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  • il y a 10 minutes
Gérard Heinz, membre de l'exécutif national du SNPDEN-UNSA et proviseur d'un lycée à Cholet (Maine-et-Loire), dénonce l'ampleur des violences et intimidations visant les directions d'établissements scolaires durant les mobilisations lycéennes.

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Transcription
00:00Fondamentalement, on a encore la conviction que nous sommes dans une société démocratique
00:05où les désaccords doivent s'exprimer dans ce cadre démocratique,
00:10mais lancer à la vindicte populaire le nom d'improviseur parce qu'il fait son travail,
00:16je rappelle que nous sommes des fonctionnaires des cadres supérieurs
00:21chargés d'appliquer les politiques publiques, c'est absolument inacceptable.
00:26Et là, vous avez énoncé une situation, mais nous, S&P2N, on en a repéré déjà plus d'une centaine
00:34de situations comme ça, avec des affiches qui se fabriquent avec l'IA
00:39et qui permettent de dire « dead or alive, wanted »,
00:43donc voilà, c'est quelque part des menaces de mort, mort ou vif,
00:50en direction des proviseurs, et ça, c'est absolument inacceptable.
00:54Vous allez tenir le coup ?
00:56On n'a pas trop le choix.
00:58Je ne sais pas comment on va faire notre hiérarchie locale,
01:03qui par ailleurs nous soutient.
01:05Je tiens à remercier aussi notre hiérarchie DSDEN-Rectorat, qui effectivement est à nos côtés,
01:14mais si au retour des vacances, ça continue avec cette violence,
01:21et qu'un certain nombre de chefs d'établissement se mettent en arrêt maladie,
01:25il n'y a pas de titulaire remplaçant chez les chefs d'établissement.
01:29Monsieur le proviseur, j'ai une question pour vous.
01:34Ce que je comprends depuis le début de ce mouvement, c'est que les professeurs disent
01:38« ok, ce mouvement des élèves, globalement, il représente aussi des choses qu'on demande depuis longtemps ».
01:42D'accord.
01:43On voit qu'il y a des dérives.
01:44À un moment donné, je pense, mais c'est une interrogation à la vie qui est partagée par plusieurs Français,
01:48que l'ambiguïté a ses limites, à un certain point.
01:51C'est-à-dire que, soit vous dites « ce mouvement doit se dérouler, doit aller au bout et on
01:55soutient »,
01:56soit vous dites « on n'est pas formé pour ça et ça se déborde, il faut que ça s
01:59'arrête ».
01:59Mais en fait, moi j'ai l'impression qu'il y a une sorte d'ambiguïté dans l'ensemble du
02:02corps professoral en France
02:03relativement au soutien qu'il apporte ou pas à ce mouvement.
02:06L'entre-deux me paraît impossible, en fait, à tenir.
02:08Gérard Heinz.
02:10Alors, moi je ne suis pas prof, je suis chef d'établissement, donc pour moi il n'y a aucune
02:14ambiguïté.
02:14Je veux dire le personnel enseignant, excusez-moi.
02:15Oui, mais les personnels enseignants, ils ont leur propre organisation syndicale qui prennent des positions.
02:24Moi je m'exprime au nom des chefs d'établissement.
02:27Nous, on est les représentants de l'État à la tête de nos établissements.
02:32Nous avons d'abord la responsabilité de la sécurité des biens et des personnes.
02:36Donc les lycéens, ils ont le droit de manifester.
02:39C'est un droit qui est garanti pour eux.
02:43Pour autant, normalement, ils n'ont pas le droit de faire des blocus.
02:46Et surtout, ils n'ont pas le droit de tomber dans des dérives violentes.
02:50Ces dérives violentes délégitiment le mouvement que les lycéens sont en train de conduire.
02:56Est-ce qu'il y a un blocage dans votre lycée encore aujourd'hui ?
03:00Ou est-ce qu'aujourd'hui, les élèves peuvent aller en cours ?
03:04Ce matin, il y a eu une tentative de blocus qui a été avortée parce qu'il n'y avait
03:09pas suffisamment de monde.
03:11Hier, on a eu un blocus extrêmement dur.
03:14Manifestement, demain, ça va être à nouveau le cas.
03:17Donc, ce n'est pas tous les jours.
03:18Mais du coup, cette alternance entre jours normaux et blocus
03:25crée de la fatigue et de la lassitude, y compris chez les personnels.
03:30Parce qu'on ne sait jamais comment la situation va évoluer d'un jour à l'autre.
03:33– Une dernière question, Stéphane Giroux.
03:35– Oui, M. le proviseur, j'ai été assez surpris quand vous avez dit tout à l'heure
03:39qu'il faut impérativement qu'on refasse les batteries.
03:42On est le 14 octobre.
03:44On commence à peine l'année scolaire.
03:47Dans quel état serez-vous, collectivement, dans quelques mois ?
03:54– Écoutez, je n'en sais rien.
03:56Je n'en sais rien, d'autant plus que cette année a déjà mal commencé
03:59avec les conséquences des cyberattaques
04:01qui ont créé beaucoup de pagailles dans l'organisation des lycées.
04:05Donc, moi, ça fait 25 ans que je suis personnel de direction.
04:09Je n'ai jamais vécu une rentrée aussi éreintante.
04:13Et vous avez raison, nous sommes le 14 octobre.
04:17Je ne sais pas si on va tenir la distance de ce marathon
04:21qui est en fait un double marathon.
04:23Voilà.
04:24– Merci beaucoup.
04:25Merci d'avoir pris le temps de répondre à nos questions ce matin.
04:28Gérard Reins, vous êtes proviseur d'un lycée à Cholet
04:31et vous êtes membre de l'exécutif national du SNPDEN-UNSA
04:37qui représente ses personnels de direction.
04:40– Merci beaucoup.
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