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  • il y a 18 heures
Au cours de la manifestation des lycéens et étudiants du mardi 13 octobre, les forces de l’ordre ont eu recours à plusieurs armes de force intermédiaires : grenades lacrymogènes, de désencerclement et assourdissantes... L’une d’elles a blessé a elle seule plusieurs personnes : la grenade GL-304.

Parmi les blessés, une journaliste indépendante, Sabrina Azzizi, raconte au « Monde » : « Dès que j’ai entendu et vu l’explosion, j’ai senti directement une douleur à la jambe et commençé à boiter ».

La GL-304 s’ajoute à l’arsenal de grenades assourdissants qui comprend par ailleurs la GM2L et l’EF-SON - cette dernière a été suspendue à titre conservatoire après avoir arraché la main d’un lycéen de 15 ans le 5 octobre à Lens.

Le choix de la GL-304, fabriquée par le brésilien Condor, « résulte d’une volonté de réduire autant que possible les effets vulnérants », avait assuré au Monde le ministère de l’intérieur au moment de sa mise en service en juin 2025.

Or, le travail d’analyse et d’authentification du « Monde » ainsi que les témoigages recueillis, permettent d’établir que, le 13 octobre à Paris, ce modèle a blessé deux journalistes indépendants, violemment impacté un groupe de policiers et failli engendrer un quatrième incident grave.

