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  • il y a 14 minutes
Sur le plateau de BFMTV, le maire de Trappes, Ali Rabeh, a donné des nouvelles de la petite fille de 12 ans grièvement blessée lors de l'attentat terroriste commis dans les Yvelines. "Elle est sortie du bloc opératoire, elle est en réanimation. On espère que ses jours ne seront plus comptés dans les heures qui viennent, mais elle sera irrémédiablement marquée puisque les blessures sont profondes et qu’il n’est pas assuré au moment où on se parle qu’elle puisse totalement cicatriser", a-t-il déclaré.

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Transcription
00:00Et nous sommes également avec Ali Rabé, maire génération de Trappes dans les Yvelines.
00:04Bonsoir M. le maire, merci d'être avec nous.
00:06On va parler évidemment dans un instant de ce qui s'est passé aujourd'hui dans votre ville,
00:10cet attentat terroriste raciste.
00:12Mais je vous voyais réagir Hervé Morin à ce qu'a dit le Premier ministre à l'instant.
00:16Donc autant en parler avec vous dès à présent.
00:20On sent quand même une profonde inquiétude encore ce soir du côté de l'exécutif à la veille de cette
00:24journée de manifestation.
00:25Je cite ces mots quand même, malgré le dispositif qui a été mis en place, 70 000 forces de l
00:32'ordre déployées.
00:33On a l'impression que vraiment tout va être mis en fait sur la table.
00:36Le Premier ministre dit ce soir la menace reste élevée, ciblant notamment l'ultra-gauche et la délinquance.
00:44Il ne peut pas dire autre chose ? Comment vous réagissez à ces mots ?
00:47Déjà il ne peut pas dire autre chose.
00:49Et deuxièmement, c'est surtout la carence absolue du renseignement il y a 8 jours.
00:54C'est-à-dire que globalement, les préfets nous annonçaient des petites manifestations samedi dernier.
01:00Et on s'est retrouvé avec des effectifs qui étaient 3 fois, 4 fois ce qui était prévu ou annoncé
01:08par les services de renseignement.
01:11Et donc très clairement, demain, je pense que personne ne sait combien de personnes vont être dans la rue.
01:20Et qui y sera ?
01:21On parle de 400 à 500 000 personnes.
01:24Oui, d'accord. Parce que ces 500 000, c'était le nombre qu'il y avait la semaine dernière.
01:27Sauf que la semaine dernière, je vais éviter de citer des exemples très précis, mais on nous annonçait des effectifs
01:35qui étaient, je parle au moins pour des villes que je connais bien, des effectifs 4 fois inférieurs de manifestants.
01:42Et personne n'imaginait des manifestants aussi violents, personne n'imaginait la racaille qui s'immisçait dans ces manifestations pour
01:50aller piller et voler les magasins.
01:52Et donc, je pense que c'est juste pour le Premier ministre un discours de prudence qu'il est obligé
02:00d'avoir parce que personne ne sait exactement comment ça va se passer.
02:03Et puis, il y a peut-être un autre élément qui va changer ou qui change, c'est que les
02:09forces de l'ordre et les forces de sécurité vont se sentir probablement plus soutenues.
02:14Parce que dans cette histoire-là, quand vous avez des CRS et des gendarmes mobiles qui sont appelés à intervenir
02:21avec des forces qui sont, des manifestants qui sont violents, casseurs, etc.,
02:28c'est un exercice extrêmement compliqué. Et la première chose qu'il est nécessaire d'avoir, c'est un soutien
02:34politique absolu et total.
02:37Et que, honnêtement, la semaine dernière, je ne suis pas convaincu qu'ils en aient eu le sentiment.
02:41Ou du moins, compte tenu des références qu'il pouvait avoir de déclarations notamment du président de la République,
02:48dont je vous rappelle qu'il avait évoqué l'idée du besoin de pédagogie, de bienveillance, de réponses proportionnelles, etc.
