- il y a 2 jours
Un déjeuner partagé avec Christopher Weissberg, député EPR des Français établis hors de France pour parler du renouvellement des générations dans les exploitations agricoles. Les jeunes agriculteurs rencontrent des difficultés pour s'installer ou reprendre l'entreprise familiale. La transmission peut être compliquée dans un monde agricole en crise. Alors comment encourager et aider ces jeunes qui se destinent au métier ?
Au menu également gros plan sur un plat de plus en plus apprécié en France: la poutine. Un plat culte qui vient du Canada. Reportage à Paris au restaurant La Québécoise.
Carole Tolila et Jean-Pierre Montanay partagent un repas avec une personnalité : politiques, chefs cuisiniers, artistes.... L'occasion d'aborder un thème d'actualité, autour de reportages et d'un menu élaboré avec des plats typiques de leur région, souvenirs d'enfance ou qu'ils apprécient particulièrement. Comment le contenu de nos assiettes impacte-t-il nos modes de vie ? Tout en parlant gastronomie, c'est l'avenir de notre société et les enjeux de demain qu'ils questionnent.
Au menu également gros plan sur un plat de plus en plus apprécié en France: la poutine. Un plat culte qui vient du Canada. Reportage à Paris au restaurant La Québécoise.
Carole Tolila et Jean-Pierre Montanay partagent un repas avec une personnalité : politiques, chefs cuisiniers, artistes.... L'occasion d'aborder un thème d'actualité, autour de reportages et d'un menu élaboré avec des plats typiques de leur région, souvenirs d'enfance ou qu'ils apprécient particulièrement. Comment le contenu de nos assiettes impacte-t-il nos modes de vie ? Tout en parlant gastronomie, c'est l'avenir de notre société et les enjeux de demain qu'ils questionnent.
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NewsTranscription
00:03Générique
00:19Bonjour à tous et bienvenue dans Politique à table,
00:23votre rendez-vous pour apprendre à connaître les députés,
00:25le temps d'un repas filmé.
00:27Et aujourd'hui, nous avons le plaisir d'accueillir à notre table
00:31l'un des 11 députés des Français établis hors de France,
00:34membres du groupe Ensemble pour la République.
00:37Bonjour Christopher Weisberg.
00:39Bonjour à tous les deux.
00:39Bonjour Christopher Weisberg.
00:41Car oui, à mes côtés, j'ai Jean-Pierre Montané.
00:44Bonjour Jean-Pierre.
00:44Bonjour Carole.
00:46Alors, nous allons avoir un petit amuse-bouche avant le sommaire.
00:49On aime bien faire cette petite surprise à notre invité.
00:51Qu'est-ce que vous nous avez choisi aujourd'hui Jean-Pierre ?
00:53Une petite rate bien française pour un Américain d'adoption.
00:56Et vous allez essayer de nous dire ce qu'il y a au-dessus,
00:59parce que je l'ai dopé avec un petit condiment,
01:01un petit assaisonnement.
01:02Regardez, dites-moi.
01:04Alors attendez, on va essayer juste de sentir avant de goûter.
01:07Ah, un 10.
01:08Alors ?
01:08C'est pas mal, c'est une bonne technique.
01:10Ça sent quoi ?
01:11Alors, c'est pas du cumin.
01:13Non.
01:13Méfie en fait.
01:14Non, non, pas du tout.
01:15Ça a l'air très très bien, ça sent bon.
01:17Et je vais goûter une pomme de terre.
01:19Voilà, on vous laisse goûter.
01:20Et nous, on va donc parler du sommaire et en discuter juste après avec vous.
01:24Alors, pour cette émission au menu, vous avez choisi un plat de patience et de transmission.
01:29Le bœuf bourguignon et en dessert, une gourmandise.
01:33Entre héritage français et culture américaine, les beignets de la Nouvelle Orléans.
01:38Pour notre rubrique, le Dessous des plats, nous parlons du renouvellement des générations d'agriculture.
01:43Et avec vous, on fera le point sur la situation des jeunes agriculteurs et leurs difficultés pour s'installer.
01:49Dans les pieds dans le plat, gros plan sur un plat de plus en plus apprécié chez nous, Carole.
01:54La poutine, une spécialité russe.
01:56Non, pas du tout.
01:57Un plat réconfortant, c'est le moins que l'on puisse dire.
01:59Et culte qui nous vient du Canada.
02:01Reportage à suivre.
02:02Alors, qu'avez-vous pensé de cette amuse-bouche, Christopher ?
02:06C'est très bon, donc c'est une pomme de terre, rien de plus simple.
02:08Une pomme de terre vapeur.
02:09Et alors, je sens une sorte de sel qui est fumé.
02:12Ah, waouh !
02:12Alors, c'est fumé.
02:13Comment c'est fumé ?
02:15Ça, je ne pourrais pas vous le dire.
02:16Alors, c'est un sel fumé, bien joué, des Salish.
02:19Il nous vient du nord-ouest des Etats-Unis.
02:22C'est le petit clin d'œil de cette émission.
02:23Plus précisément, de l'État de Washington.
02:25Il tire son nom des Salish, Carole, tribus indiennes qui peuplaient l'État bien avant la colonisation des Anglais.
02:31Les cristaux de sel sont récoltés dans les eaux du Pacifique.
02:34Et ensuite, lentement fumé au-dessus d'un feu de bois d'aune, rouge ou de bois d'icori, dans
02:39la pure tradition Salish.
02:41Et effectivement, ça vous dope une petite rate.
02:42Vous avez goûté, Carole ?
02:43Non, je n'ai pas goûté.
02:44Je vais goûter.
02:44Vous n'êtes pas fait avoir.
02:46Moi, je pensais que c'était du poivre.
02:47Visuellement, on pense que c'est du poivre.
02:49Alors, évidemment, regardez, si on montre ça à la caméra, ça ressemble à du poivre.
02:52Pardon, Carole.
02:53Mais on peut en mettre plus.
02:54Et c'est vrai que le goût fumé est intéressant.
02:57Délicieux.
02:57Ça me donne beaucoup d'inspiration pour mon futur restaurant.
02:59Et alors, c'est très apprécié des chefs, ce sel Salish.
03:04Parce qu'effectivement, dans une petite préparation comme ça, il peut tout de suite le réveiller et lui donner un
03:10sacré goût.
03:10C'est bon, hein ?
03:11C'est hyper bon.
03:11Oui, c'est hyper bon.
03:12Hyper bon.
03:12Essayez chez vous.
03:13On passe tout de suite.
03:14C'est une idée de Germain, notre rédacteur en chef.
03:15Bravo.
03:16Bravo, Germain.
03:17Super idée, Germain.
03:17On passe à Cuisine et Confidence.
03:25Ah, le mal du pays, Christophe Herzberg.
03:27Je comprends tellement le choc des cultures et des assiettes.
03:30Vous le déracinez.
03:31Écartez-les entre trois pays, Etats-Unis, Canada et la France, votre terre natale.
03:35Alors, quand il s'agit, Carole, d'élire le plat de votre cœur, je parle à Christophe Heure, pour siéger
03:40à cette table, le choix est douloureux pour ne vexer personne.
03:43Mais au final, avec ce bœuf bourguignon, vous avez choisi votre camp.
03:46D'abord, celui des viandards, mais aussi celui de la cuisine française, s'il vous plaît.
03:50Vous, le Canadien d'adoption, vous auriez pu nous faire découvrir les traditions culinaires de l'immense et glacé Grand
03:56Nord,
03:56nous faire rêver avec la richesse et la diversité de ces viandes d'élevage ou de gibier que l'on
04:01retrouve là-bas.
04:01Mais j'ai compris le message.
04:03Râle-bol de ces cervidés, caribou séché, saucisse d'orignal, steak de bison, rôti ou apiti, ou encore médaillon de
04:11cerf.
04:11Râle-bol du sirop d'érable à toutes les sauces.
04:14Alors, le cas était trop bel, avec notre invitation, pour se ressourcer avec ce bœuf bourguignon,
04:18pour la signature de votre restaurant que vous avez possédé aux Etats-Unis.
04:22Symbole, vous l'avez dit, universel de notre cuisine traditionnelle,
04:25qui évoque une France attachée à ses terroirs, à la convivialité et aussi au temps long, à la patience.
04:30C'est pour toutes ces valeurs que vous l'avez choisi ?
04:32Alors, pour plein de raisons que vous avez bien décrites.
04:35La première, c'est que pour moi, qui suis aussi bourguignon, du nord de la Nièvre,
04:40c'est un plat qui représente le vin, puisqu'on met le bœuf dans le vin, on le fait mariner
04:46dans le vin,
04:48et ça me rappelle mes origines bourguignonnes.
04:50C'est aussi le plat qui, je pense, est le plus emblématique de la France,
04:54parce que c'est celui qu'on retrouve le plus dans les restaurants français aux Etats-Unis.
04:57Et pourquoi ? Parce qu'il y a une star que vous ne connaissez peut-être pas forcément ici,
05:02mais que tous les Américains connaissent comme Maïté.
05:05Elle s'appelle Julia Child.
05:07Julia Child, c'est une immense célébrité.
05:10Pour la petite histoire, elle a vécu pendant 10 ans en France.
05:14C'est une Américaine qui a vécu en France, juste à côté de l'Assemblée nationale, rue de l'Université.
05:18Et quand elle est rentrée aux Etats-Unis, elle a fait une émission de cuisine
05:22qui consistait à faire connaître aux Américains qui, à l'époque, n'avaient absolument aucune tradition,
05:26le raffinement français et la cuisine française.
05:28Et le premier plat dont elle a parlé dans cette émission, qui a duré 20 ans,
05:33qui est vraiment, mais je vous dis, connu de tous les Américains, cultissime,
05:36c'est le bœuf bourguignon.
05:37Et il y a des générations d'Américains qui venaient dans mon restaurant et qui disaient
05:42« Ah, mais ça, c'est le fameux bœuf bourguignon de Julia Child. »
05:47Et je leur disais « Non, ce n'est pas de Julia Child, ça vient de Bourgogne. »
05:51Le bœuf bourguignon est en train de refroidir, donc il faut le goûter.
05:53Il faut le goûter, donc merci au restaurant Le Bourbon de nous avoir préparé ce nouveau plat.
05:58On connaît bien le bœuf bourguignon et le bourbon.
06:00Bien entendu. Alors, on a dit beaucoup de choses.
06:03On va reparler de votre restaurant, mais prenons les choses par le démarrage.
06:06Vous êtes né à Neuilly-sur-Seine en France.
06:08Vous avez vécu au Canada, aux Etats-Unis.
06:11Donc, en fait, vous êtes français, américain, canadien ou un peu détroit ?
06:16Eh bien, un peu détroit. Je suis d'abord franco-américain.
06:19D'abord français, parce que je suis né en France avec une maman française et un père aussi français, donc
06:23je suis français.
06:24Mais mon père est aussi américain, donc j'ai la nationalité américaine.