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Transcription
00:00Ça, c'est une nouvelle grenade des forces de l'ordre.
00:03Et elle accumule les incidents.
00:11Alors que le maintien de l'ordre et les armes utilisées par la police
00:15sont vivement critiquées depuis le début du mouvement lycéen,
00:18le monde a enquêté sur cette munition et les blessures qu'elle a causées.
00:25Cette journaliste indépendante filme la manifestation étudiante et lycéenne du 13 octobre à Paris.
00:30Au moment où j'ai fait quelques pas pour partir, ça a explosé devant moi.
00:37Dès que j'ai entendu et j'ai vu l'explosion, j'ai senti directement une douleur dans la jambe.
00:43Et je commençais à boiter.
00:45Dès que j'ai remonté mon pantalon, j'ai vu le projectile à l'intérieur.
00:50Le monde a pu identifier la munition qui l'a blessée.
00:54La grenade assourdissante GL-304.
00:57Elle a été adoptée en 2025 pour réduire autant que possible les risques de blessures.
01:03Pourtant, mardi 13 octobre, en une seule manifestation, elle provoque plusieurs incidents.
01:09Sur au moins 36 grenades GL-304 utilisées selon nos informations,
01:13nous en avons identifié au moins deux ayant causé des blessures graves
01:17et deux autres impliquées dans des incidents dangereux.
01:24Pour bien identifier la grenade GL-304, nous avons utilisé cette vidéo,
01:30filmée la semaine précédente en manifestation.
01:33On y distingue la grenade avec sa forme composée de trois bandeaux,
01:37dont un de couleur marron.
01:38Et son comportement est spécifique.
01:40Elle dégage d'abord des étincelles, explose légèrement une première fois,
01:46avant une seconde explosion plus importante avec de la fumée.
01:52Nous avons pu reconnaître le même enchaînement sur les nombreuses images filmées
01:56lors des manifestations du 13 octobre, comme ici à 15h48.
02:02Voici l'explosion qui précède immédiatement la blessure de Sabrina Azizi.
02:06Elle est causée par cette grenade,
02:09qui a roulé au sol après avoir été découpillée par ce policier.
02:14On reconnaît la forme et le comportement caractéristique de la GL-304,
02:19des étincelles,
02:21suivie d'une explosion plus importante avec de la fumée.
02:25Les différentes vidéos ne montrent pas d'autres projectiles explosant là,
02:29où se trouve Sabrina Azizi à ce moment-là.
02:31Et cet éclat retrouvé dans sa cuisse est compatible avec celui-là,
02:34repéré Place de la Nation, le 6 octobre 2026 et issu d'une GL-304.
02:40Le même jour, un autre journaliste indépendant a été blessé à 17h20 en face des Invalides.
02:46Il s'appelle Anthony Monero et travaille pour le média Line Press.
02:50Les manifestants avancent, avancent, avancent.
02:55Et les forces de l'ordre envoient les grenades.
03:01Je soulève, je regarde, je vois qu'il y a du sang.
03:04Je dis « aïe ! »
03:07Si vous voulez, on va le faire, on va enlever les pansements.
03:09Tous ces trous, vous voyez là, ça a été causé par la grenade, par les éclats en fait.
03:14J'ai un impact là, j'ai un impact là, j'ai un impact là, j'ai un impact là,
03:17je ne sais pas combien.
03:19J'ai eu moins mal lorsque je me suis pris un pavé sur l'épaule.
03:24Avec mon petit blouson de motard, même si je ne suis pas motard, mais c'est le seul moyen que
03:28j'ai pour me protéger, un peu qu'avec ça.
03:32Selon notre analyse, deux grenades GL-304 explosent à côté de lui à une seconde d'écart.
03:38On voit distinctement la première arrivée dans sa direction, ainsi que plusieurs éclats correspondant à la même grenade ensuite.
03:48Au-delà des journalistes et manifestants, les policiers s'exposent, eux aussi, à des blessures graves.
03:54Comme ici, toujours devant les Avalides, placent vos bancs, un peu après 18 heures.
03:59Ici, une grenade GL-304, reconnaissable à sa forme et son comportement, explose au milieu d'un groupe de policiers.
04:08Grâce à une vidéo filmée au même moment depuis l'autre côté de la rue, le monde a pu retrouver
04:13le tireur.
04:14Il s'agit d'un autre policier.
04:16Il la lance en l'air.
04:18La grenade suit cette trajectoire avant d'atterrir sur ce groupe de policiers.
04:23Plusieurs d'entre eux semblent violemment touchés.
04:26Interrogée par le monde sur leur état, la préfecture de police de Paris n'a pas donné suite.
04:32Mais ce ne sont pas les seuls cas où ces grenades peuvent être dangereuses.
04:37Ce policier tient une GL-304.
04:40Il est 18h29, les policiers cherchent à vider la place Vauban de ses manifestants.
04:45Lors d'une charge, il dégoupit sa grenade et la lance vers les manifestants.
04:49Sauf que cette dernière n'explose pas.
04:51Les policiers sifflent, s'écartent et la pointent du doigt.
04:55Le manuel de la grenade précise bien qu'elle reste dangereuse même quand elle n'explose pas.
04:59et recommande d'établir un périmètre de 50 mètres autour de l'engin.
05:03Sur cette vidéo, on voit les policiers reculer
05:06et des manifestants donnent des coups de pied dans la grenade au sol.
05:11Un policier finit par la ramasser à la main et la déplacer avec un plomb.
05:15D'après nos informations, au moins une autre grenade n'a pas explosé.
05:21La dangerosité de ce type de munitions était pourtant connue
05:24avant sa mise en service par le ministère de l'Intérieur.
05:27En 2020, la police de São Paulo effectue un test en situation
05:31de l'usage d'une grenade du même fabricant
05:33au fonctionnement identique à la GL 304.
05:36Un policier reçoit un éclat à la mâchoire.
05:39Par sécurité, Condor, le constructeur brésilien de la grenade,
05:42préconise une distance minimale de 10 mètres
05:44entre le lieu de l'explosion et la foule.
05:47Une préconisation qui n'est pas reprise dans la mallette pédagogique
05:50de la police nationale, le support de formation officielle.
05:53Le ministère de l'Intérieur a dans un premier temps indiqué
05:57qu'il préconisait une distance minimale de 5 mètres
06:00pour finalement affirmer qu'une distance de sécurité minimale
06:03rendrait ce type de grenade inutile.
06:23Merci.
06:27Merci.
06:28Merci.
06:28Merci.
06:29Merci.
06:29Merci.
06:29Merci.

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