02:55Et qu'il avait fait la leçon, c'est ce que disait la presse, à plusieurs conseils de sécurité,
03:03aux ministres en leur disant, je vous demande d'avoir des réponses proportionnées et d'être bienveillants.
03:09– Donc là, vous dites qu'on parlait des blocus.
03:12– Oui, mais il y avait tout le monde la semaine dernière, il y avait les lycéens, etc.
03:17Et donc, il y a quand même besoin…
03:18– Le message du président de la République, c'était pour les lycéens.
03:21– D'accord, mais enfin, à partir du moment où vous vous retrouvez dans une manifestation,
03:25vous n'êtes plus en train de vous interroger, de savoir si vous avez affaire à un lycéen
03:29ou à quelqu'un qui ne l'est pas, etc.
03:32– Donc là, il y a un changement de braquet.
03:33– Et donc, je pense que là, il va y avoir beaucoup plus de soutien politique
03:36et je pense beaucoup plus de fermeté de l'ensemble des forces de sécurité
03:40pour essayer de contrôler l'ensemble de ces manifestations, s'il y a des débordements.
03:43– Mais donc, en tout cas, comme ça, sur le papier, vous considérez que le gouvernement
03:47semble avoir pris la mesure de la situation et on a suffisamment tiré les leçons
03:54de ce qui s'est passé la semaine dernière ?
03:56– On peut l'espérer, c'est tout ce que je peux vous dire.
03:58– Et si ça ne suffit pas ? Quelle leçon il faudra en tirer ?
04:01– Alors, il y a des idées…
04:01– Si 70 000 forces de l'ordre…
04:03– Il y a l'ancien ministre de la Défense que je suis entendue
04:06et les idées farfelues qui sont celles d'emmener, d'envoyer les militaires.
04:09– Ça, c'est juste la très mauvaise idée parce que les militaires
04:13ne sont pas faits pour ça. Ils sont là pour assurer la sécurité du pays,
04:18l'indépendance du pays, ils sont faits pour faire la guerre,
04:21ils n'ont aucune formation pour assurer des missions de sécurité comme celle-ci.
04:26Et par ailleurs, pour ceux qui se diraient, mais si on pourrait quand même les mettre,
04:30qu'on puisse les mettre à quelques points névralgiques, de façon massifiée
04:35pour assurer la sécurité de tel ou tel endroit, pourquoi pas ?
04:38– Pour en quelque sorte dégager du mou sur le reste de l'intervention.
04:42Mais je veux juste que nos compatriotes…
04:46Parce qu'on me le dit souvent, vous qui avez été ministre de la Défense,
04:48pourquoi on n'en va pas les militaires ?
04:50Je leur dis, mais mettez-vous à la place d'un militaire avec son équipement,
04:57qui n'est bien entendu pas un équipement de gendarme mobile,
05:01donc avec son treillis, son fusil d'assaut, face à des femmes et des hommes
05:06qui les caillassent, qui les insultent, qu'est-ce qu'ils peuvent faire ?
05:11Quels sont leurs moyens pour pouvoir arrêter de tels phénomènes de violence ?
05:16Et donc cette idée-là ne tient pas la route un instant,
05:20parce que les militaires ne sont ni équipés, ni formés pour faire ce genre de choses.
05:24Ça soulève aussi à une question de la légalité, puisqu'ils ne sont pas habilités à arrêter des gens,
05:29par exemple, et à intervenir.
05:31Ils n'ont pas le droit de se livrer à des opérations de maintien de violence.
05:34– Il y a des manifestations annoncées dans votre région ?
05:36– Ah ben il y a Rouen, ça a été très chaud depuis des semaines.
05:38– Des mesures particulières ?
05:40– Quand ? Non, le déploiement maximum de moyens.
05:45– Est-ce qu'il aurait fallu l'état d'urgence selon vous ?
