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  • il y a 5 minutes
Trappes : «Ce n'est pas parce qu'on a un trouble psychologique qu'on est irresponsable», rappelle Olivier Vial

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Transcription
00:00Je vous donne la parole avant d'avoir Sandra, qui nous appelle des bouches du Rhône.
00:03Oui, ce qu'a dit Sabrina, et juste, en fait, on sait que dans les passages à l'acte,
00:10le passage à l'acte et une idéologie n'ont pas le même impact selon les personnes.
00:15Et une personne qui, effectivement, a des troubles et est plus fragile psychologiquement,
00:20peut plus facilement épouser un discours et passer à l'acte.
00:23Pour plein de raisons, on y reviendra peut-être, mais effectivement, ça joue.
00:27Et d'ailleurs, on le voit dans beaucoup de... Ça veut dire que ça n'excuse pas.
00:30Et d'ailleurs, dans la loi, il est bien prévu que certains troubles psychologiques
00:34peuvent atteindre le discernement, annihiler le discernement.
00:39Et dans ce cas-là, il n'y a pas de responsabilité.
00:41Mais dans la grande majorité des cas, ce n'est pas parce qu'on a un trouble psychologique
00:44qu'on est irresponsable.
00:46Et c'est sans doute ce qui va être l'un des débats dans cette affaire-là,
00:50parce que ce n'est pas parce qu'il a un trouble psychologique
00:52qu'il ne savait pas ce qu'il était en train de faire.
00:54C'était le cas de Dabia Benkiret.
00:55Et donc, dans ce cas-là, il doit être jugé.
00:59Et il ne faut pas qu'on utilise la psychologie pour effacer le crime.
01:06Ça, c'est un vrai... C'est quelque chose qu'on a très souvent...
01:09Il ne faut pas qu'on utilise la psychologie pour éliminer un crime.
01:13Et il ne faut pas non plus éliminer un crime au nom de la psychologie.
01:18Oui, bien sûr. Et ça, c'est parce qu'on a eu souvent ce débat-là.
01:22Mais ce qui est intéressant, c'est de savoir comment justement faire la différence
01:26entre le discours qui peut lui porter à une radicalisation
01:31et celui qui peut porter au passage à l'acte.
01:34Ce n'est pas tout à fait la même chose.
01:36Autant on sait que beaucoup de discours peuvent...
01:40Et on est dans ce moment de conflictualisation,
01:42où les discours augmentent la radicalisation des deux côtés.
01:44mais par contre, le passage à l'acte, c'est quelque chose de différent.
01:47Il y a une étude qui a été faite en 2019.
01:48Parce qu'on veut bien comprendre, effectivement,
01:50parce qu'en ce moment, vous, auditeurs d'Europe 1,
01:53n'hésitez pas à appeler pour réagir.
01:55Nous sommes avec Olivier Vial en direction européenne.
01:56En ce moment, on a deux choses.
01:58On a à la fois cet homme qui est en cellule psychiatrique,
02:01en unité psychiatrique, qui va s'achever ce soir,
02:06certainement pour savoir s'il est compatible
02:08avec la suite de la garde à vue ou pas.
02:10Et on a un autre regard,
02:12c'est le regard de tous ceux qui ciblent l'idéologie de droite
02:18et qui accusent l'idéologie de droite,
02:20qui accusent certains médias.
02:23On entend d'ailleurs que les réseaux sociaux
02:25ne sont pas montrés du doigt,
02:26alors qu'on en parlera aussi.
02:27Il y a deux choses.
02:28Un, on n'excuse pas l'idéologie de droite,
02:31on accuse le racisme.
02:31Et le racisme, ce n'est pas quelque chose de droite.
02:33C'est quelque chose qu'on retrouve, malheureusement,
02:35dans toute la société.
02:37Donc ça, c'est déjà la première chose à avoir bien en tête.
02:39La seconde chose, c'est qu'effectivement,
02:41ce qui différencie des discours qui augmentent la radicalisation
02:45de ceux qui permettent un passage à l'acte,
02:47c'est déjà une résonance dans la vie de l'individu.
02:52Et là, il y a une étude effectivement de 2019
02:54qui a été faite par trois psychologues sociaux américains
02:57qui, en anglais, parlent des trois N,
03:01qui permettent de faire ce passage à l'acte.
03:03Le premier, c'est le need, donc le besoin.
03:06En fait, il faut que ça réponde à un besoin,
03:10soit un besoin de reconnaissance.
03:11Et effectivement, il y en a certains qui vont chercher
03:13dans cet acte une reconnaissance,
03:14soit un besoin de vengeance.
03:16Le deuxième, c'est que ça rencontre un récit,
03:19un narratif.
03:20Et donc là, c'est l'idée qu'on leur explique
03:22que la violence, finalement, est légitime
03:24parce qu'ils ont subi quelque chose
03:25ou il faut qu'ils évitent que la société subisse quelque chose.
03:29Et donc, leur violence devient légitime.
03:31Mais surtout, c'est le troisième élément
03:33qui est très important.
03:34C'est ce qu'en anglais, on appelle le network,
03:36mais le réseau, l'entourage.
03:38Ça veut dire qu'il y a quelqu'un
03:39qui, dans l'entourage de cette personne,
03:41finit par justifier, en tout cas encourager,
03:46valider cette forme de violence.
03:47Et ça, très malheureusement,
03:49c'est ce qu'on voit de plus en plus,
03:51c'est que ça peut être une sociologie militante,
03:54mais ça peut être aussi beaucoup
03:55certains groupes numériques
03:56qui ont permis à valider l'action violente.
04:00Et ces derniers jours, on a eu le cas,
04:01notamment, avec un jeune homme
04:04qui a commis un attentat
04:06et qui avait, en gros, un réseau numérique
04:08qui l'encourageait à le faire.
04:1011h40.

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