00:00Le projet de loi finance est débattu en séance publique.
00:03David, après des semaines d'annonce et de critique,
00:05on va donc rentrer dans le concret, dans le vif du sujet du budget 2027.
00:10Et notre invité, pour en parler, le patron du Rassemblement National dans la Loire.
00:13Bonjour Corentin Joucerand.
00:14Bonjour messieurs.
00:15Vous êtes par ailleurs collaborateur du groupe RN à l'Assemblée Nationale,
00:19à la Commission des Finances.
00:20C'est donc un sujet que vous connaissez très bien.
00:22Le gouvernement veut ramener le déficit à 5%.
00:2443 milliards d'euros de nouvelles pistes d'économie
00:27auxquelles s'ajoutent les mesures antérieures.
00:29Au total, 54 milliards d'euros.
00:31Vous dites au Rassemblement National que ce budget est consternant.
00:35Oui absolument, il est consternant pour trois raisons.
00:38La première, c'est qu'il n'est pas du tout suffisamment ambitieux.
00:41Pour vous donner une idée, il y a un an,
00:43le gouvernement prévoyait en 2026 4,7% de déficit.
00:47Et en fait, ce sera 5,4%.
00:49Donc le gouvernement ne parvient pas à tenir ses trajectoires budgétaires.
00:53La seconde raison, c'est que les impôts augmenteront avec ce budget.
00:57On estime la hausse des prélèvements obligatoires à 48 milliards,
01:00dont 17 milliards d'euros d'impôts nouveaux.
01:0417 milliards d'euros d'impôts dont par exemple un premier prélèvement
01:08sur l'épargne des Français avec une taxe sur les comptes inactifs
01:11qui est un premier pas vers la taxe de l'épargne.
01:14Donc on s'oppose farouchement à ça.
01:16Et la troisième chose, c'est un manque d'ambition
01:18dans les réformes qui permettraient de dépenser moins,
01:22parce que les dépenses augmenteront en valeur en 2027
01:25d'au moins 6 milliards d'euros.
01:26Donc vous vous dites, il faut aller plus loin,
01:29il faut notamment réduire de 200 000 personnes
01:35les effectifs des fonctionnaires.
01:38Ça interpelle quand même ce chiffre.
01:39200 000, c'est le programme du RN pour la future présidentielle.
01:42Alors il ne faut pas confondre deux choses.
01:43Il ne faut pas confondre 2027, donc le PLF 2027
01:46et notre trajectoire budgétaire jusqu'à 2032.
01:48Ce que j'entends par là, c'est que vous dites
01:49que le gouvernement ne veut pas aller assez loin.
01:51Vous, pour aller assez loin, vous allez proposer ça ?
01:53Il y a plusieurs choses dans ce 200 000.
01:55Il y a d'une part la réduction de 10% à horizon 2032
01:59des postes administratifs dans les hôpitaux publics.
02:02Les hôpitaux publics sont suradministrés,
02:03donc on estime qu'on peut diminuer les recrutements administratifs
02:07dans les hôpitaux et ainsi baisser une partie
02:09de la fonction publique hospitalière.
02:10On ne touche pas aux effectifs de l'État,
02:12on touche aux effectifs des opérateurs et agences publiques.
02:15Là aussi, c'est une partie de ces 200 000 postes.
02:18Et enfin, dans la fonction publique territoriale,
02:19on ne touche à aucun poste de fonctionnaire
02:22en contact avec le public.
02:24En revanche, dans les fonctionnaires de bureaux,
02:25on gèle les recrutements de 1 fonctionnaire sur 2 jusqu'à 2032.
02:30Donc en réalité, le nombre de fonctionnaires
02:31continuera d'augmenter, mais il augmentera moins vite
02:34de 200 000 postes à horizon 2032.
02:36Quand on veut faire des économies,
02:38il faut faire des malheureux.
02:39qui est-ce qu'il va falloir décevoir dans les temps qui viennent ?
02:43Les retraités, les fonctionnaires, les collectivités ?
02:45Alors, le budget du Rassemblement National
02:48pour les 5 années à venir a été publié mardi dernier.
02:50Vous pouvez le retrouver sur notre site internet.
02:52Et donc, le Rassemblement National s'attaque au tabou
02:55auquel les gouvernements successifs n'ont pas voulu s'attaquer,
02:58c'est-à-dire l'Union Européenne,
02:59c'est-à-dire l'immigration,
03:01c'est-à-dire la réforme de la carte territoriale.
03:03Parce que là aussi, c'est parfois très compliqué
03:05d'assumer auprès des élus locaux, par exemple,
03:07au niveau des EPCI,
03:09donc des collectivités territoriales rassemblées
03:11au sein de grandes structures
03:12qui ne parlent pas vraiment à nos concitoyens,
03:15qu'il va falloir réformer cette carte territoriale.
