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Gérald Darmanin, ministre de la Justice, répond aux questions de Laurence Ferrari.
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00:00La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
00:04Et notre invité ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Gérald Darmanin.
00:08Bonjour à vous, vous êtes le garde des sous-ministres de la justice, merci d'avoir répondu à notre invitation.
00:12On va évoquer le fiasco de ce week-end et la vague de violences sur toute la France.
00:16Vous avez demandé au procureur de la République une réponse pénale très ferme avec des placements en détention provisoire,
00:22des comparutions immédiates pour les auteurs des violences urbaines qui ont attaqué les forces de l'ordre ou qui ont
00:26commis des pillages.
00:27Est-ce que vous avez été entendu, Monsieur le Ministre, combien sont en prison à l'heure où l'on
00:32se parle ?
00:32Aujourd'hui, 123 personnes sont incarcérées, soit en détention provisoire,
00:37donc les procureurs ont demandé leur incarcération à la sortie des gardes à vue en attendant les condamnations,
00:43soit parce qu'ils ont eu des mandats de dépôt.
00:46Lundi, hier soir, il y a eu les premières comparutions immédiates.
00:49L'essentiel des comparutions immédiates, c'est aujourd'hui, demain et après-demain.
00:52C'est-à-dire que oui, il y a eu beaucoup de fermeté de la part des procureurs de la
00:55République.
00:55Vous leur avez demandé d'avoir la main lourde, Gérald Darmanin ?
00:57J'ai demandé d'être extrêmement ferme, impitoyable envers ceux qui ont attaqué des policiers,
01:01des gendarmes, des sapeurs-pompiers, qui ont pillé des commerces et qui ont attaqué des bâtiments publics.
01:06Il y a également une cinquantaine d'informations judiciaires,
01:09c'est-à-dire des juges qui ont été saisis pour pouvoir faire des enquêtes criminelles.
01:12Je pense évidemment à la mairie de Limoges, mais je pense aussi aux attaques du bâtiment CNews, par exemple.
01:17Et puis il y a, bien sûr, encore énormément de gens qui sont en garde à vue.
01:21Et il y a plus de 700 personnes qui, escortées par la police, sont déférées dans les dépôts,
01:28c'est-à-dire l'endroit où on attend d'être condamné, dans les tribunaux en France, avec des condamnations
01:32extrêmement fermes.
01:32Est-ce que vous avez justement réunis du quantum des peines ?
01:35Est-ce qu'il s'agit de sursis ? Est-ce qu'il y a des condamnations à des mois
01:38de prison ferme ?
01:38Et quel est le quantum ?
01:39Oui, oui, il y a beaucoup de condamnations avec des prisons fermes avec mandat de dépôt.
01:42C'est-à-dire que les gens vont directement en prison, y compris pour quelques mois,
01:46y compris pour des courtes peines de prison.
01:48Mais je pense que c'est extrêmement important que cela ait été prononcé.
01:51Moi, je voudrais remercier les magistrats, les greffiers, les agents qui ont travaillé tout le week-end
01:55et qui travaillent jour et nuit en ce moment pour rendre la justice, une justice extrêmement ferme.
02:00Et partout sur le territoire national, j'en remercie les agents, les magistrats du ministère de la Justice
02:04d'appliquer ce que demande le peuple, puisque la justice est rendue au nom du peuple,
02:08en toute indépendance, mais elle est rendue au nom du peuple, de la fermeté face aux pilleurs.
02:11À Paris, il y a eu effectivement des condamnations.
02:14Deux mois de prison avec mandat de dépôt, six avec sursis pour un cuisinier,
02:18ancien pompier volontaire de 21 ans qui avait eu des produits inflammables dans son sac.
02:23Mais à Nantes, il y a des comparutions immédiates aussi.
02:26Quatre hommes jugés, notamment pour pillage, trois condamnés à du sursis, aucun en prison.
02:29Il y a des décisions qui ne satisfont pas.
02:31J'ai demandé au procureur de faire appel systématiquement.
