- il y a 1 jour
"Je ne suis pas un grand fan du pape", a déclaré Donald Trump dimanche 12 avril en s'en prenant à Léon XIV dans une longue publication publiée sur son réseau Truth Social. Le lendemain, il enchaîne par une image générée par IA où il se présente sous les traits de Jésus.
Quand on sait que l'électorat maga est composé d'une proportion considérable de chrétiens et surtout à quel point le christianisme infuse la vie politique états-unienne, ces propos interrogent. Est-ce que par ces multiples maladresses envers la communauté chrétienne, le président américain ne risque-t-il pas de fissurer sa base de soutien ? Décryptage avec Vadim Kamenka, chef du service monde, et Lina Sankari, journaliste spécialisée dans les questions européennes.
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Quand on sait que l'électorat maga est composé d'une proportion considérable de chrétiens et surtout à quel point le christianisme infuse la vie politique états-unienne, ces propos interrogent. Est-ce que par ces multiples maladresses envers la communauté chrétienne, le président américain ne risque-t-il pas de fissurer sa base de soutien ? Décryptage avec Vadim Kamenka, chef du service monde, et Lina Sankari, journaliste spécialisée dans les questions européennes.
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00:01Je ne suis pas un grand fan du pape, a déclaré Donald Trump dimanche 12 avril,
00:06s'en prenant à Léon XIV dans un long poste publié sur son réseau Truth Social.
00:11Le lendemain, il l'enchaîne par une image générée par IA où il se présente sous les traits de Jésus.
00:15Quand on sait que l'électorat maga est composé d'une grande partie de chrétiens,
00:19et surtout à quel point le christianisme infuse la vie politique états-unienne,
00:23ces dérapages interrogent.
00:24Est-ce que par ces multiples maladresses envers la communauté chrétienne,
00:27le président américain ne risque-t-il pas de fissurer sa base de soutien ?
00:31Donc on reçoit aujourd'hui pour en parler Vadim Kamenka, chef du service Monde,
00:36et Lina Sankari, journaliste de service Inter spécialisée dans les questions européennes.
00:41Donc bonjour Lina, bonjour Vadim.
00:42Bonjour Carole.
00:43Bonjour.
00:44Bon déjà Vadim, est-ce que tu peux revenir un peu sur le contexte
00:47et nous expliquer pourquoi Donald Trump s'en est pris au pape ?
00:50En fait c'est surtout le contexte de la guerre en Iran qui a déclenché un peu toutes ces bases
00:55d'armes.
00:57puisque en gros avant on va dire la Pâque chrétienne,
01:04il y a eu plusieurs références, notamment de la part de Pitexet en fait,
01:09qui est le ministre de la Défense, ministre de la Guerre, comme le président Donald Trump.
01:13Et à chaque conférence de presse durant ces plusieurs semaines de conflit avec l'Iran,
01:19il a démarré à chaque fois ses conférences de presse en citant des extraits de la Bible, en avant qu
01:24'en Dieu, etc.
01:26Chose qui a été reprise aussi quelques fois par Donald Trump.
01:30Et ce qui au bout du compte a commencé un peu à agacer le pape,
01:34puisque de se référer notamment à un certain nombre de passages, notamment de la Bible,
01:41sur des questions chrétiennes, sur le côté presque guerre sainte en fait,
01:45c'était un peu des passages et des prétextes qui étaient mis en avant.
01:49Et le pape a répondu, je crois que c'était juste avant Pâques,
01:53en gros en disant que ce n'étaient pas les valeurs chrétiennes de déclencher un conflit,
01:58notamment avec l'Iran, de bombarder des populations, quel que soit le motif,
02:03et du coup a rappelé justement que dans la Bible, il est question d'autres valeurs.
02:09Ça a fortement déplu à Donald Trump.
02:12Du coup, il y a eu plusieurs messages et plusieurs réponses en fait.
