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Raphaël Glucksmann peut-il résister au PS et à François Hollande ? David Lisnard est-il le Zemmour de cette campagne ? Le ticket Marine Le Pen et Jordan Bardella survivra-t-il ? Dans « Bruits de campagne », le podcast politique du « Point », Nathalie Schuck, Hadrien Brachet, Joseph Le Corre et Clément Pétreault racontent ce que disent les états-majors en off : les contacts discrets entre les équipes d'Attal, de Philippe et de Retailleau, les cinq familles du RN ou encore la droite qui lorgne déjà Matignon. À l'approche de la présidentielle de 2027, ils répondent à vos questions.

§ #politique #présidentielle #2027 #Attal #Hollande #Bardella #LePen #Retailleau #Philippe

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Transcription
00:00Quand vous mettez la main dans les combinaisons internes du PS, souvent le PS ne vous rend pas votre main.
00:05J'ouvre les snars, nous passe devant, c'est fini, terminado.
00:08Ce que les candidats disent devant les caméras, vous le savez déjà, ce qu'ils disent quand le micro est
00:12coupé, le off, c'est ici qu'on vous le raconte.
00:14Bienvenue dans les coulisses de la présidentielle du point.
00:17Au menu cette semaine, un gluxman sous surveillance du PS, des ralliements qui se négocient en douce,
00:22un lysnard qui intrigue et un RN qui ne sait plus vraiment où il habite.
00:26Et bien sûr, nous répondrons aussi à vos questions, celles que vous nous avez laissées sur le site et l
00:31'application du point.
00:33Pour discuter de ces sujets passionnants autour de la table, la crème du service politique du point,
00:38Nathalie Chuc, Adrien Vrachet, Joseph Lecor, que vous connaissez tous déjà très bien.
00:43Salut à tous les trois.
00:44Salut Clément.
00:45Je suis Clément Petreau, Bruit de campagne, épisode 1, c'est parti.
01:00Eh bien, on va commencer avec toi, Adrien.
01:02Tu avais la chance de passer une heure avec Raphaël Glucksmann en début de semaine, au lendemain de sa désignation.
01:07Il était comment quand les caméras étaient parties ?
01:10Qu'est-ce qu'il t'a dit qu'il n'a pas dit en public ? Raconte-nous un
01:12peu.
01:12Alors déjà, il était fatigué, il avait les traits tirés.
01:16Il prenait à la fois du Coca Zéro et du café pour essayer de tenir, puisqu'on a fait un
01:21grand entretien d'une heure avec lui,
01:23juste au lendemain de sa victoire à la primaire.
01:27Ce qu'il nous a dit tout de suite, et ce que son entourage dit aussi, c'est qu'il
01:30veut enchaîner très vite,
01:32ne pas perdre de temps, comme a pu le faire par exemple Benoît Hamon à son époque,
01:37dans les discussions d'appareils, dans les manœuvres, pour essayer de rassembler tel ou tel appareil,
01:43pour essayer de récupérer telle ou telle personne de l'équipe d'Olivier Faure, ou je ne sais quoi.
01:48Justement, il parle d'appareil.
01:48Il veut aller très très vite.
01:49Le PS est là, on sait que le PS est capable de tuer ses propres candidats,
01:53on sait qu'il surveille quand même un peu ses moindres faits et gestes, ses moindres déclarations.
01:58Il est vraiment libre, Raphaël Glucksmann, ou il est sous surveillance déjà ?
02:02Alors vous savez, la liberté c'est quelque chose pour lequel il faut un peu de volonté pour la choisir.
02:06Donc ce sera à lui de voir s'il choisit la liberté.
02:08En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il va être entouré de gens qui vont vouloir l
02:11'empêcher d'être libre.
02:13Il est conseillé.
02:14Voilà, il y a une phrase de ces dernières semaines d'un des candidats à la présidentielle
02:19à qui je posais la question sur la candidature de Glucksmann à la primaire.
02:23Il disait qu'il faut qu'il fasse attention, le PS, quand vous mettez la main dans les combinaisons internes
02:27du PS,
02:28souvent le PS ne vous rend pas votre main.
02:31Et c'est un peu ce qui était arrivé à Anne Hidalgo en 2022,
02:33c'est-à-dire qu'il y avait une rupture, une fracture totale tout au long de la campagne
02:38entre Anne Hidalgo et la direction du Parti Socialiste.
02:41Moi je me rappelle d'une scène en 2022, on était à 2-3 semaines du premier tour
02:47et je me rappelle d'une scène avec un haut responsable du PS
02:50où j'avais passé, je pense, une heure et demie dans son bureau
02:53où il m'avait expliqué tout le mal qu'il pensait d'Anne Hidalgo.
02:56Il m'avait dézingué toute sa campagne.
02:57On était à une semaine et demie du premier tour.
03:00Donc clairement, pour Raphaël Glucksmann, le risque, il est là.
03:03En fait, on n'est pas sûr que le PS soutienne Raphaël Glucksmann jusqu'au bout.
03:07Comment dire ?
03:07Ce n'est pas un mystère.
03:09C'est même public qu'Olivier Faure ne tient pas Raphaël Glucksmann dans son cœur.
03:13Ça marche dans l'autre sens aussi.
