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Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote

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00:00Si les grenades, les tirs de grenades de gaz lacrymogène pour disperser la scène, les manifestants pour les disperser,
00:06puisque en fait ce sont, ma collègue le dit parler tout à l'heure, des vraies scènes de chaos, d
00:11'apocalypse, un peu partout.
00:13Il faut quand même que les forces de l'ordre puissent sécuriser les lieux et surtout pour les pompiers,
00:18puisqu'il y a des feux de vélos, de poubelles, de tout en fait, à peu près tous les 300
00:24mètres dans le quartier.
00:26Ils prennent tout ce qu'ils ont sous la main. On s'étonne quand même toujours de voir ces matériels
00:33à disposition,
00:34que ce soit du matériel de chantier ou encore des bouteilles de verre, tout.
00:38Ils ont des barres de fer aussi, tout est en pretexte pour lancer sur les forces de l'ordre.
00:45Donc il faut pouvoir respirer tranquillement.
00:48Donc il y a beaucoup de monde, beaucoup de jeunes surtout qui sont là.
00:53Évidemment, une de mes collègues en parlait tout à l'heure, ils sont tous masqués.
00:57Nous aussi, nous sommes obligés de nous équiper, puisque voilà, encore des mouvements de fouilles,
01:06les manifestants qui sont toujours obligés de courir, les forces de l'ordre qui sont en train de se positionner,
01:12puisqu'il faut réussir à récupérer quand même ces rues,
01:15ces rues qui pendant quelques instants étaient quand même laissées aux manifestants.
01:19C'est très compliqué pour les forces de l'ordre aujourd'hui de pouvoir circuler partout,
01:24de pouvoir assurer la sécurité.
01:26Je vous rappelle quand même qu'il y avait deux cortèges, deux manifestations.
01:29En fait, on n'a pas vraiment vu les cortèges ni les manifestants.
01:32On a plutôt vu ces manifestations sauvages dans tous les coins de la capitale.
01:37Là, on est vraiment proche de République.
01:39En fait, depuis plus de 4h, 4h30, nous sommes toujours dans cette situation.
01:44On voit d'épées, nuages de fumée noires, ce qui veut dire que c'est souvent des vélos,
01:49vous voyez, qui sont en train de brûler partout, en fait.
01:52Dès qu'on tourne la tête, en fait, il y a des épées, que ce soit à droite, à gauche,
01:57sur les côtés, partout.
01:58Partout, ça brûle, en fait.
01:59C'est Paris qui est en train de brûler depuis bientôt 5h, en fait.
02:05Merci beaucoup pour ce témoignage sidérant sur le terrain.
02:08Il est 18h30 sur Cegnaux, éditions spéciales consacrées à cette journée du 17 octobre
02:14qui a basculé dans le chaos, dans le chaos ou des actions d'une violence inouïe
02:19dans les plus grandes villes de France, entre saccage, pillage de commerce
02:23et violence contre les forces de l'ordre.
02:26La sauvagerie à l'état pur et vous voyez qu'on a pu recenser les principales villes
02:31dans lesquelles vous avez pu avoir tout au long de cet après-midi,
02:34et ce n'est pas terminé, des saccages à Paris, Lille, Strasbourg, à Rennes, à Nantes, à Bordeaux.
02:41Le RAID est actuellement déployé.
02:44Le ministre Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a réagi il y a quelques instants.
02:50Il dénonce des violences d'une extrême intensité.
02:55Aujourd'hui, les groupes d'ultra-gauche ont organisé la violence dans plusieurs villes de France,
03:00dit-il dans un long message.
03:02Toutes nos équipes sont toujours mobilisées.
03:04Je voudrais commencer cette émission en apportant un mot pour toutes nos équipes
03:08qui, depuis le début de cet après-midi et de cette journée,
03:13nous permettent, toutes nos équipes, de comprendre ce qui est en train de se passer.
03:17Et c'est vrai qu'on constate sidérer, une nouvelle fois, la situation sur le terrain.
03:26Émission est face à Mathieu Bock-Côté qui commence une demi-heure plus tôt.
03:29Merci d'être avec nous, cher Mathieu.
03:31Et à Situation Gravissime, vous avez considéré qu'il était important d'avoir plusieurs voix dans votre émission.
03:38Gabriel Bruzel est avec nous, cher Gabriel Blonsoir.
03:41Arthur de Vatrigan, bien sûr.
03:42Vandril de Guerpel est avec nous, journaliste.
03:45Merci d'être avec nous, Vandril.
03:47Eduard Marquez, délégué Alliance Police 93, est avec nous.
03:52Monsieur Marquez, merci d'être présent sur ce plateau.
03:54Je me tourne tout de suite vers vous quand vous voyez toutes ces images.
03:58Depuis plus de 7 heures, vos policiers sont confrontés à la violence
04:03et elle s'est propagée sur les plus grandes villes de France.
04:08Qu'est-ce que vous dites à vos collègues qui sont sur le terrain
04:10et comment vous décodez ce qui s'est passé ?
04:11Je donnerai évidemment la parole dans un instant à Mathieu Bock-Côté.
04:14Alors moi déjà dans un premier temps, je suis ça depuis ce matin,
04:19parce que ça a commencé ce matin.
04:24Moi je suis profondément meurtri.
04:26Meurtri en tant qu'homme, en tant que citoyen et révolté en tant que syndicaliste.
04:31Parce que là ce que je vois sont des individus, des casseurs déchaînés
04:37qui font de l'ultra-violence pour détruire, blessés, voire tués,
04:44voire tués, clairement, certains de mes collègues, voire un de mes collègues, tout du moins.
