- il y a 2 heures
Yves Thréard reçoit Jean-Louis Borloo. Député, ministre à plusieurs reprises et ancien maire de Valenciennes partage sa vision réformatrice pour la France.Il estime que le modèle jacobin français est à bout de souffle et plaide pour davantage d'autonomie des territoires. Il est convaincu que les Français ont l'imagination et le courage nécessaires pour redresser le pays.« La jeunesse est le seul chemin de reconstruction de la France. Aucun pays ne s'est redressé sans sa jeunesse. »Embarquez Quai n°8. A bord du train, le paysage défile mais les mots, eux, prennent leur temps. Un journaliste, un invité et un trajet pour faire émerger ce qui ne se dit pas ailleurs. Dans un compartiment singulier, une conversation s'installe, explorant ce qui tisse un itinéraire, éclaire une pensée, porte un engagement. Chaque collection emprunte sa propre voie : Didier Varrod s'entretient avec des artistes pour qui la musique est aussi un acte citoyen. Yves Thréard fait revivre à des figures politiques le jour où leur vie a été bouleversée par un événement à résonnance nationale ou internationale. Laure Adler donne la parole aux féministes. Daphné Roulier interroge des personnalités du cinéma, reflet de notre société... Un format inédit, comme une invitation à penser autrement.
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00:07Générique
00:18Bonjour Jean-Louis Borloo.
00:19Bonjour.
00:20Alors je vous invite à partir vers l'avenir, vers le futur de la France.
00:25Qu'est-ce qui cloche aujourd'hui dans ce pays ?
00:26Parce qu'on dit que ce pays est complètement ankylosé, qu'on a du mal à changer les choses. Pourquoi
00:31?
00:33Il y a des vieilles règles, immuables.
00:37Quand un système ne marche pas, rien ne marche.
00:41La deuxième règle, c'est que quand vous êtes en faillite, les pires comptes qu'on a sont presque flatteurs
00:48par rapport aux raisons pour lesquelles on a ses comptes.
00:51Ça veut dire que ça fait très très longtemps que la machine ne fonctionne plus.
00:55Troisièmement, ce qui concerne la France, nous sommes dirigés par des gens de grande qualité.
00:59Ah, tout le monde ne dit pas ça.
01:01Moi je vous le dis.
01:02Bon, ils sont honnêtes, ils sont intègres, ils essaient de bien faire.
01:05Il y a ceux qui t'expliquent que c'est des voyous, qu'ils s'en foutent, c'est pas
01:08vrai.
01:08C'est pas vrai ça.
01:09Ce n'est pas vrai.
01:10C'est pour ça que ça...
01:11Oui, mais ça alimente le populisme ça.
01:13C'est que ça ne marche pas.
01:15Le vrai problème, c'est pas qu'il faut changer 15 gaillards.
01:19La vraie question, c'est que le modèle français est à bout de souffle.
01:23En gros, Robespierre, codifié Napoléon, la monarchie de Juillet, etc.
01:29Bon, ce système qui était centralisé, quand 2% d'une classe d'âge savait lire et écrire,
01:36qui n'est plus centralisé, alors que tu crois que c'est toujours centralisé.
01:39La cour est centralisée.
01:42Toujours à Paris.
01:43L'affluence est centralisée, mais pas les ressources humaines.
01:46Tout ça est une blague.
01:48De Gaulle, il l'avait parfaitement compris, le général, en 69, quand il avait dit
01:52« Il est temps que les provinces s'occupent des affaires des provinces. »
01:56Oui, mais les Français l'ont envoyé.
01:57Absolument. Et que l'État s'occupe de l'essentiel.
02:00Il l'avait compris, et à l'époque, la société bourgeoise, un peu frileuse,
02:04l'avait congéliée, il était reparti en Irlande.
02:07Qu'est-ce qui s'est passé après ?
02:08Comme ça ne marche pas, le système, on a continué à dépouiller.
02:11Alors, le paritarisme qui faisait 5%, aujourd'hui, ça fait 50-60% du PIB.
02:16C'est-à-dire, en fait, 800 milliards gérés par 8000 organismes paritaires.
02:21C'est-à-dire des organismes qui ne sont pas des organismes qui dépendent de l'État,
02:25mais qui ne sont pas l'État.
02:25Non, ce n'est pas l'État.
02:26Alors, l'État s'en mêle un peu, il fait des conventions, etc.
02:29Enfin, ce n'est pas l'État.
02:30C'est les professionnels, quoi.
02:31Si je devais résumer, c'est assez simple.
02:34Vous voulez faire une crèche en France ?
02:36Oui.
02:36Il faut.
02:38La ville, l'agglo, la caisse d'allocations familiales,
02:42on nous verra la MSA, le département, le reste à vivre, l'État et l'ARS.
02:49Ça fait combien d'acteurs ?
02:507 à 8.
02:50En dessous de 7, il n'y a aucun dossier.
02:53Il n'y a aucune organisation au monde où, pour faire une piscine, une crèche, un labo, peu importe,
03:00il faut 7 acteurs minimum.
03:02Ça n'existe nulle part au monde.
03:047 acteurs, c'est les bons cas.
03:06Si, par exemple, vous vous dites, tiens, je vais faire un peu d'immobilier,
03:09construire un logement, on a besoin de logements.
03:12On a une petite résidence de 50 logements.
03:15Bon, pas une affaire, 50 logements, tout le monde en a besoin.
