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  • il y a 16 heures
L’ex-ouvrier métallurgiste et président en exercice a officialisé sa candidature pour les élections générales d’octobre prochain. En lice pour un quatrième mandat, il axe sa campagne sur la défense de la souveraineté du pays face au clan Bolsonaro et ses alliés à Washington et à Buenos Aires. On en parle avec Antoine Portoles et Isadora Cavalcanti.

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Transcription
00:01Sous la menace de Trump, Lula abrique sa réélection pour un quatrième mandat lors des élections générales d'octobre.
00:07Mais ce principal adversaire, dont les urnes restent la famille Bolsonaro,
00:11cette fois c'est l'aîné Flavio Bolsonaro qui porte les couleurs de champs bolsonaristes.
00:16En pleine campagne électorale, les Etats-Unis, alliés de l'extrême droite brésilienne contre cela les arrange,
00:21s'imprignent au gouvernement des gauches en place.
00:23Pour comprendre six jours entre le Brésil et les Etats-Unis,
00:26Antoine Portolès, de la rubrique Monde, nous explique la situation.
00:30Et du coup, qu'est-ce que se passe actuellement entre les deux pays ?
00:33C'est un secret pour personne de dire que les deux pays sont à couteau tiré.
00:38Ce que cherche Trump depuis des années, depuis son retour notamment à la Maison-Blanche,
00:42c'est de déboulonner un à un les dirigeants de gauche du continent américain,
00:48en les remplaçant du coup par des dirigeants d'extrême droite acquis à sa cause.
00:52Et si on devait parler vraiment concrètement, sur le plan en tout cas militaire,
00:58mais aussi sur le plan économique, c'est-à-dire qu'en retour,
01:01ses dirigeants lui offrent les terres et les ressources
01:08dont Trump veut s'emparer pour sa propre politique économique aux Etats-Unis.
01:15Voilà. Donc ça, c'est pour le contexte.
01:18S'agissant de Lula, c'est plus compliqué parce que Lula, c'est quand même pas n'importe qui.
01:24Donc en fait, depuis quelques mois, il joue un peu le chaud et le froid.
01:30Soit il caresse et donc il y a une rencontre, comme ça a été le cas récemment,
01:36entre les deux dirigeants, avec une perspective d'accord notamment sur la question des terres rares.
01:43Soit il tape et quand il tape, du coup, c'est l'arme de prédilection de Donald Trump en la
01:48matière,
01:48c'est les droits de douane. Voilà.
01:51Exactement. Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, les Etats-Unis,
01:55menace le Brésil sur le plan économique.
01:57On se tient à la famille Bolsonaro.
02:00A-t-il déjà pris des mesures similaires, notamment en augmentation des droits de douane ?
02:04Oui. Alors il y a une première vague de droits de douane qui a été décrétée il y a quelques
02:09temps,
02:09qui ne visait pas que le Brésil, mais notamment le Brésil.
02:13Et cette première vague concernant le Brésil a été intervenue au moment où l'ex-président d'extrême droite,
02:20Jair Bolsonaro, avait été condamné par la Cour suprême brésilienne pour tentative de coup d'État.
02:26Donc c'est à ce moment-là...
02:27On rappelle donc qu'il est inéligible. Il sait pour ça que c'est son fils, c'est...
02:30Tout à fait. Oui. Qu'il a désigné comme tel, comme son successeur en tout cas.
02:34Donc c'est en réaction à ça, politiquement, que des droits de douane ont été infligés au Brésil par les
02:40États-Unis.
02:40Donc on voit clairement le motif politique qui se joue derrière.
02:45Cette première salve, comme pour les autres pays, a été ensuite retoquée par la Cour suprême états-unienne, cette fois
02:53-ci,
02:53considérant que Trump, en fait, ne pouvait pas prendre seule cette décision
02:58et qu'il avait, pour ce faire, besoin de l'aval du Congrès, d'un vote du Congrès, en vertu
03:03de la Constitution états-unienne.
03:05Donc cette première salve, elle a été annulée, sauf qu'entre-temps, il y a une seconde salve qui est
03:10intervenue le mois dernier, en juillet.
03:14Cette fois-ci, au motif... Alors pareil, le véritable motif, il est politique.
03:18En tout cas, officiellement, la Maison-Blanche dit que ces 12,5% de droits de douane qui sont infligés
03:23sur de nombreux produits brésiliens
03:26le sont parce que le Brésil ne lutterait pas suffisamment, efficacement contre le travail forcé.
03:34Alors c'est vrai que c'est un vrai sujet encore au Brésil, c'est un vrai fléau,
03:39mais des politiques sont mises en place pour lutter contre, mais il y a encore du travail à faire, disons.