04:51Et franchement, je trouve ça inacceptable, intolérable.
04:59C'est comme vous l'avez dit, c'est de la sauvagerie à l'être pur.
05:02Et il ne faut pas oublier une chose, c'est que derrière chaque uniforme, il y a un père de
05:05famille.
05:06Il y a un être humain.
05:07Il y a des familles qui attendent le retour de leur mère, de leur père,
05:12qui reviennent sans être blessés, sans être à l'hôpital.
05:18Et on entend et on comprend votre colère, mais aussi, lorsque vous prenez la parole, votre émotion.
05:24Le terrain, tout de suite, avec nos équipes qui sont mobilisées aux abords de la place de la Concorde.
05:29Je rappelle que la place de la Concorde, Concorde était un lieu qui devait être interdit à la manifestation.
05:35Et vous le voyez, c'est le chaos dans la capitale, en plein cœur de la capitale,
05:40à quelques centaines de mètres du palais de l'Elysée.
05:43Je rappelle que cet après-midi, des individus se sont organisés pour une manifestation sauvage
05:48et se sont retrouvés à 150 mètres des portes du palais de l'Elysée.
05:53Nos équipes sont sur place, racontez-nous ce qui est en train de se passer.
06:00Oui, Eliott, alors j'espère que vous m'entendez bien.
06:02Je porte un masque pour se protéger des gaz lacrymogènes.
06:05Mais ce qu'on peut vous dire avec mon collègue, c'est qu'on assiste à une véritable scène de
06:09chaos
06:10juste à côté de la place de la Concorde.
06:12Vous le voyez sur les images, les voitures sont à l'arrêt
06:15et se retrouvent entre les manifestants et les casseurs
06:19qui récupèrent des chaises du célèbre jardin de Luxembourg.
06:22Vous voyez ces célèbres chaises vertes qui sont normalement dans le jardin.
06:25Elles ont été récupérées.
06:27On vient d'assister à la scène.
06:28Il y a une chaise qui a été lancée sur la voiture rouge que vous voyez sur l'image.
06:32Le conducteur est sorti.
06:33Il était très énervé.
06:34Voilà, il est en train de re-rentrer dans la voiture.
06:36Vous l'entendez ?
06:37Les voitures klaxonnent puisque c'est véritablement n'importe quoi.
06:41C'est un chaos.
06:42Tout à l'heure, il y avait des projectiles au-dessus des voitures.
06:45Et quand je parle des projectiles, je parle de bouteilles de verre, de pavé.
06:48C'est extrêmement dangereux.
06:50Il y a aussi un barrage qui a été installé pour bloquer les véhicules.
06:54Et on est repris.
06:55C'est strictement interdit d'être ici.
06:57Ça avait été interdit.
06:59Les casseurs et les manifestants n'ont pas le droit d'être ici.
07:02Et on est là depuis de très longues minutes maintenant avec mon collègue.
07:06Et on assiste à ces affrontements entre les forces de l'ordre et les casseurs.
07:11Donc il y a les casseurs qui cherchent les forces de l'ordre en leur lançant tous les projectiles qu
07:16'ils trouvent.
07:17Vous voyez, là par exemple, il y a des casseurs qui ont lancé des projectiles.
07:21Les forces de l'ordre ripostent avec des gaz lacrymogènes depuis le début sur la place de la Concorde.
07:27On a vu aussi un autre rassemblement partir vers Révolier.
07:32Donc en fait, c'est très compliqué pour les forces de l'ordre puisqu'il y a des personnes partout
07:35dans Paris qui sont clairement en manifestation sauvage.
07:40Et donc c'est très compliqué pour les forces de l'ordre puisqu'il faut essayer d'éviter les casseurs
07:44au maximum et de les disperser.
07:46Mais on l'a dit encore et on l'a montré toute la journée sur notre antenne.
07:50Ils sont très équipés.
07:51Ils ont des masques, des masques de ski, des masques pour se protéger des gaz.
07:55Ils ont des gants, des casques.
07:57Donc même s'il y a beaucoup de gaz lacrymogènes, les casseurs restent en place et continuent de provoquer les
08:03forces de l'ordre.
08:04Tout à l'heure, je vous parlais de chaises vastes.
08:06Et elles ont été lancées aussi sur les forces de l'ordre, ces chaises.
08:09Mais vous voyez, on parle vraiment de projectiles avec tout ce qu'ils trouvent pour blesser ou attaquer les forces
08:14de l'ordre.
08:15Merci pour ce témoignage.
08:17Et on a bien compris que vous portiez le masque pour des raisons de sécurité parce qu'il y a
08:23cette fumée épaisse liée aux gaz lacrymogènes et qu'il est difficile de respirer.
08:29Dans quelques instants, on va retrouver le terrain rue de Turbigo parce que les violences se poursuivent.
08:33Et c'est intéressant aussi d'avoir votre regard, Mathieu Bocoté.
08:35De quoi parlons-nous ce soir ?
08:37Est-ce qu'on parle de manifestations ? Est-ce qu'on parle de violences urbaines, d'émeutes, d'insurrections
08:41? De quoi parlons-nous ?
08:42Alors, je crois que nous sommes devant des émeutes insurrectionnelles.
08:45Il faut dire les choses telles qu'elles sont.
08:47Et de telles émeutes ne sont possibles que parce qu'il existe en France, bien qu'on peine à se
08:52l'avouer, un parti révolutionnaire organisé.