02:34Là, il ne fera pas appel, le procureur, il l'a dit dans le journal.
02:36On a 48 heures et les procureurs généraux sont là pour faire appliquer mes consignes.
02:39Et le ministère de la Justice répond, je donne des consignes générales au procureur généraux
02:44que je réunis tous les jours pour qu'il y ait des appels lorsque les condamnations
02:47ne sont pas à la hauteur de ce que j'ai demandé dans ma circulaire politique pénale.
02:50Mais par ailleurs, il y a aussi à Limoges, dix manifestants qui ont attaqué des policiers.
02:54Les dix sont en mandat de dépôt en prison.
02:56Et certains n'ont pas de casier judiciaire.
02:58Il y a dans un tribunal de province, quelqu'un qui portait un masque à gaz simplement,
03:03dans une manifestation, sept mois de prison ferme qui ont été prononcés.
03:06Il y a des peines extrêmement fortes et je souhaite qu'elles soient extrêmement fortes partout sur le territoire national.
03:10Vous avez évoqué Limoges, M. Darmanin.
03:14Après l'incendie de la mairie, le PNAT, parquet national antiterroriste, envisageait de se saisir.
03:19Est-ce que vous avez de nouvelles informations ce matin ?
03:20Non, c'est une information que j'ai donnée hier soir au journal de 20h.
03:23Il s'est mis en observateur.
03:25Le PNAT, c'est le parquet antiterroriste.
03:26C'est-à-dire qu'en observateur, ça veut dire que les Français doivent se savoir.
03:30Nous pensons, les services d'enquête de la police, le parquet national antiterroriste,
03:33pensent qu'il y a une possibilité que ce soit un acte organisé et terroriste.
03:37L'idée de mettre la terreur, pour des raisons, notamment idéologiques ou politiques, à la mairie de Limoges.
03:42Et donc, oui, c'est extrêmement important comme information.
03:45Cela montre l'organisation, sans doute, de l'ultra-gauche,
03:48qui aurait attaqué sciemment la mairie de Limoges,
03:51et peut-être d'autres bâtiments en France.
03:54Et on va laisser le PNAT, qui est indépendant dans sa saisine,
03:57regarder l'évolution, et puis peut-être des prochaines interpellations qui auraient lieu dans cette affaire.
04:01Les premières enquêtes montrent qu'il a fallu planifier, organiser cela de façon méthodique, cet incendie.
04:07En effet, il apparaît que dans plusieurs points du territoire, et singulièrement à Limoges,
04:11il y a eu une organisation,
04:13et elle serait la main d'un groupe qui sème la terreur, qui est l'ultra-gauche.
04:17Et moi, je voudrais redire à quel point, dans le début des manifestations,
04:21parce que comment ça s'est passé le jour et le samedi,
04:22il y a eu des ultra-gauches partout sur le territoire national,
04:25qui ont été faire le coup de poing contre les policiers,
04:28qui ont organisé une situation insurrectionnelle et factueuse,
04:32comme l'a dit le président de la République,
04:33et qui a attaqué des bâtiments publics.
04:36Cette organisation d'ultra-gauche, ces organisations d'ultra-gauche,
04:39il faut les combattre.
04:40Ce sont des ennemis de la République.
04:41Bien sûr, j'en ai dissous beaucoup lorsque j'étais ministre de l'Intérieur.
04:44Je sais que Laurent Nunez fait pareil.
04:46Il faut les dissoudre,
04:47et puis il faut surtout poursuivre pénalement leurs représentants,
04:50et pour qu'ils soient traduits devant les tribunaux,
04:52et je l'espère condamnés à de la prison.
04:54Alors, vous dites qu'il y a eu l'ultra-gauche, les black blocs,
04:56mais il y a eu aussi des pilleurs, des casseurs,
04:58qui n'avaient rien à voir avec les mouvements d'ultra-gauche que l'on évoque.
05:01Exactement.