03:44Mais on voit bien qu'encore une fois, tout ça, c'est politique, que Trump n'en a rien à
03:48faire du travail forcé au Brésil,
03:49et qu'en réalité, c'est... Je sanctionne le dirigeant sur le continent sud-américain
03:56qui refuse de ployer le genou devant moi, devant Washington.
04:00Voilà. Donc c'est clairement politique et donc ça va continuer.
04:04Est-ce que cette nouvelle salve, là aussi, va être invalidée par la Cour suprême dans les mois à venir
04:08?
04:09Ça, on ne peut pas le dire. On peut présumer que oui, puisqu'elle est encore...
04:13Encore une fois, elle est prise de manière unilatérale par le président Trump.
04:17Mais on voit bien que ça continue, en tout cas, et qu'il va y avoir encore d'autres rebondissements
04:22en leur matière.
04:24Et en plus des temps, en plus des trompes, la famille Bolsonaro, dont les cas Flavio,
04:29il a d'autres soutiens pour cette élection, d'autres soutiens internationaux ?
04:34Oui, oui, oui. Écoute, il y en a un qui est quand même particulièrement virulent,
04:38surtout ces derniers temps, c'est Javier Milei, en Argentine,
04:43qui a ni plus ni moins accusé Lula, enfin, qui l'a insulté, carrément, on peut dire,
04:48de corrompu, de prisonnier, de voleur.
04:52Donc ça, il l'a dit à l'occasion, justement, d'un meeting en soutien à Flavio Bolsonaro au Brésil.
04:58Et puis, il a réitéré ses attaques, pas plus tard que ce week-end, en interview.
05:02Ce qui prouve qu'en fait, il n'y a pas que Trump sur le continent qui cherche à déstabiliser
05:09le Brésil.
05:10L'Argentine, qui est voisine du Brésil, joue aussi un rôle déstabilisateur.
05:14Et pour Milei, il y a un enjeu qui est économique, évidemment,
05:17parce que les deux pays ont des partenariats, des relations économiques très importantes.
05:23Et ces partenariats économiques pèsent très lourd pour l'économie brésilienne,
05:27comme pour l'économie argentine.
05:28Donc, on voit bien ce qui joue là-derrière.
05:31Milei, qui joue la même partition que Trump, il y a un intérêt derrière.
05:35Ce n'est pas juste innocent.
05:39Cette relation entre le Brésil et les États-Unis, de manière générale,
05:44cette situation tendue, si je peux utiliser bien ce mot,
05:50ça vient depuis quelques années, en 2024,
05:55afin de faire respecter ses décisions de justice.
05:58Le Brésil a bloqué le X pendant 39 jours.
06:01Vous aussi ça ?
06:02Oui, c'était en période où beaucoup de gens ont migré pour notre réseau,
06:07parce qu'ils n'avaient plus le X pendant les 39 jours, comme je le disais.
06:11En raison du réfus d'Elon Musk de s'est conformé,
06:13usant injonctions judiciaires brésiliennes,
06:16visant à supprimer des contenus jugés illégaux.
06:20Le pays de l'Amérique latine, il se traverse une période particulièrement difficile
06:24pour défendre leur souveraineté.
06:27En quoi cette résistance peut-elle influencer les autres pays de la région ?
06:34Cette résistance, elle est fondamentale.
06:36C'est-à-dire qu'aujourd'hui, quand on prend l'ensemble du continent américain,
06:40le Brésil et le Mexique sont les deux gros derniers bastions de gauche
06:46sur l'ensemble du continent.
06:47Il y en a aussi d'autres, comme le Paraguay, par exemple,
06:49mais de manière bien moindre, parce que leur poids sur ce continent n'est pas le même.
06:53Mais en tout cas, on peut dire que le Brésil et le Mexique,
06:55le Mexique de Claudia Sheinbaum et le Brésil de Lula,
06:58sont vraiment les deux derniers bastions de gauche
07:02et qui s'opposent à cette politique impérialiste de Donald Trump.
07:08C'est d'autant plus important que, comme tu le sais,
07:11beaucoup de pays en Amérique latine ces dernières années sont tombés
07:15à la faveur de l'extrême droite, qui ont emporté des scrutins.
07:20Je ne pense pas plus tard qu'il y a quelques semaines en Colombie, par exemple,
07:24ou au Pérou.
07:25Et un peu plus récemment, il y a quelques mois, au Chili aussi.
07:29Et à chaque fois, on voit bien que l'ombre de Trump a plané sur ses scrutins.
07:33Alors, est-ce qu'il a joué un rôle actif ou passif
07:37dans une forme d'interventionnisme
07:40qui aurait permis à ses leaders d'extrême droite de prendre le pouvoir ?
07:44En tout cas, on voit bien qu'il y a eu une volonté d'intervenir,
07:48un soutien économique, notamment.
07:49Voilà, tout ça est parfaitement rodé.
07:51Et donc là, maintenant que tous ces pays sont tombés
07:56aux mains de l'extrême droite,
07:58la prochaine élection, c'est au Brésil.