08:55Et je ne parle pas que de LFI ici, loin de là.
08:57Je parle de tous ces groupuscules d'ultra-gauche qui existent.
09:01Je parle de ESSA, des groupuscules qui sont soit connues comme telles, les antifas,
09:05soit différentes mouvances chez les écolos.
09:08Il y a différentes mouvances.
09:09En fait, il existe en France un parti révolutionnaire organisé, souvent publiquement financé, soit du temps passant,
09:15avec des militants qui guettent le moment où la société va basculer dans le chaos
09:20et font ce qu'ils peuvent pour qu'elle bascule dans le chaos.
09:23Ce sont les militants, des miliciens, qui sont prêts à tuer.
09:27Il faut simplement être clair.
09:28Si vous lancez un projectile sur un policier, si vous jetez une cheminée sur un policier,
09:34vous avez, vous envisagez la possibilité qu'ils meurent.
09:37Donc, nous sommes devant des gens qui sont dans une logique conflictuelle
09:40qui va au-delà des affrontements rituels qu'on connaît en France.
09:44Là, il y a une volonté chez plusieurs, à tout le moins, de tuer.
09:47Deuxième élément, vous avez vu,
09:49donc ça, c'est ce qu'on peut appeler l'affrontement avec les forces de l'ordre.
09:52Deuxième élément, on l'a vu avec les pillages,
09:54il y a une violence qui vient des banlieues aussi.
09:56Une violence des banlieues, donc ces deux violences convergent
09:59avec cette idée désormais, c'est la razia.
10:02C'est le principe de la razia qui s'exprime devant nous.
10:05Ajouté à ça un troisième élément, moi, qui me fascine,
10:07tout le discours public est construit autour de la peur de l'extrême droite,
10:11ce qu'ils appellent l'extrême droite.
10:13Chaque fois que ça fête dans la rue, si je peux me permettre,
10:15on est très loin des manifestants qu'on pourrait associer d'une manière ou de l'autre,
10:19ou elle est raide à la reconquête, ou ainsi de suite.
10:21Chaque fois que ça fête, ça vient de ce qu'on appelle l'ultra-gauche.
10:23Parce que l'ultra-gauche est la seule qui est organisée aujourd'hui
10:26pour mener justement de telles actions insurrectionnelles.
10:30Par ailleurs, je note dans le discours de la France insoumise,
10:33qui compte ici, une forme de propagande absolument fascinante,
10:37où si vous regardez les comptes Twitter de la France insoumise,
10:39on vous explique que rien ne se passe, que tout va bien,
10:42que c'est un mouvement pacifique, un mouvement tout à fait lumineux,
10:45que ce que nous avons devant nous n'existe pas.
10:48Quand on sait par ailleurs que depuis 40 ou 50 ans,
10:50on nous explique que tout ce qu'on a devant nous n'existe pas,
10:52ne vous piez pas à vos yeux, ne vous piez pas à vos vies,
10:55ne vous piez pas à ce dont vous faites l'expérience,
10:57parce que tout doit être filtré par le regard des sociologues médiatiques
11:01au service du régime.
11:02Mais là, qu'est-ce qu'on voit?
11:03On a des filles qui disent aujourd'hui, rien ne se fasse.
11:05C'est devant nous, ça se passe.
11:06Mais au même moment, ils vont expliquer que si quelque chose se passe,
11:09c'est la faute de la violence de la police et de la répression bourgeoise.
11:12Donc, tous ces éléments convergent pour faire de cette journée,
11:15je reprends votre question, une journée insurrectionnelle.
11:18On va aller sur le terrain, bien sûr, et je vais donner la parole à tout le monde
11:21sur le plateau, Gabriel Cousel, Vendril de Guerpel ou encore Arthur de Vatrigan.
11:26Mais allons place de la République, parce que ça a été l'épicentre
11:29de cette jonction dont vous parliez, Mathieu Boccoté.
11:34Et gardons l'image, bien évidemment, de ce qui se passe du côté de la place de la Concorde,
11:37parce que c'est extrêmement grave.
11:39Visiblement, il y a moins de monde, et fort heureusement.
11:43Mais on a vu des scènes, là aussi, chaotiques, place de la République,
11:47et cette jonction entre des émeutiers qu'on avait pu voir au moment du drame de Naël,
11:52ou alors à la finale de Ligue des Champions, qui sont venus pour piller,
11:55et les fameux militants d'extrême-gauche ultra-violents qui se forment en black bloc.
12:00Et on a vu la conjonction de ces deux mouvances, en quelque sorte.
12:11Oui, Eliott, alors ici, la place de la République,
12:13nous assistons à des scènes de violences inouïes.
12:15Depuis tout à l'heure, les affrontements continuent au moment où je vous parle.
12:18Il y a toujours des centaines de manifestants sur la place.
12:21Ils se regroupent sur le fond.
12:23Les forces de l'ordre sont obligées à chaque fois d'intervenir pour les disperser.
12:27La plupart sont masqués et cagoulés.
12:29Ils tirent des pierres, des bouteilles de verre sur les forces de l'ordre,
12:32qui tentent de les disperser avec des jets d'eau régulièrement.
12:36Alors, tout à l'heure, certains ont même jeté des vélos et des grilles
12:39sur les forces de l'ordre qui circulaient sur la place.
12:42Ils tirent tout ce qu'ils trouvent, en fait.
12:43On entend des mortiers retentir régulièrement.
12:46C'est très dangereux.
12:46Ils tombent au pied des journalistes.
12:48Ils les visent aussi régulièrement.
