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Les députés examinent une "proposition de loi visant à moderniser et rééquilibrer le fonctionnement du titre-restaurant". Le texte, porté par le député LIOT Christophe Naegelen, a été adopté en commission le 7 octobre dernier, sans le double-plafonnement souhaité par le rapporteur. C'est donc une seconde chance, ce 12 octobre, à l'occasion de son examen dans l'hémicycle, de de la création d'un double plafond pour les restaurants et les enseignes de produits alimentaires.
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00:00:08Bonjour à tous, bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:11Lundi 12 octobre, les députés examinent une proposition de loi pour moderniser et rééquilibrer les titres restaurants.
00:00:19Doit-on créer un plafond différent quand on les utilise dans les supermarchés ?
00:00:22Peut-on les utiliser le week-end et les jours fériés ?
00:00:26Voilà de nombreuses questions que se posent les députés.
00:00:28Regardez.
00:00:29La parole est à M. Christophe Neiglène, rapporteur de la Commission des Affaires Sociales.
00:00:41Merci Madame la Présidente.
00:00:44Monsieur le Ministre, Madame la Présidente de la Commission des Affaires Sociales, mes chers collègues,
00:00:49né en 1967, le titre restaurant est devenu l'un des avantages sociaux les plus répandus et les plus appréciés
00:00:56des Français.
00:00:58En 2024, plus de 1,2 milliard de titres ont été émis au bénéfice de 6 millions de salariés par
00:01:05235 000 entreprises pour une valeur de plus de 10 milliards d'euros.
00:01:1092% des bénéficiaires la jugent utile.
00:01:14Ce succès, il repose sur une double vocation.
00:01:17Nourrir le salarié d'une part et faire vivre la restauration de l'autre.
00:01:22Pour de nombreux restaurateurs, c'est un objet extrêmement utile.
00:01:27Les titres représentent ainsi entre 15 à 20% de leur chiffre d'affaires.
00:01:32Mais près de 60 ans plus tard, le titre restaurant a changé de nature et d'usage, sans que son
00:01:38cadre juridique suive.
00:01:40Avec le télétravail, de plus en plus de salariés des jeunes chez eux, ils sont aussi plus nombreux à apporter
00:01:45leur repos au bureau.
00:01:46Le retour de l'inflation en 2022 en a fait un instrument de pouvoir d'achat précieux pour ses bénéficiaires.
00:01:51La dématérialisation, enfin, en a transformé ses usages.
00:01:56Il en résulte donc un décalage, un décalage entre le droit et les aspirations légitimes des Français qui utilisent ces
00:02:03titres.
00:02:03Cette proposition de loi est simple. Elle procède d'une conviction qui vise à ce que les titres restaurants conservent
00:02:12la confiance des salariés, des employeurs, des restaurateurs et des commerçants,
00:02:16qu'ils se reposent sur des règles stables, modernes et équilibrées.
00:02:23Plusieurs sujets doivent nous occuper.
00:02:25Le premier, c'est la précarité de ces usages.
00:02:28Depuis 2022, les salariés peuvent acheter avec leur titre tout produit alimentaire.
00:02:32C'est une mesure d'urgence face à l'inflation.
00:02:35Nous l'avons prorogée par deux fois jusqu'au 31 décembre prochain.
00:02:39Régler ses produits alimentaires avec ses titres restaurants est devenu un usage quotidien.
00:02:4496% des bénéficiaires souhaitent pouvoir continuer à le faire.
00:02:49Face à une telle approbation, nous ne pouvons plus légiférer par à coup.
00:02:56Nous devons donc l'acter dans la loi.
00:02:59Le deuxième sujet, c'est le support.
00:03:01Le papier ne représentait plus qu'environ 20% des titres émis en 2024.
00:03:05Mais il continue d'imposer aux commerçants des manipulations coûteuses
00:03:10et de conforter les positions acquises des principaux émetteurs, notamment dans les appels d'offres.
00:03:16Le troisième sujet, c'est le fonctionnement même du marché.
00:03:19Les émetteurs vendent les titres aux employeurs et les rembourses aux commerçants.
00:03:23Pour gagner des clients, ils se font concurrence auprès des employeurs à coup de remise et de rabot,
00:03:28au point de céder parfois des titres en dessous de leurs valeurs.
00:03:32A ces trois sujets, le texte apporte des réponses.
00:03:37En premier lieu, il pérennise l'achat de tout produit alimentaire permettant de préparer un repas,
00:03:43à l'exception de catégories exclues par décret, comme l'alcool, les confiseries.
00:03:48En deuxième lieu, il généralise la dématérialisation, comme le recommandait l'autorité de la concurrence.
00:03:56En troisième lieu, il interdit les remises qui permettent de céder les titres aux employeurs en dessous de leurs valeurs
00:04:04et il permet en outre à chaque émetteur d'adresser chaque année à chaque commerçant le récapitalitif de tous les
00:04:11frais qui lui ont été facturés.
00:04:12Ces mesures doivent ouvrir un marché où interviennent 19 émetteurs.
00:04:17C'est ainsi que, par le jeu même de la concurrence, en plus des différents amendements qui ont été adoptés
00:04:24et de ce qu'il y avait à l'origine dans le projet de loi, que baisseront les commissions des
00:04:28restaurateurs et des commerçants.
00:04:30Enfin, le texte fait du don de titres aux associations d'aide alimentaire un droit pour chaque salarié.
00:04:36La fin du papier ne doit pas signifier le recul de la solidarité.
00:04:40Ces mesures, elles entreront en vigueur le 1er janvier 2028,
00:04:43laissant ainsi un délai d'un an à tous les acteurs pour s'organiser et adapter leur fonctionnement à ce
00:04:48nouveau cadre.
00:04:49Dans l'intervalle, ce texte prolonge jusqu'au 31 décembre 2027 le cadre dérogatoire actuellement applicable,
00:04:56de sorte que les personnes bénéficiant de titres restaurants puissent continuer à les utiliser pour faire leurs courses.
00:05:02J'ai entendu lors des débats l'ensemble des parties prenantes.
00:05:06Toutes ont soutenu ce texte, même si certaines l'auraient voulu plus ambitieux.
00:05:11Et si sur un sujet où les intérêts divergent autant, ce consensus est rare.
00:05:16Il tient, je crois, à l'équilibre du texte, qui ne donne pas tout à tout le monde,
00:05:21mais apporte à chacun une réponse à ses attentes légitimes.
00:05:27Mercredi dernier, notre commission a enrichi ce texte sur deux points majeurs.
00:05:31D'abord, les titres pourront être utilisés tous les jours de la semaine, y compris le dimanche et les jours
00:05:37fériés.
00:05:39La commission s'est inscrite dans la loi.
00:05:43Les salariés pourront faire donc leurs courses le dimanche.
00:05:46Et surtout, les restaurateurs, ouvrant le dimanche midi, les jours fériés,
00:05:50nombreux dans nos territoires, gagneront une nouvelle clientèle.
00:05:54Ensuite, face aux nombreuses demandes de plafonnement strictes des frais prélevés sur les commerçants et les restaurateurs,
00:06:00le gouvernement pourra maintenant plafonner par décret, après avis de l'autorité de la concurrence,
00:06:07l'ensemble des commissions et frais facturés aux restaurateurs et aux commerçants.
00:06:12Ce plafond devra couvrir les coûts des émetteurs et une rémunération normale à leur activité.
00:06:17De plus, à l'initiative de notre collègue Nicolas Turquois, cette faculté sera ouverte dès 2028.
00:06:23Le message ainsi adressé aux émetteurs est clair.
00:06:27Les baisses des commissions doivent être au rendez-vous et l'outil existe pour y pourvoir.
00:06:35Je peux regretter, bien entendu, qu'aucune proposition de plafond journalier différenciée,
00:06:40l'un pour les restaurants, l'autre pour les commerçants, n'ait pu être adoptée en commission.
00:06:45La convergence des intentions exprimées sur tous les bouts montre qu'un accord existe sur l'objectif.
00:06:50Il nous reste à trouver les modalités. Il y va de l'équilibre même de ce texte entre le pouvoir
00:06:55d'achat des salariés,
00:06:56qui justifie l'achat des produits alimentaires, et la reconnaissance de l'activité des restaurateurs et de leur travail à
00:07:02façon.
00:07:03Mes chers collègues, le temps presse. Pour que les salariés puissent continuer à faire leurs courses avec leur titre le
00:07:091er janvier prochain,
00:07:11ce texte doit aboutir avant la fin de la journée.
00:07:14J'appelle le gouvernement, bien entendu, à tout mettre en œuvre pour permettre son adoption définitive dans ce délai.
00:07:20Mes chers collègues, à l'aube de ces 60 ans, le titre restaurant mérite un cadre stable, moderne et juste,
00:07:26au service des salariés et de l'ensemble des acteurs du secteur.
00:07:31C'est l'objet de cette proposition de loi que je vous invite à adopter largement,
00:07:35comme nous avons pu le faire en commission,
00:07:39où d'ailleurs je remercie tous mes collègues présents pour les échanges que nous avons pu avoir,
00:07:43les débats qui ont lieu, où chacun a pu porter ses revendications,
00:07:49et où nous sommes arrivés à un cadre extrêmement équilibré,
00:07:53que j'espère nous maintiendrons aujourd'hui.
00:07:55Merci.
00:08:01Je vous remercie.
00:08:03La parole est à monsieur Serge Papin, ministre des Petites et Moines entreprises,
00:08:06du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat.
00:08:19Merci, madame la présidente.
00:08:21Madame la vice-présidente de la commission des affaires sociales, chère Annie Vidal,
00:08:25monsieur le rapporteur, cher Christophe Neiglène,
00:08:29mesdames et messieurs les députés.
00:08:31Le titre restaurant, c'est un dispositif que les Français connaissent bien,
00:08:34puisqu'il fait partie du quotidien de près de 6 millions d'entre eux.
00:08:39Alors nous n'allions pas y aller par quatre chemins.
00:08:41Le gouvernement, il est favorable et évidemment va soutenir ce texte.
00:08:45Pourquoi ?
00:08:46D'abord parce qu'il va apporter le coup de neuf dont le titre restaurant a besoin.
00:08:51Le premier, c'est évident la pérennisation de l'achat de tous les produits alimentaires.
00:08:56Cette possibilité avait été introduite en 2022 par la loi d'urgence,
00:09:00portant mesure d'urgence sur la protection du pouvoir d'achat.
00:09:04En quatre ans, elle est entrée dans les habitudes des Français,
00:09:09puisque 96% d'entre eux souhaitent que nous pérennisions cette possibilité.
00:09:14Il faut donc l'acter.
00:09:16Je concède d'ailleurs que plusieurs d'entre vous l'avaient déjà proposé dès 2024.
00:09:20Il faut maintenant franchir le pas.
00:09:22Le deuxième coup de neuf que nous devons apporter,
00:09:24c'est la dématérialisation à 100% du titre restaurant à l'horizon 2028.
00:09:30Aujourd'hui, 20% des titres restent matérialisés sur support papier.
00:09:36C'est une complexité à trois titres.
00:09:39Une complexité pour les employeurs, car avoir des titres papier,
00:09:42cela signifie les recevoir et les distribuer chaque mois aux salariés.
00:09:46C'est du temps.
00:09:48La gestion administrative dans les entreprises se passerait bien.
00:09:51C'est une complexité aussi pour les salariés, car un titre papier, cela se perd.
00:09:57Cela ne permet toujours pas de payer au centime près.
00:10:00Bref, pour les salariés, c'est davantage une source d'ennui qu'une solution.
00:10:05Enfin, une complicité pour les commerçants.
00:10:07Lorsqu'un restaurateur reçoit des titres papier, il doit les trier, les conserver
00:10:11et les renvoyer à l'émetteur.
00:10:13C'est du temps, de la gestion.
00:10:14Et cela aussi peut engendrer des pertes.
00:10:16Toutes ces raisons plaident pour que nous achevions cette dématérialisation.
00:10:20Mais évidemment, un titre 100% dématérialisé, c'est aussi un titre que l'on peut donner
00:10:26à quelqu'un d'autre qui est dans le besoin.
00:10:29Et à ce problème, la proposition de loi apporte une réponse pragmatique.
00:10:33Elle oblige les émetteurs à proposer sur les applications qui sont utilisées par les salariés
00:10:39un espace qui sera réservé aux dons, afin que chacun puisse donner une partie de ses titres
00:10:44à une association s'il le souhaite.
00:10:47Le gouvernement soutient également cette proposition de loi parce qu'elle répond
00:10:50à des problèmes très concrets auxquels nous devons apporter des solutions.
00:10:53Je pense notamment au sujet des commissions.
00:10:56Sur ce point, votre texte, M. le rapporteur, propose une première réponse.
00:11:00Mettre fin à certaines pratiques, comme les remises de fin d'année, RFA,
00:11:03qui peuvent contribuer à verrouiller le marché, au bénéfice des acteurs déjà installés
00:11:08et faire peser sur les restaurateurs une partie du coût du système.
