- il y a 1 semaine
Des affrontements, des tirs de mortier et de flashballs, des arrestations... La colère lycéenne se trouve fréquemment réduite à ces scènes de violence. Mais derrière les images, il y a des visages, des voix et des revendications que l'on entend moins.
De Toulouse à la Bretagne, en passant par la Seine-Saint-Denis, nous sommes allés à la rencontre de ces lycéens, parfois un peu perdus, mais bien décidés à ne pas être réduits à « la génération flemme ». Des jeunes qui réclament, au contraire, « davantage d'école ».
Au plus près des mobilisations, nous avons aussi rencontré des adultes engagés, parfois abasourdis par la réponse policière.
Une immersion dans un conflit social qui raconte aussi une génération qui se sent oubliée.
Suivi d'un débat présenté par Elsa Mondin-Gava
Sur le thème : "Lycéens, les raisons de la colère",
avec :
Céline Calvez, députée Ensemble pour la République des Hauts-de-Seine ;
Paul Vannier, député La France insoumise du Val-d'Oise ;
Anne Muxel, directrice de Recherche émérite en sociologie et en science politique au CNRS, spécialiste des études sur la jeunesse.
Un reportage de Céline Crespy, Hélène Bonduelle et Clément Perrouault
Durée magazine : 26' / Durée débat : 30'
Production : LCP-Assemblée nationale
De Toulouse à la Bretagne, en passant par la Seine-Saint-Denis, nous sommes allés à la rencontre de ces lycéens, parfois un peu perdus, mais bien décidés à ne pas être réduits à « la génération flemme ». Des jeunes qui réclament, au contraire, « davantage d'école ».
Au plus près des mobilisations, nous avons aussi rencontré des adultes engagés, parfois abasourdis par la réponse policière.
Une immersion dans un conflit social qui raconte aussi une génération qui se sent oubliée.
Suivi d'un débat présenté par Elsa Mondin-Gava
Sur le thème : "Lycéens, les raisons de la colère",
avec :
Céline Calvez, députée Ensemble pour la République des Hauts-de-Seine ;
Paul Vannier, député La France insoumise du Val-d'Oise ;
Anne Muxel, directrice de Recherche émérite en sociologie et en science politique au CNRS, spécialiste des études sur la jeunesse.
Un reportage de Céline Crespy, Hélène Bonduelle et Clément Perrouault
Durée magazine : 26' / Durée débat : 30'
Production : LCP-Assemblée nationale
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NewsTranscription
00:01Générique
00:08...
00:15Bienvenue en immersion, votre rendez-vous magazine sur LCP
00:19au plus près des préoccupations des Français.
00:22Un reportage suivi d'un débat en plateau.
00:25Dans ce numéro, retour sur une crise que personne n'a vu venir,
00:29la mobilisation des lycéens.
00:31Nos équipes se sont rendues à Toulouse, Lagnon et Épinès-sur-Seine
00:35pour comprendre leurs revendications
00:37et s'intéresser aux regards que portent leurs familles,
00:40leurs professeurs sur leurs mouvements.
00:42Colère lycéenne, la nouvelle lutte des classes,
00:44un reportage de Céline Crespi, Hélène Bonduelle, Clément Perrault
00:48et l'ensemble de la rédaction de LCP.
00:50...
00:53Des blocus qui dégénèrent ?
00:55C'est sans doute ce que vous avez le plus vu de la colère lycéenne.
01:00Pourtant, derrière ces images spectaculaires,
01:03cette révolte est inédite.
01:05Qui sont ces jeunes ?
01:06Que veulent-ils ?
01:08Pourquoi protestent-ils ?
01:10Pendant une longue période, à la rentrée,
01:11il n'y avait pas d'eau tout court au lycée.
01:13L'année dernière, j'avais eu pas de France espagnole
01:14pendant plusieurs mois.
01:16Moi, j'ai présenté un lycée privé et aussi un lycée public.
01:19On voit tout de suite la différence entre lycée privé et public.
01:21De Toulouse à Lagnon, en passant par la Seine-Saint-Denis,
01:25nous les avons rencontrés.
01:26Le problème, c'est que si on bloque pas, il n'y a personne qui nous écoute.
01:30Nous avons aussi rencontré des adultes engagés dans le mouvement.
01:34Mais là, pas de mortier, sinon on n'arrivera pas à Paris.
01:38Des adultes, parfois abasourdis par la réponse policière.
01:43Juste vous montrer ça, ça, ça s'appelle une GR56.
01:48C'est considéré comme une arme de guerre.
01:50Et c'est pas moi qui le dis, c'est le ministère de l'Intérieur.
01:53Ça a vraiment pas lieu d'utiliser ça face à des gamins.
01:57Nous avons donné la parole à cette jeunesse un peu perdue,
02:01qui veut plus d'école et qui veut être autre chose que la génération flemme.
02:06On sait pas ce qu'on veut faire, on a le bac à la fin de l'année, on n
02:10'a pas de prof.
02:12En fait, on a envie de montrer aussi qu'on est une génération, on se laisse pas faire.
02:15On n'est pas fainéants, comme on dit ça.
02:17Depuis longtemps, on attend, on se dit, putain, quand est-ce qu'il y aura quelque chose qui va se
02:20passer ?
02:21Quand est-ce que ça va le retour des mouvements sociaux ?
02:23En immersion, dans une révolte lycéenne symptomatique d'une génération qui se sent oubliée.
02:45C'est à Créteil, en région parisienne, que tout a commencé.
02:51C'est donc en région parisienne que nous avons décidé de plonger dans cette révolte des lycées.
02:58À Épinay-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, un des départements les plus pauvres de France,
03:04un de ceux qui compte le plus grand nombre de jeunes aussi.
03:09Il est 7h30.
03:11Les élèves de Jacques Fédère occupent déjà l'entrée de leur établissement.
03:19Nassim et Nawel sont en terminale et ils ont des messages à faire passer à l'éducation nationale.
03:30On est à 35, 35, 36 dans une salle.
03:33C'est beaucoup.
03:34Dans des petites salles.
03:35Dans des petites salles.
03:36Des fois, on n'a même pas assez de chaises pour s'asseoir.
03:38Il n'y a pas assez de place pour s'asseoir.
03:40Donc on est obligé d'aller dans une salle voisine pour trouver si il y a une chaise.
03:43En été, même pendant le bac de français, on était en train de suffoquer.
03:47On n'arrivait pas à se concentrer.
03:48Et le chauffage, parce qu'en hiver, dans certaines salles, il n'y a pas de chauffage.
03:52Ça veut dire qu'il fait très, très froid, il caille.
03:55L'éducation nationale a un très problème avec les conditions des élèves, mais aussi les conditions des professeurs.
04:00Les professeurs, ils ne sont pas remplacés.
04:03Et par exemple, l'année dernière, je n'avais pas de prof d'espagnol pendant plusieurs mois.
04:06Et donc j'ai vu cette année des lacunes en espagnol.
04:12Ici, dans l'académie de Créteil, les trois quarts des lycées manquaient de professeurs à la rentrée dernière.
04:22Mais ce n'est pas tout.
04:24On en a marre de ne pas consulter.
04:37Difficile de porter ces revendications, alors que la tension commence à monter.
04:44Les policiers se rapprochent et lancent des fumigènes.
04:47Ce sont alors les professeurs qui rentrent en action.
04:50N'avancez pas, n'avancez pas, reculez, reculez, reculez.
04:53N'avancez pas, oui.
04:53Ah, veniez, veniez.
04:55Si vous vous séparez, pour aller tout seul devant, c'est là, ça va être.
04:58C'est des masques.
05:00Maréza, la documentaliste syndiquée, veut protéger ses élèves.
05:05Faites attention quand même.
05:06Là, les élèves découvrent.
05:08Je pense que c'est une découverte aussi pour beaucoup.
05:10Il y en a qui ont la peau qui brûle, les yeux, mais aussi la peau qui brûle.
05:15Donc il faut se protéger.
05:15Donc tu vas masquer.
05:23Dans la foule, deux jeunes se mettent à tirer au mortier.
05:32Les policiers, eux, sortent les flashballs.
05:40Deux élèves sont blessés.
05:44Une élève blessée à l'œil, un élève blessé à l'épaule, on n'a pas du tout envie qu
05:48'il y ait un troisième ou une troisième.
05:49Donc là, on a juste envie, c'est qu'il n'y ait plus du tout de violence.
05:54Il y a une exaspération.
05:56Il y a aussi le fait que pour eux, la police, elle est toujours très présente.
05:59Ils sont contrôlés souvent, arrêtés, etc.
06:02Ce qu'on aimerait, nous, c'est qu'ils puissent exprimer leurs revendications sans que ça explose en affrontement.
06:09Le député France Insoumise de la circonscription est venu glisser, lui aussi, quelques conseils aux lycéens.
06:16Les tiers de mortier, ça ne leur fait pas peur.
06:18Au contraire, ça leur permet d'utiliser des images.
06:21Tous les lycées, aujourd'hui, sont en train de bouger.
06:23Les facs commencent à bouger.
06:24Ça, ça leur fait peur.
06:25C'est le nombre que vous êtes qui leur fait peur.
06:30Il y a déjà deux blessés.
06:32Alors que les esprits commencent à s'apaiser, un incident va terroriser la foule.
06:40Une camionnette vient de foncer dans les jeunes.
06:43Le conducteur repart.
06:45Il n'a a priori rien à voir avec le mouvement.
06:49Les lycéens, choqués, craignent que les policiers n'interviennent pas.
06:58Le député calme le jeu.
07:02Ils ont pris la plaque d'immatriculation.
07:04Ils l'ont filmé.
07:06Ils ne vont rien faire.
07:08Ils ne vont rien faire.
07:09Ils ne vont rien faire.
07:13Aucun autre incident n'aura lieu ce jour-là.
07:17La présence des adultes y est sûrement pour quelque chose.
07:29A l'autre bout de la France, en Bretagne, une chef d'établissement est persuadée qu'elle ne peut laisser
07:36les lycéens seuls avec leurs protestations.
