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  • il y a 2 jours
À LA UNE /Budget 2027 : mission impossible ?

Le marathon budgétaire se poursuit à l'Assemblée nationale, sans perspective claire de compromis entre les différentes forces politiques. Alors que les députés examinent toujours le volet recettes du projet de loi de finances pour 2027, le vote est une nouvelle fois reporté. L'absence de majorité rend particulièrement incertaine l'adoption du texte, tandis que les désaccords se cristallisent autour des impôts et des économies à réaliser. En cas de rejet du volet recettes, le texte gouvernemental serait transmis au Sénat sans que les députés aient pu examiner les parties consacrées aux dépenses. Derrière ce bras de fer parlementaire, c'est la capacité du gouvernement à tenir ses engagements financiers, maîtriser le déficit et financer les politiques publiques qui est en jeu. Entre compromis impossible, risque de blocage institutionnel et concessions politiques, quelle marge de manoeuvre reste-t-il à l'exécutif ?

Invités :
- Benjamin Morel, constitutionnaliste, maître de conférences en droit public à l'université Panthéon-Assas,
- Stéphanie Dépierre, journaliste LCP,
- Stéphanie Villers, économiste chez PwC France.

Chroniqueurs :
- Nicolas Domenach, journaliste politique,
- Anna Cabana, journaliste.

LA QUESTION QUI FÂCHE / Faut-il interdire CNews ?

La pétition réclamant la suppression de CNEWS de l'audiovisuel français connait une progression spectaculaire et a désormais dépassé les 750 000 signatures sur le site de l'Assemblée nationale. Déposée en juin, elle a pris une ampleur nouvelle après l'attentat raciste de Trappes et de La Verrière, qui a fait un mort et sept blessés. La couverture médiatique de cet évènement a ravivé les accusations visant la chaîne du groupe Bolloré, régulièrement critiquée pour son traitement de l'immigration, de l'islam et des questions de sécurité. Ses détracteurs dénoncent une ligne éditoriale qui contribuerait, selon eux, à alimenter les tensions dans la société. Ses défenseurs, eux invoquent la liberté d'expression et le pluralisme des médias. Le seuil des 500 000 signatures ouvre la possibilité d'un examen par l'Assemblée nationale, mais ne signifie ni fermeture automatique ni sanction contre la chaîne. La régulation de l'audiovisuel relève notamment de l'Arcom. Où placer la frontière entre liberté d'informer, pluralisme, et responsabilité des chaînes d'information ?

Invités :
- Benjamin Lucas-Lundy, député « écologiste et social » des Yvelines,
- Gaëtan Dussausaye, député « Rassemblement National » des Vosges.

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Transcription
00:00:05Générique
00:00:05...
00:00:23Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:26Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débats en direct de l'Assemblée Nationale.
00:00:31Avec à mes côtés ce soir Anna Cabana et Nicolas Domenac. Bonsoir à tous les deux.
00:00:36Bonsoir Adeline.
00:00:37Et merci d'être là. C'est parti pour le sommaire avec à la une ce soir l'impossible budget.
00:00:42Les députés poursuivent ce soir l'examen de la partie recette du projet de loi de finances 2027.
00:00:48Ils ont remanié en profondeur la copie initiale du gouvernement.
00:00:52Aucun compromis ne semble émerger.
00:00:54Comment la France va-t-elle réussir à se doter d'un budget ?
00:00:5849-3, ordonnance, loi spéciale, budget.
00:01:02Où est donc la sortie de l'impasse ?
00:01:04Ce sera la première partie de Chaque Voix Compte ce soir.
00:01:06A suivre ensuite comme chaque mardi, oeil pour oeil, Anna et Nicolas.
00:01:11Et oui, et alors aujourd'hui on va parler de l'académie Goncourt qui vient de couronner son lauréat,
00:01:16Philippe Genada pour l'inconnu du quai de Javel et on va se demander à cette occasion si la France
00:01:21est encore une république des lettres.
00:01:23Et moi Adeline, je vous réponds oui, un immense oui.
00:01:26Oui enfin c'est le témoignage d'un passé révolu.
00:01:29La république des lettres elle est bien morte hélas.
00:01:32J'ai hâte de vous entendre tous les deux, mais j'ai déjà l'impression d'avoir attribué mon point.
00:01:37Effectivement, dans la deuxième partie de Chaque Voix Compte, ensuite place à la question qui fâche.
00:01:40Faut-il fermer ces news ?
00:01:42C'est ce que demande une pétition qui en est ce soir à près de 750 000 signatures sur le
00:01:48site de l'Assemblée nationale.
00:01:49Nous en débattrons tout à l'heure avec les députés justement.
00:01:52Vous pouvez d'ailleurs vous aussi les interroger ou nous faire part de vos réflexions.
00:01:56Vous flashez le QR code qui est là avec votre téléphone et c'est moi qui ai la tête magique
00:02:00ce soir.
00:02:01Donc je vous demande un peu d'indulgence.
00:02:03Je vais essayer d'avoir aussi l'œil sur vos messages pour transmettre toutes vos questions à nos invités.
00:02:08Voilà pour le menu.
00:02:09Installez-vous confortablement Chaque Voix Compte, c'est parti.
00:02:19Alors oui, vous avez raison, c'est un film que l'on a déjà vu.
00:02:22La bataille du budget nous offre chaque année à l'automne un spectacle parlementaire qui n'est ni tout à
00:02:28fait le même, ni tout à fait un autre.
00:02:30Il y a un an, Sébastien Lecornu promettait de ne pas recourir au 49-3 et demander aux députés de
00:02:35s'entendre.
00:02:36Un an plus tard et à six mois de la présidentielle, c'est bien le 49-3 qui semble promis
00:02:41à ce PLF.
00:02:42En tout cas, on voit mal comment il pourrait être adopté par le Parlement.
00:02:46Résumé d'abord des trois semaines d'examens qui viennent de s'écouler avec Katia Gilder.
00:02:55La séance est reprise.
00:02:57Troisième semaine de débat dans un hémicycle clairsemé et toujours pas de vote à l'horizon.
00:03:04Sans majorité à l'Assemblée, le gouvernement est mis en échec sur son budget alors que les oppositions multiplient les
00:03:10propositions rocambolesques.
00:03:12Il y a 258 impôts, taxes, contributions, droits d'assises en France.
00:03:17La taxe sur les biens des industries mécaniques, la taxe sur les biens des industries de l'horlogerie, de la
00:03:20bijouterie joaillerie, de l'orfèvrier et des arts de table.
00:03:23La taxe sur les biens des industries du cuir, de la chaussure et de la maroquinerie.
00:03:25La taxe sur les biens des industries de l'ameublement. La taxe sur les biens des industries du bois.
00:03:28À six mois de l'élection présidentielle, dans un climat social tendu, chacun y va de sa proposition, sans se
00:03:35soucier des conséquences.
00:03:36À ce stade, et donc dans le cadre uniquement de la première partie du projet de loi de finances, le
00:03:41déficit public s'est dégradé de 23,9 milliards d'euros.
00:03:46On a dégradé le déficit public d'un milliard par heure dans notre examen de la matinée.
00:03:50Depuis le début de ce débat budgétaire, le gouvernement essuie des revers de taille.
00:03:55Les députés ont refusé de raboter l'abattement fiscal de 10% dont bénéficient les retraités.
00:04:01Ils ont aussi rejeté à deux voix près la prolongation d'un an de la surtaxe sur les bénéfices des
00:04:07grandes entreprises.
00:04:08Une majorité du bloc central, allié avec le Rassemblement national, a décidé d'augmenter le déficit de 5 milliards, près
00:04:16de 0,2 point de PIB.
00:04:18Alors je trouve ça assez croquignolesque.
00:04:21Et pendant que la facture s'alourdit au fil des amendements, la menace d'une récession plane,
00:04:27avec une dette qui atteint désormais 119% du PIB, une inflation qui repart à la hausse,
00:04:32et ce chiffre de l'INSEE prévoyant une croissance française négative au troisième trimestre.
00:04:38Si les débats s'enlisent, le gouvernement pourrait se passer d'un vote au Parlement
00:04:42en recourant à l'article 49.3 ou bien aux ordonnances pour faire passer son budget avant la fin de
00:04:49l'année.
00:04:50On va essayer d'y voir clair, c'est promis.
00:04:52Avec vous ce soir, Benjamin Morel, bonsoir.
00:04:54Appelez-moi Tom.
00:04:55Oui, Tom Cruise, Mission Impossible.
00:04:57Oui, Benjamin Morel, c'est le Tom Cruise en effet de la Constitution.
00:05:01Vous êtes maître de conférence en droit public à l'Université Paris-Panthéon-Assos.
00:05:05Et parmi vos dernières publications, il y a Crise politique, Crise de régime,
00:05:08qui vient de paraître aux éditions Odile Jacob.
00:05:10Merci d'être là, Benjamin, aux côtés de Stéphanie Despierre.
00:05:13Bonsoir Stéphanie, journaliste à LCP.
00:05:16Et bonsoir Stéphanie Vinovillère, économiste au cabinet PWC France.
00:05:20Merci Stéphanie de votre présence ce soir également.
00:05:23Stéphanie Despierre, d'abord.
00:05:25Il y avait plus de 2300 amendements à discuter sur ce PLF.
00:05:30Combien en reste-t-il ce soir ?
00:05:31Il en reste à peu près 600.
00:05:33On estime que le débat pourrait se terminer demain.
00:05:35Je vous rappelle que là, les députés discutent de la partie recette.
00:05:38Elle aurait dû être votée le 20 octobre.
00:05:40Les débats avaient duré, donc on a repoussé.
00:05:43Ça aurait dû être cette après-midi, le vote solennel.
00:05:45Eh bien, on a encore un peu repoussé,
00:05:47puisque les députés n'ont pas fini d'examiner la partie recette de ce budget.
00:05:51Donc, a priori, on se dirige vers un vote fin de semaine ?
00:05:55Demain soir, mercredi ou jeudi matin au plus tard.
00:05:58Et a priori, par un rejet,
00:06:00puisqu'il n'y a pas de majorité pour voter ce budget-là,
00:06:03même s'il a été beaucoup retouché pendant les débats.
00:06:05Mais il reste des parlementaires encore dans l'hémicycle ?
00:06:08Alors, il n'y en a plus beaucoup.
00:06:09C'est vrai que c'est compliqué.
00:06:10On a vu des séances où il y avait moins de 50 parlementaires vendredi matin.
00:06:14Alors, hier soir, un amendement a été voté à 8 voix contre 5.
00:06:17Exactement.
00:06:18Mais c'est assez symptomatique.
00:06:20C'est-à-dire que les députés, en fait, se disent que leur discussion ne sert à rien,
00:06:24puisqu'ils savent que tout ça va se finir par 49-3 ou par ordonnance,
00:06:28parce qu'il n'y a pas de majorité pour voter un budget,
00:06:32que les majorités changent au gré des présences et des absences.
00:06:35Parfois, on voit une alliance LFI-RN sur certains sujets.
00:06:37Parfois, c'est bloc central.
00:06:39RN, tout ça est très mouvant.
00:06:41Et à la fin, vous avez une copie qui n'est ni de droite, ni de gauche, ni même en
00:06:44même temps.
00:06:45Donc, on ne sait plus trop à quoi ça ressemble.
00:06:46Et il y a plein de députés qui se disent, à quoi ça sert que je vienne ici ?
00:06:49Tout va être balayé de revers demain, autant que je sois dans ma circonscription,
00:06:53parce que ce dont ils sont sûrs, ou presque, c'est qu'il y aura une dissolution après les présidentielles.
00:06:58Et donc, en fait, ils font campagne et ils ont l'impression qu'ils sont plus utiles là-bas.
00:07:01Et ratissent déjà le terrain électoral de leur circonscription.
00:07:04Que vous inspire cette séquence, Benjamin Morel ?
00:07:06C'est un peu un jour sans fin,
00:07:08parce que là, vous allez me demander comment est-ce qu'on va s'en sortir.
00:07:10Je vais retourner à l'Aïs que j'ai fait l'année dernière.
00:07:13Et donc, en réalité, ça laisse présager qu'en effet,
00:07:17quand vous n'avez pas de majorité,
00:07:19vous vous retrouvez dans une situation qui est une situation de blocage.
00:07:22Quand vous ne pouvez pas faire de coalition, vous êtes dans une situation de blocage.
00:07:25Et donc, on a potentiellement des palliatifs.
00:07:28Mais il faut voir que la situation est sans doute plus difficile encore que l'année dernière.
00:07:31Parce que l'année dernière, les socialistes avaient intérêt à guider.
00:07:34Il y avait l'expansion de la réforme des retraites.
00:07:35Et on n'était pas, ça ne vous a pas échappé,
00:07:38à six mois d'une élection présidentielle
00:07:40qui, évidemment, met tout le monde à cran.
00:07:42Et donc, à partir de là,
00:07:43à la différence, par contre, de l'année dernière,
00:07:46je vois deux différences fondamentales.
00:07:48D'abord, on a l'impression que le gouvernement
00:07:49ne cherche même plus vraiment à trouver un terrain d'atterrissage.
00:07:52C'est la question que j'allais vous poser.
00:07:54Quelle est l'attitude du gouvernement dans cette séquence ?
00:07:56Est-ce que Sébastien Lecornu passe des coups de fil, discute en coulisses ?
00:07:59Beaucoup moins que l'année dernière.
00:08:00On a le sentiment qu'en effet,
00:08:01alors on aboutira peut-être à un 49 à 1 à 3,
00:08:03mais un 49 à 1 à 3, encore faut-il le négocier ?
00:08:06On n'a pas l'impression que là, il y a des vraies dénégociations.
00:08:08Et donc ça, ça plaide peut-être,
00:08:10on y reviendra peut-être, mais pour les ordonnances.
00:08:12Et de l'autre côté,
00:08:14au final, on a une opinion publique
00:08:16qui semble cette fois-ci se désintéresser complètement du budget.
00:08:19L'affaire se passe dans la rue,
00:08:20elle se passe dans la campagne.
00:08:22Et donc ce budget, aujourd'hui,
00:08:24apparaît comme étant une forme de mission impossible
00:08:26pour reprendre votre expression,
00:08:28et en même temps,
00:08:29comme quelque chose qui désespère l'opinion.
00:08:33Stéphanie ?
00:08:34Il y a eu des discussions entre socialistes et le gouvernement
00:08:37jusqu'à à peu près il y a 15 jours,
00:08:39des réunions en coulisses,
00:08:40où les socialistes disaient ce qu'ils voulaient, etc.
00:08:43Mais depuis 15 jours, la ligne est un peu rompue,
00:08:45puisqu'en fait, le gouvernement dit
00:08:47que le PS, de toute façon, ne veut pas négocier
00:08:49et de toute façon, ne nous soutiendra pas
00:08:51et peut-être ne censurera quand même.
