- il y a 1 semaine
La disparition qui semblait impossible : celle de Chuck Norris. Avec cet acteur au statut culte, entre affection nostalgique et autodérision, c’est tout un pan de la culture populaire mondiale qui disparaît. Dans la carrière de l'inénarrable interprète de Walker Texas Ranger, il y a un film emblématique, qui résonne tout particulièrement aujourd’hui : Invasion USA. L’histoire d’une tentative d’invasion des États-Unis par une alliance d’à peu près tout ce que le pays compte d’ennemis déclarés. Heureusement, Chuck était là pour sauver l’Amérique, et donc le monde libre. La chronique de Benjamin et Kath, de la chaîne @bolchegeek
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NewsTranscription
00:01Alors là, ce soir, on va être un peu solennel, puisqu'on voudrait avoir une pensée pour celles et ceux
00:07qui nous ont déjà quittés cette année.
00:092026 est à peine commencé et a pourtant déjà emporté, souvent de manière inattendue, des figures incontournables de plein de
00:16domaines.
00:16D'ailleurs, là, juste avant d'entrer sur le plateau, je pense que je vous l'apprends, on a Loana
00:21qui nous a quittés.
00:23On pense bien sûr à Lionel Jospin ce dimanche, qui a donc définitivement refusé de venir à Saïra.
00:28Ou au philosophe Jürgen Habermas, un peu plus tôt.
00:31Mais aussi à des comédiens qui ont bercé nos adolescents, comme Bruno Salomon, Nicolas Brandon, qui a interprété Xander dans
00:37Buffy contre les vampires.
00:38Ou James Van Der Beek, connu pour son rôle iconique dans Dawson, tous partis bien trop tôt eux aussi.
00:45Dans un tout autre registre, mort nettement moins jeune, mais quand même d'une manière un peu inattendue, on pourrait
00:51citer l'Ayatollah Ramenei.
00:53On n'a pas dit qu'on prenait que des gens.
00:57Grosse star de la pop.
00:58Ça, c'est pas que des gens adorables, mais ça reste une figure.
01:01Mais alors, sans doute pas autant que la disparition qui semblait pourtant impossible, celle de Chuck Norris.
01:08Évidemment, avec cet acteur au statut culte, entre affection nostalgique et autodérision, c'est tout un pan de la culture
01:14populaire mondiale qui disparaît.
01:16Et oui.
01:17Et qui de mieux pour en parler qu'un de ses plus grands exégètes, Fabien Gardon du site Nanarland.
01:22Ce qui est vrai, c'est que dans les années 80, ils sacrélisent un petit peu ce qu'on appelle
01:26l'Amérique Reaganienne.
01:28Donc, c'est plus dans le ton du film, si vous voulez.
01:30C'est les années 80, c'est les Américains, c'est très manichéen.
01:33C'est les méchants, c'est les communistes.
01:37Et puis, voilà, il nous faut un héros, un peu à la mâchoire serrée, regarde d'acier, qui passe son
01:42temps à casser la figure à tout le monde, droit dans ses bottes, qui incarne la loi et l'ordre.
01:47Et en fait, les films vont être assez vite, alors pas politisés, mais un petit peu d'une manière d
01:50'un ordre, c'est-à-dire qu'en fait, c'est pas très très subtil.
01:52Alors, dans la suite de cette rétrospective sur la carrière de l'inénarrable interprète de Walker, Texas Ranger, quand même,
01:58Le Chroniqueur conseille un film emblématique qui résonne tout particulièrement aujourd'hui, qui s'appelle Invasion USA.
02:10Est-ce que je peux mettre les trois là-haut ?
02:13À table, les enfants !
02:15Qui aurait osé imaginer que cela puisse arriver, ici, en Amérique ?
02:22Une véritable armée de terroristes organisés, fanatisés.
02:25L'Amérique n'a pas été attaquée par des agresseurs étrangers depuis 211 ans, mon vieux.