05:01Il y a eu, après les mouvements d'ultra-gauche,
05:04des manifestations qui se sont passées à peu près correctement
05:07partout sur le territoire national.
05:08Il ne faut pas que ces violences trahissent non plus les manifestants
05:11qui ont voulu, dans le mouvement lycéen,
05:13dans les mouvements pour le pouvoir d'achat,
05:15dire ce qu'ils pensaient au gouvernement.
05:16Et c'est tout à fait légitime en démocratie.
05:18Ces manifestations se sont plutôt bien passées.
05:20Et puis après, vers 16-17h,
05:21puis toute la soirée, puis toute la nuit, des pilleurs.
05:23Et dimanche encore, avant-hier soir.
05:26Exactement, des pilleurs,
05:27ou des gens qui ont attaqué des policiers,
05:28des gens qui ont attaqué des...
05:29Quel profil ?
05:29Il y a de tout.
05:30Alors, il y a 95% d'hommes.
05:33Il faut quand même dire à tous les Français
05:34que c'est une délinquance, une criminalité qui a été masculine.
05:3895% d'hommes.
05:39Il y a eu des mineurs, de 13 ans parfois, 15 ans, 16 ans.
05:44Mais il y a eu aussi beaucoup de majeurs,
05:45une majorité de majeurs, 70% d'adultes dans ces interpellations.
05:49Il y a de tout.
05:49Des gens issus de l'immigration,
05:51des gens qui sont étrangers,
05:52mais il y a aussi des gens qui sont parfaitement intégrés,
05:55qui sont français.
05:56Il y a de tout dans les interpellations que la police a faites.
05:58Est-ce que c'est une délinquance d'opportunité ?
06:00Ou est-ce que nous sommes en face de jeunes
06:02qui effectuent véritablement ce qu'on appelle des razias ?
06:05Gérald Darmanin.
06:05Moi, je n'aime pas trop le mot de délinquance d'opportunité.
06:07Je sais qu'il est utilisé par les services de police.
06:10Moi, je pense que ce sont des délinquants.
06:12C'est-à-dire que j'ai été élevé par une maman seule.
06:14Je suis issu de l'immigration.
06:16Même dans un moment de confusion,
06:19il ne me serait jamais venu à l'idée
06:20de rentrer dans un magasin et expliquer des Nike ou Apollo.
06:24Ce sont des délinquants.
06:27Et qu'ils aient ou pas un casier judiciaire,
06:28qu'ils soient ou pas majeurs,
06:29il faut les sanctionner.
06:30Et la justice est là pour les sanctionner.
06:32Je voudrais aussi dire à quel point
06:33les policiers et les gendarmes,
06:34les sympas pompiers,
06:35ont été d'un extrême courage.
06:36Parfois en minorité sur le terrain,
06:38parfois molestés,
06:39parfois menacés.
06:40Ils ont été d'un extrême courage.
06:42Je voudrais aussi dire
06:43que nous avons eu affaire devant cette violence débridée
06:47à beaucoup de sang-froid,
06:48beaucoup de Français
06:49qui ont donné des informations
06:50à la police,
06:51à la gendarmerie,
06:51à la justice.
06:52Et moi, je les encourage.
06:53Il y a eu beaucoup de photos,
06:54il y a eu beaucoup de vidéos
06:55de continuer à en donner
06:56aux policiers et aux gendarmes.
06:57Et qui se sont, eux aussi, interposés,
06:59des simples citoyens
07:00qui se sont interposés
07:01face à la violence.
07:02Je pense aux commerçants
07:03qui ont tenté désespérément
07:04de défendre le commerce.
07:05Ils disent aujourd'hui
07:06l'État ne nous a pas protégés
07:07et ne nous protégera pas.
07:09Qu'est-ce que vous leur dites,
07:09Gérard Darmes ?
07:09Je pense que quand il y a
07:103 000 commerces pillés,
07:11ils ont raison de dire
07:12que l'État a failli.
07:13Évidemment que,
07:14samedi,
07:14la sécurité n'a pas été constatée.