07:39Bon, toujours rien, ça va ?
07:41Pas question pour elle de revivre les scènes d'il y a quatre jours.
07:45Un blocus organisé au lycée a dégénéré.
07:50Désormais, Madame l'improviseur veille au grain.
07:54Nous, on improvise un chaque jour depuis jeudi.
07:57Ça a commencé jeudi dans notre établissement.
07:59Le premier jour, ça a démarré à peu près normalement.
08:02On s'est trouvés avec des jeunes et des pancartes, des revendications légitimes, ciblées.
08:09Et puis, petit à petit, dans la matinée, il y a eu des pétards, des œufs.
08:14Donc, ces jeunes qui revendiquaient étaient déçus, essayaient de ramener un petit peu à la raison leurs camarades, mais ça
08:20fonctionnait moyennement.
08:22Et le lendemain, le vendredi, c'est retourné plutôt vers l'extérieur avec un affrontement envers les forces de l
08:28'ordre.
08:32À l'Agnon, on n'avait jamais vu ça.
08:40Pour éviter tout dérapage, l'improviseur pousse les lycéens à s'organiser.
08:46Pour préparer le blocus, c'est la salle B009 qui a été choisie en accord avec la direction.
08:55Donc aujourd'hui, on fait une AG pour parler de l'organisation de la mobilisation lycéenne.
09:00Il va falloir vraiment faire des discours, préparer des slogans, vraiment préparer des choses pour pouvoir se faire entendre.
09:05Même dans les médias, souvent, on voit que les lycéens, ils n'ont pas d'arguments et qu'ils iraient
09:09juste pour aller, pour sécher les cours.
09:11Nous, il faudrait qu'on rentre, qu'on ait quelque chose à dire.
09:13Oui, Marie ?
09:14Oui, mais justement, sur le fait, ça, c'est une super idée, mais il va falloir aussi qu'on fasse
09:18deux distinctions
09:19et faire attention que d'autres personnes du genre, pas les pacifistes et les casseurs, qui vont s'incruster et
09:24autres,
09:25là, il va falloir vraiment qu'on fasse attention parce que sinon, ça va finir comme...
09:27Il y aura forcément des casseurs après.
09:28Bah oui, mais du coup, il va falloir envisager...
09:30Il faudra les stickers, les matins.
09:35On se sent aidé et on se sent pas non plus ignoré, quoi.
09:38On voit que la direction est avec nous, les professeurs sont avec nous et qu'on n'est pas ennemi.
09:45Marie participe pour la première fois à ce genre de mobilisation.
09:50Notamment parce que ces journées sont interminables, sans grand résultat.
09:56Nous, les Français, dans les chiffres, on est le 27e d'un classement mondial.
10:01Alors que les autres pays, ils font du 9h-14h, voire 9h-16h pour certains en plus tard.
10:08Ils s'en sortent très bien, ils sont dans un haut classement.
10:10En fait, on a envie de montrer aussi qu'on est une génération, on se laisse pas faire.
10:13On n'est pas fainéants, comme ils disent.
10:17Un discours que la majorité des parents d'élèves entend également.
10:22Eux aussi se mobilisent.
10:23En face du commissariat de la ville.
10:26Ces adultes sont bouleversés par la réponse policière face aux événements de la semaine précédente.
10:39Ce genre de scène ne passe pas.
10:48C'est pas la peine de revenir sur le fait que c'est pas bien de lancer des cailloux.
10:52Par contre, la réponse, elle est juste à gerber.
10:54C'est peut-être aussi pour ça qu'on est là ce soir.
10:57Juste vous montrez ça.
10:58Ça, ça s'appelle une GR56.
11:02Ça libère sept rondelles de caoutchouc qui partent complètement au pif, en plastique dur.
11:08Et ça libère du gaz.
11:10Ça a vraiment pas lieu d'utiliser ça face à des gamins.
11:15Mais sachez que tirer à tir tendu, c'est considéré comme une arme de guerre.
11:20Et c'est pas moi qui le dis, c'est le ministère de l'Intérieur.
11:22Et c'est ce qui s'est passé jeudi et vendredi.
11:24Et donc, c'est ça qui a arraché la main d'un gamin aujourd'hui à Lens.
11:45Malgré cette réponse policière,
11:48pourquoi les lycéens ont-ils continué le mouvement ?
11:52Combien on vous paye ? Combien on vous paye ?
11:55À Toulouse,
11:57Aïnoa doit absolument retrouver sa copine Ambre
12:00pour participer à son deuxième blocus.
12:02Les filles, les filles, les filles.
12:06Il est 7h30.
12:08Tout est encore calme.
12:10On met un contre-visuel des sacs.
12:12Certains de ses camarades ont choisi d'aller en cours.
12:15Mais Aïnoa et Ambre
12:18ont des raisons de manifester leur mécontentement.
12:23Là, pendant une longue période, à la rentrée,
12:25il n'y avait pas d'eau tout court au lycée.
12:27Aussi, en hiver, il nous a eu l'eau, elle était glaciale.
12:29Et il n'y a pas assez de budget pour les lycées,
12:33les professeurs, du coup, les services publics.
12:35Mais moi, je trouve ça injuste.
12:398h, les grilles de l'établissement ferment.
12:42Et tout à coup,
12:45le ton monte.
12:48Le problème, c'est que si on ne bloque pas,
12:49il n'y a personne qui nous écoute.
12:51Le but, ce n'est pas de brûler ou de faire des choses comme ça.
12:53Les gens qui font n'importe quoi,
12:54c'est des gens à part.
12:56Souvent, ils ne se mettent plus au lycée.
13:01Les policiers surgissent.
13:03C'est la panique.
13:11Aïnoa n'en revient pas.
13:14Il y a toute la route qui est gazée.
13:16Je les ai vu, ils ont lancé un truc,
13:17je fais...
13:21Si les filles prennent autant de risques,
13:23c'est qu'elles ont une cible,
13:25parcours sup,
13:26et le sentiment de confier leur destin
13:29à une plateforme.
13:32Ambre est en terminale générale.
13:34Depuis le début de l'année,
13:35elle en cauchemarde.
13:37Dès la rentrée,
13:38la première chose qu'on nous a dit,
13:39les profs, c'était parcours sup, parcours sup.
13:42Et ils nous mettent vraiment la pression.
13:43Et du coup, ça nous fait peur,
13:45ça nous donne...
13:46Ça ne nous motive pas, en fait.
13:48C'est trop la pression.
13:50Enfin, c'est pas un algorithme
13:52qui va choisir ce que je vais faire plus tard.
13:57Aïnoa redoute de faire partie
13:59des laissés-pour-comptes de parcours sup.
14:07Il faut dire qu'à la maison,
14:09cette sélection à l'entrée
14:10de l'enseignement supérieur,
14:12mise en place en 2018,
14:14a laissé des traces.
14:16C'est pas très rassurant,
14:18l'ambiance est la façon
14:18dont vous êtes traité.
14:22Milia, sa sœur de 19 ans,
14:24a obtenu son bac gestion
14:26avec mention assez bien
14:27en juin dernier.
14:29Et la sélection
14:30a été cruelle.
14:39Moi, à la base,
14:39je voulais faire
14:40un BUT Tech Deco à Toulouse.
14:41Et en fait,
14:42j'ai été prise à Tarbes
14:43pour le BUT Tech Deco,
14:44sauf que, par exemple,
14:45ils n'avaient pas du tout
14:46les moyens de payer l'appart
14:47et le logement et tout à Tarbes.
14:48Et à Toulouse, pour le coup,
14:49il y a vraiment
14:50beaucoup de monde qui demande.
14:51Donc, en fait,
14:52on était tous sur l'hésite à attendre
14:53dans ma classe.
14:54Et au final, du coup,
14:55j'ai fait un BTS
14:56commerce international
14:57dans un lycée à Toulouse.
14:59Et du coup, c'est privé, c'est ça ?
15:01Un lycée privé, ouais.
15:02Et donc, le privé,
15:03c'est combien l'année ?
15:041 500 l'année.
15:05Parce que c'était 3 000 les deux ans.
15:071 500 l'année.
15:09Mais c'est dans un lycée privé,
15:10en BTS.
15:11Il y a des choix qui sont faits
15:13depuis 15-20 ans.
15:14Et le choix qui est fait
15:15depuis 15-20 ans,
15:16c'est que l'éducation
15:18et que les universités publiques
15:20soient réduites au minimum
15:22du service public.
15:24Et après, le reste,
15:25c'est délégué à des universités
15:28et des écoles privées.
15:29On ne sait pas ce qu'on veut faire plus tard,
15:30mais pourtant,
15:31on nous promet la fin du monde
15:32dans 20 ans ?
15:34C'est...
15:34Enfin...
15:35On doit faire quoi de l'info ?
15:39En Bretagne,
15:40à l'Agnon,
15:41nos lycéens
15:42sont pleins d'espoir
15:43ce mardi-là.
15:46Marie et ses copains
15:47ont réussi à s'organiser.
15:50Ils sont maintenant
15:51plusieurs centaines
15:52devant le lycée
15:53pour aller manifester.
15:58On ne devrait pas manquer
15:59de professeurs comme ça,
16:00on ne devrait pas manquer
16:01de moyens.
16:02Donc, s'il vous plaît,
16:03un bruit pour nos professeurs
16:04qui sont là
16:04et qui nous aident
16:05et qui nous permettent
16:06de bien l'apprendre.
16:07Ouais !
16:08L'approviseur
16:10est même invité
16:10à prendre le micro.
16:12Aujourd'hui,
16:13j'ai presque envie
16:14de dire qu'on est fiers
16:15de vous
16:16parce que ça se passe bien.
16:20On a...
16:24C'est important aussi
16:25parce que s'ils sont
16:26de notre côté,
16:26c'est pas rien.
16:27Ça veut dire aussi
16:27qu'eux aussi,
16:28ils en ont marre
16:29des conditions
16:29dans lesquelles ils travaillent
16:30et qu'eux aussi,
16:32ils ont besoin
16:32de plus de budget
16:33parce que c'est
16:33le service public.
