- il y a 1 semaine
Le GAL visait les militants de l'organisation séparatiste basque ETA, réfugiés politiques au pays basque français. Sept des vingt-sept victimes n'avaient cependant rien à voir avec la mouvance nationaliste. Cette "guerre" a pris en otage toute la région où les mercenaires n'hésitaient plus à agir en plein jour...
Mais la justice française est restée étrangement silencieuse. Christophe Seys, juge d'instruction à Bayonne à cette période, s'est heurté à une certaine réticence du parquet à traiter du "dossier basque". La consigne venait de plus haut. Quarante ans après, les victimes du GAL et leurs familles attendent toujours des réponses.
Ce documentaire s'inscrit dans le cadre de la collection 75-95 : le choix des armes : six documentaires qui revisitent les affaires de groupes armés ayant frappé la France des années 70 jusqu'au début des années 90.
Mais la justice française est restée étrangement silencieuse. Christophe Seys, juge d'instruction à Bayonne à cette période, s'est heurté à une certaine réticence du parquet à traiter du "dossier basque". La consigne venait de plus haut. Quarante ans après, les victimes du GAL et leurs familles attendent toujours des réponses.
Ce documentaire s'inscrit dans le cadre de la collection 75-95 : le choix des armes : six documentaires qui revisitent les affaires de groupes armés ayant frappé la France des années 70 jusqu'au début des années 90.
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00:41Un atelier clandestin, quelque part en France.
00:46C'est d'ici que nous allons plonger dans les mémoires du Pays basque français
00:50et exhumer une histoire dont Paris garde une partie des secrets.
01:02Celle du GAL. Trois lettres qui couvrent une guerre sale et un scandale.
01:08Entre 1983 et 1987, le GAL, groupe antiterroriste de libération,
01:15a frappé sans relâche dans les rues du Pays basque français.
01:2027 meurtres.
01:23Des escadrons chargés d'éliminer les séparatistes basques de Théa.
01:28Mais leurs balles ne visent pas uniquement les militants.
01:31Ils assassinent aussi des hommes et des femmes happés par ce combat aveugle qui ne se dit pas.
01:38Cette officine, le GAL, compte des ministres, des hauts gradés.
01:43Et parmi ses complices, bon nombre de Français.
01:47Pendant que la terreur se déploie, le gouvernement français a-t-il choisi de détourner le regard
01:53pour ménager ses relations diplomatiques avec l'Espagne ?
01:58Il faut arpenter les rives de l'Abid-Asoa et les rues du Petit Bayonne
02:02pour ressusciter les destins tragiques de ces femmes et de ces hommes,
02:06victimes oubliées d'une guerre qui n'a jamais dit son nom.
02:23C'est ici, au bord de la Nive, que débute cette histoire.
02:28Dans le Petit Bayonne, où de nombreux Basques espagnols,
02:32fuyant les brutalités du franquisme, se sont réfugiés dès 1939.
02:37Ce quartier historique est un dédale de rue, où se concentrent de nombreux bars.
02:43Chaque soir, comme un rituel, les réfugiés basques s'y retrouvent.
02:48Ils deviennent alors des cibles faciles pour les tueurs du GAL.
02:53Pendant trois ans, dans cet espace concentré, entre le Commissariat et le Château Neuf,
02:59les mercenaires commettent une dizaine d'attentats.
03:02Neuf personnes sont assassinées.
03:06Ces ruelles paisibles, ces façades silencieuses,
03:10portent en elles la mémoire des crimes passés.
03:16Bar Etchabé, quatre blessés.
03:20Bar des Pyrénées, un mort.
03:26Montbar, quatre morts.
03:32Mitraillages du Batchouki, six blessés, dont deux enfants.
03:38Bar Cayetegna, où le GAL revendique le premier assassinat d'un réfugié.
03:47Sur cette place furent enlevés deux jeunes militants,
03:51Rochisabala et Rochéan Lassa.
03:54Torturés et exécutés,
03:56leurs corps, coulés dans la chauve vive,
03:59furent retrouvés en 1995, au sud de l'Espagne.
04:03Le souvenir de ces années-là
04:05demeure profondément ancré dans la mémoire de ceux qui les ont vécues.
04:09La chauve, quatre morts.
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11:56Le gouvernement français a décidé d'accorder le droit d'asile aux basques espagnols qui sont réfugiés sur son territoire.
12:06Il y avait cette idée même qui était très présente dans la gauche française que l'ETA c'était une
12:12forme de résistance au franquisme point barre.
12:14Et donc qu'extrader des étara, pour reprendre la terminologie basque, extrader des étara, c'était les remettre, c'était
12:25à la fois, comment dire, porter atteinte à des résistances, c'est-à-dire à leur action de résistants et
12:31les remettre dans les pattes d'une police, d'une justice qui était encore imprégnée de franquisme.
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13:06En coulisses, il presse François Mitterrand de mettre fin à cette politique de tolérance.
13:13La France y répond favorablement. En 1984, Mitterrand signe trois arrêtés d'extradition.
13:21Pour la première fois, un gouvernement français livre des réfugiés basques à l'Espagne.
13:30Oui, ça a été un compromis qui a permis de satisfaire Felipe Gonzalez, qui, je le répète, interpellait François Mitterrand
13:39d'une manière assez claire, assez nette sur le thème.