00:11:11Il faut de la justice. Ce n'est pas normal, en effet, qu'une grande entreprise puisse bénéficier
00:11:16de conditions commerciales très avantageuses pour équiper ses salariés de titres restaurants
00:11:20et que ce soit, in fine, le restaurateur qui supporte une partie du coût permettant à l'émetteur
00:11:25de retrouver sa marge.
00:11:27L'interdiction des remises de fin d'année est, de ce point de vue, une mesure salutaire.
00:11:31L'autre sujet, c'est la transparence.
00:11:34Trop de restaurateurs ne comprennent pas précisément ce qu'ils perdent en commission.
00:11:38Par exemple, mon expérience, bien négocier, c'est d'abord comprendre comment se décompose un prix.
00:11:44Sur ce point, la proposition de loi prévoit que les émetteurs transmettent chaque année
00:11:48aux commerçants un récapitulatif qui va détailler les commissions et les différents frais
00:11:54qui y sont afférents.
00:11:56Là encore, cela me semble utile.
00:11:59Ceci étant, faut-il aller plus loin ?
00:12:01Je ne le pense pas.
00:12:03A ce stade, il me semble difficile d'instaurer aujourd'hui un plafond dans la loi
00:12:07alors que l'autorité de la concurrence ne le recommande pas,
00:12:11qu'aucun travail d'expertise n'a été mené pour déterminer quel serait le bon niveau de plafond
00:12:17et que nous ne connaissons pas encore les effets des mesures que le texte comporte déjà.
00:12:23Pour autant, faut-il ne jamais le faire ?
00:12:25Sûrement pas.
00:12:26Si demain, nous constations que les effets de cette loi ne sont pas suffisants,
00:12:30alors il faudrait en tirer les conséquences et le cas échéant plafonner.
00:12:35C'est pourquoi je pense que la ligne médiane proposée par le rapporteur est aujourd'hui la bonne.
00:12:40Et l'autre débat, évidemment, c'est celui du double plafond.
00:12:43Et là-dessus, je veux rappeler deux choses.
00:12:46Premièrement, ce dispositif est juridiquement fragile.
00:12:50Rien ne justifie réellement aujourd'hui que l'on puisse dépenser davantage
00:12:54avec son titre restaurant dans un restaurant que dans une grande surface
00:12:58ou un commerce de bouche, par exemple les boulangeries.
00:13:02Deuxièmement, cette réforme doit aussi s'adapter aux nouveaux modes de consommation.
00:13:07Six Français sur dix préparent aujourd'hui leur box à la maison pour leur déjeuner au bureau.
00:13:13Cette box, elle se prépare avec des produits alimentaires souvent achetés dans le commerce.
00:13:17Nous devons donc tenir compte de cette évolution des usages.
00:13:20Mais il faut aussi savoir regarder les choses en face.
00:13:24Nos restaurants ne vont pas bien.
00:13:28Et nos restaurants, ce ne sont pas seulement des commerces.
00:13:30Ce sont des lieux de convivialité, de sociabilité, des lieux qui font vivre nos centres-villes et nos quartiers.
00:13:35Ils sont indispensables à nos vies sociales.
00:13:39Par ailleurs, je rappelle qu'un double plafond a déjà existé durant la période post-Covid
00:13:44et que les salariés ont su s'y adapter.
00:13:46C'est pourquoi, sur la question du double plafond, je m'en remettrai à la sagesse de votre Assemblée.
00:13:54Mais j'ai une conviction.
00:13:55Faisons simple et ne soyons pas trop rigides.
00:13:58Ne créons pas un double plafond en fonction du taux de TVA,
00:14:01applicable aux produits en fonction de la surface du magasin.
00:14:05Et ne fixons pas non plus, dès aujourd'hui, dans la loi,
00:14:08un montant qui risquerait de devenir rapidement obsolète.
00:14:11La loi doit fixer les principes.
00:14:13Les décrets et les arrêtés doivent permettre de les adapter à la réalité.
00:14:19Mesdames, Messieurs les députés,
00:14:21le secret d'ennuyer est celui de tout dire, disait Voltaire.
00:14:24Je ne serai donc pas plus long.
00:14:26Je voudrais néanmoins profiter de cette tribune
00:14:28pour remercier chaleureusement le rapporteur Christophe Neiglène
00:14:32pour le travail mené sur ce texte.
00:14:35Et vous remerciez, Mesdames et Messieurs les députés,
00:14:37pour votre mobilisation sur ce sujet qui touche très concrètement
00:14:41la vie quotidienne de plusieurs millions de salariés.
00:14:44Nous avons aujourd'hui l'occasion de moderniser le titre restaurant,
00:14:48de le rendre plus simple, plus transparent,
00:14:50plus adapté aux usages des Français.
00:14:51Je souhaite que nous sachions collectivement nous saisir de cette occasion.
00:14:55Merci.
00:14:56Je vous remercie.
00:14:59Nous poursuivons avec la discussion générale.
00:15:01La parole est à M. Jean Baudard
00:15:02pour le groupe Libertin Dépendant Outre-mer et Territoire.
00:15:15Merci, Mme la Présidente, M. le ministre,
00:15:20Mme la Présidente de la Commission, M. le rapporteur,
00:15:23mon cher Christophe, mes chers collègues,
00:15:27membres du groupe LIOT,
00:15:28Je me félicite du dépôt de cette proposition de loi
00:15:32par notre Président.
00:15:35Moi, je ne vais pas prendre de votre temps
00:15:37à rappeler encore une fois ni la genèse,
00:15:40ni les effets du titre restaurant.
00:15:43Aussi, j'en viens directement à ma conclusion.
00:15:48Il faut moderniser le dispositif.
00:15:51Il faut maintenir la possibilité de faire au moins partiellement
00:15:56ses courses avec le titre restaurant.
00:15:59Il faut permettre les dons aux associations d'aide alimentaire.
00:16:05Et il faut réduire par la concertation
00:16:08les frais payés par les restaurateurs.
00:16:12Ce sont bien là les objectifs de cette proposition de loi.
00:16:16Et à ce titre, je remercie notre Président Christophe Neiglène
00:16:20pour le travail de large concertation
00:16:23qu'il a mené auprès des acteurs du secteur
00:16:26pour aboutir, du moins, je l'espère,
00:16:29à une loi de consensus
00:16:32fait rare dans cette Assemblée.
00:16:34C'est pourquoi les députés Liot, ici présents,
00:16:39la soutiendront.
00:16:39Je vous remercie.
00:16:42Je vous remercie.
00:16:45La parole est à M. Stéphane Peu
00:16:47pour le groupe Gauche, Démocrate et Républicaine.
00:17:07Madame la Présidente,
00:17:09M. le Ministre,
00:17:11M. le rapporteur,
00:17:12chers collègues,
00:17:13le texte qui nous occupe aujourd'hui
00:17:15vise pour l'essentiel à pérenniser
00:17:16l'utilisation des titres restaurants
00:17:18pour acheter les aliments nécessaires
00:17:20à la préparation d'un repas
00:17:22tout en généralisant leur dématérialisation
00:17:25et en modifiant les relations financières
00:17:27entre les entreprises
00:17:28qui émettent ces titres,
00:17:29les employeurs et les commerçants.
00:17:31Il intervient après plusieurs prolongations
00:17:34que nous avons d'ailleurs approuvées
00:17:35de l'autorisation accordée
00:17:37par la loi de 2022
00:17:38d'utiliser les titres restaurants
00:17:40pour acheter des produits alimentaires
00:17:42qui ne sont pas directement consommables
00:17:44comme les pâtes, par exemple,
00:17:45le riz ou la farine.
00:17:47À cet égard,
00:17:48la situation en matière de pouvoir d'achat
00:17:50s'est encore dégradée depuis 2022
00:17:53car si la hausse des prix alimentaires
00:17:56a quelque peu ralenti ces derniers mois,
00:17:58ils restent environ à un niveau
00:18:02de 23% supérieur à ce qu'ils étaient
00:18:05en janvier 2022.
00:18:07Nous voterons donc en faveur du texte
00:18:09que vous nous proposez
00:18:11en songeant aux salariés concernés,
00:18:13mais non sans exprimer quelques réserves.
00:18:15D'une part, si ces 6 millions de Français
00:18:17bénéficient quotidiennement
00:18:19de cet avantage social,
00:18:20ils ne profitent pas, loin sans fraude,
00:18:22à l'ensemble des salariés.
00:18:23Le texte qui nous occupe
00:18:25n'est donc qu'un levier partiel
00:18:29en faveur du pouvoir d'achat des ménages.
00:18:31Surtout, l'élargissement de l'usage
00:18:33des titres restaurants laisse entière
00:18:34la question de l'augmentation des salaires
00:18:36et des rémunérations
00:18:37et de leur indexation sur l'inflation
00:18:40qui reste évidemment pour nous
00:18:41l'absolue priorité.
00:18:43Notons d'ailleurs au passage
00:18:44que la Cour des comptes s'inquiétait
00:18:46en mai 2024 du recours croissant
00:18:48aux compléments de salaires exemptés
00:18:51ou exonérés de cotisations sociales
00:18:52comme le sont les titres restaurants.
00:18:55Leur usage mineure en effet
00:18:57la progression des recettes
00:18:58de la Sécurité sociale
00:18:59et contribue donc à son déficit
00:19:01en se substituant précisément
00:19:03à des augmentations de salaires de base
00:19:06soumises, elles, à cotisations sociales.
00:19:09Rappelons en outre
00:19:10que seuls 4 prestataires
00:19:11se partagent aujourd'hui
00:19:13ce marché de quelques 11 milliards d'euros.
00:19:16Ils se rémunèrent sur le dos
00:19:17des salariés, des employeurs,
00:19:19mais surtout et plus encore
00:19:21sur le dos des établissements
00:19:22qui acceptent ces titres.
00:19:23L'autorité de la concurrence
00:19:25leur avait d'ailleurs infligé,
00:19:26on s'en souvient,
00:19:27une amende de 415 millions d'euros
00:19:30en 2019
00:19:31pour sanctionner des pratiques
00:19:33anticoncurrentielles
00:19:34qui relevaient de la collision.
00:19:37Le projet de loi
00:19:38vient à cet égard apporter
00:19:39des modestes améliorations.
00:19:41L'interdiction de vendre les titres
00:19:43aux employeurs sous leur valeur
00:19:45constitue un progrès.
00:19:46Le relevé annuel des frais aussi,
00:19:48mais le texte pourrait être
00:19:50beaucoup plus ambitieux.
00:19:51Nous réitérons au cours de nos débats
00:19:56trois propositions.
00:19:57Un, le renforcement tout d'abord
00:19:58de l'intervention des représentants
00:20:00des salariés
00:20:01afin de prévenir le risque
00:20:02que l'amélioration des titres restaurant
00:20:04se substitue
00:20:05aux revalorisations salariales.
00:20:07La fixation ensuite
00:20:09d'un véritable plafond réglementaire
00:20:11aux commissions.
00:20:11Les commissions appliquées
00:20:13par les principaux émetteurs
00:20:14aux commerçants
00:20:15avoisinent aujourd'hui
00:20:165% des montants encaissés,
00:20:19un niveau qui fragilise
00:20:20restaurateurs et commerces
00:20:22de proximité,
00:20:23ça a déjà été dit à l'instant,
00:20:25et conduit certains
00:20:26à renoncer aux titres restaurants.
00:20:28Face à cette situation,
00:20:29nous pouvons nous contenter
00:20:31d'un plafondement optionnel,
00:20:33c'est-à-dire facultatif,
00:20:34des commissions et autres frais.
00:20:36Leur plafonnement
00:20:37doit devenir effectif.
00:20:39Nous sommes encore plus favorables
00:20:41à la définition
00:20:42de deux plafonds journaliers
00:20:44distincts,
00:20:45séparant les enseignes
00:20:46de la grande distribution,
00:20:48d'une part,
00:20:48et les restaurants
00:20:49et commerces alimentaires
00:20:51indépendants de proximité,
00:20:52d'autre part,
00:20:53afin de conforter ces derniers
00:20:55et soutenir l'emploi local.
00:20:57Enfin, nous souhaitons
00:20:58attirer l'attention
00:20:59sur une conséquence
00:21:00très concrète
00:21:01de la dématérialisation
00:21:02des titres.
00:21:03Donner un ticket restaurant
00:21:04à une personne sans domicile fixe
00:21:06croisée dans la rue
00:21:07était un geste
00:21:08de solidarité immédiate.
00:21:10Il ne sera plus possible
00:21:11demain,
00:21:12même si le texte
00:21:14et ses heureux
00:21:15consacrent la possibilité
00:21:17de faire don
00:21:18des titres
00:21:19aux associations
00:21:19d'aide alimentaire.
00:21:21Nous espérons
00:21:22que nos débats
00:21:22permettront d'avancer
00:21:24sur ces différentes questions.
00:21:26Je vous remercie.
00:21:30Je vous remercie.
00:21:31La parole est à M. Olivier Fessa
00:21:33pour le groupe
00:21:34Union des droites
00:21:34pour la République.
00:21:45Merci, Mme la Présidente,
00:21:47M. le rapporteur,
00:21:49Mme la Présidente
00:21:49de la Commission,
00:21:50M. le ministre,
00:21:51chers collègues.