03:15Que François Hollande, on en parlera peut-être tout à l'heure,
03:18n'a peut-être pas non plus renoncé à ses ambitions.
03:20Donc il est entouré de gens, Raphaël Glucksmann,
03:22qui ne lui veulent pas nécessairement du bien.
03:26Donc ça va être à lui de voir s'il trace sa route malgré tous ses gens autour de lui.
03:30Mais ça, ça peut marcher, Nathalie, par exemple ?
03:32Une configuration un peu brinque-ballante comme ça ?
03:35On sait que c'est difficile avec le PS.
03:36Moi, je vous livre une petite anecdote.
03:38Il y en a un qui est très très content de la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire de
03:42la gauche.
03:42C'est Bruno Retailleau.
03:43Alors ça peut paraître totalement contre-intuitif.
03:45Mais en fait, ses équipes disent, un, il va se faire bouffer par le PS.
03:48Alors ça, ils prennent le pari.
03:49C'est quasiment gagnant.
03:51Et surtout, en fait, ils font le pari que Raphaël Glucksmann,
03:54ça va venir piquer des voies potentiellement à Édouard Philippe et à Gabriel Attal.
03:58Et donc, mécaniquement, ça peut venir un peu gonfler les voiles,
04:01qui sont certes un peu faibles de Bruno Retailleau.
04:03Oui, parce que, je rejoins, Nathalie, ce que tu dis, je suis tout à fait d'accord avec ce que
04:07tu dis.
04:07Parce qu'on a interviewé au point Jean-Yves Dormagin,
04:10qui est le patron de Cluster 17,
04:13l'institut avec lequel on réalise des baromètres.
04:16Et Jean-Yves Dormagin, il dit une chose qui est un peu contre-intuitive,
04:19qui peut paraître un peu contre-intuitive,
04:21c'est qu'il y a aujourd'hui plus d'électeurs qui hésitent entre Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann
04:25qu'entre Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon.
04:27Son véritable potentiel d'élargissement à Raphaël Glucksmann,
04:31il est clairement au centre.
04:32Et donc, c'est là que, s'il réussit,
04:34ça peut en effet embêter Gabriel Attal, voire Édouard Philippe.
04:37Et pourtant, dans l'interview qu'il t'a donnée,
04:38il dit clairement que ce n'est pas du tout son projet.
04:41Oui, alors lui, il passe beaucoup de temps à essayer de se défendre,
04:44à dire, je ne suis pas là pour reproduire le macronisme.
04:48On sent qu'autour de lui, le PS veut absolument qu'il montre qu'il est ancré à gauche.
04:53Donc, Raphaël Glucksmann dit bien qu'il veut faire preuve de justice fiscale.
04:58Voilà, il envoie beaucoup de gages à la gauche.
05:00Mais si on regarde concrètement le champ électoral tel qu'il est décrit par les sondeurs,
05:06sa possibilité d'élargissement, s'il veut aller au-delà de son socle,
05:09elle est beaucoup plus du côté du centre que du côté de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon.
05:14Et toute sa difficulté pendant la primaire,
05:16et ça va être le cas aussi vis-à-vis d'une partie de l'électorat de gauche,
05:19c'est de faire oublier qu'il y a eu un moment où il a un peu flirté avec la
05:22droite.
05:22On rappelle que Raphaël Glucksmann, il était présent à un meeting de Nicolas Sarkozy en 2007.
05:28À ma connaissance, certains proches de Nicolas Sarkozy racontent même qu'à l'époque,
05:32vous savez où Raphaël Glucksmann était le conseiller du président géorgien Saakashvili,
05:36quand il venait à Paris, il passait à l'Élysée pour un petit peu parler de la situation sur place.
05:40Donc ça, c'est un peu une tâche dans son parcours de son CV.
05:43Donc, ce n'est pas évident, il va falloir qu'il le fasse oublier.
05:45Et il a plutôt réussi dans la primaire, ça peut le rattraper pendant toute sa campagne.
05:48Bien sûr, Raphaël Glucksmann dit beaucoup qu'il a changé par rapport à cette époque-là.
05:54Mais c'est sûr que c'est...
05:55On a échangé, il y en a beaucoup qui ont fait croire, pardon.
05:57On a échangé, il y en a beaucoup qui disent ça, ils disent qu'avec en gros la crise de
05:592008,
06:00il a évolué, il s'est gauchisé, il a vu les limites, etc.
06:03Mais c'est vrai que c'est quelque chose dont son entourage a assez peur finalement
06:07que ce passé-là ressurgisse perpétuellement sur les réseaux sociaux, par exemple.
06:12On a l'impression quand même que la désignation de Raphaël Glucksmann réjouit beaucoup de gens,
06:15y compris pour des mauvaises raisons.
06:16C'est-à-dire que beaucoup se réjouissent d'une forme de faiblesse, d'une forme de fragilité.
06:20Je ne sais pas, par exemple, est-ce qu'on sait ce que pense François Hollande
06:24de la désignation de Raphaël Glucksmann ?
06:27Alors je pense que déjà, dans les gens qui se réjouissent,
06:30il y a de la bonne foi, il y a de la mauvaise foi aussi.
06:32C'est-à-dire qu'il y a des gens qui adorent...
06:33Il peut avoir des sentiments ambivalents.
06:34Voilà, il y a des gens qui adorent en faire leur adversaire numéro un.