00:08:53Et les socialistes disent
00:08:54« Nous, on propose, mais ils ne donnent rien en échange,
00:08:58donc ça ne sert plus à rien qu'on discute. »
00:08:59Stéphanie Villers, faisons les comptes.
00:09:01Selon David Amiel,
00:09:02depuis le début de l'examen de ce budget,
00:09:04les députés ont donc aggravé le déficit
00:09:06de 24 milliards d'euros.
00:09:08Mais dans le même temps,
00:09:09il y a un autre chiffre qu'il faut avoir en tête,
00:09:10c'est que cette copie initiale du gouvernement,
00:09:13elle a été bâtie sur une prévision de croissance
00:09:15qui est déjà caduque, non ?
00:09:17Oui, bien sûr,
00:09:18parce qu'on va avoir du mal à atteindre
00:09:20les prévisions de croissance
00:09:21qui avaient été mises en place par le gouvernement.
00:09:23Évidemment, là, on a les derniers chiffres
00:09:26qui montrent qu'on est en quasi-récession
00:09:28parce qu'au premier trimestre,
00:09:29on avait une croissance négative.
00:09:31Au deuxième trimestre,
00:09:32on a une croissance nulle
00:09:34et au troisième négative.
00:09:35Donc, on ne peut pas techniquement dire
00:09:37qu'on est en récession,
00:09:38mais en réalité,
00:09:39on voit bien que notre économie
00:09:40est totalement à l'arrêt,
00:09:42que les moteurs qui, jusqu'à présent,
00:09:45soutiennent la croissance
00:09:46sont bridés totalement.
00:09:48Je parle de la consommation des ménages
00:09:50qui, normalement, en fait,
00:09:53au troisième trimestre,
00:09:54c'est la période des vacances,
00:09:55donc ils sont plutôt au rendez-vous,
00:09:56mais là, on a vu que c'était relativement faible.
00:09:58Et puis, la mauvaise nouvelle,
00:09:59c'est l'investissement.
00:10:00L'investissement des entreprises
00:10:02a clairement reculé.
00:10:04C'est un très mauvais présage.
00:10:06Ça montre bien que les entreprises
00:10:08qui avaient été plutôt résilientes
00:10:10jusqu'à présent,
00:10:11aujourd'hui,
00:10:12deux ans après la dissolution,
00:10:15elles manquent de cap,
00:10:17de cap fiscal.
00:10:18et surtout,
00:10:19elles voient ce qui se passe
00:10:20sur les marchés financiers
00:10:21et les taux d'intérêt
00:10:22qui progressent en France,
00:10:24qui ne progressent pas uniquement
00:10:26pour les obligations d'État,
00:10:28qui progressent aussi
00:10:29pour ces entreprises
00:10:30qui devraient, normalement,
00:10:32s'endetter pour investir,
00:10:34pour moderniser
00:10:35leur appareil productif,
00:10:36sachant qu'il y a
00:10:37cette nouvelle technologie
00:10:39qui nous tombe dessus.
00:10:40Il ne faudrait pas rater le train.
00:10:41On voit mal
00:10:42comment Sébastien Lecornu
00:10:43pourrait réduire le déficit
00:10:45à 5% du PIB,
00:10:46comme c'est censé être promis,
00:10:47parce qu'à aujourd'hui,
00:10:49l'objectif paraît intenable,
00:10:51en fait.
00:10:52Les 5%,
00:10:52déjà, cette année,
00:10:53on va vraisemblablement
00:10:54friser les 5,4%,
00:10:56d'après les dernières estimations
00:10:59du gouvernement.
00:11:01L'année prochaine,
00:11:03tout dépendra, en fait,
00:11:04de la décision prise.
00:11:07Est-ce que, oui ou non,
00:11:08il y a un budget beauté ?
00:11:09Mais aujourd'hui,
00:11:10en fait,
00:11:11ça ne s'arrête pas
00:11:12que dans l'hémicycle,
00:11:13c'est-à-dire que
00:11:15les marchés financiers,
00:11:16ceux qui nous financent,
00:11:17ceux qui nous permettent
00:11:18d'emprunter,
00:11:20regardent aussi
00:11:20ce qui se passe dans la rue.
00:11:21Donc, en fait,
00:11:22c'est la double peine,
00:11:23contrairement à ce qui s'est passé
00:11:24l'année dernière.
00:11:25C'est qu'aujourd'hui,
00:11:26on fait quand même
00:11:27la une de la presse étrangère
00:11:29en ce qui concerne
00:11:30nos tensions sociales.
00:11:31On a vu nos taux d'intérêt
00:11:32augmenter.
00:11:32et c'est véritablement
00:11:34une des plus grandes menaces,
00:11:36c'est sans budget,
00:11:38avec une poursuite
00:11:39des tensions sociales,
00:11:40c'est voir ces taux d'intérêt
00:11:42s'emballer.
00:11:43Et, en fait,
00:11:44là, on navigue à vue.
00:11:46Ça ne serait du jamais vu
00:11:47si les taux atteignent
00:11:496, 7, 8 %,
00:11:50que va faire la France,
00:11:51en réalité ?
00:11:52Et si on rajoute
00:11:53des efforts budgétaires,
00:11:54alors que la croissance
00:11:55est déjà quasi nulle,
00:11:56qu'on est quasi en récession,
00:11:57comme vous disiez,
00:11:57on plombe un peu plus l'économie,
00:11:59on est dans une spirale infernale,
00:12:01quelle doit être la priorité
00:12:03du gouvernement
00:12:03pour rassurer les marchés ?
00:12:05On ne peut même pas
00:12:05se poser ce type de questions
00:12:06parce qu'on sait très bien
00:12:07qu'il n'y aura pas,
00:12:08pendant les 6 prochains mois
00:12:10jusqu'aux présidentielles,
00:12:11il n'y aura pas ce type
00:12:12de propositions
00:12:13qui pourront être votées.
00:12:14Donc, les marchés financiers,
00:12:16ce qu'ils attendent,
00:12:16c'est des signes d'apaisement.
00:12:18C'est-à-dire qu'une population
00:12:20française qui trouve
00:12:23des raisons d'espérer,
00:12:25en réalité,
00:12:25qui se calme,
00:12:26et avec une feuille de route
00:12:31qui ressemble à de la rigueur budgétaire.
00:12:33C'est-à-dire que les marchés
00:12:33ne s'attendent pas
00:12:34à ce qu'on retourne
00:12:35aux 3% de déficit
00:12:36d'ici l'année prochaine,
00:12:37mais qu'au moins
00:12:40que les prochains candidats
00:12:41aient ça en tête
00:12:42et mettent ça en avant
00:12:43en disant,
00:12:43nous, on a bien compris
00:12:44qu'il fallait essayer
00:12:47de rassurer nos créanciers
00:12:48et donc on va aller
00:12:50vers un déficit proche
00:12:52de nos engagements,
00:12:53c'est-à-dire 3%,
00:12:54parce qu'on s'est quand même engagé,
00:12:55comme tous les pays
00:12:56de la zone euro
00:12:57à maintenir un déficit
00:12:59aux alentours de 3%.
00:13:00On est le seul pays
00:13:01pratiquement à ne pas le faire,
00:13:03alors que tous les autres
00:13:04pays européens,
00:13:05je rappelle,
00:13:05connaissent exactement
00:13:06les mêmes crises que nous,
00:13:07notamment les prix
00:13:09de l'énergie
00:13:10qui bondissent
00:13:12à cause de cette guerre
00:13:13en Iran.
00:13:14Mais comment vous expliquez
00:13:15qu'alors qu'on est
00:13:16dans une campagne présidentielle
00:13:17qui a vraiment
00:13:18très largement commencé,
00:13:19que ce sujet
00:13:20est potentiellement dramatique,
00:13:22ça ne soit pas
00:13:23un objet de discussion
00:13:24dans la campagne ?
00:13:26Parce qu'en fait,
00:13:27personne, en vérité,
00:13:28il n'y a pas eu
00:13:28une cristallisation
00:13:29sur cette thématique-là.
00:13:32Dans la campagne,
00:13:32les candidats en font
00:13:33le moins possible là-dessus.
00:13:35Pour moi,
00:13:35en tant qu'économiste,
00:13:36c'est un vrai mystère.
00:13:37Mais ce que je peux vous dire,
00:13:38c'est que ça va véritablement
00:13:41un jour avoir un coût.
00:13:44On le pressent.
00:13:46Les 5% de taux d'intérêt,
00:13:49c'est quelque chose
00:13:50qui va véritablement grever
00:13:52nos marges de manœuvre
00:13:53pour le futur.
00:13:54Et en fait,
00:13:55on ressemble de plus en plus
00:13:56à l'Italie de 2012.
00:13:58En réalité,
00:14:00l'Italie se retrouve
00:14:01avec des taux d'intérêt
00:14:02tels qu'elle est obligée
00:14:03de faire appel
00:14:04au soutien de la BCE
00:14:06et du FMI
00:14:06pour essayer
00:14:08de calmer le jeu
00:14:10et retrouver des taux
00:14:11d'intérêt un peu plus faibles.
00:14:13Mais encore maintenant,
00:14:15même si l'Italie
00:14:15va beaucoup mieux,
00:14:16il n'empêche qu'elle est
00:14:17toujours en train
00:14:18de payer ses erreurs passées.
00:14:20Elle a toujours une dette
00:14:22aux alentours de 130%
00:14:23du PIB.
00:14:24Pourquoi ?
00:14:25Parce qu'elle a des taux
00:14:26d'intérêt plus élevés
00:14:27que nous,
00:14:27plus maintenant.
00:14:28Mais avant,
00:14:29on avait un décalage
00:14:29de 1,5%,
00:14:31150 points de base
00:14:32et elle a une croissance faible.
00:14:34Donc,
00:14:34elle ressemble de plus en plus
00:14:36à ce qu'était l'Italie
00:14:37il y a 10 ans.
00:14:38C'est-à-dire qu'on n'a pas
00:14:40de croissance
00:14:40et en plus,
00:14:41on a des taux d'intérêt
00:14:42de plus en plus élevés.
00:14:43Et je pense que c'est
00:14:44véritablement la menace
00:14:46et il faudrait s'en empêcher.
00:14:48Pareil que les politiques
00:14:49ne s'en empêchent pas.
00:14:50Après,
00:14:51on se souvient
00:14:51que LFI
00:14:52a présenté
00:14:53un contre-budget,
00:14:54notamment en proposant
00:14:56de geler la dette.
00:14:57Mais ce n'est pas vraiment
00:14:57le fait malgré tout.
00:14:59Le Rassemblement national aussi.
00:15:01Chacun avance ses pions
00:15:02et en même temps,
00:15:03il y a cette chose
00:15:04qui s'appelle le budget
00:15:05qui est en débat.
00:15:07Je voudrais que pour
00:15:08que les téléspectateurs
00:15:08comprennent bien
00:15:09ce qui se passe,
00:15:10je voudrais qu'on fasse
00:15:11une petite leçon parlementaire
00:15:13sur il se passe quoi
00:15:15après le vote.
00:15:17C'est-à-dire,
00:15:17il ne faut pas être grand clair
00:15:18pour imaginer
00:15:18que la partie recette
00:15:20va être rejetée
00:15:22et ensuite ?
00:15:23Ensuite,
00:15:24normalement,
00:15:24les députés auraient dû
00:15:25discuter des dépenses.
00:15:26Mais comme il n'y a pas de recette,
00:15:27on ne discute pas des dépenses.
00:15:27Donc le texte part directement
00:15:29au Sénat
00:15:29qui va rediscuter
00:15:31de la version initiale
00:15:32du gouvernement
00:15:33et ensuite,
00:15:33le texte reviendra
00:15:34à l'Assemblée
00:15:35puisqu'il n'y aura pas eu
00:15:36évidemment d'accord
00:15:36puisque l'Assemblée
00:15:37et le Sénat
00:15:38ne pourront pas avoir voté
00:15:39un texte similaire.
00:15:42Et puis ensuite,
00:15:43on va voir la fin du jeu
00:15:45entre guillemets
00:15:47début décembre.
00:15:48On verra
00:15:49si le gouvernement
00:15:50finalement se résout
00:15:51à dégainer en 49.3.
00:15:53Il en faudra plusieurs
00:15:54en fait
00:15:54pour une adoption définitive.
00:15:563,
00:15:56je vous parle sous le contrôle
00:15:57de Benjamin Morel
00:15:58si vraiment...
00:16:00Il y a le plan FSS aussi.
00:16:01Voilà,
00:16:01il y a aussi le projet
00:16:02de loi de sécurité sociale.
00:16:02Le budget de la Sécu.
00:16:03Et puis si les 49.3,
00:16:06si Sébastien Lecornu
00:16:06ne se résout pas au 49.3,
00:16:08il n'ira que s'il
00:16:09a la certitude
00:16:09de ne pas être censuré
00:16:10et dans cette Assemblée
00:16:11c'est compliqué
00:16:12d'avoir des certitudes
00:16:13et encore plus
00:16:14en tant que campagne électorale,
00:16:16eh bien,
00:16:17il va attendre
00:16:18jusqu'au maximum
00:16:19et si ce n'est pas possible,
00:16:20il y aura peut-être
00:16:20des ordonnances.
00:16:21Alors c'est vrai
00:16:21que dans ce contexte,
00:16:22à quoi bon poursuivre
00:16:23pendant des jours
00:16:24si tout le monde sait
00:16:25qu'au bout du chemin,
00:16:26aucune majorité
00:16:27ne votera ce budget ?
00:16:28Écoutez d'abord
00:16:29ce qu'en dit
00:16:29le rapporteur général du budget,
00:16:31c'est le député LR
00:16:31Philippe Juvin.
00:16:32Il était interrogé
00:16:33par Hélène Bonduelle
00:16:33cet après-midi
00:16:34aux 4 colonnes.
00:16:35Écoutez.
00:16:39On a déjà trouvé
00:16:40des marges de manœuvre
00:16:40sur la baisse de la dépense.
00:16:42Je vous donne un exemple.
00:16:43L'État achète,
00:16:45les achats de l'État,
00:16:47pas les investissements,
00:16:48les avions de combat
00:16:49et les ponts
00:16:50et les routes.
00:16:51Les achats,
00:16:5364 milliards par an.
00:16:56Diminuer de 10% les achats,
00:16:58ce n'est pas impossible,
00:16:59c'est ce que font
00:16:59tous les maires.
00:17:00Et puis,
00:17:00il faut augmenter les recettes.
00:17:01Alors comment vous faites
00:17:02pour augmenter les recettes ?
00:17:02Soit vous augmentez les impôts,
00:17:03mais on est déjà au maximum,
00:17:04donc pas de marge.
00:17:06Soit vous augmentez la croissance
00:17:07et vous donnez
00:17:08les conditions de la croissance,
00:17:10c'est-à-dire
00:17:11la compétitivité aux entreprises.