00:21:52Nous examinons aujourd'hui
00:21:54une proposition de loi
00:21:55visant à moderniser
00:21:56et rééquilibrer
00:21:57le fonctionnement
00:21:57du titre restaurant.
00:21:59Ce texte touche
00:22:00au financement
00:22:01du repas des salariés,
00:22:02à leur pouvoir d'achat,
00:22:03mais aussi à l'activité
00:22:05des restaurateurs
00:22:05et des commerces alimentaires,
00:22:07ainsi qu'aux dépenses
00:22:08des entreprises
00:22:09qui contribuent
00:22:09à ce dispositif.
00:22:11Il doit donc être manipulé
00:22:12avec précaution.
00:22:14Son enjeu est de faciliter
00:22:15l'utilisation
00:22:16des titres restaurant
00:22:17tout en réduisant
00:22:18les coûts
00:22:18et les contraintes
00:22:19qui pèsent
00:22:20sur leurs bénéficiaires
00:22:21et sur les professionnels
00:22:22qui les acceptent.
00:22:23Le développement
00:22:24du télétravail
00:22:25et des repas préparés
00:22:26à domicile
00:22:26a profondément modifié
00:22:27les besoins des salariés.
00:22:28Dans le même temps,
00:22:30l'inflation a conduit
00:22:31le législateur
00:22:32à autoriser temporairement
00:22:34l'utilisation
00:22:35des titres restaurant
00:22:36pour acheter
00:22:37des produits alimentaires
00:22:38qui ne sont pas
00:22:38directement consommables.
00:22:40Ce dispositif
00:22:41souffre aussi
00:22:41de difficultés économiques
00:22:43puisque les restaurateurs
00:22:44et les commerçants
00:22:45supportent des commissions élevées,
00:22:46souvent supérieures
00:22:48à celles
00:22:48des paiements bancaires.
00:22:49Ces commissions
00:22:51réduisent leurs marges
00:22:52tandis que les salariés
00:22:53de leur côté
00:22:53restent soumis
00:22:54à des restrictions
00:22:55d'utilisation.
00:22:57Quant aux employeurs,
00:22:58eux, financent un système
00:22:59dont une partie des ressources
00:23:01rémunèrent les intermédiaires.
00:23:03Ces frais d'intermédiation
00:23:04constituent un prélèvement
00:23:05sur des sommes
00:23:06qui pourraient être
00:23:07directement versées
00:23:08aux salariés
00:23:08et on peut s'interroger
00:23:10sur la réelle plus-value
00:23:11apportée par les intermédiaires
00:23:12supposés justifier
00:23:13leurs coûts
00:23:13pour les entreprises
00:23:14ou les restaurateurs.
00:23:16Un versement direct
00:23:17de l'employeur
00:23:18aux salariés
00:23:19permettrait de simplifier
00:23:20ce financement
00:23:20et d'éviter les frais
00:23:21propres à ces intermédiaires.
00:23:24Aussi,
00:23:24toutes les mesures
00:23:25qui permettraient
00:23:25d'en réduire les coûts,
00:23:26d'en améliorer
00:23:27la transparence
00:23:28et d'en faciliter
00:23:28l'utilisation
00:23:29doivent être examinés
00:23:30avec attention,
00:23:31ce qui est précisément
00:23:32l'objet de cette proposition
00:23:33de loi
00:23:33dont la Commission
00:23:34des affaires sociales
00:23:35a renforcé
00:23:36plusieurs dispositions.
00:23:38L'article 1er
00:23:39prévoit d'abord
00:23:39la dématérialisation
00:23:40des titres restaurants
00:23:41à compter du 1er janvier
00:23:432028.
00:23:44Cette évolution
00:23:45doit simplifier
00:23:46leur gestion
00:23:47pour les salariés,
00:23:48les employeurs
00:23:48et les commerçants.
00:23:50Il prévoit
00:23:50leur utilisation
00:23:51pour l'achat
00:23:51de tous produits alimentaires
00:23:53sous réserve
00:23:53des exceptions
00:23:54précisé par décret
00:23:55et pérennise ainsi
00:23:56la possibilité
00:23:57d'acheter des produits
00:23:58permettant
00:23:58de préparer un repas.
00:24:00Cette extension
00:24:01correspond aux nouvelles pratiques
00:24:02même si elle s'écarte
00:24:03du principe initial
00:24:04du titre restaurant.
00:24:06Le même article
00:24:06intervient ensuite
00:24:07sur les relations économiques
00:24:08entre les émetteurs,
00:24:09les employeurs
00:24:10et les commerçants.
00:24:11Il interdit
00:24:12les remises,
00:24:13rabais ou ristournes
00:24:14qui conduisent
00:24:14l'employeur
00:24:14à acheter les titres
00:24:15à un prix inférieur
00:24:16à leur valeur.
00:24:18Ces avantages
00:24:19consentis
00:24:19sur un versant
00:24:20du marché
00:24:20peuvent contribuer
00:24:21à reporter les coûts
00:24:22sur les professionnels
00:24:22qui acceptent les titres.
00:24:24Il est donc justifié
00:24:25de mettre fin
00:24:26à ces pratiques.
00:24:27Par ailleurs,
00:24:28le texte impose aussi
00:24:29aux émetteurs
00:24:29de communiquer
00:24:30chaque année
00:24:31aux commerçants
00:24:32un récapitulatif
00:24:33des commissions
00:24:34et des frais
00:24:34appliqués
00:24:35au cours
00:24:35de l'année précédente.
00:24:36Cette information
00:24:37permettra aux professionnels
00:24:38de mieux apprécier
00:24:39le coût réel
00:24:40du service.
00:24:42La commission
00:24:42a ajouté aussi
00:24:44la possibilité
00:24:44pour le gouvernement
00:24:45de plafonner
00:24:46ses commissions
00:24:46et ses frais
00:24:47par décret
00:24:48en Conseil d'État
00:24:49après consultation
00:24:50de l'autorité
00:24:51de la concurrence
00:24:52si l'interdiction
00:24:53des remises
00:24:53aux employeurs
00:24:54et l'information
00:24:55annuelle
00:24:55des commerçants
00:24:56ne suffisent pas
00:24:57à faire baisser
00:24:58les commissions.
00:24:59Cet ajout répond
00:25:00directement
00:25:00à l'une des principales
00:25:01faiblesses
00:25:02du dispositif.
00:25:03Sa portée
00:25:03dépendra toutefois
00:25:04de sa mise en œuvre
00:25:05puisque le texte
00:25:06ne fixe aucun taux
00:25:07et le plafonnement
00:25:08demeure une possibilité.
00:25:10Nous serons donc
00:25:11attentifs
00:25:11à ce que cette disposition
00:25:12qui aurait pu être
00:25:13plus contraignante
00:25:14permette une réduction
00:25:15effective
00:25:15des frais supportés
00:25:17par les restaurateurs
00:25:17et les commerçants.
00:25:19La Commission a également
00:25:20prévu que les titres
00:25:21restaurants puissent
00:25:22être utilisés
00:25:23tous les jours
00:25:23de la semaine.
00:25:24Il s'agit notamment
00:25:25de leur permettre
00:25:26de les utiliser
00:25:26lorsqu'ils vont au restaurant
00:25:27le week-end.
00:25:29L'article 2,
00:25:30pour sa part,
00:25:30garantit aux salariés
00:25:31la possibilité
00:25:32de donner
00:25:32toute ou partie
00:25:33de leurs titres restaurants
00:25:34à des associations
00:25:35habilitées au niveau national
00:25:36dans le domaine
00:25:37de l'aide alimentaire.
00:25:38Nous soutenons
00:25:39cette démarche
00:25:40volontaire
00:25:40de solidarité.
00:25:42L'article 3
00:25:43fixe au 1er janvier
00:25:442028
00:25:44l'entrée en vigueur
00:25:45du nouveau cadre
00:25:47et l'article 4
00:25:48prolonge
00:25:49d'un an
00:25:49jusqu'au 31 décembre
00:25:512027
00:25:52la dérogation
00:25:53permettant
00:25:53l'achat
00:25:54de produits alimentaires
00:25:55non immédiatement
00:25:56consommables
00:25:56introduites
00:25:57par la loi
00:25:58du 16 août
00:25:582022
00:26:00portant
00:26:00mesures d'urgence
00:26:02pour la protection
00:26:02du pouvoir d'achat.
00:26:04Pour le groupe UDR,
00:26:05cette proposition
00:26:06de loi
00:26:06apporte des améliorations
00:26:07concrètes
00:26:08à un système
00:26:08qui reste perfectible.
00:26:10Notre soutien
00:26:11s'accompagne
00:26:12néanmoins
00:26:12de l'exigence
00:26:13que les bénéfices
00:26:14de cette réforme
00:26:14doivent revenir
00:26:15aux salariés
00:26:15et aux professionnels
00:26:16qui assurent
00:26:17effectivement
00:26:17la restauration
00:26:18et la vente
00:26:19de produits alimentaires.
00:26:20La modernisation
00:26:21du dispositif
00:26:22doit se traduire
00:26:23par davantage
00:26:23de simplicité
00:26:24et par une diminution
00:26:26des coûts
00:26:26d'intermédiation.
00:26:27En l'état
00:26:28de ces éléments,
00:26:28le groupe UDR
00:26:29votera en faveur
00:26:30de cette proposition
00:26:31de loi.
00:26:32Je vous remercie.
00:26:36Je vous remercie.
00:26:38La parole est
00:26:38à M. Frédéric Weber
00:26:39pour le groupe
00:26:40Rassemblement national.
00:26:55Madame la Présidente,
00:26:57M. le ministre,
00:26:58M. le rapporteur,
00:26:59mes chers collègues.
00:27:00Le groupe Rassemblement national
00:27:02votera en faveur
00:27:02de cette proposition
00:27:03de loi
00:27:03qui permet
00:27:04de pérenniser
00:27:04l'utilisation
00:27:05des titres restaurants
00:27:06pour l'achat
00:27:06de produits alimentaires.
00:27:08Dans le contexte actuel,
00:27:09de nombreux Français
00:27:10doivent arbitrer
00:27:12toujours davantage
00:27:13leurs dépenses,
00:27:13nous ne pouvons que soutenir
00:27:14une mesure
00:27:14qui préserve
00:27:15leur capacité
00:27:16à se nourrir.
00:27:17Mais il faut aussi
00:27:18regarder la réalité
00:27:18en fâche,
00:27:19mes chers collègues.
00:27:20Si nous devons élargir
00:27:21toujours davantage
00:27:22l'usage des titres restaurants,
00:27:23c'est bien parce que
00:27:24le pouvoir d'achat
00:27:25des Français
00:27:25demeure sous pression.
00:27:27Et plutôt que de nous
00:27:28interroger sur les raisons
00:27:29de cette situation,
00:27:30nous continuons d'apporter
00:27:31des réponses ponctuelles
00:27:32là où il faudra
00:27:33engager des réformes
00:27:34de fonds.
00:27:35Nous pourrions agir
00:27:35sur la fiscalité
00:27:36qui pèse sur les ménages
00:27:37comme sur les entreprises.
00:27:38Nous pourrions également
00:27:39travailler sur le coût
00:27:40de l'énergie
00:27:41dont la maîtrise
00:27:41conditionne directement
00:27:42notre compétitivité
00:27:43et notre capacité
00:27:45à produire des richesses.
00:27:46Le pouvoir d'achat
00:27:47ne se décrète pas.
00:27:48Il se construit
00:27:49par une politique
00:27:51cohérente
00:27:52qui redonne aux Français
00:27:53les moyens
00:27:53de vivre de leur travail.
00:27:55Mais après des années
00:27:56de politique économique
00:27:57macroniste,
00:27:58quel est le bilan ?
00:27:59En 2022,
00:28:00les prix ont augmenté
00:28:01de 4,9%
00:28:02puis de 7,1%
00:28:03en 2023.
00:28:04Et si l'inflation
00:28:05a ralenti depuis,
00:28:06cela ne signifie pas
00:28:07que les prix ont baissé.
00:28:08Les Français
00:28:08continuent de payer
00:28:09leurs courses,
00:28:10leur énergie
00:28:10et leurs dépenses
00:28:11quotidiennes
00:28:11bien plus chères
00:28:12qu'avant.
00:28:13Pire encore,
00:28:14selon l'INSEE,
00:28:14le pouvoir d'achat
00:28:15arbitrable des ménages
00:28:16a reculé de 1,1%
00:28:18en 2025.
00:28:19Voilà la réalité
00:28:20que vivent nos compatriotes,
00:28:21loin les discours
00:28:22rassurants du gouvernement.
00:28:24Après avoir
00:28:24vu laisser les prix
00:28:26s'envoler,
00:28:27celui-ci voudrait
00:28:28nous faire croire
00:28:29que le ralentissement
00:28:29de l'inflation
00:28:30suffit à régler
00:28:31le problème.
00:28:32Mais les Français
00:28:32ne vivent pas
00:28:33de statistiques.
00:28:34Ils vivent de leur salaire,
00:28:36paient leurs factures
00:28:36et constatent chaque jour
00:28:37ce qui leur reste
00:28:38à la fin du mois.