02:32Leur cible, les Etats-Unis d'Amérique.
02:34Leur objectif, le contrôle du pays.
02:37Alors, Invasion USA, c'est quoi ?
02:39Au-delà de répliques quand même passées à la postérité, comme toi, tu commences à me baver sur les rouleaux,
02:44ou le fameux « si tu reviens ici, tu peux être sûr que tu repars avec la bite dans un
02:48Tupperware ».
02:49Eh bien, comme son titre l'indique subtilement, c'est l'histoire d'une tentative d'invasion des Etats-Unis,
02:54par une alliance d'après à peu près tout ce que le pays compte d'ennemis déclarer.
02:58Des guérilleros cubains à moustache, des terroristes arabes fanatiques, tout particulièrement libanais,
03:05des coréens et autres asiatiques communistes, le tout sous la direction d'un cruel méchant soviétique.
03:11Heureusement, Chuck est là pour sauver l'Amérique, et donc le monde libre.
03:14Alors, on est en 1985, face à un des exemples les plus décomplexés du cinéma d'action des années Reagan,
03:20ainsi que des peurs et des fantasmes qu'il véhiculait.
03:23Alors, on dit peur et fantasme, puisque vous noterez que, dans la réalité,
03:28aucun de ces différents acteurs internationaux n'ont jamais tenté d'envahir les Etats-Unis,
03:32alors qu'à l'inverse, tous ont subi leurs interventions militaires et autres coups d'État.
03:37Alors, c'est la même chose qu'avec leur obsession pour les films d'invasion extraterrestre,
03:41s'il y a bien une puissance extérieure qui use de sa supériorité technologique et aérienne
03:47pour raser des pays entiers, c'est quand même bien eux, quoi.
03:49Donc, l'inversion pourrait paraître une grande ironie, sauf que, en réalité, c'est tout à fait logique.
03:55C'est précisément en alimentant ce genre de paranoïa pour leur sécurité
03:59que les Etats-Unis ont pris l'habitude de justifier leurs agressions militaires
04:02qui deviennent alors préventives.
04:04Et oui, voilà.
04:05C'est d'autant plus criant aujourd'hui avec l'actualité,
04:08mais déjà dans les années 80, lorsque Chuck Norris nous régalait en jouant les Yakao,
04:13les Yakao, j'arrive pas à dire Yakaio,
04:15vraiment toute la journée, j'ai buté dessus, quoi.
04:18Eh bien, Israël avait déjà envahi le Sud-Liban avec l'appui de Washington.
04:24Alors, normalement, à peu près tout le monde a conscience maintenant
04:26que la politique étrangère des Etats-Unis a toujours été appuyée
04:30par une dimension culturelle, en particulier avec leur cinéma,
04:33dimension culturelle qui, elle-même, change en fonction de leur politique étrangère elle-même.
04:38Il existe, par exemple, une histoire concernant les crédits de fin du film Rambo III.
04:43À l'origine, certains prétendent que le film était dédié,
04:46je cite, comme vous le voyez sur ce panneau,
04:48aux braves Moudjahidines d'Afghanistan
04:50et que cette mention aurait été modifiée des années plus tard,
04:54parce qu'il s'était passé quelques petits trucs,
04:55lorsque ces mêmes combattants étaient devenus les ennemis de l'Amérique.
04:58Il s'agit en réalité d'une légende, ce panneau est un faux,
05:01le texte a toujours parlé du peuple d'Afghanistan,
05:05mais cette légende repose sur le fait qu'à l'époque,
05:07effectivement, le film, si vous ne l'avez pas vu,
05:09représentait ces combattants comme d'héroïques résistants à l'invasion soviétique.
05:14D'où le fait que les Etats-Unis les soutenaient,
05:16ici en envoyant Rambo,
05:18mais dans la réalité, ils envoyaient des armes, des financements, de la formation, etc.