03:18C'est un truc simple.
03:19On a des architectes, on a des ingénieurs, on a des boîtes de BTP,
03:22donc tout ça, et on a des terrains, c'est simple.
03:2642 organismes, 42 organismes d'autorisation pour faire ça.
03:31Donc, c'est impossible ?
03:32C'est injouable.
03:33C'est juste injouable.
03:33Surtout qu'à ça s'ajoutent des intérêts idéologiques, parfois.
03:38Non, c'est juste le bordel.
03:41La vérité, c'est que ça ne marche pas.
03:43La France est un bordel.
03:44Mais, alors, je n'aime pas le mot, mais c'est une cacophonie.
03:48Tout le monde fait tout.
03:49Pour faire le salon de la chaussure, tu vas avoir les 7 mêmes intervenants.
03:55Résultat, personne n'est vraiment responsable.
03:57Tout le monde est un peu responsable.
03:59Tout le monde a mis son nom sur l'affiche le jour de l'inauguration.
04:02Mais tu as mis 4 ou 5 ans, comité de coordination, de pilote, comité de suivi, enfin bref.
04:09Kafkaïen.
04:10Mais c'est Kafkaïen.
04:11Il n'y a pas un chef d'entreprise, un artisan, un boulanger, un maire, un adjoint qui ne vous
04:18dira pas ce que je vous dis.
04:19Et c'est la bonne nouvelle.
04:21Et bien, pourquoi on n'arrive pas à changer alors, puisque tout le monde le dit ?
04:24Non, attendez.
04:25Non, tout le monde vous dit les conséquences qu'il subit.
04:27Oui.
04:28Tout le monde.
04:29C'est tellement compliqué qu'on s'est habitué.
04:33C'est ce que c'est que l'habitude.
04:34Je veux dire que vous prenez 10 fois par jour le même chemin, même si ce n'est pas le
04:38plus court.
04:38C'est comme ça.
04:39La vie, on est formaté comme ça.
04:41Bon, ce n'est pas les constructeurs automobiles qui ont développé la voiture électrique.
04:45C'est quelqu'un qui faisait autre chose.
04:46C'est comme ça.
04:47Les grandes mutations se font toujours par des systèmes.
04:51C'est exo à ton système.
04:53C'est juste normal.
04:53Alors, ça, c'est grave chez nous, parce qu'on a cette espèce d'idée de Robespierre à nos jours,
04:59qu'au fond, l'espèce de machine d'État, elle est la morale plus plus.
05:03C'est l'autorité, quoi.
05:04Elle est garante de l'équipe.
05:06Elle est légitime.
05:07Voilà, mais va dans une école à Grigny, va dans un commissariat qui est complètement...
05:11Non, mais je veux dire, on est complètement...
05:12Et il y en a, c'est...
05:14Enfin, bon, ouais, ça ne marche pas.
05:15Donc, le système de la justice, c'est pas les magistrats sont ceux-ci ou sont ceux-là.
05:21Pas ça, le sujet.
05:22C'est qu'on est à la fois dans un système inquisitoire, accusatoire,
05:25ce qui fait que l'instruction, elle prend 44 mois.
05:27La chaîne, elle est complètement démonte.
05:29On a encore, tu ne sais pas pourquoi, un espèce de tribunal spécial qu'elle trouve administratif.
05:34Bon, enfin, bref, tout ça.
05:36Les chaînes de commandants ne fonctionnent pas.
05:38Donc, il faut se calmer.
05:40On a les capacités de simplification.
05:44C'est vrai.
05:45En fait, quand une machine ne marche pas, il ne faut pas dire que c'est de la faute d
05:49'un tel.
05:49Tu regardes les procès de décision.
05:51Je donne un exemple.
05:52Le droit d'asile.
05:54Le droit d'asile, moi, j'ai fait le trajet.
05:56Je l'ai fait avec le Malien.
05:57J'ai fait tout.
05:58Bon, alors, on va à la préfecture.
06:00La préfecture, il faut aller à l'Oeufpra à Paris.
06:01L'Oeufpra à Paris.
06:02On a un pour dix ans.
06:03On a un pour dix ans.
06:05C'est juste que le procès ne marche pas.
06:06Donc, il faut tout reprendre à zéro.
06:11Mais finalement, c'est plus simple.
06:13D'essayer de tourner à la marche sans rien changer.
06:15Vous n'y arriverez pas.
06:17Le choc de simplification, tout ça, c'est des blagues.
06:20En plus, ça coûte cher, tout ça.
06:21Mais ça ne marche pas.
06:22Rien ne fonctionne.
06:23Moi, je me souviens, il y a quelques années, je ne sais pas pourquoi, j'étais en Russie.
06:27Et puis, le matin, la télé, je comprends qu'il y a un putsch.
06:32Alors, je saute dans un taxi, je veux avoir le putsch.
06:34Moi, je trouve ça bien.
06:35Les chars autour, c'est passionnant.
06:37Et donc, j'arrive.
06:39Alors, je suis avec un taxi.
06:39C'est la fin de Gorbatchev, ça.
06:41Oui, c'est ça.
06:42Enfin, elle signe, enfin, c'est bon.
06:44Et je lui ai dit, je vais aller voir le putsch.
06:46Et le mec me dit, il a raté.
06:48Je lui ai dit, pourquoi ?
06:49Parce qu'ici, monsieur, rien ne marche.
06:51Bon, en fait, la France, c'est ça.
