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  • il y a 10 heures
Retenu en Algérie, le journaliste français spécialiste de football Christophe Gleizes a été injustement condamné à sept ans de prison ferme pour n’avoir fait que son travail. Sa famille et Antoine Bernard, représentant de Reporters sans frontières.

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Transcription
00:01Sylvie et Francis Godard, bonjour. Bienvenue à l'Humanité. Nous sommes très heureux de vous
00:06accueillir dans ce studio. Vous êtes la mère et le beau-père de Christophe Gleize, notre confrère
00:12qui a été arrêté en Algérie le 28 mai 2024 alors qu'il travaillait à un reportage pour SoFoot,
00:19qui a été condamné un an plus tard à 7 ans de prison ferme. Un verdict confirmé en appel le
00:253 décembre dernier. Antoine Bernard, bonjour. Bienvenue aussi. Vous êtes directeur du plaidoyer
00:32de l'assistance de Reporters sans frontières et vous suivez de près cette affaire. Christophe a d'abord
00:38été détenu à Tiziouzou et puis cet hiver il a été transféré à la prison de Coléa à 80 km
00:45d'Alger.
00:45Vous avez pu lui rendre visite pour la dernière fois en avril. Pour commencer, comment est-ce qu'il va
00:52?
00:52Quelles sont ses conditions de détention ? Alors, il va bien. Nous l'avons vu comme vous le disiez
00:58récemment. Il est toujours aussi fort et combatif et ses conditions de détention sont correctes.
01:11Il est appelé par tous les gardiens par Christophe et donc il arrive à nouer des relations avec ses co
01:24-détenus.
01:24Ça, c'est très important. La sociabilité en prison avec son entourage. Il lit beaucoup. Ça, c'est important.
01:34La prison de Coléa a une très, très belle bibliothèque et donc il lit énormément. Pour vous donner en ce
01:42moment,
01:42il lit la biographie d'Erasme par Stefan Zweig. Donc, on le suit à travers tous les livres qu'il
01:50lit, toutes les littératures.
01:51Il nous arrive souvent, après l'avoir vu, d'acheter le livre qu'il est en train de lire pour
01:58être plus en communion avec lui.
02:02En dehors des visites familiales, peut-il recevoir du monde ? Et est-ce que son avocat a un accès
02:09direct à lui, en fait, et normal ?
02:11Oui. Alors, son avocat algérien qui s'appelle Maître Amirouj Bakouri lui rend visite assez souvent et il a la
02:21chance d'avoir la visite du cardinal Jean-Paul Vesco très régulièrement,
02:29qui nous appelle avant de le voir et qui nous rappelle ensuite, après l'avoir vu, pour nous donner de
02:36très bonnes nouvelles.
02:37Il a reçu aussi, me semble-t-il, les visites de Ségolène Royal qui a pris la tête de l
02:42'association France-Algérie ?
02:44Tout à fait. Elle a pu demander à le voir lorsqu'elle y est allée fin janvier.
02:51Et là, effectivement, je pense que le pouvoir algérien a préféré qu'il soit transféré de la prison de Tiziouzou
03:01vers Coléa
03:02pour que Ségolène Royal ait moins de déplacements. Et c'est pour ça qu'il a été transféré là.
03:09Antoine, pour condamner Christophe, les autorités algériennes, la justice algérienne a invoqué deux motifs,
03:17apologie de terrorisme et propagande nuisant à l'intérêt national, je cite.
03:22Qu'est-ce qui lui est reproché exactement ?
03:26Apologie du terrorisme est possession de documents dans un but de propagande pour nuire à la sécurité nationale.
03:36Il lui était reproché en réalité d'avoir eu des contacts pour préparer son reportage,
03:45parmi tous les contacts qu'il a eus, notamment avec une personne qui se trouvait également être un responsable du
03:53MAC,
03:54le mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie, qui depuis 2021 a été classé terroriste par les autorités.
04:01Donc concrètement, on pense que c'est ça qui a coincé.
04:07Ce qui veut dire qu'un journaliste rencontrant ses sources a été assimilé à ses sources et a été poursuivi
04:17et jugé pour cela.
