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  • il y a 14 heures
Glucksmann vainqueur de la primaire de la gauche : «Jean-Luc Mélenchon ne doit pas être très contente ce matin», note Pascal Praud

Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce lundi, Pascal Praud revient sur la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche.

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Transcription
00:00dans cette élection. D'abord, est-ce que vous êtes
00:02d'accord pour dire que c'est un événement important
00:04là, Glucksmann ?
00:07Vous aviez exhumé
00:08une vidéo où je le maltraite
00:09sur un plateau de télévision, donc je ne suis pas
00:13quelqu'un qui est
00:14complaisant avec M. Glucksmann,
00:15mais c'est une bonne nouvelle.
00:18Parce qu'il existe une autre gauche,
00:20c'est-à-dire une gauche digne par rapport à la gauche indigne
00:22que représente M. Mélenchon
00:23et le signal qui a été envoyé, quand même,
00:25c'est une victoire qui est nette et sans bavure.
00:27Je trouve que c'est une excellente nouvelle.
00:29Après, moi j'aimerais bien savoir en quoi consiste
00:32le programme de M. Glucksmann.
00:33C'est très simple, c'est les 110 propositions
00:35de Mitterrand revisitées. C'est plus d'impôts,
00:37plus de fonctions publiques,
00:40plus d'Europe. Alors, écoutons
00:41Raphaël Glucksmann hier quand il apprend sa victoire.
00:4866,17%.
00:48Wow !
00:49Yeah !
00:53Yeah !
00:54Bravo !
00:55Bravo !
00:58Bravo !
01:04Alors, cette campagne va être d'une grande violence
01:05et vous allez voir, tout de suite après, il a été
01:07enfariné. Et les gens de
01:09la gauche radicale,
01:12ça sera eux,
01:13évidemment, les adversaires désormais de Glucksmann,
01:15c'est la gauche radicale, qui vont être d'une
01:17violence inouïe contre lui.
01:19Beaucoup plus que n'importe qui.
01:20Bon. Et c'est ça qui va être aussi intéressant dans cette campagne.
01:24Parce que ça n'aura
01:27de cesse.
01:28Écoutez,
01:29Raphaël Glucksmann, la bataille de France,
01:30dit-il, référence à De Gaulle peut-être,
01:32la bataille de France a commencé.
01:35La bataille de France commence.
01:38Ce soir, j'appelle les citoyennes et les citoyens qui croient dans l'esprit de justice
01:44qui a fait la grandeur de notre nation.
01:46J'appelle les républicains sincères.
01:50J'appelle ceux qui se battent au quotidien pour que la République tienne debout.
01:55Ceux qui font que la solidarité n'est pas un vain mot dans notre pays.
01:59Ceux qui résistent à l'injustice.
02:01Ceux qui se sentent impuissants et voudraient pouvoir agir.
02:06Je les appelle toutes et tous à nous rejoindre et à mener campagne.
02:10Éric Revelle, il faut bien comprendre que l'ennemi, aujourd'hui,
02:13numéro un de Jean-Luc Mélenchon, c'est lui.
02:14Bien sûr.
02:15Parce que c'est lui qui peut potentiellement l'empêcher d'être au deuxième tour.
02:18De certaine manière, ça donne raison quand même à Manuel Valls
02:20qui avait parlé de ces deux gauches irréconciliables.
02:23Si Glucksmann se tient à ce qu'il a dit,
02:25parce qu'on verra au moment des législatives,
02:27s'il n'y aura pas un accord quand même avec LF.
02:28Non mais attendez.
02:30En fait, vous avez deux gauches qui se font face à face, pour le coup.
02:33Une gauche radicalisée et puis la social-démocratie incarnée par M. Glucksmann.
02:38Mais je ne partage pas tout à fait le point de vue d'Éric Nolot.
02:40Il y a une mauvaise nouvelle quand même, c'est pour le Parti Socialiste,
02:43incarné par M. Fort.
02:44Parce que c'est un candidat qui n'est pas socialiste qui gagne cette primaire socialiste.
02:48Donc, Mme Royal a raison de parler de l'effacement du Parti Socialiste.
02:51Et ça, je pense que c'est un des points clés de cette primaire.
02:54C'est que le Parti Socialiste tel qu'il a existé, de Jaurès, de Blum,
02:58en fait, n'existe plus de cette manière.
03:02Richard, on peut considérer qu'il n'existait pas avec Fort et que Fort trahissait le PS.
03:07Pardonnez-moi, là-dessus, il y a deux possibilités.
03:09Quand j'entends Julien Dray hier...
03:11Là, c'est clair, on était précis.