16:36À six mois
16:37de l'élection présidentielle,
16:38les slogans
16:39prennent des allures
16:40de campagne.
16:46Marie et les autres
16:47se sentent pousser des ailes
16:48voulant enrôler
16:49dans leur combat.
16:51Les élèves du lycée privé
16:53d'à côté.
16:55En vain.
16:56En revanche,
16:58Marie et les autres
16:58sont finalement rejoints
17:00par les étudiants,
17:01ceux de l'IUT
17:02et de l'école d'ingénieurs.
17:04Près de 500 jeunes
17:06mobilisés
17:06dans les rues de l'Agnon.
17:08C'est super.
17:09Là, on est super contents.
17:11Il faut que ça continue.
17:12Qu'est-ce que tu vas faire ?
17:14Participer.
17:15Continuer à donner des slogans,
17:17à donner nos revendications
17:19et tant que ça ne bougera pas,
17:20on continuera.
17:21Demission !
17:22Ne rien lâcher,
17:24rallier les étudiants
17:25et au-delà.
17:28À Toulouse,
17:29c'est la même histoire.
17:31Nous retrouvons Aïnoa
17:33sur l'énorme campus
17:34Jean Jaurès.
17:39Ça me fait particulièrement plaisir
17:41le fait que les étudiants du Mirail,
17:44à la fac du Mirail,
17:45ils nous soutiennent
17:46car c'est une fac qui est connue
17:49pour être très engagée
17:50dans tout ce qui est politique,
17:52blocus.
17:55Ce soir-là,
17:57une âgée s'improvise.
17:59Les étudiants sont remontés.
18:01En deux ans,
18:02plus de 50 000 places
18:03ont été supprimées
18:05dans tout l'enseignement supérieur français.
18:10Nous y rencontrons
18:11un jeune lycéen
18:13à la chevelure colorée.
18:15C'est Charlie.
18:42Charlie a 15 ans.
18:43Il est en première
18:44avec un an d'avance.
18:45Très bon élève,
18:47il a le sentiment
18:48d'être un privilégié
18:49dans son lycée
18:50de centre-ville.
18:52Je connais Elie.
18:55Et tu connais Xavier aussi.
18:57Pourtant,
18:57comme Aïnoa,
18:59il y a chez lui
18:59une forme de ras-le-bol.
19:01Et pour s'organiser,
19:03une arme redoutable.
19:06Les réseaux sociaux.
19:08Lundi la semaine dernière,
19:10je sors des cours,
19:12je suis un peu fatigué
19:12et je vois que ça débat grave
19:13devant le lycée
19:14et avec des potes qui disent
19:15« Ouais, apparemment,
19:16ça bloque demain.
19:17Ouais, OK, trop bien. »
19:18Et du coup, instantanément,
19:19on crée des groupes Insta,
19:20on crée des groupes Signal.
19:22Et on s'organise,
19:23ça allait très, très vite.
19:24Et en fait,
19:24je pense qu'on attendait juste
19:25que le bon moment
19:26pour se révolter
19:27et pour parler
19:28de tout ce qui nous révoque
19:30en fait dans ce système.
19:32Comme les laissés,
19:34les universités semblent au bord
19:35du craquage.
19:36En une décennie,
19:38les dépenses par étudiant
19:39ont baissé de 10%
19:41en France.
19:42L'État consacre
19:44sept fois plus d'argent
19:46à payer les retraites
19:47qu'à investir
19:48dans l'éducation des jeunes.
19:54Mardi 6 octobre,
19:56c'est le grand jour
19:57au lycée Fédère
19:58d'Épinay-sur-Seine.
19:59On prépare
20:00la grande manifestation
20:02organisée à l'appel
20:02des syndicats d'enseignants.
20:09On écrit en gros
20:11pour que ce soit visible
20:11qu'on puisse se regrouper derrière.
20:12Très gros, Fédère.
20:14Pas tout, la moitié, Fédère.
20:16Et en dessous,
20:17on marquera un slogan,
20:17on trouve un slogan
20:18avec les élèves.
20:21Même combat, même voix.
20:22Même combat ?
20:23Même voix.
20:24Ouais, c'est très bien.
20:25Même combat, même voix.
20:26Ouais, super.
20:28Mais à quelques mètres
20:29de l'atelier pancarte,
20:31d'autres jeunes ont opté
20:33pour un autre moyen d'expression.
20:36Tu as trouvé ta merde ici ?
20:37Stop !
20:38Stop !
20:38On a boule, on a boule,
20:39on a boule, on a boule !
20:40Merde, là, c'est bon, là.
20:42Ça suffit, ça va, là.
20:45Il y a des jeunes
20:46qui s'expriment en brûlant.
20:47Bon, c'est pas moi,
20:49forcément ma méthode,
20:49mais je comprends.
20:50Je comprends.
20:52Mais il faut qu'il y ait aussi
20:53un moyen d'expression autre
20:54et qu'on exprime nos revendications.
20:58Pour rejoindre Paris,
21:00le cortège doit aller à la gare.
21:03Des policiers sont postés
21:05sur le trajet.
21:06Les élèves passent derrière !
21:08Les profs,
21:09accompagnés de syndicalistes cheminots,
21:12tentent d'encadrer la marche à venir.
21:14Là, on va en manif.
21:15On veut être nombreux.
21:17Si vous faites tout s'arrêter
21:17avant la manif, c'est mort.
21:19OK ?
21:20On est d'accord ?
21:22Là, il faut qu'on arrive à Paris.
21:24OK ?
21:25Mais là, pas de mortier.
21:26Sinon, on n'arrivera pas à Paris.
21:29Le cortège démarre enfin.
21:34Mais les tirs de mortier
21:36tant redoutés
21:37vont éclater.
21:39Marisa, la documentaliste,
21:41prend les choses en main.
21:56Bon an, mal an.
21:58Le cortège parvient
21:59jusqu'à la gare d'Épinay-sur-Seine.
22:03Nassim et Nawel
22:04sont de l'expédition
22:06direction Gare du Nord.
22:08Pour eux,
22:10aller de la Seine-Saint-Denis
22:11à Paris est symbolique.
22:13Ces jeunes
22:14ont le sentiment
22:15d'être des oubliés
22:16de la République.
22:18On a un peu reculé
22:20par rapport à la capitale.
22:22Et des fois,
22:23on se sent un peu rejeté
22:24de tout ce qui se passe à Paris.
22:25Et le fait d'aller ensemble
22:27à Paris
22:27pour parler des situations
22:29qui nous touchent,
22:29nous, au 93
22:30et ailleurs,
22:31dans les autres lycées,
22:31c'est très symbolique
22:32et c'est beau, je trouve.
22:36Politique,
22:37à Paris,
22:38c'est bien
22:39parce que c'est là
22:39où il y a le lieu de pouvoir,
22:40où ils concentrent le pouvoir.
22:42Donc ça permet
22:43de revancher nos droits
22:44plus facilement.
22:46Enfin,
22:47ils arrivent à Paris
22:48et retrouvent
22:49leurs camarades de lutte.
22:55Un cortège massif
22:57s'élance
22:57pour une marche
22:58de 5 kilomètres
22:59jusqu'à la place
23:01de la nation.
23:04Nassim et Nawel
23:05sont calés
23:06dans la foule.
23:07Leurs profs
23:08ne sont jamais loin.
23:12et c'est aussi
23:13à nous
23:13de vous accompagner
23:14là-dedans
23:15même si on les laisse
23:15aussi faire
23:16c'est cool, quoi.
23:18Il y a aussi des parents,
23:19il y a des étudiants,
23:20etc.
23:20C'est trop beau
23:21de voir que tout le monde
23:21se passe en le corps.
23:25Les slogans des lycéens
23:27dépassent largement
23:28le cadre scolaire.
23:30L'extrême droite
23:31et la police
23:33sont de tous les refrains.
23:38L'ambiance
23:39se tend
23:40et les gaz lacrymogènes
23:41sont utilisés.
23:49On a peur
23:50que ça dégénère
23:50parce que déjà
23:51les policiers
23:51nous envoient
23:53des voies lacrymogènes
23:54alors qu'on ne veut rien.
23:55On est juste
23:56en train de marcher
23:56sur la rue.
23:57On ne casse rien.
23:58On n'est pas un danger
23:58pour les autres.
24:01La foule se retrouve
24:03bloquée
24:03par les forces
24:04de l'ordre.
24:06Nassim et Nawel
24:07préfèrent quitter
24:08les lieux
24:09avant que les violences
24:10n'éclatent.
24:16Maintenant qu'on a manifesté,
24:17on espère
24:18que le gouvernement
24:18est en train de notre voix
24:19et qu'il va faire
24:21des actions concrètes
24:22et pas que des promesses.
24:24Justement,
24:25le gouvernement
24:26dit
24:27oui,
24:27on va faire ça,
24:28on va faire ci.
24:29sauf qu'à la fin
24:30on ne se retrouve
24:30avec rien
24:31que des promesses
24:31dans le vide.
24:37À Toulouse,
24:39ce sont 200 000 voix
24:40qui veulent faire entendre
24:41leur slogan.
24:46Au son du refrain
24:47des Gilets jaunes,
24:50à quelques jours
24:51du 8e anniversaire
24:52du début du mouvement,
24:53la fronte lycéenne
24:55pourrait bien prendre
24:56de l'ampleur.
24:58Charlie est de la partie,
25:01évidemment.
25:05le moment.
25:08Est-ce que vous,
25:09les lycéens,
25:09vous n'avez pas peur
25:10d'être récupérés ?
25:11Parce que là,
25:11ça y est,
25:11il y a des syndicats,
25:12il y a peut-être
25:13des partis politiques.
25:14Oui,
25:15on a un cortège
25:17qui est lycéen,
25:18mais après,
25:18à un moment ou un autre,
25:20il fallait que les luttes
25:20convergent
25:21et qu'on se retrouve
25:21avec plein d'autres personnes.