00:28:39Les Français,
00:28:40eux,
00:28:40n'ont pas le luxe
00:28:41de pouvoir se féliciter
00:28:42de maigres pourcentages
00:28:43sur un tableur
00:28:44dans le confort
00:28:45des palais dorés
00:28:45de la République.
00:28:47Et quelles réponses
00:28:48leur apportons-nous
00:28:49aujourd'hui ?
00:28:49Nous élargissons
00:28:50l'usage des titres
00:28:51restaurants
00:28:52pour leur permettre
00:28:52de financer
00:28:53leurs courses alimentaires.
00:28:54C'est une mesure utile,
00:28:56certes,
00:28:56mais elle révèle surtout
00:28:57notre incapacité,
00:28:58enfin votre incapacité
00:29:00à apporter une réponse
00:29:01structurelle
00:29:01à la perte
00:29:02du pouvoir d'achat.
00:29:03La France ne peut pas
00:29:04se contenter
00:29:05de gérer les conséquences
00:29:06de ses difficultés économiques.
00:29:08Elle doit enfin
00:29:08s'attaquer à leur cause.
00:29:10Nous soutiendrons donc
00:29:11cette proposition de loi
00:29:12tout en rappelant
00:29:13qu'elle ne saurait
00:29:13à elle seule
00:29:14répondre aux difficultés
00:29:15structurelles
00:29:16que rencontrent
00:29:17nos compatriotes.
00:29:18Concernant la loi
00:29:19en elle-même
00:29:19et surtout ses modalités
00:29:20d'application,
00:29:21tout d'abord la question
00:29:22de la dématérialisation
00:29:23des titres restaurants.
00:29:24Nous ne contestons pas
00:29:25les avantages du numérique,
00:29:26mais nous émettons
00:29:27des réserves à l'idée
00:29:28qu'ils deviennent
00:29:28l'unique solution
00:29:29imposée à tous.
00:29:30Le format papier
00:29:31conserve une souplesse
00:29:32d'utilisation au sein
00:29:33des familles
00:29:33puisqu'il facilite
00:29:34le partage des titres
00:29:36avec les proches.
00:29:36Cette possibilité
00:29:37ne doit pas être disparaite
00:29:38au nom d'une modernisation
00:29:40qui ne tiendrait compte
00:29:41que des avantages
00:29:42du numérique.
00:29:43Nous défendons aussi
00:29:44ainsi une modernisation
00:29:46fondée sur la liberté,
00:29:47que chacun puisse opter
00:29:48pour le papier
00:29:49ou le numérique
00:29:49selon ses besoins
00:29:50et ses préférences.
00:29:52Le progrès doit élargir
00:29:53les possibilités
00:29:54ouvertes aux Français
00:29:54par le retirer
00:29:55des solutions
00:29:56qui fonctionnent.
00:29:57Nous défendons aussi
00:29:58l'augmentation
00:29:58du délai d'utilisation
00:30:00du titre au restaurant
00:30:00et nous avons déposé
00:30:01plusieurs amendements
00:30:02dans ce sens.
00:30:04S'agissant du double
00:30:05plafonnement
00:30:06qui sera proposé
00:30:07par amendement,
00:30:07nous ne pouvons pas
00:30:08soutenir ce mécanisme.
00:30:09Prévoir un plafond
00:30:10différentiel
00:30:11entre la restauration
00:30:11et la grande distribution
00:30:12va à l'encontre
00:30:13du principe même
00:30:14de cette proposition de loi.
00:30:15Le texte a justement
00:30:16pour objectif
00:30:17de donner aux salariés
00:30:18la liberté
00:30:19d'utiliser leurs titres
00:30:20au supermarché.
00:30:21C'est l'une des avancées
00:30:22majeures
00:30:22que nous portons ici.
00:30:24Permettre aux salariés
00:30:25de disposer
00:30:26de leurs titres au restaurant
00:30:27là où ils font
00:30:28leurs courses
00:30:28sans restriction artificielle.
00:30:31Créer un plafond plus bas
00:30:32en grande distribution
00:30:32revient à brider
00:30:34ce principe fondateur
00:30:35et de vider de sa substance
00:30:37la mesure que nous votons.
00:30:38A quoi bon
00:30:39ouvrir l'usage
00:30:40des titres au restaurant
00:30:41au supermarché
00:30:41si dans les faits
00:30:43on limite fortement
00:30:43ce que les salariés
00:30:44peuvent y dépenser ?
00:30:46Voter ces amendements
00:30:47revient à voter une loi
00:30:49qui ne s'assume
00:30:50pas elle-même.
00:30:51C'est surtout
00:30:52une pénalisation directe
00:30:53des salariés
00:30:53qui font leurs courses
00:30:54en grande distribution.
00:30:56Ce sont directement
00:30:57les salariés
00:30:57que cette mesure
00:30:58entend aider.
00:30:59Ceux qui n'ont pas
00:31:00forcément les moyens
00:31:01de déjeuner
00:31:01au restaurant chaque jour
00:31:02et qui préfèrent utiliser
00:31:03leurs titres
00:31:04pour leur achat alimentaire
00:31:05du quotidien.
00:31:06Nous ne pouvons donc
00:31:07pas soutenir
00:31:09un mécanisme
00:31:09qui sous couvert
00:31:10de rééquilibrage
00:31:10restera la liberté
00:31:11d'usage
00:31:13de cette proposition de loi
00:31:14prétend justement
00:31:14élargir.
00:31:16Mes chers collègues
00:31:16notre soutien du texte
00:31:18est donc clair
00:31:18mais il n'est pas inconditionnel
00:31:20sur toutes les modalités
00:31:20du dispositif.
00:31:21Nous voulons protéger
00:31:22le pouvoir d'achat
00:31:23des salariés.
00:31:24Surtout,
00:31:25nous ne devons jamais
00:31:26perdre de vue
00:31:26l'objectif initial
00:31:27faire du titre restaurant
00:31:28un outil utile
00:31:30aux salariés
00:31:30ou aux professionnels
00:31:31sans multiplier
00:31:32les contraintes
00:31:32ni imposer
00:31:33une transformation
00:31:34qui ne répondrait pas
00:31:35aux besoins de tous.
00:31:37C'est dans cet esprit
00:31:38que le groupe
00:31:39Rassemblement National
00:31:40aborde l'examen
00:31:41de cette proposition de loi.
00:31:43Merci.
00:31:47Je vous remercie.
00:31:49La parole est à madame
00:31:50Nicole Dubré-Chirac
00:31:51pour le groupe
00:31:51Ensemble pour la République.
00:32:01Madame la Présidente,
00:32:03Monsieur le Ministre,
00:32:04Madame la Vice-présidente
00:32:05de la Commission
00:32:05des Affaires Sociales,
00:32:07Monsieur le Rapporteur,
00:32:07chers collègues.
00:32:08L'Assemblée nationale
00:32:09examine après son adoption
00:32:11en Commission
00:32:12des Affaires Sociales
00:32:13la semaine dernière
00:32:13une proposition de loi
00:32:15visant à moderniser
00:32:16et rééquilibrer
00:32:17le fonctionnement
00:32:18du titre restaurant
00:32:19déposé par le président
00:32:20du groupe Lyot,
00:32:21Christophe Négelen,
00:32:22que je remercie
00:32:23pour la qualité de son travail.
00:32:25Cet avantage social
00:32:26facultatif accordé
00:32:27par l'employeur
00:32:28est bien connu des Français
00:32:29puisqu'il a vu le jour
00:32:30il y a près de 60 ans
00:32:32en 1967.
00:32:34Un régime fiscal
00:32:35et social spécifique
00:32:36lui est applicable.
00:32:37Les titres restaurants
00:32:38sont exonérés
00:32:39de l'impôt sur le revenu
00:32:41et de cotisations sociales
00:32:42employeurs
00:32:43dans la limite
00:32:44de 7,32 euros
00:32:45par titre
00:32:46lorsque l'employeur
00:32:47contribue
00:32:47entre 50 et 60%
00:32:49de sa valeur.
00:32:506 millions de salariés
00:32:52en sont actuellement
00:32:53bénéficiaires
00:32:54dans notre pays
00:32:55et son utilisation
00:32:56est possible
00:32:56dans plus de 240 000
00:32:58commerces participants.
00:32:59Bien que sa vocation
00:33:00première ne soit pas
00:33:01de soutenir directement
00:33:02le pouvoir d'achat,
00:33:03il s'est révélé
00:33:04être un levier efficace
00:33:05ces dernières années
00:33:06face à la crise inflationniste
00:33:08que nous connaissons.
00:33:09Si son périmètre d'utilisation
00:33:11concernait à l'origine
00:33:12les seuls restaurants,
00:33:14dès 2022,
00:33:15il a été possible
00:33:16de l'utiliser
00:33:17pour l'achat
00:33:18de produits alimentaires
00:33:19non directement consommables.
00:33:21Les articles 1 et 4
00:33:22proposent
00:33:22de pérenniser
00:33:23ce régime dérogatoire
00:33:24auquel les salariés
00:33:25sont attachés.
00:33:26Plus de 90%
00:33:28y sont d'ailleurs favorables
00:33:29selon les récentes enquêtes
00:33:30d'opinion.
00:33:31Néanmoins,
00:33:32en dépit de la hausse
00:33:33des prix alimentaires
00:33:34et des changements
00:33:34d'habitude
00:33:35des consommateurs,
00:33:36il convient de rappeler
00:33:37que le marché du titre restaurant
00:33:38a profondément évolué
00:33:40ces dernières années.
00:33:41Ces mutations
00:33:42appellent plusieurs modifications
00:33:43que ce texte propose
00:33:45d'inscrire
00:33:46dans notre droit.
00:33:47L'article 1
00:33:48modernise
00:33:48le titre restaurant
00:33:49à travers sa dématérialisation,
00:33:51vertueuse
00:33:52sur le plan environnemental
00:33:53et pratique
00:33:54pour les salariés
00:33:55comme pour les commerçants.
00:33:56Il a été complété
00:33:58par un amendement
00:33:58visant à autoriser
00:33:59l'usage des tickets restaurant
00:34:00tous les jours de la semaine,
00:34:02y compris le dimanche.
00:34:03Cette mesure de bon sens
00:34:04est indispensable
00:34:05car elle contribue
00:34:06à simplifier
00:34:07la réglementation applicable
00:34:08aussi bien pour les salariés
00:34:10que pour les restaurateurs.
00:34:11L'article 2
00:34:12renforce la dimension
00:34:14solidaire
00:34:15de ce moyen de paiement
00:34:16en consacrant
00:34:17pour ses bénéficiaires
00:34:18la possibilité
00:34:19d'en faire don
00:34:20aux associations
00:34:20d'aide alimentaire.
00:34:22Je veux d'ailleurs
00:34:23saluer l'engagement
00:34:23de leurs milliers
00:34:24de bénévoles
00:34:25qui permettent
00:34:26d'accompagner chaque jour
00:34:27de nombreux bénéficiaires.
00:34:29Le texte s'attache
00:34:30également à favoriser
00:34:31la concurrence
00:34:31entre les émetteurs
00:34:32de titres restaurants
00:34:33avec deux mesures
00:34:35particulièrement importantes,
00:34:36l'interdiction
00:34:37des remises
00:34:38rabais et ristournes
00:34:39consenties aux employeurs
00:34:41et une communication
00:34:42annuelle
00:34:42sur les commissions
00:34:43appliquées aux commerçants
00:34:45dont le détail
00:34:46n'est pas toujours
00:34:46simple à comprendre.
00:34:48En commission,
00:34:49le sujet du plafonnement
00:34:50des commissions
00:34:51des émetteurs
00:34:52a fait l'objet
00:34:53de nombreux débats.
00:34:54Notre groupe
00:34:54n'y est pas favorable
00:34:55car il ne résoudrait
00:34:56en rien
00:34:57le niveau trop élevé
00:34:58de celle-ci
00:34:59ou la difficulté
00:35:00pour de nouveaux acteurs
00:35:01à entrer sur le marché.
00:35:03En 2023,
00:35:04l'autorité de la concurrence
00:35:05avait indiqué
00:35:06qu'un plafonnement
00:35:07des commissions
00:35:08n'était pas la solution
00:35:09au problème
00:35:10et qu'il pourrait
00:35:10au contraire
00:35:11fragiliser certains émetteurs,
00:35:13notamment les nouveaux entrants,
00:35:15qui pourraient considérer
00:35:16que le marché
00:35:16devient moins rentable
00:35:18si le taux maximal
00:35:19était trop faible.
00:35:20Néanmoins,
00:35:21un amendement
00:35:22particulièrement pertinent
00:35:23du rapporteur
00:35:24a été adopté
00:35:24et constitue une garantie
00:35:26si cette proposition
00:35:27de loi
00:35:28ne parvenait pas
00:35:29à favoriser davantage
00:35:30la concurrence
00:35:31sur le marché
00:35:31des tickets restaurants.
00:35:33Celui-ci prévoit
00:35:34que le gouvernement
00:35:35aura la possibilité,
00:35:36à partir du 1er janvier
00:35:382029,
00:35:39de plafonner
00:35:39par décret
00:35:40les commissions
00:35:41et frais facturés
00:35:42par les émetteurs
00:35:43de titres restaurants
00:35:44aux restaurateurs
00:35:45et commerçants
00:35:46avec un plafond fondé
00:35:47sur les coûts réels
00:35:48et une rémunération normale.