06:38Malgré tout ce qu'on a dit là, il a quand même été élu à 66% dans la primaire.
06:41Donc il a quand même réussi quelque chose à travers cette primaire.
06:45François Hollande, il fait les choses de manière discrète, comme toujours,
06:50et de manière subtile.
06:52C'est-à-dire qu'il lui a envoyé un SMS de félicitation.
06:58Officiellement, il se réjouit que l'espace social-démocrate d'une gauche réformiste,
07:04pro-européenne, soit en train de se reconstituer.
07:07Après, il ne faut pas oublier que François Hollande, comme il l'a exprimé d'ailleurs dans Le Point,
07:12a clairement des ambitions pour la prochaine présidentielle,
07:15qu'il misait depuis le départ sur l'échec de cette primaire
07:18et sur l'essoufflement du candidat issu de cette primaire.
07:23Donc c'est certain que tout en se réjouissant de l'existence de cette gauche sociale-démocrate,
07:30François Hollande va certainement attendre le premier faux pas de Raphaël Guzman.
07:34Il ne le dira jamais comme ça.
07:35Mais la seule manière, en tout cas, pour François Hollande,
07:38s'il veut demain être candidat à la présidentielle,
07:43c'est qu'il y ait un essoufflement du côté de Raphaël Guzman.
07:46Il n'y a pas de la place pour deux.
07:47Vous savez comment on surnomme dans la classe politique l'ancien couple Ségolène Royer,
07:51qui était donc candidate à la primaire, qui avait à la pauvre un score assez faible.
07:55Et François Hollande, on les appelle les thénardiers de la politique.
07:59Ce n'est pas sympa.
08:01On est dans un moment où il y a une profusion de candidats.
08:02On sait très bien qu'il y a un moment où il y a des candidats qui vont raccrocher,
08:06qui vont être obligés de se rallier.
08:07Est-ce qu'il y a des négo en coulisses en ce moment ?
08:11Est-ce qu'il y a des coups de fil ?
08:11On a vu qu'il y a eu des porte-parole qui ont eu des dérapages un petit peu malheureux
08:14sur des plateaux,
08:15en disant « oui, on se ralliera peut-être en décembre ou en janvier ».
08:17Est-ce que c'est quelque chose qui est encore dissible dans les états-majors ?
08:21Ou est-ce que ça arrête le tabou absolu ?
08:23Pour l'instant, c'est trop tôt.
08:24Parce qu'en fait, chaque candidat est dans son couloir de nage et considère qu'il faut essayer de gratter
08:28un maximum de points dans les sondages,
08:29justement pour être bien positionné quand le moment de la négociation va arriver.
08:33Parce qu'on peut espérer qu'elle arrive.
08:34On ne voit pas trop sous quelle forme.
08:35Alors il y en a qui se positionnent.
08:36Vous avez vu que Jean-Louis Borloo s'est proposé comme tiers de confiance pour faire discuter ensemble les gens
08:41du bloc central.
08:42Ils y sont plutôt disposés.
08:43Mais là, ce n'est pas le moment.
08:44Les petits chevaux sont lancés et l'idée, c'est d'aller prendre beaucoup de vitesse pour essayer de devancer
08:49les autres.
08:50C'est trop tôt.
08:51En revanche, il y a des contacts entre les états-majors.
08:53On ne va pas se raconter d'histoire.
08:54Ces gens se parlent.
08:55Il y a des contacts entre les équipes d'Edouard Philippe, celle de Bruno Retailleau à droite.
08:59J'imagine qu'il y a des contacts aussi au sein de la gauche.
09:02Je serais étonnée de voir d'ailleurs s'il y a des contacts entre François Hollande et les équipes de
09:07Gabriel Etal.
09:08C'est quoi ? C'est des rendez-vous discrets ?
09:10C'est des boucles WhatsApp ?
09:11Je vous dis ça parce qu'en fait, un proche de Gabriel Etal m'a dit quelque chose qui m
09:15'a vachement intriguée.
09:16Il m'a dit que je préférerais qu'il se rallie, Gabriel Etal, à François Hollande, plutôt qu'à Edouard
09:21Philippe.
09:22Ça m'a quand même interpellée.
09:23Et quand je vois les signaux que Gabriel Etal envoie en ce moment à la gauche de l'électorat,
09:28je me dis qu'il est en train de se préparer quelque chose.
09:30Non, mais à l'inverse, juste une petite parenthèse, François Hollande, lui, dans l'autre sens, envoie énormément de signaux
09:34vers le centre.
09:35Absolument. Donc ça négocie pas, mais on s'envoie des bisous par caméra interposée.
09:40On sait déjà qui est prêt à...
09:42C'est trop tôt.
09:43C'est trop tôt, ça dépendra des rapports de force.
09:46Et la campagne, elle a démarré vachement fort dès le mois de septembre.
09:49Et là, on est clairement rentré dans un faux plat parce que les gens n'ont pas encore la tête
09:52à ça.
09:53Ils ont la tête au carburant, ils ont la tête...
09:54Il y a la crise des lycées, il y a la crise de la dette, il y a des quantités
09:57de choses que je ne vais pas reprendre ici.
09:59Mais on pense qu'elle va se décanter relativement tard, cette élection présidentielle.
10:04Janvier, février, les équipes de Retailleau me disaient hier, on verra en mars.