00:17:15Ça fait maintenant
00:17:15plusieurs semaines
00:17:16que je dis au Premier ministre
00:17:16qu'il faut faire un 49-3
00:17:18puisqu'il n'y a pas de majorité
00:17:19et qu'on sait que de toute façon
00:17:20on ne trouvera pas de...
00:17:21on ne trouvera pas de majorité.
00:17:23On n'en trouvera pas.
00:17:24Donc il faut faire un 49-3,
00:17:27probablement réécrire un peu la copie
00:17:28parce que comme je vous l'ai dit,
00:17:30la croissance n'est pas là,
00:17:31le prix du baril s'envole
00:17:32et les taux aussi.
00:17:34Donc c'est sûrement pas
00:17:35sur la copie actuelle,
00:17:36c'est sur une copie plus rigoureuse.
00:17:39Benjamin Morel,
00:17:40il a raison Philippe Juvin,
00:17:41en fait,
00:17:43on comprend qu'il a demandé
00:17:44un 49-3 dès le début,
00:17:45que là on perd du temps en réalité.
00:17:49Oui, on perd du temps,
00:17:50mais on perd du temps
00:17:51tout en sachant,
00:17:51comme ça a été dit tout à l'heure,
00:17:52que quelle que soit la manière
00:17:54dont ça se termine là,
00:17:55l'Assemblée,
00:17:56il faut encore que ça revienne au Sénat
00:17:56et il faut encore que ça revienne après.
00:17:58Et donc si on devait avoir...
00:17:59Donc il faut respecter d'abord
00:18:00cette navette parlementaire.
00:18:01Oui, et si on devait avoir
00:18:02un 49-1-3 là maintenant,
00:18:04vous gagneriez peut-être
00:18:05une première manche
00:18:06ou vous tomberiez.
00:18:07Mais quoi qu'il arrive,
00:18:08il faudrait ensuite
00:18:09réutiliser un 49-1-3
00:18:11quand le texte reviendra après.
00:18:13Donc que fait le gouvernement
00:18:14pour l'instant ?
00:18:14Il temporise,
00:18:15il juge comme l'année dernière
00:18:16que de toute façon
00:18:17s'est morné ici
00:18:18et que donc il faut
00:18:19que le texte parte au Sénat
00:18:20et s'il doit dégainer
00:18:21des 49-1-3,
00:18:23il le fera dans une dernière lecture
00:18:25une fois que ça sera passé au Sénat.
00:18:26Donc c'est relativement cohérent
00:18:28et l'avantage
00:18:29d'un 49-1-3 si vous voulez,
00:18:32c'est que un,
00:18:33vous pouvez remettre à jour le budget
00:18:34parce que le projet de loi budgétaire
00:18:36là,
00:18:36il a un peu daté
00:18:37par rapport aux hypothèses économiques,
00:18:40par rapport à la situation
00:18:41qui est la nôtre aujourd'hui,
00:18:42il est daté,
00:18:43il est probablement déjà
00:18:44trop dépensé.
00:18:45L'autre élément,
00:18:46c'est que si vous voulez intégrer
00:18:48des trucs qui aujourd'hui
00:18:49enflamment la rue,
00:18:50des éléments sur la jeunesse,
00:18:51les étudiants, etc.,
00:18:52vous avez besoin d'intégrer
00:18:54des amendements
00:18:54dans votre texte.
00:18:56Et donc ça,
00:18:56ça peut être pour les députés
00:18:58au mois de décembre,
00:18:59je dirais des arguments,
00:19:01non pas pour voter le texte,
00:19:02ça n'arrivera pas,
00:19:03mais peut-être pour ne pas le censurer
00:19:04avec une grosse difficulté.
00:19:06Les socialistes,
00:19:07comme ça a été évoqué aujourd'hui,
00:19:09n'en veulent pas vraiment.
00:19:10Reste un partenaire
00:19:11qui est un partenaire
00:19:12un peu inavoie pour le gouvernement
00:19:13et vers lequel il pourra
00:19:15être amené à regarder,
00:19:16qui s'appelle
00:19:17le Rassemblement National.
00:19:18C'est en effet une possibilité,
00:19:20mais ça a deux désavantages.
00:19:22Premier désavantage,
00:19:23il y en a qui ont essayé,
00:19:24souvenez-vous Michel Barnier.
00:19:26Et deuxièmement,
00:19:27si Marine Le Pen
00:19:28fait le cadeau
00:19:29d'un budget au gouvernement,
00:19:30c'est parce qu'elle y a intérêt.
00:19:32Et si elle y a intérêt,
00:19:33c'est par définition
00:19:34que ça grève
00:19:35les chances du centre
00:19:36de gagner la présidentielle.
00:19:38Vous connaissez la phrase
00:19:39de Racine,
00:19:40j'embrasse mon ennemi,
00:19:41mais c'est pour mieux l'étouffer.
00:19:43– Stéphanie Despierres,
00:19:44Marine Le Pen,
00:19:44elle a dit,
00:19:44moi je préfère un mauvais budget
00:19:46que pas de budget du tout.
00:19:47Ça rejoint ce que dit Benjamin
00:19:49en quelque sorte.
00:19:50– Exactement,
00:19:50le Rassemblement National
00:19:51a donné quelques signes
00:19:52de mensuétude
00:19:53avec cette déclaration.
00:19:54Donc là,
00:19:55on pouvait se dire
00:19:56que certains députés
00:19:57se disent,
00:19:57bon,
00:19:58ok,
00:19:59le RN en fait
00:19:59ne censurera pas
00:20:00parce qu'il a tout intérêt
00:20:01à ce qu'il y ait un budget.
00:20:02S'il arrive au pouvoir,
00:20:03ce sera trop compliqué
00:20:04de repartir de rien
00:20:06ou d'une situation financière
00:20:08trop dégradée.
00:20:09D'autres se disent,
00:20:10attention,
00:20:11le RN change d'avis
00:20:13parfois très rapidement
00:20:14au gré de la conjoncture politique,
00:20:15au gré de sa campagne présidentielle.
00:20:18Donc c'est vrai que le RN
00:20:19à la position du RN
00:20:20est très importante,
00:20:22mais c'est la position
00:20:23dont je pense le gouvernement,
00:20:24sur lequel le gouvernement
00:20:25a moins de certitude
00:20:26parce qu'elle peut quand même
00:20:28changer à tout moment.
00:20:30– Donc là,
00:20:30on était sur le scénario
00:20:31d'un 49-3,
00:20:32passons au scénario
00:20:33des ordonnances.
00:20:34À quel moment d'abord
00:20:35le gouvernement arbitre
00:20:36entre 49-3 et ordonnances,
00:20:38Benjamin ?
00:20:39– Les deux ne sont pas
00:20:40complètement inconciliables.
00:20:41Vous pouvez avoir
00:20:42un gouvernement
00:20:43qui tente un 49-3,
00:20:44qui chute,
00:20:45un nouveau gouvernement
00:20:46nommé derrière
00:20:47et à partir de là
00:20:48qui déclenche
00:20:49la voie des ordonnances.
00:20:50Les ordonnances,
00:20:50c'est à partir
00:20:51des 17-18 décembre,
00:20:53à partir de ce moment-là.
00:20:54– Là, on est dans
00:20:54une petite subtilité constitutionnelle
00:20:56et je sais que vous adorez ça.
00:20:58C'est ce fameux délai
00:20:59de 70 jours.
00:21:00Peut-être faut-il
00:21:01le réexpliquer
00:21:02à nos téléspectateurs.
00:21:02– C'est vrai,
00:21:03j'ai le droit.
00:21:03Génial.
00:21:04– Alors, le délai de 70 jours,
00:21:05il ne court pas
00:21:06par rapport au dépôt
00:21:07du projet de loi
00:21:08sur le bureau de l'Assemblée.
00:21:10Il court à partir du moment
00:21:11où l'Assemblée
00:21:11a toutes les pièces.
00:21:12Et donc,
00:21:13si jamais vous regardez
00:21:15ce qui s'est passé,
00:21:16ça nous amène
00:21:17au 17-18 décembre
00:21:19où le gouvernement
00:21:20pourra dire
00:21:21tic-tac,
00:21:22tic-tac,
00:21:22tic-tac.
00:21:2370 jours
00:21:23ont été passés
00:21:25depuis que l'Assemblée
00:21:27a été informée
00:21:27de tous les détails
00:21:28du budget.
00:21:29Et à partir de ce moment-là,
00:21:30que dit la Constitution ?
00:21:31Elle dit que,
00:21:32eh bien,
00:21:32le gouvernement
00:21:33peut décider
00:21:34d'appliquer son projet-loi
00:21:36via ordonnance.
00:21:37Il n'est pas obligé
00:21:38de le faire.
00:21:38Il peut attendre plus.
00:21:39Il peut éventuellement
00:21:40essayer, par exemple,
00:21:42d'attendre
00:21:43que les parlementaires
00:21:44partent en vacances de Noël,
00:21:45ce qui éviterait
00:21:45d'avoir une censure
00:21:46tout de suite.
00:21:47Et auquel cas,
00:21:48eh bien,
00:21:48vous avez un vrai budget.
00:21:50Ce qu'il faut comprendre
00:21:51avec les ordonnances budgétaires,
00:21:52c'est que ce n'est pas,
00:21:53comme les lois spéciales,
00:21:54un truc temporaire.
00:21:55C'est le vrai budget
00:21:57déposé sur le bureau
00:21:58de l'Assemblée
00:21:59qui, à ce moment-là,
00:22:00peut s'appliquer
00:22:00et qui s'applique théoriquement
00:22:02pendant un an,
00:22:03c'est-à-dire jusqu'au 31 décembre
00:22:052027.
00:22:05Sans qu'un nouveau président
00:22:06ou une nouvelle présidente
00:22:07puisse y toucher ?
00:22:08Alors, il peut y toucher.
00:22:09Il peut faire ce qu'on appelle
00:22:10un projet de loi de finances
00:22:11rectificative,
00:22:11comme il pourrait le faire
00:22:12sur le budget
00:22:13s'il était adopté.
00:22:15Le problème,
00:22:15si vous voulez,
00:22:16de ces ordonnances,
00:22:18c'est que c'est très lourd
00:22:19démocratiquement.
00:22:21C'est le bouton nucléaire
00:22:22du budget ?
00:22:23C'est le bouton nucléaire
00:22:25budgétaire.
00:22:25Il faut bien comprendre
00:22:26qu'on a pris ça
00:22:27à la constitution de Weimar,
00:22:29la constitution allemande
00:22:30du début du XXe siècle,
00:22:32qui elle-même reprenait ça
00:22:33à la constitution bismarckienne,
00:22:35c'est-à-dire la constitution
00:22:36d'Autofen-Bismarck.
00:22:37Et je vous renvoie
00:22:38au discours d'Autofen-Bismarck,
00:22:39je crois, en 1874.
00:22:41Vous avez les députés
00:22:42au Reichstag
00:22:42qui, à l'époque,
00:22:43crient contre le budget.
00:22:45Et Bismarck leur explique
00:22:46gentiment qu'on n'est pas
00:22:48vraiment en démocratie,
00:22:48qu'on n'est pas en Grande-Bretagne,
00:22:50qu'on n'est pas en France,
00:22:51et qu'ici, si on ne veut pas
00:22:52du budget, on l'a quand même.
00:22:53Et donc, il faut bien comprendre
00:22:55que le contrôle parlementaire,
00:22:57le régime parlementaire en France,
00:22:59s'est construit
00:22:59sur le contrôle budgétaire.
00:23:01Et ce n'est pas un hasard
00:23:02si cet outil-là,
00:23:03les ordonnances budgétaires,
00:23:04on ne les a jamais utilisées
00:23:05en France.
00:23:06Donc, qu'est-ce qui risque
00:23:07de se passer ?
00:23:07Vous avez des ordonnances budgétaires,
00:23:09on a un vrai budget.
00:23:10Et ça, c'est bien
00:23:11pour tout le monde, en réalité,
00:23:12parce que tout le monde
00:23:13a intérêt à avoir un budget.
00:23:14Mais derrière,
00:23:19si le régime parlementaire
00:23:20ont été fragilisés
00:23:21et de voter une motion de censure,
00:23:23vous aurez un budget,
00:23:24mais vous n'aurez plus
00:23:24de gouvernement.
00:23:25Stéphanie ?
00:23:26Je partage complètement
00:23:28cette analyse.
00:23:28Après, si on est un peu cynique,
00:23:30on peut se dire que les ordonnances,
00:23:32même si c'est vraiment,
00:23:33pour le coup,
00:23:34s'asseoir sur le Parlement,
00:23:36ça arrangerait un certain nombre
00:23:37de groupes politiques.
00:23:38C'est-à-dire que le Rassemblement national
00:23:39peut facilement voter une censure,
00:23:41mais a quand même un budget
00:23:42et pourra faire un projet
00:23:44de loi rectificatif,
00:23:45donc n'a pas de problème,
00:23:46en tout cas pour faire
00:23:47sa campagne électorale.
00:23:48Le PS aura moins de scrupules
00:23:49aussi à faire tomber
00:23:52un gouvernement,
00:23:52puisqu'il aura un budget
00:23:53et ne pourra pas être accusé
00:23:54d'irresponsabilité
00:23:56et de mettre le bazar.
00:23:57Donc, c'est un scénario
00:23:59qui, cyniquement,
00:24:00pourrait arranger
00:24:02un certain nombre
00:24:02de difficultés.
00:24:03Il y a quand même
00:24:03un petit problème,
00:24:04c'est que les ordonnances,
00:24:05c'est vraiment la copie
00:24:07initiale du gouvernement.
00:24:08Donc, ça veut dire
00:24:09aucune mesure ajoutée,
00:24:10y compris pour les lycées,
00:24:12y compris un éventuel
00:24:13coup de pouce au SMIC.
00:24:14On ne peut faire
00:24:15que des mesures,
00:24:16on ne peut faire
00:24:16que des ajustements techniques,
00:24:18c'est-à-dire qu'il y a
00:24:19beaucoup de choses
00:24:20et d'ailleurs,
00:24:20du point de vue déficit,
00:24:21ce sera un problème
00:24:22parce que le budget
00:24:22a été construit
00:24:24sur des prévisions de croissance
00:24:25qui, je parle sous votre contrôle,
00:24:26n'étaient pas tout à fait les mêmes
00:24:27et ensuite,
00:24:28vous avez tout un jeu,
00:24:29mais là,
00:24:30je vais rentrer
00:24:30dans des subtilités
00:24:31que vous n'allez pas aimer,
00:24:32de non-rétroactivité.
00:24:33J'adore vos subtilités,
00:24:34Benjamin,
00:24:35dites-le-vous.
00:24:35En fait,
00:24:36il y a des impôts
00:24:37qu'on crée
00:24:37ou qu'on modifie
00:24:38et que si ça arrive
00:24:39après le 31 décembre,
00:24:41on ne pourra pas les modifier.
