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  • il y a 9 minutes
La plateforme d'orientation post-bac Parcoursup est dans le viseur des lycéens, qui demandent la fin de ce procédé de sélection.Depuis 2018, c'est par cette plateforme que les futurs bacheliers doivent passer pour formuler leurs voeux d'études supérieures. 

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Transcription
00:00Alors regardez, c'est un site internet, vous vous connectez dessus, c'est un site gouvernemental et depuis 2018, il
00:06permet aux terminales notamment de s'inscrire pour leurs études supérieures.
00:10Alors il a un double usage, à la fois de documentation puisqu'il recense toutes les informations qui concernent les
00:1525 000 formations disponibles,
00:17mais aussi une fonction d'inscription puisque c'est une plateforme, une interface sur laquelle les candidats vont déposer un
00:24dossier,
00:24une sorte de CV électronique qui sera ensuite anonymisé, dans lequel ils vont détailler leur profil, leur scolarité, par exemple
00:31toutes les notes qu'ils ont obtenues depuis la première,
00:34c'est sur contrôle continu, leur rang dans la classe, mais aussi leurs activités, par exemple extra-scolaire, leur centre
00:39d'intérêt.
00:40Et ensuite il y a plusieurs étapes selon un calendrier bien précis.
00:43Les candidats vont commencer tout d'abord entre le mois de janvier et avril à déposer une dizaine maximum, 10
00:49voeux maximum principaux de formation supérieure.
00:52Ensuite les établissements de formation eux vont étudier ces dossiers, ils vont faire leur tri, leur sélection selon le profil,
00:59selon le mérite,
01:00ils ont leurs propres critères et c'est eux qui font le tri, ce n'est pas la plateforme Parcoursup,
01:04c'est bien de le préciser.
01:06Ensuite seulement, à partir de juin jusqu'à juillet, il y aura une première phase d'acceptation d'admission.
01:12Là les établissements donneront leurs réponses et une phase complémentaire pour les retardataires aura lieu jusqu'au mois de septembre.
01:19Alors qu'en pensent les lycéens, notamment qu'on a rencontré hier au salon de l'étudiant ?
01:24Pour eux tout simplement c'est une source de stress, elle manque de transparence et surtout les réponses sont très
01:28longues à attendre.
01:30Et nous on ne comprend pas trop le fonctionnement et même les profs ils nous disent qu'eux-mêmes ne
01:35comprennent pas en fait.
01:35C'est vraiment pas forcément jugé en fonction de nos capacités, c'est un peu un stress forcément de devoir
01:41choisir son avenir comme ça.
01:44Catherine Moisan, bonjour, vous êtes ancienne inspectrice générale de l'éducation nationale.
01:49Vous venez d'entendre peut-être Fanny Weckscheider, ces lycéens aussi qui sont très stressés par cette plateforme Parcoursup.
01:55Qu'est-ce qui pourrait être amélioré rapidement pour au moins diminuer un peu ce niveau de stress produit par
02:03la plateforme ?
02:04Bonjour, alors ce qu'il faudrait améliorer c'est peut-être des choses dans Parcoursup lui-même, mais aussi on
02:11va dire dans son écosystème.
02:13C'est pas seulement Parcoursup, en fait les jeunes ont une très grande angoisse pour décider de leur avenir,
02:18surtout dans un pays où il y a peu de possibilités de retour en arrière et ça se focalise un
02:25peu sur l'outil évidemment dont on se sert actuellement pour cet avenir.
02:29Parcoursup c'est 25 000 formations et 1 million de candidats, donc c'est effectivement compliqué.
02:35On pourrait améliorer une chose sur l'outil lui-même, c'est de l'accélérer encore.
02:40Ceci dit, je veux dire l'an dernier, au bout de deux semaines, il y avait les trois quarts des
02:47candidats qui étaient admis,
02:49qui avaient une proposition et qui l'avaient accepté.
02:53Alors il y a un autre sujet qu'on pourrait améliorer mais qui est vraiment essentiel et les lycéens le
02:58disent,
02:58c'est que comme vous l'avez très bien expliqué, c'est pas Parcoursup qui classe les candidats.
03:03Ce sont des commissions de chaque formation, ce sont des individus dans les formations qui examinent les dossiers et qui
03:10classent les candidats.
