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  • il y a 23 heures
Ils sont cubains, vietnamiens, iraniens, ouzbeks... ils se retrouvent aujourd’hui en Afrique, après avoir été expulsés par l’administration américaine. Depuis le début de l’année 2025, la nouvelle politique migratoire de Donald Trump a conduit à l’expulsion forcée de plus de 28 000 personnes, des étrangers qui ne peuvent pas légalement être renvoyés dans leur propre pays.

Washington a mis en place un système de « refoulement par procuration », explique Maria Serrano, avocate et chargée de campagne sur les migrations à Amnesty International. « Les Etats africains servent de relais à partir duquel les autorités américaines font une politique qu’elles ne peuvent pas faire elles-mêmes ».

Le Monde a eu accès à un ensemble de données : témoignages de 35 immigrés expulsés, vidéos, documents confidentiels et notes vocales sur les accords passés entre Washington et les pays africains. Ces éléments récoltés dans le cadre d’une enquête, menée par 72 journalistes de quinze pays et vingt-trois médias, et publiée par le consortium Forbidden Stories, montrent l’ampleur du phénomène.

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Transcription
00:00Nous sommes dans un pays où nous sommes presos, et c'est le trafic humain.
00:05Nous n'avons pas un passaporte, nous n'avons pas une visa pour pouvoir produire si nous voulons à ce
00:08pays.
00:08Nous n'avons aucune idée de ce qu'ils nous prennent.
00:10Le police de l'Ice, il m'a demandé si je voulais signer ce papier pour dire que je vais
00:16aller à Eswatini, le pays de l'État.
00:19Tous ces hommes ont été expulsés des États-Unis dans le cadre de la nouvelle politique migratoire de Donald Trump.
00:25Depuis début 2025, plus de 28 000 personnes ont été mises de force dans des avions, selon les données collectées
00:31par des universitaires américains.
00:35Nombreuses d'entre elles n'ont pas été envoyées dans leur pays d'origine, mais vers des pays tiers.
00:4114 sont des États africains.
00:48Un consortium de journalistes a retracé les itinéraires de 35 expulsés.
00:53C'est entretenu avec eux.
00:55Ces gens-là aujourd'hui sont dans une zone grise totale.
00:57C'est-à-dire qu'ils ne savent pas où ils vont, ils ne savent pas où ils vont atterrir.
01:02Le monde a également retrouvé un cubain expulsé en Centrafrique.
01:10Nous avons échangé avec des avocats.
01:13C'est un projet profondément raciste.
01:23Dans cette vidéo, nous allons vous raconter comment l'administration Trump sous-traite massivement sa gestion migratoire à des États
01:30africains et ce qu'elle a à y gagner.
01:37Pour comprendre les rouages de ce système, nous avons commencé par interroger Maria Serrano.
01:43Elle enquête pour Amnesty International sur les violations des droits humains liées à ces expulsions.
02:05En clair, lorsque la justice américaine interdit d'expulser un ressortissant directement vers son pays d'origine,
02:12parce qu'il risque la torture ou la mort, Washington expulse ce migrant vers un autre pays.
02:18Ce pays tiers, avec lequel il n'a aucun lien, l'expulse parfois vers son pays d'origine.
02:26Cette pratique de l'administration américaine contrevient au principe du droit international de non-refoulement.
02:33Entre janvier 2025 et août 2026, au moins 43 vols ont atterri sur le continent africain.
02:46Nous en avons retrouvé un, Yasmany Moreno.
02:49Il a pu conserver un téléphone et nous l'avons contacté dans le centre où il est détenu à Bangui,
02:54en République centrafricaine.
03:00Ce ressortissant cubain a passé dix ans à Miami.
03:16Il est interpellé le 11 mai 2025 à la sortie d'un hôtel.
03:20Il n'a pas de papier, on l'envoie dans un centre de détention au Nouveau-Mexique.
03:24Il n'y passe plus d'un an.
03:35Le 31 juillet 2026, il est mis à bord d'un avion pour la Centrafrique.
03:39Il n'y a pas de porte, on l'a pas de porte.
04:13Depuis, il publie son quotidien sur les réseaux sociaux.
04:19Il vit en ce moment dans un centre d'accueil géré par l'Organisation Internationale des Migrations,
04:24rattachée à l'ONU avec une trentaine d'autres victimes de la politique migratoire américaine.
04:56Yasmany Moreno a demandé une autorisation de séjour aux Etats-Unis.
05:13Impossible pour lui de retourner dans son pays d'origine, Cuba.
05:33Si en Centrafrique, les migrants ont le droit de sortir du centre, en Neswatini, ils sont placés dans cette prison,