10:08Sous-entendu, il sera encore candidat en mars.
10:10Il y a un signal intéressant qu'on voit, on a vu monter cette semaine et puis un peu la
10:14semaine d'avant, qui est David Lysna.
10:16On voit que c'est le sujet qui a l'air de préoccuper toute une partie de la droite.
10:22C'est une bulle où il se passe vraiment quelque chose, d'après toi ?
10:25On a enquêté sur le sujet avec Joseph.
10:29Il y a une bulle algorithmique sur les réseaux sociaux, ça c'est clair.
10:34Je crois que Joseph, tu l'as constaté comme moi.
10:36En fait, il y a tout le public libéral, entrepreneurial qui est par définition très présent sur Twitter.
10:42Donc c'est une vraie communauté.
10:43C'est une communauté qui existe.
10:44C'est pas artificiel, c'est-à-dire que c'est pas des bots, concrètement, c'est pas des bots
10:47russes, américains, etc.
10:49Des bots, pas des potes.
10:51Mais en fait, il se trouve que c'est ça qui peut aussi fausser l'analyse.
10:55C'est que ce sont des gens qui sont par définition très impliqués sur les réseaux sociaux et qui font
10:59beaucoup de bruit, qui ont des communautés derrière, qui sont extrêmement à l'aise sur les réseaux sociaux.
11:02Donc c'est pour ça qu'on a un peu ce sentiment de bulle algorithmique.
11:04Mais par contre, après, électoralement, c'est toute la question...
11:06Oui, voilà.
11:07Alors après, il y a aussi un autre phénomène.
11:08David Lissnard, il sort fin octobre un bouquin chez Fayard.
11:11On sait comment les éditions Fayard procèdent souvent.
11:13Quand ils ont un auteur qui va sortir un livre, on l'a vu avec Philippe Devilliers ou Sarah Knafo,
11:18derrière, ça monte sur les réseaux sociaux, ils créent un hashtag, il se passe quelque chose.
11:21Après, une bulle algorithmique, elle peut venir rencontrer le pays réel.
11:25Donc il peut tout à fait se passer quelque chose.
11:27Et on a eu, mercredi soir, un sondage qui est sorti de l'IFOP.
11:32C'est le premier qui teste David Lissnard à 6% d'intention de vote.
11:35Ça peut paraître faible.
11:37Eh bien, c'est un point au-dessus de Bruno Retailleau.
11:40Et alors là, ça va faire rentrer la droite en très forte zone de turbulence.
11:42Pour vous livrer un petit off, ces derniers jours, plusieurs proches de Bruno Retailleau me disaient, le jour où Lissnard
11:47nous passe devant, c'est fini, terminado.
11:50Donc là, Bruno Retailleau a pris position pour dire, attendez, on ne va pas s'arrêter.
11:54Leur pari, en fait, c'est que David Lissnard, et on verra ce qui se passe aujourd'hui, il y
11:58a un engouement dans une partie de la droite, vous l'avez dit, libérale, et même au-delà, qui est
12:04en train de se créer.
12:04Parce que, allez, on ne va pas se mentir, le casting de la présidentielle tête qu'il est aujourd'hui,
12:08il y a beaucoup de gens qui disent, ça ne fait pas envie.
12:10Et voilà, quelqu'un m'a dit, ça nous fait cauchemarder.
12:13Donc, en fait, on cherche toujours, à cette époque de la présidentielle, un monsieur ou une madame X, quelqu'un
12:18qui serait susceptible de faire le trou dans les sondages.
12:20Ça peut être David Lissnard.
12:22Je sais qu'Éric Ciotti, par exemple, qui est quelqu'un qui a beaucoup d'expérience en politique, dit en
12:26off, David Lissnard, ce sera le Éric Zemmour de cette campagne.
12:29Éric Zemmour, on s'en souvient, en 2021, à la même époque de la campagne, il avait fait une sacrée
12:34percée, au point que certains disaient, waouh, il va aller jusqu'au second tour, ça s'est fini à 7%.
12:39Donc, en dépit des processus de désignation qui ont été entrepris par les partis, etc., en fait, tout le monde
12:45se cherche un candidat malgré les candidats officiels désignés.
12:48C'est normal, à ce stade d'une élection présidentielle. Regardez, on va en parler dans quelques instants, sans doute.
12:53On a encore des candidatures qui émergent.
12:56Natacha Polony, qui vient de postuler. Alors, bon, il faut livrer une petite anecdote chez les LR. Ils disent, oui,
13:03c'est bien, comme ça, ils pourront aller se faire une bouffe avec Olivier Becht,
13:07vous savez, qui est un candidat apparenté Renaissance, qui vient de se déclarer, qui est assez peu connu du grand
13:12public, qui lui-même se compare, pardon de le dire comme ça, à Jean-Claude Duss.
13:16Voilà, sur un malentendu, ça peut marcher. Et les LR le compare aussi à Gilles Platret, qui est donc un
13:21ancien porte-parole des Républicains, maire d'Hiver-Droit de Châlons-sur-Seune,
13:25qui, lui aussi, est candidat à la présidentielle. Donc, on est dans un moment où chacun tente sa chance et
13:30a des grandes déclarations pour dire, la France m'oblige, je suis obligée d'y aller, etc.
13:35C'est le moment de tenter.