06:52Là, dans les 48 heures, qu'est-ce qui s'est passé ?
06:55On t'annonce que crise du logement dramatique.
06:57Moi, je ne sais pas combien, 40%.
06:59Tu as vu la dette, elle a explosé.
07:01La croissance, elle s'est affiné.
07:02Bon, bref.
07:03On t'a dit, en 24 heures, qu'on est passé de 0,7 à 0,4 de croissance,
07:07à deux mois de la fin ?
07:09Non, mais on a 15 000 prévisionnistes pour se tromper de 40 milliards.
07:15Ils ne contrôlent plus, elle est trop compliquée.
07:17La machine, on ne la contrôle plus.
07:18On a perdu le contrôle.
07:20Totalement, de tout.
07:21Mais alors, comment on le reprend, le contrôle ?
07:22C'est simple.
07:22C'est simple, tu te dis, voilà, on est 70 millions,
07:25on a des mers, des océans, des trucs.
07:28Voilà nos caractéristiques.
07:30Bon, alors, qu'est-ce qui relève du poste de commandement central ?
07:33Et qu'est-ce qui relève ? De la province, en gros.
07:36Tout ce qui est opérationnel, peines et soins, c'est la province,
07:39avec les règles de la province.
07:41Les bretons s'occupent du logement des bretons,
07:43et ils le font très bien.
07:44Toutes les règles d'urbanisme, de logement national,
07:47elles sont dissoutes.
07:48Elles sont dissoutes.
07:49Tu dissous tout ce qui est transféré, tu le dissous.
07:52Transféré, mais à une entité commune.
07:54La province qui regroupe la région, le département,
07:56une partie des activités des caisses de location famille.
07:59Donc on revoit complètement l'organisation française ?
08:02Mais attends, comme dans tous les pays du monde !
08:04Y compris l'école ?
08:05Alors, t'as deux choses...
08:06Parce que quand j'entends ça...
08:07Non, non, mais j'entends, il y a deux choses...
08:08Il faut bien mélanger, parce que nous, on adore les grands débats théoriques.
08:11T'as deux choses distinctes.
08:13Les programmes relèvent de la nation,
08:15ça ne veut pas dire qu'elles ne se trompent pas de temps en temps.
08:17On peut discuter du pédagogique, mais peu importe.
08:19En revanche, les enfants,
08:21la gestion du personnel, l'adaptation,
08:26tout ce qui est en plus de l'école,
08:28parce que le sujet central va être la jeunesse de France.
08:30J'espère qu'on a deux minutes pour en parler.
08:31On va parler de la jeunesse, justement.
08:33C'est elle qui est concernée, puisqu'on parle de l'avenir.
08:35C'est le sujet central.
08:37Aucun pays ne s'est redressé sans sa jeunesse.
08:41Le seul chemin de reconstruction de notre pays,
08:43si on passe par sa jeunesse.
08:44Et on a oublié cette jeunesse ?
08:46Totalement.
08:47Mais d'ailleurs...
08:48Parce qu'on parle beaucoup des retraites.
08:49Le patron du MEDEF
08:51se donne la peine d'écrire pourquoi la jeunesse
08:54doit être une grande cause nationale.
08:55C'est pas Jean-Louis Bourgneau.
08:56Mais nous, on n'arrête pas de parler à des retraites ?
08:57Mais non, mais c'est pas parce que vous parlez les uns
09:00et les autres d'un truc
09:01que c'est le problème central.
09:03Je viens de vous dire,
09:04les retraités, vous savez ce qu'il faut leur dire ?
09:06On va s'occuper de tes petits-enfants.
09:08Parce que le sujet principal d'un retraité,
09:11c'est ces petits-enfants.
09:12Pour l'instant,
09:13on les laisse à voler haut.
09:14Regardez les résultats bizarres.
09:16Regardez l'ASE,
09:17l'aide sociale à l'enfance.
09:19450 000 jeunes complètement paumés,
09:23perdus.
09:24Chez les filles en internat dans le département du Nord,
09:2680% dans des réseaux de prostitution.
09:2950 000 enfants soldats,
09:30c'est-à-dire qui ont touché une arme avant la puberté.
09:33J'ai expliqué, au fait,
09:35le drame qu'on n'a pas vu.
09:37Avant, c'était simple.
09:38Le prof, l'instit, le maître,
09:40il avait des jeunes homogènes,
09:43culturellement, culturellement, linguistiquement.
09:46Et puis, à la maison,
09:48il y avait un des deux qui ne travaillait pas.
09:49En général, c'était la maman.
09:51Bien ou pas bien.
09:52C'est juste comme ça.
09:53C'est-à-dire, celui qui arrivait
09:54avec les deux parents qui travaillaient,
09:55on appelait ça l'enfant-clé.
09:57C'est le seul de la classe.
09:58Bref.
09:59Donc, tout ça a été structuré.
10:01Je ne dis pas que c'est bien ou pas bien.
10:02C'est un constat.
10:03Et quand le gamin, il débordait du coloriage,
10:05il y avait le club coco ou le club cato.
10:10Et donc, ça, c'était le système.
10:12Et puis, pour les garçons,
10:13il y avait le service immunitaire à la fin.
10:14Très bien.
10:16Alors, l'homogénéité culturelle,
10:17culturelle, ethnique,
10:18on en reparlera.
10:20Ce qui fait que les profs,
10:21ils arrivent,
10:22ils ont un truc devant eux
10:23qui est un peu étrange.