07:16Le ministre de l'Intérieur
07:17lui-même l'a reconnu.
07:19Donc, il faut en tirer
07:19toutes les...
07:20Constat de faillite ?
07:20Oui, bien sûr.
07:21Évidemment,
07:22lorsqu'une manifestation dégénère
07:24alors qu'elle se déroulait correctement
07:26et qu'on ne peut pas manifester
07:27normalement,
07:28c'est un droit constitutionnel
07:29en France,
07:29c'est un premier problème.
07:30Et le deuxième,
07:31lorsque des mouvements
07:31d'ultra-gauche
07:32puis des pilleurs
07:33viennent saccager
07:34la vie d'un commerçant
07:35à bâtiment public,
07:37je pense à Lille
07:38où je vais me rendre tout à l'heure,
07:39à Marseille,
07:40mais partout sur le territoire national,
07:41évidemment,
07:42l'État a failli.
07:43Vous savez,
07:43on a, je crois...
07:45C'est terrible d'entendre ça,
07:46M. Darmanin.
07:47Mais il faut d'abord le reconnaître.
07:48Le week-end,
07:48combien de passés
07:49et ce que nous avons peur
07:50de vivre encore ?
07:50D'abord,
07:51c'est très difficile
07:52de maintenir le public
07:53de manière générale.
07:54C'est vrai,
07:54on l'a vu,
07:54il y a des images en Italie,
07:56il y a eu des images en Espagne,
07:57il y a eu des images en Allemagne,
07:58mais ce n'est pas une excuse.
07:59L'État doit garantir la sécurité.
08:01J'ai été ministre de l'Intérieur
08:02pendant quatre ans et demi.
08:03Je sais que c'est un métier
08:04extrêmement difficile.
08:05Vous avez vécu des événements
08:06comme la finale
08:07de la Ligue des Champions,
08:08l'État de Naël.
08:08Exactement.
08:09Après, moi, je constate,
08:10parce que j'ai entendu
08:11des discours politiques,
08:12j'ai rétabli l'ordre public,
08:13par exemple,
08:14lors de l'affaire Naël,
08:15où il y avait des émeutes
08:16bien plus méchantes
08:17et puissantes que...
08:18Mais avec moins de dégâts
08:19que ce simple week-end.
08:21Mais en trois jours,
08:22nous avons rétabli l'ordre
08:22partout sur le territoire national
08:23parce qu'on avait fait le choix
08:24de faire sortir le REL,
08:26le GIGN,
08:26de mettre des blindés,
08:27de pouvoir faire
08:28une grande fermeté
08:29dans les interpellations.
08:30On n'a pas besoin
08:31de l'état d'urgence.
08:32On n'a pas besoin
08:33de priver tous les Français
08:34de leur liberté individuelle
08:35parce qu'on a
08:36quelques milliers
08:37de délinquants
08:38et d'emmerdeurs.
08:39Ça permet quand même
08:39des travails plus faciles
08:40pour les policiers,
08:42l'état d'urgence.
08:43Il ne faut pas l'exclure
08:44par principe,
08:45mais l'état d'urgence,
08:46ça permet quoi
08:47de différente aujourd'hui ?
08:48Ça permettrait
08:49de faire des perquisitions
08:50administratives,
08:51c'est-à-dire
08:52on informe le juge après
08:53lorsqu'on trouve
08:54des armes chez les gens.
08:55Est-ce que vous avez vu
08:56dans ces pilleurs
08:57beaucoup de gens
08:57qu'il y avait des armes ?
08:58Non, ce n'est pas le cas.
08:59Il n'y a pas eu d'armes du tout.
09:01Vous nous le confirmez.
09:01Il y a eu sans doute
09:02ici ou là,
09:03pour l'ultra-gauche le matin,
09:04des armes,
09:05et souvent ce sont des armes
09:06qui sont des couteaux,
09:07des bombes lacrymogènes
09:08ou de l'ammoniaque.