00:35:51Avant cette éventuelle mesure,
00:35:52un rapport
00:35:53devra être remis
00:35:54au Parlement
00:35:54au plus tard
00:35:55le 1er juillet 2028
00:35:57afin d'évaluer
00:35:58l'évolution
00:35:59des commissions
00:35:59après les premières
00:36:01mesures contenues
00:36:02dans cette proposition
00:36:02de loi.
00:36:03Afin de compenser
00:36:04la généralisation
00:36:05de l'usage élargi
00:36:06du titre restaurant
00:36:07à l'ensemble
00:36:08des produits alimentaires,
00:36:09je défendrai
00:36:10un amendement
00:36:10sur le même modèle
00:36:11que celui
00:36:12qui avait été déposé
00:36:13par le rapporteur
00:36:13en commission
00:36:14visant à mettre
00:36:15en place
00:36:15un plafond journalier
00:36:17majoré
00:36:18lorsque le titre
00:36:19sera utilisé
00:36:19au restaurant.
00:36:21Cette mesure
00:36:21permettra de préserver
00:36:22sa vocation initiale
00:36:24et le modèle économique
00:36:25de nos restaurateurs.
00:36:26Le groupe
00:36:27Ensemble
00:36:27pour la République
00:36:28est attaché
00:36:29en même temps
00:36:30à la préservation
00:36:30du pouvoir d'achat
00:36:31des salariés
00:36:32comme au soutien
00:36:33des commerçants
00:36:34de proximité,
00:36:35en particulier
00:36:36les TPE,
00:36:37PME.
00:36:38Cette proposition
00:36:39de loi
00:36:39s'inscrit pleinement
00:36:40en ce sens
00:36:41et c'est la raison
00:36:42pour laquelle
00:36:42nous la soutiendrons.
00:36:43Je vous remercie.
00:36:46Je vous remercie.
00:36:48La parole est à
00:36:49M. Adrien Clouet
00:36:50pour le groupe
00:36:50La France Insoumise.
00:37:07Madame la Présidente,
00:37:09Ministres,
00:37:09M. le rapporteur,
00:37:10collègues,
00:37:12aujourd'hui,
00:37:12vous le savez,
00:37:13un cartel
00:37:14raquette
00:37:15les petits patrons.
00:37:16C'est le cartel
00:37:18des émetteurs
00:37:18de tickets restaurant.
00:37:20Les quatre entreprises
00:37:21émettrices
00:37:22de titres restaurant,
00:37:23celui que vous utilisez
00:37:24pour aller acheter
00:37:25un sandwich,
00:37:26une formule midi
00:37:26ou aller à la brasserie,
00:37:28bref,
00:37:29ces émetteurs
00:37:29prennent 5%
00:37:31sur chaque titre restaurant.
00:37:34Oui,
00:37:34c'est une honte.
00:37:35Et ce,
00:37:36alors que la banque,
00:37:37par exemple,
00:37:37ne prend que 1%
00:37:38lorsque vous payez
00:37:39en carte
00:37:39sur un terminal.
00:37:40Ceux-ci
00:37:41prennent 5 fois plus
00:37:42et ils s'entendent
00:37:43les coquins
00:37:43puisqu'il y a déjà eu
00:37:44des condamnations
00:37:45par l'autorité
00:37:46de la concurrence.
00:37:47Ainsi,
00:37:48en moyenne,
00:37:50une boulangerie
00:37:51perd 2 500 euros
00:37:53par an
00:37:53en commission.
00:37:54Or,
00:37:55nous avons l'occasion
00:37:56cet après-midi
00:37:57de mettre fin
00:37:58à cette extorsion
00:37:59de fonds géantes
00:37:59en votant
00:38:00les amendements,
00:38:01ceux de la France insoumise,
00:38:02notamment,
00:38:03qui plafonnent
00:38:03à 2% maximum
00:38:05ces commissions
00:38:05et mettent fin
00:38:06à cette logique
00:38:07d'exploitation
00:38:08des petits
00:38:08par les grands.
00:38:10Mais je lisais
00:38:11ce matin
00:38:11dans le journal Politico,
00:38:12au réveil,
00:38:13que le cabinet
00:38:14du ministre,
00:38:15M. Papin,
00:38:16a déployé,
00:38:16je cite,
00:38:17un lobbying
00:38:18de force 8
00:38:19pour tuer dans l'œuf
00:38:20les amendements
00:38:21d'encadrement.
00:38:23Pourquoi ce lobbying
00:38:24d'une telle puissance
00:38:26contre l'encadrement
00:38:27des commissions
00:38:28sur les titres restaurants ?
00:38:29Qui est défendu
00:38:31derrière ?
00:38:32Je vais vous le dire,
00:38:33on va revenir
00:38:34sur les entreprises
00:38:34de ce cartel-là,
00:38:36par exemple,
00:38:36Edenred.
00:38:39Chiffre d'affaires,
00:38:403 milliards d'euros,
00:38:41vraiment une TPE du coin.
00:38:43300 millions d'euros
00:38:44de dividendes,
00:38:44ça représente 30 euros
00:38:46sur chaque utilisateur
00:38:47de titres restaurants
00:38:48en France.
00:38:49À côté,
00:38:49vous avez la société
00:38:50Pluxy,
00:38:51croissance annuelle
00:38:52de 11% celle-là.
00:38:53Et là,
00:38:54les actionnaires
00:38:55y tiennent sur une ligne
00:38:55de l'annuaire,
00:38:56c'est la famille Bélon,
00:38:585 personnes
00:38:59qui se versent
00:39:0025 millions d'euros
00:39:01par an,
00:39:02soit 9 SMIC
00:39:03par jour.
00:39:04On vit bien
00:39:05avec des commissions
00:39:05sur les titres restaurants
00:39:06dans ce pays.
00:39:07Et dans la France,
00:39:08Emmanuel Macron,
00:39:09où 20% des salariés
00:39:11sautent le repas du midi,
00:39:13nous proposons également
00:39:14un amendement
00:39:14qui maintienne
00:39:15le titre restaurant
00:39:16sous la forme papier,
00:39:17comme ça a pu être dit
00:39:18par d'autres collègues
00:39:19précédemment,
00:39:20afin qu'on puisse
00:39:21toujours en faire don,
00:39:22qu'on puisse toujours
00:39:22le partager,
00:39:23qu'on puisse toujours
00:39:24l'offrir à quelqu'un
00:39:25qui se retrouve
00:39:26en difficulté
00:39:27dans la galère.
00:39:28C'est ça qui menace
00:39:30d'être abrogé
00:39:30par la dématérialisation
00:39:32totale.
00:39:32C'est la mise sous tutelle,
00:39:34la mise sous contrôle
00:39:34de l'usage même
00:39:35d'un complément
00:39:36de rémunération
00:39:37pour le monde du travail.
00:39:38Et que de temps perdu
00:39:40sur le sujet.
00:39:41C'est le troisième changement
00:39:43en quatre ans
00:39:43de votre histoire.
00:39:45On se retrouve tous les ans
00:39:46avec des macronistes
00:39:47qui nous font
00:39:48« On avait oublié le sujet,
00:39:49c'est vrai,
00:39:49le 1er janvier arrive ».
00:39:50Oui, forcément,
00:39:51en octobre,
00:39:51le 1er janvier arrive,
00:39:52tous les ans pareil,
00:39:52ça n'est pas d'un calendrier.
00:39:53Et cette fois-ci,
00:39:55il y a un nouveau bidule.
00:39:57C'est le système
00:39:58du double plafond
00:40:00qui a été rejeté
00:40:00en commission.
00:40:01Vous avez dit
00:40:02« On changera,
00:40:02vous avez changé »
00:40:03et vous faites la même chose.
00:40:04Quelle est l'idée ?
00:40:05L'idée,
00:40:05c'est qu'on n'aurait pas
00:40:06les mêmes droits d'usage
00:40:08selon le type de commerce
00:40:10dans lequel on se rend.
00:40:11Et je vais lire.
00:40:13Le texte prévoit
00:40:14que l'utilisation
00:40:15des titres restaurants
00:40:16est limitée
00:40:16à des montants maximaux
00:40:18journaliers,
00:40:18donc quotidien,
00:40:20selon qu'ils soient utilisés
00:40:21auprès de restaurateurs
00:40:22ou de commerces alimentaires.
00:40:23Un plafond journalier.
00:40:25Mais franchement,
00:40:26vous croyez que les gens
00:40:26n'ont que ça à faire ?
00:40:27Vous allez retourner
00:40:27tous les jours
00:40:27pour faire des courses ?
00:40:29Enfin,
00:40:29vous pensez vraiment
00:40:30qu'avec un plafond,
00:40:31imaginons,
00:40:32parce qu'en plus,
00:40:32vous ne définissez pas,
00:40:33mais imaginons à 15 euros,
00:40:34les gens qui vont faire
00:40:36les courses
00:40:36pour faire leur petite popote
00:40:37pour aller le midi
00:40:38manger de l'entreprise,
00:40:39ils vont devoir faire
00:40:40les courses trois fois
00:40:40dans la semaine ?
00:40:41Pour ne pas dépasser
00:40:42le plafond quotidien ?
00:40:43Enfin,
00:40:43franchement,
00:40:44ce n'est pas sérieux,
00:40:44c'est quoi ?
00:40:44C'est le mercredi,
00:40:45on va acheter les féculents
00:40:46et le vendredi,
00:40:47on va acheter les légumes ?
00:40:48Bon,
00:40:49je trouve que ce n'est pas
00:40:49très sérieux
00:40:50comme proposition.
00:40:51Avec ce dispositif,
00:40:52un ou une salariée au SMIC
00:40:53ira faire les courses
00:40:54un jour sur deux,
00:40:55tandis qu'un ou une cadre
00:40:56d'entreprise
00:40:57ira au restaurant chaque jour.
00:40:58Alors,
00:40:58on avait compris
00:40:59qu'au niveau gouvernemental,
00:41:01il y avait des VRP de total,
00:41:02mais enfin,
00:41:02aller jusque là
00:41:03pour nous faire dépenser
00:41:04de l'essence pour rien,
00:41:05c'est quand même
00:41:05peut-être grossier
00:41:06comme manœuvre.
00:41:07Donc,
00:41:07stop l'hypocrisie,
00:41:09plafonnons les commissions,
00:41:10interdisons l'usage
00:41:11des tickets resto
00:41:12sur la plateforme Uberisée.
00:41:13J'ai bien lu le message
00:41:14que tout le monde a reçu,
00:41:15adressé par M. Thierry Marx,
00:41:17chef du syndicat patronal
00:41:18de l'UMIH,
00:41:18qui soutient votre texte.
00:41:20Tu m'étonnes,
00:41:21adhérer à l'UMIH
00:41:22permet une ristourne
00:41:22de 35%
00:41:24sur les frais de gestion
00:41:24des titres de restaurant ?
00:41:25Évidemment,
00:41:25qui soutient votre texte ?
00:41:27Puisque ce texte-là
00:41:28permettra,
00:41:28par la mise à contribution
00:41:34ici aussi,
00:41:35je vous le dis collègue,
00:41:36le petit restaurateur
00:41:37a plus à attendre
00:41:38de Karl Marx
00:41:38que de Thierry Marx.
00:41:40Mais,
00:41:40pour conclure,
00:41:42pour conclure,
00:41:44je vois que même
00:41:45le rapporteur
00:41:46et la Macronie
00:41:47sourient.
00:41:47Comme quoi,
00:41:48mettre une bonne ambiance
00:41:49est peut-être
00:41:50préfigurateur de succès
00:41:51juste après
00:41:52dans les votes
00:41:52des amendements.
00:41:53Je veux dire
00:41:54au petit patron
00:41:54contre lesquels
00:41:55vous vous acharnez
00:41:56que la stabilité,
00:41:58la prévisibilité,
00:42:00le remplissage
00:42:01des carnets de commande
00:42:02et les marges garanties
00:42:03arrivent
00:42:03très vite,
00:42:04plus que 200 jours
00:42:05avant l'élection
00:42:06de Jean-Luc Mélenchon.
00:42:06Et étant donné
00:42:07que les dispositions
00:42:08du texte
00:42:08sont renvoyées
00:42:09à des décrets,
00:42:09dans le pire des cas,
00:42:10c'est nous
00:42:10qui les prendrons.
00:42:11Merci.
00:42:13Je vous remercie.
00:42:14La parole est
00:42:15à Mme Ossane Godard
00:42:16pour le groupe
00:42:16socialiste apparenté.
00:42:27Madame la Présidente,
00:42:29Monsieur le Ministre,
00:42:31Monsieur le rapporteur,
00:42:32Madame la Vice-présidente
00:42:32de la Commission,
00:42:34alors à Dijon,
00:42:36comme partout en France,
00:42:38dans vos territoires,
00:42:40c'est un geste
00:42:42que font près de 6 millions
00:42:44de salariés
00:42:45qui nous réunit aujourd'hui,
00:42:47à savoir celui de payer
00:42:49leur déjeuner chaque jour
00:42:51avec un titre restaurant
00:42:52chez près de 250 000 commerçants.