00:24:42Et donc,
00:24:42ce faisant,
00:24:43si ces ordonnances ont lieu,
00:24:44elles devront être modifiées,
00:24:45mais modifiées probablement
00:24:46à la marge
00:24:47par rapport au projet initial.
00:24:48Mais il y a une piste
00:24:49qui émerge
00:24:50quand on discute un peu
00:24:51avec les députés
00:24:52ou les ministres,
00:24:53c'est que si le gouvernement
00:24:55avait recours aux ordonnances,
00:24:57il pourrait présenter
00:24:58dans la foulée
00:24:59un projet de loi
00:25:00qui contiendrait
00:25:01des mesures correctives.
00:25:02C'est possible ?
00:25:03Théoriquement,
00:25:03vous pouvez faire
00:25:04un PLF rectificatif,
00:25:05oui.
00:25:06Mais comprenez bien
00:25:06que les parlementaires,
00:25:07a priori,
00:25:08vont être rouges de colère
00:25:09et que vous aurez peut-être
00:25:10du mal
00:25:10à faire passer
00:25:12en si peu de temps en plus
00:25:14un projet de loi
00:25:15de finances rectificatives
00:25:16qui serait pour eux
00:25:16une forme de ratification
00:25:18implicite des ordonnances.
00:25:19C'est juridiquement
00:25:20pas impossible,
00:25:22politiquement,
00:25:22c'est très délicat.
00:25:23Mais après,
00:25:23je reviens
00:25:24sur ce qui était dit
00:25:26et je suis d'accord.
00:25:26C'est-à-dire qu'il y a
00:25:27une forme de comédie
00:25:28dans tout ça.
00:25:29Tout le monde,
00:25:29au fond,
00:25:29ne serait peut-être pas
00:25:31mécontent que ce soit
00:25:32des ordonnances
00:25:33parce que les ordonnances
00:25:33ont un avantage,
00:25:34c'est pas même aux oppositions
00:25:35de dire,
00:25:35regardez,
00:25:36il y a un budget,
00:25:36il est mauvais le budget.
00:25:37Mais ce n'est pas le mien.
00:25:38Je ne l'ai pas voté,
00:25:39je n'ai pas non plus
00:25:40évité la censure,
00:25:41je n'ai même sanctionné
00:25:42le fait d'avoir utilisé
00:25:43les ordonnances.
00:25:44Mais pour le prochain
00:25:45président de la République,
00:25:46quel qu'il soit,
00:25:47ne pas avoir de budget
00:25:48serait un enfer.
00:25:49Mais il y a un impact.
00:25:51D'abord parce qu'économiquement,
00:25:52ce serait un désastre.
00:25:53Et puis ensuite,
00:25:54vous êtes président de la République,
00:25:55vous avez un Parlement
00:26:00vous commencez votre mandat
00:26:01par faire voter un premier budget.
00:26:02Bon courage.
00:26:03Et ensuite,
00:26:03au mois d'octobre,
00:26:04qu'est-ce que vous faites ?
00:26:05Vous faites un autre budget.
00:26:06En gros,
00:26:07pendant six mois,
00:26:08vous ne faites que du budgétaire
00:26:10et vous avez grillé
00:26:11le début de votre mandat.
00:26:12Personne n'a intérêt à ça.
00:26:14Stéphanie Villers,
00:26:14les marchés,
00:26:15ils regardent ça ?
00:26:16Ils regardent
00:26:18si ça va être des ordonnances,
00:26:19si ça va être un 49-3.
00:26:20Tiens,
00:26:20on peut parler
00:26:21de la loi spéciale aussi.
00:26:22Ils sont sensibles à ça ?
00:26:24Non, non.
00:26:24Ce qu'ils vont regarder,
00:26:25c'est est-ce qu'il y a eu
00:26:27une volonté
00:26:29de stabiliser la situation
00:26:31ou pas,
00:26:31ou non,
00:26:32ou est-ce que ça s'envenime ?
00:26:34Voilà.
00:26:35Mais ce qui est sûr,
00:26:36c'est que la dissolution
00:26:37s'est vue clairement
00:26:40sur les cours
00:26:41des taux d'intérêt
00:26:42puisqu'on a vu
00:26:42les taux d'intérêt français
00:26:43commencer à se distinguer
00:26:46des taux allemands
00:26:48très clairement
00:26:48à partir de cette période.
00:26:49Donc,
00:26:50ils comprennent
00:26:50qu'il y a une nouvelle donnée,
00:26:51qu'il y a une instabilité politique
00:26:52qui s'est installée.
00:26:53Donc,
00:26:54petit à petit,
00:26:55ils sanctionnent.
00:26:57Donc,
00:26:57je pense qu'ils n'iront pas
00:26:58regardé de toute manière
00:26:59parce qu'ils auraient
00:27:00sanctionné bien avant
00:27:01puisque je vous rappelle
00:27:02que normalement,
00:27:03on doit faire un déficit
00:27:04à 3%
00:27:04et on a du mal
00:27:05à le faire à 5%,
00:27:05donc à 5% du PIB.
00:27:07Donc,
00:27:08en réalité,
00:27:10ils sont relativement
00:27:11conciliants
00:27:12parce qu'ils considèrent
00:27:13qu'on est
00:27:13la deuxième puissance européenne
00:27:15et qu'on a des atouts
00:27:17quand même.
00:27:18On a de véritables talents,
00:27:20des infrastructures.
00:27:21Enfin,
00:27:21il n'y a pas que...
00:27:22Il y a des agences de notation
00:27:23qui nous épargnent
00:27:24pour le moment.
00:27:25Oui,
00:27:25parce qu'en fait,
00:27:26en réalité,
00:27:27elles devraient nous sanctionner
00:27:28mais si elles nous sanctionnent,
00:27:29elles mettent de l'huile
00:27:30sur le feu.
00:27:31Donc,
00:27:31il n'y a pas besoin
00:27:32en fait de ce type
00:27:33de sanctions.
00:27:33Les marchés
00:27:34restent quand même
00:27:37à veiller
00:27:38sur la trajectoire
00:27:40de la dette française
00:27:41et en réalité,
00:27:42avec ou sans budget,
00:27:44aujourd'hui,
00:27:44les messages
00:27:45ne sont pas très rassurants.
00:27:47Donc,
00:27:47ce qu'on voit,
00:27:48c'est que les investisseurs
00:27:49étrangers,
00:27:50petit à petit,
00:27:51se délaissent
00:27:51de la dette française
00:27:52parce qu'il y a de la concurrence
00:27:53et préfèrent prêter
00:27:55aux Allemands,
00:27:56aux Italiens
00:27:56ou encore aux entreprises
00:27:57des nouvelles technologies
00:27:59aux Etats-Unis.
00:28:00On parlait tout à l'heure
00:28:01du gouvernement
00:28:01et de l'attitude
00:28:02de Sébastien Lecornu.
00:28:03Est-ce qu'il observe aussi
00:28:04ce qui se passe ?
00:28:05Parce que ce qu'on voit
00:28:06depuis ces trois semaines
00:28:07d'examens du budget,
00:28:08c'est aussi
00:28:09des groupes politiques
00:28:11qui avancent
00:28:12leur ligne rouge.
00:28:13Il est peut-être caduque
00:28:14ce budget,
00:28:15mais politiquement,
00:28:15il peut être utile,
00:28:17non ?
00:28:18Ah oui,
00:28:18il peut être utile.
00:28:20Vas-y,
00:28:20je t'en prie.
00:28:21Il peut être utile,
00:28:22c'est-à-dire que c'est une façon
00:28:23pour les groupes politiques
00:28:24dans le cadre de la campagne
00:28:25d'envoyer des signifiants
00:28:26sur les retraites,
00:28:27sur les jeunes,
00:28:28etc.
00:28:29Après,
00:28:29on revient un peu
00:28:30à ce que je disais tout à l'heure,
00:28:31c'est-à-dire que pour l'instant,
00:28:32malgré tout,
00:28:33ces débats sont relativement inaudibles
00:28:34et c'est à la fois
00:28:35une chance et un problème
00:28:36pour le gouvernement
00:28:37et pour les parlementaires
00:28:38parce que d'un côté,
00:28:40on voit que ça se joue ailleurs
00:28:41et que donc les concessions
00:28:42et le coût potentiel
00:28:44par exemple du nom de censure
00:28:45sera peut-être moins élevé.
00:28:46De l'autre côté,
00:28:47les signes politiques
00:28:48qui seraient ceux
00:28:49qu'on pourrait donner
00:28:50de la part du gouvernement
00:28:51pour un accord
00:28:53semblent glisser sur l'opinion
00:28:54comme l'eau sur les plumes
00:28:55d'un canard,
00:28:56il n'y a pas l'équivalent
00:28:57cette année
00:28:57de la suspension
00:28:58de la réforme des retraites
00:28:59pour l'année dernière
00:29:00qui permettrait par exemple
00:29:02aux socialistes
00:29:02ou aux RN
00:29:03de dire
00:29:04regardez,
00:29:04on ne censure pas
00:29:05mais c'est parce qu'on a obtenu
00:29:06quelque chose
00:29:07pour protéger notre électorat.
00:29:09Il faut encore chercher
00:29:10un compromis sur le budget
00:29:11ou il faut chercher un compromis
00:29:12sur la non-censure ?
00:29:13Stéphanie Despierres ?
00:29:14Moi je pense que là
00:29:15on est plutôt à chercher
00:29:15un compromis sur la non-censure
00:29:17mais que le gouvernement
00:29:17aura beaucoup de mal
00:29:18à l'obtenir.
00:29:19J'ai discuté avec une députée socialiste
00:29:20qui me dit
00:29:20on ne peut pas offrir chaque année
00:29:21la même bague à sa femme.
00:29:22Je vous rappelle
00:29:23que la bague
00:29:23l'année dernière
00:29:24avait un coût élevé
00:29:25c'était presque un diamant
00:29:26puisque c'était la suspension
00:29:28de la réforme des retraites
00:29:29et que ça coûte a priori
00:29:30sur 2027
00:29:302 milliards d'euros.
00:29:31Le diamant était gros.
00:29:32Le diamant était gros.
00:29:33Donc voilà
00:29:34moi je ne crois pas trop
00:29:35à un aboutissement
00:29:38de négociation
00:29:39un aboutissement
00:29:39de compromis
00:29:40et puis donc
00:29:41Sébastien Lecornu
00:29:42regarde attentivement
00:29:42ce qui se passe sur le budget
00:29:43mais il a aussi
00:29:44à gérer la rue.
00:29:45Donc il a fait des annonces
00:29:46qui vont coûter quand même
00:29:47un peu d'argent
00:29:47donc il va falloir retoucher
00:29:49le budget aussi
00:29:50et puis
00:29:52Benjamin Morel le disait
00:29:53la campagne électorale
00:29:54est très présente
00:29:55dans l'hémicycle
00:29:56il n'y a quasiment pas
00:29:56une intervention
00:29:57de député insoumis
00:29:58ou de député du Rassemblement
00:29:59qui ne se termine pas
00:30:00par
00:30:01mais vous verrez
00:30:02quand on sera au pouvoir
00:30:03on changera ça
00:30:04vous ne voulez pas de ça
00:30:05nous on le fera
00:30:06donc de toute façon
00:30:07la marge de manœuvre
00:30:08est très limitée.
00:30:09Après Sébastien Lecornu
00:30:10l'année dernière
00:30:11s'était engagé
00:30:11à ne pas utiliser le 49.3
00:30:13il ne l'a pas redit
00:30:14cette année
00:30:14mais il veut quand même
00:30:15laisser le débat se faire
00:30:18et puis plus le débat se fait
00:30:20moins il dégaine son 49.3
00:30:22plus tard il tombe.
00:30:23Il se demande
00:30:23s'il passera Noël ?
00:30:25Il se demande clairement
00:30:25s'il passera Noël
00:30:26on parlait tout à l'heure
00:30:27des ordonnances
00:30:27et de l'éventualité
00:30:28d'un autre projet de loi
00:30:29ça peut aussi être
00:30:31une sorte de marchandage
00:30:32c'est à dire
00:30:33que le gouvernement
00:30:33pourrait faire mine
00:30:35de dire
00:30:35je fais les ordonnances
00:30:36mais je vous donne
00:30:37un projet de loi
00:30:38dans lequel là
00:30:39je mets des mesures favorables
00:30:40aux lycéens
00:30:41aux pouvoirs d'achat
00:30:42donc si vous me censurez
00:30:43vous aurez les ordonnances
00:30:45mais vous n'aurez pas
00:30:45le projet de loi
00:30:46avec les mesures
00:30:47disons sucrées
00:30:48donc ne me censurez pas.
00:30:50Mais cette situation
00:30:50elle a quand même
00:30:51un impact sur la crédibilité
00:30:52des hommes politiques
00:30:53je veux dire
00:30:54c'est
00:30:56je vais dire
00:30:56ce cirque
00:30:57c'est un peu méchant
00:30:57peut-être
00:30:58mais en tout cas
00:30:58cette incapacité
00:30:59à se mettre d'accord
00:31:00ou à donner des lignes
00:31:01de conduite claires
00:31:02je veux dire
00:31:03c'est pas mesurable
00:31:04aujourd'hui
00:31:04l'impact négatif
00:31:05mais il doit exister
00:31:06quand même.