06:28Et puis, je suis, moi, ma région, c'est dans le nord de l'État de New York, dans une
06:33région qui s'appelle les Alirondacks,
06:34qui est un endroit absolument sublime, qui est le plus grand parc naturel aux États-Unis,
06:38plus grand encore que Yosébite et que tous ces parcs-là,
06:40et qui est à la frontière avec le Québec.
06:44Donc, pour y aller, le plus facile, c'est d'atterrir à Montréal.
06:47Et à deux heures de Montréal, vous arrivez dans ma région, dans une petite ville qui s'appelle Saranac Lake.
06:52Et le Canada, du coup, pour moi, c'était la grande ville à côté de chez moi.
06:55C'était pas New York, qui est à quatre heures au sud, mais Montréal qui est à deux heures au
06:58nord.
06:59Et donc, évidemment, j'ai passé pas mal de temps, mes études, mon lycée à Montréal,
07:03et ensuite une partie de mes universités au Canada.
07:07Parce que le Canada, c'est un peu le meilleur des deux mondes.
07:09C'est à la fois l'Amérique du Nord, mais c'est aussi l'Europe.
07:11Et je vous donne un exemple, quand on veut faire ses études universitaires,
07:16soit vous allez à New York et vous payez à peu près 80 000 dollars l'année,
07:19soit vous allez à l'Université de Montréal et vous payez 2 000 dollars l'année.
07:23Donc, vous voyez, le choix est assez facile.
07:25Non, je reviens un peu au bœuf bourguignon, parce qu'il n'a pas beaucoup parlé.
07:28Est-ce que vous l'aimez ? Est-ce qu'il vous rappelle celui de votre mère, de la Bourgogne
07:32?
07:32Est-ce que ça évoque des souvenirs d'enfance ?
07:34Il est très réussi. La viande est parfaite.
07:37Il y a un peu de lardons.
07:39Mais ça, ce sont les conditions du direct.
07:40Mais ça, c'est parce qu'on a peut-être attendu un peu trop longtemps à en parler.
07:42Mais il est très réussi, parce qu'il a ce petit goût fumé, notamment avec les lardons.
07:46Et ça, ça fait partie de la recette.
07:49Il a une vraie réduction dans la sauce du vin.
07:52Et donc, c'est très prononcé.
07:54Et puis, il est servi avec une purée.
07:55Moi, j'aime bien quand c'est servi avec une purée.
07:58Il peut être servi avec des coquillettes, il peut être servi avec des pommes de terre et des carottes.
08:01Mais moi, j'aime bien quand c'est avec de la purée, parce que ça permet de bien saucer avec
08:05la consistance de la purée.
08:07Donc, il est très réussi. Bravo au bourbon.
08:09Jean-Pierre est content de déguster une purée, parce que ce mois-ci, il étudie toutes les purées.
08:13Comment elle est, la purée, Jean-Pierre ?
08:14Elle est très bonne. Je ne sais pas avec quelle variété.
08:17Aux Etats-Unis, on a des variétés de pommes de terre différentes en France, quand on fait une bonne purée.
08:20Elles sont différentes.
08:21Alors, la méga star, c'est la Yukon.
08:24Elle n'existe pas en France.
08:25C'est une pomme de terre qui n'existe pas en France.
08:26Il faut se rendre compte que la grande différence entre l'agriculture américaine et l'agriculture française, c'est la
08:32taille.
08:33Il y a des exploitations.
08:34Quand vous allez en Idaho, et l'Idaho, c'est l'état de la pomme de terre,
08:39vous vous retrouvez avec des exploitations de pommes de terre qui font des centaines d'hectares, parfois des milliers d
08:45'hectares.
08:45Alors, c'est assez impressionnant parce qu'ils produisent, du coup, des sommes qui sont énormes de pommes de terre.
08:52Et ils ont cette pomme de terre, cette marque qui s'appelle la Yukon et qui vient généralement d'Idaho.
08:57Mais est-ce que parce qu'elle est produite en grande quantité, elles perdent sa qualité nutritive ou gustative ?
09:01Ce n'est pas la petite pomme de terre de Noir Moutier.
09:04Ce n'est pas la petite rate pour la manger.
09:06Voilà, c'est assez différent.
09:08Après, vous savez, la beauté de la cuisine, c'est que quand vous cuisinez bien, vous arrivez à transformer dans
09:13une bonne purée.
09:14Il y a aussi beaucoup de beurre.
09:16On connaît la fameuse purée de Joël Robuchon.
09:19Et en fait, la moitié, c'est du beurre.
09:21Et le beurre, plus difficile à trouver aux Etats-Unis, un bon beurre, en général, ça vient de Normandie.
09:26Donc, vous voyez, à la fin des fins, bien sûr, il y a le produit, il y a la qualité
09:28du produit,
09:29il y a la qualité de la manière dont on le transforme.
09:31Et évidemment, en France, on a tout.
09:32On a à la fois des produits extraordinaires et une cuisine qui est fabuleuse et qui arrive à en tirer
09:37le meilleur.
09:38Alors, vous avez eu un restaurant.
09:40Est-ce que vous pouvez nous dire ce que les clients allaient chercher chez vous ?
09:42Le raffinement français ?
09:44Qu'est-ce que vous leur serviez ? Est-ce que vous étiez en cuisine ?
09:46On veut en savoir plus.
09:46Oui, alors, je cuisine.
09:49J'adore cuisiner.
09:50Mais vous savez, un vrai chef, ce n'est pas simplement quelqu'un qui aime cuisiner.
09:53C'est quelqu'un qui arrive à cuisiner pour beaucoup du monde
09:57et qui arrive à avoir une méthode qui permet d'envoyer des plats pour une centaine de personnes.
10:03Alors là, je peux vous dire que moi, j'étais une catastrophe.
10:05Vous n'êtes pas organisé.
10:06Je ne suis pas assez organisé.
10:07Pour la petite anecdote, un jour, j'ai mon chef, qui sont généralement des gens qui ont du caractère,
10:11qui me dit, alors que j'ai 100 personnes devant moi, si tu ne m'augmentes pas, je me tire.
10:16En plein milieu du service.
10:18Petite prise d'otage, alors qu'il était plutôt bien payé, parce qu'on pourra en reparler,
10:22mais les salaires sont quand même assez élevés aux Etats-Unis.
10:24Et donc, je lui ai dit, écoute, ce n'est pas le moment.
10:26Il enlève son tablier et là, je me retrouve à devoir servir à la place.
10:30Je peux vous dire que ça a été la pire soirée de ma vie de restaurateur,
10:33parce que ce n'est pas le même métier que d'aimer cuisiner chez soi et d'être un chef.
10:38Ça veut dire que c'est un métier en tension comme chez nous ?
10:40C'est un métier qui est hyper en tension, hyper en tension.
10:42C'est-à-dire que la plus grosse difficulté pour moi, c'était de recruter des chefs et des cuisiniers.
10:47Et le meilleur moyen pour le faire, moi, j'essayais d'en recruter aussi en France,
10:52parce que c'était là où on avait généralement les meilleurs cuisiniers et les plus faciles à trouver.
10:57Et les Américains, ils appréciaient la cuisine ?
10:59Ils aiment vraiment retrouver la cuisine française ?
11:01Ils adorent la cuisine.
11:03Si je veux, ils adorent la cuisine française.
11:04La cuisine française, c'est quand même, il faut le dire, la base de toutes les cuisines.
11:08Donc tous les termes de cuisine, en fait, qu'on utilise même aux Etats-Unis, sont des termes français.
11:13Et donc ça, c'est les grands chefs, les Escoffiers, Carême, sont des légendes aussi.
11:20Et donc les Américains qui se sont construits, j'étais la semaine dernière avec un des grands chefs français
11:25qui a fait toute sa carrière aux Etats-Unis, qui s'appelle Daniel Boulu.
11:28C'est une star, c'est une star internationale.
11:32Je peux vous dire qu'Anthony Bourdin, qui était aussi une autre star, qui est décédée il y a quelques
11:37années,
11:37mais qui avait des origines françaises, il disait systématiquement que c'était un Américain,
11:42mais que toutes ses références culinaires étaient françaises et que les Américains adorent la cuisine française.
11:46Moi, j'ai juste une chose où j'alerte régulièrement, c'est que c'est une cuisine qui,
11:51parce qu'elle a souvent été promue par des grands chefs, peut être une cuisine un peu élitiste.
11:56Et il y a un vrai risque, c'est que les nouvelles générations soient moins adeptes de cette cuisine
12:02parce que considérées trop élitistes.
12:03Et j'ai vu, moi, ces 20 dernières années, une cuisine italienne qui a réussi à se renouveler
12:08dans sa qualité, dans ses traditions, mais en étant plus populaire,
12:12parce que c'est des pâtes, parce que c'est des pizzas qui sont aussi un peu la base,
12:15là où nous, on reste encore probablement un peu trop élitiste.
12:19Et donc, le risque, c'est qu'il n'y ait pas le saut générationnel d'une nouvelle génération
12:23qui apprécie la cuisine française. Et ça, je pense qu'il faut vraiment,
12:26notamment par les concepts comme les bouillons ou autres,
12:28qu'on arrive à amener ça aux Etats-Unis pour que ça devienne une cuisine
12:31toujours accessible pour les nouvelles générations.
12:33La vôtre, visiblement, l'était, parce que c'était le boeuf bourguignon
12:35qui était un plat simple, qui était à la carte.
12:37Et moi, j'ai relevé les premiers avis, Carole, sur TripAdvisor,
12:40concernant la table de Christopher Weisberg.
12:42Delicious, vous n'avez pas le mieux.
12:46French food, wonderful service, exceptional French meal.
12:50Wonderful.
12:51Donc, pourquoi vous l'avez arrêté quand on a des avis pareils,
12:54extraordinaire, génial ?
12:55Ah, c'est pour ça ?
12:56Oui, en 2022, je suis devenu député et c'était assez difficile.
13:00Et ça a l'air de vous manquer, parce qu'au tout début de l'émission,
13:02vous avez dit pour mon prochain restaurant.
13:03Oui, complètement.
13:04Ah, mais moi, je suis un passionné.
13:06Il se trouve que, vous savez, moi, j'ai toujours gardé un pied dans la vie professionnelle.
13:13Et donc, j'ai aussi retravaillé dans la restauration pendant un an, il y a deux ans.
13:19Moi, pour moi, ça fait partie de ma vie.
13:20Et la restauration, créer des restaurants, c'est une des raisons pour lesquelles j'aime bien me réveiller le matin.
13:26Donc, évidemment, j'adore la politique, mais si ça s'arrête, je repartirai avec des concepts de restaurant.
13:31Un restaurant français ou un autre concept ?
13:34Non, moi, je suis très… c'est pas que je suis patriote, c'est que je pense qu'on a
13:39tellement de matière à développer.
13:41Il y a tellement de concepts à faire sur la base de cuisine française que, oui, je voudrais continuer à
13:46faire de la cuisine française.
