- il y a 8 heures
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00:37La mort de Romy Schneider, un arrêt cardiaque, brise l'un des plus beaux personnages du cinéma français.
00:47Ce soir, nous sommes septembre
00:52Et j'ai fermé ma chambre
00:58Le soleil n'y entrera plus
01:05Tu ne m'aimes
01:08Qu'est-ce que tu fais ?
01:10Je te regarde.
01:15Attends.
01:18Laissez-toi sur le bord.
01:25C'est pas mal.
01:30Laissez-à-dire.
01:58Laissez-à-dire.
02:00Ouvre.
02:00Vraiment de beaux yeux.
02:00Un film.
02:01Une vie.
02:02Les choses d'une vie.
02:04Un leitmotiv joué crescendo a accompagné chacune de ses apparitions.
02:09Elle n'a jamais été plus belle, plus émouvante, plus forte, plus fragile, plus convaincante, plus vraie.
02:16Jamais.
02:17Et c'était vrai.
02:19Romy Schneider était vrai.
02:20Plus vrai que ses rôles, parfois.
02:22Par le mystère du talent, mais aussi par l'obstination à ne jamais mentir, à ne jamais tricher.
02:29Une star est un mirage.
02:32Romy est une star, mais un jour, ayant connu des tours de valse, des coups de cœur, des bonheurs lumineux
02:37comme son sourire,
02:39des rencontres fulgurantes et des chagrins insupportables,
02:42un jour, Romy cessa d'être un mirage pour devenir un miroir.
02:47Celui où se reflètent les joies et les peines du plus grand nombre.
02:51Mieux qu'une star.
02:54Le père, la mère, la grand-mère, tout le monde est comédien chez moi.
02:59Ses arrières-grands-parents étaient acteurs ambulants.
03:02Sa grand-mère, doyenne du théâtre européen, s'est énie à 106 ans.
03:07Son père, Wolf Albarretti, fut un séducteur à la ville comme à l'écran
03:12et sa mère, Magna Schneider, l'idole des années 30.
03:17Lorsqu'elle naît, Rosemarie Albarretti, dite Romy, est ravissante et aimée.
03:25Mais naître à Vienne, en septembre 1938, n'est-ce pas déjà un signe un peu ricaneur du destin ?
03:34Les premières années protégées, presque paisibles, malgré l'apocalypse qui se déchaîne tout près,
03:40se déroulent au chalet de Mariengrunt, dans les Alpes bavaroises, à 20 kilomètres de là,
03:47Berchtesgaden, et le nid d'aigle d'Hitler.
03:50La guerre, le nazisme sont pour remis des fantômes d'enfance qu'elle ne cessera, dans beaucoup de ses films,
03:56d'exorciser à sa façon.
04:13Et quel pays tu es ?
04:16Je suis allemande.
04:18Comment tu l'as ?
04:20J'étais dans un camp des réfugiés en Belgique. Ils nous ont libérés tout de suite.
04:25Mais pourquoi tu n'as pas attendu les Allemands ?
04:29Je suis allemande mais juif.
04:30Et alors ?
04:33Mais tu sais, chez nous, il y a des gens qui ne nous aiment pas tellement.
04:55Magda Schneider n'a pas travaillé depuis huit ans. Elle va faire son retour à l'écran dans Lila Blanc.
05:00Le réalisateur Hans Deper lui cherche une fille de cinéma.
05:04Après un bout d'essai sucin, Romy est engagée.
05:08Peut-on parler de vocation ?
05:10Plutôt d'une éclatante évidence.
05:12Rien ni personne n'aurait pu empêcher la magie de ce visage-là d'habiter un jour nos rêves.
05:18Ma mère ne voulait pas du tout que je fasse du cinéma ou du théâtre, pas du tout.
05:22Mais elle était aussi intelligente et sensible de ne pas m'empêcher,
05:27quand on m'a proposé, quand j'avais 14 ans, de faire mon premier film, avec elle d'ailleurs.
05:32Parce que je serais partie de toute façon.
05:34On se disputait souvent au studio.
05:37Ma mère et moi, bien sûr, c'est normal.
05:421955, Ernst Marischka, depuis qu'il a dirigé Romy dans Les jeunes années d'une reine, rêve de raconter à
05:50l'écran la vie d'Elisabeth d'Autriche, Sissi.
05:53Et Romy, 17 ans, va triompher dans Sissi.
05:57Plus tard, beaucoup plus tard, elle qualifiera cette trilogie, ineffablement kitsch, de gros gâteaux à la crème dégoûtant.
06:04Mais pour l'instant, irrésistible.