09:09Ce n'est pas des kalachnikovs
09:11qu'ont les terroristes
09:12lorsqu'ils passent à l'action
09:13puisque l'état d'urgence,
09:14quand il a été
09:15la dernière fois adopté,
09:17ça a été sous un gouvernement
09:18de M. Hollande
09:19pour lutter
09:19contre les terroristes islamistes.
09:21Je ne dis pas
09:21qu'il faut exclure
09:22par principe
09:22l'état d'urgence.
09:23Je dis que comme
09:23ils ont à l'intérieur
09:24géré l'état d'ordre public
09:25sans aucun problème,
09:27sans l'état d'urgence,
09:27il faut juste
09:28beaucoup de fermeté,
09:29il faut beaucoup
09:30de démonstration de force
09:31et il faut qu'une justice
09:31serait ferme
09:32de ce qu'elle est aujourd'hui.
09:33Gérald Darmanin,
09:33est-ce que le président Macron
09:34a envisagé cette hypothèse
09:36de l'état d'urgence ?
09:37Dimanche,
09:37il aurait envisagé cela
09:39puis il serait revenu en arrière
09:40par peur des conséquences
09:41peut-être d'abord financières
09:43et aussi au vu des moyens
09:44policiers et judiciaires ?
09:46Personnellement,
09:46je ne le crois pas.
09:47Vous ne lui avez pas suggéré
09:48l'état d'urgence
09:49ou vous lui avez suggéré
09:50la discussion ?
09:51Non, je n'ai pas suggéré
09:53l'état d'urgence
09:54au président de la République.
09:55J'ai eu un échange avec lui
09:56puis j'ai assisté
09:56à une réunion avec lui.
09:57Il ne l'a jamais évoqué.
09:58Je ne suis pas dans toutes
09:59les réunions du président
10:00de la République.
10:00Je ne suis pas son ministre
10:01de l'Intérieur.
10:01Je ne suis pas son Premier ministre
10:02mais comme témoin direct,
10:04non, il n'y a pas eu
10:05du président de la République
10:06l'évocation de l'état d'urgence.
10:08Vous avez aussi demandé
10:09d'utiliser la procédure
10:10pour criminalité organisée.
10:11Cela permet quoi
10:12Gérald Darmanin exactement ?
10:13Aujourd'hui,
10:18par exemple,
10:19vos images le démontrent.
10:20Cela permet plusieurs choses.
10:21D'abord,
10:22de passer les gardes à vue
10:23de 48 à 72 heures,
10:25laissant ainsi le temps
10:26à la police,
10:26à la gendarmerie
10:27qui a beaucoup de travail
10:27de faire les enquêtes.
10:28Cela permet de regarder
10:29dans les téléphones portables
10:30des personnes
10:31que nous avons interpellées
10:32pour voir s'ils étaient,
10:34par exemple,
10:34puisqu'ils se filment souvent
10:36maintenant,
10:37dans un mouvement
10:38de foule et de violence.
10:40Cela permet aussi
10:40de faire des géolocalisations,
10:42demander à vos opérateurs
10:43téléphoniques
10:43si Mme X ou M. Y,
10:45souvent M. Y,
10:46étaient bien devant
10:47la mairie de Limoges
10:48par exemple,
10:48au moment où ça a pris feu
10:49parce qu'il dit évidemment
10:50qu'il n'y était pas
10:51et cela permet
10:52d'utiliser des techniques
10:53spéciales d'enquête,
10:55notamment des écoutes téléphoniques.
10:57Bien sûr,
10:58les procureurs de la République
10:58font ce qu'ils veulent
11:00et ils appliquent
11:00aux personnes
11:01qu'ils ont devant eux
11:02les articles du Code pénal
11:03mais je les ai autorisés,
11:05je les ai engagés
11:06à utiliser ces articles.
11:08Ils le font d'ailleurs
11:08en ce moment même
11:09ce qui permet une partie
11:10des preuves
11:11qui permettent la condamnation
11:12par les magistrats du siège.