02:16Il y a eu des échanges comme ça pendant plusieurs jours de la part des deux côtés.
02:20Et du coup, Donald Trump a rappelé, tu le disais en introduction,
02:25tout son passage sur le trou social encore une fois.
02:29Il est apparu en fait agacé par, osé défier en fait un peu l'autorité de cette administration Trump.
02:40Mais je trouve que c'est révélateur, mine de rien, d'une certaine fragilité de la part de cette administration.
02:46On voit qu'aujourd'hui, ils sont enlisés dans cette guerre avec l'Iran.
02:49Alors il y a des négociations là qui durent depuis une semaine.
02:51Mais on voit qu'aujourd'hui, en fait, chaque personne qui ose contredire un peu le récit qu'ils en
02:57font,
02:57par exemple, ça a été le cas aussi des Européens.
02:59Et ça, on pourra peut-être revenir dans un deuxième temps avec l'INA et sur la question italienne.
03:02Mais on voit que dès qu'il y a une contestation du récit établi tel que le souhaite et tel
03:06que le veut cette administration Trump,
03:09eh bien, mine de rien, ça ne va pas.
03:13Et on cherche finalement à maintenir ce récit coûte que coûte,
03:17quitte à s'en prendre quand même à la figure du pape.
03:19Et tu l'as rappelé, il y a un certain nombre d'électeurs de Donald Trump dans le camp Maga
03:25qui ont voté pour lui à la présidentielle
03:29et qui jouent un rôle important dans son retour au pouvoir il y a plus d'un an
03:34et qui risquent de jouer un rôle très important dans les élections de demi-mandat dans quelques mois.
03:39Et justement, une liste de personnalités conservatrices se sont retournées contre le président après son attaque.
03:45Donc, il y en a qui ont choisi complètement de rompre avec lui ou d'autres lui réclament de présenter
03:51des excuses.
03:52Donc, pourquoi c'était particulièrement dangereux pour lui de s'attaquer au pape et à un pape nord-américain de
03:58qui plus est ?
03:59Oui. C'est surtout qu'en gros, il dit si le pape a été élu, c'est parce qu'il
04:03est américain et que j'ai défendu sa nomination.
04:05Donc, déjà, bon, ça reste à discuter. Bien sûr qu'il y a un poids considérable des États, peut-être
04:12par rapport aux nominations du pape.
04:13Mais la nomination, on avait fait quand même quelques papiers dessus durant cette période.
04:18Ça reste quelque chose de très complexe à l'intérieur. C'est vraiment un jeu de pouvoir et de rapport
04:23de pouvoir à l'intérieur des institutions catholiques.
04:27Donc, ce n'est pas Donald Trump qui a fait qu'aujourd'hui, le pape soit américain. Bien sûr qu
04:33'on espérait que ça aide au dialogue.
04:35Là, on voit que finalement, même un pape américain arrive à défier parce qu'il défie le message et le
04:41récit que va en faire cette administration.
04:43Et on voit qu'on est vraiment dans une base d'armes assez lunaire parce qu'il s'en prend
04:50directement à une figure quand même internationale.
04:53Il y a 1,4 milliard, je crois, ou 1,3 milliard de catholiques à travers le monde. C'est
04:57une de ses bases électorales.
04:59Et il arrive finalement à s'en prendre à tout un courant qu'il a porté ou qu'il a
05:06soutenu pour arriver au pouvoir.
05:08Donc, c'est pour ça que ça reste assez improbable. Mais voilà, c'est Donald Trump. On est revenu à
05:14plusieurs reprises ces dernières semaines sur son côté versatine.
05:20C'est-à-dire qu'il est capable aussi d'annoncer des négociations, puis finalement de menacer l'Iran, des
05:24disparitions.
05:26Donc, on voit qu'il est, je pense, piégé dans cette affaire et qu'il ne s'attendait pas à
05:31un conflit qui dure aussi longtemps.