10:24Bon, la femme travaille très, très bien.
10:26Moi, je trouve ça formidable.
10:29Il y a 42% de mamans isolées.
10:31C'est quand même une dinguerie.
10:33Et on n'a plus d'éducateurs.
10:35Donc, il faut remettre le paquet là-dessus.
10:37Évidemment.
10:38Il y a une chose à faire.
10:40Mais qui est-ce qu'on implique ?
10:40Où vous vous impliquez, par exemple ?
10:41Je vais vous le dire.
10:42Alors, d'abord, on a recruté 400 000 fonctionnaires,
10:45mais on a viré 100 000 éducateurs.
10:48Cherchez l'erreur.
10:49On est juste dingue.
10:50On ne s'est pas rendu compte de ce qu'on faisait.
10:53On ne s'est pas donné les priorités là où elles sont.
10:55Mais oui, parce qu'on n'a pas vu que les gamins...
10:57Voilà, on était en 1,5 million de jeunes au pied des immeubles.
11:02C'est-à-dire 20% d'une classe d'âge.
11:0520%.
11:05Mais on est fous.
11:06C'est pour ça que le patronat te dit,
11:08mais attends, ces jeunes-là,
11:11remettez-les-moi juste un peu au carré,
11:13juste en forme, bien.
11:14Nous, c'est 2 à 3 points de croissance.
11:16C'est ça le redressement du pays.
11:17Est-ce que vous avez l'impression de parler dans le désert ?
11:19Pas du tout.
11:20Non, c'est marrant.
11:20On vous entend ?
11:21Écoutez, j'en sais rien,
11:23mais j'ai l'impression que oui.
11:25Et c'est pas que...
11:26Moi, ce que je raconte,
11:27je ne fais que dire ce que tout le monde en fait sait.
11:30Vous excusez-moi.
11:31Et d'ailleurs, pour qu'une idée soit intelligente,
11:34en vrai, c'est qu'elle est au fond partagée par tout le monde.
11:36Si t'es tout seul à la voir,
11:37t'es un petit génie tout seul,
11:38mais tu vas rentrer chez toi.
11:39Oui, il n'y en a pas beaucoup qui disent ça.
11:41Mais parce que j'ai un cadre d'avance,
11:43mais pas plus.
11:43En vérité, tout le monde sait très bien.
11:45Prenez l'exemple d'Orléans.
11:47C'est génial, l'Orléans.
11:48La ville d'Orléans.
11:49La ville d'Orléans.
11:50J'avais dit à Serge,
11:51qui est un maire formidable,
11:52Serge, Grouard.
11:53Grouard, qui est le maire d'Orléans.
11:54Absolument.
11:55Il me dit, attention,
11:56c'est que pas des gamins à la source,
11:57à la fin de 3 000 personnes.
11:59On peut faire toute la rénovation urbaine qu'on veut.
12:01Bon, bref.
12:02Ça ne marchera pas.
12:02Ils sont très, très bons.
12:04Qu'est-ce qu'ils font ?
12:05Ils ont fait le syndrome africain.
12:08Tout un village pour élever un enfant.
12:10Bon, Benoît, Mohamed ou Moussa,
12:12à 15h07,
12:14tu vois qu'il va déconner
12:15ou qu'il va créer un problème.
12:17Et qu'est-ce qui se passe ?
12:18À 15h08,
12:20la chaîne se met en route.
12:21C'est-à-dire, le prof prévient le principal,
12:23le prof qui prévient instantanément
12:25le chef de file de la bande.
12:28Parce que la bande, c'est quoi ?
12:29C'est toutes les assos.
12:30C'est la CAF, c'est la CNAPS,
12:32c'est le département, c'est l'hôpital,
12:33les services de pédopsychiatrie.
12:35Enfin, bref.
12:36Les groupes de parents relais.
12:37Alors, à la minute, dans la demi-heure,
12:41Bob, Benoît, machin,
12:42il est sorti du système,
12:44on l'emmène au club de karaté,
12:46s'il est plutôt,
12:47ou de judo, je ne sais pas quoi,
12:48ou de pipo, enfin, peu importe.
12:50Il est pris en main par un club.
12:52Les pédopsychiatres d'hôpital
12:53vont immédiatement le voir.
12:54Les assistantes sociales,
12:56elles vont voir les parents, etc.
12:57La chaîne, résultat des courses,
12:5982% de baisse de délinquance des mineurs.
13:01Ça veut dire que c'est la ville
13:03qui a décidé ça,
13:03pas besoin de l'État ?
13:05Mais c'est tout.
13:05Il faut bien comprendre
13:07que notre système,
13:07il est émietté.
13:09Il faut revoir complètement
13:12l'organisation du pays.
13:14l'ASE, la PJJ,
13:16protection de la jeunesse,
13:18la politique de la vie de l'État,
13:20l'État tout court,
13:21l'Éduc, l'hôpital,
13:24la caisse d'allocations familiales,
13:25la MSA, mes enfants.
13:28T'as 10 dispositifs,
13:3115 milliards par an,
13:32j'ai jamais vu un môme
13:33frapper à la porte d'un dispositif,
13:35moi, jamais.
13:37Quelle est la recette
13:38pour que ça,
13:39on puisse le répliquer
13:41partout en France ?
13:42Il suffit de tout réorganiser.
13:44Et qui peut le faire ?
13:44C'est un président de la République ?