06:07Dans un envol permanent de crinoline, creusant de délicieuses faussettes sucrées, courbant son jeune cou sous des coiffures en forme
06:14de pièces montées, elle devient la petite fiancée de l'Europe.
06:19Quand je suis arrivée la première fois en France, je ne savais pas dire un mot en français.
06:23J'ai vu des grandes affiches partout, de Sissi et mon nom, je ne croyais pas mes yeux, c'était
06:27formidable.
06:28Et je pensais toujours, justement, en France, on va détester ce genre de film.
06:32Et c'était un énorme succès, oui, partout en Europe.
06:36C'est très bien, ça m'a beaucoup aidée.
06:38Après, c'était difficile parce qu'on voulait toujours que je continue la même chose.
06:43Elle continue, en effet.
06:45Et enchaîne, enchaînée qu'elle est à cette image pour roman photo que son succès lui impose,
06:50une série de films ruisselants de bons sentiments.
06:54Kitty, où elle est manucure.
06:56Scampolo, où elle est orpheline.
06:59Un petit coin de paradis, où elle est ouvrière.
07:02Les gazettes, la fiance à son partenaire, Horst Bouchols.
07:08C'était comme, vous savez, je me sentais comme dans une veste qui est devenue un peu trop petite, ça
07:12craquait.
07:14Avec Jeune fille en uniforme, remake du célèbre film de Léontine Sagan,
07:20Romy tourne enfin le dos aux héroïnes Rose Bonbon.
07:24Jouant face à Lily Palmer cette histoire d'amitié particulière dans un pensionnat prussien du début du siècle,
07:29elle s'affirme.
07:33La même année, en 1958, elle tourne Christine.
07:37Encore un remake, et bien pâle, où elle reprend le rôle que sa mère tenait en 1932 dans Libel Eye
07:43de Max O'Fulls.
07:45Rien à signaler ?
07:47Si, elle retourne à Vienne.
07:49Et l'un de ses partenaires est un jeune acteur au sourire affamé, Alain Delon.
07:54Le début d'une romance ?
07:56Non.
07:57Le début d'une passion qui, en cinq ans, va faire de Romy Schneider une femme, une exilée, une grande
08:05comédienne.
08:15Alexandre, c'est moi, Katia. Je suis là, auprès de toi. Tu m'entends ?
08:22Alexandre, je t'en supplie, réponds. Réponds-moi. Réponds.
08:34Katia, je t'aime.
08:38Mais Sissi n'échappe pas si facilement à son destin.
08:41Et elle n'a pas encore tout à fait achevé de valser dans le cœur des foules.
08:47Voici encore deux exemplaires mélo historiques où deux tsars d'opérettes la tiennent dans leurs bras.
08:53Jean-Claude Pascal Alexandre Ier dans La Belle et l'Empereur.
08:57Et Kurt Jurgens Alexandre II dans Katia.
09:02Et puis j'ai connu Visconti, j'ai connu Clément, j'ai connu des gens que je n'avais jamais
09:09vus.
09:09J'ai entendu parler, c'était un rêve de les connaître, de travailler avec eux.
09:13Je savais très bien que personne ne s'intéresse à moi, pour de bonnes raisons.
09:17Et j'étais là, à ne rien faire, près d'Alain. C'était bien dur.
09:20J'ai lu un homme près de moi qui m'aidait, qui essayait de me donner confiance.
09:29Mais ça n'allait pas très bien.
09:32Lucchino Visconti est déjà le Pygmalion d'Alain Delon qu'il a imposé et qui s'est imposé dans Rocco
09:38et ses frères.
09:39Il veut maintenant le révéler au théâtre. Il choisit de monter et dommage qu'elle soit une putain du dramaturge
09:44élisabétain John Ford.
09:48Lucchino m'a écouté. C'était le premier qui m'écoutait où j'avais l'impression qu'il ne s
09:54'en fiche pas ce que je dis.
09:56Il m'a compris et je lui disais parce qu'il était avant tout pour moi un ami.
10:02Je lui expliquais ce que je voulais faire et comment je me sens en ce moment-là.
10:08Mais il ne m'a rien répondu. Il ne m'a pas dit qu'il avait une idée. Il l
10:13'avait déjà pour la pièce. Dommage.
10:16Romy Schneider n'a jamais fait de théâtre. Son français est loin d'être parfait.
10:22Avec un acharnement passionné, elle se jette dans le travail.
10:26Elle veut être la partenaire de Delon-sur-Seine et puisque Visconti l'a choisi, elle doit être à la
10:32hauteur.
10:33À quelques jours de la générale, une péritonite la terrasse. Trois semaines plus tard, elle est debout.
