00:00Alors regardez, c'est un site internet, vous vous connectez dessus, c'est un site gouvernemental et depuis 2018, il
00:06permet aux terminales notamment de s'inscrire pour leurs études supérieures.
00:10Alors il a un double usage, à la fois de documentation puisqu'il recense toutes les informations qui concernent les
00:1525 000 formations disponibles,
00:17mais aussi une fonction d'inscription puisque c'est une plateforme, une interface sur laquelle les candidats vont déposer un
00:24dossier,
00:24une sorte de CV électronique qui sera ensuite anonymisé, dans lequel ils vont détailler leur profil, leur scolarité, par exemple
00:31toutes les notes qu'ils ont obtenues depuis la première,
00:34c'est sur contrôle continu, leur rang dans la classe, mais aussi leurs activités, par exemple extra-scolaire, leur centre
00:39d'intérêt.
00:40Et ensuite il y a plusieurs étapes selon un calendrier bien précis.
00:43Les candidats vont commencer tout d'abord entre le mois de janvier et avril à déposer une dizaine maximum, 10
00:49voeux maximum principaux de formation supérieure.
00:52Ensuite les établissements de formation eux vont étudier ces dossiers, ils vont faire leur tri, leur sélection selon le profil,
00:59selon le mérite,
01:00ils ont leurs propres critères et c'est eux qui font le tri, ce n'est pas la plateforme Parcoursup,
01:04c'est bien de le préciser.
01:06Ensuite seulement, à partir de juin jusqu'à juillet, il y aura une première phase d'acceptation d'admission.
01:12Là les établissements donneront leurs réponses et une phase complémentaire pour les retardataires aura lieu jusqu'au mois de septembre.
01:19Alors qu'en pensent les lycéens, notamment qu'on a rencontré hier au salon de l'étudiant ?
01:24Pour eux tout simplement c'est une source de stress, elle manque de transparence et surtout les réponses sont très
01:28longues à attendre.
01:30Et nous on ne comprend pas trop le fonctionnement et même les profs ils nous disent qu'eux-mêmes ne
01:35comprennent pas en fait.
01:35C'est vraiment pas forcément jugé en fonction de nos capacités, c'est un peu un stress forcément de devoir
01:41choisir son avenir comme ça.
01:44Catherine Moisan, bonjour, vous êtes ancienne inspectrice générale de l'éducation nationale.
01:49Vous venez d'entendre peut-être Fanny Weckscheider, ces lycéens aussi qui sont très stressés par cette plateforme Parcoursup.
01:55Qu'est-ce qui pourrait être amélioré rapidement pour au moins diminuer un peu ce niveau de stress produit par
02:03la plateforme ?
02:04Bonjour, alors ce qu'il faudrait améliorer c'est peut-être des choses dans Parcoursup lui-même, mais aussi on
02:11va dire dans son écosystème.
02:13C'est pas seulement Parcoursup, en fait les jeunes ont une très grande angoisse pour décider de leur avenir,
02:18surtout dans un pays où il y a peu de possibilités de retour en arrière et ça se focalise un
02:25peu sur l'outil évidemment dont on se sert actuellement pour cet avenir.
02:29Parcoursup c'est 25 000 formations et 1 million de candidats, donc c'est effectivement compliqué.
02:35On pourrait améliorer une chose sur l'outil lui-même, c'est de l'accélérer encore.
02:40Ceci dit, je veux dire l'an dernier, au bout de deux semaines, il y avait les trois quarts des
02:47candidats qui étaient admis,
02:49qui avaient une proposition et qui l'avaient accepté.
02:53Alors il y a un autre sujet qu'on pourrait améliorer mais qui est vraiment essentiel et les lycéens le
02:58disent,
02:58c'est que comme vous l'avez très bien expliqué, c'est pas Parcoursup qui classe les candidats.
03:03Ce sont des commissions de chaque formation, ce sont des individus dans les formations qui examinent les dossiers et qui
03:10classent les candidats.
03:11Sur des notions bien sûr, non seulement de mérite, mais de cohérence entre ce qu'a appris le candidat, les
03:18disciplines qu'il a faites et la formation dans laquelle il veut aller.