13:45Non, c'est les Français
13:46qui donnent mandat
13:47à une équipe de le faire.
13:48C'est aussi con que ça.
13:49Je veux dire,
13:50c'est pas...
13:53Il y a plusieurs rendez-vous,
13:55mais il y a un grand rendez-vous,
13:56où, en gros, voilà,
13:57dans les années, là,
14:002027, 2027, 2028,
14:02on est au bout du rouleau.
14:04Oui.
14:04Ça se fait vite, tout ça ?
14:05Ben, oui.
14:07Tu décides de faire les provinces,
14:08par exemple,
14:0916, 17, 18 provinces,
14:11tu fusionnes tout ça,
14:12t'as un parlement de province,
14:13t'as un ministre de logement,
14:15un ministre de...
14:15Mais bien sûr, c'est...
14:16C'est tout, 15 ministres ?
14:17Mais par parlement.
14:19Oui.
14:19Par province.
14:21Enfin, je veux dire,
14:22il faut...
14:23Nous, on a cette espèce d'idée,
14:24c'est terrifiant, c'est...
14:27Ben, on est un pays
14:28extrêmement jacobin,
14:30complètement...
14:30Mais sauf que c'est pas vrai.
14:31C'est une pièce de théâtre.
14:33Ah oui.
14:33T'es jacobin,
14:34quand t'as 300 milliards de recettes,
14:35et que les partenaires sociaux,
14:37on est 800,
14:37et les collectivités,
14:38380,
14:39c'est une blague.
14:41L'influence...
14:41Donc on se ment, alors,
14:42depuis longtemps, alors.
14:43Bien sûr qu'on se ment.
14:44Mais bien sûr,
14:44on se ment complètement.
14:46C'est pour ça que ça marche pas.
14:47T'as un ministre,
14:48il appuie sur un bouton,
14:49il se passe rien.
14:50C'est pas lui qui contrôle.
14:51Ça permet de faire des économies.
14:52C'est entre 80 et 120 milliards, quoi.
14:54Et en combien de temps on fait ça ?
14:55Ben, ça dépend.
14:56Si la bande est très...
14:57C'est ultra préparé.
14:59Ouais.
14:59Ça peut se faire en un an et demi.
15:02Un an.
15:02En un an et demi.
15:03Ben oui.
15:03Mais pour ça,
15:04il faut aussi que ça rentre
15:05dans la tête des Français.
15:06Non, mais il faut que les Français...
15:07Mais les Français, je vais dire.
15:08Les Français,
15:08ils sont déjà d'accord.
15:09Non, non.
15:10C'est l'élite
15:11qui est pas d'accord.
15:12C'est l'élite, ouais.
15:13C'est l'élite qui vit
15:14d'une petite rente
15:14et une fois de plus,
15:15ils essaient de bien faire.
15:16Ils ne se rendent pas compte
15:17parce qu'ils savent pas
15:18ce qui se passe à Grigny.
15:20C'est pas vrai.
15:21Ils sont dans leur club.
15:22Et je suis là,
15:23ça va bien pour eux.
15:24Vraiment, ça va bien.
15:25Et je le dis avec tendresse,
15:26c'est mes copains.
15:28Je n'ai aucune antipathie.
15:29Je ne fais aucun...
15:30Rien.
15:30Mais cette élite,
15:31vous en avez fait partie, vous.
15:32Mais oui et non.
15:33Et vous vous en faites partie.
15:34Ben, attendez.
15:35Bizarrement, oui et non.
15:35D'abord,
15:36j'ai pas fait des grands corps
15:37et moi,
15:37quand je me suis retrouvé à Valenciennes,
15:39je les ai supportés.
15:45Et quand j'ai voulu faire
15:46une scène de théâtre,
15:48quand même pas aussi pour Valenciennes,
15:50vous avez vu,
15:51avec tant de chômeurs,
15:52j'ai dit justement,
15:53c'est parce qu'on a des chômeurs
15:54qu'on a besoin d'une grande bibliothèque,
15:56qu'on a besoin de culture,
15:57enfin, on a besoin du beau.
15:59Mais enfin,
15:59ils n'ont pas beaucoup aidé.
16:00J'étais au bout de l'Empire,
16:01quasiment à la frontière belge.
16:03Je les connais par cœur.
16:04Quand je me suis occupé du logement,
16:06on est passé de 238 000
16:07à 480 000 productions.
16:09Il n'y a plus de logements construits aujourd'hui.
16:10Non, mais c'est dingue.
16:11Non, mais attends,
16:12il y a une dame au Trésor
16:13qui a écrit il y a 3 ans,
16:14on n'a pas besoin
16:15de plus de 270 000 logements par an.
16:17Mais ils sont dingues.
16:18Mais d'où ça sort, ça ?
16:20Parce que,
16:22eux, ils n'ont pas de problème de logement.
16:23Oui.
16:24C'est ça.
16:24Mais il faut bien qu'on...
16:26Moi, je ne leur en veux pas.
16:26Donc les Français,
16:27quand ils se révoltent
16:27contre les élites,
16:28ils ont raison.
16:30Mais je trouve
16:31qu'ils ne se révoltent pas beaucoup
16:32par rapport au niveau de dégradation.
16:34Moi, je trouve
16:35qu'on est d'une gentillesse.
16:37Ah oui ?
16:37Mais d'une très grande gentillesse.
16:39Parce que quand même...