05:22Ce soft power, des films comme Invasion USA,
05:25ça en fait, ils en représentent la face la plus caricaturale,
05:28au point d'en devenir quand même assez drôle,
05:31bien qu'à l'époque, il ait quand même été,
05:32il faut le noter, un succès au box-office.
05:34Ceci dit, en 2011, encore en 2011,
05:37on nous avait quand même sorti le jeu vidéo Homefront,
05:39où la Corée du Nord envahissait les Etats-Unis,
05:42une situation qui parvient donc à être encore moins crédible,
05:45mais cette influence de leur vision du monde
05:47n'est la plupart du temps pas aussi bas du front.
05:50Est-ce que vous avez déjà entendu parler de l'effet Homeland ?
05:54Non.
05:55Alors, rien à voir avec Homelander,
05:58le super-héros néofasciste et psychotique de la série The Boys,
06:01quoi que, en fait, un peu,
06:03parce que ça a un peu à voir dans le sens où
06:07Homeland, ça désigne la patrie états-unienne.
06:10C'est le titre d'une série populaire dans les années 2010,
06:13dans un contexte qui est post-11 septembre,
06:15et un contexte d'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak.
06:19Cette série, elle met en scène des agents de la CIA,
06:21et il se trouve qu'Homeland n'est pas quand même
06:23une oeuvre aussi grossièrement propagandiste qu'Invasion USA.
06:27Oui, en même temps, c'est pas très dur.
06:28Ouais, mais quand même, on est dans les années Obama,
06:32et la série, elle cherche à se montrer un peu plus ambiguë
06:34sur la politique impérialiste du pays,
06:36voire la critiquer quand même à certains égards.
06:39Pourtant, elle-même, elle véhicule une vision propre aux Etats-Unis.
06:43Leur façon stéréotypée,
06:45stéréotypée,
06:46c'est le moins qu'on puisse dire de mettre en scène
06:48les pays du Moyen-Orient,
06:49à par exemple été largement critiqués,
06:52et particulièrement en dehors des pays occidentaux.
06:55Alors, c'est le cas lorsque l'action est censée se situer,
06:58comme ici, à Beyrouth,
06:59et que la capitale libanaise est dépeinte
07:01comme un coupe-gorge austère,
07:03plein de brutes fanatiques.
07:05Pour reprendre les termes employés par Mona Chollet,
07:07elle décrit un dédale de ruelles poussiéreuses,
07:10une succession de gargotes et de gourbis louches,
07:12là où, dans la réalité,
07:13il y avait plutôt des Starbucks.
07:15Alors, ces clichés seront de toute façon
07:17toujours les mêmes,
07:17quel que soit l'endroit du Moyen-Orient,
07:19perçus comme un ensemble monolithique
07:21et un peu arriéré,
07:23un peu comme quand les studios, vous savez,
07:25états-uniens appliquent un gros filtre jaune
07:27quand l'action se situe sous la frontière mexicaine.
07:29Et cette scène qu'on a vue, d'ailleurs,
07:30elle n'a pas du tout été tournée à Beyrouth,
07:32mais figurez-vous, en Israël.
07:34L'effet Homeland a tellement fait parler de lui
07:37que lorsque la série s'est construit un décor
07:39de camp de réfugiés syriens,
07:41le groupe d'artistes chargés de dessiner les graffitis en arabe
07:44a profité de la totale méconnaissance de la production
07:47pour écrire des slogans comme
07:48« Black Lives Matter »,
07:49« Homeland est une vaste blague qui ne nous fait pas marrer »
07:53et tout simplement Homeland est raciste,
07:55graffiti que vous pouvez du coup voir partout sur les murs
07:57dans la série.
07:59Qu'on soit bien clair,
08:00l'effet Homeland,
08:01c'est donc pas juste une simple facilité de production
08:04ou un simple manque de sensibilité
08:06envers les habitants de tel ou tel lieu.
08:08Il contribue activement à entretenir l'image
08:11d'une altérité hostile
08:12qui aurait besoin, évidemment,
08:13pour son propre bien de l'intervention occidentale
08:16afin de leur amener le développement et la démocratie.