12:50Tout à l'heure, les pompiers qui étaient en train d'intervenir
12:52se sont retrouvés en plein milieu des émeutes.
12:55Donc voilà, une situation qui ne cesse de dégénérer ici
12:57et qui est très dangereuse.
12:59On ira évidemment vous retrouver dans quelques instants.
13:02mais on a effectivement assisté avec vous
13:05à des scènes d'une violence absolue sur cette place de la République à droite.
13:11Vous continuez de voir ces individus qui tentent de converger
13:15en direction de la place de la Concorde
13:17avec une circulation qui est bloquée.
13:20Donc il est extrêmement compliqué pour les forces de l'ordre d'intervenir.
13:25Vous avez des groupes et des manifestations sauvages
13:28qui se disséminent un peu partout dans la capitale.
13:32Il faudra regarder attentivement ce qui se passe en région également
13:35que ce soit à Marseille ou encore à Bordeaux.
13:37Je le rappelle, le RAID a été sollicité.
13:42Peut-être rappeler aux téléspectateurs ce qu'est le RAID avec vous, Duart Marques ?
13:47Le RAID, c'est l'équipe la plus spécialisée qu'on ait dans la police nationale
13:52qui intervient et qui sont intervenues sur les attentats de 2015.
13:56C'est vraiment leur cœur de métier.
13:57qu'on les appelle en renfort, c'est qu'on est arrivé vraiment sur les derniers recours.
14:04Clairement.
14:05Faire appel au RAID pour faire du maintien de l'ordre,
14:07pour faire le rétablissement de l'ordre,
14:10c'est qu'on est face à une difficulté inouïe.
14:13C'est très important ce que vous venez de dire.
14:15On n'est pas face à du maintien de l'ordre parce qu'on n'est pas face à des
14:19manifestants.
14:21On rétablit l'ordre aujourd'hui.
14:22C'est le préfet des Bouches-du-Rhône qui a pu demander, même aux journalistes,
14:27de rétablir aussi les bonnes formulations parce que, vous l'avez dit,
14:31que va dire le système politique, que va dire le système médiatique dans les prochaines heures ?
14:35Est-ce que ce sont ces images qui vont être commentées
14:38ou on va plutôt parler d'une manifestation qui s'est passée dans le calme
14:42avec en première ligne Jean-Luc Mélenchon ?
14:46Gabriel Cluzel, quand vous voyez ce qui se passe depuis maintenant près de 7h30,
14:52parce que les premières tensions ont commencé à 11h,
14:55vous vous dites quoi, Gabriel Cluzel ?
14:56Je me dis qu'est devenu notre pays.
14:59Moi, ce matin, vous savez, je m'occupe d'une rédaction.
15:02Quand mes journalistes sont partis sur le terrain, très honnêtement, je me suis inquiétée
15:05comme s'ils allaient sur un théâtre de guerre.
15:07Je leur ai dit, faites attention à vous.
15:09Et je pense que c'est le cas pour beaucoup de journalistes aujourd'hui.
15:12Je rappelle que c'est la France.
15:13Moi, je me souviens d'Emmanuel Macron qui disait, ce sera moi ou le chaos.
15:16Bien évidemment, ça a été lui et le chaos.
15:19Je rappelle que cette semaine, il a demandé aux forces de l'ordre de faire preuve d'empathie
15:23parce qu'il trouvait qu'elle ne faisait pas ses preuves d'empathie.
15:25Regardez les scènes auxquelles nous assistons.
15:28Depuis des jours, on nous dit, ça va être terrible le 17 talk-up,
15:31ça va être terrible, comme si on attendait un siglone.
15:32Et puis aujourd'hui, voilà, on a la catastrophe naturelle.
15:34Mais que fait ce gouvernement ?
15:36Il ne peut pas, il ne veut pas, il ne peut pas parce qu'il ne veut pas.
15:40Moi, je suis terrifiée par ce qui se passe.
15:43Pourquoi les antifas n'ont-ils pas été déclarés groupes terroristes ?
15:47Nous voyons tous qu'ils sont prêts à tuer si nécessaire.
15:51Je constate aussi que tout le narratif est invalidé, tout le narratif de ces derniers jours.
15:56Ce n'est pas la convergence des colères des pauvres gens.
16:00Vous voyez beaucoup d'agriculteurs, vous voyez beaucoup de petits commerçants.
16:03Non, eux, les petits commerçants, ils sont en train de se faire détruire leur commerce.
16:07Vous voyez vraiment beaucoup de gens qui souffrent du prix de l'essence.
16:10Non, vous voyez l'alliance, vous l'avez dit, rêvée d'ailleurs par l'extrême gauche,
16:15des antifas bourgeois généralement et des banlieues.
16:19Pour l'affaire Naël, je ne sais pas si vous vous en souvenez,
16:23les banlieues avaient repoussé les antifas.
16:25Si vous vous en souvenez, ils ne voulaient pas d'eux.
16:27Aujourd'hui, les antifas finalement ont accueilli les banlieues à bras ouverts
16:31et ça fait un feu d'artifice assez impressionnant
16:35et je crois qu'il est atterrant pour nombre de Français qui regardent leur télé aujourd'hui.
16:40On continue d'aller sur le terrain et là, on est à quelques encablures
16:44de la place de la République rejoignent notre équipe
16:47où on peut voir les stigmates de ces casseurs, ces émeutiers
16:51qui ont tout ravagé sur leur passage.
16:54Je crois qu'on est rue de Turbigo, si je ne m'abuse.
16:57Vraiment, on est en plein cœur de la capitale.