16:40Les gilets jaunes,
16:40c'était de la gnognotte, alors ?
16:42Non, ce n'est pas de la gnognotte.
16:43Là, il y avait une espèce de violence
16:45parce qu'il y avait de l'humiliation en plus.
16:47Oui.
16:48Parce que ce système,
16:49en gros,
16:49tu sais ce qu'ils pensent,
16:50ce système ?
16:51On va faire de la pédagogie,
16:53on va vous expliquer.
16:54Oui, oui.
16:55On va vous expliquer.
16:56Alors là,
16:57là,
16:57et Péper,
16:58tu ne vas pas m'expliquer.
16:59Moi, je sais que ma petite nièce,
17:00elle s'est fait bousculer
17:01à la gare de Lisieux
17:02et que le grand-père de mon voisin,
17:04il a attendu 11 heures
17:05aux urgences à l'hôpital.
17:06Et puis, il est mort.
17:07Voilà.
17:07Donc, tu ne vas rien m'expliquer du tout.
17:08Pourquoi on a un problème
17:09avec la retraite ?
17:10Parce que l'émetteur
17:11qui demande l'effort,
17:12il n'est pas légitime dans leur tête.
17:14Il n'est pas légitime.
17:15Donc, en plus,
17:16il y a des vraies difficultés.
17:17Mais,
17:19je veux dire à tous ceux
17:20qui sont en colère,
17:22oublier les colères individuelles.
17:23Ce n'est pas le sujet.
17:24On est capable,
17:25à 70 millions,
17:26de redresser le pays.
17:27Voilà.
17:28Et ça peut passer
17:28par une insurrection ?
17:30Non, ça va...
17:31Ça peut être le déclencheur ?
17:31Non, non,
17:32ça peut...
17:33Je n'en sais rien, moi.
17:34Vous savez, Lénine disait
17:35« Ne me demandez pas
17:36quand vient la Révolution,
17:37c'est elle qui décide. »
17:38Oui.
17:38Donc, non,
17:39je pense qu'on est plutôt
17:40comme en Pologne
17:40au vent de Solidarnosc
17:41ou la Perestroïka.
17:43Je pense que tout le monde
17:44dans la société a compris
17:45à peu près que ça ne marchait pas.
17:47Que le système
17:48où on a des gouvernements
17:48très déshonorables,
17:50mais où la diversité maximale
17:52va de Sciences Po-Line
17:53à Sciences Po-Paris,
17:54il n'y a un seul regard,
17:55pas de regard de vétérinaire,
17:56d'agriculteur,
17:57d'ouvrier,
17:58polytechnique.
17:58La France,
17:59c'était les phares et balises,
18:00c'était Kourou,
18:01c'était le TGV,
18:02c'était les grands artistes,
18:03c'était ça, la France.
18:04Et maintenant,
18:05c'est le Conseil d'État,
18:06la Cour des Comptes
18:07et l'inspection.
18:07Qu'est-ce que tu veux
18:08que je te dise ?
18:08Ça ne peut pas marcher.
18:10Les gens ont compris.
18:11Et ils sont assez sympas.
18:12Je trouve qu'ils sont
18:13quand même très...
18:15Pourtant,
18:15on est assez bouillants,
18:16on est assez...
18:18On a coupé la tête
18:20d'un gazier
18:21il y a 250 ans,
18:22tu parles.
18:22Oui, d'accord,
18:23mais on est courageux.
18:24On renvoie souvent
18:25au Président de la République
18:26parce qu'on les critique.
18:28On les critique souvent.
18:29On est quand même
18:30assez turbulents.
18:32Mais attends,
18:33le propre d'une démocratie,
18:34c'est l'alternance.
18:35Ben voilà,
18:35tu exerces pendant quelques années,
18:37après c'est quelqu'un d'autre.
18:38La différence entre
18:39une dictature et une démocratie,
18:40c'est que tu changes
18:41d'équipe de temps en temps.
18:42Eh ben c'est très bien.
18:43Et c'est quand même
18:43pas un drame.
18:44Mais Emmanuel Macron a dit
18:45par exemple que les Français
18:46étaient des réfractaires.
18:48Il a dit des tas de choses.
18:50On ne va pas commencer
18:51à égrener.
18:53Bon,
18:53ils s'en vont.
18:54Ça va,
18:55maintenant.
18:55Non,
18:56ce qui est intéressant,
18:57c'est comment ensemble
18:57on rebâtit le pays.
18:58Et est-ce qu'il y a des choses
18:59qui peuvent nous aider,
19:00des éléments,
19:01des outils qui peuvent nous aider,
19:02l'intelligence artificielle par exemple ?
19:04Est-ce que ça peut,
19:04ça vous fait peur ?
19:05Ou au contraire,
19:06c'est quelque chose qui...
19:07Ni l'un ni l'autre,
19:08moi je m'imbibe.
19:10Oui.
19:11Voilà,
19:11parce que je sens bien
19:12que je...
19:15Ça ne me vient pas spontanément.
19:16La compréhension
19:17et les influences,
19:18les conséquences,
19:19je pense que ça change
19:20plein de choses.
19:21Beaucoup de choses.
19:21Moi,
19:22je ne suis pas capable
19:23et donc je cherche l'équipe
19:25dans ce domaine
19:25qui est capable
19:26de guider les Français.
19:27Moi,
19:28je ne saurais pas le faire.
19:29En revanche,
19:29mon job,
19:30c'est de recruter les meilleurs.