00:31:08Il existe
00:31:09parce que
00:31:10les députés
00:31:10montrent
00:31:11qu'ils n'arrivent pas
00:31:11à faire du compromis
00:31:12on disait tout à l'heure
00:31:13que les débats
00:31:14ne passent pas
00:31:14beaucoup le mur du son
00:31:15en revanche
00:31:15quand ils passent
00:31:16le mur du son
00:31:16souvent les députés
00:31:17se prennent
00:31:18un gros retour
00:31:19de boomerang
00:31:20on a vu une tentative
00:31:21de taxer les octets
00:31:23les giga octets
00:31:24qui a été adopté
00:31:26c'est un amendement
00:31:27socialiste
00:31:27ça devrait
00:31:28selon le social
00:31:29rapporter 10 milliards d'euros
00:31:30il y a eu
00:31:31une levée de boucliers
00:31:32de tous les fournisseurs
00:31:33en disant
00:31:33mais en fait
00:31:33on va faire payer ça
00:31:34aux consommateurs
00:31:36il y a Xavier Niel
00:31:37qui a réagi
00:31:38de manière hyper abrupte
00:31:40et les consommateurs
00:31:41se sont dit
00:31:42que c'était pas possible
00:31:44il y a des députés
00:31:44qui avaient voté pour
00:31:45qu'on dit
00:31:45non je me suis trompée
00:31:46de bouton
00:31:46donc quand ça passe
00:31:47le mur du son
00:31:48en plus ça ne les aide pas
00:31:49oui
00:31:50merci
00:31:51on n'a pas fini
00:31:51d'en parler
00:31:52évidemment sur LCPE
00:31:53mais merci à tous les trois
00:31:54d'être venus en parler
00:31:55dès ce soir
00:31:55dans chaque voix compte
00:31:57dans un instant
00:31:58la question qui fâche
00:31:59toute autre chose
00:31:59on va parler de CNews
00:32:01avec cette pétition
00:32:02sur le site
00:32:03de l'Assemblée nationale
00:32:04mais avant cela
00:32:04œil pour œil
00:32:05Anna Cabana
00:32:06et Nicolas Domenac
00:32:07ce soir on parle
00:32:16du sujet de prédilection
00:32:17d'Anna Cabana
00:32:18évidemment
00:32:18les livres
00:32:19avec le Goncourt
00:32:21l'Académie Goncourt
00:32:22a couronné
00:32:22ce midi
00:32:23son lauréat
00:32:24Philippe Genella
00:32:24pour l'inconnu
00:32:25pour l'inconnu
00:32:26du Quai de Javel
00:32:26chez Flammarion
00:32:27et Anna
00:32:28vous vous demandez
00:32:29ce soir
00:32:29si la France
00:32:29est vraiment encore
00:32:30une république
00:32:31des lettres
00:32:32j'ai la réponse
00:32:32moi je connais
00:32:33votre réponse
00:32:34Anna
00:32:34la France est condamnée
00:32:36à être une république
00:32:37des lettres
00:32:38c'est simple
00:32:39elle ne sait pas
00:32:39se raconter
00:32:40et se regarder
00:32:41autrement
00:32:41c'est sa mythologie
00:32:43le Goncourt
00:32:44n'est pas seulement
00:32:44une affaire de littérature
00:32:46c'est une institution
00:32:47presque politique
00:32:48et oui politique
00:32:49Adeline
00:32:49parce que
00:32:50de Zola à Camus
00:32:51pour ne citer que
00:32:51l'imaginaire collectif
00:32:53français
00:32:54est au fond
00:32:54irrigué
00:32:55par une certaine
00:32:57idée
00:32:57des écrivains
00:32:58la France attend
00:32:59des écrivains
00:33:00qui lui disent
00:33:01quelque chose
00:33:02d'elle-même
00:33:03qu'il remplisse
00:33:04les lignes
00:33:04certes
00:33:04mais aussi
00:33:05qu'il les déplace
00:33:07la cérémonie
00:33:08du Goncourt
00:33:09le cérémonial
00:33:10du Goncourt
00:33:11marque au fond
00:33:13cette place
00:33:13singulière
00:33:14et sacrée
00:33:16oui sacrée
00:33:17de la littérature
00:33:18dans la république
00:33:19le premier
00:33:20mardi de novembre
00:33:21de chaque année
00:33:22les dix jurés
00:33:23de l'académie Goncourt
00:33:25ont la responsabilité
00:33:26de voter
00:33:26pour consacrer
00:33:27le héros
00:33:28des lettres françaises
00:33:29et la responsabilité
00:33:31de l'annoncer
00:33:31solennellement
00:33:32devant la France entière
00:33:34regardez
00:33:35c'était juste
00:33:35avant 13h
00:33:36au restaurant
00:33:37Drouan
00:33:37dans le deuxième
00:33:38arrondissement
00:33:38de Paris
00:33:40124ème
00:33:41prix Goncourt
00:33:42a été attribué
00:33:43au premier tour
00:33:45de scrutin
00:33:46à Philippe Génada
00:33:47pour son livre
00:33:49L'inconnu du quai
00:33:51de Javel
00:33:51et ça fait
00:33:53les gros titres
00:33:54partout
00:33:55regardez
00:33:58ah
00:33:58et bien voilà
00:33:59voilà
00:34:00donc on voit les titres
00:34:01c'est à dire que
00:34:01il y a un intérêt
00:34:04il y a une passion française
00:34:06Adeline
00:34:06est-ce que c'est pas surtout
00:34:07un rendez-vous important
00:34:08pour le marché du livre
00:34:10bien sûr
00:34:11que ça fait vendre un livre
00:34:12et heureusement
00:34:13mais précisément
00:34:14parce que ça donne
00:34:15à l'écrivain
00:34:16distinguer
00:34:17une aura
00:34:18et une autorité
00:34:19symbolique
00:34:20et aujourd'hui
00:34:21Adeline
00:34:21on a parlé
00:34:22à six mois
00:34:23de cette présidentielle
00:34:24dans une France
00:34:25traversée par les tumultes
00:34:26pour le dire
00:34:27sobrement
00:34:28par les violences
00:34:29par le désarroi
00:34:30par la bataille
00:34:31des imaginaires
00:34:32que l'on sait
00:34:33et bien ça mérite
00:34:34de s'y arrêter
00:34:35quelques instants
00:34:36Philippe Génada
00:34:37est le congélateur
00:34:39en chef
00:34:40des cold caves
00:34:41à la française
00:34:42et cette année
00:34:43il a retracé
00:34:44la trajectoire
00:34:44d'une certaine
00:34:45Louise Canso
00:34:46qui a retrouvé
00:34:47donc qui a été retrouvée
00:34:48morte la nuit
00:34:49du 6 septembre 1949
00:34:51gisant les cheveux
00:34:52mouillés
00:34:53sur le pavé sec
00:34:54du quai de Javel
00:34:55étranglés
00:34:56et vêtus
00:34:57d'un pull
00:34:57enfilés
00:34:58le devant
00:34:59derrière
00:34:59ceci
00:35:00après avoir été
00:35:01l'un des plus beaux
00:35:03modèles
00:35:03des peintres
00:35:04de Montparnasse
00:35:05et aussi
00:35:05une danseuse
00:35:06dans une sordide
00:35:07boîte de strip-tease
00:35:0875 ans
00:35:10après
00:35:10Adeline
00:35:11et bien
00:35:11Philippe Génada
00:35:12reprend l'enquête
00:35:13sur ce meurtre
00:35:14non épucidé
00:35:14et on sort
00:35:15de ce livre
00:35:16assez ému
00:35:17un peu révolté
00:35:19et plus humain
00:35:20sans doute
00:35:21plus humain
00:35:21c'est-à-dire que
00:35:23c'est pour nous rappeler
00:35:24à notre humanité
00:35:25que les jurés
00:35:26ont consacré ce livre
00:35:27je ne dis pas
00:35:28que le vote des jurés
00:35:29du concours
00:35:29est le produit
00:35:30d'une stratégie politique
00:35:31ce serait faire injure
00:35:32et à leur travail
00:35:33et à la liberté
00:35:34de la littérature
00:35:35ce que je dis
00:35:35c'est qu'il serait naïf
00:35:37de considérer
00:35:38que la vie de la cité
00:35:39ne déteint pas
00:35:40consciemment ou non
00:35:41sur cette distinction
00:35:42qu'est le concours
00:35:43et inversement
00:35:43que cette distinction
00:35:45est sans porter
00:35:46sur la vie de la cité
00:35:47alors je vais vous raconter
00:35:48une petite anecdote
00:35:48lors de l'une de leurs réunions
00:35:50de délibération
00:35:51et bien
00:35:52de l'académie Goncourt
00:35:54l'un des jurés
00:35:55a fait remarquer
00:35:55à ses petits camarades
00:35:56il m'a fait jurer
00:35:57de ne pas dire qui
00:35:58mais il a fait remarquer
00:35:59que le Goncourt
00:36:00était je le cite
00:36:01une fabrique de LFistes
00:36:03et il a cité
00:36:05les noms de
00:36:06Pierre Lemaitre
00:36:07Goncourt 2013
00:36:08qui est intervenu
00:36:09sur la scène
00:36:09lors de la clôture
00:36:10de l'université d'été
00:36:11LFI
00:36:12donc à Châteauneuf-sur-Isère
00:36:13le 23 août
00:36:15d'Éric Vuillard
00:36:16Goncourt 2017
00:36:17qui a pris la parole
00:36:18dans un meeting LFI
00:36:19à Saint-Denis
00:36:20le 7 juin
00:36:21et celui de Nicolas Mathieu
00:36:22Goncourt 2018
00:36:23qui n'a jamais pris
00:36:25la parole
00:36:25dans un meeting de LFI
00:36:26mais que LFI
00:36:27comptabilise
00:36:28comme un sympathisant potentiel
00:36:31sans parler
00:36:31d'Annie Ernaud
00:36:32une habituée
00:36:33des meetings
00:36:33de Jean-Luc Mélenchon
00:36:34on le sait
00:36:34mais Adeline
00:36:35elle n'a pas eu
00:36:36le Goncourt
00:36:36elle
00:36:36seulement le Nobel
00:36:38de littérature
00:36:39j'ai quand même
00:36:40une question
00:36:40plus personnelle
00:36:41vous l'avez aimé
00:36:42ce livre
00:36:43oui
00:36:43je le recommande
00:36:44à nos téléspectateurs
00:36:46chaudement
00:36:46parce qu'il y a
00:36:47chez Janada
00:36:48une vraie pétillance
00:36:49donc il nous embarque
00:36:51il y a une générosité
00:36:52il n'y a pas d'IA
00:36:53et même il en parle
00:36:56et très bellement
00:36:57voilà
00:36:57donc Nicolas
00:36:58oui
00:36:58bon pour vous Nicolas
00:36:59la cérémonie du Goncourt
00:37:00c'est peut-être bien joli
00:37:01mais vous dites ce soir
00:37:03que c'est complètement dépassé
00:37:04hélas
00:37:04c'est un témoignage émouvant
00:37:06d'ailleurs j'ai failli verser
00:37:07une larme
00:37:07en écoutant Anna Cabana
00:37:08parce que c'est vrai
00:37:09que la république des lettres
00:37:10j'y tenais
00:37:11ça a existé
00:37:12ça a compté
00:37:13pour les hommes politiques
00:37:14en particulier
00:37:16parce que c'était une époque
00:37:17au fond
00:37:17où un homme politique
00:37:19ambitieux
00:37:20devait connaître ses classiques
00:37:22écrivait lui-même
00:37:23ses livres
00:37:24et puis
00:37:25la littérature
00:37:27avait même son émission
00:37:28de très grande écoute
00:37:30tiens
00:37:30je vais vous passer le générique
00:37:31là ça va peut-être faire pleurer Anna
00:37:34écoutez
00:37:35vous vous souvenez de cela
00:37:36sans doute
00:37:38et oui
00:37:39c'était le vendredi soir
00:37:40il avait laissé le crépitement
00:37:41sur le vinyle
00:37:42si vous écoutez bien
00:37:43c'était le vendredi soir
00:37:45c'est une célébration rituelle
00:37:46avec la star
00:37:48des stars
00:37:49apostrophe
00:37:49et est-ce que vous savez Adeline
00:37:52quelle était l'audience
00:37:53de cette émission
00:37:54d'Antenne 2
00:37:54inaugurée je vous le rappelle
00:37:56en 1975
00:37:56et morte en 90
00:37:57non mais je sais que l'audience
00:37:59aujourd'hui de la grande librairie
00:38:00sur France 5
00:38:01c'est autour de 450 000
00:38:02téléspectateurs
00:38:02et ben ouais
00:38:03ben là c'était 5 millions
00:38:045 millions de téléspectateurs
00:38:06et vous savez les libraires
00:38:07exposaient les livres
00:38:09dès le vendredi
00:38:10et ça durait jusqu'à une semaine
00:38:12même 15 jours
00:38:12on vendait des livres
00:38:13vous vous rendez compte
00:38:14à l'époque
00:38:14on en vendait même beaucoup
00:38:16et les plus grands écrivains
00:38:18venaient sur le plateau
00:38:19d'apostrophes
00:38:19Duras
00:38:20Kundera
00:38:21Bukowski
00:38:23Simnon
00:38:23et même des stars
00:38:25comme Gainsbourg
00:38:25ou Jane Fonda
00:38:26et les politiques
00:38:27venaient y décrocher
00:38:29si j'ose dire
00:38:29leurs lettres de noblesse
00:38:31bien évidemment
00:38:32comme François Mitterrand
00:38:33qui se piquait
00:38:34d'écriture
00:38:35il n'a pas du tout
00:38:36apprécié un jour
00:38:37une remarque
00:38:37de Bernard Pivot
00:38:39qui lui disait
00:38:39mais vous écrivez
00:38:40de mieux en mieux
00:38:41et ben regardez
00:38:42comment il réagit
00:38:44tout le monde sait
00:38:45je crois que vos adversaires
00:38:46politiques le reconnaissent
00:38:47aussi que vous écrivez
00:38:48très bien
00:38:48mais j'ai eu la curiosité
00:38:50de mettre le nez
00:38:51dans des ouvrages
00:38:52assez anciens de vous
00:38:53notamment sur la Chine
00:38:54tout ça
00:38:54et je me suis aperçu
00:38:55que vous écrivez
00:38:56de mieux en mieux
00:38:57je voudrais savoir pourquoi