13:46– Votre mère, elle était hôtesse de l'air, on comprend mieux à chaque fois ses allers-retours entre les
13:51pays aussi.
13:52Mais alors, du coup, comment ça s'organisait à la maison ? Elle vous préparait des plats ou c'est
13:55vous qui cuisiniez petit ?
13:56– Non, alors, petit, je ne cuisinais pas du tout. Ma mère était une excellente cuisinière.
13:59Sa mère était une fabuleuse cuisinière. Je me souviens qu'elle faisait des plats incroyables.
14:03Et pour tout… donc, je mangeais très bien à la maison.
14:06Ma mère, vous savez, quand on est hôtesse, il y a des cycles.
14:09Donc, pendant une semaine, elle partait.
14:10Et puis ensuite, elle revenait.
14:12Et pendant deux semaines, elle était à la maison.
14:13Donc, j'ai eu la chance d'avoir ma mère.
14:16Mais pour la petite anecdote, il y a 30 ans, maintenant, à Air France,
14:22le personnel commercial, les hôtesses de l'air,
14:24quand elles revenaient de certaines destinations, et notamment des classes à faire,
14:28elles revenaient avec des petites boîtes de caviar.
14:30Et donc, quand j'étais petit, de temps en temps, je revenais à la maison,
14:33il y avait des petites boîtes de caviar.
14:34Je pense que ça ne se fait plus du tout.
14:36Parce que maintenant, malheureusement, même si Air France reste une excellente compagnie,
14:39et franchement, on peut en parler longtemps, mais c'est bien meilleur que…
14:43En tout cas, les hôtesses ne rentrent plus avec les boîtes de caviar.
14:44Elles ne rentrent plus avec les boîtes de caviar.
14:45Mais j'allais vous poser la question, est-ce qu'elles vous ramenaient des choses ?
14:48Mais je pensais à la moutarde de ketchup, pas au caviar.
14:50Non, non, je me souviens, quand j'étais petit,
14:52d'un truc un peu sidérant, de boire des petites boîtes de disturgeons et de goûter ça.
14:57Pourtant, ce n'était pas du tout…
14:59Je n'étais pas dans une famille richissime qui pouvait se le payer normalement,
15:02mais c'était l'opportunité d'avoir une maman hôtesse de l'air.
15:04Vous l'avez déjà dit deux fois, Christopher Esberg, vous aimez cuisiner.
15:07Vous cuisinez sans doute bien quand on aime comme ça.
15:09Alors, parlez-nous de votre cuisine.
15:11Quelle cuisine y êtes-vous ? Qu'est-ce que vous aimez faire ?
15:13Est-ce que vous êtes imprégné forcément de la France, des États-Unis ?
15:16La fusion, ça vous dit quelque chose ?
15:18Est-ce que vous faites du cerf bourguignon ou je ne sais pas ?
15:22Moi, je suis très cuisine classique.
15:24Ce qu'on appelle un peu la cuisine bourgeoise française.
15:27Donc, j'adore le bourguignon, la blanquette de veau, le poteau feu.
15:31J'adore ces plats-là, qui sont des plats en sauce, qui sont des plats qui sont mijotés.
15:36J'aime la présenter, ça, ça fait partie des concepts qu'on pourrait faire dans un restaurant français aux États
15:41-Unis,
15:41mais d'arriver avec le plat complet, où on sert directement du plat à l'assiette.
15:47Pour moi, c'est ça, toute la beauté de la cuisine.
15:50Et j'aime bien la cuisine à la fois très goûteuse,
15:55faite avec toutes les techniques de cuisine française,
15:57mais pas trop...
15:58Je n'ai pas besoin, moi, d'avoir du homard ou du clavier, on en parlait tout à l'heure.
16:03Moi, j'aime bien les plats classiques.
16:06Un bon poulet basquets, une blanquette de veau,
16:08des plats en sauce, qui ne coûtent pas forcément très cher.
16:11C'est là où je prends mon pied.
16:12Et moi, j'adore cuisiner pendant longtemps,
16:14commencer le matin, aller à mon marché, regarder un peu ce qu'il y a au marché,
16:17et ensuite faire une cuisine pendant deux ou trois heures,
16:19où je vais faire mijoter les plats.
16:20C'est ça, moi, ma cuisine, si je devais parler d'une cuisine personnelle.
16:24Comme on pense au business plan du prochain restaurant.
16:27Est-ce que ce sera un restaurant en France ou aux Etats-Unis ?
16:31Je vais faire un peu de politique, ça dépendra beaucoup de ce qu'il y a en France.
16:34Je vous avoue que je suis très inquiet par ce qui se passe.
16:38J'ai été très inquiet par ce qui s'est passé aux Etats-Unis pendant dix ans.
16:41Et l'Amérique de Trump, ce n'est pas mon Amérique à moi.
16:43Et j'étais content d'être en France.
16:46Et j'ai un peu peur de vivre un nouveau cycle comparable au cycle Trump en France.
16:50Et je dois dire, moi, c'est quelque chose qui m'angoisse beaucoup.
16:55Je me poserais quand même la question de rester dans un pays
16:57qui aurait une vision assez étriquée de ce que je considère être la France.
17:02Alors, vous parlez de politique.
17:03Nous, on est un peu à table, donc on a toujours tendance à parler de cuisine et de politique.
17:07Quand on dit j'aime la blanquette, j'aime le bœuf, on envoie un signal quand même.
17:11Vous aimez la viande.
17:12Aujourd'hui, aimer la viande à cette table, c'est devenu de plus en plus difficile à assumer.
17:16Est-ce que c'est la même chose aux Etats-Unis ?
17:18Est-ce que la mode végane est en train de déferler ?
17:21Je respecte, mais de faire des communautés au sein de la grande famille de la cuisine.
17:28Bien sûr, aux Etats-Unis, vous ne pouvez plus vous permettre de ne pas avoir un plat sans gluten
17:31et un plat qui n'est pas végane.
17:34Ça fait partie à la fois de l'époque qu'on vit,
17:38où il y a des communautés qui sont imprégnées de ça.
17:41Ça ne fait pas aussi partie des régimes alimentaires.
17:43Il y a beaucoup de gens aujourd'hui, moi je l'ai vu pendant que j'avais ce restaurant,
17:46au fur et à mesure, il y avait de plus en plus de gens qui avaient des intolérances alimentaires
17:50et qui devaient manger un plat végane parce qu'ils ne pouvaient pas manger de viande
17:54ou qu'ils ne pouvaient pas manger de laitage ou autre.
17:57Moi, je considère que les faux débats, les fausses attaques sur les carnivores
18:03sont un peu ridicules.
18:05La réalité, c'est que moi j'ai connu des bouchers incroyables.
18:08Il y a un boucher français qui s'appelle Bourbonnec,
18:10qui est une sommité que je salue.
18:12Il est venu à cette table.
18:13Eh bien écoutez, c'est un homme remarquable.
18:16C'est à la fois un vrai boucher qui a commencé sa carrière dans les boucheries dès 15 ans,
18:21qui a écrit un livre super là-dessus,
18:22mais qui est un militant de ce qu'est la bonne manière de faire de la boucherie.
18:27Et ce qu'il dit dans son livre, c'est qu'on va consommer différemment de la viande.
18:29On va en consommer moins, mais on va en consommer mieux.
18:32C'est-à-dire qu'on va manger des portions un peu plus petites,
18:34mais avec une viande de bien meilleure qualité.
18:35Et ça, j'espère qu'on pourra le faire partout.
18:37Il n'y a pas besoin de manger énormément de viande
18:40pour quand même avoir ce goût, ce besoin de protéines.
18:44Et je pense que c'est ça qu'on doit réussir à faire.
18:46C'est baisser les consommations de viande,
18:47parce que de toutes les manières, plus on sera nombreux,
18:49plus ce sera difficile d'avoir une production de qualité.
18:51Et pour autant, il faut réussir à garder ce qui fait partie de notre alimentation
18:56et qui est indispensable pour notre alimentation.
18:57Alors justement, si vous avez envie de cuisiner,
19:00donc pas beaucoup de viande, mais très bien,
19:02il y a les trois choses à savoir, et c'est avec Jean-Pierre.
19:04Alors je vais parler sous le contrôle de votre maman,
19:06comment réussir son bœuf bourguignon.
19:08Alors d'abord, il n'y a pas une seule et unique recette,
19:11mais un tas de variantes, j'ai découvert.
19:13Mais ce qui est capital, c'est le choix de la viande.
19:15Vous aimez les morceaux gélatineux fondants quand ils sont plus longtemps,
19:18optez pour le gîte, Carole, ou l'ajout de bœuf.
19:21Vous préférez des morceaux à braiser, alors là c'est le collier,
19:23la macreuse de bœuf, fibreux, la basse-côte et plus maigre, le rhum steak.
19:27L'idéal, bien entendu, c'est de panacher ces viandes,
19:30comme ça, ça donne différentes textures et différents goûts au plat global.
19:35Avant la cuisson, deux écoles, tout à l'heure,
19:37Christopher Wessberg a dit qu'on le fait mariner dans le vin,
19:39mais il y en a qui ne le font pas mariner.
19:41Donc là, soit on laisse la viande coupée en morceaux,
19:43avec les oignons, les carottes, marinées dans un vin qu'on fait flamber
19:46pour un peu diminuer le taux d'alcool,
19:48ou alors on peut directement la faire revenir dans du beurre,
19:52en marquant la viande, comme ça, elle va mieux résister à la cuisson ensuite.
19:56Et puis, très important, trois, bien sûr, c'est la sélection du vin.
19:59La facilité, bien sûr, c'est de finir les deux, trois fonds de bouteilles
20:02qui traînent à la maison.
20:03On l'a tous fait.
20:03Oui, mais attention à la piquette.
20:05Si vous achetez une bouteille, pour l'occasion,
20:07privilégiez bien entendu un bourguignon,
20:09pour être accord avec l'ADN de la recette,
20:11mais pas la peine de sacrifier un grand cru,
20:12un pinot noir ou un haut de côte de nuit font l'affaire.
20:15Pour la garniture, le classique, c'est ce triptyque.
20:19Oignon-Grelot, on les a là, lardons et champignons,
20:22c'est respecté par le bourbon, bravo.
20:24Bravo, et le pinot noir, c'est ce que vous avez choisi pour accompagner ce plat.
20:28On l'a là, alors celui-là, on ne va pas l'utiliser pour cuisiner.
20:30C'est une très bonne bouteille, expliquez-nous votre choix.
20:34Alors, vous avez parlé de la Bourgogne,
20:37et je voulais rendre hommage à des gens de chez moi,
20:40de ma circonscription,
20:42donc des Français d'Amérique du Nord,
20:43qui sont basés en Oregon,
20:45et c'est des gens qui sont venus avec, en fait,
20:48l'exploitation Jadot, dont vous connaissez.