04:20Ce qu'il faut relever, c'est que l'enquête, l'instruction et le procès ont mis en lumière la
04:30vacuité des charges retenues contre lui.
04:32C'est très simple, c'est très concret. Il suffit de lire ce que Christophe a produit depuis qu'il
04:39fait du journalisme,
04:40c'est-à-dire depuis son stage à 14 ans, 15 ans, au Petit Bleu d'Agin.
04:45Donc c'est un journaliste de l'écrit.
04:47Donc il suffit de lire ce qu'il a écrit pour constater qu'il fait l'apologie de rien du
04:50tout et certainement pas du journalisme.
04:52Quant à la possession de documents, il se trouve que la police judiciaire algérienne a mené son enquête sur commission
04:59rogatoire du juge d'instruction
05:00et a conclu, dit au dossier, dit à l'audience, il n'y a rien, il n'y a aucune
05:06preuve matérielle sur la possession de documents
05:08dans un but de propagande pour nuire à l'intérêt national.
05:11Donc on a deux charges complètement vides qui néanmoins ont été retenues pour fonder cette très lourde condamnation.
05:20Très lourde condamnation.
05:21Mais vous venez d'annoncer que Christophe renonce à un pourvoi en cassation il y a quelques jours.
05:26En quoi cette démarche peut ouvrir la voie à une grâce présidentielle qui permettrait sa libération ?
05:34Le fait qu'il ait demandé une procédure de cassation était tel qu'il ne pouvait pas avoir une grâce
05:44présidentielle
05:45puisque pour avoir une grâce, il ne faut plus être en cours de procédure judiciaire.
05:52Et donc on a bien compris que, disons qu'un des prétextes du pouvoir algérien pour ne pas rendre la
06:00grâce
06:00était que justement il y avait cette procédure judiciaire en cours.
06:04Procédure judiciaire dont on ne savait rien parce qu'on n'avait pas aucune idée sur la date.
06:08Ça pouvait être dans quelques mois, on ne savait rien de tout ça.
06:12Donc ayant, Sylvie et moi, assisté au premier procès, au procès en appel,
06:18on s'est dit que si c'était pour recommencer le même scénario où Christophe est condamné
06:23alors que, comme l'a rappelé Antoine, il n'y avait strictement aucune preuve de quoi que ce soit
06:30de ce qui lui était reproché, on a préféré effectivement lever cette question de la cassation.
06:37Enfin, on a demandé à Christophe, on lui a expliqué pourquoi ça nous semblait souhaitable
06:41puisque c'est lui qui a dû aller aux grèves de la prison pour demander l'annulation de ce pourvoi
06:49de manière à ce que les choses soient claires finalement.
06:52Donc les choses se passaient à un autre niveau.
06:54Et donc c'est au niveau du président Tebboune qu'il convenait qu'elle se résolve cette situation.
06:58Et alors de ce point de vue-là, est-ce que vous avez eu le sentiment
07:01que Christophe a été pris un peu dans la toile de la grave crise diplomatique
07:08qui a assombri les relations entre Paris et Alger depuis maintenant deux ans ?
07:14Ça semble, pour nous, assez évident parce qu'il a été arrêté
07:21et puis il a eu son procès à un moment particulièrement difficile des relations entre la France et l'Algérie.
07:29Et donc il ne fait aucun doute, et ça on a pu le constater en lisant la presse algérienne écrite
07:36en français,
07:37que le moment était vraiment plutôt un climat d'hostilité entre nos deux pays.
07:45Et donc on a bien vu qu'à partir du moment où le ministre Nounès a rendu visite au président
07:54Tebboune,
07:55les choses ont commencé à changer.
07:58Et c'est surtout l'ambiance, disons, d'hostilité qui a commencé à changer.
08:02Alors justement, on assiste, semble-t-il, à une forme de décrispation timide,
08:08trop lente à notre goût des relations entre la France et l'Algérie.
08:12Au-delà de la visite de Laurent Nounès en février, est-ce que vous avez écho de discussions directes ou
08:20indirectes
08:20entre les autorités françaises et les autorités algériennes plus récemment sur une possible libération, grâce ?
08:32Est-ce que tout ça est discuté davantage ces dernières semaines ?