05:33Finalement, il n'a abouti aujourd'hui à rien, ni à un changement de régime, ni à un certain nombre
05:41d'objectifs qui s'étaient fixés.
05:42Et au contraire, on voit que sur les négociations, ça patine. Donc voilà, je pense qu'il est embourbé dans
05:48ce conflit et qu'il cherche maintenant à imposer son récit.
05:53— Mais est-ce que... Comment je veux dire ? C'est la énième intervention de ce type qu'on
06:00voit de Donald Trump. Il fait régulièrement des fra-chocs et tout.
06:04Est-ce qu'on peut vraiment craindre... Enfin, est-ce que le président peut vraiment craindre qu'il y ait
06:08un impact politique sur ces...
06:10— Oui. Je pense que c'est pour ça que, d'ailleurs, dans un deuxième temps, parce qu'il y
06:15a son premier méchat sur Trousse Sociale, et même ça va plus loin,
06:18puisqu'on voit une photo de lui qui le dépeint en Jésus-Christ. C'est quand même pas... Ça va
06:28quand même assez loin pour un peu rassurer, justement, sa base électorale.
06:31Et le deuxième temps, en fait, c'est J. D. Evans. Je crois que c'était hier ou avant-hier,
06:34pareil, qui allait dire au pape que, finalement,
06:38c'était pas très bien de s'en prendre en l'imitation américaine, que quand même c'était des bons
06:43croyants,
06:44qu'il devait finalement rester un peu sur sa ligne diplomatique et pas se mêler, en gros, des affaires internes
06:50américaines,
06:51que, mine de rien, en tant que force victorieuse de la Seconde Guerre mondiale, ils avaient mis à mal le
07:03Troisième Reich,
07:04permis à l'Église d'avoir un certain nombre de poids, etc., etc. Donc on voit que... Parce que J.
07:10D. Evans, c'est vraiment la figure,
07:11on va dire, catholique au sein de cette administration, avec peut-être Pitexet, mais lui qui est pour le coup
07:18vraiment...
07:20Comment je dirais ? Un fervent virulent catholique. Je sais pas comment on pourrait le définir.
07:28Mais vraiment la figure de J. D. Evans, qui est quand même le vice-président américain, qui pourrait... Certains le
07:32disent,
07:33mais ça faudrait peut-être en débattre avec Christophe. Je pense que ce serait intéressant d'avoir son point de
07:36vue la semaine prochaine
07:36dans la revue de presse internationale, qui peut apparaître comme une alternative à Donald Trump une fois son deuxième mandat
07:43terminé.
07:44On voit qu'il a été, je pense, poussé sur le devant de la scène par cette administration pour essayer
07:49de calmer les choses
07:50et d'avoir une figure qui rassemble un peu tout ce courant-là aux États-Unis, parce que, mine de
07:55rien,
07:56les élections de mi-mandat vont arriver vite. C'est en novembre. Aujourd'hui, économiquement, ça va pas très bien
08:01aux États-Unis.
08:02En tout cas, toutes les promesses qui avaient été faites par Donald Trump ne fonctionnent pas.
08:05La guerre a créé aussi une forme d'inflation. On sait que socialement, c'est important, puisque c'est quand
08:12même une des bases aussi de son...
08:14Une des réussites de son élection, c'est d'avoir souhaité des changements économiques. Ça n'est pas le cas.
08:19Donc à force, finalement, en un peu plus d'une année, il a réussi à créer des feux et des
08:26contestations un peu partout, même au sein de son camp.
08:28Et c'est ça qui est, je pense, le plus dangereux pour lui. Et ça explique pourquoi, mine de rien,
08:33il a envoyé J.D. Evans un peu pour désamorcer cette crise.
08:36Je ne suis pas sûr qu'au final, il ait réussi à désamorcer totalement cette nouvelle crise.
08:41Récemment, Donald Trump s'est aussi attiré les foudres d'un autre de ses soutiens naturels, donc la première ministre
08:46italienne, Georgia Meloni.