25:23C'est normal
25:23après que les travailleurs,
25:25les profs,
25:26les différents syndicats
25:27nous rejoignent,
25:28même s'ils vont faire attention
25:30à reconnaître
25:30que ça,
25:31c'est un combat
25:32pour l'éducation.
25:34Si le slogan préféré
25:36d'Aïnoa
25:36est celui-ci,
25:39finalement,
25:40la jeune lycéenne
25:41nous laissera
25:42avec un dernier message
25:43plutôt touchant
25:44envers d'autres fonctionnaires
25:46de l'État.
25:50Pour les profs,
25:51les profs,
25:51ça reste des humains,
25:52ils ne sont pas
25:53assez bien payés,
25:54alors qu'ils ont
25:57des têtes de cons
25:5824 heures sur 24
25:59à devoir leur faire apprendre
26:02les cours qu'ils ont,
26:03même si eux,
26:04parfois même eux,
26:04ils n'aiment pas le cours.
26:06Pour moi,
26:06ils se sacrifient pour nous
26:07pour que nous,
26:08on ait après
26:09une meilleure vie.
26:10Du coup,
26:11moi,
26:11j'aime bien les profs.
26:13Il y en a,
26:13je ne m'entends pas avec eux,
26:14mais j'aime bien.
26:16Voilà.
26:19Le mouvement lycéen
26:20cristallise peut-être
26:21le malaise
26:22de toute une génération
26:24qui perd confiance
26:25en l'avenir
26:26et qui compte bien
26:27se faire entendre.
26:34Colère lycéenne,
26:35la nouvelle lutte des classes,
26:36c'est un reportage
26:37de la rédaction d'LCP.
26:38On va poursuivre
26:39le débat en plateau
26:40avec nos invités.
26:42Anne Muxel,
26:42vous êtes sociologue,
26:43directrice de recherche
26:44émérite au CNRS
26:46et au centre de recherche
26:47politique de Sciences Po,
26:48le CEVIPOF.
26:49Merci d'avoir accepté
26:51notre invitation.
26:52A vos côtés,
26:52deux députés.
26:53Céline Calvez,
26:54vous êtes députée ensemble
26:55pour la République des Hauts-de-Seine.
26:56Paul Vannier,
26:57députée de la France Insoumise
26:58du Val-d'Oise,
26:59tous deux spécialisés
27:00dans les questions d'éducation.
27:02Alors,
27:02j'ai une première question
27:03pour vous trois.
27:04Elle peut paraître simple,
27:05mais elle est finalement
27:05peut-être très compliquée.
27:07Anne Muxel,
27:08pourquoi maintenant ?
27:09Est-ce que vous avez compris ?
27:10Pourquoi maintenant
27:11ce mouvement des lycéens
27:13a-t-il voulu s'exprimer ?
27:15Maintenant,
27:16d'abord,
27:16c'est parce que c'est la rentrée
27:18quand même.
27:18Et donc,
27:19c'est vrai que les lycéens,
27:20au moment de la rentrée,
27:21ont pu prendre la mesure
27:22d'un certain nombre
27:23d'insuffisances
27:24qu'ils pointent bien.
27:26Pas de professeurs remplacés,
27:28des classes surchargées.
27:29Et puis aussi,
27:30ces conditions climatiques
27:32qui ont pesé
27:33de façon importante
27:34sur eux,
27:35des classes surchauffées
27:36pendant la canicule,
27:37la canicule du printemps,
27:38mais en septembre,
27:39il y a eu aussi
27:40des moments encore
27:40de forte chaleur.
27:41Et puis,
27:42les hivers se sont rappelés
27:44avec le froid.
27:45Bref,
27:46voilà,
27:47une rentrée
27:47qui était chargée
27:50particulièrement
27:50de préoccupation,
27:52d'angoisse,
27:54qui fait que,
27:55eh bien,
27:55oui,
27:55ce mouvement a pris
27:57comme à la suite
27:59d'un sentiment
28:00d'exaspération
28:01et aussi pour se faire entendre.
28:03Et vous qui suivez
28:04la jeunesse,
28:05ça vous a surpris ?
28:06Il vous surprend,
28:07ce mouvement ?
28:08Non.
28:09Finalement,
28:09cette colère
28:10que l'on sent sourde
28:12dans l'ensemble
28:12de la population
28:13depuis maintenant
28:14très longtemps,
28:15parce qu'effectivement,
28:16les lycéens sont en colère,
28:17mais les Français
28:17sont en colère.
28:18Les Français
28:20expriment beaucoup
28:21d'inquiétude aussi
28:22face non seulement
28:24à leurs conditions présentes,
28:25mais aussi face à l'avenir.
28:26Donc, en fait,
28:27les lycéens,
28:27ils évoluent
28:28dans ce climat
28:29et ils rentrent
28:30dans leur rôle
28:31de citoyens aussi
28:33dans un moment
28:34de colère,
28:36mais aussi
28:36de forte défiance
28:39envers la classe politique,
28:40envers les responsables politiques.
28:42Céline Calves,
28:43est-ce qu'on peut dire
28:44que cette crise,
28:44beaucoup ne l'ont pas vue venir ?
28:46Le gouvernement a semblé
28:47pris de court au début,
28:48dans les premiers moments
28:50justement
28:50de cette mobilisation lycéenne.
28:52Il y a eu une mobilisation
28:54qui est peut-être
28:54allée plus vite
28:55que la prise de conscience
28:56des uns et des autres.
28:57Par contre,
28:57la découverte justement
28:59des questions
28:59de ce que se posent
29:01les lycéens
29:02n'est pas forcément nouvelle.
29:03C'est peut-être
29:03l'ampleur qui peut...
29:05Je rejoins Anne Muxel
29:06sur le fait
29:07que l'angoisse
29:08face au dérèglement climatique
29:10des tensions géopolitiques
29:12font que
29:13cette génération
29:14qui est hyper abreuvée
29:15d'informations
29:15ne peut que se poser
29:16des questions
29:17et que peut-être
29:18qu'à quelques mois
29:19aussi d'échéance présidentielle,
29:20il y a envie aussi
29:21de compter dans le débat public
29:22de la part de la jeunesse.
29:23Sauf que c'est vrai
29:24que Paul Vannier,
29:25on dit souvent
29:26que les mouvements sociaux
29:26se taisent un peu
29:28à quelques mois
29:28d'une élection présidentielle.
29:29Est-ce que vous,
29:30ce mouvement des lycéens,
29:31on sait que les insoumis,
29:32l'accompagnent,
29:33vous l'aviez vu venir,
29:34vous l'aviez perçu
29:35ou vous-même,
29:36vous êtes étonné
29:37de sa mobilisation ?
29:39J'en avais à posteriori
29:40des signes avant-coureurs
29:41dans ma circonscription,
29:42des familles
29:43qui venaient me voir
29:43parce que leurs enfants
29:44n'avaient pas de place
29:45à l'université,
29:46des parents d'élèves,
29:47des enseignants d'un lycée
29:48qui m'avaient sollicité
29:49sur des problèmes
29:50d'emploi du temps
29:50mais moi je n'ai pas du tout
29:51vu venir ce mouvement
29:52parce que d'abord
29:53il est inédit,
29:53c'est inédit de voir
29:55fin septembre
29:56un mouvement lycéen
29:57à prendre,
29:58prendre d'abord
29:59dans les lycées
29:59de la banlieue parisienne
30:00avant de se nationaliser,
30:02avant d'embarquer
30:03les universités
30:04et au-delà
30:05une partie du monde
30:06du travail
30:06donc il est surprenant
30:08et moi ce qui m'a frappé
30:09parce que je suis allé
30:10les voir,
30:11ces lycéens,
30:12j'ai voulu les entendre,
30:14c'est qu'ils me faisaient
30:14état d'un état
30:16d'épuisement psychique
30:17et physique
30:18quelques semaines
30:19après la rentrée
30:20comme si pour eux
30:21les preuves
30:22qui les attendaient
30:22étaient impossibles
30:23c'était impossible
30:24parce que Parcoursup,
30:25parce que les emplois du temps,
30:26parce que les conditions
30:27d'apprentissage
30:27étaient à ce point dégradées
30:28et ils ne pouvaient plus
30:30que dire stop,
30:31on n'y arrivera pas,
30:31il faut que ça change
30:32parce que là
30:33c'est l'impasse pour nous.
30:34Je pense que sur l'épuisement
30:35je prendrais aussi
30:36ce terme-là
30:37et je prendrais
30:38deux points d'interrogation,
30:40l'emploi du temps
30:41et puis l'orientation.
30:43Alors justement
30:43si vous voulez bien
30:44je vous propose
30:45de décliner,
30:46on parle beaucoup
30:46de ces emplois du temps
30:48qui sont chargés
30:49pour les élèves,
30:51vous faites ce constat-là
30:53effectivement
30:54qu'avec la réforme
30:55du lycée
30:56on a des options
30:56à choisir,
30:57du coup on a un emploi du temps
30:58qui grossit,
30:59on fait souvent 8h-18h
31:00quand on est au lycée aujourd'hui ?