08:18Et donc justifier au cinéma
08:20qu'on envoie Chuck Norris ou Rambo
08:22bousiller des hommes de main au lance-roquette
08:24et dégommer des dictateurs à main nue,
08:26dans la vraie vie,
08:27des tapis de bombes,
08:29des occupations,
08:30des crimes de guerre
08:30et même, disons-le, des génocides.
08:32Alors dans le blog qu'on a cité,
08:34Mona Chollet prenait justement cet exemple
08:35pour expliquer comment cette vision du monde
08:37tend à nous rendre plus solidaires d'Israël,
08:40dont le mode de vie et les valeurs
08:41nous apparaissent plus familieux
08:42que des Palestiniens.
08:44C'est donc une question de représentation culturelle,
08:46ça certes,
08:47mais qui a des conséquences tout à fait concrètes.
08:50Et ça, ça date pas d'hier.
08:51Ils nous font le même coup à chaque fois, en fait.
08:53On repense à l'invasion de l'Irak,
08:55déjà vendue sur des mensonges,
08:57des prétextes de guerre juste,
08:59de libération,
09:00avec une figure de méchant régime dictatorial à moustache.
09:04Le résultat matériel, c'est quoi ?
09:06Une déstabilisation de toute la région,
09:08des morts estimées à jusqu'à plus d'un million de personnes.
09:11Et c'est ça qui justifie également
09:13des embargos qui font eux-mêmes
09:15des centaines de milliers de victimes
09:16depuis des décennies.
09:18Alors ça, on le sait depuis longtemps,
09:19mais force est de constater
09:21que les choses ont empiré.
09:22À l'époque de la Deuxième Guerre d'Irak,
09:24les États-Unis avaient au moins fait l'effort
09:26de monter une coalition internationale
09:28et de manipuler l'ONU.
09:30Le gouvernement français,
09:31pourtant de droite,
09:32s'y était d'ailleurs frontalement opposé.
09:34Une aura que Dominique de Villepin
09:36continue à moissonner encore aujourd'hui,
09:38et ce, jusqu'à la fête de l'UMA, donc.
09:40Mais il y avait quand même
09:41des mobilisations monstres dans le monde entier.
09:43Oui, alors qu'aujourd'hui,
09:44l'administration Trump,
09:45ils n'ont aucun prétexte cohérent à fournir,
09:48à part suivre éventuellement Israël
09:50dans tous leurs pires projets fanatiques.
09:52Elle ne demande même pas l'avis
09:53de son propre congrès,
09:55ce qui est pourtant une obligation
09:56constitutionnelle aux États-Unis.
09:57Et l'Europe, France en tête,
09:59fait quand même la carpette devant.
10:00Et malgré ça,
10:01la Maison-Blanche est toute vexée,
10:03qu'on rechigne à aller en mission suicide
10:05dans le détroit d'Hormuz
10:06pour rattraper les conneries
10:07qu'ils ont déclenchées
10:08sans l'avis de personne.
10:09Maintenant, ça y est,
10:10en fait, ils peuvent envoyer
10:11leur yakaio enlevé
10:12des chefs d'État en Amérique latine,
10:14parce que vous comprenez,
10:15c'est des méchants dictateurs latinos
10:17et des narcotrafiquants.
10:18Ils peuvent purement et simplement
10:20affamer encore plus Cuba
10:21que d'habitude,
10:22menacer comme ça tranquille
10:24d'annexer le Canada,
10:25le Groenland,
10:26d'envahir la Colombie,
10:28le Mexique, bref.
10:29Alors qu'un film comme
10:30Invasion USA,
10:31passé pour une caricature
10:32un peu ringarde,
10:33qui fleure bon
10:34les nanardistes des années 80,
10:36maintenant,
10:37les États-Unis sont vraiment
10:38partis en mode Chuck Norris,
10:39premier degré.
10:41Je veux dire que vous avez...