17:00C'est l'un des quartiers les plus huppés.
17:03Et en même temps, c'est la bobocratie.
17:05Oui, mais c'est une prise d'otage.
17:07C'est-à-dire qu'il faut comprendre.
17:08Moi, je me permets ce commentaire.
17:10Vous savez, on est dans des sociétés, on croit que la majorité des cédés,
17:12mais c'est faux.
17:13À l'échelle de l'histoire, dans les moments chaotiques,
17:15dans les moments de bascule, ce sont les minorités
17:18résolues, prêtes à faire usage
17:20de la violence, prêtes à aller
17:22au-delà du contexte légal admis
17:24qui sont capables quelquefois de l'emporter.
17:26Je dis ça non pas pour m'en réjouir
17:28ou m'en désoler, simplement de manière descriptive.
17:30Les minorités, les plus résolues,
17:33prêtes à tout, peuvent quelquefois
17:34s'emparer d'une situation.
17:361917, c'est ça, à l'échelle de l'histoire.
17:38Je ne dis pas qu'on en 1917 aujourd'hui.
17:39Je dis qu'on doit quand même penser les temps présents
17:41à la lumière de l'expérience révolutionnaire.
17:44Il y en a un qui en rêve d'être en 1917.
17:47Donnez-moi mille hommes et je fais une révolution.
17:49C'est une formule qui est épousée
17:50par bon nombre de lieutenants du Grand Timonier.
17:53Sur le terrain, allons sur le terrain.
17:54Je le disais, situation extrêmement tendue
17:57avec les stigmates
17:59d'émeutiers qui ont tout ravagé
18:01sur leur passage.
18:04Oui, absolument, Eliott et Stiglatt.
18:06En fait, c'est toujours en train d'être ravagé, là.
18:09Il y a en ce moment un incendie aussi
18:12sur un véhicule, là, à côté d'un véhicule.
18:15En fait, tout est prétexte à mettre le chaos.
18:18Vous le voyez, là, sur nos images,
18:21tous ces jeunes qui sont tout autour.
18:22Il y a aussi les pompiers qui essayent d'intervenir,
18:25mais c'est très, très, très compliqué
18:27puisque, Eliott, en fait, dès qu'on tourne la tête,
18:29il y a des incendies un petit peu partout.
18:32On est, nous, vers la rue Saint-Martin, en fait.
18:35Et partout, partout, on voit ça.
18:37On voit des vélos calcinés.
18:39En fait, Paris, les rues, c'est invraisemblable.
18:42Il y a du vert partout.
18:44Oui, on parle de scène de chaos,
18:45mais c'est vraiment l'apocalypse.
18:47On ne sait pas, en fait.
18:48J'ai jamais vu ça, alors que des manifestations,
18:50on en a beaucoup couvert.
18:51J'en ai beaucoup couvert.
18:52Je n'ai jamais vu ça.
18:53Il y a des jeunes manifestants
18:56qui arrivent de partout
18:57et ça ne s'arrête jamais.
18:59Voilà, là, vous voyez juste à l'instant
19:01des tirs de mortier d'artifice.
19:03Là, il y a des bouts de carton
19:05qui sont en train de brûler.
19:06L'objectif, c'est évidemment
19:07que de faire brûler le véhicule.
19:09Nous, on essaye de l'éteindre
19:10en même temps que je vous parle.
19:13Donc, voilà, je n'ai jamais vu ça.
19:16Franchement, Eliott,
19:17ça part dans tous les sens.
19:19Donc là, vous avez des tirs de mortier d'artifice
19:21et bientôt, évidemment,
19:22les forces de l'ordre vont arriver.
19:23C'est ce spectacle que nous vivons
19:26depuis maintenant près de 6 heures.
19:27Évidemment, la nuit va commencer à tomber
19:30et tout le monde était très, très inquiet ici.
19:33Alors, c'est intéressant
19:34parce que votre témoignage,
19:36vous qui avez couvert des dizaines
19:38et des dizaines de manifestations,
19:39de dire « j'ai jamais vu ça »
19:40est le signe également
19:42qu'on est en train de vivre
19:45finalement sous nos yeux
19:47un État qui est débordé
19:49par cette ultra-violence.
19:51Vendril de Guerpel,
19:53vous êtes journaliste,
19:54vous étiez sur le terrain
19:55Place de la République.
19:56C'est aussi intéressant
19:56d'avoir votre témoignage.
19:59Oui, ce matin,
19:59je suis parti de la Gare du Nord
20:01à 10h du matin
20:01parce qu'il y avait un rassemblement
20:03qui avait été appelé
20:04par Tabouaf.
20:05Et donc, moi,
20:06on m'avait vendu
20:07le retour des gilets jaunes.
20:09En réalité,
20:09je n'ai pas vu trop de gilets jaunes.
20:11J'ai vu surtout des cortèges
20:12qui étaient très idéologisés
20:15avec la bonne parole
20:16de Jean-Luc Mélenchon
20:17qui était vraiment rentré
20:18dans les têtes.
20:18Il suffisait d'écouter
20:19les slogans
20:20qui avaient été scandés
20:22par les cortèges.
20:23Ce sont des slogans
20:24antifascistes,
20:25ce sont des slogans
20:25contre la police,
20:28contre l'État,
20:29contre certains partis politiques
20:31et donc des jeunes
20:34qui sont...