31:01On fait souvent 8h-18h
31:03ce n'est pas du tout uniforme
31:04il peut y avoir aussi
31:05des demi-journées de libre
31:06en fait la réforme
31:08du bac lauréat
31:09a donné le choix
31:10le choix des spécialités
31:11ce qui a ouvert le champ
31:12à ce que nous n'avions pas
31:13moi qui ai passé mon bac
31:14fin des années 90
31:15j'ai dû abandonner l'économie
31:17pour préserver la biologie
31:18donc ce choix
31:19il a été permis
31:20et ça complexifie énormément
31:22mais en fait
31:22je ne dis pas
31:23que c'est le revers
31:24de la médaille du choix
31:26mais ça l'envoie
31:27mais je pense que
31:27derrière l'emploi du temps
31:28c'est aussi
31:29ce qu'on leur demande à côté
31:31une génération précédente
31:32avait regardé
31:33le diplôme
31:34le contrôle de la semaine prochaine
31:36mais pas forcément
31:37à se poser autant de questions
31:38sur l'orientation
31:39c'est aussi peut-être
31:40parce qu'on n'a jamais
31:41autant parlé d'orientation
31:42que ce conflit d'épuisement
31:44et il faut que je fasse ma semaine
31:46et en plus
31:46que je puisse initier des projets
31:48qui serviront à mon dossier plus tard
31:50je pense que là
31:51c'est pour l'ensemble des lycéens
31:53que ça se pose
31:53et donc le stress du quotidien
31:56et le stress du futur
31:57est encore plus combiné
31:58pourtant on a gardé
31:59les mêmes horaires
32:00on a gardé les mêmes horaires
32:03au niveau de l'emploi du temps
32:04peut-être qu'il faudrait
32:05libérer certains emplois du temps
32:07pour avoir justement
32:08ce temps d'approfondir
32:09ces orientations
32:10Anne Muxel
32:10vous avez certainement
32:12entendu des réactions
32:13d'adultes
32:14quand on entend
32:15ces lycéens
32:16il y a eu aussi
32:17un peu de mépris
32:19envers cette revendication
32:20sur les emplois du temps
32:21on a entendu
32:21des adultes dire
32:22mais de quoi se plaignent-ils
32:239h-17h ?
32:25vous avez eu le sentiment
32:26un peu d'une fracture
32:27entre les générations
32:28des générations
32:29qui ne comprennent pas très bien
32:30cette revendication
32:31autour de l'emploi du temps ?
32:32oui encore une fois
32:33la question de l'emploi du temps
32:34elle varie sûrement
32:35selon dans ces parcours
32:37individualisés
32:38selon les situations
32:40selon les territoires
32:41ça peut être des journées
32:43encore plus longues
32:43si l'on pense
32:44aux territoires ruraux
32:45et à ceux qui doivent prendre
32:46les ramassages scolaires
32:47parfois 7h
32:497h15
32:51donc au-delà de l'emploi du temps
32:53il y a cette surcharge
32:55je pense mentale
32:56il faut bien savoir aussi
32:57que les lycéens
32:58et la jeunesse dans le pays
33:00est en grande difficulté
33:01psychique
33:03depuis le Covid
33:04toutes les enquêtes
33:05on en reparlera évidemment
33:07voilà
33:08il y a plutôt un surcroît
33:09de dépression
33:10de découragement
33:13mais aussi de maladies psychiatriques
33:15de tentatives de suicide
33:16etc
33:16donc je pense qu'il y a certes
33:19la réalité concrète
33:20des emplois du temps
33:21mais derrière l'emploi du temps
33:22il y a aussi ce sentiment
33:23d'être complètement débordé
33:27surchargé
33:27de ne pas y arriver
33:28avec la peur
33:29effectivement
33:30et là je rejoins tout à fait
33:31ce que vous venez de dire
33:32de l'orientation
33:33c'est-à-dire qu'en France
33:34contrairement à nos pays voisins
33:36ou même à d'autres pays
33:38plus lointains
33:39on demande à des jeunes
33:40très jeunes
33:41de se projeter
33:42dans un avenir professionnel
33:46voilà
33:47pour lequel
33:47ils n'ont pas encore
33:48forcément d'idées
33:50et donc ça
33:51c'est une grande source
33:52d'anxiété
33:52c'est là-dessus
33:53Paul Vannier aussi
33:54c'est pas seulement
33:55l'emploi du temps
33:55de se plaindre
33:57d'être trop souvent
33:58à l'école
33:58c'est pas avoir le temps
33:59aussi de faire un sport
34:00à côté
34:00pas le temps
34:01de s'ennuyer
34:02de profiter
34:02de sortir un peu
34:03de l'école
34:04ce sont les revendications
34:05les témoignages
34:05que vous avez obtenus
34:06moi j'ai beaucoup
34:07entendu parler
34:08du 8h-18h
34:09beaucoup beaucoup
34:09en fait
34:10du 7h-20h
34:12parce que
34:12y compris en zone urbaine dense
34:14les problèmes de transport
34:15sont considérables
34:15il y a des lycéens
34:16qui viennent de loin
34:17vous avez une refondation
34:19par exemple
34:19de l'offre de transport
34:20en Ile-de-France
34:20une mise en concurrence
34:21qui a dégradé
34:23les conditions de transport
34:23des lycéens
34:24tout ça s'ajoute
34:24c'est pas simplement
34:25une crise du lycée général
34:27dans la voie professionnelle
34:28il y a beaucoup
34:28de lycées professionnels
34:29qui sont mobilisés
34:30par exemple là
34:30c'est le moment
34:31où en terminale
34:31il faut trouver des stages
34:32parce qu'il y a de plus en plus
34:33de stages
34:34au lycée professionnel
34:35pour valider son année
34:36et donc
34:36au-delà de la question
34:37de l'emploi du temps
34:38et de la fatigue
34:39c'est l'angoisse
34:40c'est l'angoisse
34:41du contrôle continu
34:41dans la voie générale
34:42et technologique
34:43avec un bac
34:43qui est devenu permanent
34:44c'est toute l'année le bac
34:45et on sait ce qui se joue
34:46c'est l'orientation
34:46dans le supérieur
34:47et c'est l'angoisse du stage
34:48dans la voie professionnelle
34:49donc il n'y a pas
34:50que des causes externes
34:51bien sûr il y a la crise climatique
34:52bien sûr il y a le Covid
34:53bien sûr il y a la guerre
34:54mais il y a des causes
34:54mais il y a l'organisation
34:55de la scolarité
34:56il y a des réformes
34:57la réforme Blanquer
34:58du lycée
34:59il y a Parcoursup
35:00qui ont produit
35:01un régime d'angoisse
35:02généralisée
35:03qui a des conséquences
35:04extrêmement lourdes
35:05aujourd'hui
35:05pour des millions de jeunes
35:06On y reviendra évidemment
35:08sur ces questions
35:08de Parcoursup
35:09parce qu'on voit
35:09que c'est un terme
35:10qu'on retrouve énormément
35:11parmi les lycéens
35:12Anne Muxel
35:13quand on parle
35:14de la vétusté des bâtiments
35:15vous reparliez aussi
35:16de l'épisode de Canicule
35:17c'est pas complètement anecdotique
35:19que ce mouvement
35:19il naît aussi
35:20dans des bâtiments
35:23particulièrement délabrés
35:23en banlieue parisienne
35:25dans ce qu'on appelle
35:26aussi les quartiers populaires
35:27c'est eux qui ont un peu
35:29initié ce mouvement là
35:30est-ce que derrière
35:31les conditions
35:31il y a aussi un sentiment
35:33de relégation
35:34de ne pas être traité
35:34comme les autres ?
35:35Oui alors ça
35:36on entend beaucoup
35:37de la part des lycéens
35:39effectivement
35:40qu'il y aurait
35:41effectivement des conditions
35:42des conditions
35:43assez inégales
35:44de traitement
35:45quant à l'enseignement
35:47et les conditions
35:48de cet enseignement
35:49dont il pourrait bénéficier
35:50bon il a aussi été rappelé
35:52et je crois que c'est
35:53tout à fait réel
35:54il y a effectivement
35:54des situations
35:55tout à fait inadmissibles
35:58improbables même
35:59de conditions
36:01du bâti
36:02dans certains lycées
36:04dans certains collèges
36:05aussi dans certaines universités
36:08mais il a été aussi rappelé
36:10que dans certains territoires
36:12aussi dans ces territoires
36:13plus défavorisés
36:14l'État
36:15et l'éducation nationale
36:16avaient aussi mis
36:17beaucoup
36:18beaucoup plus d'argent
36:19proportionnellement
36:20à d'autres
36:21à d'autres
36:22territoires
36:24plus
36:24plus favorisés
36:25bon
36:26c'est très compliqué
36:27c'est un débat
36:28très compliqué
36:29ce qui est sûr
36:29c'est que
36:30il y a
36:31un problème
36:32de moyens
36:33et sans doute
36:33des moyens supplémentaires
36:35à mettre
36:35qu'il s'agisse
36:36du bâti
36:37qu'il s'agisse
36:38des enseignants
36:39qu'il s'agisse aussi
36:40de tout ce personnel
36:42si important
36:44dans le lycée
36:45comme les infirmières
36:46les psychologues
36:47les conseillers
36:50d'éducation
36:51aussi
36:51bref
36:52il y a beaucoup
36:53ou d'orientation