03:11Sur des notions bien sûr, non seulement de mérite, mais de cohérence entre ce qu'a appris le candidat, les
03:18disciplines qu'il a faites et la formation dans laquelle il veut aller.
03:20Or ça, les critères qu'utilisent ces commissions ne sont absolument pas transparents.
03:26Et ça, ça donne une opacité du système et les lycéens et leurs parents ont absolument raison de dire qu
03:33'il faut de la transparence sur ces critères.
03:36Des fois c'est compliqué, mais on peut dire les choses simplement.
03:39Quand vous voulez faire une licence d'espagnol, on va peut-être quand même mettre votre note d'espagnol en
03:46premier.
03:46Vous voyez, il y a des choses basiques comme ça.
03:49Voilà, donc lenteur du système, c'est ce que vous nous dites, c'est aussi un peu aléatoire.
03:56Vous dites que les choses, c'est assez opaque, les décisions qui sont prises par les commissions.
04:02Est-ce que c'est ça qui fait que les parents, pardon, les professeurs aussi, je ne sais pas si
04:06quelqu'un a eu ces enfants qui ont fait Parcoursup autour de cette table.
04:09Pas encore.
04:09Je veux dire, pas encore, je suis la seule.
04:12C'est un enfer.
04:14C'est le sang qui a dû vécu.
04:15Mais non, mais c'est un enfer, mais c'est angoissant le niveau de stress aussi pour les parents parce
04:19qu'on a l'impression, on a le sentiment que c'est un ordinateur qui décide de l'avenir de
04:24nos enfants.
04:25Est-ce que c'est vraiment le cas ?
04:27Non, justement, ce n'est pas un ordinateur qui décide de l'avenir des enfants.
04:31L'ordinateur, c'est-à-dire l'algorithme de Parcoursup, je veux dire, il ne fait qu'une chose, il
04:36met en relation des jeunes avec leurs voeux et des formations avec leur classement.
04:41C'est tout ce qu'il fait.
04:42Par contre, je veux dire, là où ce n'est pas un ordinateur, mais ce sont des humains qui, je
04:48le répète, classent les candidats en fonction.
04:52Alors, un jeune, il a très envie d'aller dans une formation.
04:55Il faudrait d'abord qu'il sache, je veux dire, quelles sont ses chances d'être pris dans cette formation.
05:01Et aussi, je dirais, quelles sont ses chances d'y réussir.
05:05Parce qu'on ne va pas dans l'enseignement supérieur pour être placé dans l'enseignement supérieur.
05:09On y va pour réussir.
05:10Donc ça, il faut l'améliorer.
05:12L'autre chose, il faut l'améliorer.
05:13On va poser une petite question à Véronique Feb, qui était avec nous ce matin.
05:17En fait, vous nous dites, Véro, qu'il n'y a pas d'autre solution.
05:20Il n'y a pas de meilleure solution, Véronique.
05:22Le 19 janvier, Parcoursup ouvre.
05:24On n'a pas de plan B.
05:25On entend dire, il faut supprimer Parcoursup.
05:27Si vous supprimez Parcoursup, là maintenant, on aura, pour certaines formations,
05:31des dizaines de milliers de personnes qui vont devoir faire la queue la nuit, le jour.
05:35Parce que c'est ça, en fait, la réalité.
05:37C'est que vous avez des formations qui ont des dizaines de milliers de demandes.
05:42Et pour être clair, vous avez ces 25 000 formations.
05:44Mais en réalité, tous les étudiants veulent aller au même endroit.
05:48Ils veulent tous aller à Paris 1 endroit.
05:50Ils veulent tous aller en psycho.
05:52Avec une opacité sur, si vous voulez, leur niveau réel.
05:56Et c'est ça aussi, il y a aussi un enjeu là-dessus.
05:59C'est-à-dire qu'on a vu une inflation des notes au contrôle continu.
06:02Et tous les élèves se disent, mais j'ai 18 de moyenne, je peux y aller.
06:06Mais oui, mais on sait bien, et c'est injuste, et c'est difficile.
06:09Mais un 18 à Henri IV, ce n'est pas un 18 dans un lycée du centre de la France.
06:15Et c'est comme ça.
06:16Et malheureusement, Parcoursup, pour l'instant, ne réussit pas à aligner, si vous voulez,
06:20ce système de notation.

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