00:38:58qu'est-ce qui se passe
00:38:59et écrire bien
00:38:59qu'est-ce que ça veut dire
00:39:00ensuite
00:39:01bon j'accepte
00:39:02et on ne va pas se lancer
00:39:04dans une discussion incidente
00:39:06ensuite j'écrive
00:39:06de mieux en mieux
00:39:07c'est vous qui le dites
00:39:08oui non mais je prends ça
00:39:09très bien
00:39:10enfin
00:39:11enfin je pense que si c'est vrai
00:39:14c'est peut-être vrai
00:39:15c'est parce que je suis
00:39:16de plus en plus libre
00:39:17une discussion incidente
00:39:19extraordinaire
00:39:20le comte du chic pour Mitterrand
00:39:21s'est fait de venir à Apostrophe
00:39:22entouré de ses écrivains
00:39:24qu'il aimait lui
00:39:25Michel Tournier
00:39:26Modiano
00:39:27Emmanuel Leroy
00:39:28Ainsi l'homme politique
00:39:29se trouvait élevé
00:39:31parmi les plus grands
00:39:32parmi ceux qui parlent
00:39:33à l'âme de la France
00:39:34comme le disait
00:39:35Valéry Giscard d'Esta
00:39:36lui aussi se rêvait
00:39:37en écrivain reconnu
00:39:39par les romanciers
00:39:40président de la république
00:39:41il fit des pieds
00:39:42de la plume
00:39:43pour pouvoir participer
00:39:44à Apostrophe
00:39:45enfin être invité
00:39:47pour parler de Maupassant
00:39:48et puis alors
00:39:49après avoir été battu
00:39:50et dans l'espoir de revenir
00:39:51il a même
00:39:52commis
00:39:53pardon
00:39:53écrit un roman
00:39:54un roman d'amour
00:39:56qu'il racontait
00:39:57sinon on ne recommande pas
00:39:58aux téléspectateurs
00:39:59de le lire
00:39:59il racontait une histoire
00:40:01d'amour un peu salée
00:40:01entre un notaire
00:40:02et une jeune autostoppeuse
00:40:04une romance
00:40:04qui fut accueillie
00:40:05avec humour poivré
00:40:06par le critique
00:40:06Marc Lambron
00:40:08regardez, écoutez
00:40:09ça vaut effectivement
00:40:10quelque chose
00:40:12ce livre
00:40:12c'est un rendez-vous de chasse
00:40:15qui tourne
00:40:16au 5 à 7 forestier
00:40:17ce qui est intéressant
00:40:18c'est que jusqu'à présent
00:40:19on avait assez peu d'éléments
00:40:20sur les conceptions sentimentales
00:40:22du président Giscard d'Estaing
00:40:24moi j'ai le souvenir
00:40:24dans ses mémoires
00:40:26d'une page
00:40:27sur l'émotion
00:40:28qu'il ressentait
00:40:28devant les jambes
00:40:29de madame Sonia Saïté
00:40:31et là nous allons
00:40:32un peu plus loin
00:40:32sa peau est tiède
00:40:33sous la laine
00:40:34et extraordinairement douce
00:40:36presque fragile
00:40:37Nathalie réagit
00:40:38par un frémissement défensif
00:40:39à l'envahissement
00:40:40de mes lèvres
00:40:41mais sans chercher
00:40:42à protéger son épaule
00:40:43que je vois se couvrir
00:40:44d'un granulé soyeux
00:40:45et nous nous sommes
00:40:46et nous nous sommes
00:40:47noyés ensemble
00:40:48longuement
00:40:50enlacés dans la sensualité
00:40:51de la nuit
00:40:52C'est émouvant
00:40:54maintenant certains
00:40:55se risquent encore
00:40:56aujourd'hui
00:40:57à l'érotisme littéraire
00:40:58Oui on en connaît
00:40:59L'ex-ministre de l'économie
00:41:00Bruno Le Maire
00:41:01mais les politiques
00:41:02pour la plupart
00:41:03ne s'aventurent plus
00:41:04à écrire eux-mêmes
00:41:05leurs livres
00:41:06ils les font écrire
00:41:07et puis le livre
00:41:08participe plus guère
00:41:09qu'à un moment
00:41:10dans un plan de com'
00:41:11on vient en parler
00:41:13dans les émissions
00:41:13mais on l'écrit
00:41:15assez peu
00:41:15et puis on couronne
00:41:17effectivement
00:41:17dans des cérémonies
00:41:18comme racontait Anna
00:41:20des écrivains survivants
00:41:23méritants
00:41:23des témoins
00:41:25de notre gloire passée
00:41:26mais des écrivains
00:41:27qui hélas
00:41:28n'ont plus beaucoup
00:41:28de lecteurs
00:41:29en tout cas pas
00:41:29Moi je suis désolée Nicolas
00:41:31mais je donne le point
00:41:32à Anna Cabana ce soir
00:41:33Parce que vous communiez
00:41:34dans la nostalgie
00:41:36Je vous aime quand même
00:41:38Merci à tous les deux
00:41:39On passe à la question
00:41:40qui fâche tout de suite
00:41:48C'est ça la solution
00:41:49fermer la télé
00:41:50ouvrir un livre
00:41:51en fait
00:41:51Bon ce soir
00:41:52on va parler de télévision
00:41:53730 000
00:41:54c'est le nombre
00:41:55de signatures
00:41:55ce soir
00:41:56sur la pétition
00:41:57qui demande
00:41:58la suppression
00:41:58de la chaîne CNews
00:41:59de l'audiovisuel français
00:42:01Pétition mise en ligne
00:42:02en juin dernier
00:42:03et qui a dépassé
00:42:04hier la barre
00:42:05donc des 500 000 signataires
00:42:07ce qui ouvre la voie
00:42:08à un possible débat
00:42:09à l'Assemblée nationale
00:42:10Il n'y a pas
00:42:11d'automaticité
00:42:11à ce débat
00:42:12la commission
00:42:13des affaires culturelles
00:42:14peut décider
00:42:14de ne pas organiser
00:42:16mais nous
00:42:16dans chaque voix compte
00:42:17on va le faire ce soir
00:42:18avec vous
00:42:19Benjamin Lucas Lundi
00:42:19bonsoir
00:42:20député écologiste
00:42:21des Yvelines
00:42:22merci d'être là
00:42:23et merci d'avoir accepté
00:42:24de débattre
00:42:25avec Gaëtan Dussaucet
00:42:26bonsoir
00:42:26député RN des Vosges
00:42:28et porte-parole
00:42:29de la campagne
00:42:29de Marine Le Pen
00:42:30bon d'abord
00:42:31un petit rappel des faits
00:42:32avec Marion Becker
00:42:36Déjà plus de 700 000 signatures
00:42:39pour la pétition
00:42:40contre CNews
00:42:40qui dénonce
00:42:41une machine de propagande
00:42:43où l'extrême droite
00:42:44s'étale en prime time
00:42:46et demande
00:42:47sa suppression
00:42:48de l'audiovisuel
00:42:49déposée le 10 juin
00:42:51sur le site
00:42:51de l'Assemblée nationale
00:42:52elle avait recueilli
00:42:54quelques milliers
00:42:55de signatures
00:42:56tout bascule
00:42:58après l'attentat raciste
00:42:59de trappe
00:43:00où CNews
00:43:01est pointé du doigt
00:43:03le maire de la ville
00:43:04accuse la chaîne
00:43:05d'avoir une responsabilité
00:43:07dans cette attaque
00:43:09il faut faire
00:43:10y compris le ménage
00:43:11dans le monde des médias
00:43:12et cesser de considérer
00:43:14que CNews
00:43:14est un média
00:43:16et que les journalistes
00:43:18de CNews
00:43:18sont des journalistes
00:43:19si CNews
00:43:20avait été dans cette pièce
00:43:21je pense que
00:43:21je n'aurais pas été capable
00:43:22d'y rester
00:43:22très rapidement
00:43:24la pétition franchit
00:43:25la barre des 100 000 signatures
00:43:26puis continue sa progression
00:43:28face à ses propos
00:43:29Pascal Praud
00:43:30éditorialiste sur CNews
00:43:32répondait ce matin
00:43:33l'extrême gauche française
00:43:35elle ne déçoit
00:43:37jamais
00:43:38ses dirigeants
00:43:39ses intellectuels
00:43:41ses artistes
00:43:42ses relais
00:43:43hier elle soutenait
00:43:45Staline
00:43:45Mao
00:43:46Pol Pot
00:43:47aujourd'hui
00:43:48elle veut fermer CNews
00:43:49c'est plus modeste
00:43:50la pétition
00:43:52trouve aussi une résonance
00:43:53dans le mouvement lycéen
00:43:56les jeunes refusent
00:43:57de répondre à CNews
00:43:58comme l'union étudiante
00:44:00ce jour là
00:44:01vous et moi
00:44:01on ne parle pas
00:44:03tant qu'il y a CNews
00:44:05ici
00:44:05c'est vous qui êtes responsable
00:44:07du fait que l'extrême droite
00:44:08est en train de monter
00:44:08dans ce pays
00:44:09et nous nous refusons
00:44:10constamment de parler
00:44:11à l'extrême droite
00:44:11et à leur relais
00:44:12donc s'il vous plaît
00:44:13veuillez partir
00:44:14à l'Assemblée nationale
00:44:15la commission des affaires culturelles
00:44:17devrait nommer
00:44:18un rapporteur demain
00:44:19avant de se prononcer
00:44:21la semaine prochaine
00:44:22sur la tenue
00:44:23d'un débat
00:44:24ou non
00:44:25alors la question
00:44:26qui fâche ce soir
00:44:27la voici
00:44:28faut-il interdire CNews
00:44:31et on rappelle en préambule
00:44:32que ce n'est pas
00:44:33l'Assemblée nationale
00:44:33qui peut fermer CNews
00:44:35c'est l'ARCOM
00:44:35ce que peut faire l'Assemblée
00:44:36en revanche
00:44:37c'est débattre
00:44:37d'abord est-ce que vous êtes
00:44:39tous les deux favorables
00:44:40à ce débat dans l'hémicycle
00:44:42oui
00:44:43il y a plus de 700 000
00:44:46je crois ce soir
00:44:47françaises et français
00:44:48qui ont signé cette pétition
00:44:49les règles prévoient
00:44:50qu'on puisse en débattre
00:44:51je ne vois pas de raison
00:44:52de censurer ce débat
00:44:53Gaëtan Dussoucet
00:44:54débat ou pas débat d'abord ?
00:44:55je n'ai pas d'opposition
00:44:56de principe sur le fait
00:44:57de débattre et de discuter
00:44:58on est quand même
00:44:59dans la maison du débat
00:45:00par excellence
00:45:00qu'est l'Assemblée nationale
00:45:01après les institutions
00:45:03et ça a été très bien rappelé
00:45:04d'ailleurs
00:45:04dans ce petit court-métrage
00:45:05c'est que
00:45:06les institutions
00:45:07ne fonctionnent pas ainsi
00:45:08et n'impliquent pas
00:45:09un débat automatique
00:45:11malgré le succès
00:45:12de la pétition
00:45:13pour l'interdiction
00:45:14de CNews
00:45:14sur les plateformes
00:45:15il y a en effet
00:45:15un rapporteur
00:45:16qui va être désigné demain
00:45:17il y a de très fortes chances
00:45:18d'ailleurs que ce soit
00:45:18le président de la commission
00:45:19qui n'est pas de ma famille politique
00:45:20Alexandre Portier
00:45:21affirmatif
00:45:22et qui lui
00:45:23avec la rédaction
00:45:24de son rapport
00:45:25fera des propositions
00:45:26ensuite aux membres
00:45:28de la commission
00:45:28pour nous dire
00:45:29si oui ou non
00:45:30débat il doit y avoir
00:45:30et alors d'ailleurs
00:45:31Alexandre Portier
00:45:32a précisé cet après-midi
00:45:33que de nombreux députés
00:45:34souhaiteraient que
00:45:35ce débat soit plus large
00:45:37et porte aussi sur
00:45:38la liberté d'expression
00:45:39le pluralisme
00:45:40la gestion de l'information
00:45:41alors des réseaux sociaux
00:45:42bon là on s'éloignera
00:45:43quand même
00:45:43du simple sujet CNews
00:45:45pour un débat plus global
00:45:46sur les médias
00:45:47le journalisme
00:45:48à six mois de la présidentielle
00:45:50vous êtes toujours favorable
00:45:51à un débat
00:45:51dans ces conditions-là
00:45:52ou il faut rester
00:45:53sur le sujet initial
00:45:54de la pétition ?
00:45:55Le problème c'est aussi
00:45:56de savoir
00:45:56quel est l'objectif
00:45:58de cette pétition
00:45:59l'objectif on le voit bien
00:46:00c'est piloté par
00:46:02finalement on va dire
00:46:03une famille de pensées
00:46:05au sein de l'échiquier politique
00:46:07qui est plutôt à gauche
00:46:08voire très à gauche
00:46:09plutôt parmi les soutiens
00:46:11de Jean-Luc Mélenchon
00:46:12et tant d'autres
00:46:12qui vise tout simplement
00:46:14à reprendre une des propositions
00:46:15d'ailleurs qui était celle
00:46:15du leader de la France insoumise
00:46:17à savoir l'interdiction définitive
00:46:19d'émettre pour ces news
00:46:20et ces journalistes
00:46:21permettez-moi de me dire
00:46:22que moi je ne suis pas certain
00:46:24que la gauche
00:46:25et l'extrême gauche
00:46:26est à gagner
00:46:27à ce que l'on fasse
00:46:27un débat
00:46:28par conséquent public
00:46:29devant l'intégralité
00:46:30des français
00:46:31qui vont finalement
00:46:32se rendre compte
00:46:32qu'aujourd'hui
00:46:33ils portent des projets
00:46:34et des ambitions
00:46:35excessivement liberticides
00:46:36dans notre pays
00:46:37Benjamin
00:46:38à lundi
00:46:40Est-ce que vous êtes favorable
00:46:43à élargir le débat
00:46:44au-delà de la pétition
00:46:45sur CNews
00:46:46à la liberté d'expression
00:46:48et au pluralisme ?