03:20Or ça, les critères qu'utilisent ces commissions ne sont absolument pas transparents.
03:26Et ça, ça donne une opacité du système et les lycéens et leurs parents ont absolument raison de dire qu
03:33'il faut de la transparence sur ces critères.
03:36Des fois c'est compliqué, mais on peut dire les choses simplement.
03:39Quand vous voulez faire une licence d'espagnol, on va peut-être quand même mettre votre note d'espagnol en
03:46premier.
03:46Vous voyez, il y a des choses basiques comme ça.
03:49Voilà, donc lenteur du système, c'est ce que vous nous dites, c'est aussi un peu aléatoire.
03:56Vous dites que les choses, c'est assez opaque, les décisions qui sont prises par les commissions.
04:02Est-ce que c'est ça qui fait que les parents, pardon, les professeurs aussi, je ne sais pas si
04:06quelqu'un a eu ces enfants qui ont fait Parcoursup autour de cette table.
04:09Pas encore.
04:09Je veux dire, pas encore, je suis la seule.
04:12C'est un enfer.
04:14C'est le sang qui a dû vécu.
04:15Mais non, mais c'est un enfer, mais c'est angoissant le niveau de stress aussi pour les parents parce
04:19qu'on a l'impression, on a le sentiment que c'est un ordinateur qui décide de l'avenir de
04:24nos enfants.
04:25Est-ce que c'est vraiment le cas ?
04:27Non, justement, ce n'est pas un ordinateur qui décide de l'avenir des enfants.
04:31L'ordinateur, c'est-à-dire l'algorithme de Parcoursup, je veux dire, il ne fait qu'une chose, il
04:36met en relation des jeunes avec leurs voeux et des formations avec leur classement.
04:41C'est tout ce qu'il fait.
04:42Par contre, je veux dire, là où ce n'est pas un ordinateur, mais ce sont des humains qui, je
04:48le répète, classent les candidats en fonction.
04:52Alors, un jeune, il a très envie d'aller dans une formation.
04:55Il faudrait d'abord qu'il sache, je veux dire, quelles sont ses chances d'être pris dans cette formation.
05:01Et aussi, je dirais, quelles sont ses chances d'y réussir.
05:05Parce qu'on ne va pas dans l'enseignement supérieur pour être placé dans l'enseignement supérieur.
05:09On y va pour réussir.
05:10Donc ça, il faut l'améliorer.
05:12L'autre chose, il faut l'améliorer.
05:13On va poser une petite question à Véronique Feb, qui était avec nous ce matin.
05:17En fait, vous nous dites, Véro, qu'il n'y a pas d'autre solution.
05:20Il n'y a pas de meilleure solution, Véronique.
05:22Le 19 janvier, Parcoursup ouvre.
05:24On n'a pas de plan B.
05:25On entend dire, il faut supprimer Parcoursup.
05:27Si vous supprimez Parcoursup, là maintenant, on aura, pour certaines formations,
05:31des dizaines de milliers de personnes qui vont devoir faire la queue la nuit, le jour.
05:35Parce que c'est ça, en fait, la réalité.
05:37C'est que vous avez des formations qui ont des dizaines de milliers de demandes.
05:42Et pour être clair, vous avez ces 25 000 formations.
05:44Mais en réalité, tous les étudiants veulent aller au même endroit.
05:48Ils veulent tous aller à Paris 1 endroit.
05:50Ils veulent tous aller en psycho.
05:52Avec une opacité sur, si vous voulez, leur niveau réel.
05:56Et c'est ça aussi, il y a aussi un enjeu là-dessus.
05:59C'est-à-dire qu'on a vu une inflation des notes au contrôle continu.
06:02Et tous les élèves se disent, mais j'ai 18 de moyenne, je peux y aller.
06:06Mais oui, mais on sait bien, et c'est injuste, et c'est difficile.
06:09Mais un 18 à Henri IV, ce n'est pas un 18 dans un lycée du centre de la France.
06:15Et c'est comme ça.
06:16Et malheureusement, Parcoursup, pour l'instant, ne réussit pas à aligner, si vous voulez,
06:20ce système de notation.