36:54du reste
36:55plus de temps
36:56consacré
36:57aux élèves
36:57pour les entendre
36:58à l'intérieur
36:59même des établissements
37:00mais Céline Calves
37:01même si effectivement
37:02il y a des réalités
37:03et on voit que ce mouvement
37:04a pris au-delà
37:04de la banlieue parisienne
37:06on le voit dans le reportage
37:07à Toulouse
37:08à l'Agnon
37:08et partout en France
37:10il y avait quand même
37:11les sentiments
37:12chez certains élèves
37:13d'être défavorisés
37:14par rapport
37:14aux privés
37:15par rapport à Paris
37:16par rapport
37:17aux villes
37:18ou même
37:18des lycées d'à côté
37:19plus huppées
37:20il y a eu ce sentiment
37:21qu'on a beaucoup ressenti
37:22lors des manifestations
37:23c'est un sentiment
37:24qui se base aussi
37:25sur des constats
37:26oui il y a des inégalités
37:27et même si
37:28la politique
37:29de ces dernières années
37:30a décidé de renforcer
37:31ce qui peut être
37:32un réseau d'éducation prioritaire
37:34par exemple
37:34avec le dédoublement
37:35on ne peut pas
37:36rattraper tout non plus
37:38et en fait
37:39au-delà du sentiment
37:40d'être relégué
37:40oui il y a des inégalités
37:41il y a des inégalités
37:43et les dégradations
37:45de bâtis
37:46sont intolérables
37:47en fait
37:47donc moi je pense
37:48qu'il y a effectivement
37:49le constat
37:50que tout n'est pas juste
37:52la question des moyens
37:53elle doit être soulevée
37:55mais ce n'est pas
37:55que les moyens financiers
37:57aussi
37:57il y a les moyens
37:58de pouvoir prendre
37:59les bonnes décisions
38:00au plus près du terrain
38:01de laisser l'initiative
38:02au personnel
38:02de l'éducation nationale
38:03qui parfois
38:05se voit un petit peu
38:06rabroué
38:07sur ces initiatives
38:08et donc
38:08c'est une problématique
38:09de gouvernance
38:10également
38:10souvent ils sont en soutien
38:11en plus des mobilisations
38:12des lycéens
38:14et ils font le même constat
38:15d'un manque de moyens
38:15mais parce qu'ils le vivent
38:16au quotidien
38:17dans leur salle de classe
38:18s'il fait chaud
38:19ils ont aussi
38:21ces problèmes-là
38:22donc je pense
38:23qu'au-delà des moyens
38:24c'est l'allocation
38:24des moyens
38:26comment on assure
38:27la gouvernance
38:27aujourd'hui
38:28dans un établissement
38:29vous avez des choses
38:30qui relèvent de l'état
38:32c'est-à-dire
38:33le personnel
38:33enfin la grande partie
38:34du personnel
38:35et puis les programmes
38:36mais par contre
38:37vous êtes dans un cadre bâti
38:38qui dépend d'une collectivité
38:39et d'un établissement
38:40à l'autre
38:41c'est pas la même collectivité
38:41et on a vu
38:42qu'entre l'état
38:42et les régions
38:43chacun se renvoyait
38:44aussi un peu
38:44la responsabilité
38:45c'est un dommage
38:45parce que notre responsabilité
38:47c'est d'investir
38:48dans l'éducation
38:49qu'on puisse le faire
38:50on peut avoir fait
38:51des réformes
38:52qui peuvent être contestées
38:52moi je suis fière
38:53qu'on ait fait Parcoursup
38:54parce que c'est une réforme
38:55où on n'attend pas
38:56d'être en bac plus 3
38:57pour penser à son orientation
38:59et là où je m'élève
39:01c'est qu'on ne force pas
39:02les gens à choisir
39:03on les force effectivement
39:04à réfléchir
39:05alors je pense que
39:05c'est une bonne manière
39:06par contre
39:07il faut améliorer
39:08l'accompagnement
39:08on les laisse tout seuls
39:10les familles
39:10tout seules devant
39:11malheureusement
39:12c'est pas suffisant
39:13on regorge d'informations
39:14sur Parcoursup
39:15des informations
39:16dont on n'avait jamais
39:17l'opportunité de découvrir avant
39:18mais par contre
39:19effectivement
39:20il y a un besoin
39:20d'accompagnement
39:21moi je n'ai pas entendu
39:22de la part des lycéens
39:22de Cliché-Levalois
39:23une volonté d'abroger
39:25il dit
39:25il faut des places
39:25pour tout le monde
39:26et il faut qu'on nous accompagne
39:27alors justement
39:27on reviendra sur Parcoursup
39:29juste avant ça
39:30je voulais parler
39:30dans l'ordre un peu
39:31des revendications
39:32des lycéens
39:33notamment sur la plateforme
39:34du ministère de l'éducation nationale
39:36sur les profs
39:37les remplacements de professeurs
39:38puisque c'était
39:39une des revendications
39:40on voit
39:43de moins de 15 jours
39:44sont non remplacés
39:45c'est vraiment là
39:46un peu le nerf de la guerre
39:47c'est sur les absences courtes
39:48notamment
39:49Paul Vannier
39:50le ministre de l'éducation nationale
39:51a annoncé
39:523000 remplaçants
39:53à déployer
39:54comment ça se passe
39:55vous qui connaissez bien
39:56l'éducation nationale
39:57ça veut dire
39:58qu'il y avait 3000 remplaçants
39:59qui attendaient
40:00leur affectation
40:01ça veut dire
40:01qu'on peut optimiser
40:02les remplacements
40:04on peut aller plus vite
40:05comment ça se fait
40:05que le gouvernement
40:06a pu
40:06voilà
40:07en quelques secondes
40:08dire
40:08allez on a 3000 personnes
40:10qu'on peut mettre
40:10devant des élèves
40:11parce qu'il n'existe pas
40:12il ne se passe rien
40:13dans les établissements
40:14après les propres chiffres
40:16du ministre
40:16c'est un tiers
40:17de ces 3000
40:18soi-disant postes
40:18qui ont été affectés
40:19ces derniers jours
40:19c'est clair
40:20qu'on ne va pas mettre
40:21un professeur d'art plastique
40:22devant une classe
40:23qui attend
40:24un enseignant d'anglais
40:25voilà
40:25donc qu'est-ce qui s'est passé
40:26donc on mélange un peu
40:27les chiffres
40:28on mélange tout
40:28et tout ça
40:28est question de moyens
40:29qu'est-ce qui s'est passé
40:30depuis 2017
40:30on a supprimé
40:3111 000 postes
40:32dans l'éducation nationale
40:33où ?
40:34dans les lycées
40:34dans les collèges
40:35dans le second degré
40:36là il y a un budget
40:37qui vient
40:38c'est 1588
40:39suppressions de postes
40:401200 dans l'enseignement public
40:42la majorité
40:43c'est dans le second degré
40:44les lycées
40:44les collèges
40:46il y a des choix politiques
40:47il y a un budget
40:49de l'éducation nationale
40:49qui va baisser
40:50s'il est adopté
40:51dans la version
40:52qui est présentée
40:53à l'Assemblée
40:54il y a
40:54dans les lycées franciliens
40:56là où est partie
40:57la mobilisation
40:58il y a une dépense
41:00moyenne
41:00par lycéens
41:02assumée par le conseil
41:03régional d'Île-de-France
41:03de Valérie Pécresse
41:04qui est une des plus basses
41:05de France
41:06il y a des choix politiques
41:07en Ile-de-France
41:07Valérie Pécresse
41:08quand elle met le paquet
41:09sur l'enseignement privé
41:10plus 350%
41:12depuis qu'elle est arrivée
41:12à la tête de la région
41:13pour des subventions
41:15facultatives
41:15à l'investissement
41:16dans le reste des lycées
41:18comme dans le lycée
41:19Jean Jaurès d'Argenteuil
41:20dans ma circonscription
41:20il n'y a par exemple
41:22pas de porte
41:22aux toilettes
41:23il n'y a pas de porte aux toilettes
41:24et pas depuis deux jours
41:25depuis des mois
41:26depuis des années
41:27donc évidemment
41:29cet affaiblissement
41:30des moyens
41:31et ce traitement
41:32différencié des établissements
41:33cet abandon
41:34de certains d'entre eux
41:35évidemment
41:35ça rencontre
41:36un point de résistance
41:38à un moment donné
41:38et ça déclenche
41:39un mouvement lycéen
41:40donc ne nous trompons pas
41:40il y a des causes politiques
41:41et des causes budgétaires
41:42à cette situation
41:43et sur l'insalubrité
41:44des toilettes
41:44il y a évidemment
41:45beaucoup de témoignages
41:46de jeunes gens
41:47sur ce sujet
41:48parcours sup
41:49c'est un mot qui a été déjà prononcé
41:52parcours sup
41:52c'est devenu un mot
41:55totem ou tabou
41:56je ne sais pas
41:57mais c'est vraiment
41:58on a l'impression
41:59un monstre
42:00pour certains lycéens
42:01aujourd'hui
42:02en tout cas
42:03il y a des bonnes choses
42:04à la base peut-être
42:05dans parcours sup
42:06mais c'est ressenti
42:07par les lycéens
42:11mais aussi par leur famille
42:12comme quelque chose
42:14d'extrêmement compliqué
42:16à surmonter
42:17et ça généralement
42:18et c'est bien mesuré