03:12Pardonnez-moi, hier j'entendais Julien Dray, comme toujours, qui était excellent.
03:16Julien Dray, il incarne le PS.
03:18Et il regrettait la ligne Fort.
03:19Et il trouvait que Fort avait...
03:21C'était le contraire de ce que vous dites.
03:22Il trouve que Fort avait fait une OPA sur le PS avec des valeurs qui n'étaient pas celles du
03:26PS.
03:27Comment ça ?
03:27Donc...
03:28Mais M. Glucksmann n'est pas au Parti Socialiste.
03:30Il n'est pas au...
03:31Écoutez, son programme, il est très PS 1980 et François Hollande de 2012.
03:39J'avoue que je découvre M. Glucksmann, là, d'une certaine façon.
03:42Ah bon ?
03:42Et je me demande...
03:43Mais vous viviez dans une grotte, peut-être, ces derniers temps ?
03:48Je voyais en lui un fils de...
03:50Oui.
03:51Le fils de l'essayiste, André Glucksmann, qui est complètement oublié aujourd'hui.
03:55Et je voyais aussi son expérience en Géorgie, où il était conseiller, me semble-t-il, du président géorgien.
04:00Et donc là, je découvre quelqu'un qui, au fond, finit d'enterrer le PS, et je trouve que c
04:05'est une très bonne chose,
04:06tout en devenant l'adversaire de Mélenchon.
04:08Il a quand même modéré un peu, c'est-à-dire qu'il a été élu par 80 000 personnes.
04:11Oui.
04:11C'est quand même très peu.
04:12Non, mais je veux dire, pardon, c'est 66% de 120 000 votants.
04:16C'est-à-dire 80 000 personnes, c'est le Stade de France qui a voté pour Raphaël Glucksmann.
04:19C'est pas non plus une dynamique et un élan.
04:21Dans les sondages, il reste quand même autour de 10%.
04:24Bon, ben, Jean-Luc Mélenchon, il fait quasiment le double.
04:26Il y a quand même...
04:26Les ordres de grandeur sont quand même très différents.
04:28Il a fait 14% aux dernières élections européennes.
04:32Il a fait une élection sur sa personne, c'est pas la même chose.
04:34Oui, oui, mais justement, d'abord, il est habité, il a quelque chose, Glucksmann, que les autres n'ont pas
04:41toujours,
04:42et comme toujours, les observateurs parfois se trompent là-dessus, il y a une part d'irrationnel.
04:47Les gens l'aiment, ou l'aiment bien, et ça compte.
04:51Ça compte, parce qu'il a un potentiel, sympathie, il n'a pas été très bon, il a même été
04:58sans doute mauvais dans les débats.
04:59Mais c'est pas le sujet.
05:01Il y a un côté, aujourd'hui, star hack, qui existe, c'est-à-dire que c'est pas forcément
05:05le meilleur chanteur, c'est pas le bon...
05:06Les gens l'aiment bien, c'est comme ça.
05:08Non, mais même...
05:09Et ça compte, cette part d'irrationnel contre Jérôme Gage, c'est pas la même chose.
05:15Oui, parce que les allemands qui ont opposé à Glucksmann, naïveté, en fait, ça peut plaire beaucoup aux gens,
05:21parce qu'en fait, ils donnent l'impression qu'il est hors système, que c'est pas un politique de
05:25profession,
05:25par rapport à M. Gage, par rapport à Mme Royale, et c'est peut-être, ce qu'il dirait comme
05:31un boulet,
05:32c'est peut-être des avantages pour lui aujourd'hui.
05:33L'irrationnel, les commentateurs parfois ont une grille, ce qui est bien normal d'ailleurs, une grille rationnelle.
05:40Il y a une... Baladur était sans doute meilleur que Chirac, pour la France.
05:45Bon, et je crois que c'est le... Comment ça s'appelle ? La bière, là, le sondage avec qui
05:50t'as envie de boire une bière.
05:51Eh bien, les gens, ils avaient envie de boire une bière avec Jacques Chirac.
05:53C'est sûr qu'avec Baladur, oui.
05:55Pas avec Édouard Baladur, et c'est comme ça.
05:57Est-ce que les Français s'imaginent Raphaël Glucksmann face à Donald Trump demain, etc. ?
06:01C'est ça aussi l'enjeu de la campagne ?
06:02Oui, bah écoutez, franchement, ça peut pas être pire de toute façon qu'aujourd'hui.
06:06Bon, le stagiaire a gagné, et justement, c'est Golan Royal qui l'a appelé stagiaire, tout ça.