20:49Jadot, c'est une des grandes maisons de vin en Bourgogne,
20:53et ce sont des vrais bourguignons
20:54qui se sont installés dans la Willamette Valley,
20:57donc à une heure de Portland, dans l'Oregon,
20:59dans une région qui a un terroir extraordinaire,
21:01et ils font un vin
21:03très inspiré de la vinification bourguignonne.
21:07Alors, tout à l'heure, on en parlait un petit peu
21:08off l'émission,
21:10il y a un petit coût de fût,
21:12mais beaucoup moins que si vous allez en Californie,
21:15où là, il y a un goût de fût très très fort,
21:16donc ça reste une vinification quand même française,
21:18et il y a des tannins que moi je trouvais remarquables,
21:20là, il est en train un peu de s'ouvrir,
21:21donc il va être encore meilleur.
21:24Il y a une couleur claire qui ressemble quand même au Pinot Noir,
21:26c'est-à-dire qu'on n'est pas dans des vins
21:30forcément très tanniques,
21:31mais on est sur des vins qui ont justement
21:34cette aération que j'aime bien dans le Pinot Noir,
21:36et puis c'est une région qui a un sol extraordinaire,
21:38et vous savez, la Bourgogne, ce qui est fabuleux,
21:40c'est son sol, c'est les climats,
21:41c'est le fait qu'on a des terroirs qui sont si variés,
21:44si différents sur un tout petit espace,
21:46et là, ce qui est génial dans cette région,
21:48c'est que vous êtes entre la montagne et la mer,
21:51et donc il y a aussi ça,
21:52alors peut-être que vous ne le voyez pas,
21:54mais il y a presque de temps en temps
21:55des aérgouts de iod qui sont liés au fait
21:57qu'il y a le vent de la mer qui vient sur ces vignes,
22:00et donc c'est un vin qui a un hommage à la fois à la France,
22:03parce que c'est un vin qui se veut être
22:04une sorte de vin bourguignon fait en Amérique,
22:07mais qui respecte quand même les terroirs de l'Oregon.
22:10C'est vous en vin, finalement.
22:12Alors quand vous goûtez du vin aux Etats-Unis,
22:14est-ce que vous pouvez me dire ce que vous recherchez ?
22:16Est-ce que vous recherchez quelque chose de français,
22:18ou vous êtes ouvert à des nouveaux cépages ?
22:20Alors vous savez,
22:21il y a quelqu'un qui est très connu aux Etats-Unis
22:23qui s'appelle Parker,
22:25qui a, il y a quelques années,
22:26fait un guide qui a eu tendance
22:28à standardiser le vin.
22:29Il est mort il n'y a pas très longtemps, je croyais.
22:30Il est mort il n'y a pas très longtemps,
22:31il y a un film qui est un classique
22:33qui s'appelle Mondovino,
22:34qui raconte un peu comment son goût
22:37est devenu une forme de standard.
22:39Et en fait, moi, je n'aime pas du tout son goût.
22:41Parce que c'est des goûts
22:42qui sont très, très, très marqués sur le fût.
22:46D'accord.
22:46Donc un goût de chêne qui est très, très fort.
22:49Ils sont très, très puissants.
22:50Et moi, je préfère les vins un peu plus légers,
22:53un peu plus aérés.
22:54Et c'est vrai que ce n'est pas la tradition américaine.
22:58Donc, au départ,
22:59pour être très honnête avec vous,
23:00je ne suis pas un immense fan
23:02des Cabernet Sauvignon de Californie
23:04ou d'un certain nombre de vins.
23:05Et je préfère ces vins du Nord
23:07qui sont des pinots noirs
23:08un peu plus à la mode française.
23:11Alors, petite question rapidement.
23:13Est-ce que vous trouvez que les Américains
23:14et les Français sont concurrents
23:15ou partenaires dans le vin ?
23:17Alors, ils sont...
23:18On en revient à une question
23:19qui a été assez politique
23:20ces dix dernières années
23:21et que j'ai bien vécu en tant que député.
23:23C'est la question des tarifs sur le vin.
23:25La logique des tarifs, normalement,
23:27c'est de favoriser l'industrie locale,
23:30la production locale
23:31par rapport à ce qu'on considère
23:32comme étant une menace
23:34qui vient de l'étranger.
23:35Or, le premier exportateur,
23:38donc importateur de vins aux Etats-Unis,
23:40c'est la France,
23:40qui est de très, très loin le vin
23:42qu'on retrouve le plus aux Etats-Unis.
23:45Et en fait, ils ne sont pas du tout concurrents
23:47parce que le vin américain,
23:48paradoxalement, il est très cher.
23:50Et donc, quand vous augmentez les prix,
23:53en fait, dans mon restaurant,
23:55à un moment,
23:55je ne pouvais plus mettre
23:55des petits vins français
23:57qui revenaient très chers
23:58parce que les tarifs faisaient
24:00qu'on augmentait le prix
24:01et qu'ils étaient plus compétitifs
24:02sur les premiers prix de vin.
24:03Mais je ne prenais pas des vins américains
24:05parce que les vins américains,
24:05de toute façon,
24:06ils sont beaucoup plus chers.
24:07Même les bons Bordeaux
24:07qu'on trouve aux Etats-Unis
24:09sont moins chers que les vins américains ?
24:10Alors, ça dépend, évidemment.
24:11Si vous prenez un Alos Corton
24:12ou si vous prenez un Château Petrus,
24:14évidemment, ils sont très chers.
24:15Mais il y a beaucoup...
24:17Vous savez, Bordeaux produit énormément de vins
24:19et donc, il y a des petits vins de Bordeaux
24:20qui ne sont pas de façon péjorative
24:22mais qui sont moins chers.
24:24Et évidemment,
24:24ils sont beaucoup moins chers
24:25que les vins américains.
24:26Et donc, c'est vraiment
24:27un coup d'épée dans l'eau.
24:28En fait, cette politique
24:29de tarifs sur le vin,
24:31Trump l'a utilisée
24:32pour nous désorganiser entre Européens.
24:34Et la réalité,
24:35c'est qu'il mettait des tarifs
24:36moins chers sur le vin italien
24:37et plus chers sur le vin français
24:38pour que les Italiens
24:39et les Français
24:40se fassent la guerre commerciale
24:42au sein de l'Union européenne.
24:43Et ça se voyait
24:44parce que le vin
24:45qui était finalement
24:46le plus compétitif,
24:47ça devenait le vin italien.
24:48Donc moi, je ne me suis pas retrouvé
24:49à ramener du vin américain
24:51mais à amener
24:52des premiers prix
24:53de vin italien
24:54parce qu'ils étaient moins chers
24:55que le vin français
24:56qui était augmenté
24:57par les tarifs de Donald Trump.
24:58Vous voulez devenir italien maintenant.
25:00Et ça a rebaissé.
25:01Ils font des bonvoins, les Italiens.
25:03Attention.
25:03Je vois que Jean-Pierre
25:05a pris des forces
25:06donc nous pouvons passer
25:07au quiz.
25:14Je vois votre assiette.
25:15elle est plus entamée
25:16que la mienne
25:16donc je sais que vous avez bien rangé.
25:18Député des Français
25:19d'Amérique du Nord,
25:20les cornflakes
25:20n'ont plus de secret pour vous.
25:22Alors sauriez-vous nous dire
25:23si ces affirmations
25:24sont vraies ou fausses ?
25:25Ils ont été inventés,
25:27ces cornflakes,
25:28en 1894
25:29par piège,
25:30par un agronome
25:31John Harvey Kellogg.
25:33Vrai ou faux ?
25:33Pourquoi ça vous fait rire ?
25:34C'est hyper dur
25:35parce que je vois très bien
25:36il y a une école Kellogg
25:37à Chicago
25:37où je suis allé
25:38et pour tout vous dire
25:39je ne saurais même pas
25:40si c'était...
25:42agronome John Harvey.
25:43Je vais dire vrai.
25:45Mais c'est faux
25:46parce que c'était bien
25:47John Harvey Kellogg
25:47mais il n'était pas du tout agronome.
25:49Il était médecin végétarien,
25:51adventiste
25:51et pour la petite histoire
25:53partisan de l'abstinence sexuelle.
25:54Je ne sais pas ce que ça a à voir.
25:56C'est important de le préciser.
25:57Oui mais j'ai trouvé
25:58que c'était drôle.
25:58On peut le passer dans les dîners.
26:00Mais les cornflakes
26:01vont prendre une dimension
26:03internationale en 1915
26:04car ils sont les stars
26:06de l'expo universelle de Chicago.
26:08Vrai ou faux ?
26:08Je vais dire vrai.
26:09Mais c'est vrai.
26:10Là ils sont dopés par cette expo
26:11parce que c'est la vitrine du monde.
26:13Exportés dès 1922 en Angleterre
26:16puis en 1924 au Canada
26:17les cornflakes
26:19de la marque Kellogg's
26:20attention
26:21débarquent en France
26:22juste après la guerre
26:23en 1948.
26:25Est-ce que c'est vrai ou faux ?
26:27Je vais dire vrai
26:28peut-être que je me plante
26:29mais parce que mon grand-père
26:31qui est arrivé en France
26:32pendant la guerre
26:33donc un Américain
26:34qui est arrivé en France
26:34pendant la guerre
26:35il restait en France
26:36ensuite en faisant
26:37de l'import-export
26:38entre les Etats-Unis
26:39et la France
26:39et à l'époque
26:40ils ramenaient des produits américains
26:41tous les produits américains
26:43donc je vais dire vrai
26:44en pensant que potentiellement
26:45ça faisait partie du lot
26:46de ce qu'ils revendaient en France.
26:47Alors ils devaient ramener
26:48peut-être des chewing-gums
26:49mais pas des cornflakes
26:50parce qu'il faut attendre 1968
26:52la révolution française
26:53pour les voir au petit-déj
26:54des français.
26:55Voilà.
26:56Je ne sais pas si c'est lié
26:56attention mais 68
26:57et les Kellogg's.
26:58Le succès planétaire
26:59des cornflakes
27:00s'explique par leur côté basique
27:02adaptable aux différentes
27:03traditions culinaires.
27:04Au Mexique
27:04dans les années 40
27:05le lait froid
27:06qui les accompagne
27:08est remplacé par des crevettes.
27:11Vrai ou faux ?
27:11Oh !
27:12C'est très très dur
27:13et je n'en ai aucune idée
27:14mais je vais dire vrai.
27:15Oui c'était vrai.
27:17Bravo !
27:18Bravo !
27:192 sur 4
27:20et on continue à voir
27:21si vous êtes tout aussi fort
27:22en parlant des brunchs.
27:23Votre restaurant
27:24Lev Bank
27:24était réputé
27:26pour ces brunchs
27:26alors vous allez me dire
27:27si ces affirmations
27:28sont vraies ou fausses.
27:29Le mot brunch
27:30a été inventé en 1930
27:31par le britannique
27:32Guy Béringer.
27:34Vrai ou faux ?
27:36Écoutez...
27:36Une chance sur deux.