05:40dont le collectif de journalistes Forbidden Stories a obtenu des vidéos.
05:45Elle n'accueille que des expulsés des Etats-Unis.
05:57Après son expulsion en Neswatini, Von Chomsavan a été relâché le 5 octobre et se trouve aujourd'hui au Laos,
06:05pays où il n'a jamais vécu.
06:06Le Ghana, lui, pratique les refoulements en chaîne, c'est-à-dire que les migrants ne font que transiter et
06:13sont réexpulsés vers leur pays d'origine.
06:17Forbidden Stories a pu s'entretenir avec une victime de ce refoulement.
06:23Rabiatou Kouyate avait obtenu de la justice américaine une protection pour ne pas être expulsée en Sierra Leone, son pays
06:29d'origine,
06:29car sa vie ou sa liberté y seraient menacées.
06:32Les autorités ghanéennes l'y ont pourtant renvoyé de force.
07:01Aujourd'hui en Sierra Leone, cette ancienne infirmière qui subvenait aux besoins de ses parents et de son fils,
07:06a peur de mourir dans ce pays qu'elle ne considère plus comme le sien.
07:10Elle dit avoir perdu espoir en l'administration américaine.
07:16Democracy Hub, une organisation ghanéenne, a porté plante devant la Cour de justice de la Communauté économique des États d
07:22'Afrique de l'Ouest
07:23pour empêcher que ces refoulements se reproduisent.
07:36Et aussi leur confinement et les faits qu'ils ont été traités à des conditions très inhumaines.
07:45Sur cette vidéo, filmée dans un hôtel en Guinée-Équatoriale, plusieurs immigrés sont menacés par des policiers armés.
07:52L'homme à genoux, c'est Ahmed Soliman, un Égyptien expulsé par l'administration Trump.
07:57La vérité de l'arrivée ici a qui avait sonrafé, pour environ deux semaines,
08:03et il a commonly eu goûté à l'arrivée d'autres officiers,
08:06pour essayer de leur parler de la direction des violences.
08:09C'est quand ils ont pris l'aliment à l'hôtel,
08:12où ils pointaient leurs armes à moi,
08:16ils coquaient leurs armes,
08:17ils ont pris la sécurité
08:17et ils pointaient leurs armes à moi
08:20pour m'aider à m'aider à m'aider à m'aider
08:21avec mes mains sur les mains,
08:22où j'ai dû rester dans cette position
08:24pour 10-15 minutes
08:27pendant qu'il y avait un chaos qui se passe dans l'hôtel.
08:31Plus de 70 sans-papiers sont arrivés en Guinée-Équatoriale.
08:3535 sont actuellement détenus dans cet hôtel.
08:42Je suis en Guinée-Équatoriale
08:43sur lesquels qu'ils sont lesquels qu'ils doivent traer.
08:49J'ai l'impression qu'il n'y a pas de criterium,
08:51parce que, sachant que en Guinée
08:55se parlent en castellano ou en espagnol,
08:57se pourrait avoir traisé plus latins
08:59dans le pays,
09:00mais il y a plus en autres pays
09:02comme Ghana ou la République Centro-Africaine.
09:06Le premier que nous faisons est de l'assile
09:08pour la plupart des gens,
09:11pour convaincre ces pays d'accueillir
09:23des ressortissants étrangers,
09:24Washington a signé des accords.
09:26Selon ces documents obtenus par Forbidden Stories,
09:29les Swatini a reçu 5 millions de dollars,
09:32le Rwanda, 7,5 millions.
09:35Et selon des documents internes du département d'État
09:38révélés par le Washington Post,
09:39l'administration américaine a prévu de consacrer
09:42au moins 410 millions de dollars à cette politique.
09:47Interpellée par Forbidden Stories
09:49sur ses expulsions dans des pays tiers,
09:51l'administration américaine répond.
09:54Les clandestins envoyés vers des pays tiers
09:56sont ceux dont les pays d'origine refusent le retour.
09:59Si un clandestin choisit de déposer une requête devant un tribunal
10:02pour refuser de retourner dans son pays d'origine,
10:04la loi nous oblige à lui trouver une nation sûre
10:07et sécuriser où se rendre.
10:08Si un clandestin choisit de rentrer chez lui,
10:10nous lui offrons le vol de retour
10:12et un chèque de 3000 dollars.
10:14Le choix lui appartient.
10:16Notre message est clair.
10:17Si vous venez dans notre pays illégalement,
10:20vous pourriez vous retrouver dans une prison de haute sécurité
10:22ou dans un autre pays tiers.
10:24Le président Trump utilise tous les outils disponibles
10:27pour expulser les criminels clandestins de notre pays.
10:30Enfin, le département d'État se dédouane de toute responsabilité
10:34une fois le migrant arrivé en pays tiers.
10:38Lorsqu'un individu n'est plus sous la garde de l'AIS,
10:40l'AIS n'en est plus responsable.
10:42C'est du bon sens.
11:07Merci.

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