05:47Vous comprenez que le président de la République ne l'ait pas mis en place
05:51et qu'il y ait des interdictions à l'échelle locale ?
05:53– Une loi d'état d'urgence permet les couvre-feux,
05:57on peut les adopter autrement, ça doit être renouvelé tous les 12 jours.
06:04Bon, peut-être qu'il faudra en arriver là.
06:06On a déjà eu de telles lois il y a quelques années,
06:10on en a eu aussi par exemple en Nouvelle-Calédonie.
06:13De là à considérer que c'est par cette loi-là qu'on va arriver à régler à peu près
06:17tout,
06:18il ne faut pas non plus considérer que c'est la panacée de l'histoire.
06:22– On va passer évidemment à l'autre événement majeur de cette journée,
06:27cet attentat terroriste, raciste à Trappes.
06:31On va donner la parole au maire de Trappes qui est avec nous,
06:34qui attend depuis quelques instants.
06:36Il faut rappeler ce qui s'est passé avec vous.
06:38Hélène, en quelques mots s'il vous plaît pour ceux qui nous rejoignent
06:40et ensuite je vous ferai réagir monsieur le maire.
06:42– Alors au milieu de matinée, il faut imaginer un homme à bord d'une voiture
06:46qui s'engage sur la Nationale 10.
06:48Il prend la direction de Trappes et il va se rendre dans plusieurs endroits
06:51et peut-être que vous prendrez le temps de les détailler
06:55pour vous laisser le temps de parler.
06:57À Trappes, puis à la verrière et il sera ensuite interpellé
07:01encore un tout petit peu plus loin dans les Yvelines.
07:03Sur ce parcours criminel, six personnes vont être touchées.
07:07Alors il tire aussi sur des façades par ailleurs, sur des voitures.
07:10Six personnes sont touchées, une mortellement,
07:12parmi ses premières victimes et puis parmi ses blessés,
07:16ses blessés graves, il y a cette jeune fille de 12 ans
07:18qui a huit impacts dans le corps.
07:20On a trouvé dans sa voiture une arme, c'est un stem,
07:23c'est une espèce de mitraillette d'avant-guerre
07:26et c'est vraisemblablement cette arme qui a servi
07:29pour l'accompagner dans ce parcours criminel.
07:31– Et l'homme a été interpellé ?
07:33Il a été interpellé très rapidement, très rapidement
07:36parce qu'il commence cette course folle vers 10 heures
07:41et il est interpellé moins de 20 minutes après.
07:44Alors les lieux sont assez proches les uns des autres.
07:46– Monsieur le maire, tout d'abord,
07:47est-ce que vous pouvez nous donner des nouvelles des victimes
07:50et de cette fille de 12 ans notamment ?
07:54– J'ai eu sa mère.
07:55Avant de rentrer dans votre plateau,
07:57elle est sortie du bloc opératoire, elle est en réanimation.
08:00On espère que ses jours ne seront plus comptés dans les heures qui viennent.
08:03mais elle sera irrémédiablement marquée
08:06puisque les blessures sont profondes
08:08et qu'il n'est pas assuré au moment où on se parle
08:10qu'elles puissent totalement cicatriser.
08:14– Et les autres victimes ?
08:17– Je n'ai pas de nouvelles des autres victimes.
08:20– Lorsque le président de la République a évoqué
08:24le sort de cette fillette de 12 ans,
08:26il a parlé de cette fillette de 12 ans
08:28qui était avec sa maman dans leur voiture
08:31qui a été criblée de balles.
08:33– Ce n'est pas la même fillette.
08:35– C'est une autre fillette.
08:36– Parce qu'on parle du mort et des cinq blessés,
08:39mais d'autres personnes ont été ciblées,
08:40d'autres véhicules ont été criblés de balles,
08:43notamment une jeune femme et sa fille
08:45qui ont témoigné devant le président de la République
08:47et qui ont dû leur saluer à un miracle.