06:11Alors, c'est Golan Royal, bon, je sais pas si elle va continuer sa vie politique,
06:14mais ces gens ont d'ailleurs eu un espace médiatique qui correspond à rien.
06:19C'est vraiment, ils sont invités sur les plateaux de télévision,
06:22mais même dans son camp, elle pèse rien.
06:24Madame Royal, écoutons-la.
06:28Le stagiaire a gagné la primaire, oui, malheureusement.
06:31Vous le saluez quand même, ce résultat ?
06:32Bien sûr, je félicite le gagnant, c'est la tradition,
06:37et je lui souhaite de pouvoir déclencher une campagne avec l'ensemble des forces de gauche,
06:43parce que c'est l'engagement qui a été pris dans cette primaire.
06:47C'est-à-dire, la condition pour rentrer dans la primaire,
06:49c'était de faire alliance avec les partenaires de gauche, pour bien rester à gauche.
06:53Écoutez les réactions de M. Fort, Madame Royal et M. Gage.
06:58Nous gagnerons cette élection présidentielle par la gauche unie.
07:02Nous avons désormais un candidat, à nous toutes et tous, de forger ensemble cet esprit de victoire.
07:09Je suis pour l'ordre juge, donc je suis pour la règle.
07:11Donc je suis pour celui qui a gagné ce soir les primaires, bien évidemment.
07:15À condition, comme je l'ai dit, qu'il y ait un rassemblement à gauche qui se fasse.
07:19Je suis heureux de la clarté du message qui a été porté à travers ce vote.
07:28Quelques jours avant ce scrutin, 73% des sympathisants du Parti Socialiste et de Place Publique
07:34avaient répondu à un sondage en disant que pour eux,
07:37un des enjeux était la clarté du refus des alliances avec la France insoumise.
07:41Je constate que le score combiné de Raphaël Glucksmann et le mien
07:45correspond à ces 72 ou 73% des Français de gauche
07:49qui refusaient toute alliance de cette nature.
07:53Bon, il a raison Gage.
07:54Mais c'est intéressant, c'est que Gage et Glucksmann, en ligne, c'est les mêmes.
07:57Mais évidemment, il est moins aimable, Gage.
08:00Non, mais disons-le comme ça.
08:01Il ne peut rien d'ailleurs, mais il est moins aimable pour ceux qui ne le connaissent pas.
08:05Vous voyez, c'est une question d'image.
08:07Il fait un peu agressif.
08:09La meilleure réaction, c'est quand même Ségolène Royal.
08:11Le stagiaire a gagné malheureusement,
08:12mais j'appelle au rassemblement de toutes les forces de gauche.
08:15Dans la même phrase, c'est extraordinaire.
08:17C'est une nouvelle erreur politique de Ségolène Royal,
08:20quand elle lui pendre le stagiaire,
08:21parce qu'elle n'a pas compris que les gens ne voulaient plus
08:23de salariés professionnels de la politique.
08:25En fait, ils préfèrent le stagiaire.
08:27Mais ils ne veulent plus d'elle, surtout.
08:29Ils ne veulent plus d'elle.
08:30C'est très agréable.
08:31Voilà, ils ne veulent plus la voir.
08:33C'est ce que lui ont dit les gens.
08:35Comment ?
08:36Ça fait 40 ans qu'on la voit.
08:37Elle a eu la séquence, une très belle séquence, d'ailleurs.
08:42Exactement.
08:42Comment ?
08:43Elle a eu le temps de ne rien faire.
08:44Bon, mais aujourd'hui, ils n'ont pas envie de la voir.
08:47Écoutez, M. Drey, comme toujours,
08:49assez remarquable dans son analyse hier.
08:51Moi, je crois que ce résultat, qui est assez surprenant,
08:54moi, j'ai le courage de le dire,
08:55parce que je m'attendais à des scores un peu plus serrés,
08:59montre une chose d'abord très importante,
09:02et je m'en félicite, pour être honnête,
09:03c'est le rejet massif de la ligne que défendait Olivier Faure depuis des années.
09:09Je vous le disais ici, dans nombre de débats,
09:12je considérais qu'il avait usurpé une orientation politique
09:15et celle traditionnelle de la social-démocratie,
09:18surtout depuis le 7 octobre 2023.
09:20C'est le désaveu de cette ligne qui a consisté à arrimer le Parti socialiste
09:25au wagon de M. Mélenchon.
09:27Alors, ce n'est pas une vague massive,
09:29puisque c'est 120 000 ou 140 000 votants,
09:31mais c'est quand même quelque chose de très important.
09:33Si M. Olivier Faure était cohérent avec la dignité de la fonction,
09:38il en tirait les conséquences,
09:39et il se mettrait en retrait.