13:42François, j'ai besoin de ton aide pour conforter la démocratie espagnole.
13:48Les choses ont changé en Espagne, j'en suis la preuve.
13:52Ce n'est plus le franquisme qui dirige, mais c'est un gouvernement démocratique et socialiste comme toi.
13:58Ça a joué un rôle majeur.
13:59Et j'ai besoin de ton aide.
14:00Et donc, il faut qu'on avance ensemble sur le dossier de l'Euterre.
14:08Comment on dit en espagnol ? Donne-les-moi, dame-les.
14:11Non ?
14:11Je vais les donner.
14:14Tout d'un coup, on avait un coup de téléphone.
14:18Je ne donnerais pas de nom, peu importe, de tel ou tel dirigeant espagnol.
14:22Allô, Pierre, j'arrive.
14:24Je suis à Paris, à Paris, je suis venu à Paris pour te voir.
14:27Alors, les seules personnes au monde, les seules personnes en Europe
14:32qui pouvaient se permettre, qui pouvaient s'imaginer,
14:34qui pouvaient appeler le ministre de l'Intérieur ou le ministre français
14:39et lui dire j'arrive, c'était les Espagnols.
14:41On était tellement copains, mais c'était une situation très, très compliquée.
14:58Je pense que Pierre Jox, le grand ministre de l'Intérieur,
15:04s'est fortement penché sur le problème,
15:07sur ces dysfonctionnements, bien sûr,
15:09et le fait de vouloir relever le niveau de coopération de façon importante.
15:17À chaque réunion qu'il avait à Madrid,
15:20il s'arrêtait à Bayonne pour nous faire une réunion de travail
15:24et décliner la stratégie et les instructions qu'il fallait appliquer.
15:31Les réfugiés ne sont plus les bienvenus.
15:34Le ministère de l'Intérieur diffuse une circulaire
15:37invitant toutes les personnes sans statut
15:39à quitter le territoire français.
15:42Ils plongent dans la clandestinité.
15:49Les discrètes traversées de nuit de ce pont
15:51entre la France et l'Espagne,
15:54celles des réfugiés d'autrefois,
15:56ne sont plus désormais qu'un lointain souvenir.
16:00Pour les autorités françaises, ce qui est important,
16:05c'est que les attentats et les activités d'égal
16:09sont concomitantes des demandes diplomatiques espagnoles
16:17d'une plus grande coopération
16:19dans la lutte contre l'ETA
16:21et le terrorisme de manière générale.
16:24Et donc, très rapidement,
16:25les autorités françaises font le lien
16:27entre les activités d'égal
16:30et les demandes espagnoles,
16:32mais ne peuvent pas le prouver et n'ont pas intérêt.
16:34Pour que tout un chacun puisse être considéré
16:37dans son bon droit
16:38comme une démocratie,
16:41il convient de taire l'épisode d'égal
16:43et de le laisser dans le placard.
16:52Certains élus prenaient des positions publiques
16:57imputant les désordres causés par le GAL,
16:59par exemple,
17:00à la présence des réfugiés
17:02qu'il fallait donc expulser.
17:04On demande l'expulsion des cibles
17:06puisque sans les cibles,
17:08il n'y a pas de tir sur elles
17:12et le pays reste tranquille.
17:14Au pays basque,
17:15sous le choc des attentats du GAL,
17:17la société se divise.
17:19D'un côté,
17:20élus et commerçants manifestent
17:22contre la présence des réfugiés basques.
17:24Ils les considèrent comme une menace
17:25à l'ordre public
17:26et à leur saison touristique.
17:28De l'autre,
17:29des voix s'élèvent
17:30contre les extraditions
17:31et les assassinats du GAL.
17:33Ils se font tuer
17:34comme des lapins,
17:36sans aucune dépense.
17:37C'est très lâche,
17:39c'est une lâche incroyable
17:40tout de même.
17:42Les affrontements
17:43avec la police sont violents.
17:45Le socialiste Felipe González
17:47est désigné
17:47comme l'instigateur du GAL.
17:49François Mitterrand
17:50est accusé de complicité.
17:53Dès qu'il y a eu
17:53assez d'indices,
17:54ça devenait très troublant
17:55de penser que
17:56nos propres camarades de parti
17:59soit prenaient des décisions,
18:01soit laissaient prendre des actions,
18:02soit laissaient se développer
18:04des mouvements
18:04plus ou moins souterrains,
18:05plus ou moins clandestins,
18:06qui amenaient
18:07à tuer des gens en France
18:09et qui n'étaient pas forcément
18:10des gens qui étaient
18:11des combattants contre l'Espagne.
18:12Pas du tout.
18:13Ça pouvait être dépassant,
18:14les gens dans un bistrot, etc.
18:15Donc ça a été
18:16une très grande difficulté.
18:17Je veux dire que
18:17lorsqu'on se soupçonne
18:19les uns et les autres
18:19entre deux gouvernements démocratiques,
18:22les uns soupçonnent
18:23que les autres
18:27arment des gens
18:27pour aller tirer
18:28des coups de feu
18:29dans les Pyrénées
18:30et les autres considèrent
18:32qu'on ne les aide pas assez
18:34et qu'on est complice
18:35et tout juste
18:36si on ne les aide pas, etc.