10:39Et stupéfie les plus sceptiques.
10:45J'ai tenu le destin serré dans le point que voilà.
10:48Aurais-tu été plus constante que la mer dans ses marées ?
10:51Je me serais senti de taille à commander la marche du temps éternel.
10:57Mais voici que tout d'un coup, je décide d'être honnête.
11:01Mon frère. Mon cher frère.
11:05N'oublie pas ce que j'ai été.
11:07Et souviens-toi que le temps d'un festin nous sépare de notre père.
11:12Ne gaspillons pas ces heures précieuses en vannes discussions.
11:18Hélas, je n'ai pas revêtu sans arrière-pensée ces vêtements de cérémonie.
11:22Ce n'est pas pour rien que l'on t'a permis d'arriver jusqu'à moi.
11:25Ne t'y trompe pas, mon frère.
11:28Ce banquet présage notre mort à tous deux.
11:31N'en doute pas.
11:33Et prépare-toi à le recevoir dignement.
11:36Si l'on souhaite ainsi.
11:39Lucchino Visconti va maintenant diriger Romy Schneider au cinéma dans Le Travail, un sketch de Bocas 70.
11:47Elle joue le rôle d'une jeune comtesse bafouée qui, pour se venger, décide de se prostituer à son mari.
11:55Cici s'éloigne.
11:59Dans Bocas 70, Romy avait accepté de paraître nue.
12:04Par la suite, elle dévoilera son corps, assez souvent, avec une sorte de naturel tranquille, de santé, même dans l
12:12'érotisme.
12:13Romy Schneider ne s'exhibe jamais, elle ne fait jamais du spectateur un voyeur.
12:18Elle est nue, c'est tout.
12:19Comme la vérité.
12:20Et comme la vérité, elle est belle.
12:24La France devient son royaume.
12:26En 1961, elle tourne le combat dans l'île d'Alain Cavalier avec Jean-Louis Tratignan.
12:32Et pour la première fois, elle n'est pas doublée.
12:35Elle assume à l'écran son petit accent.
12:38Elle l'assume aussi au théâtre, à travers tout le pays, et jusqu'au Maroc, au Liban,
12:44dans une épuisante tournée de La Mouette de Tchékov, mise en scène par Sacha Piteuf.
12:53C'est alors qu'arrive un télégramme d'Orson Welles, vous engage pour le procès de Kafka avec Anthony Perkins.
13:17Bien sûr, voilà l'Amérique qui fait à Romy ce qu'on appelle un pont d'or.
13:21Mais sous ce pont ne coulent que des films décevants.
13:25Les vainqueurs de Karl Forman, le cardinal d'Otto Preminger, et Prête-moi ton mari de David Swift avec Jack
13:33Lemmon.
13:34C'est alors que Delon la quitte.
13:37Un mot d'adieu sur un bouquet de roses.
13:43Mais au bord de la piscine de Jacques Deray, Romy Schneider retrouve Alain Delon en 1968.
13:49Et surtout, elle se retrouve elle.
13:52Après une période où le métier qui la comblait l'a aussi un peu quittée.
13:57Elle a cru sincèrement qu'elle voulait abandonner le cinéma.
14:00Mais au bord de la piscine, sirène métamorphosée dans l'épanouissement doré de ses trente ans, elle ne séduit pas
14:08seulement Delon et Ronet.
14:09Elle explose. Elle impose une autorité toute neuve, irradiée de beauté charnelle.
14:15Du passé, elle a vraiment fait table rase. Son règne arrive.
14:33Il est tard ? Pas loin de midi.
14:38Les autres sont déjà venus.
14:40Je n'ai vu personne.
14:47J'avais vu jusqu'ici.
14:49Tu ne t'es pas vue.
14:53Je pourrais me lever.
14:56Il y a des jours qui ne me réussissent pas aujourd'hui, par exemple.
15:00Passez à demain et qu'on n'en parle plus.
15:02Eh bien, reste couché.
15:03Tu veux que je tire les rideaux ?
15:07Romy Schneider et Alain Delon seront une dernière fois réunis à l'écran en 1971
15:12dans l'Assassinat de Trotsky de Joseph Lozet.
15:18Et c'est la rencontre prédestinée avec Claude Sautet, l'artisan chaleureux et exigeant.
15:25Un coup de foudre réciproque.
15:27Ensemble, en dix ans, ils vont faire du bon boulot et cinq films.
15:32Avec Jean-Louis Dabadi, qui a toujours les mots pour dire les choses de la vie ou une histoire simple.
15:37Avec Michel Piccoli, souvent. Trois fois, en effet.