00:42:55Derrière ce geste du quotidien,
00:42:579 milliards,
00:42:589 milliards d'euros
00:43:00ruissellent chaque année
00:43:01vers le commerce de proximité.
00:43:03Et à chaque passage en caisse,
00:43:05une commission de 3 à 5%
00:43:07se détache du ticket
00:43:08pour abonder les caisses
00:43:11des émetteurs de tickets restaurant.
00:43:12Quatre acteurs principaux
00:43:14qui pèsent ensemble
00:43:15plus de 99% du marché.
00:43:18Nous dénonçons le fait
00:43:20que ce dispositif
00:43:22né en 1967
00:43:23pour garantir
00:43:25le repas des salariés
00:43:26devienne
00:43:27sur une partie
00:43:28de sa chaîne
00:43:29une machine à commission.
00:43:31L'autorité de la concurrence
00:43:32l'a documenté.
00:43:33Entre 2018 et 2022,
00:43:35les commissions dématérialisées
00:43:36ont continué
00:43:37de grimper.
00:43:38Dans le même temps,
00:43:39les prix alimentaires
00:43:40ont bondi de 16%
00:43:42et la restauration
00:43:43enregistrée
00:43:43environ 7300 défaillances
00:43:45en 2025,
00:43:467% de plus
00:43:48qu'un an plus tôt.
00:43:49Voilà pourquoi
00:43:50ce texte compte
00:43:51pour les Français.
00:43:52Il touche à la fois
00:43:53le pouvoir d'achat
00:43:54de ceux qui déjeunent,
00:43:56les salariés,
00:43:57et la santé économique
00:43:59de ceux qui les servent,
00:44:00les commerçants.
00:44:01Nous sommes législateurs,
00:44:03nous posons le cadre
00:44:04de la vie en société
00:44:05contre la loi du plus fort.
00:44:07C'est aussi cela
00:44:08la justice sociale.
00:44:09Notre position,
00:44:10elle est claire.
00:44:11Nous voterons pour ce texte
00:44:12et nous l'espérons
00:44:13évidemment avec nos amendements.
00:44:15Le texte issu de la commission
00:44:16porte des avancées réelles
00:44:17que nous soutenons.
00:44:18La première,
00:44:19l'interdiction des remises
00:44:20qui faussait la concurrence.
00:44:22Deuxièmement,
00:44:22la transparence annuelle
00:44:23sur les commissions.
00:44:24Troisièmement,
00:44:25l'usage du titre
00:44:26tous les jours.
00:44:28Quatrièmement,
00:44:29le don aux associations
00:44:29d'aides alimentaires.
00:44:31Néanmoins,
00:44:32la valeur de justice sociale
00:44:33ne peut s'incarner
00:44:35si le plafonnement
00:44:37des commissions
00:44:38ne reste que facultatif.
00:44:40Et là,
00:44:41votre amendement,
00:44:42monsieur le rapporteur,
00:44:43stipule bien,
00:44:44peut-être plafonné
00:44:46sans montant,
00:44:47sans date.
00:44:48Selon nous,
00:44:49il doit y avoir
00:44:50un plafond.
00:44:51Alors oui,
00:44:51je le dis nettement,
00:44:53les seuls payeurs
00:44:54du service
00:44:55ne peuvent être
00:44:56nos restaurateurs,
00:44:57nos commerçants
00:44:57de proximité.
00:44:590% de frais
00:44:59pour les entreprises,
00:45:01mais jusqu'à 5%
00:45:02pour nos commerces
00:45:03de proximité.
00:45:03Ce n'est évidemment
00:45:04pas acceptable.
00:45:05Alors deux choix
00:45:07se posent à nous
00:45:08aujourd'hui,
00:45:08chers collègues.
00:45:09Protéger les commerçants
00:45:10de proximité
00:45:11et nos concitoyens
00:45:12victimes de la baisse
00:45:13du pouvoir d'achat
00:45:14sans mettre en danger
00:45:15les entreprises
00:45:16et maîtrises
00:45:17de tickets restaurants
00:45:18ou protéger
00:45:20un système
00:45:20inique,
00:45:21injuste,
00:45:22dans lequel
00:45:22quelques-uns
00:45:24réalisent des profits
00:45:25considérables
00:45:27et distribuent
00:45:28des dividendes
00:45:29tout aussi considérables.
00:45:31Alors nous assumons
00:45:32évidemment
00:45:33pleinement
00:45:33ce premier choix.
00:45:35Nos amendements
00:45:36vont dans ce sens.
00:45:37Premièrement,
00:45:38un plafond
00:45:38de 2,5%
00:45:40maximum
00:45:40inscrit dans la loi.
00:45:42Le décret
00:45:42pourra aller en dessous
00:45:43et je le dis
00:45:44pour couper court
00:45:45aux alarmes,
00:45:46ce plafond
00:45:47ne mettra
00:45:47personne en faillite.
00:45:49Deuxièmement,
00:45:50des sanctions
00:45:51pour rendre
00:45:51la règle effective.
00:45:53Troisièmement,
00:45:53les frais de dématérialisation
00:45:54à la charge
00:45:55de l'émetteur.
00:45:56Troisièmement,
00:45:57une amende graduée
00:45:58avec la saisine
00:45:58de l'autorité
00:45:59de la concurrence.
00:46:00Cinquièmement,
00:46:02est le don ouvert
00:46:03évidemment
00:46:04aux associations
00:46:05habilitées
00:46:06au niveau régional
00:46:07pour que la solidarité
00:46:08soit ancrée
00:46:09dans nos territoires.
00:46:11Je pense évidemment
00:46:12aux épiceries solidaires,
00:46:14aux associations
00:46:14dans nos quartiers.
00:46:16J'ajoute à cela
00:46:17pour que ce soit
00:46:18extrêmement clair,
00:46:19pas de double plafond
00:46:20dans cette période
00:46:21de polycrise
00:46:22pour les Français.
00:46:23Pas de tickets
00:46:24restaurants,
00:46:25papiers,
00:46:26maintenus
00:46:26ou réintroduits
00:46:27qui feraient durer
00:46:28la commission
00:46:29en double exemplaire.
00:46:32pas d'exclusion
00:46:33des plateformes
00:46:34de livraison
00:46:34de repas
00:46:35qui pénalisent
00:46:36ceux qui déjeunent
00:46:37au bureau
00:46:38et pas de calendrier
00:46:39qui recule
00:46:40la fin du papier.
00:46:41C'est 2028,
00:46:42la date est posée,
00:46:44tenons-la.
00:46:45Mes chers collègues,
00:46:47un point de commission
00:46:48en moins,
00:46:49c'est 1 000 euros
00:46:50par an
00:46:51en plus
00:46:52pour un restaurant.
00:46:53Ça compte.
00:46:541 000 euros
00:46:55qui vont au travail,
00:46:56pas à l'intermédiaire.
00:46:57Voilà du pouvoir d'achat
00:46:58qui ne coûte pas
00:46:591 euro
00:46:59d'argent public.
00:47:01Alors voilà
00:47:02ce que nous défendons,
00:47:03une loi qui protège
00:47:04le déjeuner des salariés
00:47:06et l'activité
00:47:07de celles et ceux
00:47:08qui les servent.
00:47:09Telle est notre volonté,
00:47:10telles sont nos valeurs.
00:47:11Je vous remercie.
00:47:13Je vous remercie.
00:47:16La parole est à M. François Jarnigon
00:47:18pour le groupe Horizon.
00:47:40Madame la Présidente,
00:47:42Monsieur le ministre,
00:47:43Monsieur le rapporteur,
00:47:44mes chers collègues,
00:47:45le groupe Horizon et Indépendant
00:47:47accueille favorablement
00:47:48cette proposition de loi
00:47:49que nous avons adoptée
00:47:51à l'unanimité
00:47:52la semaine dernière
00:47:52en commission
00:47:53des affaires sociales.
00:47:55Depuis 2022,
00:47:57le Parlement a prolongé
00:47:58à plusieurs reprises
00:47:59la possibilité
00:48:00d'utiliser les titres restaurants
00:48:02pour l'ensemble
00:48:03des produits alimentaires.
00:48:05Il était temps
00:48:05de sortir de cette logique
00:48:06provisoire
00:48:07et de donner enfin
00:48:08un cadre stable
00:48:10à un usage
00:48:11désormais bien installé.
00:48:13Notre groupe
00:48:14appelait d'ailleurs
00:48:15à cette pérennisation
00:48:16depuis 2024.
00:48:18Nous soutenons donc
00:48:19pleinement cette évolution
00:48:20qui répond
00:48:21aux nouvelles habitudes
00:48:22de travail,
00:48:23notamment au développement
00:48:24du télétravail
00:48:25et constitue aussi
00:48:27un outil concret
00:48:28de pouvoir d'achat
00:48:29pour plusieurs millions
00:48:30de salariés.
00:48:31Mais pérenniser
00:48:33ne doit pas vouloir
00:48:34dire dénaturer.
00:48:35Le titre restaurant
00:48:36reste d'abord destiné
00:48:38à financer
00:48:38le repas du salarié
00:48:39pendant sa journée de travail.
00:48:42Or,
00:48:43depuis 2022,
00:48:44une part croissante
00:48:45des dépenses
00:48:46s'est déplacée
00:48:46vers la grande distribution
00:48:47au détriment
00:48:48des restaurateurs
00:48:49dont nous connaissons
00:48:50les difficultés.
00:48:53C'est pourquoi
00:48:53nous sommes favorables
00:48:55au principe
00:48:55d'un plafond différencié
00:48:57selon le lieu
00:48:58d'utilisation,
00:49:00conserver aux salariés
00:49:01la liberté
00:49:01d'utiliser leurs titres
00:49:02pour leurs courses alimentaires
00:49:04tout en prévoyant
00:49:05un plafond plus élevé
00:49:06dans la restauration.
00:49:08Ce texte apporte
00:49:10également
00:49:10d'autres avancées importantes.
00:49:11Je pense notamment
00:49:13à la dématérialisation
00:49:15complète
00:49:15du titre restaurant
00:49:16à compter de 2028,
00:49:18mais aussi
00:49:19à la possibilité
00:49:20pour les salariés
00:49:21de faire don
00:49:22de leur titre
00:49:23à des associations
00:49:24d'aide alimentaire.
00:49:26Sur les commissions
00:49:27facturées
00:49:28aux restaurateurs,
00:49:29nous devons également
00:49:30être clairs.
00:49:32Nous partageons
00:49:32l'objectif
00:49:33de réduire
00:49:34les frais supportés
00:49:35pour les commerçants,
00:49:36mais nous pensons
00:49:37qu'un plafonnement
00:49:37des commissions
00:49:38serait une mauvaise réponse
00:49:39à un vrai problème.
00:49:41L'autorité
00:49:42de la concurrence
00:49:43elle-même
00:49:43l'avait souligné
00:49:45en 2023,
00:49:46un tel plafonnement
00:49:47ne corrigerait pas
00:49:48les dysfonctionnements
00:49:49du marché
00:49:49et pourrait entraîner
00:49:51des effets incertains.
00:49:53Le risque
00:49:54serait notamment
00:49:55de déstabiliser
00:49:56le marché,
00:49:57de fragiliser
00:49:58certains émetteurs
00:49:58et finalement
00:49:59de pénaliser
00:50:00les salariés
00:50:01comme les restaurateurs
00:50:02pour un bénéfice
00:50:03qui pourrait être
00:50:04en fait très limité.
00:50:07Nous préférons
00:50:08donc agir
00:50:09sur les causes
00:50:09du problème.
00:50:10avec les mesures
00:50:12prévues par le texte,
00:50:13davantage de transparence
00:50:14sur les commissions
00:50:15et la fin des remises
00:50:17et ristournes accordées
00:50:18aux grands employeurs
00:50:19dont le coût
00:50:20est en partie
00:50:21reporté
00:50:22sur les commerçants.
00:50:24En commission,
00:50:25le rapporteur
00:50:26a proposé
00:50:27un compromis
00:50:27permettant
00:50:28au gouvernement
00:50:29d'envisager
00:50:30un plafonnement
00:50:31uniquement
00:50:32si ces premières mesures
00:50:33ne suffisent pas.
00:50:35Nous prenons acte
00:50:36de cette rédaction
00:50:37mais restons convaincus
00:50:38qu'il faut d'abord
00:50:39laisser ces mesures
00:50:40produire leurs effets.
00:50:43Mes chers collègues,
00:50:44notre ligne est simple.
00:50:46Préserver le pouvoir
00:50:47d'achat des salariés,
00:50:49redonner sa juste place
00:50:50à la restauration
00:50:51et rééquilibrer
00:50:52le dispositif
00:50:54sans toutefois
00:50:54le fragiliser.
00:50:56L'adoption unanime
00:50:57de ce texte
00:50:58en commission
00:50:58montre que nous
00:50:59pouvons avancer
00:51:00collectivement
00:51:01sur ces objectifs.