18:38Les conversations,
18:39on ne peut pas les retranscrire
18:40après coup,
18:40d'abord parce que c'est du passé
18:41et ensuite parce qu'elles étaient
18:43extrêmement désagréables,
18:44même parfois violentes.
18:47Pourquoi ?
18:47Parce qu'on avait, nous,
18:49des indices
18:50et de l'autre part,
18:51il y avait des morts en France.
18:53Et moi,
18:54je me faisais engueuler
18:55très régulièrement
18:56à l'Assemblée nationale
18:57comme si c'était moi le responsable.
18:58Chaque fois qu'il y avait un type
18:59qui se faisait égouiller
19:01au Pays Basse français,
19:02c'était moi le responsable
19:03puisqu'on n'avait pas réussi
19:04on ne l'avait pas réussi
19:05à le protéger.
19:06On tirait dans les rues de Bayonne
19:07comme à la chasse.
19:09L'apparition des Galles
19:11en 1983
19:13intervient dans ces discussions
19:14entre les deux gouvernements,
19:15entre les deux États
19:16au plus haut niveau politique
19:17et il y a ce pavé dans la mare
19:19qui perturbe tout.
19:20Qui perturbe,
19:22et j'ose dire maintenant
19:23avec le recul,
19:24qui peut être à faciliter les choses.
19:26Pourquoi je dis que ça facilite ?
19:28Parce que quand cet événement
19:29intervient dans la discussion,
19:30du coup, sur ce dossier-là,
19:32il n'y a plus un pays demandeur
19:34et un pays réticent,
19:35il y a deux pays demandeurs
19:36de choses contradictoires.
19:37Donc ça voulait dire
19:38si vous ne bougez pas sur l'égal
19:40qui agisse en France
19:42contre l'État de droit
19:43et qui exécute,
19:45qui enlève,
19:45qui torture,
19:46y compris des gens de l'ETA
19:49sans doute,
19:49mais aussi des innocents
19:50qui n'ont rien à voir
19:51dans tout ça,
19:52ce qui est pour nous insupportable,
19:53eh bien,
19:55il faut mettre fin à ça
19:56et ça nous aidera,
19:58nous, à convaincre
19:59et à agir contre l'ETA
20:01ou en tout cas,
20:02à mettre fin au sanctuaire
20:03et à procéder
20:04à quelques extraditions.
20:05Donc, cette phrase
20:06« Occupez-vous d'égal
20:08et nous nous occupons d'ETA »
20:11a facilité le compromis.
20:12C'est en ça que je dis
20:13que malgré lui
20:14et paradoxalement,
20:16l'intervention d'égal
20:17a facilité le compromis
20:18franco-espagnol.
20:26Pourtant,
20:27derrière ce compromis
20:29plane toujours
20:30l'ombre du Gall.
20:37Les familles de victimes
20:39racontent une histoire singulière,
20:43des tragédies familiales
20:44emportées dans le tourbillon
20:45d'un conflit
20:46qui résonne
20:47encore aujourd'hui.
21:18En tant que chantez à Angélis Gourmindo,
21:21on a se situé comme un match.
21:25Il s'est situé à la ville de Checo et à la ville,
21:31en rond à 2 mètres.
21:32Il s'est situé comme un match.
21:34Il s'est situé comme un match.
21:37Il s'est situé comme un petit coup de pistol.
21:41Et on se situé à ce qui se situé à un match.
21:48et nous avons eu l'occasion de prendre des compagnons de l'automne.
21:54Nous avons eu des compagnons de la voiture en ce moment,
22:00dans le moment où il y a des compagnons de l'automne.
22:04On a vouloir, et il y a bien d'autres.
22:10Il y a bien d'autres des sports.
22:15« Mon père est parti au travail comme tous les matins vers 7h30,
22:16et qui a été en train de sortir de la maison.
22:18Il a été très bien étonné.
22:21Il a été très bien étonné,
22:23et il a été très bien étonné.
22:25Il a été très bien étonné,
22:30et il a été très bien étonné.
22:32Il a été très bien étonné.
22:36C'est la maison de la maison de l'Ottawa?
22:39Mon père est parti au travail, comme tous les matins, vers 7h30.
22:42Il m'a fait un petit bisou sur le front en me disant « à tout à l'heure ».
22:46Et puis, il s'est arrêté le matin à boire son café dans un bar qui s'appelait le Royal
22:52à Biarritz.
22:53Et en sortant du bar, au moment où il a ouvert la portière de sa voiture, il a pris quatre
22:58balles dans le corps.
22:59Mon père a été victime d'un attentat.
23:02Il s'est fait assassiner par le Gall.
23:08L'attentat a eu lieu le 24 décembre 1985 et il est mort dans la nuit du 3 au 4
23:13janvier 1986.
23:15À cette époque-là, j'avais 14 ans et mes parents, qui étaient divorcés, venaient de se remettre ensemble.
23:21Le Gall, déjà, on ne savait pas ce que c'était, on n'en avait jamais entendu parler.
23:24Enfin, moi, à mon âge, à 14 ans, je n'en avais jamais entendu parler.