20:35Il y avait beaucoup de jeunes
20:36mais il y avait aussi
20:36quelques adultes
20:38très violents,
20:40violents envers forcément
20:41la police
20:42qui pillaient des commerces,
20:44qui essaient de faire
20:45des barricades
20:45et surtout
20:47qui étaient
20:47contre les journalistes.
20:49Ce qui est intéressant
20:51par rapport aux autres manifestations
20:52que j'ai pu couvrir,
20:53c'est qu'il y avait
20:54une vraie traque aux journalistes.
20:55Et d'ailleurs,
20:56certains de nos confrères
20:57ont été agressés
20:59cet après-midi.
20:59Nous, on s'est fait chasser
21:01avec ma consoeur
21:02Maud Coffleur
21:03parce qu'ils affichent
21:05des visages de journalistes
21:07dans tous les canaux antifa,
21:09sur les réseaux sociaux.
21:10Donc il y a
21:10une véritable traque
21:11parce qu'ils ne veulent pas
21:13se montrer
21:14à visage découvert
21:15en train de pieds et cassés.
21:17Et les revendications
21:18que j'ai pu entendre
21:19ne sont pas des revendications
21:20de gilets jaunes,
21:21de colère sociale
21:22qui peuvent être saines
21:22parfois quand on voit
21:24que les Français
21:25perdent en pouvoir d'achat.
21:27Et j'ai eu un témoignage
21:30d'un gilet jaune
21:31qui était vraiment sincère,
21:33gilet jaune,
21:33qui disait
21:34mais ce n'est pas possible,
21:35pourquoi est-ce qu'il y a
21:35autant de chaos ?
21:36Ils sont en train de faire du mal
21:37à notre mobilisation.
21:38Et donc, on tombe là, ici.
21:40Je crois que le mot
21:41d'insurrection
21:42est totalement légitime.
21:45On est là au niveau
21:46du canal Saint-Martin
21:47et c'est vrai
21:48qu'on assiste
21:49à une pulsion insurrectionnelle
21:51avec des émeutiers
21:52qui peuvent saccager
21:54de la place de la République
21:56en passant par le canal Saint-Martin
21:57jusqu'à la place de la Concorde.
21:59Ça se passe également à Paris
22:01mais je vous avais montré la carte.
22:03Ça s'est passé
22:04dans les plus grandes villes de France.
22:06Quand on assiste
22:08à ce chaos,
22:09comment on doit le comprendre ?
22:11Est-ce que c'est une sorte
22:11d'avertissement
22:13avant la présidentielle
22:15comme certains voudraient
22:16nous le faire croire,
22:17Arthur de Vatrigan ?
22:18Là, on assiste
22:19à une convergence des luttes,
22:21celle de l'extrême-gauche
22:22anti-système
22:23et celle de l'autre France
22:26anti-France.
22:27La nouvelle France anti-France.
22:28Et là, on voit le converger.
22:29L'extrême-gauche,
22:30là, on a le sentiment
22:31qu'ils ont quand même
22:31envoyé toutes leurs forces
22:32dans toutes les villes de France
22:34parce que c'est extrêmement
22:34bien organisé.
22:36Ça a commencé très tôt,
22:37ça risque de se finir très tard
22:37et j'ai le sentiment
22:39pour avoir vécu
22:40le saccage de l'Arc de Triomphe
22:41en tant que journaliste
22:42dans l'Arc de Triomphe
22:43d'avoir ça
22:44fois 300.
22:45Et je n'ai jamais eu
22:46aussi peur
22:47qu'à ce moment-là
22:47et je m'étais dit
22:48mais quelle admiration
22:49j'avais pour la police
22:50et les filles du peuple.
22:51Et là, honnêtement,
22:52je me dis comment ils vont faire
22:53sachant que
22:54les gouvernements
22:55ne cessent de les désarmer.
22:56On sait que l'État
22:57a fait la France
22:57mais depuis des décennies
22:59et ça s'est accéléré
23:00sous le mandat Macron,
23:01les deux mandats,
23:02l'État est en train
23:03de défaire la France.
23:03Alors, vous parlez
23:04du saccage de l'Arc de Triomphe.
23:06Je pense aux téléspectateurs.
23:08On est au troisième acte
23:09des Gilets jaunes,
23:101er décembre 2018
23:11et là, effectivement,
23:13la mobilisation déborde
23:14complètement
23:15avec des milliers
23:16de Gilets jaunes
23:17qui convergent
23:18vers l'avenue
23:18des Champs-Elysées
23:19mais également
23:20des centaines
23:21et des centaines
23:21de black blocs
23:22qui se forment,
23:23d'éléments radicaux
23:24et les policiers
23:25sont débordés.
23:26Vous avez l'Arc de Triomphe
23:27qui est saccagé
23:29et c'est très intéressant.
23:30J'ai vu sur Internet
23:31notamment des éditorialistes
23:34mettre l'image
23:35du saccage
23:36de l'Arc de Triomphe
23:37et l'image du saccage
23:38de la mairie de Marseille
23:40puisque la mairie de Marseille,
23:42son entrée
23:43a été saccagée
23:43avec le buste
23:45de Marianne
23:46qui est tombé
23:47à Arthur de Vatrigan.
23:48Est-ce que l'État,
23:49aujourd'hui,
23:50finalement,
23:51paye son,
23:52Mathieu Bocoté,
23:53paye son impuissance,
23:55son incapacité
23:55à voir le réel ?