13:36C'est quoi l'ambiance, là, chez les LR, en ce moment ? C'est un peu tendu ?
13:40Ça a été dur à la rentrée, parce qu'en fait, ça fait depuis le mois de février, quand même,
13:45je rappelle, que Bruno Retaille est candidat.
13:47Et il est toujours à 7 ou 8% dans les intentions de vote. Il y avait une pression très
13:51très forte au retrait, pour dire, attendez,
13:53enfin, on est quand même dans une élection présidentielle où, aujourd'hui, le match favori, c'est les extrêmes, quand
13:58même.
14:00Cette pression au retrait, c'est un peu décadenassé, ça va mieux, il y croit, maintenant il trace, je vous
14:05dis, il dit, on verra en mars-avril.
14:08Donc, je pense qu'il, potentiellement, peut vraiment être candidat jusqu'au bout. C'est pas qu'un fake, c
14:12'est pas que des paroles.
14:14Et Joseph, au RN, on voit que la candidature un peu affaiblie de Bruno Retailleau a l'air de faire
14:19leurs affaires.
14:21Il paraît même qu'ils sont persuadés que Retailleau finira par se retirer. Ils te l'ont dit dans ces
14:26termes-là.
14:26En permanence. En fait, c'est toujours le constat. C'est leur discours du moment.
14:29Mais juste, avant, ce que quand j'entendais Nathalie, en fait, c'est assez drôle, et même Adrien, c'est
14:33qu'en fait, le RN, il y a une sorte de sentiment de monde parallèle.
14:36C'est-à-dire qu'il y a, en effet, une multiplication de candidats, il y a des guerres de
14:42clans, enfin, il y en a aussi au RN, ça, c'est évident, mais elles sont plus cachées.
14:45Mais il y a, en fait, un monde politique qui est en train de s'exciter dans tous les sens.
14:49Et le RN a cette position, en fait, assez connue, c'est-à-dire, c'est issu, en fait, d
14:54'une phrase qui reste un peu culte au parti,
14:55et beaucoup de cadres la reprennent, celle de Jean-Marie Le Pen en 2005, qui, après les émeutes, avait dit
14:58« les faits parlent pour moi ».
15:00Eux, en fait, ils ont quelque chose de « on récolte, en fait, on récolte la commune ».
15:05Il suffit de rien dire. Alors, il se trouve que ça ne suffit pas, parce qu'il faut passer au
15:08-delà, en fait, il faut aller au second tour,
15:10il faut gagner ensuite, élargir son électorat, mais là, l'ambiance est un peu comme ça.
15:14Et donc, par exemple, Retailleau, en effet, moi, le sentiment que j'en ai, en fait, à chaque fois que
15:17j'en discute avec des cadres,
15:19c'est que ça les amuse terriblement. Ils partent toujours du constat que Retailleau va se retirer au profit d
15:25'Edor Philippe.
15:26En fait, eux, ils regardent notamment Retailleau, en fait, jouer ce jeu entre, soit il va se radicaliser à droite,
15:34mais ils savent qu'en fait, eux, sont en position sur ce sujet, ils n'ont même plus besoin de
15:39s'exprimer sur l'immigration.
15:39Marine Le Pen, c'est écrit sur son visage qu'elle parle d'immigration.
15:42Donc, ils le regardent à la rigueur se radicaliser, ou alors se centriser, et ils savent que, encore une fois,
15:47les déçus de la droite traditionnelle risquent de venir vers eux.
15:51Donc, en fait, eux, ça les amuse, il y a quelque chose de... une sorte de monde parallèle, en fait,
15:55quand on discute avec eux, quoi.
15:56Tu disais tout à l'heure, c'était marrant, qu'à chaque fois que tu parlais avec un cadre du
16:00RN,
16:00tu avais l'impression, tu avais cinq cadres, et tu avais l'impression de parler à cinq cadres de cinq
16:04parties différents.
16:05Oui, c'est ça. Alors, je ne sais pas s'il y a cinq, mais en tout cas, c'est
16:08quelque chose qui est toujours assez fascinant,
16:09parce qu'on dit souvent que le RN est un ovni politique, c'est-à-dire qu'il y a
16:12cinquante nuances, en fait, de nationalisme au RN.
16:15Il y a une partie, en fait, ancienne chevet de menti, souverainiste, etc., qui, parfois, et c'est assez troublant,
16:21moi, en fait, ça fait peu de temps, comme tu l'as dit au début, que je suis le RN,
16:24et au début, on parle, par exemple, de Retailleau.
16:26Moi, je connais quelqu'un qui est très influent auprès de Marine Le Pen, qui parle de Retailleau comme un
16:30réac.
16:30Il dit que c'est un réac. Parfois, il peut même dire que Edouard Philippe est un réac.
16:35Il y a une utilisation, parfois, du langage marxiste, quoi.
16:38C'est assez extraordinaire.
16:39Oui, c'est qu'ils sont libéraux, sur le plan culturel.
16:40Alors non, en fait, c'est une famille que je qualifierais de souverainiste de gauche, un peu marxisante, on va
16:45dire.
16:45D'accord.
16:46Mais qui se réunit sur les questions d'immigration, évidemment, extrêmement radicales sur ce sujet.
16:51Ensuite, il y a ceux issus, en fait, de la droite classique, ceux qui étaient à l'UMP, jadis, etc.