19:31C'est ça.
19:32Et si vous aviez,
19:33par exemple,
19:34à vous adresser
19:34à des jeunes,
19:36à vos petits-enfants,
19:37vous lui écrivez une lettre
19:39en lui disant
19:40voilà,
19:40voilà comment je...
19:42Voilà ce que je te conseille
19:43pour l'avenir.
19:44Qu'est-ce que vous lui écririez ?
19:46Je dirais...
19:49La France,
19:50c'est un drôle de pays.
19:51Il faut qu'on soit vraiment
19:53au bout du rouleau.
19:54On se redressait.
19:56Bon,
19:56le redressement,
19:57c'est bientôt.
19:58Attends un peu.
19:58Ouais.
19:59Et la France,
20:00c'est quoi pour vous ?
20:03Votre idée de la France ?
20:04La France,
20:05c'est...
20:06D'abord,
20:07c'est le jardin de Dieu.
20:08C'est aussi pour ça
20:09qu'on a tous ces défauts.
20:10Est-ce que tu veux...
20:11Parti au moment où tu es
20:12dans le plus beau pays du monde,
20:14avec une histoire,
20:15une culture,
20:16un climat
20:17complètement tempéré,
20:18tu n'as pas lutté
20:19contre les éléments,
20:20tu as des océans,
20:21des mers,
20:21des outre-mer,
20:22des montagnes,
20:23des rivières,
20:24des fleurs...
20:24Tout à portée de main.
20:25Bon,
20:26évidemment,
20:27ça ne prédispose pas
20:29à l'adaptation permanente.
20:31Parce que c'est...
20:32Alors,
20:32c'est pour ça que
20:33les enfants du jardin de Dieu,
20:34ils se laissent un peu aller,
20:35puis à un moment,
20:36ils se réveillent.
20:37On se réveille.
20:38Et alors,
20:38quand ils se réveillent,
20:39les Français,
20:39ils sont incroyables
20:40d'imagination et de courage.
20:42Oui.
20:42De courage.
20:43Voilà.
20:43On a des exemples dans le passé
20:44où on s'est adressé comme ça ?
20:46Oui.
20:47Après la guerre,
20:47évidemment.
20:48Les guerres.
20:49Les guerres.
20:49Après toutes les guerres.
20:50Après la monarchie de Juillet,
20:52après qui était une espèce de...
20:53On ressemble un peu
20:54à la fin de la monarchie de Juillet,
20:55d'ailleurs,
20:56où les surintendants
20:57avaient pris le pouvoir.
20:59Bon,
20:59un peu d'isolement,
21:00reliser les textes de l'époque,
21:01c'est assez intéressant.
21:04Donc,
21:04voilà,
21:05on est ce vieux peuple
21:09passionnant,
21:10contradictoire,
21:11souvent râleur,
21:12de mauvaise humeur,
21:13mais pas par hasard
21:14si les grands trucs,
21:16médecins du monde,
21:17médecins sans frontières.
21:18Ça part d'ici.
21:19Tout ça,
21:19c'est français.
21:20Regarde quand il y avait
21:20les trucs au Kosovo,
21:22les camions qui allaient
21:23à 80%
21:24les aides alimentaires
21:25et les aides françaises.
21:26Et vous qui avez été
21:26ministre de l'environnement,
21:28la transition climatique,
21:29comment on aborde ça ?
21:31Pour moi,
21:32c'est hyper...
21:34Alors,
21:35central,
21:36et au fond,
21:39on peut être les meilleurs
21:40au monde.
21:40Je m'explique.
21:41Oui.
21:42Nous,
21:42on n'émet pas beaucoup
21:43de CO2.
21:44Par le nucléaire.
21:45Par rapport à d'autres pays.
21:46Et à 6, 7 tonnes,
21:47en gros,
21:48très bien.
21:49Mais,
21:50si on peut faire mieux,
21:51c'est bien.
21:52Oui.
21:53Deux,
21:53on va avoir un problème
21:55d'adaptation.
21:56Et trois,
21:56on a un problème
21:57de souveraineté.
21:58Donc,
21:59comment on combine
22:00la souveraineté,
22:01qu'on fasse autant de froid
22:02que de chaud,
22:03et qu'on n'émette pas
22:05de CO2 ?
22:05Souveraineté pour s'adapter.
22:07Souveraineté tout court,
22:08pour l'énergie.
22:09Il y a une solution,
22:10une seule.
22:10On a le nucléaire,
22:11quand même.
22:11Non,
22:12et en plus.
22:13Oui.
22:14La géothermie.
22:15Oui.
22:16Bande de naze.
22:18Ça fait 2000 ans
22:19qu'on sait faire.
22:20Oui.
22:20Ça fait 2000 ans
22:21qu'on se...
22:22Il faut bien comprendre
22:23que le chaud et le froid,
22:25c'est 52%
22:27du besoin énergétique.
22:28Bon.
22:28De Gaulle a lancé
22:30le programme thermonucléaire.
22:31Lançons le programme
22:33de la souveraineté
22:34du sous-sol.
22:35La souveraineté de...
22:37On est capable,
22:38en 5 ans,
22:40toutes les résidences françaises,
22:42tous les EHPAD,
22:43tous les logements
22:44soient chauds et froids
22:46à la géothermie.
22:47200 TWh.
22:48Voilà.
22:49C'est un truc
22:50où on est souverain,
22:51on ne dépend pas du pétrole,
22:52on ne dépend pas du gaz.