23:28Et notamment mon père, qui n'avait rien à voir avec cette histoire.
23:30On n'était pas du tout ni partisans du Lacoste, ni contre eux.
23:36Enfin, c'était un sujet qui ne nous concernait absolument pas.
23:38On est français.
23:41Moi, j'ai accompagné mon père, qui était ancien militaire et qui faisait tous les défilés du 11 novembre en
23:49tant que porte-drapeau.
23:51Il nous a appris la Marseillaise, enfin, il m'a appris la Marseillaise.
23:55Enfin, voilà, il était gaulliste.
23:58Donc, en fait, je ne comprenais pas ce que venaient faire ces histoires chez nous, en fait.
24:03Parce que ce n'était pas nos histoires, ce n'était pas notre affaire.
24:07Mais voilà, donc après, il y a des suspicions, des rumeurs.
24:10Comme quoi, mon père, comme il était électricien, il aurait pu faire partie, il aurait pu aider à fabriquer des
24:19détonateurs.
24:21La femme d'un ami de mon père est quand même allée dire à ma grand-mère...
24:26Oui, enfin, Robert, il a dû faire quelque chose, quand même.
24:29On n'a pas pu lui tirer comme ça quatre balles dans le corps s'il n'a rien fait.
24:34À ma grand-mère, quoi, venait de perdre son fils.
24:39Voilà, et donc, on était spectateurs de tout ça.
24:43Et du coup, tu ne peux pas en parler parce que les gens te jugent.
24:48Sans savoir, ils te jugent.
24:50Et puis, ils se font leurs petits films, leur histoire à eux.
24:57Donc, il ne vaut mieux pas en parler, quoi.
25:00Un silence sidérant.
25:03Au début de l'année 1986,
25:06Le Gall a causé plus de 40 attentats.
25:0824 morts, des dizaines de blessés.
25:12Des entreprises employant des réfugiés sont détruites.
25:15Des librairies incendiées, des restaurants mitraillés.
25:19Le département des Pyrénées-Atlantiques est l'un des plus surveillés.
25:24Certains mercenaires sont arrêtés par la police,
25:27d'autres pourchassés par des passants.
25:29La population vit dans la peur, constamment sur le qui-vive.
25:34Pourtant, aucune voix politique ne s'élève.
25:39On était tous à l'affût.
25:43Et moi, je l'étais.
25:45Je l'étais parce que...
25:48Une semaine auparavant, il y avait eu l'attentat au Batsuki.
25:53A Saint-Jean-de-Luz, Le Gall a déjà frappé à quatre reprises.
25:59En février 1986, il porte un cinquième coup.
26:03Mais cette attaque marque un tournant décisif.
26:06Avec cet attentat, le mystère entourant les redoutables mercenaires commence à s'éclaircir.
26:12Le 13 février, Le Gall cible le bar, la consolation.
26:18Il était à peu près 14 heures.
26:20J'étais en train de lire ma presse, de boire mon café.
26:22Et j'entends une détonation.
26:24Je me suis retrouvé sous la table et entre les chaises en train de ramper.
26:28Et je me suis tourné.
26:31J'ai vu dans l'embrasure une masse sombre.
26:34Avec un pistolet qui, d'après moi, a tiré cinq fois.
26:37Pas plus.
26:38Parce que derrière le comptoir se trouvaient deux gars qui travaillaient, deux réfus.
26:44Dont un, je le vois encore aujourd'hui, se cachant, prenant ce qui lui est tombé sous la main de
26:49la vaisselle,
26:50se levant et jetant ça contre l'assaillant.
26:53Donc il l'a repoussé.
26:54On entend des coups de feu, plusieurs.
26:57Tout de suite après, il y a du vacarme.
27:01Il y a deux hommes, un petit peu plus loin, qui arrivent en courant.
27:05Ça fait beaucoup de bruit parce qu'apparemment ils ont des grosses chaussures.
27:08Ce sont eux, en fait, qui arrivent là.
27:10Moi je me lève et c'est là que je le vois à Monde, donc c'était un réfugié.
27:14Je le vois donc blessé.
27:17Je me souviens avoir vu au moins deux trous d'impact de balle sur ses cuisses.
27:21Et donc quand on voit qu'il est à moitié, qu'il est à peu près en sécurité,
27:24donc on le laisse entre les mains des personnes de la consolation, la patronne, etc.
27:29Et moi je sors.
27:33Celui qui est le plus costaud, qui a l'arme à la main, il passe devant moi.
27:41Je me suis mis donc à courir derrière lui.
27:43Il courait très vite.
27:46Au bout de la ruelle qui longe le collège, il y avait une voiture garée.
27:50Et là, il a jeté ses armes sous la voiture.
27:53Et il s'engage donc vers la rue piétonne.
27:57Celui-là, il ne pouvait pas s'échapper, ce n'était pas possible.
28:03On continue à la rue Saint-Jacques.
28:05Je vois un monsieur, quarante-taine d'années, 40, 45 ans, assez athlétique,
28:10les cheveux courts, 1m75, qui attire mon attention.
28:15Ce n'est pas du tout normal en ce moment-là.
28:17Et je vois, pour moi, c'est un militaire.
28:18Je continue ma route et je vois déboucher de cette rue perpendiculaire,
28:23effectivement, le mercenaire.