08:49Il n'y a pas d'autres mots.
08:51Cette même maman transportait toutes ses filles,
08:54trois filles dans son véhicule.
08:55Et si elle avait croisé le véhicule du tireur
08:58deux minutes plus tôt,
08:59avant d'avoir déposé ses premiers enfants,
09:01au moins l'une d'entre elles serait probablement décédée.
09:04Donc voilà, cette femme, il se trouve qu'elle est noire,
09:06qu'elle porte un voile sur la tête,
09:08un tueur blanc même.
09:09Et c'est pour cette raison qu'elle a été ciblée par le tueur,
09:12ainsi que tous les autres qui ont été ciblés.
09:14– Très vite, le président de la République
09:16a parlé d'un attentat terroriste, raciste,
09:20pour de bonnes raisons.
09:21C'est ce que vous êtes en train de nous expliquer.
09:23– Il manque peut-être un mot, c'est islamophobe.
09:25Et il faut à un moment donné dire les choses,
09:27essayer de faire comme si ces réalités n'existaient pas
09:29et perorer sur les mots, pinailler sur les mots
09:32pour ne pas dire la réalité telle qu'elle est.
09:34Ce monsieur voulait assassiner des personnes noires,
09:37arabes et musulmanes.
09:39Voilà.
09:39Il a dans son parcours meurtrier,
09:41longé la mosquée de Trappes
09:42et ciblé la mosquée de La Verrière.
09:45Donc il n'y a pas de coïncidence.
09:46Les faits matériels, qui ont été confirmés très vite, très tôt,
09:49ont permis effectivement au président de la République,
09:52d'acquérir sa conviction au parquet national antiterroriste,
09:55de s'autosaisir et de qualifier les faits très clairement
09:57d'actes terroristes, racistes, et j'ajoute islamophobes.
10:02Et j'aimerais que dans notre débat politique et médiatique,
10:04on soit capable d'utiliser des bons termes.
10:06Parce qu'aujourd'hui, après des années et des années
10:08de propagande islamophobe, raciste,
10:11il y a des esprits qui se sentent armés idéologiquement
10:14pour passer à l'acte et assassiner des personnes
10:16en raison de leur confession présumée.
10:19Donc il les a visées pour cela ?
10:21Il a épargné d'autres personnes qui étaient sur son parcours
10:25qui ne l'étaient pas ?
10:26Exactement.
10:27En leur disant qu'ils avaient de la chance d'être blancs
10:29et donc de ne pas mériter ces balles.
10:31Donc voilà ce que cette ville a vécu,
10:32mais ce n'est pas la ville de Trappes aujourd'hui
10:34qui a vécu ce brame.
10:35Je vous sens évidemment marqué,
10:37mais très en colère aussi.
10:39Vous avez tout à fait raison.
10:40Ça dépend des minutes.
10:42Et là, tout de suite, maintenant en colère,
10:43parce qu'effectivement, depuis 20 minutes,
10:45vous avez une discussion qui s'éternise
10:46sur des sujets qui ne sont pas dans mon spectre aujourd'hui.
10:50Et c'est aussi dans ces plateaux que se forgent.
10:53Alors, pardonnez-moi.
10:55Vous m'autorisez à terminer ?
10:57Oui, mais la journée que vous avez vécu...
10:58Vous m'autorisez à terminer ?
10:59Mais ce qui se passe demain est important.
11:01Je ne dis pas le contraire.
11:02Est-ce que vous m'autorisez à terminer ?
11:03Allez-y.
11:04Sinon, vous me le dites, je ne suis pas obligé de rester.
11:06Je vous laisse terminer.
11:07Merci.
11:08C'est aussi sur ces plateaux que se fabrique
11:11le discours idéologique
11:13qui permet à des personnes,
11:15comme ce monsieur,
11:16d'organiser, de planifier leurs attentats
11:18en considérant qu'ils doivent faire la guerre
11:20contre un ennemi de l'intérieur.