27:37Une chance sur deux
27:38je vais dire vrai.
27:39Non c'est fou.
27:41C'est bien lui
27:42mais c'était plus tôt
27:43c'était en 1895
27:45et le brunch
27:45je vous le rappelle
27:46c'est la contraction
27:47du mot breakfast
27:48et lunch.
27:49Ah ça ça aurait été
27:50plus facile pour vous.
27:50C'est plus facile
27:51mais vous ne posez
27:51que des questions très dures.
27:52C'est Jean-Pierre
27:53il est comme ça
27:54il aime bien
27:54ils sont un peu sournois.
27:56Le menu du brunch
27:57s'est inspiré
27:57du petit déjeuner aristocratique
27:59après la chasse
28:00est-ce vrai ou faux ?
28:02Alors comme vous faites
28:03souvent un vrai-faux
28:04je vais dire vrai
28:05parce que peut-être
28:06que les oeufs bénédictes
28:07c'est quand même assez élaboré
28:08et assez évolué
28:09comme menu en général
28:10le menu du brunch.
28:11Et bien bravo
28:12c'est vrai
28:12vous avez vu clair en ouf
28:14après la chasse à court
28:15ce repas copieux
28:16était composé
28:17d'oeufs
28:18de viande
28:18et de fruits.
28:19La consécration du brunch
28:21remonte à 1939
28:23avec l'article du New York Times
28:25qui lui était dédié
28:26vrai ou faux ?
28:28Faux.
28:29Non c'est vrai
28:30C'est vrai
28:30C'est horrible
28:31Le journal valide
28:32l'idée du brunch
28:33le dimanche
28:34avec une journée
28:36seulement avec deux repas
28:37le brunch
28:38et le dîner
28:39c'est la consécration
28:40à ce moment-là.
28:41Dans les années 40
28:42aux Etats-Unis
28:43le concepteur du brunch
28:44invente
28:45vous en parliez
28:45il y a deux minutes
28:46les oeufs bénédictes
28:47est-ce que c'est vrai ?
28:48Ou est-ce que c'est faux ?
28:49Je vais dire vrai
28:50Eh ben c'est faux
28:51Eh ben voilà
28:52Vraiment j'ai faux
28:53sur toute la ligne
28:53Eh ben non
28:54En fait
28:55vous en êtes quand même
28:56bien tiré
28:56parce que vous avez
28:57très bien parlé
28:58de nourriture
28:58là c'est le petit quiz
28:59c'est juste pour s'amuser
29:01donc ça c'est très bien
29:02Bon en tout cas
29:02l'origine
29:03c'est plutôt fin 19ème
29:05à New York
29:05et en effet
29:06ça va devenir une recette
29:07emblématique des brunchs
29:08c'est les oeufs bénédictes
29:09ce sont des oeufs
29:10pochés sur un pain
29:11nappés avec une sauce hollandaise
29:13vous devez très bien connaître
29:14Il y en avait au Left Bank
29:15Il y en avait évidemment
29:16et c'était pratiquement
29:17je dirais
29:17la clé du menu
29:19c'est les oeufs bénédictes
29:20qui ne sont pas
29:20des trucs français en fait
29:21C'est une recette américaine
29:23Vous l'avez très bien dit
29:24Vous l'avez très bien dit
29:25Comme on dit bénédictes
29:27on a l'impression
29:27que c'est un oeuf français
29:28mais c'est vrai
29:29c'est fait avec une sauce hollandaise
29:30il y a des techniques françaises
29:32mais à la fin
29:33c'est vraiment un plat américain
29:34Ils ne jouent que par ça
29:35les américains
29:35moi j'ai des copains américains
29:36dès qu'il y a un brunch
29:37je fais des oeufs bénédictes
29:37c'est panique à bord
29:39Quand je viendrai déjeuner chez vous
29:40je ne vous demanderai pas ça
29:41ne vous inquiétez pas
29:42On passe au dessous des plats
29:49En agriculture
29:50partir à la retraite
29:52est une chose
29:52trouver qui prendra la relève
29:55en est une autre
29:55cas concret
29:56avec un frère et une sœur
29:58qui espèrent poursuivre
29:59l'entreprise familiale
30:01mais la transmission
30:02peut être compliquée
30:03dans un monde agricole en crise
30:06Pas une minute à perdre
30:08Pour les 120 vaches
30:10laitières d'Océane 22 ans
30:12et de Jean-Baptiste 24 ans
30:14c'est l'heure de la traite
30:15Aujourd'hui
30:17le frère et la sœur
30:18sont salariés à temps plein
30:20sur l'exploitation familiale
30:22Ils aimeraient reprendre
30:23la ferme de leurs parents
30:25mais entre hausse des coûts
30:26de production
30:27épidémie
30:28et aléas climatiques
30:29difficile pour la fratrie
30:31de constituer
30:32une trésorerie suffisante
30:34Aujourd'hui
30:35entre les animaux
30:36que ce soit les stocks
30:36même les terres
30:38etc
30:38ça représente
30:39on est à autour
30:41de 2 millions d'euros
30:41et quand il y a
30:42des coups durs
30:43des gros coups durs
30:44comme l'assiette catarale
30:45la sécheresse
30:46forcément ça pénalise
30:47énormément les trésoreries
30:48des exploitations
30:49c'est pour s'installer
30:50et puis sans mettre
30:52des emprunts sur le dos
30:53et pas pouvoir vivre
30:53de notre métier
30:54c'est pas le but non plus
30:55Et le temps presse
30:56dans 3 ans
30:57leurs parents partiront
30:58à la retraite
30:59et devront vendre
31:00leur ferme
31:01alors il faut être
31:02davantage rentable
31:03actuellement
31:04ils produisent
31:0595 000 litres
31:06de lait par mois
31:07leur objectif
31:08atteindre les 100 000 litres
31:10On a un projet
31:11de robotisation
31:12avec mon frère
31:12mais pareil
31:12c'est des investissements
31:13assez onéreux
31:14aujourd'hui
31:16pour 100 vaches
31:16il nous faudrait
31:172 robots de traite
31:18et ça représente
31:18plus de 300 000 euros
31:19Leur projet de reprise
31:21n'a pas toujours
31:21convaincu leurs proches
31:23issus d'une autre génération
31:24Vu la conjoncture
31:26ils sont forcément
31:27un peu réticents
31:28après ils ne veulent pas
31:29nous empêcher
31:30de faire ce qu'on aime
31:30mais c'est sûr
31:31qu'ils nous disent
31:32d'être très prudents
31:32et aujourd'hui
31:33si on peut faire
31:33quelque chose
31:34de plus rémunérateur
31:35et être beaucoup plus stable
31:36ils nous disent
31:37n'hésitez pas
31:38Un métier passion
31:39raconte Jean-Baptiste
31:40malgré des journées
31:41à rallonge
31:42un salaire
31:43qui avoisine
31:43les 1000 euros
31:44et un milieu
31:45où il est très difficile
31:46de se confier
31:47Il y a une certaine honte
31:50pour les agriculteurs
31:50de dire à son voisin
31:52qu'il est en difficulté
31:54c'est pour ça
31:54qu'il y a de plus en plus
31:55de suicides
31:56des agriculteurs
31:57c'est qu'il y a
31:57un réel mal-être
31:59dans le monde agricole
32:00et qui ne va faire
32:01que s'amplifier malheureusement
32:03Malgré les difficultés
32:04Océane et Jean-Baptiste
32:06veulent croire en l'avenir
32:07En France
32:08selon le ministère
32:09de l'agriculture
32:10le nombre d'installations
32:12agricoles portées
32:13par des moins de 40 ans
32:14a progressé
32:15de 12%
32:16en 2025
32:18Merci Alicia Rogue
32:20et Johanna Beckmann
32:21d'avoir signé
32:21ce reportage
32:22Vous avez été
32:23co-signateur
32:24d'un amendement
32:25au projet de loi
32:25de l'orientation agricole
32:26en 2024
32:27une loi consacrée
32:28à la souveraineté agricole
32:29et au renouvellement
32:30des générations
32:32Qu'est-ce qui a réellement
32:33changé depuis
32:34pour un agriculteur
32:35qui cherche un repreneur ?
32:38Écoutez franchement
32:38je vais être très honnête
32:40avec vous
32:40je n'ai pas encore
32:41le recul
32:42pour savoir
32:42ce qui a vraiment changé
32:43et je m'inquiète
32:44de savoir
32:44si au fond
32:45tout ce qu'on a voté
32:47est suffisant
32:47par rapport
32:48à la problématique essentielle
32:50c'est qu'on a des gens
32:51c'est qu'on a des gens
32:51qui au fond nous nourrissent
32:52on est une nation
32:55agricole
32:55une des plus grandes
32:56nations agricoles
32:58exportatrices
32:58qui historiquement
32:59a des produits de qualité
33:00qui est capable
33:01de produire
33:02à un haut niveau
33:04et une souffrance
33:05qui au fond
33:06n'a pas énormément progressé
33:07et donc si vous voulez
33:08on pourrait faire l'inventaire
33:09de tout ce qu'on a fait
33:10il y a eu pas mal de textes
33:11on avait commencé
33:11avec Egalim
33:12je me souviens
33:12en 2017
33:15et pour autant
33:16j'ai l'impression
33:17qu'on est au sommet
33:18de la difficulté
33:19du paradoxe
33:20de comment on arrive
33:21à adapter
33:23le marché
33:24le fait que le consommateur
33:25puisse trouver
33:26des produits de qualité
33:27à un prix
33:28qui est acceptable
33:28et les conditions
33:30de ceux qui les produisent
33:31et franchement
33:32on a beau avoir avancé
33:34souvent dans des moments
33:35de crise
33:36donc on voit
33:36on a plein de plans
33:38pour refinancer
33:40dans des moments de crise
33:41mais à la fin
33:42on a toujours
33:43ce qui est intolérable
33:44et ce qui est très difficile
33:45à gérer
33:46c'est comment on arrive
33:47à dépasser ce salaire
33:48dont il parle
33:48qui est de 1000 euros
33:49pour des gens
33:49qui passent
33:50des heures
33:51qui ne travaillent pas
33:52ce n'est pas 35 heures
33:53c'est le double
33:53c'est le triple
33:54qui ne s'arrêtent jamais
33:55qui ne prennent pas de vacances
33:57et qui au fond
33:58gagnent si peu
34:00ça pose une question
34:01un peu fondamentale
34:02sur comment on arrive
34:03à rémunérer
34:03et à sortir des règles de marché
34:05parce que les règles de marché
34:06ne s'appliquent pas à ça
34:07moi je suis plutôt libéral
34:09sur plein de choses
34:10mais je suis bien obligé
34:11d'admettre
34:11que sur la question agricole
34:12on n'arrive pas
34:14à respecter
34:15ces deux impératifs
34:16et la question
34:17moi je pense
34:18c'est qu'il faudra
34:19à nouveau
34:19et il faudra utiliser
34:21de l'argent public
34:22et des subventions
34:23pour s'adapter
34:24et pour permettre
34:25à ces gens
34:25de vivre dignement
34:26parce que sans eux
34:27en fait
34:27on ne se nourrait plus
34:29alors il y a cette question
34:30mais il y a aussi
34:31la question de renouvellement
34:32des générations
34:33un tiers des agriculteurs
34:34vont partir à la retraite
34:35dans les dix prochaines années
34:36est-ce qu'on anticipe
34:37suffisamment cette vague ?