22:53En plus,
22:54pour toutes les familles,
22:55c'est beaucoup moins cher.
22:56À la fin,
22:57il y a un problème
22:57d'investissement de départ.
22:58C'est comme les voies
22:59de chemin de fer.
22:59Et pourtant,
23:00on fait peu là-dedans.
23:01Mais attends,
23:02c'est pire que ça.
23:03Mais il y a 100 ans,
23:04on était tous à la géothermie.
23:06Paris était chauffé
23:07à la géothermie.
23:08Lille, Lyon,
23:08Marseille,
23:09Clermont-Ferrand,
23:10Saint-Etienne, etc.
23:11Il y a des mecs
23:12qui sont arrivés
23:13et qui ont dit
23:13le pétrole,
23:14c'est moins cher
23:14que l'eau à transporter.
23:15On a viré la géothermie.
23:17Et on a foutu du pétrole.
23:18Bon.
23:19On va juste revenir à ça.
23:20On est les champions
23:22du monde de sous-sol.
23:23On a le BRGM,
23:24on a les écoles des mines,
23:25Alès, Douai,
23:27Paris, Nancy.
23:28Mais on est des...
23:28Saint-Etienne,
23:29on est les kings.
23:31Donc, soyons
23:31le premier pays occidental
23:33qui soit chaud et froid
23:35à la géothermie.
23:36Que toutes les familles françaises
23:38aient du froid.
23:39La climatisation
23:40sans climatiseur.
23:42Voilà.
23:42Ça, c'est la solution
23:43et c'est la réponse
23:44à ce qui se passe.
23:45Mais c'est ce qui va se passer.
23:46Attends,
23:47mais je ne donne pas 5 ans
23:48pour que tout le monde entier,
23:51le monde occidental
23:51se mette à ça.
23:52Évidemment que non.
23:53Mais comme la voiture électrique,
23:54on est pour,
23:55on est contre.
23:55Comme ça,
23:56c'est une donnée.
23:57C'est une évidence absolue.
23:58D'ailleurs,
23:59Roissy est en train
24:00de passer à la géothermie.
24:01Il y a Batigère,
24:02les logements sociaux de Lorraine
24:03sont en train de passer
24:04à la géothermie.
24:05Tout le monde va passer.
24:06Savons,
24:06il faut un plan,
24:07une organisation,
24:09pas des règles,
24:09pas des trucs.
24:11Parce que pour faire
24:11un truc de géothermie,
24:12il faut passer
24:13par 200 autorisations
24:14comme pour le logement.
24:15Il faut voir,
24:16notre système,
24:16il est complètement dingue.
24:18Donc,
24:18il faut un truc hyper simple,
24:19il faut un outil,
24:20il faut une banque.
24:22Une banque.
24:22Parce que c'est
24:23de l'investissement
24:23long terme,
24:24mais c'est comme
24:25pour faire des voies
24:26de chemin de fer.
24:26Et après,
24:26ça donne de la croissance.
24:28Mais attends,
24:28mais tu as affaire
24:29de point de croissance.
24:30Ouais, ouais.
24:32Donc,
24:32je veux dire,
24:34les Français,
24:35ils savent,
24:35les mécanos français,
24:37ils savent redresser
24:37la France.
24:38Comment ?
24:38Les Français savent
24:39redresser la France ?
24:40Bien sûr.
24:40Mieux que leurs dirigeants ?
24:42Mieux que ses dirigeants,
24:43parce qu'ils sont formidables,
24:45mais ils ont juste
24:46le même regard.
24:48Ils ne peuvent pas
24:49penser autrement.
24:50C'est-à-dire,
24:52l'interministériel,
24:53ça se fait à Bercy.
24:54Non, mais Bercy,
24:55ça devrait être,
24:56les 15 000 personnes,
24:58c'est la direction
24:59du 13 ans,
25:00la collègue des impôts.
25:01On a d'ailleurs
25:02un siècle de collègue
25:03qui est exceptionnel.
25:03Ouais, ouais.
25:04Non, mais sans humour,
25:05c'est quand même
25:06l'organisation la plus efficace
25:07et très honorable.
25:08Il n'y a jamais
25:09d'embrouille.
25:09Comment elle s'appelle
25:11la révolution Borloo ?
25:12Comment on l'appelle ?
25:14Parce que c'est une révolution
25:15que vous nous avez exposée.
25:16C'est un bien gros mot.
25:17Si on décide
25:18qui fait quoi,
25:19c'est quand même pas...
25:21Comment on l'appelle ?
25:23Je ne sais pas comment,
25:24d'ailleurs.
25:24À vrai dire,
25:25je m'en fous.
25:28Mais c'est...
25:29Je ne sais pas, moi.
25:30Mais c'est un changement
25:30total, radical
25:31de nos traditions,
25:33de notre organisation.
25:34Mais joyeux.
25:35Mais joyeux.
25:35C'est vachement joyeux.
25:36Il faut le faire
25:36avec le sourire.
25:37Mais c'est joyeux.
25:38C'est une épopée joyeuse.
25:40C'est ça,
25:41c'est une épopée.
25:41Allez,
25:41on l'appelle
25:42l'épopée.
25:43La révolution Borloo.
25:44L'épopée joyeuse.
25:45Merci Jean-Louis Borloo.
25:47C'était un plaisir
25:48de voyager.
25:48Merci.