08:48Qu'est-ce qui s'est passé ?
08:51Alors, les foudres, je t'empèrerai un petit peu, parce qu'elle, elle a quand même essayé de mettre les
08:57formes dans la manière dont elle s'adressait à Donald Trump.
09:01Lui, c'est sûr qu'il n'a pas été tendre.
09:02Alors, il a commencé par dire qu'effectivement, les Italiens ne devaient pas être très contents de leur première ministre
09:09parce qu'elle ne les aidait pas à accéder à un pétrole moins cher en libérant avec lui, entre guillemets,
09:18le détroit d'Hormuz, qu'il a lui-même contribué à bloquer.
09:22Mais bon, donc ça, c'était le premier volet et la deuxième salve, elle est intervenue un petit peu après.
09:30Elle est plus intéressante d'ailleurs à analyser sur le fait qu'elle n'aidait pas du tout au maintien
09:38et à la force, en tout cas, de l'OTAN, donc l'Alliance Atlantique.
09:42Et c'est surtout ça, en fait, qui gêne Donald Trump aux entournures parce qu'on voit qu'aujourd'hui,
09:48il a besoin de ses alliés, notamment européens, pour pouvoir avoir des relais grâce aux bases qui sont disposées un
09:56petit peu partout en Europe pour que les avions américains puissent faire soit du ravitaillement, soit décoller vers le Moyen
10:05-Orient.
10:05Et aujourd'hui, l'Espagne a dit non. L'Italie a dit non, mais alors pas pour les mêmes raisons.
10:11L'Italie a dit non parce que l'avion qui a décollé a demandé son autorisation après le décollage, l
10:17'autorisation d'atterrir sur la base de Sigonella en Sicile.
10:20Et ce n'est pas dans les procédures. Normalement, l'accord doit être donné avant. C'est dans les textes.
10:27Ça, ils ne peuvent rien y faire.
10:29Donc, si Georgia Meloni s'est élevée contre l'atterrissage de la base, ce n'est pas parce qu'elle
10:35a un différent avec Donald Trump de fond sur la guerre au Moyen-Orient, quoique ça, ça mériterait sans doute
10:43d'être regardé d'un petit peu plus près.
10:45Mais ce n'est pas parce que l'alliance est abîmée en tant que telle, mais c'est juste une
10:49question technique, en fait, parce que l'autorisation a été demandée après le décollage de cet avion.
10:54Ensuite, il y a eu l'affaire. On se demandait si, après la défaite de Viktor Orban, le premier ministre
11:02qui était en poste en Hongrie après 2010,
11:06on se demandait si, effectivement, Donald Trump était en train de perdre un petit peu les uns après les autres
11:10tous ses alliés.
11:12Je pense qu'il faut mesurer parce qu'effectivement, ils avaient J.D. Vence, le premier dont tu parlais tout
11:18à l'heure, Vadim.
11:20J.D. Vence s'est rendu en Hongrie pour aller soutenir Viktor Orban.
11:25Bon, on voit à quoi ça a mené. Ça s'est soldé par un échec, mais pas du fait du
11:32soutien de Donald Trump, en fait.
11:34Donc, qu'est-ce qui lui reste aujourd'hui ? Moi, je pense que quand même, Mélanie va continuer à
11:39vouloir tenir le cap,
11:41c'est-à-dire faire le lien entre les deux rives de l'Atlantique, donc les États-Unis d'un
11:45côté et l'Europe de l'autre.
11:47On ne peut pas dire aujourd'hui qu'elle ait opéré un revirement d'alliance.
11:56Ce qu'elle a fait hier, en lundi, pardon, ce qu'elle a fait lundi en demandant à ce qu
12:01'il n'y ait pas de reconduction automatique
12:05de son alliance et de son accord militaire avec Israël aussi, c'est pareil, il ne faut pas en tirer
12:11des conclusions trop hâtives.
