00:00On est marre ?
00:01Allez !
00:02Coup d'envoi sans jingle !
00:04Ah ah ah ah !
00:05C'est pas grave !
00:06Il n'est pas grave celui-là, coup de jingle !
00:07C'est un bon jingle !
00:08On va parler de ces coéquipiers qui deviennent coachs parfois et passent d'une relation de collègues, d'égal à
00:12égal,
00:13à une relation d'entraîneur à joueur, avec forcément une hiérarchie.
00:16C'est ce qui se passe en ce moment avec Lasvel, bien sûr, avec Tony Parker, qui coach des journées,
00:20son ancien partenaire chez les Spurs,
00:22Patty Mills, avec qui ils ont gagné le titre NBA en 2014 notamment.
00:26Écoutez ce que le joueur déclarait il y a quelques semaines au micro d'un excellent journaliste, Erwin Abotrette.
00:31On se connaît très bien, on est très confortables, ça permet de faciliter les échanges qu'on a tous ensemble.
00:38Pendant plus de 10 ans, on a joué ensemble à San Antonio.
00:41On va partager plein de moments importants sur et en dehors du terrain.
00:46Donc tous ensemble, ça nous permet là tous les deux d'être dans une bonne situation.
00:52Je suis vraiment très honoré en tout cas de pouvoir jouer pour lui.
00:55de faire partie de ce grand projet ambitieux.
00:58Je suis en même temps très excité.
01:04Pas forcément évident à gérer comme situation quand tu te mets à recevoir des ordres et des consignes d'un
01:07ancien poteau.
01:08Erwin, dans ce cas-là, ça a l'air de rouler comme sur des roulettes.
01:11Oui, parce qu'on a affaire à deux garçons intelligents.
01:14On a affaire notamment avec Patty Mills, qui est encore un joueur en fin de carrière.
01:17Et je pense que la relation déjà, c'est que Tony Parker était déjà un joueur majeur des Spurs quand
01:23Patty Mills était un joueur qui sortait du banc.
01:26Donc déjà, il y a toujours eu un rapport d'autorité hiérarchique entre ces deux-là.
01:31Mais c'est comme dans le travail de tous les jours.
01:34Quand il y a des collègues qui sont amis au travail et que d'un coup, il y en a
01:38un qui a une promotion, ça peut des fois casser des liens.
01:41Mais ça peut aussi bien marcher parce que si les gens sont intelligents.
01:44Je crois que là, on dit souvent dans le sport qu'il y a ce qui se passe sur le
01:47terrain et ce qui se passe en dehors du terrain.
01:49Mais évidemment que quand Patty Mills y vient et qu'il est coaché par Tony Parker, il ne va plus
01:53dire
01:54« Ah gros, ça va, t'es mon pote, laisse-moi faire ça. »
01:55Non, au contraire, je pense même qu'il y a un devoir d'exemplarité.
01:59Oui, ça marche.
02:01Non, non, mais vous, vous ne me tirez pas vers l'eau de toute façon.
02:04Donc, il faut être exemplaire et je pense que pour l'instant, ça se passe.
02:07Mais on a affaire à deux grands professionnels, Tony Parker, et on le voit depuis qu'il est entraîneur,
02:10il a retrouvé cette espèce de rage de vaincre et on l'a vu encore hier dans la victoire en
02:14Euroleague.
02:15Et Patty Mills, c'est un professionnel de très haut niveau.
02:17Donc, en fait, ça se passe bien et il tire le groupe vers le haut et il n'y a
02:20pas de querelle ou de guéguerre de « On est pote, tu te prends pour qui ? »
02:23On sait qui est qui.
02:24Alors là, ça se passe bien, mais est-ce que c'est forcément gage de réussite parce que ça change
02:27la relation ?
02:28Tu ne peux plus peut-être vanner, tu as une espèce de barrière ?
02:31C'est certain que ça change une relation, ça c'est sûr, mais parce que c'est le principe même
02:34de devoir mettre des barrières.
02:36Il y a forcément, quand on est ami ou quand on est proche et que là, on doit faire semblant,
02:40pas de se vouvoyer, mais de créer de la distance qui n'est pas quelque chose de naturel dans leur
02:43relation,
02:44il y a forcément quelque chose qui doit se travailler.
02:47Ça se fait au fur et à mesure, je pense.
02:48Mais comme l'a dit Erwan, quand on est face à des personnes intelligentes, en règle générale, ça se passe
02:51bien.