11:13Revenant sur les pilleurs
11:14et les pillages,
11:16certains se sont montrés
11:17à visage découvert
11:17sur les réseaux sociaux
11:18en exhibant leur butin.
11:20Vous avez,
11:20avec Vincent Jambrun,
11:21ministre du Logement,
11:22annoncé une circulaire
11:23pour retirer des APL
11:25ou des prestations sociales
11:26le fruit de la revente
11:28de ces produits.
11:29C'est bien cela ?
11:30En effet,
11:30c'est une instruction
11:31extrêmement importante
11:32puisque la loi nous le permet.
11:33C'est la première fois
11:33que nous allons l'utiliser
11:34et nous allons pouvoir retirer
11:36des prestations sociales
11:37de ceux qui sont
11:38des recelleurs
11:40de ces produits
11:41qui ont été volés
11:42indument,
11:43bien sûr,
11:43aux commerçants.
11:45Et ça se passe très bien.
11:45le procureur de la République,
11:46la CAF,
11:47vont pouvoir échanger
11:49des informations
11:49et nous allons pouvoir
11:51retirer ces prestations sociales.
11:52Il n'y a pas besoin
11:52de passer par une nouvelle loi
11:53si ce n'est pas le seul
11:55moyen juridique
11:55que vous arrivez
11:56à faire cela.
11:57Exactement.
11:57Et ça a commencé
11:58à être mis en dehors ?
11:58Ça a commencé depuis hier.
12:00Concernant le maintien
12:01de l'ordre,
12:02votre homologue
12:03Laurent Nunez
12:03a présenté sa démission.
12:04Elle a été refusée
12:05par le président
12:06de la République.
12:07Il a admis que la situation
12:07avait échappé
12:08au contrôle de l'État.
12:09Vous aussi,
12:10vous avez dit,
12:10on l'a entendu,
12:11nous avons failli.
12:12Comment les Français
12:12peuvent-ils encore
12:13vous faire confiance ?
12:14Aujourd'hui,
12:15vous savez,
12:15c'est très difficile
12:16d'être mis à l'intérieur
12:16et moi,
12:16je ne tire pas
12:18sur quelqu'un
12:18qui a commis
12:19peut-être des difficultés
12:21comme l'a dit
12:21Laurent Nunez.
12:22C'est un grand professionnel
12:23Laurent Nunez.
12:23Il a organisé
12:25la visite du pape.
12:27Vous avez dit vous-même
12:27que c'était formidable
12:28pendant trois jours ici
12:29sans aucun problème.
12:30Les foules étaient pacifiques.
12:32Accordez-le-moi.
12:33Oui,
12:33mais il y avait
12:34des risques terroristes.
12:35Mais ce n'est pas la question.
12:37Il faut organiser
12:38des centaines.
12:39Non,
12:39il faut organiser
12:40des millions de personnes.
12:40C'est facile de dire
12:41à partir de votre chaise
12:42et à votre micro.
12:43Je peux vous dire
12:44que c'est,
12:44pour avoir été mis à l'intérieur,
12:45extrêmement difficile
12:46d'accueillir
12:47des millions de personnes.
12:48On salue le travail
12:49des fonds de l'ordre
12:50dans tout ce qui est frigorisé.
12:50Il l'a fait
12:51et il l'a fait très bien.
12:52Et vous l'avez dit vous-même
12:53que la police
12:54et le ministre de l'Intérieur
12:54avaient très bien fait son travail.
12:55Quand j'étais
12:56ministre de l'Intérieur,
12:57il a organisé
12:58les Jeux olympiques à Paris.
13:00Vous n'avez pas arrêté
13:00de dire sur tous les plateaux de télé
13:01que ce serait dramatique.
13:03Ça a été très bien organisé
13:05et le préfet de police
13:05qui était Laurent Nunez
13:06est un grand professionnel.
13:07Vous savez,
13:08le nombre de personnels
13:09de force d'ordre
13:09qui ont été déployés
13:10et pour les Jeux olympiques
13:11et pour la visite du pape.