11:22Ici, sur ces plateaux d'ailleurs,
11:23et j'ai porté plainte contre cela,
11:26des élus de la République,
11:28des élus du Rassemblement national,
11:29expliquent que Trappes est Kaboul.
11:31Et vous savez, quand vous avez l'impression
11:33que votre pays est envahi,
11:34qu'à côté de votre ville,
11:36à Trappes,
11:36il y aurait des républiques islamistes
11:38en miniature,
11:39pour reprendre les termes exacts,
11:40des l'URN,
11:41qui n'ont malheureusement pas été condamnés
11:43pour la justice,
11:44eh bien, à un moment donné,
11:45vous avez le droit de vous sentir
11:47autorisés,
11:47à aller en croisade,
11:48faire la guerre
11:49à ces mini-républiques islamistes
11:51qui existeraient sur notre territoire.
11:52Il n'y a que des citoyens français
11:55à Trappes
11:55et des gens qui aiment la France
11:57et les laisser ainsi stigmatiser
11:59dans le débat politique,
12:00médiatique,
12:01les éditorialistes
12:02qui tranquillement débattent,
12:05débattent d'air parfois
12:05sur les plateaux de télé.
12:06– Merci, M. le maire,
12:07à tous les élus
12:07et à tous les avis.
12:09– Eh bien, vous devriez parfois,
12:11comme c'est le cas
12:11dans d'autres pays d'ailleurs,
12:13laisser moins livre-cours
12:14aux paroles décomplexées et racistes.
12:16Juste avant,
12:17on commentait
12:18la manifestation de demain,
12:19j'ai entendu sur cette même antenne d'ailleurs,
12:22Marion Maréchal Le Pen,
12:23chez votre consoeur Sonia Mabrouk de mémoire,
12:26expliquer que c'était évident,
12:28que c'est la faute des arabos musulmans
12:30si les commerces étaient saccagés
12:31partout en France.
12:32Les arabos musulmans,
12:33on se croirait
12:34au temps des croisades,
12:35encore une fois,
12:36comment peut-on laisser prospérer
12:38cette parole matin, midi et soir
12:39sur tous les plateaux de télé
12:40et croire qu'un jour,
12:40elle n'aura pas d'effet dans la vie réelle ?
12:42Eh bien, on y est.
12:43Il y a un effet dans la vie réelle.
12:45Et je veux juste vous dire
12:46qu'on parle de 5 blessés
12:48et un morat
12:49avec une force et une acuité
12:52parfois qui laissent à désirer
12:53pour le maire de Trappes.
12:54Aujourd'hui, il vient vous le dire aussi
12:56et vous devez l'accepter.
12:57Parce qu'il est temps
12:58que notre société, madame,
13:00et je le dis aussi aux politiques,
13:02aux éditorialistes qui sont ici,
13:03acceptent de se mobiliser tout entière
13:06tout entière.
13:08Et chacun doit prendre parti.
13:10D'accord ?
13:10C'est soit le camp de la République,
13:12soit le camp des racistes
13:13qui veulent organiser la guerre civile.
13:15Et moi, je pense que la masse des Français
13:17ne la souhaitent pas,
13:17cette guerre civile.
13:18Et personne ne souhaite la guerre civile.
13:20Chacun veut permettre à ses enfants
13:22de grandir en toute sécurité
13:23et de faire nation collectivement,
13:25paisiblement.
13:26et c'est à ça que j'aspire,
13:27à la concorde républicaine,
13:28mais elle ne dépend pas
13:29que du président de la République
13:30qui, dans six mois,
13:31ne sera plus là.
13:32Elle ne dépend même pas
13:32que de nous, les politiques.
13:34Personne ne souhaite la guerre civile.