10:45Est-ce que vous savez
10:46comment s'appelle
10:46l'opération en Iran ?
10:49Attends, je l'ai su.
10:51Il faut toujours réviser vos...
10:53Il fait semblant
10:54qu'il se penchait
10:55à faire du marketing,
10:56quand même, il faut...
10:57C'est pas poignard incroyable
10:58ou des trucs comme ça ?
10:59Non, c'est...
11:00Épée de Dieu,
11:00je ne sais quoi ?
11:01Epic Fury.
11:02Ah, putain.
11:02La Fury épique.
11:03Epic Fury,
11:04on croirait un titre
11:05de direct-to-video
11:06avec Steven Seagal
11:07qui, lui,
11:08est plutôt pro-russe,
11:09mais bon,
11:09ça, c'est une autre histoire.
11:11Alors, quand même,
11:12le petit souci
11:13qu'il rencontre avec ça,
11:14c'est que Chuck Norris,
11:15c'est du cinéma
11:16et pas des plus réalistes,
11:18en plus.
11:18C'est des gros flingues,
11:19des répliques chocs,
11:20entre les muscles,
11:21les boums, c'est réglé.
11:22Alors ça,
11:23Donald Trump,
11:24j'arrive même plus
11:24à dire son nom,
11:25tellement il m'énerve,
11:26ça, Donald Trump,
11:27il maîtrise à merveille.
11:28Il faut bien lui reconnaître.
11:29On peut lui donner
11:30au moins ça.
11:31Sauf qu'il semble
11:31découvrir que dans la vraie vie,
11:33ça ne se passe pas
11:34tout à fait comme ça.
11:35Que des pays comme l'Iran,
11:36en fait,
11:36ça ne ressemble pas
11:37à Tatooine
11:37comme dans les films
11:38qu'il a peut-être
11:38un peu trop regardé.
11:40Mais quand même,
11:40ça n'y rien comprend, ça.
11:42C'est les USA, pourtant.
11:43Ils ont des super avions
11:44du futur invisibles,
11:46comme les F-35.
11:48En fait, non, Donald.
11:49Parce qu'un avion
11:50comme le F-35,
11:52c'est un avion furtif,
11:53au sens où il est difficile
11:54à détecter sur les appareils.
11:56Mais je vous jure,
11:57Trump,
11:57il croyait vraiment
11:58que l'avion, il était invisible.
11:59Comme l'avion de Wonder Woman,
12:01en fait.
12:02Bon, il a aussi découvert récemment
12:04que ce joujou de science-fiction
12:05à 100 millions de dollars l'unité,
12:07il pouvait se faire descendre
12:09par un missile à 10 000 balles.
12:10Pas de bol.
12:11Mais aussi,
12:12il a découvert, pareil,
12:13dans le même temps,
12:14que le reste de la planète,
12:15à commencer par les populations
12:16concernées,
12:17ne partageaient pas unilatéralement
12:19la vision du monde
12:20que leur hégémonie culturelle
12:21s'est pourtant échinée
12:22à diffuser.
12:23Alors, peut-être que Donald
12:24n'aurait pas dû se contenter
12:25de regarder des films d'action,
12:27certes cultes,
12:27mais largement fantasmées
12:29de son fervent soutien
12:30Chuck Norris,
12:31il aurait peut-être été utile
12:32de regarder un peu plus de films
12:33sur, par exemple,
12:35la guerre du Vietnam.
12:36C'est pourtant pas ce qui manque,
12:37ça, il faut le reconnaître.
12:38Ils en ont fait un paquet.
12:39Il aurait ainsi peut-être
12:41déjà entendu des choses comme ça
12:42et je suis curieux de savoir
12:43si vous avez déjà entendu ça.
13:00Alors, la personne que vous avez entendue,
13:02c'est Trintin Goh,
13:03alias Hanoi Anna,
13:05une célèbre présentatrice radio
13:07vietnamienne
13:07et pendant l'invasion américaine,
13:09elle passait ces messages-là
13:10en anglais
13:10à destination des GIs
13:12pour les décourager
13:13de venir crever
13:14pour les intérêts
13:14de leur complexe militaire
13:15ou industriel.