13:11Lorsqu'il a été mon préfet de police,
13:12nous avons mis fin
13:15combien ont été déployés
13:21dans l'affaire Naël.
13:22Laurent Nunez,
13:22c'est un grand professionnel.
13:23Oui, il y a eu une faute samedi.
13:25Il l'a reconnu lui-même.
13:26Qui ne fait pas de faute ?
13:28Il l'a reconnu.
13:29Il a proposé sa démission
13:30au président de la République.
13:32Alors qu'il n'a
13:34évidemment aucune ambition politique,
13:35Laurent Nunez.
13:36C'est un haut fonctionnaire
13:37qui sert à la République.
13:38Il a lié au président de la République
13:39si vous voulez me retirer
13:40de mon commandement,
13:41vous me retirez.
13:42Est-ce que quand il y a des émeutes,
13:43est-ce que lorsqu'il y a des pillages,
13:44est-ce que lorsque la police
13:45va être commandée,
13:46on doit changer de mise à l'intérieur ?
13:47La réponse est non.
13:48Et moi, j'ai confiance
13:49en Laurent Nunez,
13:49même si nous avons...
13:50On en a vu d'autres
13:50qui ont sauté pour moi.
13:52Mais moi, je vous dis,
13:53et je pense que c'est...
13:54Je sais que c'est...
13:55Je voudrais vous préférer
13:55que je fasse de la politique politicienne
13:57et que Gise Lourdes Nunez
13:58devrait partir.
13:58Ce n'est pas le cas.
13:59Il a très bien travaillé.
14:01Il a eu raison de présenter
14:02sa démission au président de la République.
14:03Et le président de la République
14:04a pris ses décisions
14:05de le maintenir en poste.
14:06C'est un ministre de l'Intérieur
14:07qui est respecté et respectable.
14:08Ce matin, Sébastien Lecornu
14:10souligne que les couvre-feux ciblés
14:12ont fonctionné cette nuit.
14:13Il y en a eu à Paris, à Lille et au Bordeaux.
14:15Ça va se reproduire.
14:16Et on va vers des manifestations comme ça
14:20et des couvre-feux en permanence
14:21dans les mois qui viennent,
14:22Gérald Darmanin ?
14:22Dans les mois, je ne sais pas.
14:23Mais dans les prochains jours, sûrement.
14:26Je trouve que les mesures de couvre-feux
14:28qui ont été respectées
14:28par la population française
14:30et surtout des policiers et gendarmes
14:31ont fait respecter.
14:32C'est une très bonne chose.
14:33Je regrette qu'il y ait des communes
14:34qui ne l'ont pas mis en place
14:35ou qui ne souhaitent pas
14:36de mettre en place.
14:36Arène, par exemple.
14:37Vous les incitez ?
14:38Bien sûr.
14:38Quand on voit qu'Arène,
14:40il n'y a pas de couvre-feux,
14:41ça a été refusé par la mairie
14:42et qu'il y a eu encore des exactions hier soir,
14:44je m'inquiète.
14:45Et il y a des maires de gauche,
14:47par exemple, je pense à la mairie Lille,
14:49qui ont été très courageux,
14:50accompagnés par le préfet du Nord
14:51et qui ont pu faire respecter
14:52ces couvre-feux.
14:53Gérald Darmanin,
14:53les locaux de notre rédaction CNews
14:55ainsi que les rédactions
14:56qui se trouvent dans ce bâtiment
14:58Europe 1 et JDD
14:59ont été attaqués samedi
15:00par des activistes violents.
15:02Combien d'interpellations ont eu lieu
15:04et qu'est-ce qu'il va se passer ?
15:05Il y a eu 25 interpellations
15:06dans les attaques inacceptables
15:08contre les locaux de CNews
15:09et la liberté de la presse,
15:11elle doit être garantie pour tout le monde
15:12et aucun journaliste,
15:13aucun agent qui travaille,
15:14aucune personne ne travaille
15:15dans une maison de rédaction,
15:17quelle que soit son orientation,
15:19quel que soit le prix,
15:20parti pris de son éditorial,
15:22doit être menacé.