08:37On s'en tient essentiellement à l'écume des vagues qui nous est donnée à voir le reste de la
08:44supputation.
08:46Nous, on martèle un message.
08:48Il y a un journaliste qui s'appelle Christophe Gleize.
08:50Il est en taux à cause de son journalisme et il n'a rien à faire en prison.
08:53Donc on se mobilise pour la liberté de la presse.
08:55On ne se mobilise pas contre l'Algérie.
08:57Et voilà, ça, c'est la ligne qu'on martèle.
09:01Évidemment, si ça se passe mieux entre la France et l'Algérie, tant mieux.
09:05Évidemment, quand il y a des problèmes, il faut dialoguer pour les résoudre.
09:08Bien sûr, et on espère bien que le dossier de Christophe est vraiment le premier en haut de la pile
09:14pour le sortir de tout ça.
09:16Et c'est un dossier dont on fait tout pour qu'il soit vu comme étant vraiment très singulier.
09:24Ce n'est pas un objet de marchandage.
09:27C'est le dossier d'un journaliste et donc qui n'a rien à faire en prison.
09:31Point.
09:31Voilà, c'est ça qu'on martèle.
09:33Et est-ce que c'est ce climat de tension entre la France et l'Algérie
09:37qui vous a poussé à ne pas médiatiser l'affaire au tout début, quand elle a commencé ?
09:43Donc, quand elle a commencé l'affaire, Christophe a eu un procès qui a décidé de le laisser en liberté
09:54sous contrôle judiciaire.
09:55Donc, on n'avait pas encore vu ce qu'on appelle le résumé de la Chambre d'accusation
10:03et on ne connaissait pas les griefs qui lui étaient reprochés.
10:07On l'a su qu'en décembre 2024.
10:09Et c'est là où on s'est dit, vu qu'il pensait que son dossier était vide,
10:16qu'il était bien sûr rentré avec un visa touristique, ça, on pouvait le lui reprocher,
10:22mais on ne pensait pas qu'il serait accusé de ces deux griefs.
10:27Et c'est là où on a décidé d'attendre son procès pour ensuite médiatiser l'affaire
10:33parce qu'on pensait qu'il allait être relâché.
10:37– Antoine, on constate qu'ailleurs dans le monde aussi, des motifs comme ceux-là,
10:43apologie de terrorisme, atteinte à la sûreté de l'État, sont invoqués
10:48pour justifier des condamnations de journalistes, leur détention.
10:52Est-ce que vous assistez à une forme de généralisation de ces accusations
10:57pour criminaliser au fond l'exercice du métier de journaliste ?
11:02– Oui, c'est vraiment la ligne principale du classement mondial de la liberté de la presse
11:07qu'on a rendue publique le 30 avril, il y a quelques jours.
11:11Le classement en 2026 effectué par Reporters sans frontières,
11:14c'est la chute de ce qu'on appelle l'indicateur légal.
11:18Il y a cinq indicateurs, politique, économique, socioculturel, légal et sécurité, des journalistes.
11:24Et là, on voit combien le droit est désormais très généralement instrumentalisé
11:35pour légitimer des restrictions indues de la liberté de la presse,
11:38pour neutraliser le journalisme en réalité.
11:41Donc oui, c'est toutes ces incriminations qui en elles-mêmes,
11:46dans une société démocratique, on peut se dire « tienne la route », vraisemblablement.
11:50Enfin là, le problème, c'est que dans les sociétés non démocratiques,
11:54elles sont hyper instrumentalisées, mais aussi dans des sociétés démocratiques invoquées
12:00pour en réalité sanctionner une pratique légitime et indispensable en démocratie.
12:06Ça nous inquiète en effet beaucoup.
12:09La détention arbitraire est le type d'exaction qui est probablement le plus pratiqué
12:15contre des journalistes individuellement dans le monde.
12:19On termine les années maintenant avec 500, 550 cas de journalistes victimes de détention arbitraire.
12:27Ce sont des cas qu'on suit individuellement, 24, 24, 7, 7.
12:30Là, à date, on en est à 473.
12:34Aujourd'hui, en ce moment, détenus arbitrairement,
12:37sans compter les journalistes victimes de prises d'otages.