00:51:04C'est dans cet esprit
00:51:05que le groupe
00:51:06Horizon et Indépendants
00:51:07soutiendra
00:51:08cette proposition
00:51:08de loi.
00:51:09Je vous en remercie.
00:51:12Je vous remercie.
00:51:17La parole est à
00:51:18M. Boris Tavernier
00:51:19pour le groupe écologiste.
00:51:24Merci.
00:51:35Madame la Présidente,
00:51:36M. le Ministre,
00:51:36Mme la Vice-présidente
00:51:37de la Commission
00:51:38des Affaires Sociales,
00:51:39M. le rapporteur,
00:51:40mes chers collègues,
00:51:40pour la troisième fois
00:51:42en trois ans
00:51:42dans cet hémicycle,
00:51:43nous parlons
00:51:43des tickets restos.
00:51:45Alors commençons
00:51:45par rappeler une évidence.
00:51:47Les salariés
00:51:47devraient pouvoir
00:51:48payer leurs courses
00:51:49avant tout
00:51:49grâce à leur salaire,
00:51:50des salaires qui soient
00:51:51suffisants,
00:51:52décents et non
00:51:53avec des chèques restos
00:51:54exonérés de cotisations.
00:51:56Et pourtant,
00:51:57après dix années
00:51:57de macronisme,
00:51:58le ticket restos
00:51:58est devenu pour beaucoup
00:51:59un complément nécessaire,
00:52:01incontournable
00:52:02vital pour remplir
00:52:03son frigo.
00:52:04Ainsi,
00:52:05avant toute chose,
00:52:05nous ferons en sorte
00:52:06de permettre aux travailleurs
00:52:07de pouvoir continuer
00:52:08à utiliser leurs titres restos
00:52:10là où ils le souhaitent,
00:52:11que ce soit au restaurant
00:52:12ou au supermarché.
00:52:14Maintenant,
00:52:14dans cette timide réforme,
00:52:15nous porterons une priorité,
00:52:16protéger véritablement
00:52:17les restaurateurs
00:52:18et les petits commerçants.
00:52:20Reconnaissons-le,
00:52:21l'ouverture du titre restaurant
00:52:22est un manque
00:52:23à gagner pour eux.
00:52:24Mais le poids
00:52:25de plus en plus lourd
00:52:25des commissions pratiquées
00:52:26par le cartel d'émetteurs
00:52:27qui les propose
00:52:28représente un racket
00:52:29bien plus grave
00:52:30parce qu'injustifié.
00:52:32J'ai travaillé pendant
00:52:32dix ans en restauration.
00:52:34J'ai vécu les contraintes
00:52:35qui pèsent sur ceux
00:52:36qui acceptent le titre resto,
00:52:38la lourdeur dans la gestion
00:52:39et surtout le poids
00:52:40des commissions.
00:52:41Ces commissions
00:52:41qui ne cessent
00:52:42d'augmenter
00:52:42de manière injustifiée
00:52:44et qui viennent
00:52:44s'ajouter à d'autres.
00:52:45Je pense notamment
00:52:46aux factures d'électricité
00:52:47et de gaz,
00:52:47toujours plus lourdes.
00:52:48Je pense aussi
00:52:49aux loyers commerciaux
00:52:50de plus en plus élevés
00:52:51comme chez moi à Lyon.
00:52:52Alors ces commissions
00:52:53sur les tickets resto,
00:52:54nous proposons de les plafonner
00:52:55et de les plafonner
00:52:56à la baisse.
00:52:57Et tant pis
00:52:58si cela déplaît
00:52:58aux très grands émetteurs.
00:53:00Émetteurs de titres restaurants.
00:53:02Voilà une activité
00:53:03des plus étonnantes.
00:53:04Une activité
00:53:05qui n'existe
00:53:06que par l'existence
00:53:07d'une niche fiscale.
00:53:08Mais une activité
00:53:09très lucrative,
00:53:10surtout lorsque
00:53:11les entreprises
00:53:11qui dominent 99%
00:53:12du marché
00:53:13se constituent
00:53:14en un oligopole
00:53:15et magouillent
00:53:15au point d'être condamnées
00:53:16à 415 millions
00:53:18d'euros d'amende.
00:53:19En la matière,
00:53:20le fonctionnement
00:53:20du chèque vacances
00:53:21s'avère bien plus efficace
00:53:23et devrait inspirer
00:53:25toute réforme.
00:53:26gérée par une structure publique,
00:53:28l'Agence nationale
00:53:28du chèque vacances
00:53:29qui est entièrement
00:53:30autofinancée
00:53:31par son activité
00:53:31et qui propose
00:53:32aux commerçants
00:53:33des commissions
00:53:34plus faibles.
00:53:35Le succès
00:53:35du chèque vacances
00:53:36est tel
00:53:36que la NCV
00:53:37se permet même
00:53:37de financer
00:53:38des associations
00:53:38pour de l'aide
00:53:39au départ en vacances.
00:53:40Ici,
00:53:41la supériorité
00:53:42du public
00:53:43sur le privé
00:53:43est une fois de plus
00:53:44démontrée
00:53:45à tel point
00:53:46que dans le budget,
00:53:46le gouvernement
00:53:47prévoit de ponctionner
00:53:48125 millions d'euros
00:53:49dans la trésorerie
00:53:50de l'Agence
00:53:50des chèques vacances
00:53:51pour financer
00:53:51ces cadeaux fiscaux.
00:53:53Alors,
00:53:54le texte qu'on étudie
00:53:54propose certes
00:53:55la dématérialisation,
00:53:56l'interdiction
00:53:57des remises
00:53:58et des rabais
00:53:58par les émetteurs
00:53:59et une plus grande
00:54:00transparence
00:54:01dans leur politique tarifaire.
00:54:02Tout cela est bien
00:54:03mais loin d'être suffisant
00:54:04pour ramener
00:54:05un équilibre,
00:54:06une relation juste
00:54:06et équitable
00:54:07entre les restaurateurs
00:54:08et cet oligopole condamné.
00:54:10Je l'ai dit
00:54:10et je le redis,
00:54:11il faut encadrer
00:54:12les commissions.
00:54:13Il ne faut pas
00:54:13les encadrer hypothétiquement
00:54:15à un taux inconnu,
00:54:16non,
00:54:16il faut les encadrer
00:54:17à la baisse.
00:54:18C'est pourquoi
00:54:18le dispositif
00:54:19que nous avons adopté
00:54:20en commission
00:54:20s'il est bienvenu
00:54:21est encore insuffisant.
00:54:22Sur le texte,
00:54:23nous dénonçons également
00:54:25un acte manqué.
00:54:26Le quitter-resto
00:54:27bénéficie
00:54:27d'1,5 milliard d'euros
00:54:29de participation
00:54:30de l'État
00:54:30sous forme d'exonération.
00:54:32C'est colossal,
00:54:33surtout quand on nous répète
00:54:34à l'usure
00:54:34qu'il n'y a plus d'argent.
00:54:36Plus d'1,5 milliard d'euros
00:54:37donc,
00:54:38mais pour quelle contribution
00:54:39aux politiques publiques ?
00:54:40Quasiment aucune,
00:54:41alors que cette réforme
00:54:42aurait pu être l'occasion
00:54:43de faire évoluer
00:54:44le titre restaurant
00:54:44pour en faire un outil
00:54:45de soutien
00:54:46à notre souveraineté alimentaire.
00:54:47Un outil de transition
00:54:49vers une alimentation
00:54:50plus durable.
00:54:50Nous défendons
00:54:51des amendements
00:54:52en ce sens.
00:54:53Enfin,
00:54:53mes chers collègues,
00:54:54nous soutiendrons ce texte
00:54:56mais ne nous trompons pas.
00:54:57Pour protéger les restaurants,
00:54:59les tickets-resto
00:54:59ne suffiront pas.
00:55:00Pour les soulager,
00:55:02nous devrons encadrer
00:55:02leurs loyers commerciaux,
00:55:04bloquer les prix de l'énergie
00:55:05et surtout mettre fin
00:55:06à la paupérisation
00:55:07de leurs clients.
00:55:08C'est très simple,
00:55:09des salaires qui stagnent,
00:55:10ce sont des salles
00:55:10de restaurants qui se vident.
00:55:12Et j'ajouterai
00:55:12des OQTF qui pleuvent,
00:55:14ce sont des cuisines
00:55:15qui ferment.
00:55:16Pour protéger
00:55:17les restaurateurs,
00:55:17nous devons aussi redonner
00:55:18du temps aux travailleurs
00:55:19pressurisés par les cadences
00:55:20infernales,
00:55:21écrasés par des exigences
00:55:23toujours plus nombreuses.
00:55:24Entre 1975 et 2021,
00:55:26le temps de pause-déjeuner
00:55:27des salariés
00:55:28a été divisé par deux.
00:55:29Au-delà de la question
00:55:30du prix,
00:55:31les salariés n'ont tout simplement
00:55:32plus le temps
00:55:32d'aller au restaurant.
00:55:34Si pour protéger
00:55:35les restaurants,
00:55:35les tickets-resto
00:55:36ne suffiront pas,
00:55:37ils ne suffiront pas non plus
00:55:38pour améliorer l'accès
00:55:39à l'alimentation
00:55:39du plus grand nombre.
00:55:41Parce que bien manger
00:55:42est un droit fondamental,
00:55:43il faut des réformes
00:55:44structurelles.
00:55:44Il faut faire reculer
00:55:46la pauvreté
00:55:47et transformer
00:55:48notre système alimentaire.
00:55:49A ce titre,
00:55:50nous défendons
00:55:51la proposition
00:55:51de sécurité sociale
00:55:52de l'alimentation
00:55:53pour qu'un jour,
00:55:54tous les Français
00:55:55puissent véritablement
00:55:56choisir leur alimentation
00:55:57et pourquoi pas,
00:55:59pour qu'un jour,
00:56:00tous les Français
00:56:00puissent même
00:56:01se faire plaisir
00:56:01au restaurant.
00:56:02Je vous remercie.
00:56:04Je vous remercie.
00:56:06La parole est à
00:56:07M. Nicolas Turquois
00:56:08pour le groupe démocrate.
00:56:23Madame la Présidente,
00:56:25M. le ministre,
00:56:27M. le rapporteur,
00:56:28chers collègues,
00:56:29je vais d'abord saluer
00:56:30les travails réalisés
00:56:31par notre rapporteur,
00:56:32le président Christophe
00:56:33Négelen,
00:56:33sur cette proposition
00:56:34de loi.
00:56:35Il a su,
00:56:37au fil de nos échanges,
00:56:38faire évoluer sa rédaction,
00:56:39entendre les différentes
00:56:40sensibilités,
00:56:41accepter des modifications
00:56:42importantes.
00:56:43Cette démarche
00:56:44transpartisane
00:56:44mérite d'être soulignée
00:56:45car sur un sujet
00:56:46aussi concret,
00:56:47notre responsabilité
00:56:48de législateur
00:56:49consiste avant tout
00:56:49à rechercher un accord.
00:56:52Le titre restaurant
00:56:53accompagne aujourd'hui
00:56:54le quotidien
00:56:55de plus de 6 millions
00:56:56de salariés
00:56:57et de 240 000 commerçants.
00:56:59Dans une période
00:57:00où le pouvoir d'achat
00:57:01demeure une préoccupation
00:57:03majeure,
00:57:03la possibilité d'acheter
00:57:04en grande surface
00:57:05de quoi préparer son repas
00:57:07représente
00:57:07un soutien réel
00:57:09pour de nombreux Français.
00:57:11Depuis l'élargissement
00:57:12de son utilisation,
00:57:13la part de la grande
00:57:14distribution
00:57:14est ainsi passée
00:57:15de 22 à 31%
00:57:16des dépenses
00:57:17entre fin 2022
00:57:18et mi-2024.
00:57:21Cette évolution
00:57:22traduit des nouvelles
00:57:22habitudes de consommation
00:57:23mais aussi des situations
00:57:24très différentes.
00:57:26Des salariés
00:57:27qui préparent eux-mêmes
00:57:28leur déjeuner,
00:57:29des ménages attentifs
00:57:30à leur budget
00:57:30ou encore des habitants
00:57:31de territoires ruraux
00:57:32disposant de moins
00:57:33de possibilités
00:57:33pour se restaurer.
00:57:36Cependant,
00:57:37veillons à ne pas oublier
00:57:38la vocation première
00:57:39du titre restaurant
00:57:40ni les professionnels
00:57:41auxquels ce dispositif
00:57:42bénéficie historiquement.
00:57:45Je pense naturellement
00:57:46à nos restaurateurs
00:57:47mais aussi aux boulangers,
00:57:49aux primeurs
00:57:49et à tous nos commerces
00:57:50alimentaires de proximité.
00:57:51Ils affrontent déjà
00:57:52des marches particulièrement
00:57:53contraintes
00:57:54et subissent de surcroît
00:57:56un déséquilibre économique
00:57:57important dans leurs relations
00:57:58avec les émetteurs
00:57:59de titres restaurant.
00:58:01Quand les employeurs
00:58:02peuvent mettre
00:58:03les émetteurs en concurrence,
00:58:05les commerçants
00:58:06doivent eux
00:58:07généralement accepter
00:58:08plusieurs réseaux
00:58:08pour ne pas perdre
00:58:09leur clientèle.