12:13Ce qui s'est passé, en fait, c'est qu'il y a des soldats italiens qui participaient à la
12:18finule, donc la mission de l'ONU dans le sud du Liban,
12:22qui ont effectivement été visés par des tirs de sommation israéliens.
12:26Le véhicule a été touché, il n'y a pas eu de blessés, donc c'est plus un message symbolique
12:34qu'elle envoie en disant
12:35« Attention à ce que vous faites, elle n'a jamais qualifié la guerre génocidaire à Gaza de génocide, elle
12:43n'est jamais allée jusque-là. »
12:45Elle, elle garde ses alliances et elle continue, effectivement, même si elle peut être gênée aux entourneurs,
12:49parce que l'Italie a connu parmi les manifestations les plus importantes contre la guerre à Gaza.
12:57Elle, stratégiquement, elle est obligée de tenir un petit peu ce bout-là,
13:01mais elle ne remet pas fondamentalement en cause ses alliances.
13:06Mais pour revenir un petit peu sur le pape, Giorgia Meloni, en tant que première ministre italienne et catholique conservatrice,
13:15est-ce qu'elle s'est exprimée, justement, sur la brouille entre le pape et Donald Trump ?
13:22C'est un petit peu, oui, oui, elle s'est exprimée, c'est un petit peu compliqué pour elle, effectivement,
13:26en tant que, alors, plusieurs casquettes, en tant qu'italienne, effectivement, assez conservatrice,
13:35quelqu'un qui défend l'idée d'une identité occidentale très liée à la religion.
13:41C'est effectivement difficile pour elle de s'aliéner tous les croyants qui constituent aussi la base de son électorat,
13:48comme tu l'ai expliqué tout à l'heure, on va dire, à propos de Trump.
13:51Donc, elle n'avait pas tellement le choix que de soutenir le pape, même si je pense qu'elle ne
13:58partage pas tout à fait les vues du pape,
14:01notamment tout ce qu'il dit sur les migrants.
14:04Il a été effectivement très critique de la guerre qui est menée actuellement en Iran.
14:09Ce n'est pas parce qu'ils sont sur la même ligne, mais c'est vraiment sur une...
14:13Il y a un aspect électoraliste et puis, fondamentalement, de défense d'une figure catholique majeure, la plus importante qui
14:21soit.
14:22Alors, question pour toi, Vadim, cette fois.
14:25Alors, ensuite, donc, après avoir fait sa petite brouille avec le pape,
14:30Donald Trump publie une photo sur Truth Social, générée par IA,
14:34où il se présente en sorte de Christ sauveur.
14:36Et cette photo, elle a été qualifiée par plusieurs personnalités conservatrices de blasphématoires.
14:42Quel était le projet derrière ? Quelle interprétation on peut faire de ce geste ?
14:45Je pense que ça fait partie de sa volonté aussi d'apparaître dans cette brouille avec le pape
14:52comme finalement une figure importante du catholicisme.
14:56Voilà, je pense qu'à mon aimer, une petite guerre d'égo.
14:59Après, je me demande aussi si derrière, il n'y a pas une volonté parce que finalement,
15:04cette impasse en Iran et toutes les conséquences que ça a aussi pour l'économie américaine,
15:09mais même mondiale et ses brouilles finalement avec Mélanie ou d'autres dirigeants européens
15:13parce que, comme l'a rappelé Lina, c'est avec pas mal de dirigeants européens finalement
15:17qu'il y a un vrai affrontement sur l'Iran.