12:41Donc ce n'est pas l'État, ça va être des groupes mafieux ou terroristes
12:44qui les prennent pour marchander leur libération.
12:4821 à date.
12:50Et sans compter les journalistes victimes de disparitions forcées,
12:53alors là, c'est la responsabilité des pouvoirs publics, à date 135.
12:57Donc si on fait le total, 629 à date.
13:00Aujourd'hui, journalistes qui sont privés de leur liberté, d'une façon ou d'une autre,
13:07629 moins 21 pris en otage, 608 qui sont ainsi neutralisés, détenus arbitrairement ou disparus,
13:16avec une implication, une responsabilité de pouvoir public.
13:20Donc c'est-à-dire que ce sont des politiques publiques, en réalité, de faire une telle neutralisation.
13:26Alors qu'évidemment, c'est l'inverse qu'on attend de pouvoir public.
13:29Donc on a un énorme problème ici. Énorme.
13:33Et j'espère, et on espère, qu'en mettant la lumière sur ce phénomène
13:39à travers le classement mondial Liberté de la presse 2026,
13:42on pourra concourir à la résolution d'un certain nombre de cas.
13:47Et dans ce contexte-là, évidemment, le cas de Christophe est vraiment très caricatural.
13:53Il faut que... ça suffit, quoi. Christophe, il a payé, là.
13:56Et vous évoquiez tout à l'heure le risque encouru par les journalistes de se voir reprocher leur source.
14:01Or, on sait bien qu'un journaliste ne peut pas travailler librement s'il encourt ce risque-là.
14:08Est-ce que ça aussi, c'est un phénomène que vous voyez se démultiplier,
14:14alors là encore, jusque dans des États démocratiques ?
14:19Oui, on le voit. Bon, en France, on a tous en tête l'affaire Ariane Lavrieux, bien sûr.
14:25Et là, il se trouve d'ailleurs que l'affaire Ariane Lavrieux a montré l'insuffisance de la loi française,
14:35qui, au moment de son adoption, on l'appelait la loi Dati à l'époque, d'ailleurs en 2010,
14:41était montré comme étant un must, un protectrice du secret des sources.
14:47Et on voit combien elle est dépassée aujourd'hui, puisqu'en réalité, elle a permis de convoquer,
14:55perquisitionner, mettre en examen une journaliste pour rien d'autre que son activité légitime.
15:03Voilà. Et alors, a fortiori, dans des sociétés non démocratiques, il faut dire juste simplement
15:11que rien n'est perdu. C'est-à-dire que les batailles payent.
15:17Au sein de l'Union européenne, sur ce sujet-là, comme sur beaucoup d'autres, on a désormais un règlement.
15:21Le règlement européen sur la liberté des médias. C'est pas la panacée, mais il apporte quand même
15:26quelque chose d'important à la protection du journalisme et des journalistes.
15:33Donc, vraiment, c'est une bataille pour son entrée en vigueur effective.
15:36Mais tant mieux d'avoir ce genre de bataille à mener.
15:40Christophe est journaliste sportif et passionné de foot.
15:43Des clubs, des joueurs se sont mobilisés en faveur de sa libération.
15:46Comment a-t-il reçu ces marques de solidarité ?
15:49Et est-ce que cette mobilisation du monde sportif peut s'élargir à la veille de la Coupe du monde
15:53de foot ?
15:56Oui. Lorsqu'on informe Christophe en prison de la mobilisation qui vient le soutenir,
16:07et en particulier de la mobilisation de la Fédération française de football,
16:11de la Ligue de football professionnelle, d'un certain nombre de clubs,
16:15et même d'un grand nombre de clubs de football en France,
16:19il faut dire que ces informations sur cette mobilisation donnent beaucoup de force à Christophe.
16:25Et ça, je pense qu'ici, on ne s'en rend pas compte.
16:30Mais quand il sait qu'il n'est pas oublié, quand il sait que le monde sportif,
16:34qui est son monde, qui est celui où il travaille,
16:38est là pour le soutenir, ça le fait tenir.
16:41Et ça fait plus que le faire tenir.