34:38Probablement pas assez
34:39probablement pas assez
34:40bon déjà si vous voulez
34:40c'est un problème
34:41qui est général
34:42chez les agriculteurs
34:43c'est très fort
34:44parce qu'évidemment
34:44dans ces conditions-là
34:45est-ce que les enfants
34:46ont envie
34:47de reproduire un modèle ?
34:48C'est difficile
34:49Certains le veulent
34:50parce que ça fait partie
34:51de leur ADN
34:52ça fait partie de leur vie
34:53d'autres ne le font pas
34:54mais si vous voulez
34:54c'est un problème général
34:55sur les restaurants aussi
34:56sur les entreprises
34:57sur les commerçants
34:58le nombre de
35:00surtout quand on sort
35:01de Paris
35:01et des grandes villes
35:02le nombre de commerces
35:03qui ne retrouvent pas
35:04de repreneurs
35:04ça fait partie
35:06des enjeux fondamentaux
35:07et c'est vrai
35:07que ça s'applique
35:08encore plus
35:09à l'agriculture
35:09au fond
35:11moi mon sentiment
35:12c'est que
35:12l'avenir de l'agriculture française
35:14c'est quand même
35:15de monter de gamme
35:16c'est quand même
35:17de réussir
35:18à trouver des produits
35:20qui ont suffisamment
35:22de valeur
35:24pour être vendus
35:25à un bon prix
35:26et de mieux rémunérer
35:27les producteurs
35:28moi je vois
35:28beaucoup de différents
35:29modèles agricoles
35:31j'ai des amis
35:32qui ont des fermes
35:33par exemple dans le Berry
35:33et qui sont sur toute
35:35la chaîne de valeur
35:36c'est à dire qu'ils produisent
35:37ils transforment
35:38et ils vendent directement
35:39ils s'en sortent
35:40quand même
35:41beaucoup mieux
35:41que ceux qui
35:42sont finalement
35:43très dépendants
35:44des conditions du marché
35:46et je pense quand même
35:47que ça
35:48ça doit faire partie
35:49un peu de la réflexion générale
35:51bien sûr il y a
35:51la montée de gamme
35:52le bio
35:53améliorer
35:53et progresser
35:54sur les produits
35:56mais aussi
35:57comment on encourage
35:58cette nouvelle génération
35:59à faire un peu différemment
36:01que leurs parents
36:02en étant sur toute
36:03la chaîne de valeur
36:03et pas uniquement
36:04sur la production
36:05quand on est député
36:07français à l'étranger
36:08on peut faire ce qu'on appelle
36:08du benchmark
36:09comparer les modèles
36:11concrètement
36:11quelle disposition
36:12faciliterait la transmission
36:13qui facilite la transmission
36:14pardon aux Etats-Unis
36:15serait directement applicable
36:17en France
36:18et pourrait faire avancer
36:19le schmimlich
36:20comme on dit
36:21écoutez
36:21c'est trop différent
36:22comme modèle
36:23non en fait
36:23on est sur les mêmes problématiques
36:26on est exactement
36:27sur les mêmes problématiques
36:27vous savez avec Trump
36:28on aura fait le discours
36:30hyper protectionniste
36:31qu'on veut souvent vendre
36:32aux agriculteurs
36:33en leur disant
36:34regardez ces horribles
36:36traités internationaux
36:37qui nous ouvrent
36:37à la concurrence
36:38mais aux Etats-Unis
36:39les agriculteurs
36:39sont en train de vivre
36:40une crise horrible
36:42comme le pays s'est fermé
36:43ils n'ont plus de débouchés
36:45sur l'extérieur
36:46et donc ils se retrouvent
36:47à ne plus pouvoir vendre
36:48et à produire
36:49des quantités
36:50qui n'arrivent pas à vendre
36:51ni au Canada
36:51ni dans les autres pays
36:52et donc ils sont
36:53dans une extrême difficulté
36:55et donc vous avez raison
36:56souvent moi je prends
36:57je fais du benchmarking
36:58je fais du comparatif
36:58mais en fait
36:59je me rends bien compte
37:00que sur l'agriculture
37:02ils font face
37:03à exactement
37:04les mêmes problèmes
37:06probablement même pire
37:06parce que ce que je vous ai dit
37:08en début d'émission
37:08c'est que l'agriculture américaine
37:10c'est une agriculture de masse
37:12là où l'agriculture française
37:14souvent elle est plus petite
37:15et donc quand vous arrivez
37:16avec des coûts
37:17qui sont trop importants
37:18et que vous n'avez plus
37:19de débouchés commerciaux
37:20vous retrouvez des centaines
37:20de pommes de terre
37:22donc en fait
37:22je vais vous dire
37:22très honnêtement
37:23je pense que ce qui se passe
37:24aux Etats-Unis
37:25est encore pire
37:25et donc qu'est-ce que fait Trump ?
37:27il fait des chèques
37:28il fait des chèques
37:29et donc c'est évidemment pas mieux
37:31parce que ça ne construit pas un modèle
37:33ils sont sous perfusion
37:34mais ils sont totalement sous perfusion
37:36on parle de politique française
37:38on parle de politique américaine
37:39c'est ça qui est intéressant
37:40avec vous aujourd'hui
37:40mais on va aussi parler de vous
37:41c'est la bref de comptoir
37:48et on va parler d'un dîner particulier
37:50on sort les robes de soirée
37:51on remonte le temps
37:53nous sommes en 2022
37:54c'est le dîner d'Etat
37:55à Washington
37:56il y a Emmanuel Macron
37:57il y a Joe Biden
37:58et il y a vous
37:59c'est une bref de comptoir
38:01un peu élitiste
38:02je l'avoue
38:02j'aurais pu vous parler
38:03des brefs de comptoir
38:04qu'il y avait dans mon restaurant
38:05point de vue
38:05l'image du monde
38:06ce qui est vrai
38:07c'est que c'est une anecdote
38:08qui est quand même
38:08assez amusante
38:10ça fera partie
38:10des grands souvenirs
38:11de mon mandat
38:12c'était ce dîner d'Etat
38:15à Washington
38:16c'était le premier dîner d'Etat
38:17depuis le Covid
38:18donc il y avait toute la société
38:19de Washington
38:20qui était présente
38:22et on avait fait un repas
38:23qui était assez extraordinaire
38:24il était venu
38:25alors c'était uniquement français
38:28pardon pardon pardon
38:29désolé
38:29c'était uniquement américain
38:30et donc il n'y avait aucun
38:31il y avait beaucoup d'influence française
38:33des fromages
38:33mais tout était produit localement
38:35parce que là aussi
38:36c'est lié en fait
38:37à la volonté de montrer
38:39leur modèle
38:40et donc il y avait eu du homard
38:42il y avait eu un bœuf
38:43dans un homard du Maine
38:44il y avait eu un bœuf
38:46qui était remarquable
38:47qui venait aussi
38:48des fermes d'Alabama
38:49je crois
38:50et il y avait eu
38:51en fait un lien
38:53avec à la fois
38:53de la cuisine d'inspiration française
38:55mais faite par des américains
38:56et c'est le dernier
38:58grand idée
38:58d'une administration
39:01amie en fait
39:02parce que malheureusement
39:02après on s'est retrouvé
39:03dans un nouveau cycle
39:05et avec Trump
39:06on s'est retrouvé
39:07avec nos plus vieux alliés
39:09qui devenaient un peu
39:10nos adversaires
39:11et nous quittons
39:12la Maison Blanche
39:13et ses fameux
39:14mais pour parler
39:15de Poutine
39:16ce sont les pieds
39:17dans le plat
39:23Alors il connaît bien
39:25la Maison Blanche
39:25Poutine
39:26mais la Poutine
39:27drôle de nom
39:27pour ce plat
39:28qui n'a rien à voir
39:29donc ni avec le président russe
39:30ni avec la Russie
39:31puisque son berceau
39:32est le Canada
39:33un curieux mélange
39:34de frites
39:35de fromage en grain
39:36et de sauce brune
39:36on adore
39:37ou on déteste
39:38en tous les cas
39:39c'est l'un des nouveaux
39:39phénomènes de la street food
39:41en France
39:41la preuve le succès
39:42de la québécoise
39:43à Paris
39:43table ouverte
39:44en juin 2026
39:45qui propose des Poutines
39:46traditionnelles
39:47ou revisitées
39:48reportage de Vincent De Castro
39:49et Pierre-Yves
39:50de Heninck
39:52Comme un air de Québec
39:53en plein Paris
39:55des fleurs de lisse
39:56des maillots de hockey
39:57et forcément
39:58du sirop d'érable
39:59un décor de cabane à sucre
40:01comme on dit
40:01outre-Atlantique
40:02Alors
40:03qu'est-ce que tu nous prépare
40:04ce soir ?