13:16Ça aussi,
13:17c'est une forme de soft power
13:18et ça a assez bien marché.
13:19Ça les a tellement marqués
13:21qu'on retrouve ces enregistrements
13:22dans plusieurs films américains
13:24comme
13:24Da 5 Blood de Spike Lee
13:26ou Hamburger Hill,
13:27sorti à peine deux ans
13:28après invasion USA.
13:29Mais ça,
13:30à la limite,
13:30c'est leur problème.
13:31Après tout,
13:32comme dit l'humoriste Frankie Boyle,
13:33la spécialité des Etats-Unis,
13:35c'est de ravager des pays
13:36puis de faire des films
13:37sur à quel point
13:37ça a rendu leurs soldats
13:39tout tristes.
13:40Bah oui.
13:41Nous, en attendant,
13:41ce qu'on peut faire,
13:42c'est d'arrêter,
13:43c'est arrêter, pardon,
13:44d'adhérer à leurs fantasmes
13:46et leurs paranoïas
13:47même si les films d'action
13:48un peu débiles,
13:49c'est quand même très divertissant.
13:50On veut bien le reconnaître.
13:52Arrêter de croire
13:52qu'ils agissent
13:53pour libérer les femmes
13:54en tuant 150 gamines
13:55dans un bombardement
13:56d'une école iranienne.
13:58Arrêter de croire
13:59que les gendarmes du monde
14:00nous protègent
14:01contre les Rock States,
14:02ces Etats qui menacent
14:03tout le monde
14:04en dehors de toute règle
14:05à l'international.
14:06Encore une inversion
14:07puisqu'à ce compte-là,
14:08eux et leurs alliés israéliens
14:09sont des Etats voyous.
14:11Aussi, arrêter de croire
14:12que les bombardements
14:13c'est plus grave
14:14quand on est influenceur à Dubaï
14:15parce que leur mode de vie
14:17semble plus ressembler au nôtre
14:18y compris dans ce qu'il a de pire.
14:20Que l'Iran a à sa tête
14:21un régime religieux sanguinaire
14:22qui ne respecte pas
14:23les droits des femmes
14:24ce qui semble moins les déranger
14:25dans le cadre des Émirats Arabes Unis
14:27ou de l'Arabie Saoudite.
14:29Que Dubaï,
14:30c'est quand même vachement moderne
14:31et même futuriste
14:32pas comme Beyrouth
14:33et ça je le sais
14:34parce que je l'ai vu dans Homeland.
14:36Alors, si vous voulez voir
14:37à quoi ça ressemble
14:37en vrai Beyrouth
14:38quand Israël ne force pas
14:40le déplacement
14:40d'un million d'habitants,
14:41voici une vidéo
14:42qui avait fait le tour du monde.
15:08Alors ça, il s'agit d'un concert
15:10du chanteur libanais Ralph Asfour
15:12sur la terrasse d'un petit bar branché.
15:14Vous noterez qu'il chante le tube
15:15du groupe Black Wonderful Life
15:16dont les paroles disent
15:18« pas besoin de fuir
15:19ou de se cacher,
15:20c'est une vie merveilleuse ».
15:21Et ce que vous voyez
15:22en arrière-plan
15:23au-dessus de la skyline nocturne
15:24de Beyrouth,
15:25c'est le système anti-missiles
15:26qui tente de contrer
15:27les bombardements israéliens
15:28en 2025.
15:30Ces images,
15:30on peut dire qu'elles sont dignes
15:31d'un film d'action états-unien
15:32et que ces gens sont au moins
15:34aussi héroïques
15:34que leurs protagonistes
15:35sauf qu'en plus pour eux,
15:37c'est la réalité.
15:40Merci beaucoup.
15:41Elle est ouf cette image-là.