02:51Après, souvent, ça vient aussi de la personne qui va plutôt être, quand je dis en dessous, c'est qui
02:57va avoir l'autorité.
02:59C'est-à-dire que moi, je sais que j'avais déjà été dans le cas de figure où des
03:02nouveaux entraîneurs devaient être amenés à entraîner un groupe.
03:06Et on se disait « mais non, mais ils ne vont pas nous entraîner, on se connaît depuis trois ans
03:10».
03:10Il y avait des choses, ça ne marchait pas.
03:13Mais parce qu'en fait, au-delà même de la proximité, c'était l'âge.
03:16Vous voyez ce que je veux dire ? C'était vraiment le fait qu'il n'y avait pas encore
03:19assez d'expérience, pas assez encore ce lien
03:22qui faisait qu'il pouvait mettre de l'autorité sur moi, par exemple.
03:25Vous voyez ce que je veux dire ? Mais donc, c'est plus l'âge que…
03:27C'est un manque de légitimité pour toi.
03:29Exactement. C'était plus le manque de légitimité.
03:31Alors que, excusez-moi, mais qui peut parler du manque de légitimité de Tony Parker ?
03:33Il y a aussi ça.
03:34Pierrot, je t'amène sur le foot, mais ça marche vraiment dans tous les sports.
03:37Notre journaliste Louis Pellissi a listé plein d'exemples.
03:39On a Zidane, évidemment, qui a coaché Sardio Ramos au Real, et pas que.
03:44On a, comme autre exemple, César Aspiluqueta, coaché par Franck Lampard à Chelsea.
03:49En rugby, ça fonctionne aussi, avec Fabien Galtier qui a coaché son poteau, Christophe Dominici,
03:54c'était à l'époque du Stade français.
03:56Karabatic, en handball, qui était super pote avec Didier Dinard, souvenez-vous,
04:01il était les frangins comme jamais.
04:03Depuis qu'il a eu coach, il ne se parle quasiment plus.
04:05Et Xavi au Barça, ils les connaissaient tous.
04:08Ce n'était pas facile pour Xavi.
04:10Regardez ce qu'il a déclaré.
04:11Et j'ai dû dire à Piqué de se retirer parce qu'il jouerait moins.
04:14J'ai même eu du mal à dormir parce qu'on avait beaucoup profité ensemble.
04:17Et avec Jordi Alba, j'ai eu le sentiment de ne pas être un ami à la hauteur.
04:20Mais je devais donner la priorité à l'équipe.
04:22Ce n'est pas évident aussi pour le coach de prendre ce genre de décision.
04:24Il y a des sentiments, quoi.
04:25S'il a des sentiments dans ses prises de décision, ça veut dire qu'il n'est pas fait pour
04:28être coach.
04:29Déjà, ça donne le point de départ.
04:31Quand tu passes coach, forcément, déjà, tu as ton statut qui change.
04:35Et je pense que celui des deux qui reste encore joueur et qui est coaché par un de ses potes,
04:40en fait, le minimum qu'il a à faire par rapport à la relation qu'il avait avant,
04:43c'est déjà de montrer à l'intégralité d'un effectif le respect qu'il a pour celui qui est
04:48hiérarchiquement au-dessus.
04:49Donc ça, déjà, c'est la première des choses.
04:51Après, moi, je trouve que ça peut, à aucun moment, si ça s'est bien passé dans un vestiaire,
04:56à aucun moment, ça peut mal se passer à partir du moment où il y a l'un des deux
04:58qui passe coach.
04:59Maintenant, il y en a qui, en passant coach, peut-être aussi changent de statut et changent de personnalité
05:05et se prennent un petit peu plus pour d'autres.
05:07Ce qui s'est peut-être passé avec Fandolo Ambal, avec Karabatic et j'ai oublié son nom, Didier Dinard.
05:15Maintenant, moi, je ne vois absolument pas le côté négatif d'une promotion dans l'un des joueurs.
05:21Moi, si j'ai un pote à moi qui devient coach ou directeur sportif, déjà, un, je suis fier de
05:26lui
05:26et deux, je vais me battre pour lui parce que, dans le vestiaire, ça se passait bien.
05:29Ça, c'est dans le meilleur des mondes.
05:30Après, tu sais, les gens sont tellement différents par rapport à prendre du galon quand tu deviens entraîneur.
05:35Il y a des gens qui changent du tout.