16:42Ça lui donne du courage parce qu'il sait qu'à travers lui,
16:47c'est aussi la cause du journalisme et la liberté du journalisme qui est en jeu.
16:52Donc ce n'est pas le cas de Christophe tout seul dans son coin qui est en jeu.
16:56C'est aussi le fait de pouvoir continuer à exercer sa profession librement qui est en jeu.
17:02Donc pour Christophe, c'est un grand soulagement.
17:07Et maintenant, effectivement, la question qu'on se pose,
17:10c'est pourquoi les stars du football actuelles sont aussi silencieuses.
17:17Parce qu'il ne s'agit pas d'une question politique.
17:20Enfin, c'est une question politique indirectement, bien sûr.
17:23Mais c'est quand même celle d'une grande cause universelle
17:26qui devrait transcender les oppositions politiques,
17:31qui est celle de la liberté d'informer, de la liberté du journalisme.
17:35C'est cette grande cause-là qu'on demande à défendre.
17:39Donc il ne faut pas que les stars du football pensent
17:42qu'on est dans de la politique aérie interne et intérieure.
17:45Il faut qu'ils prennent conscience que l'on défend cette cause
17:49et que c'est ce qu'on leur demande, de nous aider à défendre.
17:52Pourquoi les stars du football ?
17:54Bien parce que Christophe, c'est son terrain de travail.
17:59Donc voilà.
18:04C'était aussi une raison importante pour Sylvie, Francis et RSF
18:10de sortir du silence auquel on s'est astreint ces derniers mois.
18:14C'est qu'on est dans une sorte de dernière ligne droite
18:16avant le 11 juin, c'est-à-dire le début de la Coupe du Monde.
18:21Ces derniers mois, ces dernières semaines, ces deux derniers mois,
18:23il s'est passé beaucoup de choses.
18:24Il s'est passé avec des espoirs de grâce à chaque fois.
18:27Le ramadan, la fin du ramadan, la visite d'Infantino,
18:31le patron de la FIFA en Algérie,
18:33qui va avoir le président Tebboune, toujours pas de grâce.
18:36La visite du pape, elle se termine, pas de grâce.
18:40Là, maintenant, qu'est-ce qui va se passer ?
18:41Si rien ne se passe, l'Algérie jouera la Coupe du Monde
18:46et on souhaite à l'équipe algérienne le meilleur, évidemment.
18:49Mais l'Algérie sortirait de la Coupe du Monde
18:52et Christophe serait toujours en prison ?
18:53Un journaliste, un journaliste sportif, spécialiste de football,
18:56spécialiste de football africain ?
18:58Ce n'est pas possible.
18:59Donc là, vraiment, on s'est dit, il faut reprendre la parole publiquement.
19:04Il reste cinq semaines.
19:05La Coupe du Monde, c'est l'horizon qu'on ne va pas atteindre
19:09parce qu'on espère et on fera tout pour que Christophe soit libéré avant.
19:13Si je puis me permettre d'ajouter un point sur ce que vient de dire Antoine.
19:18Et puis, ce qui se passe avec la Coupe du Monde,
19:21c'est tout ce que vient de rappeler Antoine,
19:22mais c'est aussi le fait que la question de Christophe
19:25devient une question internationale,
19:28puisque avec la Coupe du Monde,
19:30le cas de Christophe va devenir un cas mondialement connu.
19:35Et donc là, je dirais qu'on change de dimension.
19:39C'est toujours la question de la liberté du journalisme,
19:42mais on la pose au niveau mondial.
19:45Est-ce que là-dessus, il y a une campagne particulière
19:48qui est pensée, imaginée, pour faire entendre au fond
19:53le nom de Christophe au moment de cet événement sportif planétaire ?
19:57Absolument, avec pas mal de réunions de finalisation.
20:03Je suis désolé, on ne va pas dévoiler nos plans aujourd'hui,
20:06mais en tout cas, sachez qu'on a fourbi des plans.
20:09Et on était encore hier dans une de ces nombreuses réunions
20:13avec nos collègues aux Etats-Unis.
20:15RSF a un bureau aux Etats-Unis qui est basé à Washington,
20:18des correspondants à travers le pays.