13:35Elle dépend aussi de vous,
13:36les médias,
13:37qui offraient des espaces d'expression
13:38qui méritent parfois
13:40de moins laisser la place
13:41à la haine
13:42qui s'exprime très librement
13:43et de façon décomplexée.
13:44C'est ce que vous pensez
13:45et je suis contente.
13:48Il y a contradiction.
13:49Il y a contradiction ?
13:50Oui, j'ai payé pour le savoir.
13:53Oui, non, vous vous exagérez.
13:55Ah oui, vous voulez dire,
13:56Laurent Joffrin,
13:56allez plus loin dans votre...
13:57Oui, il y a contradiction
13:58lorsque ces avis-là
13:59sont exprimés sur le plateau.
14:01Sur ce plateau même,
14:02je passe beaucoup de temps
14:04à contredire les élus
14:05du Rassemblement national
14:06qui tiennent effectivement
14:07les propos que vous citez
14:08qui sont très dommageables.
14:10Mais il y a une contradiction.
14:11On ne peut pas dire que la chaîne...
14:12Avec l'efficacité que l'on mesure.
14:13L'efficacité, c'est la même chose.
14:14Alors après, chacun mesure
14:16comme il veut l'efficacité
14:18et la manière dont nous voulons
14:19notre travail.
14:20En tout cas, ce qui est important,
14:21ce que vous dites ce soir,
14:22c'est que ce qui s'est passé à Trappes,
14:24c'est la faute du Rassemblement national.
14:26C'est ça que vous dites ?
14:28Voilà.
14:29C'est...
14:32Enfin, franchement, je...
14:33Quoi ?
14:34C'est de la caricature ?
14:35On peut simplifier et synthétiser.
14:37Mais non, mais...
14:37C'est pour ça que j'hésite beaucoup
14:39avant d'accepter
14:39de participer à ce type de débat.
14:41Mais il n'y a pas de débat.
14:42Arrêtons, il n'y a pas de débat.
14:44On se reparle.
14:45Vous savez pourquoi je voulais vous recevoir ?
14:46Parce que je vous ai entendu tout à l'heure
14:48et que je vous ai trouvé...
14:49J'ai trouvé ça extrêmement fort
14:50ce que vous disiez
14:51et la manière dont vous le disiez.
14:52Donc je trouve important
14:53de vous recevoir ce soir.
14:55J'essaie de comprendre
14:55là où vous voulez en venir.
14:56Tout simplement.
14:57Tout simplement.
14:58Et je vous donne la parole pour ça.
15:01OK ?
15:01Donc il n'y a pas de débat.
15:02Donc on va essayer d'éviter...
15:04En tout cas, moi, je ne l'accepterai pas
15:05de simplifier des propos
15:06qui se veulent complexes
15:08en résumant mon propos
15:09en indiquant que, pour moi,
15:11la tuerie de ce matin dans ma ville
15:13est la responsabilité
15:14du Rassemblement national.
15:15Non, c'est pas aussi ça.
15:15Ce serait facile si c'était le cas.
15:17Les autorités de ce pays
15:18pourraient se contenter
15:19d'interdire le Rassemblement national.
15:20Il n'y aurait plus de tuerie.
15:21Il n'y aurait plus de haine.
15:22Il n'y aurait plus le sentiment
15:23qu'on prépare
15:23et on organise une guerre civile.
15:25Donc voilà, c'est un peu plus complexe
15:26ce que j'explique.
15:27Et je crois que vous avez
15:28l'intelligence de le comprendre.
15:29Et qu'est-ce qu'il faut faire, alors ?
15:31Alors, ce qu'il faut faire,
15:33c'est déjà tout s'appeler
15:34à la concorde civile
15:35et, par exemple, interdire.
15:37Interdire.
15:38Pas la loi, peut-être demain, d'ailleurs.
15:39Mais vous, au moins, sur vos plateaux,
15:41que quiconque puisse continuer
15:42très tranquillement et paisiblement
15:43à diffuser l'idéologie
15:47du grand remplacement,
15:48de la théorie du grand remplacement.