15:20En gros, il attend d'autres dirigeants qui participent pleinement à l'ouverture du détroit d'Hormuz,
15:27même d'un point de vue militaire. Je pense qu'il essaye avec cette, encore une fois,
15:31avec ce côté qu'il a quotidien pratiquement de tweeter et de relancer une machine médiatique,
15:39de finalement délaisser et d'oublier finalement l'échec de sa guerre en Iran et des conséquences
15:48puisqu'aujourd'hui finalement, comme on fait cette émission aussi, c'est-à-dire qu'on parle du pape
15:51de cette brouille ou des attaques vis-à-vis de Mélanie. Et plus finalement, où en est finalement
15:56le dialogue avec l'Iran, ce qui se passe aussi au Liban, la question aussi de Netanyahou.
16:02Donc on voit quelque part aussi, c'est une stratégie politique, c'est-à-dire en fait,
16:06on favorise et on médiatise une affaire. Je pense qu'il aurait pu ne pas répondre au pape
16:10puisque le pape avait son opinion. Je veux dire, chaque dirigeant a le droit de s'exprimer.
16:15Mais il a voulu répondre aussi pour, à mon avis, alimenter cette machine médiatique finalement
16:22et plus discuter peut-être des conséquences aussi aux États-Unis de sa stratégie au Moyen-Orient
16:28et finalement, du coup, profiter de cet espace pour relancer aussi son côté politique
16:35avant des élections de mi-mandat qui vont être prépondérantes parce que mine de rien,
16:39une majorité de l'opinion américaine est contre finalement cette guerre au Moyen-Orient
16:42et de plus en plus s'interroge finalement sur les buts et les objectifs de cette guerre.
16:47Donc on voit, oui, pourquoi est-ce que du coup, il a créé cette espèce d'image,
16:53image sainte complètement lunaire. Je pense que c'est une volonté encore une fois
16:57de favoriser et de nourrir la machine médiatique. C'est vraiment le...
17:02Son premier mondial, c'était exactement la même chose, c'est-à-dire qu'il tweetait tous les jours,
17:07il crée une de l'information et un récit en fait de la Maison-Blanche quotidien
17:11et on voit que son deuxième mandat, c'est pire parce que les réseaux sont encore plus importants.
17:17Il a son propre réseau social quand même. Il y a des IA derrière. Enfin voilà, il y a tout
17:21un processus
17:22et une vraie réflexion, je pense, une stratégie politique derrière qui est intéressant de décrire et de décrypter.
17:28Je pense que ça fait partie de cette stratégie-là, c'est d'occuper l'espace vraiment médiatique
17:32et du coup de faire taire un certain nombre de divergences et d'oppositions même au sein de son électorat.
17:38Donc ça semble en fait être une sorte de diversion.
17:42Je pense que ça fait partie des... Je pense que un, lui, par rapport à son égo,
17:46les attaques du pape l'ont blessé, ce que disaient un certain nombre de personnes,
17:50que comme il aime bien avoir le dernier mot, même s'il a tort, il ne le reconnaîtra pas.
17:54Mais en tout cas, voilà, il voulait s'afficher comme étant capable d'affronter le pape.
17:59Et deux, je pense qu'en effet, ça nourrit l'espace médiatique
18:02et on ne traite pas d'un certain nombre de choses aux États-Unis
18:05et des conséquences sociales aussi de cette guerre au Moyen-Orient.
18:10Lina, tu as quelque chose à rajouter ?
18:12Non, je pense qu'effectivement, il y a une stratégie de contrefeu permanent qui est claire,
18:16quitte à faire des contrefeu à des propos qu'il a pu lui-même tenir.
18:21Finalement, on ne sait pas trop, il parle un jour d'anéantir une civilisation,
18:28le lendemain, il ouvre des négociations, le surlendemain, il bloque le détroit d'Hormuz.
18:34Donc, tout ça crée de la confusion.
18:36C'est aussi une manière, effectivement, de garder la main
18:40et de brouiller des possibles ripostes, en tout cas, d'autres pays,
18:45et y compris de ses partenaires, qui voudraient, eux, ouvrir pour de bon,
18:51je pense aux Européens, là, pour le coup, une voie diplomatique
18:56pour trouver une solution et en finir avec les armes.