23:57C'est-à-dire que
23:57pendant des années,
23:58Mathieu,
23:58vous avez prévenu,
23:59vous avez alerté
24:00quand je dis vous,
24:01c'est mon nombre
24:02d'intellectuels
24:02au péril parfois
24:04des menaces,
24:04des colibés,
24:05des insultes,
24:06des caricatures
24:07en disant
24:08qu'il y a une mouvance
24:09d'extrême-gauche
24:10en France
24:11qui est en train
24:13de progresser,
24:14de prospérer
24:15en toute infinité
24:16et tout le monde
24:17regarde d'ailleurs,
24:18le problème,
24:19c'est la peste brune.
24:20On avait, je pense,
24:21on avait oublié
24:21la possibilité
24:22d'une violence politique
24:23à grande échelle.
24:24Nous sommes encore
24:25un peu marqués
24:27par l'idéologie
24:28post-1989
24:29qui consiste à dire
24:30qu'en dernière instance,
24:31la violence politique
24:32sera résiduelle,
24:33nos sociétés sont stables,
24:35elles ne peuvent pas tomber,
24:36elles ne sont pas
24:37au bord du gouffre,
24:38il faut se calmer.
24:39Et là,
24:39qu'est-ce qu'on voit?
24:40On voit une violence,
24:41mais structurée,
24:42coordonnée.
24:43Donc,
24:44je reviens à cette formule
24:44à laquelle je tiens
24:45parce qu'elle décrit
24:46ce qui se passe en ce moment.
24:47Le parti révolutionnaire
24:48organisé.
24:49Parce que dans les faits,
24:50il y a des colères sociales
24:51en France qui dira le contraire.
24:52Mais le génie
24:53de la gauche radicale,
24:54le génie en fait
24:55de l'ultra-gauche
24:55à travers l'histoire,
24:56c'est d'être capable
24:57de s'emparer
24:57de colères légitimes
24:59et de les détourner
25:00toujours à son avantage.
25:02C'est les premiers
25:03gilets jaunes.
25:03Les premiers gilets jaunes
25:04sont comme des poujadistes
25:06des temps présents.
25:07Au bout de trois
25:07ou quatre semaines,
25:08ils sont récupérés
25:10par l'ultra-gauche
25:11la plus fanatique.
25:12Ce qu'on doit noter,
25:14et on le disait
25:15il y a un instant,
25:16on est devant des gens
25:17qui sont prêts
25:18à tuer.
25:19Si on ne comprend pas
25:20que l'ultra-gauche
25:21est dans une logique
25:22de guerre civile,
25:23que l'ultra-gauche
25:23est dans une logique
25:24de conflit
25:25qu'il faut pousser
25:26le plus loin possible
25:27pour que la situation
25:29échappe à tout le monde
25:30et qu'on arrive
25:31à ce moment
25:31où les digues cèdent,
25:33où tout ce qui tient
25:34la société cède,
25:35et alors là,
25:36tout est possible
25:36pour la minorité
25:37la plus résolue.
25:38Elle est prête
25:38à la plus grande violence.
25:39Alors ce qu'on voit aujourd'hui,
25:40j'espère ardemment
25:41qu'on ne le reverra pas
25:42dans quelques jours,
25:43dans quelques mois,
25:44mais j'ai l'impression
25:45que c'est une séquence
25:46qui s'ouvre aujourd'hui.
25:47C'est une démonstration
25:48de force
25:49comme il y en a peu
25:50et devant cela,
25:50vous disiez
25:51est-ce que l'État
25:51est impuissant?
25:52Non, si je peux me permettre,
25:53Elliot,
25:54depuis des années,
25:54l'État utilise sa puissance
25:56pour mater la France
25:57tranquille et silencieuse
25:58qui voudrait se révolter.
25:59C'est-à-dire,
26:00l'État utilise ses moyens.
26:02L'État n'est jamais aussi répressif
26:03que devant le commun
26:04des mortels
26:04qui s'exaspèrent.
26:06L'État utilise tous ses moyens
26:07pour taxer chacun
26:08jusqu'au trognon.
26:09L'État utilise ses moyens
26:11pour vous empêcher
26:11de tenir ce qu'ils appellent
26:12des propos haineux,
26:13c'est-à-dire globalement
26:14remettre en question
26:15l'orthodoxie.
26:16L'État se donne
26:17les moyens
26:17de mater l'homme ordinaire
26:18et là, soudainement,
26:19quand la vraie menace surgit,
26:21soyez surpris,
26:22cette semaine,
26:22on va quand même
26:22nous parler encore une fois
26:23de la grande...
26:24Enfin, on va entendre,
26:25je suis certain,
26:26tout ça fait le jeu
26:26de l'extrême droite.
26:27Ils ne sont pas sortis
26:29de ce logiciel délirant
26:31pour ne pas dire débile.
26:3318h54 sur CNews,
26:3455 désormais,
26:35nous sommes en direct
26:36et nous poursuivons
26:37notre édition spéciale
26:38consacrée à ces violences
26:40insurrectionnelles
26:40qui ont frappé
26:42bon nombre de villes
26:43en France.
26:44Ça s'est passé à Lille,
26:46à Paris,
26:46à Strasbourg,
26:47à Rennes,
26:48Nantes,
26:48Lyon,
26:49Valence,
26:50Grenoble,
26:50Avignon,
26:51Marseille,
26:51Montpellier,
26:52Toulouse,
26:52Pau,
26:52ou encore Bordeaux.
26:54Incapables aujourd'hui
26:56et à cette heure-ci,
26:57je serai de vous donner
26:58ou de recenser
26:59le nombre de dégâts
27:00qui ont été causés
27:02et le coût de ces dégâts.