15:49Il y a une ministre de la République
15:50qui a indiqué que la théorie
15:51du grand remplacement
15:51n'était pas une théorie raciste.
15:54Comment on peut laisser
15:55libre cours à ce genre de discours ?
15:57Vous faites référence
15:58à Aurore Berger.
16:00Exactement.
16:00Ceux qui s'en font
16:01sur tous les plateaux,
16:02mais tous les week-ends,
16:03toute la semaine,
16:04qui expliquent matin, midi et soir
16:05que tous les problèmes
16:06de cette société
16:07sont liés à l'immigration.
16:09Seule cause unique
16:10de tous les maux
16:10de la société française.
16:12Les lycéens qui n'ont pas
16:12de prof face à eux,
16:13depuis des semaines,
16:14parfois, dans ma ville,
16:15dans des enseignements
16:16de spécialité déterminants
16:17pour leur bac,
16:18c'est la faute des immigrés.
16:20Les vitrines des commerçants
16:21qui sont brisées,
16:22ce sont les arabos musulmans
16:24qui se déchaînent dans les rues.
16:25On les reconnaît,
16:26a dit le ministre
16:26Madame Bréjon
16:27il y a encore quelques jours
16:28sur je ne sais plus
16:29quel plateau télé.
16:30Et tous ces propos
16:31qui sont diffusés tranquillement,
16:33leur condamnation
16:34n'est pas claire,
16:35elle n'est pas ferme.
16:35Peut-être que parfois
16:36on leur oppose
16:37une contradiction polie,
16:38feutrée.
16:38Mais il y a un moment
16:40où il faut se positionner.
16:41On a su manifester
16:41tous ensemble
16:42après les attentats
16:43de Charlie Hebdo,
16:44après les attentats
16:45de l'hypercachère.
16:46On a été des centaines
16:47de milliers de Français
16:48et j'ai été de ces manifestations
16:50à titre personnel.
16:51J'aimerais qu'il y ait
16:52aujourd'hui
16:52la même prise de conscience.
16:53Le président de la République
16:56lui a indiqué dans notre échange.
16:57C'est un tournant historique
16:58et j'en suis convaincu
16:59de ce qui vient de se passer.
17:00C'est une tuerie de masse
17:03qui a été planifiée
17:04et qui a heureusement échoué
17:05et qui a échoué.
17:06Pourquoi ?
17:06Grâce au courage de policiers
17:07qui sont intervenus
17:08très rapidement.
17:09Et vous allez sourire
17:10grâce à la météo.
17:13Parce que ce matin
17:13il n'y avait personne
17:14dans les rues de Trappes.
17:15Dieu merci.
17:15C'est important ce que vous dites.
17:16Vous dites planifié.
17:17Est-ce que,
17:17alors sans dévoiler évidemment
17:18les secrets de l'enquête,
17:20mais est-ce qu'on sait
17:21si cet homme à ce stade
17:23a agi seul
17:24ou s'il était entouré ?
17:25Je ne suis pas dans la capacité
17:26de vous répondre sur ce point.
17:27C'est le parquet national antiterroriste
17:29au terme de l'enquête
17:29qui est toujours en cours
17:30qui saura l'indiquer.
17:31En tout cas,
17:32il a été armé idéologiquement
17:33par des discours
17:34qui se tiennent sur nos plateaux.
17:35Il a parlé après son interpellation,
17:37il a assumé les motivations.
17:38Il assume tout à fait
17:39ses motivations.
17:40Et il est lucide.
17:41C'est pour ça qu'il n'y a
17:41aucune ambiguïté
17:42et que le ministre de l'Intérieur
17:43puis le président de la République
17:44ont jugé nécessaire
17:45à leur niveau,
17:46au niveau du président de la République,
17:47de marquer le coup.