28:24Je le retrouve parce qu'à un moment donné,
28:26il est en train de se mettre une casquette, un bonnet.
28:33Un bonnet de laine bleu retourné ici, sur le dessus,
28:37très concentré, les mains dans les poches.
28:39Et on voyait le gars, il était osagué, il marchait.
28:45Je vois qu'il entraîne de se diriger vers la gare.
28:50Et quand je traverse le boulevard Vitorougo,
28:52je revois le gars que j'avais vu, rue Saint-Jacques, précédemment,
28:56qui avait attiré mon attention.
28:57Et là, quand il me voit, il traverse le boulevard.
29:01Donc, effectivement, un moment quand même délicat.
29:05Donc, je monte, je remonte la rue qui mène vers la gare
29:09en regardant de temps en temps dans les vitrines.
29:12Et effectivement, le gars est derrière moi.
29:14Arrivé face à la gare, je me dis, là, l'homme, il va à la gare.
29:19Il va traverser au passage piéton.
29:21Ce qu'il ne fait pas, il s'arrête.
29:23Il s'arrête.
29:24Et là, il a l'air désespéré.
29:26Il regarde à gauche.
29:27Il est très nerveux.
29:29Très, très, très nerveux.
29:30Il regarde, d'après moi, il attendait quelque chose là-même.
29:35Soudain, il se retourne et il s'aperçoit qu'il est suivi.
29:40Puisqu'il m'a croisé.
29:41Il s'aperçoit qu'il est suivi.
29:43Qu'est-ce qu'il fait ?
29:45Il démarre en trombe, comme un sportif de haut niveau.
29:48Il se met à courir.
29:49Et à ce moment-là, il y a une voiture de police
29:53qui arrive avec les feux.
29:56Voilà.
29:56Je montre la personne qui, à ce moment-là, se jette au sol.
30:00Je vois donc face contre terre menotté le galeux qui était là
30:06et l'inspecteur du commissariat de Saint-Jean-de-Luz pointant une arme sur sa tête.
30:10Donc, il y a du monde, ça s'agite.
30:13On se concerte avec Pachi, on parle.
30:17Il me dit, excusez-moi, mais je ne pouvais pas te rejoindre.
30:21Je ne pouvais pas te rejoindre parce qu'il y avait un homme qui suivait.
30:25Lorsque Bichente me montre la personne, je lui dis, mais voilà, mais voilà.
30:29Tous les jours précédant l'action au bar de la Consolation,
30:35tous les jours, il y avait cette personne-là qui faisait, je ne sais pas quoi,
30:40qui faisait le planton.
30:41Là, j'ai tout de suite compris.
30:42Cette personne-là, elle était là pour quelque chose.
30:44En voyant que je le montre du doigt, avec un petit sourire,
30:49il s'approche de l'inspecteur, lui dit quelque chose
30:52et lui montre un document ou une pièce, enfin je ne sais pas quoi,
30:57que l'on n'a pas pu voir.
30:59Moi, je dis au policier, mais monsieur, c'est un policier ?
31:02Et il me dit exactement, il me dit en quelque sorte oui.
31:07Voilà ce que me dit le policier.
31:18L'homme arrêté devant la gare de Saint-Jean-de-Luz
31:21s'appelle Figueiredo Paolo Fontes.
31:24Un mercenaire portugais formé au sein d'un commando d'élite
31:28est devenu expert en opération secrète
31:30avant d'être recruté par le GAL.
31:35Juste avant de mourir en 2013,
31:37Fontes brise le silence
31:40et livre un témoignage inédit
31:42sur son passé sanglant de tueur à gage.
32:00Figueiredo Fontes, il va nous expliquer un certain nombre de choses.
32:03Il s'est fait recruter en pensant que ce qu'il faisait était fait avec la bénédiction des autorités des
32:11deux côtés de la frontière.
32:12Et donc il va nous donner des renseignements
32:14sur les gens qui l'ont recruté au Portugal,
32:18sur les contacts qu'il a pu avoir,
32:21sur les lieux où ils ont pu se rencontrer.
32:23Quand il arrive sur Bayonne et sur Saint-Jean-de-Luz,
32:26il ne connaît pas les lieux.
32:28Donc voilà, pour lui, un bistrot, il y a l'un autre.
32:31Enfin, il faut être clair.
32:32Donc là, il y a effectivement quelqu'un qui va lui dire
32:34c'est là qu'il faut venir ou c'est là qu'il faut aller.
32:36Ça, c'est sûr.
32:37Ce dossier Figueiredo, donc, est extrêmement important
32:40puisque c'est lui qui a permis la mise en cause du commissaire Amedo Faunce
32:44en poste au commissariat de police de Milbao, en Espagne,
32:49en tant que donneur d'ordre du GAL.
32:51Quand la justiça non permet,
32:54quand la loi non permet que se mate le prochain,
32:59et le prochain continue à matar qui seja,
33:02il y a qu'il y a une solution.
33:15Peu à peu, grâce au témoignage de Paolo Figueiredo Fontes,
33:19le modus operandi du GAL se précise.
