00:01Comment une série peut-elle conserver ses personnages, son humour et ses bonnes idées et
00:07pourtant perdre toute sa magie ? C'est exactement la question que je me suis posée devant la
00:11saison 2 de Dare You. Parce que dès le premier épisode, quelque chose me dérangeait. Il m'a
00:16fallu retourner à la première saison pour comprendre quoi. L'année dernière, Dare You
00:21avait été un véritable coup de cœur. Une petite comédie romantique française portée par des
00:26personnages attachants, un casting convaincant et surtout une manière de raconter son histoire
00:31qui m'avait immédiatement séduit. 15 épisodes d'une vingtaine de minutes avec cette impression
00:36de tourner les pages d'un livre. Chaque épisode donnait envie de découvrir le suivant. J'avais
00:40dévoré la saison. Alors forcément, j'attendais la deuxième avec impatience. Et je tiens à
00:46le dire, cette saison 2, elle n'est pas mauvaise. On retrouve les personnages avec plaisir, l'humour
00:52fonctionne toujours. Certaines scènes sont vraiment réussies et je trouve même les acteurs
00:56globalement meilleurs que dans la première saison. L'écriture conserve aussi de vraies
01:01qualités. Il y a des échanges justes, de bonnes situations et cette légèreté qui faisait
01:06le charme de la série. Mais tout ne fonctionne pas aussi bien. Le début de saison tire un peu
01:13en longueur. Certaines situations s'étirent alors qu'on devine déjà l'issue. Et paradoxalement,
01:18d'autres intrigues sont résolues beaucoup trop rapidement. Celle d'Horus par exemple aurait
01:24mérité beaucoup plus de développement. C'est d'autant plus frustrant parce que la
01:28série possède les personnages et les situations nécessaires pour aller plus loin. Et c'est
01:33là que le passage de 15 épisodes à 10 me laisse partager. Parce que je ne suis pas certain que
01:395 épisodes supplémentaires auraient à ranger les choses. Le problème n'est pas uniquement
01:43le temps disponible, mais la manière dont il est réparti. La première saison avait
01:48ce côté chapitré, presque feuilletonesque, qui donnait une vraie dynamique à l'ensemble.
01:54Ici, je trouve cette sensation moins présente. Et surtout, j'ai l'impression que parfois
01:59certaines intrigues étaient refermées pour laisser la place à de nouvelles pistes. Comme
02:04si la série cherchait déjà à préparer la troisième saison. C'est dommage, parce qu'il
02:09y avait encore des choses à raconter dans celle-ci. Mais malgré tout ça, j'ai pris
02:13plaisir à regarder cette saison 2 de Der You. Alors pourquoi cette déception ? Il y a
02:19une scène qui résume assez bien mon problème, celle du Grand Rex. Sur le papier, c'était
02:25une très bonne idée. Ter danser deux personnages devant l'un des cinémas les plus emblématiques
02:29de Paris, à la tombée de la nuit. Avec les lumières de la façade et les reflets
02:34au sol, c'est romantique. C'est visuel. Ça a tout pour fonctionner. Et d'ailleurs,
02:40l'idée fonctionne. Mais sa traduction à l'image me laisse beaucoup plus indifférent.
02:46Parce que c'est là, pour moi, que se situe la véritable différence entre les deux saisons.
02:50La première saison ne se contentait pas d'avoir de belles images. Elle possédait une véritable
02:55identité photographique. Des lumières qui sculptaient les visages. Des ombres aux tonalités
03:00froides, parfois scions, qui contrastaient avec la chaleur d'écarnation. Des arrière-plans
03:05travaillés. Des personnages détachés de leur environnement. Des cadrages qui donnaient
03:10de l'importance à des situations pourtant très simples. Il y avait une recherche esthétique
03:16jusqu'à dans les scènes les plus ordinaires. Et c'est ce qui m'avait autant surpris.
03:20Parce qu'on parle ici d'une comédie française, pas d'une grande production qui cherchait à
03:24impressionné par son spectacle. Pourtant, la première saison proposait du cinéma.
03:29Dans cette deuxième saison, je ne retrouve plus vraiment cette sensation.
03:33La lumière me paraît souvent plus uniforme. Les contrastes moins expressifs. Les couleurs
03:38moins affirmées. Les images restent propres, parfois jolies. Mais elles me semblent beaucoup
03:42plus conventionnelles. Attention, je ne dis pas qu'il n'y a aucun beau plan. Certaines scènes
03:47conservent de très bonnes idées visuelles. Mais une belle idée de mise en scène et une belle
03:51photographie, ce n'est pas exactement la même chose. Et c'est précisément ce décalage
03:57qui me dérange. Là où la première saison parvenait à donner une véritable personnalité
04:01à ces images, la deuxième me semble avoir perdu une partie de cette ambition.
04:06Après avoir terminé cette deuxième saison, j'ai donc relancé l'épisode 1 de la saison
04:12et immédiatement, j'ai retrouvé ce qui m'avait séduit. Alors oui, Deryu reste une
04:17série agréable, avec des personnages auxquels je reste attaché. De bonnes scènes et une
04:22écriture qui sait encore faire mouche. Mais cette deuxième saison m'a aussi rappelé
04:26à quel point l'image participe à notre attachement à une œuvre. Parce qu'une série n'est pas
04:31seulement ce qu'elle raconte, c'est aussi la manière dont elle choisit de nous le montrer.
04:36Et dans le cas de Deryu, c'est peut-être ce qui faisait toute la différence.