05:36Ce n'est pas toujours le joueur qui va mal prendre devant le désordre d'un ami.
05:40C'est aussi le mec qui va peut-être se prendre pour un autre parce que, désormais, c'est lui
05:43le numéro un.
05:43Et puis, tu le prendrais plus mal si tu ne joues pas.
05:44Mais si je ne joue pas et qu'il me l'explique, je peux très bien l'entendre.
05:49Après, il y en a qui l'entendent et l'autre qui ne l'entend pas.
05:51Tu peux émotionnellement plus mal le vivre que si c'est un mec que tu ne connais pas.
05:54Non, mais ce n'est pas parce que c'est un mec, ce n'est pas parce que tu es
05:56potes avec lui qu'en fait, il va te faire jouer.
05:57Il a raison, Erwan, par rapport à ce qu'il a dit tout à l'heure.
05:58Oui, mais c'est ça, je suis d'accord avec vous.
05:59C'est juste qu'émotionnellement, tu peux le prendre de l'autre manière.
06:01Même si je suis moins bien, tu me mets quand même.
06:03Ça peut être un vrai plus.
06:04J'avais dit pour conclure.
06:05Je pense que Tony Parker et Patimus, pour les échos que j'en ai en plus, c'est un vrai
06:09plus.
06:09Oui.
06:10Parce que Patimus, de toute façon, plus dans cette équipe, c'est l'un des meilleurs joueurs.
06:12Il a dit la prolongation de le moins sur le terrain, il a dit.
06:14Donc, dans les échanges, il te fait gagner du temps.
06:15Je pense qu'aussi dans le vestiaire, quand le coach n'est pas là, certains sont frustrés.
06:19Il met de l'huile, il va le voir.
06:20Mais ça peut aussi, ça c'est le bon côté des choses, mais ça peut aussi faire exposer un vestiaire.
06:23Parce que d'un coup, attends, tu me parles à moi comme ça, mais moi je ne suis pas les
06:26autres.
06:26Mais si en fait, dans un vestiaire et sur le terrain, tu es comme les autres.
06:28Il y a tous les cas de figure.
06:29Je voulais conclure avec le match de Lasvel hier soir, parce que ça s'est plutôt bien déroulé pour Patimus
06:33et Tony Parker.
06:35Lasvel a enfin gagné en Euroleague après trois défaites d'affilée.
06:38Victoire 82 à 75 à domicile face aux partisans de Belgrade.
06:41Ça s'est joué sur la fin.
06:42Lasvel était mené de 11 points à 6 minutes du terme.
06:45Et là, on a assisté à un final de folie.
06:46Le public debout, ils ont passé à un 15-0 avec pas mal d'adresses à 3 points.
06:50Patimus, justement, a été précieux, 14 points pour l'Australien.
06:53Mais mon Dieu, qu'elle fait du bien cette victoire à Lasvel, Erwan.
06:56Oui, elle fait du bien. Ils avaient enchaîné des défaites compliquées, notamment contre Belgrade.
06:59Mais l'étoile rouge de Belgrade à domicile, on se souvient de ce tir au buzzer de Chris Jones qui
07:02avait fait très très mal.
07:04Ensuite, ils étaient allés se faire cueillir du côté de Madrid.
07:06C'était logique, mais ils enchaînaient les défaites.
07:07C'est bien de gagner à domicile, de ne pas être trop décroché trop vite dans cette longue et difficile
07:12course qu'est l'Euroleague.
07:14Pour l'instant, ils sont 14e au classant.
07:15Avant de partir, on repose. Vous aimez le sport en direct ?
07:18Bien sûr.
07:18C'est la passion.
07:19On va se connecter à l'équipe live foot pour suivre l'équipe de France de foot féminin engagée dans
07:24la Coupe du Monde U17.
07:25Ça tombe bien, on parlera peut-être en fin d'émission de ces compétitions de plus en plus jeunes.
07:29Là, on est en 8e de finale et les Bleuettes affrontent la Chine.
07:31Ça se passe au Maroc 0-0.
07:33Donc, si vous voulez encourager les Françaises.
07:35La fin du match, ça se passe maintenant sur l'équipe live foot.
07:37Et nous, on se retrouve dans quelques minutes dans l'équipe de choc.
07:39Il fallait capter un but en direct.
07:40Attention.
07:42C'est d'optique.
07:43Allez, à tout de suite.
07:44C'est d'optique.