19:00Et ils n'y parviennent pas parce qu'effectivement, il y a des signaux
19:07qui sont envoyés dans tous les sens et que dans ces conditions-là,
19:10effectivement, c'est très, très compliqué.
19:12Ceci dit, juste pour revenir sur la question des Européens,
19:16Macron, lui-même, s'est pris des salves de reproches de la part de Donald Trump.
19:24Ce qu'il faut bien voir, c'est que, de toute façon, à l'heure qu'il est,
19:28ils vont avoir beaucoup de mal à se passer des États-Unis
19:31parce que, déjà, ils n'ont pas l'autonomie stratégique suffisante.
19:34Et puis, ils ont quand même un autre problème,
19:36qui est un problème que Vadim connaît bien, qui est celui de la guerre en Ukraine.
19:39Et tant qu'ils feront face à la Russie avec un potentiel affrontement possible,
19:48ils ne s'aligneront pas Donald Trump.
19:53Ils voudront quand même essayer de le garder, tant est que c'est possible,
19:58mais dans le domaine de la raison, en tout cas,
20:00de ne pas totalement perdre cet allié-là,
20:04même si on voit bien que, lui, il n'hésite pas à attaquer,
20:07que ce soit par les droits de douane ou d'autres systèmes.
20:13Mais tu mentionnais, Lina, ces nombreux discours changeants
20:17qui font qu'on ne sait pas vraiment ce qu'il pense.
20:20Moi, je me demandais comment est-ce que Donald Trump se situait par rapport à sa foi.
20:24Récemment, on a appris l'existence de Paula White-Kane,
20:27donc sa conseillère religieuse, dont on a entendu plus ou moins parler.
20:32C'est quoi ces liens, en fait, avec la religion à Donald Trump ?
20:36Je pense que...
20:37Après, je ne suis pas spécialiste ni de la religion ni de Donald Trump,
20:42mais c'est pour ça que je pense que ce serait intéressant
20:43d'avoir aussi l'avis de Christophe de Roubaix,
20:47qui est celui qui suit de près l'actualité américaine.
20:50Je pense que ça fait partie de sa stratégie politique,
20:53ce qu'a décrypté un peu Christophe dans tous ses papiers
20:56sur le courant Maga et ses différents courants à l'intérieur du courant Maga,
21:01on va dire, et notamment sur toute la tendance évangélique,
21:04parce qu'il y a un vrai poids là-dessus,
21:07même des liens d'ailleurs avec Israël et Benjamin Netanyahou,
21:11le Premier ministre israélien.
21:15Donc je pense qu'aujourd'hui, c'est un poids politique pour lui.
21:18Ça fait partie aussi de toute la sphère de l'extrême droite,
21:22ce qu'a rappelé Inna, de l'extrême droite de manière internationale,
21:26sur tout le volet conservateur, sur les droits des femmes,
21:31sur aussi les droits d'émancipation,
21:34sur toutes les attaques contre les courants progressistes.
21:37Je veux dire, ça c'est vrai aux États-Unis,
21:39mais on sait que Donald Trump, par exemple,
21:41a instigué des courants idéologiques aussi en Amérique du Sud,
21:46que ce soit avec Bolsonaro, on sait qu'il y a des liens,
21:48avec Milley, avec Viktor Orban, on sait qu'il y a des rapprochements,
21:51avec même la réussite de Vladimir Poutine.
21:54On voit qu'il y a quand même une concordance d'un certain nombre de thématiques
21:57autour des valeurs conservatrices.
22:00Et on voit que ça, la foi, chacun des dirigeants,
22:04je veux dire, Viktor Orban, la met en avant.
22:06Vladimir Poutine, depuis 2012, pareil, dans son tournant conservateur,
22:11le met davantage en avant aussi.