15:23Donc, les interpellations ont eu lieu.
15:25Je remercie les services de police.
15:26Le procureur de la République à Paris
15:28a été extrêmement ferme.
15:29Les 25 personnes,
15:30les 25 interpellés
15:31sont déférées en ce moment même
15:32devant un juge
15:33puisqu'une information judiciaire
15:34est ouverte
15:35et je l'espère
15:36que beaucoup d'entre eux
15:37connaîtront des mises en examen,
15:39des détentions provisoires
15:40et demain,
15:42quand l'information judiciaire
15:42sera finie par les instructions,
15:43des condamnations extrêmement fermes.
15:45Est-ce qu'on a une idée
15:45du profil de ces individus
15:47qui sont venus attaquer nos locaux ?
15:48Ce n'est pas à moi de le dire.
15:50Des activistes violents ?
15:51Je pense que la justice
15:51communiquera dans cette enquête
15:53très particulière.
15:54Ces news,
15:55comme toutes les rédactions,
15:56doivent être intégralement protégées.
15:57Et de nombreux journalistes
15:58sur le terrain,
15:59quelle que soit leur chaîne,
16:00sont attaqués.
16:01Ça traduit quoi selon vous ?
16:02Cette volonté de s'en prendre
16:03à ceux qui filment,
16:04ceux qui rapportent les faits ?
16:05Je pense que ça traduit
16:06une attaque
16:07contre toute une forme de personne
16:09qui parle dans le poste.
16:10C'est évidemment le vrai
16:11des journalistes.
16:12C'est vrai des élites économiques
16:13qui sont aussi menacées.
16:14Quand je vois que sur une radio,
16:15Radio Nova,
16:16on attaque personnellement
16:17Bernard Arnault
16:18ou Vincent Bolloré,
16:19quel que soit ce qu'on pense
16:20de ces deux personnes,
16:21on les attaque le même.
16:22Évidemment, on appelle au meurtre.
16:24Évidemment,
16:24c'est extrêmement préoccupant.
16:26Et puis,
16:27ça veut dire évidemment
16:28qu'on attaque aussi les politiques,
16:29qu'on attaque des hauts fonctionnaires,
16:30des personnes qui viennent témoigner parfois.
16:32Et moi,
16:32je suis frappé
16:33de cette violence
16:35qui touche
16:35toute la société française.
16:37Et en touchant les journalistes,
16:38en touchant les acteurs économiques,
16:39en touchant les représentants politiques,
16:41les élus,
16:42on touche à la démocratie
16:43et sa liberté d'expression.
16:45Donc,
16:45longue vie à ces news,
16:46à tous ceux
16:47qui veulent,
16:48par le débat d'idées,
16:50créer le débat.
16:51Et parfois,
16:51il est excessif.
16:52Et c'est normal,
16:53la démocratie de chaque côté,
16:54personne ne doit par la violence
16:55faire taire une voix.
16:56Merci beaucoup,
16:57Gérald Darmanin,
16:58de votre fermeté ce matin
16:59sur ce sujet.
17:00Merci de cette interview.
17:02Merci à vous.
17:03Vous nous avez accordé tout de suite
17:04la matinale sur CNews
17:05et sur Europe 1.
17:06Merci Gérald Darmanin,
17:07merci Laurence Ferrari
17:08et merci aux ministres
17:09pour ces mots de soutien
17:10après l'attaque
17:11de visant CNews
17:12Europe 1 et le JDD
17:12ce week-end.
17:13Dans un instant,
17:14vous allez retrouver
17:15votre signature Europe 1,
17:17Eugénie Bastier,
17:17et votre journal,
17:18bien sûr,
17:19complet,
17:19dans quelques minutes.
17:21Il est 8h18 sur Europe 1.
17:22Bon réveil à vous.