42:19dans un certain nombre d'études
42:21un moment de stress
42:22familial très important
42:23avec toutes les inégalités
42:25qui existent
42:25entre les familles
42:26qui vont pouvoir
42:27elles-mêmes
42:30conseiller leurs enfants
42:32parce qu'elles savent
42:33à peu près
42:33quelles sont les filières
42:34à suivre
42:34les établissements
42:35où il faut aller
42:36et puis des familles
42:36qui seront beaucoup plus démunies
42:38pour répondre
42:39aux questions
42:40de leurs enfants
42:41donc là il y a en tout cas
42:42des moyens à mettre
42:43si l'on veut
42:44organiser mieux
42:45l'orientation
42:46encore une fois
42:47pour avoir un peu
42:48travaillé là-dessus
42:49je sais que
42:50les jeunes
42:51d'une façon générale
42:54considèrent que
42:54cette orientation
42:55intervient trop tôt
42:57dans leur parcours
42:58dès la seconde
42:58il faut se poser la question
42:59des bonnes options
43:00on ne sait pas
43:02quels sont les métiers
43:03vraiment
43:05vers lesquels
43:06ils pourront s'orienter
43:07en 2030 par exemple
43:10donc bientôt
43:10et donc
43:11il y a une double panique
43:13à la fois
43:14de devoir se déterminer
43:16individuellement
43:17mais aussi
43:17collectivement
43:18de ne pas savoir
43:19finalement
43:20ce que sera
43:21la vie professionnelle
43:22de demain
43:23et on demande
43:23aux jeunes
43:24de se déterminer
43:25plus tôt
43:25et ils sont aussi
43:26de plus en plus nombreux
43:27à obtenir le baccalauréat
43:29quelques chiffres
43:29c'était 30%
43:30en 1986
43:3164% en 2006
43:3379% en 2026
43:36est-ce que c'est bien
43:37d'avoir de plus en plus
43:39d'élèves
43:39qui atteignent le bac
43:40ou est-ce que
43:41l'effet miroir
43:42un petit peu
43:43c'est que le bac
43:44aujourd'hui
43:44ne suffit plus du tout
43:45il faut faire
43:45des études supérieures
43:47et il n'y a pas
43:47forcément suffisamment
43:48de place
43:49moi je trouve
43:49que l'objectif
43:50ambitieux
43:50d'amener une classe
43:51d'âge
43:51à 80%
43:52au niveau bac
43:53il est louable
43:53mais le constat
43:54aujourd'hui
43:55c'est de dire
43:55que le bac plus 5
43:56est devenu
43:56le bac d'hier
43:57en fait
43:58c'est-à-dire
43:58qu'on a poussé
43:59toutes des générations
44:00à dire
44:01il faut que tu fasses
44:02le plus longtemps
44:03possible
44:03des études
44:04et qu'est-ce que ça fait
44:05ça veut dire
44:06qu'en bac plus 5
44:07vous sortez de bac plus 5
44:08et vous êtes hyper frustré
44:09parce que soit
44:09vous ne trouvez pas de travail
44:10alors qu'on vous a promis
44:11que vous allez en avoir
44:12soit on vous donne
44:13des tâches
44:13qui ne correspondent pas
44:14à ce que vous avez
44:15pu étudier
44:16et donc malheureusement
44:19c'est pour ça
44:19qu'on a encouragé
44:20des logiques
44:21d'apprentissage
44:22d'alternance
44:23en disant
44:23que peut-être
44:24que c'est plutôt
44:25la formation
44:26tout au long de la vie
44:27qu'il faut pouvoir
44:28privilégier
44:28plutôt que de pousser
44:29à fond
44:30la formation initiale
44:31parce que justement
44:32on ne connaît pas
44:33les métiers qu'on fera demain
44:34et qu'il faut plutôt
44:35se dire
44:35quelles sont mes bonnes bases
44:36quels sont mes savoirs fondamentaux
44:37quelles sont les compétences
44:38transversales
44:38qui vont me permettre
44:39d'apprendre tout au long
44:40de la vie
44:40plutôt que d'essayer
44:42de retarder
44:43ce qui serait
44:44le marché du travail
44:45c'est important
44:47d'avoir fait des études
44:48mais aujourd'hui
44:49il faut se constater
44:50que peut-être
44:51que le bac plus 5
44:51d'aujourd'hui
44:52est le bac d'hier
44:53donc malheureusement
44:54il va falloir repenser
44:56la valeur du bac
44:57aujourd'hui
44:57Paul Vannier
44:58est-ce que là-dessus
44:59vous pensez
45:00que cet objectif
45:02doit être un peu
45:03revu
45:03parce que c'est vrai
45:04que maintenant
45:04les jeunes ont le sentiment
45:05qu'avec le bac
45:06t'as plus grand chose
45:07il faut faire des études derrière
45:08vous vous dites
45:08oui mais il faut encourager
45:09justement les gens
45:10à faire des études
45:10ou est-ce qu'il faut
45:11se reposer aussi
45:12la question de savoir
45:13est-ce qu'il faut peut-être
45:15faire un peu moins d'études
45:16ça c'est la vraie question politique
45:17qu'est-ce qu'on veut
45:18est-ce qu'on veut poursuivre
45:19le mouvement de massification
45:20et de démocratisation
45:22de l'enseignement
45:23et des études supérieures
45:24moi je le pense
45:25je pense que notre pays
45:26en a par ailleurs
45:26absolument besoin
45:28dans le monde qui vient
45:29il n'a que cette ressource
45:30que cette richesse
45:31celle des connaissances
45:32acquises et de la capacité
45:34à les exercer
45:35ou alors est-ce qu'on fait
45:36marche arrière
45:37est-ce qu'on instaure
45:37des filtres
45:38certains proposent
45:39à la fin du collège
45:40comme Gabriel Attal
45:41par exemple
45:41à la fin du lycée
45:43et au cours du parcours universitaire
45:44notamment à la fin
45:45de la licence
45:46moi je pense qu'il faut
45:47tout ça encore une fois
45:48est une question de moyens
45:49une question de place
45:50à louer autant de place
45:51que de bacheliers
45:52pour vous
45:53là on voit
45:53les filières sont
45:54de plus en plus sélectives
45:55parce qu'elles n'ont pas
45:56les moyens d'accueillir
45:57mais exactement
45:58c'est pour cette raison-là
45:59qu'elles le sont devenues
46:00parce qu'on a retiré
46:01du code de l'éducation
46:02ce qui était auparavant
46:03un droit
46:03moi je suis attaché
46:04à une école
46:04qui dote ses élèves
46:05de droit
46:05et notamment du droit
46:06de poursuivre
46:07ses études dans le supérieur
46:08dès lors qu'on est titulaire
46:10d'un baccalauréat
46:11donc d'ailleurs
46:11on pourrait peut-être
46:12restaurer la valeur
46:13en le rendant
46:14à nouveau national
46:15il a été complètement
46:16fracassé
46:16par une réforme
46:18qui conduit
46:18à autant de bacs
46:21que d'établissements
46:22et évidemment
46:22aujourd'hui
46:23notamment dans le cadre
46:23de la procédure
46:24parcours sup
46:24le bac d'Henri IV
46:25n'a pas la même valeur
46:26que les bacs obtenus
46:28par exemple
46:28dans ma circonscription
46:30donc moi je suis attaché
46:31à un diplôme national
46:32du bac
46:32et à garantir à tous
46:33la liberté de choix
46:34j'insiste là-dessus
46:35la liberté
46:35moi je suis
46:36je veux
46:37je veux que la réponse
46:38de la société
46:38aux jeunes
46:39qui s'engagent
46:40dans un parcours
46:40et notamment
46:41pour qu'ils aillent
46:41le plus loin possible
46:42ce soit une réponse positive
46:43je veux qu'on reconnaisse
46:44y compris
46:46à un droit à l'erreur
46:47pour les jeunes
46:47on le reconnaît
46:48pour les entreprises
46:49quand elles font des fraudes
46:50pour les impôts
46:51elles ont un droit à l'erreur
46:52pourquoi les jeunes
46:53ne l'auraient-ils pas
46:54il le faut
46:55et bien sûr
46:56ça suppose
46:56non on ne l'a pas
46:57regardez
46:59aujourd'hui
46:59vous avez à près
47:00120 000 personnes
47:01qui sont en attente
47:02sur parcours sup
47:03parce qu'elles cherchent
47:04à se réorienter
47:05c'est les chiffres
47:07de 5 juillet
47:08c'est les derniers disponibles
47:09oui mais justement
47:10on ne reconnaît pas ce droit
47:11et par ailleurs
47:12je termine
47:13vous me répondrez
47:14mais par ailleurs
47:14moi je les rencontre
47:16ces familles
47:17et ces élèves
47:17ces étudiants
47:18on ne leur garantit pas
47:20le libre choix
47:21y compris en matière
47:22de réorientation
47:22donc ça
47:23ça donne du décrochage
47:24ça donne des jeunes
47:24qui sortent du parcours
47:25universitaire
47:26ça donne des jeunes
47:27qui ne sont pas qualifiés
47:27et c'est pas bon
47:28pour notre économie
47:29pour la place de la France
47:30dans le monde
47:31Anne Muxel
47:31sur ce symbole du bac
47:33est-ce qu'effectivement
47:35avant d'avoir son bac
47:36c'était quelque chose
47:36maintenant c'est devenu
47:37une simple formalité
47:39et qu'est-ce que ça change
47:40dans la tête
47:41de nos jeunes
47:41aujourd'hui ?