33:24Recruté et payé par le commissaire Amedo Fousset,
33:27envoyé au Pays Basque français,
33:29il y rencontre un gendarme, Jean-Louis,
33:31qui lui indique les cibles et l'accompagne sur le lieu des attaques.
33:36Ces révélations mettent en lumière l'implication directe des autorités espagnoles,
33:41mais aussi de certains fonctionnaires français
33:43dans les opérations clandestines du GAL.
33:50On lance un mandat d'arrêt.
33:53Pour que le mandat d'arrêt puisse être diffusé,
33:55et c'est important parce que s'il n'est pas diffusé,
33:57il reste dans le tiroir du juge et ça ne sert à rien,
33:59il faut la réquisition du parquet.
34:02Et l'avis du parquet, c'était un avis d'opposition formelle
34:05à l'émission d'un mandat d'arrêt international
34:07contre le commissaire Amedo.
34:09Donc cela montre bien que pour les juges d'instruction,
34:13la situation était très très délicate
34:15de s'opposer finalement à l'opinion du parquet,
34:20l'opinion du parquet étant celle du gouvernement français.
34:23Et donc il s'agissait pour les juges d'instruction
34:26d'exercer leur pouvoir d'enquête
34:28sans obéir à la position du gouvernement français.
34:54Moi j'ai fait une photocopie quasiment intégrale
34:58d'un dossier Figueredo et de quelques éléments d'autres dossiers
35:01que j'ai gardé avec moi.
35:04Nous avons donc Christophe Seyss et moi
35:07commencé à imaginer un transport
35:10à l'audience nationale de Madrid.
35:13On devait partir tous les deux
35:15avec l'assistance de, je ne sais plus,
35:17c'est trois ou quatre OPJ
35:19d'un service de l'APJ.
35:23Le jour du départ,
35:25le commissaire de police
35:28qui dirigeait cette antenne à l'époque
35:31nous a informé
35:34qu'il avait reçu l'instruction
35:38de Charles Pasqua,
35:40le ministre de l'Intérieur de l'époque,
35:41de ne pas nous accompagner.
35:44Il n'y a évidemment pas besoin d'être grand clair
35:46pour en déduire
35:49que le gouvernement français
35:52était réticent
35:53à ce que les investigations
35:56soient coronées de succès.
36:00Oui, on était un peu seuls, oui.
36:03On était un peu seuls, oui.
36:06Le retour de la droite au pouvoir
36:08en 1986
36:09marque un tournant décisif
36:11dans la lutte antiterroriste
36:13et la fin du Gall.
36:15Trois mois après le dernier attentat,
36:1755 réfugiés basques
36:19sont directement remis
36:20aux autorités espagnoles
36:21par une procédure d'urgence absolue,
36:23plus simple et plus rapide
36:24que l'extradition traditionnelle.
36:27Les sommets franco-espagnols
36:28sur la sécurité se multiplient.
36:31La coopération est totale.
36:33Je considère quand j'ai été
36:35nommé premier ministre
36:36qu'il n'était pas concevable
36:38que la France puisse servir
36:40de base ou de refuge
36:41à des terroristes
36:42agissant sur le territoire
36:44d'un pays de surcroît
36:46démocratique agnée et amie.
36:48On peut parler de l'une de miel
36:50parce que les grands problèmes
36:52qui étaient le problème basque
36:55et l'entrée de l'Espagne
36:57dans la communauté européenne,
36:58dans le marché commun,
37:00tout cela maintenant,
37:01c'est d'une certaine façon
37:02derrière nous.
37:03L'enquête initiée
37:04par les juges français
37:05se poursuit en Espagne.
37:08Le juge Baltasar Garçon,
37:10chargé du dossier,
37:12ordonne l'incarcération
37:13du commissaire espagnol
37:14Amedo Fousset
37:15et de l'inspecteur espagnol
37:17Michel Dominguez,
37:18accusé d'être
37:19les commanditaires du Gall.
37:22de l'incarç.
37:24On se'adreve,
37:24il croit,
37:27de l'incarç,
37:29l'incarç,
37:35la part de l'incarç,
37:43espagnolais, c'est à dire, c'est sans la collaboration d'aucun d'elles, avec un bloc
37:51en ce moment absolument respectueux des fonds reservés, et le matis des fonds
37:59reservés, c'est qu'à l'error du directeur général de la policière, qui a dit que ce
38:09voyage de Amedo, Fouce et Michel Domínguez se pagou con fonds reservés, et en mon cas,
38:15que je suis, j'ai dit «Ah, c'est ce que c'est, fonds reservés ? Deme plus
38:19information, que sont, comment sont, quanta quantité, à quoi répondent…» Et là c'est
38:24où se génère la confrontation et finalement dit «non se donne information, parce qu'elles
38:31sont des matériaux reservés, c'est un secret officiel, d'accord avec la loi de secretos
38:35officiels. » Objet de tous les sarcasmes, le juge Garçonne poursuit ses investigations,
38:43aidé de deux policiers seulement. Quand deux aveux vont enfin permettre de remonter
38:47la chaîne des donneurs d'ordre, et d'identifier les contacts noués avec certains politiques,
38:52les complicités au sein des services de police, l'implication de fonctionnaires français,
38:57et surtout l'argent. Beaucoup d'argent se crée, que le gouvernement espagnol injecte
39:02dans le contre-terrorisme. Les actions en justice se multiplient, mettant en lumière
39:08l'organigramme complexe du Gall. Au sommet, ces escadrons de la mort, créés et imaginés
39:14par la haute hiérarchie de l'Etat espagnol.