17:48De nommer les choses
17:49et de marquer le coup
17:50une réaction,
17:51M. Morin,
17:51à ce que vient de dire
17:52le maire de Trappes ?
17:53Ce déchaînement de violence
17:54qui est malheureusement
17:55le problème de notre société
17:56aboutit à des phénomènes
17:59terribles.
17:59Il n'y a plus de limites.
18:00Mais honnêtement,
18:04on ne peut pas considérer
18:06pour vous porter contradiction
18:08que la solution,
18:09c'est d'interdire
18:11l'expression
18:13d'hommes et de femmes
18:14qui sont des élus,
18:17qui sont des responsables politiques.
18:18Parce que si vous les interdisez,
18:20de toute façon,
18:21ça n'empêchera pas
18:22l'expression démocratique.
18:24Ça n'a rien à voir.
18:25Je pense qu'au contraire,
18:27il faut qu'il y ait du débat
18:27et des échanges
18:28pour qu'éventuellement,
18:30les uns et les autres,
18:30on puisse contester,
18:32débattre, confondre...
18:34Hervé Morin,
18:34je peux vous poser une question ?
18:35Oui.
18:36Vous êtes prêt à débattre ici
18:38avec quelqu'un
18:38qui vous expliquerait
18:39que la Shoah n'a pas existé ?
18:40Moi, je ne suis pas prêt.
18:42Non, mais moi...
18:42On est giféré pour l'interdire.
18:45Moi, je ne suis pas prêt
18:46à débattre avec quelqu'un
18:46qui théorise le grand remplacement.
18:48Moi, je suis prêt...
18:49Je ne suis pas prêt
18:49à lui porter la contradiction.
18:51Cette théorie,
18:52elle a tué à l'étranger,
18:52elle a tué en France aujourd'hui.
18:53À chaque élection,
18:54vous débattez avec des femmes
18:56et des hommes
18:56avec lesquels vous ne partagez
18:57pas grand-chose.
18:58Mais vous le faites quand même
18:59parce que vous êtes soumis
19:00à une obligation
19:01qui est celle du chiffrage.
19:03Vraiment, vous avez été ministre,
19:04vous faites semblant
19:04de ne pas comprendre.
19:05Non, non.
19:05Toutes les idées
19:06ne méritent pas le débat.
19:09Nier la Shoah,
19:10ça ne mérite pas le débat.
19:12Une loi, d'ailleurs,
19:12est venue en décider
19:14dans notre pays.
19:15Et elle fait l'unanimité
19:17aujourd'hui.
19:18Eh bien,
19:19la théorie du grand remplacement,
19:20c'est une théorie raciste,
19:22conspirationniste,
19:23qui a fait des morts
19:24en Australie,
19:25qui fait des morts
19:26dorénavant en France
19:27et on n'en discute pas.
19:28On la condamne
19:29et on choisit son camp.
19:31Ceux qui la théorisent,
19:32qui la propagent,
19:33qui la diffusent,
19:34arment la main
19:35des criminels.
19:36Et on peut se raconter
19:37des histoires
19:37sur le fait que
19:38on pourrait débattre face à eux
19:39et les convaincre
19:40et leur porter la contradiction.
19:41Non, on légitime
19:42leurs idées
19:43en leur permettant
19:43de s'exprimer
19:44comme si elles méritaient
19:45d'être débattues
19:46sur la sphère publique.
19:47Ce n'est pas le cas.
19:49Merci, M. le maire,
19:50d'avoir été avec nous.
19:52J'étais,
19:52en tout cas,
19:53j'étais contente
19:53de pouvoir vous recevoir,
19:55d'entendre ce que vous avez
19:56à dire.
19:57Et je rappelle,
19:58et je persiste ces signes,
19:59le racisme n'a pas sa place
20:01sur ce plateau
20:01et ni dans cette rédaction.
20:03Merci d'être venu
20:04sur ce plateau.

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