47:43ça repousse
47:44sûrement
47:46le moment
47:47où ils vont
47:49avoir le sentiment
47:50d'être dotés
47:52de ce qui va leur permettre
47:53de trouver une position
47:54dans la société
47:55voilà
47:56le temps de la jeunesse
47:57est allongé
47:59on rentre
48:00dans la vie
48:03professionnelle
48:03de plus en plus tard
48:04sans doute
48:05à cause
48:05des études
48:06mais sans doute aussi
48:07parce que les conditions
48:08du marché
48:08de l'emploi
48:09ne sont pas très satisfaisantes
48:11pour tous ceux
48:11qui ne poursuivent pas
48:12des études longues
48:13et il ne faut pas non plus
48:13oublier toute cette partie
48:15de la jeunesse
48:15dont on ne parle pas assez
48:17il y a 40%
48:18des jeunes
48:19qui ne vont pas
48:20poursuivre
48:21d'études
48:21d'études supérieures
48:23et ces jeunes-là
48:24il n'y a pas grand-chose
48:25qui est fait pour eux
48:26il n'y a pas grand-chose
48:27qui est fait aussi
48:28pour leur donner
48:28la reconnaissance
48:29c'est par voie de dévaloriser
48:30encore les étudiants professionnels
48:32pour valoriser les métiers
48:33auxquels ils se préparent
48:36les métiers manuels
48:36dans d'autres pays
48:37par exemple
48:38je pense à l'Allemagne
48:39je pense à la Suisse
48:40je pense à l'Autriche
48:41dans beaucoup de pays germaniques
48:43notamment
48:44et bien tous ces métiers
48:46manuels sont reconnus
48:48souvent ils sont bien payés
48:50et c'est aussi des métiers
48:52dans lesquels on peut
48:53se construire
48:54une trajectoire
48:55et une vie professionnelle
48:57donc je crois qu'on parle
48:58beaucoup des études supérieures
48:59c'est tout à fait normal
49:01de garder cette liberté
49:04d'accès à l'enseignement supérieur
49:06mais n'oublions pas aussi
49:07que les deux premières années
49:09à l'université
49:10sont une machine
49:11à broyer aussi
49:13des destins universitaires
49:15et beaucoup d'échecs
49:17beaucoup d'échecs
49:18d'étudiants
49:18qui sont là
49:19et qui finalement
49:20voilà
49:20pourraient faire autre chose
49:22on voudrait faire autre chose
49:23donc je crois qu'il y a une réflexion
49:25beaucoup plus large
49:26qu'il faut faire
49:27et il y a évidemment
49:28toute une réflexion
49:29sur l'école
49:30et vraiment la scolarité
49:31mais il y a aussi
49:32des causes extérieures
49:33ces lycéens
49:34avoir 15 ans
49:35aujourd'hui en France
49:36c'est avoir vécu le Covid
49:37avoir connu des guerres
49:38avoir une éco-anxiété
49:40qu'on nous répète
49:41que voilà
49:41la planète va très mal
49:43ça joue aussi beaucoup
49:44ces questions
49:45on voit
49:46il y a un lycéen sur 5
49:47qui a déjà eu des pensées suicidaires
49:49est-ce que tout ça
49:50il faut le savoir
49:50il faut l'entendre
49:51pour bien comprendre
49:52notre jeunesse
49:52aujourd'hui
49:53bien sûr
49:53il faut l'entendre
49:54et ce serait dommage
49:54de limiter ce mouvement lycéen
49:57uniquement à des revendications
49:58liées à la scolarité
50:00ou à l'orientation
50:00il y a aussi plus globalement
50:02la question
50:03d'entendre leur voix
50:04et de faire entendre
50:04leurs avis
50:05dans le débat public
50:07en fait
50:08sur ce que l'on peut mettre
50:10au débat
50:11ça les concerne
50:11d'autant plus
50:12quand on parle d'investir
50:13mais si c'est investir
50:14contre la jeunesse
50:15ça ne va pas aller
50:17très très loin
50:18donc je pense qu'il y a aussi
50:19et c'est pour ça que
50:20le gouvernement a dit
50:21il va falloir qu'on mette en place
50:23la plateforme Agora
50:24des moments d'échange
50:25mais je pense qu'il faut aller
50:26même encore plus loin
50:27en disant qu'on doit
50:29les inclure
50:30et penser à eux
50:33pas seulement sur les questions
50:34de jeunesse
50:35mais sur les questions
50:35de société
50:36et c'est pour ça que moi
50:37je suis aussi
50:40assez attentive
50:40au fait que l'école
50:41puisse s'ouvrir
50:42je trouve que l'alternance
50:44permet d'enrichir
50:46le rôle de l'école
50:47c'est-à-dire que quand vous avez
50:48quelqu'un qui fait un stage
50:49il se rend compte
50:50un petit peu après
50:51ce pourquoi
50:52il apprend des choses
50:53apprendre le français
50:54ça va lui permettre
50:55de pouvoir davantage
50:56exprimer ses idées
50:57porter ses idées
50:58et parfois ça veut dire
50:59les revendiquer
51:00peut-être dans la rue
51:01en fait ça sert à ça
51:02de bien parler français
51:03également
51:04Paul Vannier
51:05vous parliez de choix politiques
51:06sur l'école
51:07mais est-ce que voilà
51:07les lycéens que vous côtoyez
51:09ils ont peut-être aussi
51:10beaucoup d'espoir
51:10mais aussi une forme d'angoisse
51:12d'anxiété
51:13que nous on avait peut-être
51:14moins il y a 15-20 ans
51:16c'est pas ce que j'ai entendu
51:17moi en tout cas
51:18avec ceux avec qui j'ai échangé
51:19j'ai pas échangé
51:20avec tous les lycéens de France
51:21moi j'ai surtout le sentiment
51:22qu'ils veulent prendre leur place
51:23qu'ils ont un discours
51:24qui est très construit
51:25qu'ils ont une élaboration politique
51:27de leurs revendications
51:28qui moi-même
51:29m'a parfois frappé
51:30vous savez qu'avec
51:31Jean-Luc Mélenchon
51:32nous défendons le droit de vote
51:32à 16 ans
51:33je crois que ce serait une réponse
51:34une des réponses peut-être
51:36à ce mouvement lycéen
51:37détendre la sphère
51:38de la citoyenneté
51:38parce qu'il me paraissent
51:39eux qui peuvent signer
51:40un contrat de travail
51:41la société leur reconnaît
51:42cette responsabilité possible
51:44il me paraissent tout à fait prêts
51:45à entrer dans la citoyenneté
51:46à prendre part au débat public
51:48pas simplement
51:49à travers des plateformes
51:50mais aussi par le vote
51:52pour nous permettre
51:53nous nation, pays
51:55de prendre les meilleurs choix
51:57pour notre avenir en commun
51:58ils ont je crois
51:59fait la démonstration
52:00là ces dernières semaines
52:01qu'ils étaient
52:02à la hauteur des enjeux
52:04du débat public contemporain
52:05moi je suis personnellement
52:06favorable aussi
52:07à l'ouverture du droit de vote
52:09à 16 ans
52:09alors est-ce qu'on le fait
52:10d'abord pour les municipales
52:11ou directement national
52:12je pense que
52:13moi aussi j'étais assez surpris
52:15par le niveau d'argumentation
52:16que les lycéens
52:17que j'ai reçus
52:18au sein de ma permanence parlementaire
52:20avaient
52:20je me suis dit
52:20mais à leur âge
52:21comment je pouvais développer ça
52:23donc je trouve que
52:24la question du droit de vote
52:25elle est importante
52:26je pense que
52:28et ça c'est Gabriel Attal
52:29qui fait cette proposition
52:30de faire une convention citoyenne
52:31non pas après la présidentielle
52:33mais déjà
52:33pour que les 16-25
52:35c'est-à-dire aussi bien
52:36les lycéens
52:36que les étudiants
52:37les jeunes actifs
52:38puissent s'exprimer
52:39dedans peut se porter
52:41la question du droit de vote
52:42à 16 ans
52:43je pense que
52:44on aurait tout intérêt
52:45à pouvoir le faire
52:46ne serait-ce que pour hausser
52:47la participation des plus jeunes
52:49par contre
52:49il faut que ça soit encadré
52:50et c'est vrai que là
52:51l'école a son rôle
52:52avec l'éducation morale
52:53et civique
52:54et la société plus généralement
52:56et l'information
52:57également aussi
52:58de pouvoir aiguiser
53:00l'esprit critique
53:00si on ouvre ce droit
53:02il faut se donner
53:03les moyens également
53:04de pouvoir aiguiser
53:05l'esprit critique
53:06je vais vous demander
53:07Paul Vannier
53:08et Céline Calvès
53:09ce que vous pensez
53:09de l'appel à la mobilisation
53:11le 17 octobre
53:12mais avant ça
53:12Anne Muxel
53:13on a aussi beaucoup entendu
53:14parmi les lycéens
53:15il y a eu
53:16certains débordements
53:18on le voit aussi
53:19dans le reportage
53:20mais cette idée
53:21de dire qu'en France
53:23et ça dépasse peut-être
53:24les lycéens
53:24pour se faire entendre
53:25pour obtenir des choses
53:26on doit maintenant
53:27avoir une forme
53:28de radicalité
53:29est-ce que ça
53:30vous le constatez aussi
53:32le fait de dire
53:33si on passe par les canaux
53:34un peu officiels
53:34on n'est pas entendu ?
53:35Oui
53:36ça fait maintenant
53:37des années
53:37que la France
53:38vit un temps
53:38de crise
53:39de la représentation
53:40politique
53:41donc il y a
53:42le discrédit
53:43qui pèse
53:44à l'endroit
53:44des responsables politiques
53:46qui touche aussi
53:47les institutions politiques
53:49fait qu'on voit
53:52croître
53:52l'envie
53:53d'une démocratie
53:55plus expressive
53:55plus directe
53:56par la rue
53:57par les mobilisations
53:58les manifestations
54:00et donc
54:01il est assez normal
54:02que les jeunes
54:04finalement
54:06embrayent
54:06dans ce climat
54:08bien souvent
54:08ils ne font
54:09qu'amplifier
54:10des tendances
54:11de fond
54:12que l'on voit
54:12dans la société française
54:13bon on a bien vu
54:15avec les gilets jaunes
54:16qu'il y avait
54:18cette volonté aussi
54:19de se faire entendre
54:20autrement
54:20donc on la retrouve
54:21effectivement
54:22chez les jeunes
54:22et justement
54:23ce sera ma dernière question
54:24très rapidement
54:25il y a une mobilisation
54:26attendue le 17 octobre
54:28une convergence
54:28des luttes
54:29est-ce que gilets jaunes
54:30gilets jeunes
54:30tous ces colères
54:31peuvent s'agréger
54:32est-ce que vous le souhaitez
54:33Paul Vanier ?
54:33moi je ne le souhaite pas
54:34je soutiens
54:35je soutiens
54:36ceux qui se battent
54:36pour leurs droits
54:37pour des conditions
54:38dignes d'études
54:38pour pouvoir vivre
54:39tout simplement
54:40et donc je serai
54:41et nous serons
54:42le 17 octobre
54:43dans la rue
54:44avec les lycéens
54:44et tous les salariés
54:45qui manifestent
54:46Céline Calves
54:47au contraire
54:47est-ce que vous
54:48vous le redoutez
54:49un peu
54:49cette agrégation
54:50des colères en France ?
54:51moi je redoute
54:52ceux qui attisent
54:53la colère
54:54et qui voudraient faire
54:55que le 17 octobre
54:57est une journée
54:57de manifestation
54:59soit finalement
55:00une invisibilisation
55:01des revendications
55:03parce que
55:04certains aimeraient
55:05plutôt mettre
55:06le bazar
55:07que de consacrer
55:08un élan
55:09que l'on voit
55:09un élan d'engagement
55:10souvent
55:10les premières manifestations
55:12lycéennes
55:12c'est là où vous vous sentez
55:13faire partie d'un collectif
55:15où vous vous rendez compte
55:16que vous avez
55:16peut-être une place
55:17ce que je crois
55:19condamne
55:19et ce que je déplore
55:20c'est quand on a
55:21certains
55:22qui commencent
55:23à brûler des bâtiments
55:24qui ont été
55:25justement là
55:26un investissement
55:27pour les accueillir
55:28et ça malheureusement
55:29c'est vraiment
55:30ce qu'on déplore
55:31autrement
55:32un élan
55:33de manifestation
55:34avec le droit
55:35de manifester
55:35et le droit
55:36d'être ensemble
55:36oui
55:37le reste
55:37merci infiniment
55:39à tous les trois
55:40Anne Nuxel
55:41Paul Vanier
55:41et Céline Calves
55:42je vous rappelle
55:43notre magazine
55:44colère lycéenne
55:45la nouvelle lutte
55:46des classes
55:46très belle soirée
55:47à tous
55:47sur LCP évidemment
55:51resonance
55:51on
55:51on
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