15:42Si vous ne l'aviez jamais vu,
15:44ça vous les frissonne.
15:45C'est incroyable.
15:46C'est incroyable.
15:47Merci beaucoup pour cette conduite.
15:48Aussi, petit rappel,
15:48vous avez dit que Chuck Norris
15:49a soutenu Trump,
15:50il a aussi soutenu Bush,
15:51les deux.
15:52Et j'ai même vu,
15:53dès 2013,
15:54il a soutenu aussi Netanyahou
15:55parce qu'il trouvait
15:55qu'Israël était quand même
15:57un puits de démocratie
15:58dans cet océan de dictature.
16:00Donc c'était vraiment
16:01un chic type finalement,
16:03ce Chuck Norris.
16:03Oui, on peut l'apprécier tout à fait
16:05pour la figure un petit peu.
16:07Mais ça, clairement,
16:08politiquement,
16:08il a toujours été très cohérent
16:09et ce, depuis Reagan,
16:10c'est un problème.
16:11Incohérent ça, que c'est fait.
16:12Il avait soutenu Mike Huckabee
16:13qui était un type
16:14qui s'était présenté
16:14à la présidentielle
16:15et qui était vraiment
16:16un traditionnaliste
16:17extrêmement énervé.
16:18Mais malgré ça,
16:19j'ai passé pas mal de midis
16:20à manger devant
16:21Walker, Texas, Stranger.
16:22Il y a même une saison
16:24à l'époque des westerns.
16:25Je ne sais pas si je te reviens,
16:25il y a une saison
16:26où il remonte le temps.
16:27C'est incroyable.
16:28Et puis le combat
16:29contre Bruce Lee
16:30dans le Colisée et tout.
16:32Merci beaucoup
16:33à tous les deux,
16:34Benjamin et 4
16:34de Bolche et Geek.
16:35On a parlé
16:36de la sortie prochaine
16:37de votre bouquin.
16:38De son bouquin.
16:38De son bouquin.
16:40Je n'ai rien à voir avec ça.
16:42C'est quoi la prochaine vidéo
16:44qui sort pour l'UMA ?
16:45Pour l'UMA,
16:46ça sera sur le rachat
16:47de Warner par Paramount
16:48qui sort du coup
16:49dans deux semaines.
16:50Je crois,
16:50le dimanche,
16:50dans deux semaines.
16:51Puisque la dernière,
16:52je l'ai regardée,
16:52mais j'ai déjà oublié.
16:54C'était Women...
16:54Non, c'était le 8 mars.
16:55C'était Women in Recording.
16:57Ah, mais oui, bien sûr.
16:58Le scandale des femmes
16:59dans les réfrigérateurs.
17:01Je vous la conseille.
17:02Très, très, très,
17:02très bonne vidéo.
17:03Je ne dis pas ça
17:04parce que c'est nous
17:04qui l'avons fait.
17:06Et juste parce que du coup,
17:07effectivement,
17:08vous nous l'avez dit
17:09et il y a quelqu'un
17:09qui l'a dit aussi dans le chat,
17:10du coup,
17:11la mort de Loana.
17:12Moi, j'avoue que
17:13c'est l'une des figures
17:14de mon enfant.
17:14Je suis un peu sous le choc.
17:1748 ans.
17:18Je vous conseille,
17:18elle a subi
17:20toutes ses vies
17:21en sexisme
17:23avec un très, très,
17:24très grand S débridé.
17:25Je vous conseille
17:26le livre Sexisme Story
17:27de Paul Sanfourche
17:28qui est un livre
17:28que j'ai lu
17:28il n'y a pas si longtemps sur elle
17:30et qui offre une lecture politique
17:32de son parcours
17:34mais aussi avec beaucoup d'humanité.
17:35Franchement,
17:35c'est un super livre
17:37et ça permet de revoir
17:38une icône de notre enfance
17:39par un prisme féministe.
17:41Vraiment,
17:41je vous conseille ce livre.