16:56Et eux, bon, c'est simplement une radicalisation de la droite.
16:59Ils se revendiquent du RPR, à la rigueur.
17:02Ensuite, on a, en fait, je trouve que c'est la famille la plus particulière.
17:06Ce sont les cathos traditionnalistes.
17:08Jean-Philippe Tanguy dit souvent qu'en fait, ils sont en taquillat.
17:10C'est une référence, en fait, aux musulmans islamistes qui se cachent, voilà, et qui préparent.
17:16Et en fait, il existe, en fait, ce que Marine Le Pen, elle appelle les Versaillais.
17:21Et en fait, ils continuent à être influents, mais ils sont...
17:23Ce qui n'est pas du tout l'école de Jean-Philippe Tanguy.
17:25Ce n'est pas du tout l'école de Jean-Philippe Tanguy.
17:26Ça crée une contradiction interne dans le parti sur ce sujet, évidemment.
17:29Et c'est assez drôle de parler entre...
17:32Et Bardella, dans tout ça ?
17:34Alors, Bardella, il appartient à une autre famille qui est assez proche, en fait, de tous ces gens qui appartiennent
17:40à droite classique à l'origine.
17:42Mais qui, en fait, il y a toute une troupe de jeunes garçons, beaucoup d'eurodéputés qui sont extrêmement étanches,
17:49pardon, non, perméables au mode de la droite Twitter américaine.
17:53Donc, l'ultralibéralisme, le néoconservatisme, les questions de l'IA, etc.
18:00Et en fait, lui, Jean-Philippe Tanguy, il a vraiment entouré de ce genre de personnages qui sont vraiment à
18:05la droite de la droite sur le libéralisme, etc.
18:07On le voit, ça va être un peu le mariage de la carpe et du lapin avec Marine Le Pen
18:10qui est loin de...
18:12Mais alors, moi, je suis en train de la question que je me posais, que je trouve, c'est...
18:16Est-ce que Bardella, est-ce que cet attelage Marine Le Pen présidente potentiel et Bardella, premier ministre potentiel, ce
18:24ticket, est-ce qu'il peut continuer à exister aujourd'hui après l'affaire Bardella ?
18:27Je ne crois pas que c'est fini.
18:28C'est-à-dire que même avant l'affaire Bardella, j'ai l'impression qu'il y a...
18:32Déjà, entre les deux, il y avait quand même sérieusement de l'eau dans le gaz.
18:34Donc, toi qui les vois de l'intérieur, est-ce que là, l'affaire Bardella n'a pas mis le
18:38dernier clou sur le cercueil de ce ticket ?
18:40Honnêtement, je vais partir, je fais une réponse de Normand, là, je vais décevoir les...
18:45Je pense que c'est tout pour le dire.
18:46C'est compliqué parce que Jean de Bardella, en tout cas les équipes de Jean de Bardella, ont bien conscience
18:51de ce qu'elles doivent à Marine Le Pen.
18:54Mais il y a évidemment une tentative de putsch, et ça, ce n'est plus un secret aujourd'hui.
18:58On sait que, voilà, François Durvy, l'ancien conseiller économique de Jean de Bardella, et dont on ne dit pas
19:02assez, qu'il était aussi le conseil économique avant de Marine Le Pen,
19:06a en effet poussé l'idée auprès des équipes de Bardella de reprendre la main sur le parti et donc
19:12mettre cette ligne de droite libérale.
19:16Honnêtement, moi, je pense qu'il ne faut pas trop s'avancer, c'est un peu compliqué pour l'instant.
19:19Pour le coup, nous, on ne sait pas. Est-ce que Bardella est mort politiquement avec les révélations de Mediapart
19:23?
19:24L'avenir le dira, on verra si ça va percuter, y compris Marine Le Pen dans les sondages.
19:27Et on peut imaginer que le jour où ça la percute, elle, elle pourrait dire à la population,
19:31j'ai sacrifié mon père, vous savez Jean-Marie Le Pen, qui avait été évincée du Rassemblement national,
19:36je peux sacrifier le fils, ça peut imaginer.
19:38Mais il y a des aspirants à la position de Bardella.
19:40Absolument. Ce qui me frappe le plus, c'est que nous, on n'est pas capable de vous dire aujourd
19:45'hui
19:45si Bardella est mort politiquement ou pas.
19:47En revanche, ce que je peux vous dire, c'est qu'à droite, il y a des gens qui regardent
19:50ce qui se passe au RN
19:50et qui se disent, il est mort, il est foutu, et qui se disent que...
19:54En dehors du RN, donc.
19:56Au sein de la droite traditionnelle, et qui se disent, elle n'a plus de Premier ministre.
20:01Et que donc, ça commence à susciter, non pas des vocations parce que c'est trop tôt,
20:05mais des gens qui se disent, on ne va pas insulter l'avenir, parce que si jamais on devait faire,
20:09si elle était élue présidente de la République, que, allez, situation de crise financière,
20:14un scénario qui peut quand même arriver, elle aura peut-être besoin de faire la jonction
20:17que la droite traditionnelle, sous forme de cohabitation, d'union sacrée, qui sait.
20:21Et donc, il y a des gens qui se disent, bah, sur un malentendu, ça pourrait être moi.