39:17« Ce que je me demande c'est que je me demande c'est qu'il y a une action
39:22criminal
39:23qui n'est pas casual, qu'il y a une organisation derrière, qu'il y a des éléments qui
39:31conforment ce que caractérise un groupe criminal, mafioso, et donc j'arrive à déterminer
39:40qu'il y a une structure. Et que cette structure, si elle comporte la participation, ou la présumente
39:49participation de fonctionnaires, a lié à une structure policiale, officielle et institutionnelle
40:00espagnole. »
40:02Le Gall est désormais un scandale d'Etat, et plonge la société espagnole dans une profonde tourmente.
40:08« En Espagne, ce soir, deux anciens ministres socialistes du gouvernement de M. Felipe González
40:12sont entrés en prison. »
40:14Une quinzaine de personnalités espagnoles sont impliquées. Députés, ministres, secrétaires
40:19d'Etat, haut-gradés militaires. Et même Felipe González, parfois présenté par certains
40:24membres du Gall, comme le fondateur et dirigeant des commandos responsables des 27 meurtres.
40:30Philippe González réchappe, cependant, à toute mise en accusation.
40:35« Les Gall aparecen comme un instrument, une déviation de la lutte contre l'État,
40:43comme disant « si non fonctionne ou non répondent l'Etat, allons faire de autre façon.
40:49Et c'est passer cette ligne rouge que, en un État de droit, non peux faire. Et que, si
40:57t'as un pouvoir institucional, non dois faire.
41:01Pourquoi se l'a fait?
41:03Pues, c'est la grande question, non?
41:06Deberia de profundiserse.
41:08Pourquoi en França?
41:10Non se l'aura plus en profonde, parce que les individuaux étaient allà.
41:16Les órgans judiciaires étaient allà.
41:19Les fontes d'information étaient allà.
41:23Et en la medida que les investigations espagnoles avançaron,
41:30podían haber été utilisées aussi par les autorités judiciaires franceses.
41:57En France, aucune suite judiciaire n'est jamais donnée aux révélations espagnoles.
42:01Des secondes rôles sont libérés, faute de preuves, ou relâchés à la suite d'un
42:05grand nombre d'erreurs d'instructions.
42:07Des petites mains recrutées dans le milieu marseillais, bordelais ou parisien,
42:11comparaissent devant la justice.
42:13Une bonne vingtaine de dossiers restent aujourd'hui en souffrance.
42:21On m'a dit que c'était un mec qui avait une vingtaine d'années,
42:24qui avait été payé 20 millions de francs à l'époque pour tuer quelqu'un.
42:28Et en fait, il s'était trompé.
42:33Voilà.
42:36Et paradoxalement, c'est pas trop à ce mec-là que j'en voulais en fait.
42:40C'était plus à ceux qui l'avaient payé pour faire ça.
42:48En fait, j'imaginais un mec de vingt ans, parce que j'avais quasiment le même âge à ce moment
42:51-là,
42:52et je me disais comment on peut arriver à vingt ans.
42:57Je me suis dit, peut-être qu'il avait vraiment besoin d'argent.
42:59Et voilà, essayer de trouver une raison d'avoir fait ça.
43:07Je sais pas, il a été payé par la police pour tuer un mec et il s'est planté.
43:13Et là, qui il voulait tuer en fait ?
43:21Non, voilà.
43:26Le GAL se révèle sous son vrai jour.
43:29Une organisation hétéroclite composée de policiers espagnols, de militaires,
43:34de membres des services secrets et de mercenaires d'extrême droite,
43:39de soldats perdus de l'OAS, de petits voyous recrutés dans le milieu mafieux.
43:45Dans son livre, Amedo Fousset détaille les liens personnels tissés avec certains policiers français
43:51pour obtenir des informations sur les réfugiés basques.
43:55Parmi ses contacts, le mystérieux Jean-Louis,
43:59ce gendarme qui accompagnait les mercenaires sur le lieu des attentats.
44:03Pas de nom de famille, mais un prénom, bien français.
44:07Le ministère de l'Intérieur a bien lancé une enquête sur la police des Pyrénées-Atlantiques
44:12et muté quelques fonctionnaires.
44:14Mais rien de plus, il s'est arrêté en chemin.
44:17Pas de vagues.
44:19Pourtant, dès 1983, des documents provenant des services de la sous-préfecture de Bayonne
44:24avaient été retrouvés dans la poche d'un mercenaire du GAL.
44:29Que l'on trouve des fiches administratives, je dirais, sur les fiches individuelles
44:37des services sur les auteurs de telles exactions, des vrais assassinats de militants politiques,
44:44sont des documents administratifs qui ont dû s'évaporer à un certain moment
44:48avec des complicités internes, c'est évident.
44:51Mais ce n'était pas les nôtres.
44:54La grande question qui reste, voilà, c'est de savoir s'il y a eu des liens,
44:58des complicités, des facilités, des connivences,
45:01tout ça comme vous voudrez, du côté de services français plus ou moins officiels.