40:05Je vais commencer
40:05à faire des frites
40:06Bien
40:06Arrivé en France
40:07depuis 18 ans
40:08Mickaël Québécois d'origine
40:10défend la recette
40:11de la poutine traditionnelle
40:12Tout d'abord
40:13il faut des frites fraîches
40:14du fait maison
40:15avec deux cuissons
40:16pour bien les faire dorer
40:18En général
40:19on a quand même
40:20une grande quantité
40:21de frites
40:21qui est fabriquée
40:22à l'avance
40:22pour pouvoir au moins
40:23fournir minimum
40:24200 poutines
40:25Deuxième étape
40:26le fromage canadien
40:27made in France
40:28au nom évocateur
40:29On dit qu'il fait
40:30quick-quick
40:31oui c'est ce qu'on dit
40:31ce fromage-là en France
40:33ça a été très difficile
40:34à trouver
40:35mais on a un Québécois
40:36qui s'est installé
40:37à Besançon
40:38donc c'est un fromage
40:40français
40:41avec une méthode québécoise
40:43Dernière étape
40:44la sauce brune
40:45et ses ingrédients secrets
40:46bouillon de viande
40:47et oignon
40:48versé brûlante
40:49pour faire fondre
40:50le fromage
40:50Dans ma région
40:52ce qu'on dit
40:53c'est que poutine
40:54c'était put in
40:55tout mettre dedans
40:57au Québec
40:58on mange de la poutine
40:59idéalement en sortant
41:00de boire de la nuit
41:01ça réunit
41:02ça réconforte
41:03ça éponge
41:05Bonsoir
41:06Une recette rapide
41:08populaire
41:09mais authentique
41:10Mathieu est partie
41:11au Québec
41:12la spécialité
41:13c'est la poutine
41:14donc on s'est dit
41:15on va aller goûter
41:16notre poutine
41:16nous à Paris
41:17C'est addictif
41:18déjà
41:19quand on commence
41:20c'est difficile
41:20de s'arrêter
41:21On part au Canada
41:22en avril prochain
41:23et on a pris
41:24nos billets d'avion
41:25donc aller sans retour
41:26ce matin
41:27donc on s'est dit
41:28qu'on allait venir
41:29fêter ça ici
41:30Alors en attendant
41:31le grand départ
41:32la poutine
41:32offre déjà
41:33un aperçu
41:34des saveurs
41:34de la belle province
41:36Donc j'imagine
41:37que vous qui avez vécu
41:37au Canada
41:38quelques années
41:39vous avez forcément
41:39mangé de la poutine
41:40C'est obligatoire
41:41C'est obligatoire
41:41entre le premier pass
41:42au Canada
41:43et la première assiette
41:44de poutine
41:44C'est obligatoire
41:45ça veut dire que
41:46quand vous allez
41:47à Montréal
41:48vous êtes étudiant
41:49vous allez en soirée
41:50et puis après
41:50vous avez mangé
41:51une poutine
41:52alors il y a
41:52plein de poutines
41:53différentes
41:53le lieu un peu mythique
41:55ça s'appelle
41:55la banquise
41:56où à peu près
41:57tous les étudiants
41:57vont qui est sur Rachel
41:58mais vous la trouvez
41:59partout
42:00Encore aujourd'hui
42:00parce que quand on dit
42:01étudiant pardon
42:02Ouais ouais
42:02moi c'est il y a très longtemps
42:03mais je crois que c'est
42:04tellement une institution
42:04que ça se retrouve partout
42:05et franchement
42:06alors là la poutine
42:07c'est la poutine au smoke meat
42:08le smoke meat
42:08c'est la viande fumée
42:09vous la retrouvez
42:10et c'est marrant
42:12dans votre reportage
42:12parce que vous entendez
42:14des français
42:14qui sont mésadministrés
42:15parce que
42:16évidemment moi
42:17j'ai plein de français
42:17qui vont là-bas
42:18c'est pratiquement
42:19un des flux
42:20les plus importants
42:20des 20 dernières années
42:21des français
42:22qui ont quitté
42:23la France
42:23pour aller au Québec
42:24parce que
42:25ça faisait partie
42:26des aventures
42:27que le français faisait
42:28ça faisait toujours rêver
42:29et évidemment
42:30tous ont mangé des poutines
42:32et quand ils reviennent
42:32en France
42:33qu'est-ce qu'ils veulent
42:33c'est remanger une poutine
42:34parce que
42:34c'est pratiquement impossible
42:36à faire chez soi
42:36il faut un fromage spécial
42:38c'est très très très difficile
42:40à faire à la maison
42:40ça la poutine
42:41Au fond
42:41dites-le franchement
42:42et pas mal
42:43pour les canadiens
42:44qui nous écoutent
42:44mais vous aimez la poutine
42:45franchement ?
42:46Bah si vous voulez
42:46c'est pas le plat
42:47le plus raffiné
42:49et sophistiqué
42:50que j'ai mangé
42:50mais ce qui est absolument génial
42:52c'est quand il a fait très froid
42:53et vous savez à Montréal
42:54il fait parfois
42:55moins 20 degrés
42:56C'est réconfortant
42:57hyper réconfortant
42:58c'est de la comfort food
42:59comme on dit chez moi
43:01Alors justement
43:02vous parlez de Montréal
43:04vous avez créé
43:04En Marche à Montréal
43:06en 2016
43:07moi j'ai envie de revenir
43:07justement sur votre nomination
43:09vous avez été suppléant
43:10de Roland Lescure
43:11qui est devenu ministre
43:13et c'est comme ça
43:13que vous êtes devenu député
43:14donc c'était quand même
43:16assez inattendu
43:16quel était le menu
43:18pour fêter ce moment-là ?
43:19C'est une bonne question
43:20je me souviens
43:21qu'on a dû
43:22en fait on a lancé
43:23En Marche à Montréal
43:24ensemble
43:24et je pense que
43:26quand on a gagné
43:28on a dû se faire une poutine
43:29parce que
43:30et je me souviens
43:31qu'on avait fait aussi
43:32un déjeuner
43:32dans une des brasseries
43:35on avait dû manger
43:36un onglet
43:36un onglet de bœuf
43:38aux oignons
43:38avec un confit
43:39d'échalotes aux oignons
43:40voilà ça me revient
43:41ça y est Alain
43:43mais alors justement
43:43la poutine est partout
43:44et question de société
43:45comment vous expliquez
43:46le succès de ces plats
43:47qui sont un peu de la malbouffe
43:48non Carole ?
43:48Non ?
43:49C'est vrai que c'est très calorique
43:50alors que la transgénérale
43:52maintenant c'est manger sainement
43:53bio
43:54il y a cette espèce
43:55de télescopage
43:56de dichotomie
43:56comment vous l'expliquez ?
43:57On a besoin de transgression
43:58de temps en temps ?
43:59On a besoin de transgression
44:00on a besoin d'être réconforté
44:02et en fait
44:02il n'y a rien de plus réconfortant
44:03Oui mais réconforté c'est normal
44:04C'est pas cher du tout
44:06c'est de la cuisine populaire
44:07qui n'est pas de la mauvaise bouffe
44:10c'est à dire que
44:11c'est pas des burgers
44:11de chez
44:12je ne citerai pas de marque ici
44:14mais c'est quand même
44:15quelque chose
44:16avec des frites
44:16qui sont souvent des frites maison
44:17c'est à dire que c'est fait
44:18avec des pommes de terre
44:19tout est fait maison
44:20c'est fait avec
44:23une réduction
44:23et un jus de sauce
44:25qui est là aussi
44:26fait avec de la viande
44:27tout à fait bien
44:27et c'est fait avec du fromage
44:29qui n'est pas un grand fromage
44:30donc c'est quelque chose
44:31qui n'est pas de la malbouffe
44:32mais qui est de la bouffe
44:33accessible
44:33c'est un plat populaire
44:34et moi je pense que vraiment
44:35les gens ils cherchent
44:36des choses qui sont
44:37réconfortantes aujourd'hui
44:38Alors aux Etats-Unis
44:39on parle beaucoup de malbouffe
44:40et c'est vrai que
44:41ça coûte très cher
44:42de se nourrir
44:43est-ce qu'on peut bien se nourrir
44:44en ayant des bons produits
44:45aujourd'hui aux Etats-Unis
44:46selon vous ?
44:47Je pense que c'est devenu
44:48particulièrement difficile
44:49il faut se rendre compte
44:50que depuis le Covid
44:51l'inflation
44:52on parle beaucoup d'inflation
44:53en ce moment en France
44:53mais l'inflation aux Etats-Unis
44:55elle a explosé
44:56et après le Covid
44:57je peux vous dire
44:57dans mon restaurant
44:58on avait dû augmenter
44:59les prix de 30%
45:01et aujourd'hui
45:02moi je pense que
45:02c'est comme ça
45:03le modèle économique
45:03d'un nouveau restaurant
45:04c'est de réussir
45:05à faire des plats
45:06avec des matières premières
45:07un peu moins chères
45:08pour que ce soit
45:09plus accessible
45:10et que ce soit de qualité
45:11mais si vous mettez
45:12une grosse entrecôte
45:13vous ne pourrez jamais
45:14vous en tirer
45:15pour moins de 40 ou 50 dollars
45:16et donc ça devient
45:17très inaccessible
45:17après quand vous faites
45:18un menu complet
45:20On parlait des oeufs
45:21Bénédicte tout à l'heure
45:21moi j'avais vu un reportage
45:23sur les oeufs
45:23on a l'impression
45:23qu'ils touchaient du caviar
45:24est-ce que c'est toujours le cas ?
45:26Non ça a un peu baissé
45:27L'année dernière
45:27c'était une catastrophe
45:28c'est-à-dire qu'à un moment
45:29il y a eu une augmentation
45:31liée encore une fois
45:32aux conditions de marché
45:32on en revient à l'agriculture
45:34et donc l'oeuf était devenu
45:36un truc très cher
45:36L'omelette est bon marché
45:37ça y est
45:37Mais ça reste très cher
45:39c'est-à-dire qu'il faut quand même
45:39se rendre compte
45:41souvent on parle
45:42des comparaisons
45:43entre les Etats-Unis et la France
45:44l'inflation est beaucoup plus forte
45:45aux Etats-Unis
45:46les prix sont beaucoup plus élevés
45:47et les plats du quotidien
45:49sont beaucoup plus chers
45:49Et au Canada ?
45:51Au Canada c'est pareil
45:51au Canada c'est très cher aussi
45:53c'est vraiment
45:53c'est assez impressionnant
45:57vous payez deux fois plus cher
45:59des choses assez basiques
46:00même des choses locales
46:01les oeufs coûtent deux fois
46:0230 ou 40% plus cher
46:04qu'en France
46:04Parce que les français
46:05qu'il y avait dans le reportage
46:06il faut qu'ils se préparent aussi à ça
46:07il y a beaucoup de français
46:08qui veulent partir au Canada
46:08et est-ce que vous pouvez nous dire
46:10si vous avez gardé des habitudes
46:11justement très américaines
46:12comme le brunch
46:13ou le café à emporter ?
46:14Est-ce qu'on vous voit
46:15avec votre mec dans la rue ?