20:24Donc, ça suscite beaucoup de surveillance à droite sur le cas Bardella.
20:31Matignon est à prendre, plus que l'Elysée presque.
20:33Et puis même aussi au RN, au sein même du RN, il y a quelques candidats, évidemment.
20:37Il va falloir vraiment être très...
20:39Des noms, des noms.
20:40C'est qui dans le cul des d'eau qui sont les...
20:42Il va falloir vraiment être très attentif au retour de Marion Maréchal,
20:45qui a été, on le sait, en fait, Marine Le Pen, cet été,
20:48a poussé la réintronisation de Marion Maréchal.
20:51Ce n'est qu'une question de temps.
20:53Elle va revenir dans la campagne.
20:54Elle est la tête d'un parti qui est allié au RN,
20:58donc l'identité-liberté.
21:02Son rôle reste à définir parce qu'il y a une vraie contradiction dans les termes
21:05entre ce que pense Marion Maréchal, sur les questions sociétales particulièrement.
21:09Marion Maréchal appartient vraiment à cette extrême droite conservatrice.
21:13Mais là, ça sera un retour en arrière de 10 ans, non ?
21:16Donc c'est ça la question.
21:17Et Marion Maréchal ne semble pas, en tout cas, ses équipes, je les vois souvent,
21:20ne semblent pas prêtes à abandonner ça.
21:21Est-ce qu'il n'y a pas, Joseph, une question ?
21:22Est-ce que ce n'est pas Jean-Philippe Tanguy qui est plus prépositionné pour qu'il serrait ?
21:25Je vous dirais ce qu'on m'en dit à droite.
21:28Évidemment, on parle souvent de Bercy pour Jean-Philippe Tanguy.
21:32Et à la faveur d'un Bardella qui disparaîtrait de la scène.
21:34C'est une éventualité, c'est possible.
21:36Est-ce que les LR disent, parce que Marine Le Pen a présenté son contre-budget,
21:39il dit que ce problème de Jean-Philippe Tanguy, c'est qu'il faudra déjà qu'il sache faire des
21:42additions.
21:42C'est pas gentil.
21:43C'est vilain.
21:45Merci.
21:46C'est l'heure de notre rubrique électeurs et lecteurs.
21:50En trois mots, nous répondons aux questions que vous avez posées sur le site du Point.
21:54Alors, le jeu est très simple.
21:57On a des questions et on y répond rapidement et brièvement.
22:01La première question, c'est une question de Jackie.
22:03Peut-il y avoir un accord de gouvernement avant les élections présidentielles
22:06entre le Bloc central, les LR et la gauche démocratique
22:09pour atteindre le second tour avec un compromis sur les programmes ?
22:13Allez, Adrien.
22:14En gros, pour simplifier, ce que propose Jackie, c'est ce qu'a proposé Gabriel Attal
22:17qui dit, je veux faire une alliance, en gros, ou en tout cas un rassemblement
22:22de la gauche sociale-démocrate à la droite républicaine.
22:25Dans les faits, c'est quand même très compliqué.
22:27Déjà, tous ces gens-là n'arrivent quasiment pas à se mettre d'accord sur un budget,
22:31envisager qu'ils se mettent d'accord sur un accord de gouvernement.
22:35C'est encore plus compliqué.
22:36On n'y est pas encore tout à fait.
22:38On n'est pas encore dans une démocratie parlementaire comme en Allemagne, par exemple,
22:43où au Danemark, on n'en est pas encore là.
22:47On n'en est pas encore là.
22:48Merci.
22:48Comment sortir de la crise économique ?
22:50Une question de Jeanne.
22:51Comment sortir de la crise économique sans mettre les Français dans la rue ?
22:54Est-ce que c'est possible ?
22:56En tout cas, je peux dire, je n'ai pas la solution miracle parce que je pense que personne ne
23:00l'a.
23:00Mais en revanche, ce qui est vrai, c'est qu'il y a un vrai vertige, un sentiment de peur,
23:04en tout cas chez les cadres du RN, parce que là, ils sont en train de se dire
23:06« On va peut-être récupérer un pays ingouvernable avec des Français dans la rue,
23:09les émeutes des lycéens ont donné un premier aperçu et des finances publiques dans un état catastrophique. »
23:15Donc ça, c'est une vraie peur, en tout cas, que moi, j'observe.
23:18Et je vous livre ce que Sébastien Lecornu dit à ce sujet en ce moment dans les couloirs de Matignon.
23:21Il se promène auprès de ses proches en disant « On vit un véritable conte de fées ».
23:27C'est terrible, c'est terrible.
23:29Une question de Jean-Claude.
23:31« Notre constitution confie des pouvoirs considérables à un seul homme.
23:34Comment pourrait-on la réformer pour dépersonnaliser le pouvoir ? »
23:39Est-ce que c'est possible ? Est-ce qu'il y a des volontés de ça ?
23:42Non, mais il y a une conscience quand même.
23:43Non, mais dans le débat de la présidentielle, on aura la question institutionnelle qui va inévitablement ressurgir.
23:48Les candidats, quand ils sont candidats, disent qu'ils veulent réformer la Vème République
23:51pour qu'elle soit moins présidentialiste.
23:53Et puis une fois qu'ils sont au pouvoir, ils se coulent très bien dedans.
23:57Une question de Frédéric.