03:17Ça fait partie des dépenses auxquelles on s'attaque,
03:20mais aussi certaines dépenses de l'État
03:21qui étaient jusqu'alors taboues.
03:23Je pense par exemple aux subventions aux énergies intermittentes
03:26qui vont coûter 11 milliards d'euros l'année prochaine,
03:28solaire, éolien en mer et éolien terrestre.
03:32Donc nous, on s'attaque à ces tabous
03:34auxquels les gouvernements n'ont pas voulu s'attaquer.
03:36Vous promettez de faire 15 milliards d'euros d'économies
03:39sur l'immigration.
03:40Vous venez d'en parler.
03:41Ça veut dire quoi ce chiffre ?
03:42Il vient d'où ?
03:4315 milliards d'euros ?
03:4415 milliards d'euros, vous avez le détail.
03:45En réalité, c'est sur 8 postes de dépenses différents.
03:47Donc ça va des séjours visa pour soins.
03:49Donc si vous êtes par exemple aujourd'hui
03:52un riche marocain ou un riche américain même,
03:56vous pouvez venir en France pour vous faire soigner
03:59en obtenant ce qu'on appelle un visa pour soins.
04:01Ça coûte extrêmement cher aux contribuables.
04:03Et donc on considère aujourd'hui que si vous voulez profiter
04:05du système hospitalier français,
04:07qui est un des meilleurs du monde,
04:08il vous faudra vous acquitter si vous n'êtes pas français
04:10ou alors si vous êtes étranger mais que vous ne cotisez pas
04:13pour la sécurité sociale.
04:15Il faudra vous acquitter du coût de l'opération
04:17et du coût de l'hôpital.
04:18Ce sera également le cas par exemple de la réforme
04:20de la politique d'asile.
04:21On restreindra les critères de demande d'asile
04:24et ainsi le coût de l'asile sera diminué.
04:27Pour vous donner un chiffre,
04:28juste au niveau de l'île de France,
04:29l'hébergement d'urgence coûte 1,9 milliard d'euros par an.
04:34Donc ça fait partie des coûts auxquels on peut s'attaquer
04:36concernant l'immigration.
04:37Il y a un élément important ici dans votre manière
04:39de voir l'économie dans les années qui viennent,
04:42c'est la croissance.
04:42Vous tablez sur 1,8% pour les 5 années à venir.
04:46On est en ce moment à zéro.
04:48Vous n'êtes pas trop optimiste au Rassemblement National ?
04:51On n'est pas tout à fait à zéro.
04:52On est à 0,8.
04:53Donc on espère effectivement gagner un point de croissance.
04:57Ce n'est pas tout à fait juste.
04:58En fait, notre croissance moyenne au prochain quinquennat
05:01est de 1,4.
05:02Donc c'est effectivement un petit peu plus
05:04que ce que prévoit le gouvernement à un point.
05:07Mais quand on va baisser la TVA
05:09sur les produits de première nécessité
05:11pour relancer la croissance,
05:12quand on va supprimer les impôts de production,
05:15on sait que ça va forcément faire gagner
05:17de l'activité à la France,
05:18de la consommation pour les ménages
05:19et de l'activité pour les entreprises.
05:21Et donc ça va relancer le pays.
05:23J'ajoute, et on en parle assez peu,
05:25que le Rassemblement National
05:26a aussi proposé des améliorations,
05:29des pistes d'amélioration
05:31du niveau de vie des Français
05:32via plusieurs dispositifs
05:33comme par exemple le permis gratuit
05:35pour les jeunes de 18 ans
05:37sans casier judiciaire,
05:39via le remboursement complet des soins dentaires,
05:41via la baisse de la TVA
05:42sur les frais vétérinaires pour les animaux.
05:44Donc on a toutes ces pistes
05:45qui vont relancer l'activité,
05:47la croissance,
05:47le pouvoir d'achat des jeunes et des travailleurs.
05:49On a compris, en un mot,
05:51on a compris votre vision
05:52et la manière dont vous abordez aussi
05:54le budget qui est donc débattu
05:55à partir de demain.
05:56Est-ce que les députés du RN
05:58pourraient voter une censure
05:59à six mois de la présidentielle ?
06:01Alors, ce n'est pas moi qui déciderais de ça,
06:03ce sera évidemment notre président de groupe,
06:04Marine Le Pen.
06:05Vous avez bien la tendance ?
06:06Tout est possible, au sens où...
06:07Tout est possible.
06:08Oui, tout est possible, exactement.
06:09On sait qu'on négocie avec le gouvernement
06:12pour essayer d'améliorer à la marge
06:13le PLF pour 2027.
06:15Si ce PLF n'est pas amélioré
06:17et reste une sanction
06:19contre les retraités,
06:20contre les actifs,
06:21contre les épargnants,
06:22il est tout à fait possible
06:23que l'on censure.