20:21On est très préparé pour Algérie-Argentine le 17 juin,
20:32Algérie-Jordanie le 23 juin, Algérie-Autriche le 28 juin.
20:37Les dates sont bien connues, les lieux des matchs également,
20:41les contacts pris avec la FIFA depuis maintenant longtemps,
20:46puisqu'on voit que le président Infantino s'est mobilisé déjà en personne.
20:52Quoi qu'on pense de lui par ailleurs, le fait qu'il ait pris fête et cause
20:56et qu'il prenne fête et cause pour Christophe est évidemment très important.
21:00Et je soulignerai enfin qu'à l'époque, au moment de l'arrestation de Christophe,
21:06on avait saisi l'ambassadrice américaine à Alger,
21:12qui elle aussi, comme d'autres ambassadeurs,
21:15mais elle connaît bien le cas de Christophe.
21:20Il n'aura pas échappé que la Coupe du Monde se passe aux Etats-Unis.
21:23D'accord.
21:24Tu veux Yann ?
21:25Non, non, c'est bon.
21:26Comme tu veux.
21:28On parle de mobilisation autour du monde sportif.
21:31Christophe, qu'est-ce qu'on peut faire, nous, citoyens, journalistes, rédactions,
21:36pour pouvoir élargir, amplifier cette mobilisation en faveur de la libération de Christophe ?
21:41Ce que vous faites déjà aujourd'hui, c'est très important pour nous.
21:46Le fait de faire des articles sur Christophe, c'est capital.
21:53Voilà.
21:54Faire signer la pétition de RSF au plus grand nombre,
21:58pour se mobiliser pour lui, le faire savoir.
22:03Il y a eu, en dehors de la mobilisation du monde des médias et du monde du football,
22:09il y a eu également toutes les institutions au niveau des conseils généraux,
22:15des conseils départementaux, des mairies.
22:18Par exemple, dernièrement, c'est la mairie de Saint-Brieuc qui a dévoilé un portrait de Christophe sur sa façade.
22:29C'est toutes ces petites actions, mais qui sont tellement importantes pour nous,
22:34parce qu'il faut que la lumière soit, vis-à-vis de Christophe, la plus belle possible.
22:42Vous nous disiez tout à l'heure que votre maman, qui est donc la grand-mère de Christophe,
22:47qui est très âgée, avait justement participé à cette campagne de façon très active à Agen.
22:53Tout à fait.
22:54En fait, le responsable du barreau d'Agen, David Yamas,
23:00a décidé pour la journée de la liberté de la presse,
23:04de s'associer avec les journalistes locaux de la Dépêche, du Petit Bleu et du Sud-Ouest sur le marché
23:13pour faire signer la pétition de RSF en faveur de Christophe
23:19et justement mobiliser tous les Agenés, parce que je vous le rappelle,
23:24Christophe est né à Agen, dans le Lot-et-Garonne, là où nous avons la maison familiale.
23:29Merci, merci à tous les trois.
23:31Je voudrais, pour conclure, évoquer la situation des journalistes en Afrique du Nord,
23:37où la liberté de la presse s'est sérieusement dégradée,
23:40a été sérieusement malmenée ces dernières années.
23:42Je pense en particulier au sort de notre confrère Mourad Zridi,
23:46un franco-tunisien longtemps journaliste sportif, lui aussi pour Canal+.
23:50Il est détenu depuis plus de deux ans pour des motifs fallacieux.
23:54Il avait fait le choix, après la révolution tunisienne,
23:57de se consacrer au journalisme politique en Tunisie.
24:00Et il est pris dans les raies de cette répression.
24:03Une audience en appel aura lieu ce mardi.
24:07Nous lui témoignons évidemment toute notre solidarité,
24:10comme à tous les journalistes détenus partout dans le monde.
24:14Vous l'avez rappelé, Antoine, ils sont près de 500,
24:17emprisonnés simplement pour avoir exercé leur mission d'informer.
24:21Et vous pouvez bien sûr signer la pétition pour la libération de Christophe Gleize
24:27sur le site de Reporters sans frontières.
24:30Merci.
24:31Merci beaucoup.
24:31Merci beaucoup.

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