00:46:49Je n'ai aucun problème
00:46:49à aborder l'ensemble
00:46:50de ces débats
00:46:51et on est là pour ça
00:46:52il n'y a aucune difficulté
00:46:53mais là la pétition
00:46:54elle parle de CNews
00:46:55et du rôle
00:46:56que joue en réalité
00:46:57au-delà de CNews
00:46:58La pétition elle demande
00:46:59le retrait
00:47:00de la fréquence TNT
00:47:01dont bénéficie
00:47:02qui est octroyée
00:47:02par la collectivité nationale
00:47:03par la communauté nationale
00:47:05à CNews
00:47:06et donc derrière
00:47:07la fermeture de la chaîne
00:47:08qui existent
00:47:08qui n'ont pas cet accès
00:47:10à la TNT
00:47:10et qui le mériteraient
00:47:11sans doute aussi
00:47:11donc ce débat
00:47:13il est évidemment légitime
00:47:14mais en l'occurrence
00:47:15les pétitionnaires
00:47:16qui se sont mobilisés
00:47:17en masse
00:47:17ils pointent du doigt
00:47:18la responsabilité
00:47:19de l'Empire Bolloré
00:47:20dans la diffusion
00:47:21d'un agenda raciste
00:47:22xénophobe
00:47:23il n'y a qu'à allumer
00:47:24CNews
00:47:25il se trouve j'ai été cité
00:47:26on a fait le compte
00:47:26avec mon équipe
00:47:2750 fois
00:47:28depuis une semaine
00:47:29par CNews
00:47:30dans des éditoriaux
00:47:31des reportages
00:47:32etc
00:47:33donc j'ai un peu regardé
00:47:34ce qui m'arrive
00:47:34assez peu d'habitude
00:47:35je dois le dire
00:47:35CNews
00:47:36pour voir
00:47:38la virulence
00:47:38et la force
00:47:39de la pensée raciste
00:47:41sur ces plateaux
00:47:42qui sont d'ailleurs
00:47:43très souvent mis en compte
00:47:43le racisme c'est pas une pensée
00:47:44c'est un délit
00:47:45donc s'il y a un délit
00:47:46il y a des sanctions
00:47:48il y a des sanctions pénales
00:47:49visiblement pas assez
00:47:50par exemple
00:47:51moi je ne comprends pas
00:47:52qu'on puisse inviter
00:47:52sur un plateau
00:47:53il y a des pays
00:47:53où ça ne se fait pas
00:47:54par exemple en Belgique
00:47:55qu'on puisse inviter
00:47:55sur un plateau
00:47:56quelqu'un qui a été
00:47:57condamné par la justice
00:47:58pas par Benjamin Lucas
00:47:59pas par la gauche
00:48:00pas par je ne sais qui
00:48:00par exemple monsieur Zemmour
00:48:02condamné par la justice
00:48:02pour incitation à la haine raciale
00:48:04à table ouverte
00:48:05sur les médias
00:48:06du groupe Bologna
00:48:06donc vous vous dites
00:48:06par exemple Eric Zemmour
00:48:07il ne faut plus l'inviter nulle part
00:48:08oui moi je pense
00:48:08j'ai proposé d'ailleurs
00:48:10ce que j'ai appelé
00:48:11la taxe Zemmour
00:48:12c'est-à-dire
00:48:12c'est le débat budgétaire
00:48:13donc on trouve
00:48:14les instruments qu'on peut
00:48:15pour porter ce débat
00:48:15mais j'ai proposé
00:48:16une taxe prohibitive
00:48:18qui rend impossible
00:48:19de fait
00:48:19la capacité d'un média
00:48:21en tout cas
00:48:21impossible financièrement
00:48:22à inviter quelqu'un
00:48:23qui a été condamné
00:48:24pour incitation à la haine raciale
00:48:26condamné évidemment
00:48:27de façon définitive
00:48:27je respecte
00:48:28les procédures judiciaires
00:48:29moi je pense que
00:48:30vous savez
00:48:31la force des ennemis
00:48:32de la démocratie
00:48:33c'est d'utiliser
00:48:33les armes de la démocratie
00:48:34et c'est les gens
00:48:36qui se revendiquent
00:48:36de la liberté d'expression
00:48:37mais la démocratie
00:48:38mais vous n'avez aucun problème
00:48:39à vous dire qu'en démocratie
00:48:40on peut fermer une chaîne
00:48:41pardon la démocratie
00:48:42c'est pour moi
00:48:43c'est pas simplement
00:48:44des règles du jeu électoral
00:48:44la démocratie c'est d'abord
00:48:46des valeurs
00:48:46et au premier rang de ces valeurs
00:48:47il y a l'idée que
00:48:48les citoyennes et les citoyens
00:48:49sont égaux et égales
00:48:50et donc c'est l'antithèse
00:48:52complète absolue
00:48:53du racisme
00:48:54qui a induit une inégalité
00:48:56intrinsèque
00:48:57entre les citoyennes
00:48:57et les citoyens
00:48:58et donc défendre la démocratie
00:48:59c'est empêcher
00:49:00la diffusion
00:49:01le déferlement
00:49:02d'une parole raciste
00:49:03CNews
00:49:04ça c'est pas le rôle
00:49:05de la justice
00:49:05ou de l'arcom
00:49:06ça doit être le rôle
00:49:07de l'arcom
00:49:08là il y a un débat
00:49:08qui est proposé
00:49:09on ne peut pas voter
00:49:10de toute façon
00:49:10la fermeture de CNews
00:49:11à l'Assemblée Nationale
00:49:12mais que ce débat ait lieu
00:49:13que la société française
00:49:14puisse s'emparer
00:49:15de cette question
00:49:16de savoir comment nous allons
00:49:17nous protéger du racisme
00:49:18nous protéger de celles et ceux
00:49:19qui veulent aujourd'hui
00:49:20détruire la République
00:49:20dans le sens où
00:49:21ils veulent s'attaquer
00:49:22aux valeurs les plus fondamentales
00:49:23de notre République
00:49:23je pense que c'est pas un débat
00:49:24qui est superflu
00:49:25dans un moment de grande tension
00:49:27aussi dans un moment de doute
00:49:28de toutes nos sociétés d'ailleurs
00:49:29qui sont traversées
00:49:30par une montée en puissance
00:49:31considérable aujourd'hui
00:49:32des forces racistes xénophobes
00:49:33mais on pourrait
00:49:35à ce moment là
00:49:36si on vous suit
00:49:37dire pourquoi s'arrêter au racisme
00:49:39et pas mettre l'antisémitisme
00:49:40et à ce moment là
00:49:42certains responsables
00:49:43et les filles
00:49:44qui ont été mis en cause
00:49:45pour antisémitisme
00:49:46pourraient être bannis
00:49:47aussi d'un certain nombre
00:49:48de chaînes de télévision
00:49:49je veux dire
00:49:50puisqu'ils ont été accusés
00:49:51c'était moins une condamnation
00:49:52quelqu'un
00:49:52moi j'ai aucune difficulté
00:49:53à dire que quelqu'un
00:49:54qui était condamné
00:49:55pour incitation à la haine
00:49:56qu'elle soit raciste
00:49:58antisémite
00:49:58islamophobe
00:49:59quelqu'un qui de fait
00:50:00a été condamné par la justice
00:50:02pour avoir finalement
00:50:03tenu des propos
00:50:05et pas que des propos
00:50:06d'ailleurs des actions
00:50:08avoir organisé
00:50:08la division dans notre pays
00:50:10pas simplement dans le cadre
00:50:11du clivage qui est nécessaire
00:50:12dans la démocratie
00:50:13mais avoir touché
00:50:14au fondement même
00:50:14de ce qu'est notre identité
00:50:15républicaine
00:50:16c'est-à-dire liberté
00:50:16égalité fraternité
00:50:17que quelqu'un qui était
00:50:19condamné définitivement
00:50:19par la justice pour cela
00:50:20n'ait pas accès aux médias
00:50:22ça me paraît la moindre des choses
00:50:22Gaëtan Dussault
00:50:23en fait je pense
00:50:24qu'il y a un grand problème
00:50:25parce que
00:50:26moi ce que je constate
00:50:28depuis quelques heures
00:50:28et même quelques jours
00:50:29c'est que finalement
00:50:30la gauche française
00:50:30se retrouve à courir
00:50:32après Jean-Luc Mélenchon
00:50:32et les propositions
00:50:33de la France insoumise
00:50:34c'est-à-dire qu'on sait
00:50:38ils veulent censurer
00:50:40porter atteinte
00:50:40à la liberté d'opinion
00:50:42porter atteinte
00:50:42à la liberté d'expression
00:50:43on le voit
00:50:44c'est ou par l'intimidation verbale
00:50:46ou par des raids
00:50:47qui sont envoyés
00:50:48sur les réseaux sociaux
00:50:49où on va harceler
00:50:51quasiment une journaliste
00:50:52qui a le malheur
00:50:53de poser des questions
00:50:54à un candidat
00:50:54à l'élection présidentielle
00:50:56pardon
00:50:57c'est un peu aussi
00:50:58ce qu'a fait Jean-Philippe Tanguy
00:50:59attendez
00:50:59attendez
00:50:59non pas du tout
00:51:00on les a protégés
00:51:01des militants
00:51:01c'est différent
00:51:01Jean-Philippe Tanguy
00:51:03dimanche soir
00:51:04il s'en prend sur Twitter
00:51:05à Anne-Claire Coudray
00:51:06quand elle interview
00:51:07quand elle interview
00:51:08On a droit de formuler
00:51:09des critiques et autres
00:51:10mais quand vous en voyez
00:51:11c'est au-delà de les critiques
00:51:12c'est à dire
00:51:12à un moment
00:51:13c'est encore
00:51:14n'importe quel responsable politique
00:51:16si vous me le permettez
00:51:16je ne dis pas le contraire
00:51:17mais je dis
00:51:17est-ce que c'est un responsable politique
00:51:18qui doit dire
00:51:19quelle question doit poser la journaliste
00:51:21non mais ce que je vous dis
00:51:23c'est que vous voyez quand même
00:51:23qu'il y a une différence
00:51:25de traitement
00:51:26entre ce qui est organisé
00:51:28commandé au sein
00:51:29de la France Insoumise
00:51:30à l'égard de ses militants
00:51:31et de ses soutiens
00:51:31à l'égard du monde
00:51:33journalistique et médiatique
00:51:34et c'est ce qui peut être fait
00:51:35du côté du Rassemblement national
00:51:38on a pris plein la figure
00:51:40durant des années
00:51:41notamment par les médias
00:51:42et pas que
00:51:43demander pour autant
00:51:44l'interdiction
00:51:46d'émettre
00:51:46d'une chaîne de télévision
00:51:47qu'elle soit publique
00:51:48ou qu'elle soit privée
00:51:49quand Jordan Bardella
00:51:50était qualifié
00:51:53de petit Adolf Hitler
00:51:54sur une chaîne
00:51:55de France Télévisions
00:51:57on n'a pas demandé
00:51:58la fermeture
00:51:58on a demandé des sanctions
00:51:59on a demandé des excuses
00:52:00mais on n'a pas demandé
00:52:01la fermeture
00:52:02quand Eric Ciotti
00:52:03le soir de sa victoire
00:52:04aux élections municipales
00:52:06à Nice
00:52:07et apparemment
00:52:08c'est surtout
00:52:09que le micro
00:52:09était resté ouvert
00:52:10ils ne pensaient pas
00:52:10qu'il était ouvert
00:52:11mais il est assimilé
00:52:12à Benito Mussolini
00:52:13on ne demande pas
00:52:14la fermeture pour autant
00:52:15de France Info Télévisions
00:52:16qui à ce moment-là
00:52:17diffuse la séquence
00:52:18vous entendez
00:52:20que sur ces news
00:52:21il y a une accumulation
00:52:21de sanctions
00:52:22c'est la chaîne
00:52:23qui a été le plus sanctionnée
00:52:24par l'ARCOM
00:52:25et que peut-être
00:52:25le public se dit
00:52:26à quoi sert une accumulation
00:52:27si elle n'aboutit pas
00:52:28à une sanction plus grave
00:52:30alors il y a des sanctions
00:52:31qui peuvent être émises
00:52:32directement par l'ARCOM
00:52:33et ensuite par la justice
00:52:34il y a des amendes
00:52:35d'ailleurs qui ont été adressées
00:52:37à l'encontre de ces news
00:52:38et d'autres chaînes
00:52:38je me souviens à l'époque aussi
00:52:39de ces 8
00:52:41donc tout cela existe
00:52:42et c'est justement
00:52:42la justice
00:52:43qui doit s'en saisir
00:52:44c'est pas à des politiques
00:52:46de décider du jour au lendemain
00:52:47parce que votre opinion
00:52:48me dérange
00:52:48parce que ce que vous dites
00:52:49me dérange
00:52:50parce que la ligne éditoriale
00:52:51n'est pas la mienne
00:52:52que par conséquent
00:52:53vous n'avez plus
00:52:53le droit d'émettre
00:52:54et si on s'arrêtait
00:52:55uniquement sur les saisies
00:52:56et les recours
00:52:57de l'ARCOM
00:52:57désolé mais à ce moment-là
00:52:58et c'est pas pour les accabler
00:53:00eux en particulier
00:53:01mais l'audiovisuel
00:53:02et le service public
00:53:03la télé audiovisuelle publique
00:53:05a aussi eu
00:53:06à peu près
00:53:07une dizaine
00:53:08d'interventions
00:53:09de l'ARCOM
00:53:09parce qu'il n'y avait pas
00:53:10un bon respect
00:53:11du pluralisme politique
00:53:12sur les chaînes
00:53:13parce que sur France Inter
00:53:14par exemple
00:53:15on a décidé
00:53:16de consacrer 60%
00:53:17du temps de parole
00:53:18du Rassemblement National
00:53:19qui était diffusé
00:53:20uniquement durant la nuit
00:53:21donc on a fait un taux d'écoute
00:53:22qui est largement en deçà
00:53:23donc vous avez forcément
00:53:24des rappels à l'ordre
00:53:25qui reviennent assez régulièrement
00:53:26vous en aviez eu d'ailleurs
00:53:27une aussi sur
00:53:29je crois que c'était
00:53:29France Info Télévisions
00:53:30qui avait malmené
00:53:32une information
00:53:32ou qui avait mal qualifié
00:53:34le maire de New York
00:53:35donc tout cela
00:53:36en fait ça fait partie du débat
00:53:37parfois il y a des limites
00:53:38qui sont franchies
00:53:39et à ce moment-là
00:53:40c'est la justice
00:53:40qui s'en saisit
00:53:41je voulais d'abord vous lire
00:53:43on reçoit beaucoup de messages
00:53:44beaucoup de questions
00:53:45de téléspectateurs
00:53:46et des messages aussi
00:53:46dans l'esprit du thème
00:53:48de votre émission
00:53:48puisque toute voix doit compter
00:53:50que cela plaise ou non
00:53:51ces news à un public
00:53:52et doit être maintenu
00:53:53face à une presse
00:53:54majoritairement de gauche
00:53:55c'est ce que nous dit FC
00:53:57Benjamin Lucas
00:53:59imaginez si je venais dire
00:54:00ce que je ne dirais jamais
00:54:01oui Dieu donnait
00:54:02un public
00:54:03imaginez si j'allais dire
00:54:04je ne sais pas
00:54:05je ne suis pas spécialiste
00:54:06de l'ensemble
00:54:07des propagandistes racistes
00:54:09qui existent dans ce pays
00:54:10mais si j'ai machin
00:54:10un public qui est rempli
00:54:11des salles
00:54:12non c'est pas comme ça
00:54:12que ça se passe
00:54:13moi je ne crois pas
00:54:14pardon que le racisme
00:54:15la xénophobie
00:54:16soit des lignes éditoriales
00:54:17et des opinions comme les autres
00:54:18d'ailleurs la loi
00:54:20dit explicitement
00:54:20que ce ne sont pas
00:54:21des opinions comme les autres
00:54:22ce sont des délits
00:54:23et bien la question
00:54:25c'est comment
00:54:25nous protégeons collectivement
00:54:27de la diffusion de ces délits
00:54:28vous avez aussi demandé
00:54:29le retrait de l'accréditation
00:54:30à l'Assemblée Nationale
00:54:31pour les journalistes
00:54:32des médias du groupe Bouloré
00:54:33qui décide qui est journaliste
00:54:35qui décide ce qui est un média