15:40Mais que va donc offrir Claude Sautet à Romy Schneider ?
15:44Que va-t-il lui offrir de plus ?
15:47Ce qu'elle n'a pas encore trouvé, lorsqu'elle devient, en 1970, l'Hélène des choses de la vie.
15:54Sa bouleversante, singulière, impériale, quotidienneté.
16:00Soudain, elle ne joue plus, elle l'est.
16:03Soudain, elle apparaît si limpide dans ses renoncements, si lucide dans ses révoltes, si proche, si réelle,
16:09qu'on peut douter un seul instant que ce qu'elle dit, elle le vit.
16:13Pourquoi tu m'aimes ?
16:15Parce que tu es vieille et laide.
16:24Qu'est-ce que tu as ?
16:27Peur.
16:29De quoi ?
16:31Je ne sais pas.
16:34Peur que tu as peur de moi, de nous.
16:38Ça va changer de paysage.
16:41Peur que tu t'ennuies avec moi.
16:42Avec quoi ?
16:46Ce que tu sais, moi, je suis...
16:48Une emmerdeuse.
16:50Avec deux M.
16:57Dans les films de Claude Sautet, rien d'important, mais l'essentiel.
17:03Il y a du soleil, des enfants qui courent et des champs de coquelicots.
17:07Il y a des bistrots, des bureaux, des autos.
17:09Il y a la couleur du ciel et les élans du cœur.
17:13Il y a Romy.
17:14Ah, l'argent, l'argent, l'argent, l'argent, l'argent !
17:19Il y a Romy Schneider, qui est Hélène, qui est Lily ou Rosalie, et puis Marie.
17:26Chez Claude Sautet, révélée aux autres et à elle-même,
17:31Romy devient enfin une femme d'aujourd'hui, débarrassée de la panoplie de la star conventionnelle.
17:44Mieux que nu, le visage et le cœur à nu.
17:48Elle tisse en direct la vérité des sentiments et la trame des jours.
17:53Larmes au bord des cils, sourire comme des éclaircies.
17:56Chignon tiré, petite robe fleurie qui découvre des jambes bronzées par les étés si courts.
18:01Hommes qu'on aime trop tôt, trop tard, bonheur fêlé, naufrage, veuvage, chômage.
18:07La vie est là, ni si simple, ni si tranquille.
18:09Mais avec Sautet, avec Romy, avec Hélène, Lily ou Rosalie et puis Marie,
18:15on parle de tout cela en restant légers, en devenant graves, en se permettant d'être drôles
18:20et en oubliant jamais d'être vrais.
18:22C'est au présent que Claude Sautet et Romy Schneider ont su conjuguer la France des années 70.
18:39J'aime cet endroit.
18:40Je peux t'acheter, si tu veux, avec tout.
18:42Le bar, la pharmacie, le petit fleuriste, toute la rue, si ça te plaît.
18:45Je fais pas des petits dessins dans les coins, moi.
18:47Je gagne de l'argent.
18:49De l'argent ?
18:50Très chic. Prefait ce geste.
18:58Va-t-on un peu de beurre, là, s'il vous plaît ?
19:00A la mission.
19:02Merci.
19:10Bon.
19:10De toute façon, je ne saurais jamais la vérité, alors.
19:14Mais César, la vérité, tu la sais, tu la vois.
19:17On est ensemble.
19:19Si je voulais être avec lui, j'y serais.
19:20Je suis libre.
19:26Tu vas pas me dire que là, tu penses pas à lui.
19:28Ce serait difficile, tu m'en parles sans arrêt.
19:31Puis oui, je pense à lui.
19:35Je ne sais pas s'il est beau ou s'il est...
19:37Je m'en fous.
19:39Toi, je ne sais pas pourquoi je t'aime, tu...
19:41Oui, mais...
19:42Tu m'aimes.
19:43Oui.
19:46Romy, consciencieuse jusqu'au perfectionnisme,
19:49anxieuse jusqu'à l'angoisse,
19:52minutieuse jusqu'à l'excès,
19:54accepte bientôt, comme dans l'importance et d'aimer,
19:57des rôles dangereux.
19:58C'est une frénésie de pathétique,
20:00un paroxysme conjuratoire,
20:02comme si de souffrir ainsi,
20:04de s'offrir ainsi à la fiction,
20:07devait apaiser tous les menaçants démons de la réalité.
20:10Je suis une comédienne qui fait de son mieux, c'est tout,
20:12qui donne le plus possible.
20:15Mais je ne peux pas...
20:16Mais si tu veux !
20:17Non, je ne peux pas faire ça !
20:18Mais c'est trop...
20:19Allez !