27:03Mais ils seront
27:05évidemment très importants
27:07parce qu'en plus
27:07de la casse,
27:08en plus des agressions
27:10contre les forces de l'ordre,
27:11vous avez eu également
27:12des pillages.
27:13Et ça se passe toujours
27:14dans Paris,
27:15par exemple,
27:16dans le 10e arrondissement.
27:17Nous sommes en direct
27:17avec un riverain
27:18qui,
27:19pour des raisons évidentes
27:20de sécurité,
27:21préfère rester anonyme
27:23et qui va nous expliquer
27:25bonjour,
27:25cher monsieur,
27:26visiblement,
27:29vous êtes en face
27:30d'un endroit
27:31où le magasin
27:32a été complètement pillé.
27:36Est-ce que vous m'entendez ?
27:41Bon, visiblement,
27:42on a des difficultés
27:43de connexion.
27:43Peut-être qu'on arrivera
27:44à échanger avec lui
27:46dans quelques...
27:47Oui, tapez,
27:48je vous entends,
27:48je vous entends,
27:49je vous entends.
27:49Merci.
27:50Merci de témoigner
27:51en direct sur CNews.
27:53Racontez-nous
27:53ce que vous voyez
27:55au pied de votre immeuble.
27:57Visiblement,
27:58il y a eu des dégâts,
27:59mais il n'y a pas eu
27:59que des dégâts causés
28:00du mobilier urbain,
28:01il y a eu aussi des pillages.
28:02Un magasin a été pillé.
28:05Exactement,
28:05un fleuriste
28:07complètement détruit
28:08et ravagé
28:09par les pilleurs,
28:10les casseurs,
28:11totalement bousillé.
28:12Ça fait trois heures
28:14que je dois rentrer chez moi,
28:17je ne peux pas sortir.
28:18Il y a des bras zéro
28:19allumés un peu partout,
28:20des incendies.
28:21Là, il y a un incendie
28:22qui a été éteint
28:22par les pompiers,
28:23mais pendant bien une heure,
28:24une heure et demie,
28:24ça a brûlé dans la rue.
28:25Un nouveau départ de feu
28:27juste ici
28:27et les fleuristes,
28:29le fleuriste de l'Angle
28:30qui est complètement détruit,
28:32des dizaines de pilleurs
28:34qui sont venus tout casser.
28:36Visiblement,
28:36la foule est en train
28:37un peu de se disperser.
28:38Mais regardez,
28:39des motos,
28:39des vélos
28:40ont été jetés dans les flammes,
28:41des caddies,
28:44des véhicules,
28:45des canapés,
28:45etc.
28:47Et toutes les boutiques
28:48de la rue
28:49ont été complètement pliées,
28:50complètement saccagées.
28:51La Banque Populaire
28:52a été détruite.
28:53Ils sont rentrés,
28:54ils ont tout pris
28:55dans la Banque Populaire.
28:55C'est littéralement
28:57une scène de guerre
28:58qu'on observe ici
28:58dans le 10e arrondissement
29:00de Paris.
29:01Merci beaucoup
29:02pour votre témoignage.
29:04Et si également
29:05vous êtes témoin
29:06de faits de violences,
29:08n'hésitez pas
29:09à nous alerter
29:12et nous essayerons
29:13et nous tâcherons
29:14de vous faire témoigner.
29:15C'est important
29:16également d'avoir
29:17le regard des riverains
29:19et le témoignage
29:20de ces riverains
29:21qui vivent
29:21une situation
29:22là aussi inédite.
29:24Je repense
29:25à ce qu'a dit
29:25l'une de nos journalistes
29:27sur le terrain,
29:28Gabrielle Cusel,
29:28elle a dit
29:29d'expérience,
29:30j'avais jamais vu
29:31un tel niveau
29:32de violence.
29:33Et pourtant,
29:33j'ai quand même
29:33la sensation
29:35que dans notre société
29:36on s'est presque
29:37habitués aux émeutes.
29:39Depuis 10 ans,
29:40on est finalement,
29:42ces images,
29:43elles sont presque
29:44devenues,
29:44non pas la norme,
29:45mais quasiment.
29:46Elles ne sont plus
29:47exceptionnelles
29:48au sens propre
29:48du terme.
29:49Oui,
29:49je crois que nous
29:50nous sommes habitués
29:50à ces images,
29:51nous sommes mitridatisés,
29:52donc on monte un peu
29:54en intensité
29:55à chaque fois,
29:55mais finalement,
29:56ce sont presque
29:56des scènes
29:59habituelles.
29:59Moi,
30:00ce qui me frappe,
30:00c'est qu'elles gagnent
30:01en intensité
30:01et puis l'écart
30:03entre deux épisodes
30:04se resserre.
30:05Alors ça peut être
30:06un match de foot,
30:07ça peut être
30:09un refus d'obtempérer
30:11qui se termine mal,
30:12ça peut être
30:13de fait des revendications,
30:15je ne sais pas
30:15où sont les revendications
30:16lycéennes,
30:16il faut vraiment bien
30:17les chercher
30:17pour les trouver.
30:18Ça peut être
30:19en réalité n'importe quoi,
30:20une victoire
30:20ou une défaite,
30:21la joie
30:22ou le malheur
30:23sont invariablement
30:25causes de dégradation,
30:27donc c'est proprement
30:28terrifiant.
30:29Moi,
30:29ce que je constate
30:30quand même
30:30quand on regarde
30:30la cartographie
30:31de ces émeutes,
30:32c'est que si on reprend
30:33l'analyse de Christophe Guiloui,
30:35vous savez,
30:36Metropolia...

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