00:54:37dans une démocratie
00:54:38pas moi
00:54:39par contre je crois
00:54:40que l'Assemblée Nationale
00:54:41quand vous demandez le retrait
00:54:41des accréditations
00:54:42oui parce que je considère
00:54:42que nous sommes dans le temple
00:54:43de la démocratie
00:54:44des valeurs de la République
00:54:45et qu'il fait rentrer
00:54:46et tolérer qu'il rentre
00:54:47à égalité avec d'autres
00:54:49des gens qui sont en réalité
00:54:50la carte de presse
00:54:51des salariés
00:54:51pardon c'est documenté
00:54:53ce qui est l'objectif
00:54:54de M. Bouloré
00:54:55pourquoi M. Bouloré
00:54:55achète des médias
00:54:56c'est au service
00:54:57d'un agenda idéologique
00:54:58qui est un agenda idéologique
00:54:58d'extrême droite
00:54:59donc qui vise à détruire
00:55:00ce qu'est l'identité
00:55:01de notre République
00:55:01c'est comme ça que je le considère
00:55:03donc oui je mène la bataille
00:55:04politiquement
00:55:04pour demander qu'on retire
00:55:05cette accréditation
00:55:06il y a un bureau
00:55:07de l'Assemblée Nationale
00:55:09qui est un bureau politique
00:55:10qui n'est pas une instance juridique
00:55:11d'ailleurs j'ai été sanctionné
00:55:12moi par ce bureau
00:55:13pour avoir dénoncé
00:55:15le racisme de l'extrême droite
00:55:16ce qui prouve bien
00:55:17que ce bureau
00:55:17il prend des décisions politiques
00:55:18animées par des ambitions politiques
00:55:20et pas sur des fondements de droit
00:55:21et si demain
00:55:21une pétition demande
00:55:22la fin des aides à la presse
00:55:23au journal de l'Humanité
00:55:24mais ça n'a rien à voir
00:55:25non mais ça n'a rien à voir
00:55:26pardon non non
00:55:27mais c'est grave ce que vous faites
00:55:28moi je ne mets pas sur le même plan
00:55:30non
00:55:30moi je ne mets pas sur le même plan
00:55:31une radicalité
00:55:32si vous considérez
00:55:33que ça peut être radical
00:55:33ou une opinion
00:55:34et l'expression du racisme
00:55:37qui est contradictoire
00:55:38à ce que sont les valeurs
00:55:39de notre République
00:55:40pardon
00:55:40le racisme est un délit
00:55:41donc il est
00:55:42et d'ailleurs
00:55:43la ministre de la Culture
00:55:44l'a rappelé dans l'hémicycle
00:55:45cet après-midi
00:55:46c'est à la justice
00:55:47et c'est à l'Arcom
00:55:48de s'en saisir
00:55:48quand il y a eu
00:55:51racisme manifeste
00:55:52délit
00:55:52des sanctions ont été prononcées
00:55:54bien au-delà
00:55:54de la mise en demeure
00:55:55il y a eu des amendes fortes
00:55:57puisque je crois que CNews
00:55:58en a payé jusqu'à 631 000 euros
00:56:00aux décomptes arrêtés
00:56:01en juin dernier
00:56:02donc vous êtes en train de dire
00:56:03en fait que la justice
00:56:04ne fait pas son travail
00:56:05non je dis qu'il y a un cadre
00:56:07de débat parlementaire
00:56:08on peut aussi changer les lois
00:56:08vous savez c'est ça
00:56:09qu'on fait tous les jours
00:56:09et je pense qu'il nous faut
00:56:11être beaucoup plus intransigeants
00:56:12à l'égard de l'expression
00:56:13de la haine raciste
00:56:14dans notre pays
00:56:14qui se diffuse
00:56:16il y a une donnée nouvelle aussi
00:56:17par rapport à tous les moments
00:56:18où on a inventé
00:56:19débattu de ces lois
00:56:19c'est qu'il y a aujourd'hui
00:56:20des empires médiatiques
00:56:21qui ont été construits
00:56:22avec cet agenda idéologique là
00:56:23et je crois que nous devons
00:56:24là on parle d'un débat
00:56:26comment l'Assemblée nationale
00:56:27puisse pendant quelques heures
00:56:28se demander
00:56:28comment nous allons nous protéger
00:56:29au regard de ce qui s'est passé
00:56:31à Trappes
00:56:31au regard de ce qu'est
00:56:32le déferlement de haine raciste
00:56:33dois-je citer
00:56:34les courriers que nous recevons
00:56:35ce qu'un certain nombre
00:56:36de collègues reçoivent
00:56:37comme menace etc
00:56:37le climat dans lequel
00:56:38vit ce pays aujourd'hui
00:56:40je pense que ça interroge
00:56:41à minima
00:56:42sur la façon dont on décide
00:56:43de se protéger collectivement
00:56:44de tout cela
00:56:44mot de la fin pour Gaëtan Dussault
00:56:46je pense qu'en réalité
00:56:47la gauche est allée trop loin
00:56:49et qu'en fait aujourd'hui
00:56:50elle se rend compte
00:56:50qu'elle ne peut plus faire demi-tour
00:56:51et donc elle essaye
00:56:53de trouver des justifications
00:56:54des manières
00:56:55de pouvoir dire
00:56:56mais non on reste quand même
00:56:56raisonnable
00:56:57on reste attaché à la démocratie
00:56:58alors qu'elle vient tout simplement
00:56:59de mettre un coup
00:57:00justement à la démocratie
00:57:01par ce type de propositions
00:57:02et ce type de débats
00:57:03encore une fois
00:57:04ça ne me pose aucun problème
00:57:05qu'on puisse en discuter
00:57:06comme on le fait là
00:57:06ce soir
00:57:07maintenant je pense
00:57:08que vous ne convaincrez
00:57:09absolument personne
00:57:11aucun français
00:57:12de la justesse
00:57:13d'une telle décision
00:57:15au moins les 730 000
00:57:16qui ont signé la pétition
00:57:17si on reprend les mécanismes
00:57:19en fait il y a systématiquement
00:57:20un deux poids deux mesures
00:57:21si l'hyperconcentration
00:57:22des médias
00:57:23auprès de quelques grandes fortunes
00:57:25ce qu'on peut reconnaître
00:57:26pose un problème
00:57:26de pluralisme
00:57:27de diversité d'opinion etc
00:57:28dans ce cas là
00:57:29le procès que vous faites
00:57:30à M. Bolloré
00:57:30je n'ai aucune action chez lui
00:57:31et je ne dois absolument rien
00:57:33M. Bolloré
00:57:33donc je le dis d'autant plus librement
00:57:35le même procès
00:57:36à M. Pigasse
00:57:37mais comme celui intervient
00:57:38en grande pompe
00:57:39aux universités d'été
00:57:40de la France et de l'Oise
00:57:40il n'y a pas
00:57:41pour vous ça vous pose
00:57:42un problème
00:57:42mais là c'est un autre débat
00:57:44je pense qu'il y a des confusions
00:57:45qui sont volontaires
00:57:46qui ont toujours été un peu
00:57:47l'apanage de la gauche
00:57:48pour le coup
00:57:49à vouloir confondre
00:57:50l'idée raciste
00:57:51qui est un crime
00:57:51ou un délit
00:57:53parce que justement
00:57:54vous êtes dans une confusion
00:57:55entre un crime
00:57:55un délit
00:57:56qui est celui du racisme
00:57:57et une liberté d'expression
00:57:59et d'opinion
00:57:59qui est celle de la critique
00:58:00d'une politique d'immigration
00:58:01qui est menée par des gouvernants
00:58:02et en fait le fait
00:58:03de faire ce mélange
00:58:04d'ailleurs ça empêche
00:58:04d'avoir des débats
00:58:06sereins, raisonnables
00:58:07et rationnels
00:58:07sur un sujet
00:58:08qui est pourtant en tête
00:58:09en particulier
00:58:10des préoccupations
00:58:11et des demandes
00:58:11de réformes
00:58:12notamment des français
00:58:12qui s'avent à notre politique migratoire
00:58:14vous avez toujours refusé
00:58:15d'en discuter
00:58:15ça c'est une grande tradition
00:58:17on s'éloigne du débat
00:58:20j'en refuse d'en parler
00:58:21avec un présupposé raciste
00:58:22et xénophobe
00:58:23ce qui est votre cas
00:58:23pardon
00:58:24on a le droit de parler
00:58:24de ce sujet là
00:58:25sans partir du principe
00:58:26que vous avez raison
00:58:27on avait plutôt réussi
00:58:28à rester cordial
00:58:29mais c'est cordial
00:58:30c'est du débat
00:58:31ne censurez pas ce débat
00:58:32je ne crois pas
00:58:33on le fait plus
00:58:34dix ans
00:58:34dans mon émission
00:58:38qui s'appelle
00:58:38chaque voix compte
00:58:38vous venez me dire
00:58:39que je censure un débat
00:58:40on a déjà débordé
00:58:42on a déjà débordé
00:58:42on fait comment après
00:58:43parce que maintenant
00:58:44c'est Bourbon Express
00:58:45c'est le journal
00:58:45de l'Assemblée Nationale
00:58:46mais je vous remercie
00:58:46ce soir d'être venus
00:58:48en parler tous les deux
00:58:49de façon relativement cordiale
00:58:50quand même
00:58:51Marco Pommier
00:58:51tout de suite
00:58:56c'est moi que vous censurez
00:58:58c'est pas de ma faute
00:58:59c'est pas de ma faute
00:59:00bonsoir Marco
00:59:01on l'a suivi bien sûr
00:59:03sur LCP
00:59:03juste avant cette émission
00:59:04c'était l'audition
00:59:05de Laurent Nunez
00:59:05le ministre de l'Intérieur
00:59:06sur la commission d'enquête
00:59:08sur les violences
00:59:09du 17 octobre
00:59:09oui une audition
00:59:10qui marque le coup d'envoi
00:59:12de cette commission d'enquête
00:59:13chargée de faire la lumière
00:59:15sur cette journée
00:59:16qui a choqué le pays
00:59:17pour rappel
00:59:18plus de 1000 policiers
00:59:19et gendarmes blessés
00:59:203000 commerces pillés
00:59:22ou vandalisés
00:59:23la mairie de Limoges incendiée
00:59:25ce mardi en fin d'après-midi
00:59:26pendant près de 3 heures
00:59:27Laurent Nunez
00:59:28a répondu
00:59:29aux questions des députés
00:59:30il a reconnu
00:59:31je cite
00:59:32un défaut d'anticipation
00:59:33qui est d'abord
00:59:34le sien
00:59:35je le redis
00:59:36le bilan de la journée
00:59:37du 17 octobre
00:59:38est un échec
00:59:39à partir du moment
00:59:40où la sécurité
00:59:42de bâtiments publics
00:59:43de commerces
00:59:44n'a pu être assurée
00:59:45que dans le même temps
00:59:46les forces de sécurité intérieure
00:59:48ont été confrontées
00:59:48à une violence inouïe
00:59:50le ministre de l'intérieur
00:59:51qui a pointé
00:59:52la responsabilité
00:59:53de la mouvance
00:59:54d'ultra-gauche
00:59:55dans les violences
00:59:56il a également répondu
00:59:57aux critiques
00:59:58sur la mauvaise anticipation
00:59:59du nombre de manifestants
01:00:01les services de renseignement
01:00:02ont été pointés du doigt
01:00:03pour avoir sous-estimé
01:00:04le nombre de personnes
01:00:05attendues
01:00:06sur cette journée
01:00:07de mobilisation
01:00:08c'est sans doute vrai
01:00:09mais cette sous-estimation
01:00:10est très loin
01:00:11d'être le nœud du problème
01:00:12et on ne peut pas
01:00:14résumer tout cela
01:00:14à un simple sujet
01:00:15de chiffres
01:00:16c'est aussi pourquoi
01:00:17un dispositif policier
01:00:18plus étoffé en volume
01:00:19d'effectifs déployés
01:00:20n'aurait sans doute pas
01:00:21permis à lui seul
01:00:22d'empêcher
01:00:23les incidents constatés
01:00:24notamment les exactions
01:00:26commises avant même
01:00:27le lancement des cortèges
01:00:28ni les très nombreux pillages
01:00:30commis simultanément
01:00:31en divers points du territoire
01:00:33Et cette audition
01:00:34s'est déroulée
01:00:35sans les députés
01:00:36du Rassemblement National
01:00:37pour rappel
01:00:38le groupe a décidé
01:00:39de boycotter
01:00:40cette commission d'enquête
01:00:41parce qu'il n'avait pas
01:00:41obtenu de poste de rapporteur
01:00:43il y en a trois
01:00:44ils seront chargés
01:00:45de rédiger le rapport final
01:00:46C'était aussi aujourd'hui
01:00:47les questions au gouvernement
01:00:48avec une annonce
01:00:49cet après-midi
01:00:50de Sébastien Lecornu
01:00:51concernant le livret A
01:00:53le placement préféré
01:00:54des Français
01:00:54Oui
01:00:5558 millions de Français
01:00:57possèdent un livret A
01:00:58aujourd'hui
01:00:58vous pouvez déposer
01:00:59jusqu'à 22 950 euros
01:01:01sur ce livret
01:01:02mais ce plafond
01:01:03pourrait bientôt
01:01:04être relevé
01:01:05Écoutez Sébastien Lecornu
01:01:06Nous allons augmenter
01:01:08relever le plafond
01:01:10du livret A
01:01:11On va le faire
01:01:12au mois de février
01:01:13en même temps
01:01:14que la mise à jour
01:01:15du taux
01:01:16qui lui aussi
01:01:16sera amené
01:01:17à augmenter
01:01:18Il y a encore
01:01:19une dernière concertation
01:01:20à travail à faire
01:01:21avec la place bancaire
01:01:22avec Bercy
01:01:23et avec la Caisse des dépôts
01:01:26pour une fourchette
01:01:27entre 25 et 30 000 euros
01:01:28Un plafond
01:01:30qui pourrait atteindre
01:01:3030 000 euros
01:01:31vous pourrez donc déposer
01:01:32plus d'argent
01:01:34sur ce livret A
01:01:36On termine avec les conclusions
01:01:37d'une mission flash
01:01:38sur les causes
01:01:38de l'envolée des prix
01:01:39à la pompe
01:01:39On parlait d'argent
01:01:40Deux députés ont travaillé ensemble
01:01:42mais pour faire baisser les prix
01:01:43ils ne sont pas d'accord
01:01:44sur les solutions
01:02:13D'un côté
01:02:14Et bien c'est que si le gouvernement le voulait
01:02:16et bien c'est que si le gouvernement le voulait
01:02:17on pourrait acheter à 1,70 euros nos carburants
01:02:21et pour ça il y a une recommandation centrale
01:02:25que porte d'ailleurs la France Insoumise
01:02:27maintenant depuis huit mois
01:02:28plafonner l'ensemble des marges et des prix des carburants
01:02:32mais aussi obliger les raffineries françaises
01:02:35à approvisionner en priorité le marché français
01:02:37Et pour Henri Alfandari
01:02:39le co-rapporteur
01:02:40l'encadrement des prix proposés par Aurélie Trouvé
01:02:43pourrait provoquer des pénuries
01:02:45Alors pour soulager le portefeuille des français
01:02:47de façon rapide
01:02:48il propose une autre solution
01:02:49C'est pourquoi dans mes recommandations
01:02:52je propose une mesure juste et simple
01:02:53un crédit d'impôt kilométrique
01:02:55remboursable
01:02:56pour ceux qui n'ont pas d'autre choix
01:02:58que la voiture pour aller travailler
01:02:59se soigner ou étudier
01:03:01Voilà pour ce rapport
01:03:03Merci d'être venu le détailler ici
01:03:05Marco Pommier ce soir
01:03:06Merci à vous
01:03:07d'être venus ce soir dans Chaque Bois Compte
01:03:09et merci à Anna et Nicolas
01:03:11je vous dis à demain bien sûr
01:03:12merci de nous avoir suivis
01:03:13et à demain en direct à 19h30 sur la 8
01:03:16Excellente soirée
01:03:17Bye bye

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  1. Dweezil
    il y a 7 semaines