08:00Sauf que là, évidemment, comme je l'ai dit tout à l'heure,
08:03on parle de Lula, on ne parle pas de n'importe qui.
08:05C'est quand même un géant de la politique.
08:07C'est surtout un grand stratège politique,
08:10au-delà du fait que c'est un représentant politique
08:12qui est respecté depuis des décennies
08:15sur le continent américain,
08:18mais même plus largement au niveau du monde entier.
08:20Parce qu'il a une histoire, voilà.
08:21C'est quand même un homme qui vient du...
08:24Un homme de l'usine, un ancien ouvrier métallurgiste
08:26qui a quand même une histoire salariale, syndicale
08:30et puis politique vraiment singulière
08:32et qui a inspiré toute une génération
08:34à gauche, si j'ose dire, à travers le monde.
08:39Et donc aujourd'hui, on voit bien que c'est lui
08:41qui prend le lead de cette opposition à Trump
08:44et à cette politique impérialiste.
08:46C'est lui également qui, par exemple,
08:48sur la question du peuple palestinien,
08:49a été un des plus fervents...
08:51Enfin, oui, un des plus fervents soutiens
08:53du peuple palestinien dans la bande de Gaza
08:56face à la politique génésidaire israélienne
08:59et qui n'a pas hésité à critiquer
09:02à la fois la politique israélienne, évidemment,
09:05mais aussi le soutien états-unien à cette politique
09:08dans la bande de Gaza.
09:11Il y a d'autres exemples qui peuvent être repris.
09:14Je pense notamment à la guerre en Iran fin février,
09:16lorsque les États-Unis attaquent illégalement l'Iran
09:19au Moyen-Orient.
09:20Là aussi, Trump, Lula, s'est vraiment positionné,
09:25encore une fois, en fervent partisan,
09:27enfin défenseur de la paix, du droit international.
09:32Il a été très virulent envers Trump
09:33en disant que tout ça a été vraiment inacceptable
09:36et qu'il était temps de mettre fin
09:38à ce que lui-même appelle une sorte de jungle, en fait.
09:42C'est un terme qui émerge de plus en plus.
09:43Là, aujourd'hui, quand on voit
09:45toutes les attaques partout sur le continent,
09:49sur les continents,
09:52il se place en tout cas en protecteur
09:54du droit international et de l'ordre international
09:56tel qu'il a été défini post-Seconde Guerre mondiale,
10:00sous l'égide de l'ONU,
10:02pour mettre un terme à ces conflits
10:04et en appeler à la paix.
10:05Sa voix, elle a énormément résonné
10:06ces derniers mois sur ce sujet
10:08de l'Iran et du Moyen-Orient,
10:10mais même au-delà.
10:10Et donc, tout ça fait que Lula,
10:13il a aujourd'hui une voix qui porte à l'international
10:18sur cette thématique et cette opposition à Trump.
10:21Est-ce que sur le continent américain,
10:24cette voix, elle inspire au point
10:25qu'on puisse voir émerger une sorte de coalition
10:27anti-Trump, anti-États-Unis
10:29sur l'ensemble du continent ?
10:31Bon, pour l'instant, on n'y est pas.
10:32Mais en tout cas, je pense qu'effectivement,
10:34dans les autres pays,
10:35notamment les pays qui ont perdu récemment
10:37face à l'extrême droite,
10:38les gauches, je pense au Pérou,
10:40je pense à la Colombie,
10:41qui ont perdu récemment électoralement,
10:44je pense qu'ils voient Lula aussi
10:45comme le dernier géant
10:48qui représente cette gauche fière
10:52et partisane de la paix
10:54et de l'indépendance face aux États-Unis.
10:57Donc, ça les inspire sans doute.
10:59Maintenant, à eux aussi
11:00de porter ça aussi dans leur propre pays
11:03et de voir, est-ce qu'on va voir émerger
11:05quelque chose de l'ordre d'une coalition régionale
11:07contre toutes ces politiques impérialistes ou non ?
11:11Ça, ça reste à voir.
11:12Voilà, on n'y est pas encore, en tout cas.
11:15C'est un affaire à suivre, donc.
11:18Lors des élections d'octobre,
11:20les Brésiliens devront élire,
11:22en plus du président de la République,
11:25un gouverneur, deux députés
11:27et deux sénateurs.
11:28Cette année, les projections
11:29laissent entrevoir une hausse
11:32de la représentation des femmes
11:33et d'autres minorités au Parlement
11:35et au sein du pouvoir législatif.
11:37L'exélection se déroule les 4
11:39et les 25 octobre 2026.
11:41Merci Antoine.
11:42Merci à toi.
11:43Merci beaucoup.
11:43Sous-titrage Société Radio-Canada
11:48Sous-titrage Société Radio-Canada
11:49Sous-titrage Société Radio-Canada

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