23:58François Hollande pourrait-il finir par se dissoudre dans le Glucksmann ?
24:02Alors, moi, cette question me fait penser à une une qu'avait fait nos confrères de Charlie Hebdo au mois
24:07de septembre,
24:08qui était une une un peu vache, il faut le dire, quand même bien le faire à juste titre, Charlie,
24:13où il y avait une image où il y avait un Hollande qui prenait toute la place sur la une
24:18et Glucksmann un tout petit derrière.
24:20Tout ça pour dire que François Hollande a quand même une tendance à vouloir occuper l'espace,
24:25que beaucoup de ses proches disent, des gens qui l'ont bien connu depuis qu'il est petit,
24:29il ne pense qu'à être président de la République.
24:32Donc, c'est difficile d'imaginer que du jour au lendemain, François Hollande dise
24:36« J'arrête tout pour Raphaël Glucksmann ».
24:39Bon. Allez, merci, une question d'Andréa.
24:42Existe-t-il des moyens d'éviter un second tour Jean-Luc Mélenchon-Marine Le Pen et à quelles conditions
24:48?
24:49Alors, moi, je vais répondre un peu à côté de sa question, mais en fait, le RN aimerait éviter ce
24:54second tour aussi.
24:56N'en veut pas. Pourquoi ?
24:56Il préférait attaquer le bloc central.
24:58Marine Le Pen a déjà répété plusieurs fois, tous ses cadres sont plutôt alignés sur ce sujet.
25:01Ils ne veulent pas du clash des extrêmes, parce qu'ils savent que pour eux, c'est très mauvais aussi.
25:06Donc, eux, ils aimeraient incarner l'alternance face au bloc central.
25:09En fait, ils rêvent du match avec Edouard Philippe.
25:11Oui, alors après, est-ce que c'est pas... Je me pose toujours la question, mais réponds librement.
25:16Est-ce que c'est pas un peu un élément de langage ?
25:17Parce qu'en vrai, la solution la plus facile pour Marine Le Pen, pour être élu,
25:20c'est d'avoir Jean-Luc Mélenchon en face d'elle.
25:22Mais c'est peut-être une question de légitimité après, une fois après l'élection.
25:25Je pense que gagner contre Jean-Luc Mélenchon, elle devrait être un choix de conviction,
25:29mais pas un choix par défaut.
25:30Exactement.
25:31Allez, une question d'Olivier.
25:34Étant donné le niveau actuel de la dette, quelle marge de manœuvre aurait vraiment le ou la future président ou
25:40présidente ?
25:41En vrai, la question qui se pose, c'est pas la marge de manœuvre.
25:45La seule question qu'on se pose aujourd'hui, c'est est-ce qu'on va avoir une crise financière
25:47de la dette avant même l'élection présidentielle ?
25:50Donc autant vous dire que c'est pas un sujet de marge de manœuvre.
25:52Vous avez vu, face à la crise des lycées, Sébastien Lecornu a quand même, dans ses interventions, marqué une première.
25:59C'est quand même la première crise où on ne verse pas d'échec.
26:04Une question de Samira.
26:05Quel candidat osera s'attaquer au train de vie de l'État ? Y a-t-il un milleille français
26:09?
26:10David Lesnar !
26:10C'est quand même le refrain du moment.
26:13C'est clairement son créneau, il joue là-dessus, sur le discours anti-bureaucratique.
26:17Tout l'enjeu, c'est de savoir s'il a un programme qui va au-delà de ce discours contre
26:21ce qu'il appelle le social-étatisme.
26:22Allez, une dernière question.
26:23Une question de Serge.
26:24Le Macron-bashing est devenu permanent.
26:26Quelles conséquences sur l'institution présidentielle et sur l'image de la France, cela peut-il avoir à l'étranger
26:31?
26:32Ça n'a pas particulièrement de conséquences, je pense.
26:34Et moi, je vous prends un pari.
26:37C'est que Macron va remonter dans les codes de popularité une fois qu'il sera sorti du pouvoir.
26:42Parce qu'il y a toujours un effet de comparaison.
26:44On le voit toujours dans les baromètres, dès que les gens se taisent, ils remontent.
26:47C'est toujours le grand principe.
26:48Et même un de ses proches à l'Elysée, que je voyais cet été, disait qu'Emmanuel Macron,
26:54alors c'était un peu prétentieux dans sa bouche,
26:56mais disait qu'Emmanuel Macron sera peut-être le premier président, avant même de partir du pouvoir,
27:01susciter de la nostalgie.
27:02C'est-à-dire qu'à l'Elysée, ils espèrent même que dans les dernières semaines, dans les derniers mois,
27:06il y a une sorte de retour en grâce macroniste.
27:09On n'y est pas encore tout à fait.
27:10Comme on l'a eu avec Jean Castex quand on savait qu'il allait partir.
27:13Exactement.
27:13La Macron-stalgie.
27:14Vous venez d'écouter Bruit de campagne, le podcast de la réélection politique du Point.
27:18Si vous avez aimé, dites-le, partagez-le, mettez-nous des étoiles, des pouces.
27:21Retrouvez-nous sur vos plateformes d'écoute préférées, sur le site du Point.
27:24Et on se retrouve très vite.
27:26Merci, salut et à bientôt.
27:31Merci, salut et à bientôt.

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