22:13Et je pense que Trump, comme tous ces modèles-là,
22:17comme le RN en France d'ailleurs,
22:19a besoin de se mettre en avant ces valeurs morales,
22:24ces valeurs chrétiennes,
22:25et joue avec ça justement pour apparaître,
22:27porter un projet idéologique.
22:31Donc si on synthétise un peu tout ce qu'on s'est dit,
22:35en fait, ces embrouilles avec le pape,
22:37c'est juste une vaste diversion pour cacher le fait
22:40qu'il s'enlise dans le conflit au Moyen-Orient
22:42et dans ses relations avec ses alliés ?
22:45Je pense qu'il y a les deux.
22:46Il y a une volonté en effet médiatique de contrôler le récit
22:53et de ne pas montrer qu'il est enlisé au Moyen-Orient.
22:56Après, je pense qu'il y a aussi une question d'égo
22:57et qu'en fait, les critiques du pape sont arrivées
23:02au pire moment pour lui, comme le rappelait Lina.
23:03C'est-à-dire qu'on ne savait pas s'il allait raser
23:07la civilisation iranienne quand même de la carte
23:09ou finalement favoriser les négociations.
23:12Finalement, heureusement pour la communauté internationale,
23:15il a fait le choix des négociations,
23:18mais sur finalement des points qui restaient assez flous
23:21et qui restent assez flous parce que là encore une fois,
23:24ce matin, il a dit que finalement dans 48 heures,
23:26les négociations allaient reprendre.
23:27Mais finalement, qu'elles se poursuivaient de manière plus officieuse.
23:31Donc on voit qu'à chaque fois, quotidiennement,
23:35comme tu l'as rappelé, il peut changer d'avis
23:37sur cette guerre en Iran.
23:38Mais aujourd'hui, il ressort qu'au bout de plus de six semaines
23:43maintenant de conflit, rien n'a avancé.
23:45Et les objectifs du départ où la guerre était remplie,
23:49aujourd'hui, c'est la question d'Hormuz et du nucléaire
23:52qui sont centrales, alors que ce n'était pas le but aujourd'hui,
23:55enfin au début du conflit, c'était la question du changement de régime,
23:58peut-être la question du nucléaire et des capacités militaires iraniennes.
24:02Mais qu'on voit qu'à chaque fois, du coup, les confrontations
24:04et les challenges, que ce soit des Européens ou du pape,
24:07font qu'aujourd'hui, il est obligé, entre guillemets,
24:09pour lui de répondre parce que sinon,
24:11il y a des élections cruciales dans quelques mois
24:13et il est obligé d'y faire face.
24:16Lina, tu veux rajouter quelque chose ?
24:18Oui, c'est ce qu'on dit depuis tout à l'heure.
24:22Effectivement, il y a tout ce que dit Vadim
24:23sur la question du brouillage du message politique,
24:27et effectivement aussi de l'ego,
24:29qui est très importante chez Donald Trump.
24:31Et il y a quand même cette question politique
24:33qui est... En fait, il continue de faire avancer
24:36ce qu'il disait depuis son premier mandat, déjà,
24:40et ce qu'il dit depuis son retour au pouvoir,
24:43c'est-à-dire, vous, allié européen,
24:45vous ne contribuez pas assez à votre propre défense.
24:49Vous devez élever votre participation
24:51et notamment le pourcentage de PIB
24:53que vous consacrez à l'OTAN.
24:55Et donc, dans ce cadre-là, pour lui,
24:57c'est proprement insupportable
24:58que les alliés européens, dans le cadre de l'OTAN,
25:02ne le relaient pas sur la guerre qu'il est en train de mener.
25:06Donc, c'est ça qui se joue aujourd'hui, en fait.
25:08D'accord.
25:09Merci beaucoup, Vadim et Elina,
25:11d'avoir participé à ce grand questionnement
25:15autour de la foi et de Donald Trump.
25:19Je vous souhaite une bonne soirée.
25:21Merci, Carole.
25:22Merci.
25:23Merci beaucoup.
25:24Au revoir.
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