46:16Bien sûr
46:16mais vous savez maintenant
46:17à Paris je dis souvent
46:18il y a moins de différence
46:19entre Brooklyn et le quartier république
46:22qu'entre le quartier république
46:24et la Nièvre
46:25parce qu'en fait
46:26le monde
46:27c'est un peu standardisé
46:28et en fait
46:29moi ce que je vois
46:30c'est que souvent
46:30les gens
46:31les urbains
46:31se ressemblent de plus en plus
46:33entre l'Amérique et la France
46:34là où il y a plutôt
46:35une division
46:36de plus en plus forte
46:37entre les campagnes
46:38et les villes
46:39donc en fait
46:40moi j'ai gardé mes habitudes
46:41oui
46:42le matcha
46:42le double
46:44le matcha c'est japonais
46:45c'est japonais
46:46mais même chose
46:47ça se retrouve beaucoup
46:48dans les coffee shops américains
46:49les coffee shops
46:49maintenant en France
46:50il y en a pratiquement partout
46:51c'est assez impressionnant
46:52mais c'est très parisien
46:53en fait
46:54plus que français
46:55on parle de matcha
46:56on parle de café
46:57il est temps de passer au dessert
46:58c'est le péché mignon
47:04avec une recette
47:05c'est pas étonnant
47:06venue d'outre-Atlantique
47:07donc vous l'imaginez bien
47:08une nouvelle petite
47:09bourbinette calorique
47:10à éviter avant le body summer
47:12beignets au chocolat
47:13de la Nouvelle Orléans
47:14fabriqués avec du lait concentré
47:15rien que de prononcer le mot
47:17et hop
47:17c'est 100 calories d'engranger
47:18il paraît que les meilleurs
47:20beignets sont à déguster
47:21dans les cafés
47:22du quartier français
47:23de la Nouvelle Orléans
47:24hyper touristique
47:25on le connaît
47:25c'est là-bas
47:26vous avez eu ce coup de foudre
47:27pour ce petit beignet
47:28il ressemble
47:30vous êtes impressionné
47:31je suis hyper impressionné
47:32par la
47:33c'est pratiquement
47:35comme un beigne
47:36qu'on retrouve
47:36au café du monde
47:38dans le carré Saint-Louis
47:40à la Nouvelle Orléans
47:41il est très réussi
47:42il a fabriqué
47:43à deux pas d'ici
47:44il est bon
47:45bravo au chèche
47:46on va goûter ça
47:48tout à l'heure
47:49vous vouliez le goûter
47:49dès qu'on a posé votre assiette
47:51je vais vous dire
47:51au goût
47:52à mon avis
47:52il est presque meilleur
47:53que celui qu'on trouve
47:54à la Nouvelle Orléans
47:55mais la Nouvelle Orléans
47:57c'est un
47:57je voulais vous parler de ça
47:58parce que
47:59c'est tellement
48:01une France
48:03presque une France caricaturale
48:04en Amérique
48:05et je ne sais pas
48:06si les français ont conscience
48:07à quel point
48:08il y a encore
48:09cet attachement
48:10très très fort
48:11qu'on retrouve évidemment
48:11au Québec
48:12pour la France
48:13mais qu'on retrouve aussi
48:14dans tout le centre
48:15du Canada
48:16en Acadie
48:16et aux Etats-Unis
48:17à la Nouvelle Orléans
48:18et vraiment
48:19quand vous allez
48:20à la Nouvelle Orléans
48:22vous avez l'impression
48:23d'être dans la France
48:24de l'Ancien Régime
48:25pratiquement
48:26mais qui est en même temps
48:27mélangée
48:28avec plein d'influence
48:29et la cuisine
48:30il y a une seule cuisine
48:31un peu typiquement américaine
48:33c'est la cuisine
48:34Cajun
48:34et la cuisine de Louisiane
48:35qui est quand même
48:36très inspirée
48:37de la France aussi
48:38avec des plats
48:39qui sont à connotation française
48:41donc là encore
48:41un lien très très fort
48:42entre l'Amérique
48:43et la France
48:43Sauf quand on mange
48:44de l'alligator
48:44mais bon
48:45L'alligator
48:46ça se retrouve
48:47un peu moins
48:47sur les bords
48:48de la Seine
48:49heureusement
48:50mais vous savez
48:51en fait
48:51c'est surtout
48:52on n'en mange pas
48:52tant que ça
48:53de l'alligator
48:53c'est plutôt
48:54du poulet
48:56que de l'alligator
48:57aujourd'hui
48:57qu'on retrouve
48:57On pense aux donuts
48:58forcément
48:59parce que les beignets
49:00américains
49:00là vous les metz comment
49:02glaçage
49:03sucre
49:04chocolat
49:04moi j'aime bien
49:04quand c'est glacé
49:05avec du chocolat
49:06au dessus
49:06Et on en voit
49:07beaucoup des enseignes
49:08en ce moment
49:08justement
49:08vous parliez de la mondialisation
49:09il y a les anciennes
49:10américaines
49:10qui arrivent en masse
49:11en France
49:11qu'est-ce que vous en pensez
49:13ça vous fait plaisir
49:13d'avoir des produits
49:14que vous consommez
49:15d'habitude
49:15outre-Atlantique
49:16ou vraiment
49:17vous préférez
49:18la...
49:18Non pour être très honnête
49:19je trouve que c'est
49:20quand même assez problématique
49:21de se dire
49:21qu'on va consommer
49:23des donuts
49:25qui sont des produits
49:26de marques américaines
49:28alors qu'on a une tradition
49:30de beignets remarquables
49:32ça interroge
49:33ça interroge
49:34parce qu'en fait
49:34c'est pas fait par des artisans
49:35c'est fait quand même
49:36par de l'industrialisation massive
49:39ça montre bien
49:40qu'on est dans un monde globalisé
49:41où tout le monde
49:42s'influence les uns les autres
49:43mais moi je préfère
49:44aujourd'hui
49:45qu'on mette en avant
49:46le beigne
49:47de la Nouvelle-Orléans
49:48qui a en fait
49:48une influence française
49:49en Amérique
49:50plutôt que le contraire
49:50ce qui est un peu malheureusement
49:51trop souvent le cas
49:52Mais vous rebondirez
49:53sur ce que dit Carole
49:54quand la grande enseigne
49:54je la citerai pas
49:55parce qu'on peut pas faire
49:56de pub américaine
49:57s'est installée à Paris
49:57il y avait des queues
49:58interminables les premiers jours
49:59pour manger des beignets
50:01qui n'ont rien d'extraordinaire
50:02mais qui étaient
50:02de vrais des Etats-Unis
50:05Payez 5 ou 6 euros
50:06si vous voulez
50:07pour manger un beigne
50:08qui a un donut
50:09qui normalement vous coûte
50:10un dollar
50:10c'est quand même un peu étrange
50:11Alors c'est drôle
50:12parce qu'on parle des beignets
50:13il y a les bunes
50:14il y a les oreillettes
50:14les merveilles
50:15les pènes nonnes
50:16on en a plein
50:16dans nos régions
50:17et moi par exemple
50:18je suis de Nice
50:19au carnaval de Nice
50:20il y en a aussi
50:20et je fais une transition
50:21je vais loin
50:22il y a aussi le carnaval
50:23de votre ville
50:24qui est Saranac
50:25de votre ville d'enfance
50:26et vous avez ouvert
50:27votre restaurant d'ailleurs
50:28et là c'est un carnaval
50:30apparemment magique
50:31C'est magique
50:31ils sont connus pour ça
50:32donc il y a deux carnavals
50:33qui sont reconnus
50:35en Amérique du Nord
50:36il y a celui
50:37de la Nouvelle Orléans
50:38et il y a celui
50:38de Saranac Lake
50:40c'est une vieille tradition
50:41et c'est au mois de février
50:43comme partout
50:44et c'est connu
50:45comme un peu
50:46une des références
50:48donc si vous avez l'occasion
50:49de découvrir celui
50:50de Saranac Lake
50:51n'hésitez pas
50:52et je vous ferai visiter
50:53Il y a toujours un ingrédient
50:54un aliment
50:54une friandise
50:56une gourmandise
50:56associée à un carnaval
50:57c'est laquelle ?
50:59C'est une bonne question
51:00et bien ça doit être
51:00le donuts alors
51:02Et vous aimez faire
51:03de la pâtisserie ?
51:04Vous avez dit
51:04que vous étiez
51:05un bon cuisinier
51:05C'est moins
51:06alors je vais vous dire
51:06pourquoi
51:07parce que la pâtisserie
51:08c'est très scientifique presque
51:10il ne faut pas se tromper
51:12sur les donnages
51:12c'est presque chimique
51:14C'est de la chimie
51:14C'est de la chimie
51:15au bon sens du terme
51:16c'est de la chimie
51:16et donc il faut vraiment
51:18respecter
51:18et moi ce que j'aime bien
51:19dans la cuisine
51:19c'est la partie d'improvisation
51:20je suis jazzman aussi
51:21donc si vous voulez
51:22j'aime bien l'improvisation
51:24qui va aussi avec la cuisine
51:26et qu'on voit un peu moins
51:26dans la pâtisserie
51:27Mais vous êtes tellement sympathique
51:29vous nous faites
51:29toutes les transitions
51:30depuis le début de l'émission
51:31vous dites jazzman
51:32et on va écouter de la musique
51:33vous avez choisi
51:34parce qu'à chaque fois
51:34en générique
51:35on vous laisse le choix de la musique
51:36c'est Freedom
51:37de John Baptiste
51:38on l'écoute
51:39et on en parle après
51:53Effectivement
51:54jazzman vous l'êtes
51:55et là il y a du jazz
51:56il y a de la soul
51:57il y a du gospel
51:58c'est un magicien
52:00John Baptiste
52:00on le connait pas forcément
52:01enfin de nom en France
52:03mais c'est un génie
52:04alors on le connait peut-être
52:05par les musiques de films
52:07il a fait une musique de films
52:08pour certains
52:08voilà soul exactement
52:10donc vous le connaissez pas
52:11par lui
52:12mais par ce qu'il a fait
52:13dans certains films
52:14c'est un peu la star montante
52:15aux Etats-Unis
52:17il vient de la Nouvelle Orléans
52:18et c'était un petit symbole aussi
52:19parce que pendant le fameux
52:21dîner d'Etat
52:22dont je vous parlais
52:22c'était lui le musicien
52:23qui a joué les deux hymnes
52:25français et américain
52:26en version improvisée
52:27et puis il a joué aussi
52:29à la fête de la musique
52:29à Paris
52:30la même année
52:31à l'Elysée
52:32et c'est un musicien
52:34très francophone
52:35et francophile
52:36puisqu'il vient de la Nouvelle Orléans
52:37et donc il a une vraie passion
52:38pour la France
52:38donc la prochaine fois
52:39vous jouez de la guitare pour nous
52:40et vous chantez la Marseillaise
52:41parce qu'il paraît
52:42que dans votre restaurant
52:42vous avez chanté la Marseillaise
52:43tous les 14 juillet
52:44à Saranaclé
52:45qu'on chante la Marseillaise
52:47comme dans Casablanca
52:48le film
52:51un petit cadeau de fin
52:52rapidement
52:52on a commencé par du
52:54salé
52:54et bien on finit par du salé
52:56j'offre ce livre
52:56à Christopher Weisberg
52:57alors c'est un livre
52:59un ouvrage collectif
53:00autour de rencontres
53:01avec des acteurs engagés
53:02du goût
53:03et autour de recettes
53:04iodés ou pas
53:05des pays de Loire et de Bretagne
53:06texte signé
53:07Virginie Bréjon
53:08supervisé par Franck Louvrier
53:10le maire de la Bôle
53:11qui tient beaucoup
53:11à son terroir
53:12édition Ouest France
53:13un petit bout de France
53:15merci beaucoup
53:15et vous savez
53:17le sel de Noirmoutier
53:18le sel de Guérande
53:19ce sont des références
53:20qu'on trouve aussi en Amérique
53:21et bien merci à vous
53:23merci Christopher Weisberg
53:24merci Jean-Pierre
53:25merci à vous tous
53:26merci à Maisons du Monde
53:27notre partenaire
53:28on se retrouve bientôt
53:29sur LCP
53:29Sous-titres par Jérémy Diaz
53:46Sous-titres par Jérémy Diaz
53:51Sous-titres par Jérémy Diaz
53:51Sous-titres par Jérémy Diaz