:03C'est un modèle, ce garçon.
00:04Je te remercie.
00:06Je me réveille du coma et on me dit
00:07« Oui, on a dû vous amputer des deux jambes. »
00:09La première question que je demande, c'est
00:10« Est-ce que je vais pouvoir remarcher ? »
00:11J'ai travaillé dur pour pouvoir remarcher
00:13avec des genoux qui ne sont pas les miens.
00:16Désolé du terme, mais j'en ai chié.
00:17Il y a des jours où je vais tomber
00:19cinq, six fois.
00:20Je profite davantage plus maintenant qu'avant.
00:23Ces moments-là, tu vois,
00:24que tu privilégies avec tes enfants et madame,
00:27ça n'a pas de prix.
00:28Tous les jours, c'est deux entraînements.
00:29Vélo et musculation en même temps.
00:32Quand tu n'as plus de jambes,
00:33il faut trouver des solutions, tu vois.
00:34Donc, du coup, tu vas t'entraîner
00:36avec tes membres supérieurs
00:37plus que membres inférieurs.
00:39Des bras, ce n'est pas des jambes.
00:40Et avec des bras, tu atrophies beaucoup plus vite
00:44qu'avec des jambes, car c'est un petit muscle.
00:46Je suis amputé, mais il me reste encore
00:48du quadriceps et de l'ischio.
00:51Et c'est grâce à ça, en fait,
00:52que je peux marcher tous les jours.
00:54J'ai eu un germe.
00:55Ils ont dû me recouper plusieurs fois
00:57à six reprises.
00:58On est venu me voir en me disant
01:00qu'on sera peut-être devant le fait accompli
01:04de vous enlever les deux fémurs.
01:05Et là, je vous ai été homme tronc.
01:07Et moi, j'ai dit, faites le nécessaire,
01:09mais moi, je veux vivre.
01:10Et heureusement que j'avais ma femme
01:11qui était là, qui était assez lucide,
01:13et qu'elle a dit non, non, non.
01:14Essayer d'enlever un gros bout d'os
01:16pour essayer d'arrêter l'infection.
01:19Chose qu'ils ont faite.
01:20Sincèrement, c'est ma femme qui m'a sauvé.
01:24Je passe de 1m75 à moins de 1m, pratiquement.
01:29Très aller à 1m2, 1m3.
01:30Je ne sais plus trop, ça dépend du temps, ça aussi.
01:33L'accident que j'ai eu, ce qui s'est passé,
01:35moi, ce que je me rappelle, quoi,
01:37c'est que je me fais percuter.
01:39Quand je me réveille, je n'ai plus mes jambes.
01:40Le jour de mon accident, c'est un anesthésiste
01:43qui était sur les lieux à ce moment précis.
01:46On me dit que c'est lui qui me fait les garrots
01:48et qui me sauve la vie.
01:49Je pense que c'était mon destin.
01:52Alors, même à travers les vidéos, à travers tout ça,
01:53j'essaie de sourire, de montrer et tout.
01:55Mais attention, c'est très, très difficile.
01:57Je ne sais même pas si on peut dire accepté,
01:59parce que voilà, je sais que moi,
02:00mes jambes ne repousseront jamais, tu vois.
02:02Après, j'ai encore une sorte de non-acceptation.
02:04C'est que je n'arrive pas encore à aller à la plage comme ça.
02:06En France, la première fois où je vais
02:08à une dizaine de kilomètres,
02:09on m'a bloqué avec des petits sourires au cœur.
02:12Et ça m'a fait un blocage, mais un blocage de fou.
02:15Ça veut dire que ma femme, elle va avec les enfants,
02:17mais sans moi à la plage.
02:18Alors qu'avant, on avait beaucoup à la plage,
02:20beaucoup à la rivière.
02:20Ce retour à la réalité, c'est où je le vois aussi
02:23quand les personnes m'appellent.
02:24Et eux, ils me disent, mais comment tu fais ?
02:26Dis-moi comment tu fais ?
02:27Alors, j'essaie de donner un maximum,
02:29de transmettre un maximum.
02:30Parce que ça, voilà, je pense que c'est
02:32la plus belle chose que je peux faire, tu vois.
02:33Le défi, voilà, il a été posé.
02:35C'est Montpellier-Paris.
02:37Mon meilleur ami qui était avec moi,
02:39il m'a dit, vas-y, je suis prêt pour ce défi.
02:41C'est des proportions en moyenne de 80 kilomètres.
02:44Donc, entre 5 et 6 heures de pédalage à main,
02:47il y aura des followers à moi
02:48qui nous hébergeront
02:50et qui feront aussi une partie de chemin avec nous.
02:53Donc, je pense que ça va être énorme, tu vois.