09:41Raphaël Bixman était ce matin sur France Inter.
09:43Alors, c'est vrai qu'il va sans doute être porté par l'espace médiatique.
09:46Vous souriez déjà, oui, l'espace médiatique va sans doute choisir
09:51Raphaël Bixman, mais ne sous-estimez pas, il est habité.
09:55Il est habité, et ça se voit.
09:57Il a vu, j'allais dire, une expression chrétienne, j'allais employer,
10:00il a vu la Vierge.
10:01Mais c'est vrai, donc ça, ça compte.
10:03Il est habité.
10:05Vous connaissez la raison des sourires ?
10:07On discutait d'interviews de France Inter, j'ai écouté ce matin,
10:10et je crois que c'est l'interview politique la plus nulle
10:12que j'ai entendue de toute ma vie.
10:14Pourquoi vous dites ça ?
10:15Parce qu'ils étaient nuls.
10:16Il a été interrogé par qui ?
10:18Par Benjamin Duhamel.
10:19Benjamin, il n'est pas nul.
10:20Si, ce matin, il était nul.
10:21C'est-à-dire que je pense qu'il s'est couché très tôt,
10:23et qu'il a appris ce matin la victoire de Bixman,
10:25et qu'il n'a pas eu le temps de préparer.
10:26Non, mais écoutez cette interview,
10:28je m'adresse aux professionnels en vous,
10:30c'était nullissime.
10:33Écoutez-la.
10:34Mais parce que vous êtes...
10:35Parce que ?
10:36Vous êtes rationnel, vous ne comprenez pas,
10:38parfois, vous êtes trop intelligent.
10:40Le public, il est parfois moins...
10:42J'aime bien.
10:43J'aime bien.
10:43Je trouve que c'est une objection qui est recevable.
10:45Mais personne n'avait vu...
10:46Bon, et alors, il n'est pas...
10:48Mais je ne vous parle pas de Bixman.
10:49Bixman, il était...
10:49Oui, oui.
10:50Alors, écoutons ce qu'a dit ce matin Raphaël Guixman,
10:54et je disais qu'il y a quelque chose de...
10:56Ça peut marcher, peut-être pas,
10:58mais écoutons Raphaël Guixman.
11:00On aura besoin de tout le monde.
11:02Moi, je veux qu'Olivier Faure fasse partie de cette campagne.
11:04Quand il y a eu un tel écart,
11:07une telle netteté dans la victoire,
11:09on ne reviendra plus sur la question de la ligne.
11:11On nous a assez reproché pendant la campagne de primaire
11:14de revenir trop souvent sur la discussion stratégique,
11:18sur la question des alliances.
11:20Eh bien, maintenant, c'est réglé.
11:21On avait raison de le faire.
11:22Pourquoi ?
11:23Parce qu'en fait, ça détermine l'avenir de la gauche française.
11:25Écoutez, Éric Revelle, ce qu'il disait sur les...
11:29C'est toujours la rencontre, une présidentielle,
11:31entre une époque et un candidat.
11:33Il est, comme vous dites, hors système.
11:35C'est ce que vous disiez tout à l'heure.
11:36Souvent, on lui a reproché d'être naïf,
11:38d'être un peu fragile, etc.
11:40Mais par rapport au professionnel de la politique,
11:42il peut incarner quelque chose de totalement différent.
11:44Je suis d'accord.
11:44Mais les hors système qu'on a essayé, entre guillemets,
11:47avec Emmanuel Macron,
11:48on a vu dix ans plus tard où on en est.
11:49Non, non, il avait été ministre.
11:51Non, il n'est pas hors système, Emmanuel Macron.
11:52Mais c'était la révolution,
11:53c'était la révolution,
11:55de la nouvelle génération, etc.
11:56Bon, Jean-Luc Mélenchon.
11:58J'appelle 80 millions d'euros qu'on votait pour lui.
11:5915 euros, il fallait débourser 15 euros.
12:01Ça exclut quand même, de fait,
12:02une partie du peuple de gauche.
12:03Donc, la dynamique est à relativiser, à mon avis.
12:05Je suis parfaitement d'accord avec vous.
12:06On est là ce matin,
12:07il faudra prendre du recul.
12:09On commente toujours à chaud.
12:10Tout ce que vous dites est tout à fait vrai.
12:13Mais je pense que Jean-Luc Mélenchon
12:14ne doit pas être très content ce matin.
12:15Il ne doit pas être très content.
12:17Parce que, voilà,
12:19il y a quelque chose qui a changé quand même
12:22depuis ce matin.
12:23Est-ce que vous...

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