45:07Voilà, ça, ça reste la question.
45:09On parlait tout à l'heure du fameux Jean-Louis
45:11qui aurait convoyé Figueredo-Fontès entre Bayonne et Saint-Jean-de-Luz.
45:16Oui, j'aurais bien aimé l'avoir, lui, c'est sûr.
45:18C'est pas tellement par amour propre, c'est surtout parce que, voilà,
45:24c'est des questions qui restent en suspens
45:25et c'est des réponses qu'on n'a pas pu apporter aux victimes de l'époque.
45:35La morale de cette histoire, c'est que s'il voulait contraindre l'État français
45:40et c'est que vous n'allez pas avoir telle politique ou tel changement de politique,
45:47vous lui foutez sur son sol une milice barmousarde
45:53qui fout une partie de son territoire à feu à sang,
45:57qui répand la terreur, et au bout de deux ans et demi à peu près,
46:00vous aurez satisfaction.
46:03C'est ça, quand même, le GAL.
46:05Il n'y a jamais eu de commission d'enquête en France ?
46:10Et je pense pas qu'il y a une horreur.
46:12Que peut-on dire aux victimes des GAL et à leurs enfants et petits-enfants ?
46:29Qui ont peut-être été sacrifiés sur l'autel de la raison d'État ?
46:38Oui. Ils ont été sacrifiés sur l'autel de la raison d'État.
46:56Comment honorer les victimes ?
46:59Ici, au petit Bayonne, certains reviennent sur les lieux du crime
47:03pour mettre des visages sur les noms des disparus.
47:07Ces passeurs de mémoire ravivent la chronique d'une guerre oubliée.
47:15En fait, ça faisait 35 ans que mon père était décédé.
47:17Donc, la première fois que j'ai pu m'exprimer à ce sujet, raconter notre histoire,
47:23j'ai eu comme un poids qui s'était enlevé.
47:25Et en fait, raconter son histoire, c'est une chose, mais se voir raconter son histoire,
47:30c'est prendre conscience que je n'étais pas spectatrice.
47:34En fait, ce truc-là, on l'a vraiment vécu.
47:39Et là, c'est vraiment prendre conscience que c'était dur et c'est toujours difficile.
47:52Mais voilà, que c'est pas une histoire qui vaut un entrefilé dans un journal, quoi.
47:58C'est vraiment... Et d'où l'importance du témoignage, en fait.
48:01Non, c'est vrai que les militants et les independentistes
48:07n'ont pas le droit d'être justifié,
48:11c'est ce qu'on a dit normalement, et c'est ce qu'on a dit.
48:15Mais c'est bien qu'à la garantie, ce n'est pas facile.
48:21C'est pourquoi, on ne l'aura pas facile pour avoir accès,
48:24c'est par lesquels, plus le victime,
48:27Dansons-nous, c'est pas facile.
48:29C'est pas possible d'avoir accès,
48:30c'est pas facile à faire la bête.
48:41Dansons-nous, on re-encontrer,
48:43en ce moment, on a fait un peu de la politique de l'honneur,
48:50et puis on a récord, il a souffert,
48:52et on a souffert, comme ça a fait la souffrance.
48:57Et on a souffert.
49:01Quand il y avait assassinats,
49:04un des seuls par exemple, il y a France.
49:06Il y a deux, si c'est un terme,
49:08et il y a un autre,
49:10et quelque chose a fait.
49:11C'est très grave, mais l'insensibilité de la société est ainsi.
49:17Ici, il s'est débatté beaucoup de temps si les victimes de Gaulle
49:22se considèrent comme victimes du terrorisme ou non.
49:25Pour moi, elles sont victimes du terrorisme.
49:27Je n'ai pas le plus de doute.
49:29Soit on part du principe que on a un devoir de mémoire
49:36envers toutes les victimes du terrorisme.
49:38À ce moment-là, les gens qui ont été touchés par Gaulle en font partie.
49:46Soit quoi ? On va faire le tri.
49:50Entre qui et qui ?
49:52Il y a des mauvaises victimes, il y a des bonnes victimes.
49:56Moi, dans ma vie professionnelle, j'ai vu des mises en cause,
50:03des auteurs de tout poil, de toutes sortes.
50:07J'ai vu aussi des victimes de toutes sortes.
50:09Mais une victime, c'est une victime.
50:33À Vaillonne, à Ondaï, à Saint-Martin-d'Arosa,
50:37la salle guerre du Gall a marqué les années 80.
50:43En Espagne, elle incarne un scandale d'État.
50:47De l'autre côté des Pyrénées, Paris a choisi de reléguer cette guerre encombrante
50:52au marge des récits officiels.
50:56Aucune commission d'enquête parlementaire, aucune reconnaissance institutionnelle.
51:02Une guerre qui s'écrit au creux de ces années 75-95,
51:07parfois utopique, souvent prophétique, toujours violente.
51:13Derrière cette acronyme étrange, Gall, se cachait de curieuses silhouettes de barbouse
51:18que Paris a préférées gommées de l'histoire nationale.
51:22Et des familles de victimes à jamais dans le tourment.
51:26Des familles de victimes à jamais dans le tourment.
52:03Sous-titrage Société Radio-Canada