00:58:10Les commissions prélevées,
00:58:12parfois de 4 à 5%,
00:58:13pèsent alors directement
00:58:14sur leurs activités.
00:58:17Pour le groupe
00:58:18Les Démocrates,
00:58:18la modernisation
00:58:19du titre restaurant
00:58:20doit donc s'accompagner
00:58:21d'un meilleur équilibre
00:58:22entre les différents acteurs.
00:58:24C'est le sens
00:58:24des amendements
00:58:25que nous avons déposés
00:58:26avec le rapporteur
00:58:27dont je salue à nouveau
00:58:28la capacité de travail
00:58:30transpartisane
00:58:31et plusieurs de nos collègues.
00:58:34Nous proposons
00:58:35notamment d'instaurer
00:58:36un double plafond
00:58:37d'utilisation
00:58:37plus élevé
00:58:39dans les restaurants
00:58:40que dans la grande distribution
00:58:41afin de redonner
00:58:42un avantage
00:58:43à la restauration
00:58:43sans remettre en cause
00:58:44les nouveaux usages
00:58:45des salariés.
00:58:47Nous souhaitons également
00:58:49au groupe Les Démocrates
00:58:50que cette mesure
00:58:50puisse s'appliquer
00:58:51dès 2027
00:58:52et demandons davantage
00:58:53de transparence
00:58:54sur l'utilisation
00:58:55des sommes
00:58:55correspondant
00:58:56aux titres perdus
00:58:57ou périmés.
00:58:59Pour ma part,
00:59:01j'ai souhaité
00:59:01rendre obligatoire
00:59:02et non simplement
00:59:03facultatif
00:59:03le plafonnement
00:59:04des commissions
00:59:05supportées par les commerçants.
00:59:07Je propose également
00:59:08de réfléchir
00:59:09à une approche fondée
00:59:09sur l'enveloppe mensuelle
00:59:11des titres restaurants
00:59:12dont la moitié au maximum
00:59:14pourrait être utilisée
00:59:15dans les commerces alimentaires.
00:59:16Cette formule permettrait
00:59:17notamment de mieux tenir compte
00:59:19des réalités
00:59:19de nos territoires ruraux.
00:59:22Mais je voudrais
00:59:23surtout insister
00:59:23sur un point.
00:59:24Nous devons impérativement
00:59:26parvenir à un compromis
00:59:27pour permettre
00:59:27à cette proposition
00:59:28de loi
00:59:31d'aboutir.
00:59:32Car le régime actuel
00:59:33prend fin
00:59:33le 31 décembre prochain.
00:59:35Sans intervention
00:59:36du législateur,
00:59:37les salariés
00:59:38ne pourraient plus
00:59:39dès janvier
00:59:39utiliser leur titre
00:59:40restaurant
00:59:41pour acheter
00:59:41des produits
00:59:42aussi courants
00:59:42que des pâtes,
00:59:43du riz ou de la farine.
00:59:45Ce serait un recul
00:59:46difficilement compréhensible
00:59:47pour nos concitoyens.
00:59:49Nous devons donc
00:59:50réussir à concilier
00:59:51deux objectifs,
00:59:52préserver le pouvoir d'achat
00:59:54et la liberté du choix
00:59:55des salariés
00:59:55tout en défendant
00:59:56nos restaurateurs
00:59:57et nos commerces
00:59:57de proximité.
00:59:59Le groupe Les Démocrates
01:00:00soutient donc
01:00:00cette proposition de loi.
01:00:02Nous souhaitons
01:00:02la voir aboutir
01:00:03dans un esprit
01:00:04de dialogue,
01:00:05de compromis
01:00:06et de responsabilité.
01:00:07Je vous remercie.
01:00:12Je vous remercie.
01:00:13La parole est à
01:00:14Madame Josiane Corneloup
01:00:15pour le groupe
01:00:16Droite Républicaine.
01:00:17Merci.
01:00:19Merci.
01:00:26Madame la Présidente,
01:00:27Monsieur le Ministre,
01:00:29Monsieur le Rapporteur,
01:00:30mes chers collègues.
01:00:31Le titre restaurant
01:00:32est synonyme
01:00:33de pouvoir d'achat
01:00:34pour nos concitoyens
01:00:35qui y sont fortement attachés.
01:00:37Plus de 50 ans
01:00:38après sa création,
01:00:39ce dispositif
01:00:40a profondément évolué.
01:00:41Il s'est adapté
01:00:42aux nouvelles habitudes
01:00:43de travail,
01:00:44au développement
01:00:45du télétravail,
01:00:46à la dématérialisation
01:00:47des paiements,
01:00:48mais aussi aux difficultés
01:00:50rencontrées par nos concitoyens
01:00:51face au coût
01:00:52de l'alimentation.
01:00:54Depuis 2022,
01:00:55les titres restaurants
01:00:56peuvent notamment
01:00:56être utilisés
01:00:57pour acheter
01:00:58une gamme plus large
01:00:58de produits alimentaires.
01:01:00Cette évolution répond
01:01:02à une réalité simple.
01:01:03Lorsque les prix augmentent,
01:01:05chaque euro compte
01:01:06et le titre restaurant
01:01:07constitue pour des millions
01:01:08de salariés
01:01:09un complément concret
01:01:10de pouvoir d'achat.
01:01:12C'est pourquoi
01:01:12le groupe Droite Républicaine
01:01:14est favorable
01:01:14à la pérennisation
01:01:15de l'utilisation
01:01:16des titres restaurants
01:01:17pour l'achat
01:01:18de produits alimentaires.
01:01:19Nous ne souhaitons pas
01:01:20revenir sur cette évolution.
01:01:22Nous devons toutefois
01:01:23veiller à ce que
01:01:24le titre restaurant
01:01:25reste fidèle
01:01:26à sa vocation première,
01:01:27permettre aux salariés
01:01:29de financer
01:01:29leurs repas
01:01:30et non devenir
01:01:31progressivement
01:01:32un moyen de paiement
01:01:33généralisé.
01:01:35C'est dans cet esprit
01:01:36que nous sommes favorables
01:01:37au principe
01:01:38d'un double plafonnement
01:01:39distinguant l'utilisation
01:01:41dans les restaurants
01:01:41et celle
01:01:42dans les commerces alimentaires.
01:01:43Cette distinction
01:01:45nous paraît être
01:01:45une solution
01:01:46de compromis.
01:01:47Elle permet
01:01:48de préserver
01:01:48la liberté
01:01:49pour les salariés
01:01:50d'utiliser leurs titres
01:01:51pour leurs achats
01:01:52alimentaires
01:01:53tout en maintenant
01:01:54un avantage
01:01:56au repas pris
01:01:56au restaurant
01:01:57et donc en soutenant
01:01:58les restaurateurs
01:01:59qui font vivre
01:02:00nos centres-villes
01:02:00et nos territoires.
01:02:02Nous regrettons
01:02:03que cette solution
01:02:03n'ait pas encore
01:02:04trouvé sa traduction
01:02:05dans le texte
01:02:06issu de la Commission.
01:02:08Nous souhaitons donc
01:02:09que le débat en séance
01:02:10permette d'avancer
01:02:11sur ce point.
01:02:12Je veux également saluer
01:02:13une évolution adoptée
01:02:14en Commission,
01:02:15la possibilité
01:02:16d'utiliser les titres
01:02:17restaurants
01:02:18tous les jours
01:02:18de la semaine,
01:02:19y compris les dimanches
01:02:21et jours fériés.
01:02:22Cette mesure répond
01:02:23à une réalité
01:02:24très concrète.
01:02:25Les habitudes de travail
01:02:26et de consommation
01:02:27ont changé.
01:02:28Quand le salarié
01:02:29dispose de titres
01:02:30restaurants,
01:02:31il doit pouvoir
01:02:32les utiliser
01:02:33avec davantage
01:02:34de souplesse,
01:02:35notamment lorsqu'il travaille
01:02:37ou prend son repas
01:02:38au restaurant
01:02:38les week-ends.
01:02:40Il y a un autre
01:02:41sujet sur lequel
01:02:41nous devons être
01:02:42particulièrement vigilants,
01:02:44les commissions
01:02:44prélevées par les émetteurs.
01:02:47Notre position
01:02:48était claire
01:02:49en Commission.
01:02:50Nous sommes opposés
01:02:51à un plafonnement rigide
01:02:52des remises
01:02:53ou des commissions
01:02:53qui risqueraient
01:02:54de perturber
01:02:55la concurrence
01:02:56et, in fine,
01:02:57d'augmenter le coût
01:02:58du dispositif
01:02:59pour les entreprises.
01:03:00La Commission
01:03:01a retenu
01:03:01une voie différente
01:03:02mais qui constitue
01:03:04un compromis.
01:03:05Elle n'instaure pas
01:03:06directement de plafond.
01:03:07Elle prévoit
01:03:08la possibilité
01:03:08pour le gouvernement
01:03:09d'en fixer
01:03:10un ultérieurement
01:03:11par décret
01:03:12en Conseil d'État
01:03:13après avis
01:03:14de l'autorité
01:03:15de la concurrence
01:03:16et après une période
01:03:17d'évaluation.
01:03:18Nous serons
01:03:19particulièrement
01:03:19attentifs
01:03:20à la mise
01:03:21en œuvre
01:03:21de cette disposition
01:03:22car notre objectif
01:03:24doit rester le même,
01:03:25ne pas faire peser
01:03:26sur les entreprises
01:03:27un nouveau coût
01:03:28qui pourrait ensuite
01:03:29être répercuté
01:03:30sur les salariés.
01:03:31C'est le risque
01:03:32d'un tel plafonnement
01:03:33sur lequel
01:03:34nous restons vigilants.
01:03:35Nous devons également
01:03:36préserver une concurrence
01:03:38réelle
01:03:39entre les émetteurs.
01:03:40La dématérialisation
01:03:41du titre restaurant
01:03:43doit justement
01:03:44permettre davantage
01:03:45d'innovation
01:03:46et de concurrence
01:03:47et non conduire
01:03:48à une réglementation
01:03:49qui figerait
01:03:50les modèles économiques.
01:03:52Enfin,
01:03:53je veux rappeler
01:03:53que le groupe
01:03:54droite républicaine
01:03:55a déjà démontré
01:03:56son attachement
01:03:57à ce dispositif.
01:03:59Lors de l'examen
01:04:00du PLFSS
01:04:012026,
01:04:02nous nous étions
01:04:03mobilisés
01:04:03pour obtenir
01:04:04la suppression
01:04:05du projet
01:04:06de forfait social
01:04:07de 8%
01:04:07sur la participation
01:04:09patronale
01:04:10aux titres restaurant.
01:04:11Notre ligne
01:04:12reste la même.
01:04:13Nous voulons préserver
01:04:14cet avantage
01:04:15pour les salariés
01:04:15sans alourdir
01:04:17le coût du travail
01:04:18pour les entreprises.
01:04:19Notre position
01:04:20est donc une position
01:04:21d'équilibre.
01:04:22Nous voulons pérenniser
01:04:23l'usage des titres restaurant
01:04:24pour les produits alimentaires
01:04:26parce que c'est une mesure
01:04:27de pouvoir d'achat.
01:04:28Nous voulons mieux
01:04:29distinguer leur utilisation
01:04:31dans les restaurants
01:04:31et dans les commerces alimentaires
01:04:33pour préserver
01:04:34la vocation
01:04:35du dispositif
01:04:36et soutenir
01:04:37nos restaurateurs.
01:04:38Nous voulons
01:04:39davantage de souplesse
01:04:40dans leur utilisation,
01:04:41notamment le week-end,
01:04:43et nous voulons enfin
01:04:44éviter toute réglementation
01:04:45excessive
01:04:46des relations commerciales
01:04:48entre les émetteurs,
01:04:49les entreprises
01:04:50et les commerçants
01:04:51qui pourraient finalement
01:04:52se retourner
01:04:53contre ceux
01:04:54que nous voulions protéger.
01:04:55Le titre restaurant
01:04:57doit rester ce qu'il est,
01:04:58un avantage social
01:05:00utile,
01:05:01simple
01:05:01et concret
01:05:02pour les salariés.
01:05:03C'est cet équilibre
01:05:04entre pouvoir d'achat,
01:05:06liberté commerciale
01:05:07et soutien
01:05:08à nos commerces
01:05:09et à nos restaurants
01:05:09que le groupe
01:05:10droite républicaine
01:05:11entend défendre.
01:05:13Je veux enfin
01:05:13remercier le rapporteur
01:05:15pour son travail
01:05:16et pour les échanges
01:05:17qui ont permis
01:05:17de faire évoluer
01:05:18ce texte en commission.
01:05:19Merci à vous.
01:05:21Je vous remercie.
01:05:23La discussion générale
01:05:24est close.
01:05:25C'est la fin
01:05:25de ce numéro
01:05:26de la séance
01:05:27qui s'est ouverte.
01:05:28A très bientôt
01:05:28sur LCP.
01:05:31Sous-titrage Société Radio-Canada
01:05:32Sous-titrage Société Radio-Canada