20:19T'as un contrat de payer pour ça !
20:21Mais j'aime pas !
20:22Tu fais ce qu'on te demande !
20:22Allez !
20:23C'est un amour, une passion telle, en tout cas pour moi,
20:27que je ne pourrais jamais faire autre chose.
20:30Je préfère seulement...
20:32J'espère seulement que je saurai arrêter au moment juste,
20:36ne pas continuer quand vraiment rien ne m'a plu.
20:38Je ne sais pas...
20:39C'est pas quand on n'a plus rien à donner.
20:42J'ai tellement envie de toi, j'ai tellement besoin de toi.
20:47Il n'y a personne, personne au monde que j'aime plus que toi.
20:50Personne.
20:54Alors...
20:56Tu sais, il ne faut pas me laisser seule.
20:58Il ne faut pas.
21:01Je ne peux pas rester seule.
21:05Tu es où ?
21:06Tu es où ?
21:08Où ?
21:08Ici ?
21:09Où ?
21:10Je ne sais pas où tu es.
21:13Je peux te donner beaucoup, beaucoup, beaucoup encore tout.
21:18Mais...
21:19Je ne veux pas que...
21:20Je ne veux pas sentir que la vie, c'est ailleurs.
21:24Je ne peux pas.
21:26On va tout faire pour toi.
21:29Tout.
21:33Tout, sauf...
21:35Sauf quoi ?
21:37Vivre.
21:40Je peux te dire que je t'aime ?
21:42Non !
21:45Non !
21:46Non !
21:48Rien, rien, rien !
21:50Tu comprends ?
21:51Ça ne veut rien dire !
21:54Subtilement décalé, légèrement rétro,
21:57Romy, sauf chez Sautet,
22:00à longtemps naviguer entre les années 20 et 30,
22:02et ses robes, le plus souvent, sont déjà des costumes.
22:05Du vieux fusil à une femme à sa fenêtre,
22:08de portraits de groupe avec dame au trio infernal.
22:12À votre disposition, M. Georges Sarret, avec un conseil.
22:30Et la petite sœur, elle n'est pas là ?
22:31Attention !
22:31Et la petite sœur, elle n'est pas là ?
22:43Et la petite sœur, elle n'est pas là ?
22:45Attention !
22:46Ne bougeons plus !
22:50Ne bougeons plus !
22:52Ne bougeons plus !
22:54Un petit sourire !
22:58Merci !
23:00En 1980, dans La banquière,
23:04Romy, dirigé par Francis Giraud,
23:06interprète un personnage inspiré de la vie de Martano.
23:09Je vais vous présenter un jour devant vous pour vous crier
23:12« Non ! Non ! Je ne suis pas une voleuse ! »
23:15M'a permis de surmonter toutes les épreuves,
23:18toutes les provocations,
23:20toutes les souffrances que m'a réservées la justice de ce pays.
23:24Bravo !
23:32Monsieur le Président, mes chers amis,
23:34permettez-moi de vous présenter la financière et journaliste parisienne,
23:37Madame Ecker.
23:41Il y a, je crois, une importante information à vous livrer.
23:47C'est un très grand honneur pour moi d'être ici parmi vous,
23:50dans le monde prestigieux des idées.
23:52Je ne suis hélas qu'une femme d'argent,
23:54mais comme je n'ai pas trop mal réussi avec ma défense du franc,
23:58je vous annonce la naissance d'un nouveau journal du groupe Eckert.
24:01Un hebdomadaire, Monsieur le Président,
24:03dont la seule ambition sera de rependre votre pensée à travers l'Europe.
24:08J'ai l'honneur de mettre à votre service la défense de l'Europe.
24:12Madame, je vous remercie de tout mon cœur.
24:15Longue, longue vie à la défense de l'Europe.
24:23Parlant de sa scène unique dans Mado, Romy a dit, sur le plateau, il y avait un formidable silence.
24:30C'était très beau.
24:31Pour une fois, je n'étais pas mécontente parce que j'avais eu le courage de jouer cette scène comme
24:36il fallait le faire.
24:37Il n'y avait aucun maquillage, rien.
24:39Cette scène a été pour moi un nouveau point de départ.
24:43Oui, Romy de plus en plus suscite, habite et crée ses rôles.
24:50C'est drôle que tu sois venu.
24:54Drôle ?
24:55Non, je trouve pas.
24:57C'est quoi alors ?
24:59C'est...
25:01Un mouvement naturel.
25:06Ça fait tellement longtemps.
25:10Au moins un an.
25:11C'est sûr, c'est anxieux.
25:16C'est...
25:20– Sous-titrage FR 2021